Bonjour tout le monde !

Merci à tous pour les nombreuses reviews que vous avez laissé sur le précédent chapitre =) Je suis contente qu'il vous ait plu =D

Voici donc le chapitre 12 et l'identité de la malencontreuse personne qui a surpris nos deux sorciers =p Personne n'a deviné, car il ne s'agit ni de Rogue, ni de Josh et encore moins de McGonagall x) J'avoue que comme je ne tiens pas compte du tome 7, beaucoup de personnages censés être morts ne le sont pas dans cette fiction xD Ca aurait sûrement été plus crédible si j'avais tenu compte du septième tome, mais je ne pouvais décidément pas me résoudre à la mort de tous ces personnages !

Bonne lecture à tous, et à la semaine prochaine pour le chapitre suivant =)

Petite _ grande _ parenthèse pour répondre à Anakin, qui décidément adore me poser des colles x), c'est vrai qu'il y a sans aucun doute plus d'une incohérence et beaucoup de points que j'aurais pu approfondir. Je vais quand même essayer de répondre à tout ce que tu as soulevé. Concernant Rogue tout d'abord. Les visites à Azkaban pour les prisonniers classés R n'étaient permises qu'aux familles. Rogue est son parrain, mais comme ce n'est pas un lien du sang, je ne le considère par comme étant un membre de la famille de Drago au même titre que Narcissa ou Lucius. Après, pour ce qui est de ne rien avoir fait pour tenter de défendre Drago... il avait sûrement assez de problèmes à régler de son côté. Une simple lettre, même d'Albus Dumbledore, ne suffit pas à faire taire tous les soupçons et les mauvaises langues. J'avouerai que pour le coup, je n'ai pas de meilleure réponse à te donner, et j'en suis désolée.

Pour ce qui est des condamnations. La seconde guerre a tellement mis le monde sorcier en panique que les autorités se sont montrées intransigeantes lors des procès. Drago n'a donc pas échappé à la prison. Après, je considère qu'il était majeur au moment des faits. D'après EHP, Drago est né le 5 juin 1980. La bataille de la tour a eu lieu en juin 1997. Il n'y a pas de date précise, mais je pense que c'est après le 5. Dumbledore est mort pendant cette bataille, soit après le 5 juin 1997. Au moment des faits, Drago était donc majeur de quelques jours, certes, mais majeur quand même. Quant aux autres mangemorts, la plupart ont été condamnés à perpétuité.

Concernant Blaise, c'est vrai qu'il est injuste envers Drago, je l'admets. Après, un ami n'est pas toujours juste non plus. Même si le changement a mis du temps chez Blaise, il est maintenant ami avec Hermione, et pour lui, c'est un fait qui n'a plus a être discuté. Il attend donc la même chose de son ami, même s'il ne se rend pas forcément compte de la difficulté que cela représente pour Drago. Quand on est très ami avec quelqu'un, on ne comprend pas toujours pourquoi les autres peuvent lui reprocher quelque chose. Quant au malêtre de Drago, c'est vrai que je n'y accorde plus énormément d'attention, j'en suis toute à fait consciente. C'est sûrement maladroit de ma part, mais je voulais plus travailler sur son intégration avec les gamins et son rapprochement avec Hermione.

Enfin, pour Harry et Ron... ils sont plutôt absent de la fiction, et c'est parfaitement voulu. Après tout, ils ont chacun fait leur vie, et je ne voulais pas rester dans la boucle Harry Ron Hermione. Ils ne sont pas totalement exclus non plus, ils ont même leur importance à la toute fin, mais ils ne font pas partis des personnages principaux.

En espérant avoir répondu à toutes tes remarques xD Je suis désolée pour toutes les petites négligences et incohérences qu'il y a et qu'il aura sûrement dans la suite, j'ai pourtant essayé de faire au mieux ! J'espère que la suite te plaira quand même x)


- Dobby !

Drago ouvrit la bouche de stupeur en reconnaissant, emmitouflé dans cinq écharpes et une dizaine de bonnets qui lui faisaient paraître le double de sa taille, son ancien elfe de maison.

La petite créature, les yeux exorbités _ et ressemblant pour l'occasion d'avantage à des ballons de basket qu'à des balles de tennis _ et la bouche grande ouverte, regardait tour à tour son ancien maître dont les yeux brillaient d'une étrange lueur, et sa bienfaitrice, qui avait les lèvres gonflées et rougies. Tous deux semblaient à bout de souffle et au combien gênés.

- Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda son ancien maître d'une voix plus aiguë que dans ses souvenirs.

- Euh…. Je…. C'est… euh… balbutia la pauvre créature, désemparée et paniquée.

- Calme-toi Dobby, vint à son secours Hermione, qui sembla retrouver tout son sang-froid devant la détresse de l'elfe. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Mr Severus Rogue veut vous parler ! débita-t-il enfin de sa voix suraiguë.

- Quoi, tout de suite ?

Avec un effort démesuré, elle réussit à se concentrer sur ce que disait l'elfe et à oublier la présence du Serpentard.

- Oh oui, tout de suite ! Et mieux vaut pour Miss Granger de ne pas faire attendre Mr Severus Rogue, car Mr Severus Rogue est très très en colère ! Oh oui, très très en colère ! couina Dobby en secouant la tête.

Hermione grimaça. La dernière fois que Rogue avait voulu la voir « en urgence », c'était lors de sa première année en tant que directeur de Poudlard après la chute de Voldemort, lorsque Marvin, Alec et John avaient enfermé la bibliothécaire dans un placard à balai après qu'elle ait rapporté à leur professeur de Sortilège qu'ils avaient copié tout leur devoir sur un de leur ami. La pauvre Mme Pince en était ressortie toute chiffonnée, traumatisée, et habillée de lambeaux, car les trois incorrigibles avaient malencontreusement fait tomber dans le placard à balai leurs « Monstrueux livres des Monstres ».

- Très bien, j'arrive, soupira-t-elle. Malfoy, tu surveilles les enfants pendant mon absence, je ne mettrai pas longtemps, ajouta-t-elle sans le regarder.

- Que… quoi ? réagit ce dernier alors qu'elle se dirigeait vers la cheminée de la bibliothèque. Je viens !

- Pas question ! Tu voulais que je te confie les enfants, c'est fait, inutile de chercher à te défiler ! répliqua Hermione sans toutefois le regarder. Et puis, je n'ai pas besoin de toi ! Même si c'est pour voir ton parrain qui doit affreusement te manquer, ce n'est pas une raison ! Tu pourras toujours l'inviter à venir te voir un jour où je travaillerai toute la journée !

- Je comptais lui demander s'il avait trouvé l'antidote pour… tes coups de barres, rétorqua innocemment Drago. Mais bon, puisque tu insistes, je surveillerai tes mômes…

Hermione soupira. Qu'est-ce qu'il pouvait l'énerver !

En vérité, elle était plus énervée par le fait qu'il l'avait embrassée sans qu'elle ne puisse rien faire que par son obstination, mais elle était bien décidée à se convaincre du contraire. « Je vais… » avait-il dit. Il n'avait cependant pas finit sa phrase et s'était emparé de ses lèvres avant qu'elle n'ait pu comprendre ce qui se passait.

- Ok, tu viens. Mais je te préviens, tu te fais oublier jusqu'à ce que ma discussion avec Rogue concernant ma convocation soit close ! Pigé ?

- Euh…

- Bon dépêche-toi ! Tu connais assez Rogue pour savoir qu'il n'aime pas attendre et ne tolère aucun retard ! s'exaspéra la Gryffondor en allumant la cheminée. Dobby, Rogue a-t-il allumé la cheminée de son bureau pour qu'on puisse y aller directement ? demanda-t-elle doucement à l'elfe qui acquiesça.

- Oui Miss Granger.

- Merci.

Elle prit le temps de d'avertir Kazumi qu'elle s'absentait et qu'il lui faudrait veiller sur les enfants, puis alluma la cheminée de la pièce.

– Bureau du Directeur, Poudlard ! annonça-t-elle alors que Dobby transplanait directement au château.

Drago suivit, et il se retrouva bientôt dans l'ancien bureau de Dumbledore qu'occupait maintenant son parrain. Tous les effets de l'ancien directeur étaient encore dans la pièce, qui n'avait pas beaucoup changé depuis la mort du « vieux fou ».

- Ca ne doit pas être si urgent que cela, sinon, il serait déjà là, constata Hermione en balayant du regard la pièce déserte.

La porte s'ouvrit alors violemment, et c'est dans son légendaire mouvement de cape que Severus Rogue fit son apparition, l'air plus furieux que jamais. Derrière lui, venaient, chuchotant gaiement, John, Marvin et Alec.

