Bonjour, désolé pour le retard. Mais pour me faire pardonner, je vous donne la fin de l'histoire cette semaine. Cette fois c'est certain –je suis en train de la relire-. Donc bonne lecture, et encore désolé.
- Bonjour Lily, lui sourit un homme en blouse blanche, avant de lui demander inutilement : Avez-vous bien dormit ?
Comme depuis qu'elle était arrivée ici, il y a deux jours, elle ne se donna pas la peine de lui répondre et encore moins de le regarder. Mais on voyait bien à ses yeux cernés et ses traits tirés qu'elle ne devait soit pas dormir beaucoup, soit pas du tout. Elle restait toute la journée sur sa chaise les yeux tournés vers la fenêtre. Elle en avait l'habitude maintenant. Elle n'avait jamais été aussi attirée par l'extérieur que ces derniers mois. En y réfléchissant bien, depuis le début des vacances d'été, tout avait changé. Elle se demandait même si elle voulait toujours faire de la recherche, enfermée toute la journée dans un bureau au département des mystères du ministère de la magie. Elle ne savait plus trop. Mais elle avait encore six mois pour y penser.
- Mr Nours m'a dit que tu avais encore refusé de te mettre au lit hier soir, reprit-il pas déconcerté pour deux sous par son attitude.
Lily ne haussa même pas les épaules. A quoi bon ? Elle était assez intelligente pour savoir quand elle devait se taire. Et à priori un hôpital psychiatrique était un bon endroit pour faire vœux de silence ; peut-être même meilleur qu'un temple, une abbaye ou un monastère.
- Cette après-midi tu devras aller dans le bureau du docteur Riddle pour une consultation, lui apprit-il, sachant qu'à défaut d'ouvrir sa bouche, elle ouvrait ses oreilles et écoutait avec attention ce qu'il lui disait.
Comment le savait-il ? Parce qu'il avait déjà vu des jeunes personnes comme Lily arrivaient au centre. Et la majorité arrêtait d'eux-mêmes leur mutisme après seulement quelques heures, le temps qu'ils se sentent en sécurité. Il n'avait connu qu'une seule personne qui n'avait jamais reparler mais il savait aussi que ce n'était pas le cas de cette adolescente.
Lily de son côté attendait patiemment que quelqu'un vienne la délivrer de cette prison. Elle n'avait qu'à attendre la rentrée patiemment pour que tout le monde s'inquiète de sa disparition. Ce n'était qu'une question de temps. Et puis, Sirius allait sûrement retourner ciel et terre pour la retrouver. Elle l'imaginait même faire le pied de grue devant le bureau du premier ministre pour le forcer à la sortir d'ici. Cette pensée lui décrocha d'ailleurs un sourire.
- En attendant, si tu le souhaites, il y a une activité peinture organisée dans une demi-heure dans la salle Loriel, la grande salle bleue en face du bureau des infirmiers, continua-t-il avant de sortir de sa chambre.
Lily n'avait pas la moindre envie de barbouiller une feuille blanche de peinture. Elle n'y voyait absolument aucun intérêt. Elle ne comprenait même pas comment des gens pouvaient aimer ça. Parce que même si le résultat sur la toile pouvait ressembler à quelque chose à la fin, elle se demandait toujours si le porteur de pinceau n'avait pas confondu ses vêtements avec sa palette. Et il était hors de question qu'elle ruine ses habits pour mélanger des couleurs dans un but incertain alors que ça avait été une vraie torture pour les acheter. En effet, ses parents n'avaient, à son plus grand désappointement, jamais voulu lui acheter quoi que ce soit sans elle : ils disaient qu'elle avait le droit de choisir.
Elle attendit donc patiemment son rendez-vous avec le docteur dont elle ne se souvenait plus le nom. L'infirmier revint la voir à quatorze heure afin de lui indiquer le chemin jusqu'au bureau du psychiatre et la laissa devant la porte. Lily y entra sans grande conviction, ne prenant pas même la peine de frapper comme l'aurait exigé la bienséance. Elle s'installa dans un des fauteuils et se tourna enfin vers l'autre homme.
Il était châtain, plutôt grand et ne devait pas avoir plus de quarante ans, pas moche, mais quelque chose dans son sourire dérangeait l'adolescente.
- Bonjour, dit-il d'une voix posée en prenant place à son tour de l'autre côté de son bureau. Je suis le docteur Riddle ; mais tu peux m'appeler Tom si tu veux. Je vais m'occuper de toi durant ton séjour ici.