Bizarrement, les voir arriver n'étonna ni Drago ni Hermione.

- Bonjour, professeur Dumbledore ! s'exclamèrent joyeusement les trois adolescents à l'adresse du portait de l'ancien directeur de l'école, qui esquissa un sourire resplendissant.

- Et bien, qu'avez-vous fait cette fois ? Oh, Mr Malfoy ! Ravi de vous revoir ! s'exclama-t-il en apercevant Drago, qui fixait le portait avec un air indescriptible. Ne faîte pas cette tête voyons ! Si vous êtes ici avec Miss Granger, c'est que mon discours ne vous a pas laissé de marbre !

- Je ne vous le fait pas dire ! Mr Malfoy sort tout juste de sept ans d'enfermement à Azkaban ! railla Severus. Et il est actuellement en réinsertion chez Miss Granger.

Dumbledore eut une moue peinée, mais retrouva bien vite son air guilleret.

- Et comment se passe cette réinsertion ? voulut-il savoir.

Tout d'abord assailli de remords et de culpabilité en voyant l'ancien directeur, Drago fit un effort considérable pour ne pas rougir quand il mentionna la Gryffondor. Et en cet instant, Hermione aurait bien voulu avoir le même self-contrôle que lui, car elle ne put empêcher le rouge de lui monter aux joues en repensant au baiser passionné qu'ils venaient tout juste d'échanger.

- Aussi bien que ça puisse aller en tenant compte de nos… anciennes relations chaotiques, répondit le Serpentard en voyant qu'elle était dans l'incapacité de répondre.

Si Dumbledore ne sembla pas être dupe de la gêne de la jeune femme, Severus, lui, n'avait rien remarqué, trop occupé à fixer d'un œil noir les trois jeunes gens qui lui faisaient face.

- D'ailleurs, Miss Granger ferait mieux de s'occuper de ses enfants plutôt que d'accueillir des sorciers en réinsertion chez elle, les coupa-t-il.

- Je ne vous permets pas ! siffla Hermione, piquée à vif. Si vous saviez mieux tenir une école, vous n'auriez pas autant de problèmes avec eux ! Et puis, pourquoi cette convocation à cette heure ? Qu'on-t-il fait, au juste ? interrogea-t-elle hargneusement.

- Ce qu'ils ont fait… murmura Severus, blême de rage. Ce qu'ils ont fait…Ils ont ligoté Argus, l'ont enfermé dans un des cachots et suspendu par les poignets pendant qu'ils capturaient Miss Teigne, qu'ils ont teint d'une couleur criarde, et à qui ils ont jeté un sortilège afin qu'elle ne puisse plus aider son …. !

- Pff, n'importe quoi ! l'interrompit Alec avec dédain. Vous devriez plutôt vous réjouir de ce que l'on a fait ! Déjà, la couleur n'est pas criarde, mais vert fluo !

- D'ailleurs, vous pouvez remarqué qu'on a pensé à vous pour la couleur ! intervint Marvin. Même si John prétend qu'il pensait plus à Arya au moment de choisir, ajouta-t-il après une brève hésitation, le temps de jeter un coup d'œil à son ami.

- Je ne prétends pas, je suis certain ! rectifia ce dernier. Et vous ne regardez que le mauvais côté des choses, professeur, car comme vous l'a fait remarquer Alec, ce qu'on a fait peut également vous arranger ! En vert fluo, Miss Teigne est visible de loin, et audible, qui plus est ! Avec le sortilège qu'on lui a jeté, elle crie « Attention, attention, mon horrible maître arrive, sauvez-vous, malheureux, sauvez-vous ! Ou le méchant Rusard vous mettra en retenue ! », expliqua John en se tournant vers Hermione et Drago, avec une petite voix aiguë lorsqu'il cita les paroles de Miss Teigne.

- Donc, tout ça pour dire que, puisque les élèves seront prévenus à l'avance, il y en aura moins qui se feront coller ou punir, et la renommée de l'école augmentera, puisque vous pourrez alors vous vantez que vous n'avez que très peu d'élèves rappelés à l'ordre ! finit Marvin avec un sourire éblouissant.

- Quant à Rusard, lui qui n'en finit jamais de se lamenter qu'il préférait les anciennes punitions où il pouvait attacher les élèves par les poignets, on lui a tout simplement donné l'occasion de se remémorer ses bons souvenirs !

Rogue ouvrit la bouche et la referma, ne trouvant rien à dire. Il jeta un regard furieux au portrait de Dumbledore et à Drago, qui étouffaient tout deux leurs rires à grand peine. Hermione, choquée, ne semblait plus pouvoir bouger.

- C'est… balbutia le directeur. C'EST L'EXCUSE LA PLUS STUPIDE QUE J'AI JAMAIS ENTENDUE ! se reprit-il alors en criant.

- Mais ce n'est pas une excuse, on vous explique simplement pourquoi on a fait cela à ce pauvre petit horrible chat ! répliqua Alec, visiblement vexé de ne pas être pris au sérieux.

- D'ailleurs, on a omis de vous préciser que l'on a également fait cela car cette satanée boule de poil nous embêtait dans nos recherches de l'échiquier ! ajouta John.

- AH OUI ? hurla Rogue avant de changer brusquement de ton. Puisque votre… responsable légale est là, parlons-en, de vos recherches ! Sachez, Miss Granger, que ces trois… hum, que c'est trois adolescents se sont mis en tête de retrouver l'échiquier mis en place par le professeur McGonagall afin de protéger la pierre philosophale. Ne me demandez pas pourquoi, je n'en sais rien.

- Vous voulez quoi ! s'écria Hermione, sortant de sa stupéfaction.

- Retrouver l'échiquier de ta première année. Tu sais, celui où Ron a failli se faire tuer par des pièces géantes, répéta Marvin, tout naturellement.

Un sourire en coin naquit sur les lèvres de Drago, surpris de voir à quel point il pouvait parler de ce projet avec un ton décontracté. Le jeune homme aurait pu dire sur le même ton qu'il adorait les jeux vidéos que ça n'aurait pas changer grand chose.

- Mais vous êtes complètement fous ma parole ! s'énerva la brunette, peinant à croire à ce qu'elle venait d'entendre.

Même durant leurs années Poudlard, elle, Harry et Ron n'auraient eut pareille idée ! Ils n'avaient cherché à courir après le danger, étant donné que c'était lui qui était toujours venu à eux ! Cependant, cela ne semblait pas être le cas des trois garçons qui adoraient visiblement se mettre dans des situations périlleuses !

- Non, on n'est pas encore fou, ne t'inquiète pas. Du moins, moi et Marvin ne sommes pas fous, John, j'ai des doutes, sourit Alec.

- N'importe quoi ! T'es complètement fou de ta copine là, Jenn', rétorqua le blond avec un air boudeur.

- Bref ! les coupa Rogue avec humeur. Là n'est pas le sujet, de toute manière, vous battez tous trois des records en matière de folie. Pourrait-on maintenant savoir pourquoi vous voulez à tout prix retrouver cet échiquier ? questionna-t-il d'un ton doucereux.

- Pour s'entraîner ! Que voulez vous qu'on fasse d'autre avec ? répondit Marvin avec une moue dédaigneuse, s'étonnant du niveau de débilité de son directeur.

- On veut pouvoir battre Dray aux échecs quand on rentrera au manoir pour les prochaines vacances.

Severus tiqua. Son audition commençait à lui faire défaut, signe de vieillesse. Il n'avait pourtant que 45 ans, ce qui n'était pas encore très vieux.

- Je vous demande pardon ? articula-il lentement.

- Et bien pour tout vous dire, Marvin a le seum' parce que Drago n'a pas arrêté de le battre pendant les vacances quand il jouait aux échecs avec lui, expliqua John avec un certain mépris, se demandant visiblement comment on pouvait en venir à jouer avec un individu comme le Serpentard. Et après, on dit que je suis fou ! ajouta-t-il.

Drago ne put s'empêcher de baisser les yeux sous le regard inquisiteur de son parrain, qui était visiblement partagé entre l'envie de rire et celle de pleurer de désespoir. Finalement, il opta pour le silence, faisant tout de même comprendre à son filleul qu'il aurait deux mots à lui dire.

- Bien, Miss Granger étant à présent mise au courant, il me semble que c'est le moment de… vous donner la sentence que vous méritez ! En espérant bien évidemment que Miss Granger fera de même de son côté, reprit-t-il d'une voix doucereuse.

- Cela va de soi, répondit la jeune femme en lançant un regard noir à ses trois adolescents, qui baissèrent la tête dans un air faussement désolé, échangeant tout de même un discret sourire.