La jeune femme détourna son regard du praticien et fit le tour de son bureau. C'était amusant, elle s'imaginait ça autrement. La pièce était sobre et presque apaisante. Elle aurait pensé qu'il y aurait eu une bibliothèque rempli de livres en tout genre. A la place, il n'y avait que des jeux pour enfants alors même qu'elle n'en avait vu aucun dans l'hôpital.
- Je vois que tu es curieuse, sourit de plus belle Riddle.
Elle se refusait de l'appeler autrement, déjà qu'il la tutoyait…ils n'avaient pas élevé les hippogriffes ensemble, après tout ! Même son médecin généraliste ne la tutoyait pas, pourtant il la connaissait depuis plus de dix-sept ans.
- Bien, reprit-il en se réinstallant. J'ai pu livre ton journal et j'aimerai qu'on en parle.
Lily retourna son attention sur lui sans pour autant ouvrir la bouche.
- Je pense qu'il s'agit d'un journal intime ; et je suppose que tu y inscris dedans tout ce qui s'est passé durant ta journée, n'est-ce pas ?
Lily ne répondit toujours pas.
- Je prends ça pour un oui. Et donc, comme j'ai pu le lire tu y écris tes résultats scolaires à l'intérieur en les commentant, comme n'importe qui. De même que ton évolution au sein de différents groupes de personnes tels que les quatre petits cochons,…
Lily sourit en songeant aux maraudeurs.
-…le père noël,…
« Dumbledore. »
-…blanche neige,…
« Le professeur Flitwick. » pensa-t-elle en souriant.
-…la belle au bois dormant…
« Ça aurait pu être moi, parce que je crois bien que je bats Mia sur ce coup-là. »
-…et un certain tête de turc.
« Ça fait longtemps que je n'ai plus reparlé à Severus. Je crois bien que je devrais faire un trait sur notre amitié. Il ne m'a plus adressé la parole depuis que je suis sortie avec Dan. En même temps, il n'avait pas tort : c'est vraiment un crétin celui-là. »
- Mais je croyais que les petits cochons n'étaient au nombre que de trois, continua le psychiatre.
« En tout cas, je suis contente que mon sort d'illusion fonctionne et change toutes les identités des personnes, même si j'aurais également dû mettre des noms plus communs ou alors changer l'ensemble du journal. En même temps je me méfiais plus des personnes de mon dortoir, après que James l'ai lu, que de la belle-sœur de Pétunia. Quel scroutt à pétard celle-là ! » songea-t-elle, en continua de fixer l'homme comme s'il lui parlait en mandarin.
- Si j'en crois ce que tu as écrit, tu serais une sorcière. Mais comment fais-tu pour pratiquer la magie ? Avec une baguette ? Des potions ? tenta-t-il avec un sourire encourageant. Ça doit être bien…peux-tu te rendre invisible ? Ou peut-être immortelle ?
Lily resta stoïque mais se demanda où voulait en venir le psychiatre. Pourquoi lui disait-il tout ça ? Ne devait-il pas justement lui rappeler que la magie n'existait pas ?
- Moi, j'aimerai être immunisé contre la maladie, les accidents de voitures ou la mort en générale, pas toi ?
Lily avait maintenant un très mauvais pressentiment. Qu'est-ce que cet homme lui voulait ? L'allusion à l'accident de ses parents était vraiment très mal venue. S'il croyait qu'elle allait plus lui parler après ça, il se mettait le doigt dans l'œil jusqu'au coude.
- De plus, c'est amusant, j'ai remarqué beaucoup de formule magique dans ton journal mais il n'y en a aucune qui soit justement efficace contre la mort. J'aurais pourtant pensé qu'après la morte de ta mère, tu en aurais cherché une pour que ça ne se reproduise plus. A moins, bien sûr, que…tu en avais déjà une.
« C'est la deuxième fois qu'il m'en parle ! Et bien voilà maintenant je sais ce qu'il cherche ! » s'épouvanta-t-elle, pendant qu'il continuait de lui parler d'immortalité. « Il sait que j'ai trouvé une solution pour éviter la mort. Mais il n'a pas l'air d'être au courant que ça ne lui servira pas à grand-chose…à moins qu'il ne soit sorcier. Et encore là, il ne pourrait qu'empêcher la mort d'êtres aimés par son propre sacrifice. Mais comment a-t-il pu être au courant ? Je ne l'ai dit à personne, je n'ai pris aucune note et je n'en ai même pas fait mention dans mon journal. Il a dû l'apprendre autrement. Pourtant j'étais seule lorsque j'ai lu le livre et personne n'aurait pu…à moins que…le stagiaire du langue-de-plomb ! »
- En faite, dit-elle brusquement en lui coupant la parole, je crois que j'ai trouvé quelque chose.