- Donc… voyons, voyons… Etant donné que Miss Teigne ne peut plus aider son maître, je vous charge de le faire à sa place, et ce jusqu'à ce qu'elle soit en état de reprendre du service ! Vous aiderez donc Rusard dans ses rondes pendant une durée indéterminée, ce sera votre part de retenue. Et bien évidemment, 50 points en moins pour chacun d'entre vous, sourit sadiquement le directeur de Poudlard.

- On va faire des rondes avec Argus ? demanda vivement John, ne s'attardant même pas sur la perte de points. Sérieux ? Trop fort !

Le sourire de Severus se fana.

- Ca c'est de l'originalité ! renchérit Marvin. Si on avait su qu'on aurait une telle punition, on aurait mis ce Sac à Puces hors jeu avant !

Drago eut un rictus narquois en voyant le sourire de son parrain s'effacer totalement.

- Dîtes professeur, qu'est-ce qu'on aura comme punition si on assortit le maître à l'animal ? interrogea Alec.

Le directeur afficha une mine effarée. Avec un air déconfit, il murmura.

- Survivre à deux guerres contre le Seigneur des Ténèbres pour finir directeur d'adolescents bons à interner ! souffla-t-il, dépité. Si c'est pas triste ça !

Dumbledore pouffa dans son portrait, Hermione et Drago dévisagèrent leur ancien professeur avec de grands yeux étonnés Alec, Marvin et John échangèrent un regard avant d'éclater de rire.

- SORTEZ IMMEDIATEMENT ! s'écria alors Rogue, à bout de nerf. ET VOUS, SI L'IDEE DE FAIRE DE MEME A RUSARD VOUS PREND, VOUS SEREZ RENVOYEEEEES !

Et sans qu'ils ne comprennent pourquoi ni comment, les cinq sorciers se retrouvèrent dans le couloir, devant la gargouille de pierre qui leur barra l'accès au bureau..

- N'empêche qu'il nous a fait un compliment ! dit alors Marvin. On bat des records en matière de folie ! C'est le premier compliment qu'il nous fait en 3 ans !

- Non, l'an dernier il nous avait déjà dit que notre intelligence était hors du commun après qu'on ait fait explosé une potion d'amnésie, tu ne te rappelles pas ?

- C'était de l'ironie, Alec ! soupira Hermione.

- Vous avez réussi à faire exploser cette potion ? se moqua Drago. Je ne savais même pas que c'était possible ! Vous êtes pires que Londubat, ma parole !

- C'est pas nous ! La notre était parfaite, mais on s'ennuyait grave, alors qu'est-ce qu'on a fait ? On a attrapé le premier truc qui nous tombait sous la main, et…

Marvin s'arrêta, incapable de continuer, le fou rire le gagnant déjà.

- Et on l'a jeté dans le chaudron de ceux d'à côté, qui a sauté, finit Alec en riant.

- Mh-hmm. Et vous êtes dans quelle maison ? 150 points en moins, cela m'étonnerait que ça plaise à vos camarades, sourit narquoisement Drago.

- Serdaigle ! répondirent-ils fièrement.

- Pardon ? fit le jeune homme, incrédule. Serdaigle ? Je croyais qu'il fallait être intelligent pour aller à Serdaigle !

- Mais c'est le cas, figure-toi ! répliqua Marvin avec un sourire. Sauf que c'est pas précisé intelligemment con ou intelligemment intelligent !

Drago ne répondit pas, éberlué. Ce qui laissa à Hermione le temps d'en placer une.

- En attendant, vous serez également punis par moi ! intervint-t-elle sèchement. Pendant les prochaines vacances, vous aiderez Shinji à faire la vaisselle toute une semaine, midi et soir. Vous me rendrez aussi vos consoles pendant les vacances, et interdiction d'utiliser la salle vidéo jusqu'à nouvel ordre !

- Quoi ? s'écria John, horrifié. Mais Mione, Ethan a acheté le nouveau Prince of Persia, tu ne peux pas nous faire ça ! Sans compter qu'on a récupéré nos consoles fin juillet ! Tu ne vas pas nous les reprendre trois mois après ?

- Je vais me gêner ! Miss Teigne a beau être insupportable, ce n'est pas une raison pour la traiter ainsi ! répliqua-t-elle en s'éloignant. Pas plus que son maître !

Les garçons lui emboîtèrent le pas, dépités, et Drago crut entendre un « Et puis, c'est beaucoup plus excitant en sachant qu'on peut se faire prendre à tout moment par un chat enragé ! », mais n'en étant pas certain, il garda le silence, se contenant de sourire légèrement.

Une tornade brune déboula alors dans le couloir, et avant que quiconque ait eu le temps de faire un quelconque mouvement, un bruit sec retenti, accompagné d'un cri étouffé.

- CA, C'EST POUR L'HUMILIATION QUE TU M'AS FAIT SUBIR DANS LE GRANDE SALLE ! s'écria une voix hystérique.

Drago écarquilla les yeux en voyant une jeune fille qui devait avoir l'âge des trois ados, plutôt jolie, aux longs cheveux bruns, aux lèvres pulpeuses et au décolleté plongeant partir en courant dans les profondeurs du château.

- C'était quoi, ça ? demanda-t-il à un John légèrement désappointé.

Au moment où l'adolescent allait ouvrir la bouche pour lui répondre, une voix narquoise que Drago connaissait bien s'éleva.

- Sa copine. Que dis-je ? Son Ex. Parce que je suppose qu'elle t'a plaqué, après la scène de ce soir, non ? Ou du moins c'est ce qu'elle vient de faire. Elle n'a pas peur. Employer une façon directe pour te faire comprendre quelque chose ne suffit déjà pas, alors un moyen indirect comme celui-ci ! M'enfin, elle te ressemble, niveau jugeote.

Le petit groupe se retourna, pour voir Arya approcher d'une démarche tranquille, le visage impassible, son œil droit obscurci par sa mèche, un sourire ironique sur les lèvres, de petits trucs blancs inconnus à Drago toujours enfoncés dans ses oreilles.

- Toi, ça va ! Je t'ai rien demandé ! grogna John. Je suppose que tu vas m'en foutre une aussi, comme d'habitude !

- Hmmm… non, tu as eu ton compte, même si elle n'y a pas été assez fort à mon goût, ta Gwendoline. Alors, qu'est-ce que vous avez eu comme punition cette fois ? Trier tous les ingrédients de Rogue, aider Hagrid à traire les Scout à Pétard, récurer le château de fond en comble ?

- Non ! On doit aider Rusard à faire ses rondes jusqu'à ce que sa boule de poils aille mieux ! répondit fièrement Marvin.

- Et on pourra même t'enlever des points si t'es pas sage ! la taquina Alec.

- Je ne désobéis pas à toutes les règles moi ! rétorqua la rouquine.

- L'hôpital qui se moque de la charité ! murmura ironiquement Hermione.

- Non, et tu sais parfaitement qu'il est interdit d'utiliser des appareils moldus arrangés sorciers dans l'enceinte de l'école, je suppose ? répliqua John. Que se passerait-il si Rogue venait à l'apprendre ?

Le sourire narquois de la jeune fille s'élargit, et elle lança un regard éloquent au jeune homme.

- Oh, mais j'oubliais, Miss Westinger est à Serpentard, et les petits serpents ont le droit de tout ! fit-il mine de se rappeler.

- Comme quoi, il y a toujours des avantages à faire partie des verts et argents. Pas vrai Drago ?

Pris de court, et peu désireux de se mêler de leurs querelles, le jeune homme ne répondit pas.

- Bon allez, on se casse, à plus tard Mione, annonça Marvin en attrapant John par un bras pour le traîner jusqu'à leur salle commune avant qu'il n'explose de rage.

- On te tiendra au courant des avancements de nos recherches Dray ! lança Alec avant de disparaître à l'angle du couloir.

- Comment ça « on te tiendra au courant des avancements de nos recherches » ? demanda Hermione en se tournant vers le blond, qui maudit intérieurement le garçon. Ne me dis pas que tu étais au courant de leur projet ! s'énerva-t-elle.

- Ben… disons qu'il m'ont écrit plusieurs fois, bredouilla-t-il, essayant de contourner la question.

- Non mais j'y crois pas ! C'est pas vrai ! Tu étais au courant et tu ne m'as rien dit ! s'écria-t-elle.

- Tu es mal placée pour me faire la morale sur ce genre de comportement ! cingla Drago.

Hermione en resta muette et se mordit les lèvres, ne pouvant s'empêcher de culpabiliser. Cependant, la colère la reprit bien vite et elle s'éloigna afin de se calmer.