- Je suis content de constater que vous avez enfin décidé de sortir de votre mutisme.
Lily lui fit un sourire qu'elle espérait réussit, avant de reprendre.
- Oui. Pour revenir à ce que vous avez dit, moi, je préfèrerai voir à travers la matière…vous savez comme Superman !
- Bien sûr, mais vous ne venez pas de Krypton, lui répondit-il.
« Ok, donc c'est un né de moldu, un sang mêlé ou alors il a vécu beaucoup de temps chez les moldus. Parce que mine de rien on n'aborde pas tous les jours 'Superman' dans une conversation. »
- Non évidemment, poursuivit-elle. Mais avouer que ce serait bien qu'avec une simple potion on puisse voir à travers les murs.
- C'est vrai. En parlant de potion, je crois avoir lu dans votre journal que vous aimez beaucoup ça.
- En effet, acquiesça-t-elle à regret, avant d'avoir une idée. Et il faut dire que je suis une excellente élève. Mais ça n'a pas été sans mal.
- Ha bon ! s'étonna son interlocuteur. Expliquez-moi.
« Bien, il est tombé dans le piège. Maintenant, il ne me reste qu'à maquiller la vérité sans pour autant mentir. Parce que vu mes talents de menteuse, je ne voudrais pas qu'il me démasque avant que je n'ai fini ma première phrase ! »
- Et bien oui, vous comprenez. Il a fallu que je travaille très dur et que je fasse beaucoup de recherches pour en arriver où je suis. J'ai même pu bénéficier d'une visite dans une bibliothèque très spéciale.
- Vraiment ? dit l'homme avec un sourire en coin. Avez-vous fait des découvertes intéressantes ?
- J'ai d'abord était surprise par leur technique de classement, se rappela-t-elle. Je dois bien avouer que je m'y suis plusieurs fois perdue.
« C'est d'ailleurs comme ça que je suis entrée en possession du livre sur la magie ancienne. » pensa-t-elle pour elle-même.
- Je crois que la personne qui à triller leurs ouvrages n'était pas familiarisé avec l'alphabet latin. Selon moi sa langue maternelle devait s'écrire en hiéroglyphe.
- A moins qu'il ait vécu avant l'époque des romains, je ne pense pas…
- Ouais, mais de toute manière ça revient au même. Parce que vous pouvez me croire, je n'ai jamais vu un rangement aussi chaotique. Et pour pourtant certaines chambres dans lesquelles j'ai passé une nuit était pire qu'un parcours du combattant. Alors niveau rangement chaotique je crois que je m'y connais.
Lily continua de parler afin de lui faire croire qu'elle avait trouvé une potion qui rendait immortelle refusant toujours subtilement de rentrer dans les détailles. A bout de ressource et sûrement pour l'intimider, il aborda d'autre sujet plus sensible pour elle. Donc quand la demi-heure fut terminée, elle sortit rapidement dans le couloir sans demander son reste.
« Il faut que je trouve un moyen de quitter cette endroit ! Ce type est vraiment effrayant. Seulement je ne peux pas contacter Sirius ou James : Myosotis est resté à la maison. Et ça m'étonnerai qu'ils veuillent bien que je passe un coup de téléphone à papa et encore moins que je sorte. Réfléchis Lily, réfléchis ! » se dit-elle en retournant dans sa chambre au pas de course.
Mais ce n'est que lorsqu'elle alla au toilette qu'elle trouva enfin la solution à son problème.
« Mais bien sûr, que suis-je bête ! » pensa-t-elle en se lavant les mains. « Je n'ai qu'à transplaner comme cette été lorsque je me suis retrouvée devant l'usine à savon ! Allez Lily, c'est pas compliqué, tu l'as déjà fait une fois ! Il faut juste penser très très fort à l'endroit où tu veux aller et forcer ta magie à t'y emmener. »
- Lily ! l'appela une voix à l'entrée de sa chambre. Le docteur Riddle voudrait te revoir et il a oublié de te prescrire ton traitement. Il a même annulé tous ses rendez-vous de la journée pour se consacrer entièrement à toi. Tu as de la chance.
« Oh, non ! Allez Lily. Vite ! » pensa-t-elle, effrayée à l'idée de se retrouver une nouvelle fois seule avec cette homme.
- Lily ! Où es-tu ? la chercha l'infirmier, se rapprochant dangereusement de l'endroit où elle se trouvait.
« Où pourrais-je aller ? Poudlard ? Non, on ne peut pas transplaner là-bas. A la maison ? C'est trop risqué. Si des gens me voyaient...Chez Remus ? Non, Amy est partit en vacances en amoureux avec Olivier, profitant du départ de leur fils. » réfléchit-elle alors qu'elle entendait l'infirmier s'arrêter devant la porte de la salle de bain.
- Lily ? Tu es aux toilettes ? demanda-t-il en posant la main sur la poigner.
« Mais il faut aussi que je récupère mon journal ! » songea-t-elle subitement alors que la porte s'ouvrait.
Indécise, elle décida de transplaner qu'une fois en possession de son journal intime. Elle laissa donc l'infirmier la conduire jusqu'à son psychiatre. Là, Lily demanda avec une voix douce et un sourire si elle pouvait voir son cahier.
- Que voulez-vous en faire ? lui demanda-t-il, suspicieux.
- En faites, j'ai jeté des sorts dessus, lui confia-t-elle.
- Quelle sorte de maléfices ?
- Des sorts d'illusions. Et si je vous montre que je suis vraiment une sorcière, vous me relâcherez, non ?
- Oui, bien sûr, acquiesça-t-il, voyant sûrement là une opportunité pour mettre la main sur la potion d'immortalité.
Sans plus attendre, il le sortit de son bureau et le lui tendit. Elle s'empressa de le reprendre et transplana sans plus attendre en songeant qu'elle était soulagée d'avoir lancé un sortilège très puissant empêchant sa duplication.
Un hurlement de rage retentit dans tout l'hôpital après la disparition de la jeune femme.
- C'est pas vrai ! Elle m'a encore filé entre les doigts ! J'étais pourtant persuadé qu'après l'accident de voiture, la mort de sa mère et la tentative du jeune Malfoy celle-ci serrait la bonne ! grogna ce qui allait être le mage noir plus connu sous le nom de Voldemort ou même Tu-Sais-Qui.
A plusieurs kilomètres de là, Lily apparaissait en se demandant où elle avait bien pu atterrir. Elle avait plus pensé à se sauver qu'à un endroit bien particulier. Elle vérifia donc si elle était en un seul morceau, se fustigeant pour une erreur si grossière et aux conséquences pouvant être fâcheuses.
« A priori ça va. J'ai mes deux bras, mes deux jambes, tous mes doigts, mes cheveux et mes sourcils. » fit-elle l'inventaire silencieusement en se tâtant méticuleusement tout le corps.
- Ne t'inquiètes pas, il ne te manque rien, lui susurra une voix suave dans le creux de l'oreille droite.
- Ahhh ! hurla-t-elle en se redressant sous la surprise, se cognant par la même occasion au jeune homme. Mais qu'est-ce que tu fais là ?
- J'étais là avant toi ! lui répondit-il. Moi, ce que je voudrais savoir c'est quand as-tu passé ton permit. Parce que mine de rien c'est quand même la deuxième fois que tu transplanes devant moi. Enfin la première, c'était plus pour m'éviter autre chose ; mais là…
- Quoi là ?! s'énerva-t-elle. Il y avait un fou qui avait mon journal et qui voulait savoir ce que j'ai découvert en juin au département des mystères. Et je ne pouvais même pas le dire aux infirmiers puisqu'ils me prenaient pour une folle. Je me voyais mal leur dire : 'Eh ! Je crois que ce psy a un problème !'. En plus il voulait me droguer. Et cette Marge n'a pas intérêt de se retrouver en face de moi où c'est moi qui la mettrait dans un asile cette fois-ci. Et je ne…
- Shut, fit-il pour la calmer en la prenant dans ses bras. C'est fini, maintenant je suis là.
Lily soupira fortement et laissa retombait la pression que la dernière heure lui avait procuré. Elle se détendit quelque peu dans les bras musclés de son camarade. Elle s'y sentait en sécurité.
- C'est quoi cette histoire d'asile ? demanda une voix grave qu'elle ne connaissait pas, la faisant sursauter.
L'adolescente tourna sa tête vers la personne qui venait de parler et découvrit qu'elle n'était pas seule avec James. A seulement trois mètre d'eux se tenait Pad' et Cap'taine, ainsi que deux adultes. Elle supposa qu'il s'agissait des parents du capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, Mrs et Mr Potter.