- Hey, c'est toi qui leur a dit pour l'étage ? chuchota Arya en donnant un léger coup de coude dans les côtes du jeune homme.

Drago baissa les yeux vers elle.

- Mouais, marmonna-t-il.

Elle eut un rire moqueur mais discret et, réajustant les petits trucs blancs qu'elle avait dans les oreilles, elle s'engagea dans le couloir.

- Où vas-tu ?

- J'ai quelqu'un à voir. A dans un mois Drago, ça m'a fait plaisir de te revoir, lança-t-elle avec un sourire avant de s'éclipser sans bruit.

Le Serpentard eut un léger sourire et se retourna, bien décidé à parler à son parrain. Apercevant deux tignasses brunes tourner à l'angle du couloir, il s'empressa de demander à la gargouille l'autorisation de monter, et la statue pivota bientôt sur elle-même, lui laissant libre accès à la porte, et lui évitant ainsi des retrouvailles avec Andrew et Grégoire.

- Ca y est, tu es calmé ? se moqua-t-il en entrant dans le bureau.

- Pas pour longtemps si tu commences comme ça ! Dis-donc, comment se fait-il que tu ais sympathisé avec des débiles comme ces trois là !

- Je n'ai pas sympathisé avec eux, c'est eux qui sont venus squatter mon espace vital !

- Squatter ? répéta Severus. Merlin, tu n'es plus ce que tu étais pour parler ainsi ! Qu'est-ce que dirait ton père s'il t'entendait !

- Vas-tu arrêter de toujours mentionner mon père ! rétorqua assez violemment Drago.

- Désolé, je ne voulais pas, s'excusa brièvement le terrifiant professeur de potions. Enfin, il me semble tout de même que Westinger n'est pas du genre à s'immiscer dans l'espace vital des gens ! se reprit-il, sarcastique.

- Westinger ? C'est qui ça ?

- Ta rouquine dévergondée !

- Arya ? Tu ne l'aimes pas non plus ? s'étonna Drago. Pourtant, elle est à Serpentard…

- Peu importe ! le coupa Severus. Cette fille est une vraie sauvageonne ! Sans compter ses absences régulières et ses résultats catastrophiques ! Et cette mèche là ! Rhaa il y a des jours où je la lui couperais bien moi-même ! Toujours là à lui retomber dans les yeux et à pendre au dessus du chaudron !

- Ok, ok, t'emballe pas ! le temporisa son filleul, tout de même étonné de la description si négative qu'il avait de la jeune fille. Sinon, j'en ai appris de belles, te concernant ! sourit-t-il alors en s'asseyant sur une chaise.

Le directeur de Poudlard arqua un sourcil interrogateur, le regard méfiant, se demandant ce que son ancien élève avait bien pu apprendre de … compromettant sur lui.

- Il paraît que… tu as instauré un bal de Noël… annuel… lança le jeune Malfoy, mine de rien.

Il releva discrètement les yeux, éprouvant un sadique plaisir à voir son parrain pâlir subitement, lui qui était déjà très blanc en temps normal.

- Où as-tu appris ça ? demanda Severus à voix basse, horrifié.

- J'ai mes sources, répondit malicieusement Drago. Je peux même te dire que certains de tes élèves te voient parfaitement en couple avec McGonagall !

Et devant la mine choquée de son parrain, il éclata de rire.

- Qui…

- Tu ne crois tout de même pas que je vais te le dire, si ? demanda-t-il. Bref, c'était juste pour voir ta réaction, ce n'est pas pour cela que j'ai tenu à venir te voir, mais…

- Pour ta Granger, je sais, le coupa Rogue avec un sourire narquois, sautant sur l'occasion pour inverser les rôles. J'ai fait des recherches, et ai retrouvé le protocole de la potion, que j'ai commencé il y a une semaine environ. Tu es toujours sûr de vouloir lui donner l'antidote ? Parce que franchement, si j'étais à ta place, je la laisserais mourir… du moins, souffrir au maximum…

- Evidemment que je veux le lui donner ! l'interrompit brusquement son filleul.

Drago se mordit la lèvre, conscient d'avoir répondu avec un peu trop de… conviction. Il se maudit intérieurement en voyant l'air perplexe que son parrain affichait. Il avait visiblement, lui aussi, noté le ton démesuré de sa réponse.