- Salut Lilou, s'écrièrent joyeusement Sirius et Remus en lui faisant un signe de la main.
Lily choisit ce moment pour se rappeler qu'elle était timide, et se recula imperceptiblement, se collant par la même occasion un peu plus au buste de James. Il faut dire que c'était la première fois qu'elle voyait ses parents et que ces derniers la fixaient d'une étrange façon.
« Ils n'ont peut-être pas apprécié que j'hurle comme un putois sur leur fils. Et puis ils doivent sûrement savoir que c'était moi qui lui aie envoyé cette lettre cet été, et même qui n'avait jamais répondu avant. Ils doivent certainement me détester, me prendre pour une prétentieuse ou je ne sais quoi. » pensa-t-elle en baissant les yeux sur ses chaussures. « Allez Lily, t'es une Gryffondor, une vraie ! »
- Bonjour les garçons, leur répondit-elle, sans pour autant relever le regard.
Bien au contraire, elle se tourna vers le reste du jardin pour y faire face. Il ressemblait un peu à celui chez Remus avec la balançoire et le bac à sable près d'une cabane. Elle se demanda brièvement pourquoi tout le monde était réunit au beau milieu de la cours. Cependant elle n'osa pas poser la question.
- Je…heu…je crois que je vais y aller, reprit-elle en fixant le portail. Mon...père doit m'attendre à la maison.
- Ba tu ne l'as pas prévenu que tu venais ici ? s'inquiéta Sirius en fronçant les sourcils, détectant le mensonge à plein nez.
- Non, je…je n'ai pas vraiment eu le temps, répondit-elle en se tournant dans tous les sens, très mal à l'aise. Je…je…je dois y aller, je crois…
Une main se posa sur son épaule la faisant sursauter et se retourner rapidement sur Mrs Potter.
- Vous pouvez sûrement prendre une tasse de thé avant de repartir, proposa-t-elle d'une voix douce avec un sourire engageant et bienveillant. Et si vous voulez prévenir votre père, nous pouvons vous prêter une de nos chouettes…
- Oh non, murmura-t-elle, se souvenant soudainement d'une chouette bien particulière. Myosotis…
- Ou alors, se reprit la femme en voyant qu'elle venait de commettre une erreur, vous pouvez l'appeler ; il y a une cabine téléphonique juste en face de chez nous. Si vous le souhaitez, vous pouvez même passer la soirée ici avec votre père.
- Je ne sais pas, répondit-elle, confuse. Je…je ne sais plus.
Lily était totalement perdue. Elle ne savait plus quoi faire maintenant qu'elle s'était échappée de l'hôpital. Elle avait paré au plus urgent. Mais alors qu'elle était loin de ce docteur et qu'elle avait récupéré sur journal intime, elle ne savait plus où se rendre. Allait-elle avoir des ennuis pour s'être sauvée ? Pouvait-elle retourner chez elle ? Son père était-il au courant qu'elle était dehors ? L'attendait-il ? Et que se passerait-il avec sa sœur et son beau-frère ? Etait-elle recherchée par la police ? Elle avait déjà vu plusieurs fois aux informations des avis de recherche de personnes évadées d'asile.
- Lilou ?! s'inquiéta un peu plus Sirius en la voyant perdre ses couleurs.
- Je crois que j'ai fait une bêtise, murmura-t-elle dans un souffle en serrant un peu plus son cahier, faisant blanchir ses jointures.
- Venez vous reposer dans le salon en buvant un bon thé, décida Mrs Potter en soutenant l'adolescente jusqu'à la maison. Et je suis sûre que vous aimez les gâteaux au chocolat.
Sirius acquiesça à la place de son amie, les suivant à l'intérieur avec le reste de la troupe. Lily, tel un pantin, se laissait totalement faire. Elle alla là où Mrs Potter la conduisit, elle regarda ce que Mrs Potter lui montra, et elle s'assit là où Mrs Potter lui dit de le faire.
- Installez-vous les enfants, je vais chercher le thé, proposa-t-elle aux garçons alors qu'elle tirait son mari à sa suite.
Les maraudeurs ne se firent pas prier et se vautrèrent plus qu'autre chose sur le canapé.
- C'est la première fois que je vois Natasha aller chercher le thé avec ton père Prongs, fit remarquer Remus avec un sourire.
- Moi, je dis qu'il y a anguille sous roche ! ajouta Sirius en donnant un coup de coude à son frère de cœur.
- Ah ! Mais t'es pas bien de sous entendre de telle chose sur mes parents en ma présence ! s'écria-t-il, écœuré.
Lily quant à elle était épuisée. Elle ne fit donc aucune remarque lorsque James la tira dans ses bras. Elle se contenta de fermer les yeux et de laisser sa tête tomber sur son épaule. Elle ne fut pas longue à s'endormir. Mrs Potter la tira néanmoins du royaume de Morphée pour lui proposer de s'installer dans une des chambres des garçons.
- Hein ? Quoi ? répondit-elle bêtement, en papillonnant des yeux.
- Je disais simplement que tu serais mieux dans un lit, lui sourit-elle.
- Je suis où ? Qui êtes-vous ? demanda-t-elle avant de voir Remus et se souvenir qu'elle était chez les Potter.
- Je suis Natasha Potter, se présenta-t-elle tout de même. Et mon époux se prénomme John. Nous sommes les parents de James. Et tu te trouves dans notre salon.
- Plus précisément dans les bras de mon meilleur ami, se sentit obligé de compléter Sirius pour la taquiner.
Mais un regard noir des deux adultes le fit se tasser dans le canapé et le dissuada de continuer sur cette voie.
- Je dois partir, dit Lily précipitamment en se redressent.
- Tu n'as rien à craindre ici, reprit doucement la femme en mettant une tasse de thé entre ses mains. Bois d'abord ton thé. Je te transplanerai où tu voudras ensuite.
La rousse regarda son thé et se demanda réellement si elle pouvait faire confiance à cette femme. Après tout elle ne la connaissait pas et elle pouvait très bien l'emmener chez les aurores ou la ramener dans cet hôpital.
- Merci, c'est vraiment très gentil, mais…non…je dois vraiment partir.
Mrs Potter se tourna vers son mari afin de savoir quoi faire. Ce dernier s'avança vers l'adolescente visiblement apeurée et confuse.
- Lily, quelque chose ne va pas ? As-tu besoin d'aide ? lui demanda-t-il doucement, surprenant les trois garçons.
- Pourquoi me demandez-vous ça ? se rembrunit-elle.
- Quelqu'un t'a-t-il fait du mal ? continua-t-il calmement, comme s'il parlait à un animal farouche.
- Je…heu…je veux partir, dit-elle difficilement, les yeux plein de larmes contenues d'une fatigue physique et psychologique.
Elle baissa son regard sur son cahier entre ses mains.
- Je veux partir, souffla-t-elle de nouveau dans un sanglot. Je veux partir.
Les adultes se lancèrent un regard de connivence alors que James reprenait la jeune femme dans ses bras pour la consoler. Il ne savait pas de quoi, mais il la consolait tout de même.
- Lily, tu vas rester ici pour cette nuit, reprit Mr Potter en se retournant vers elle. Tu as besoin de te reposer. D'accord ?
- Non. Non. Je veux partir. Je…
- Je ne pense vraiment pas que tu sois en état pour voyager ce soir, poursuivit-il toujours doucement. Et on peut lire sur ton visage que tu es exténuée. Et si cela peut te rassurer, je veux bien t'accompagner moi-même jusqu'à la cabine téléphonique pour prévenir ton père.
- Mais je n'ai pas de money et je n'ai pas de pyjama et je vais dormir où ?
- Pour l'argent, ce n'est pas un problème. En ce qui concerne le pyjama, je suis sûr que James ou un autre des garçons acceptera de te prêter un T-shirt pour la nuit. Et tu pourras dormir dans une chambre, ne t'inquiète nous en avons plusieurs à disposition, dit-il en reprenant un à un les doutes de l'adolescente.
Après encore quelques réticences, Lily finit par accepter. Lorsqu'elle appela son père, elle lui dit simplement qu'elle était chez un ami et qu'il n'y avait pas d'inquiétude à avoir. Et avant de passer à table, Mrs Potter fit préparer la chambre pour son invité surprise. Durant tout le repas cependant, Lily somnola plus devant son assiette que mangea et pris encore moins part aux différentes conversations. Après le dessert, James la conduisit donc dans sa chambre afin de trouver un T-shirt pour lui prêter. Lily s'allongea dans son lit et le temps qu'il retourne toute sa commode, la jeune femme dormait déjà à point fermée. Un sourire résigné collé aux lèvres, il lui retira ses chaussures et tira les couvertures sur elle.