- Dis-moi, Drago, commença-t-il, je ne veux pas te vexer mais,… ne te serais-tu pas… attaché à Granger plus que tu ne devrais ?

- …

Severus soupira.

- Ton silence est éloquent ! souffla-t-il. M'enfin, si tu y tiens toujours, la potion sera prête dans un mois. D'ici là, dit-lui de se ménager. Si elle s'épuise trop et trop souvent, elle n'aura même plus la force d'avaler cette potion quand elle sera prête, et j'aurais gâcher bon nombre d'ingrédients pour rien !

Un mince sourire naquit sur les lèvres de Drago. Son parrain n'avait pas autant changé que ça, finalement, puisqu'il trouvait toujours ses ingrédients et ses potions plus importants que les patients qui en avaient besoin.

- Merci pour ton aide.

- Je ne te réponds pas de rien, car il m'en coûte, mais un conseil, ne t'aventure pas trop sur le terrain Granger, il est trop escarpé pour toi.

- M'y engager n'est pas dans mes intentions ! s'offusqua Drago en serrant les dents. C'est juste qu'à choisir entre elle et Weasmoche qui garde les mômes quand elle s'absente, le choix est vite fait !

- C'est certain. Sans compter qu'elle doit être beaucoup plus tendre que lui, je suppose, renchérit narquoisement Severus. Bien, notre entrevue se finit là. J'ai une punition à mettre en place, expliqua-t-il avec un sourire mauvais. Sur ce, bonne soirée, Drago.

- Est-ce que tu as des nouvelles de ma mère ? demanda le blond avant de sortir, et avant que son parrain ne s'enfonce trop dans ses pensées sadiques.

Severus regarda quelques secondes par la fenêtre avec un mince sourire moqueur.

- Narcissa ? Oui, j'ai des nouvelles. Quand elle a appris que tu étais chez Granger, elle est venue me voir en larmes, complètement désespérée. Même si elle se doutait bien qu'on ne rendrait pas ta réinsertion facile, elle n'avait pas imaginé que tu serais placé chez elle. Elle s'est beaucoup inquiétée, surtout avec les articles parus dans la Gazette. Lorsqu'elle a lu que tu t'étais fait agresser à la gare, elle s'est mise en tête d'aller te voir chez Granger pour t'en faire sortir, craignant que tu y sois mal traité… Mais la prochaine fois que je la verrai, je lui dirais qu'au contraire, tu t'y plais et que tu y es traité avec… un soin tout particulier…

Drago fronça les sourcils, pas sûr de comprendre le dernier sous-entendu de son parrain, qui trouva bon de préciser :

- Tes cheveux sont désordonnés, ce qui ressemble plus à Potter qu'à toi, tes yeux son bizarrement brillants, tes lèvres sont plus rouges que la normale, et tu sens le parfum féminin à plein nez…

Le jeune Malfoy ne put rien faire pour empêcher le rouge de lui monter aux joues, aussi baissa-t-il la tête pour ne pas que ça se remarque trop et sortit de la pièce après avoir brièvement saluer son parrain, qui souriait trop narquoisement à son goût.

Il retrouva Granger qui l'attendait dans le couloir, à peu près calmée, et rentra avec elle au manoir. La Gryffondor fila aussitôt dans son bureau où elle s'enferma jusque tard dans la soirée, prétextant avoir des dossiers en retard à compléter. Ce qui était totalement faux, mais au moins, ça lui évitait de faire face au Serpentard. Si elle était capable d'oublier la scène de l'infirmerie, il lui était totalement impossible d'oublier le baiser de la bibliothèque.


- HAGRID ! finit par hurler la jeune fille, au comble de l'énervement.

- Voilà, voilà, j'arrive, marmonna une voix à l'intérieur de la cabane.

Le demi-géant ouvrit la porte pour se retrouver face à une Arya mécontente.

- Ce n'est pas trop tôt ! Ca fait 10 minutes que je frappe ! pesta-t-elle. Sans compter que depuis la rentrée, vous vous défilez à chaque fois que je veux vous parler !

On aurait pu croire que Hagrid, par sa taille imposante et son caractère parfois bourru, allait s'énerver de se faire ainsi rabrouer par un adolescente de 15 ans. Il n'en fit rien. Penaud, il baissa la tête.

- C'est que je ne suis plus si sûr de vouloir… te montrer… ce dont je t'ai parlé, s'excusa-t-il maladroitement.

- Pourquoi ça ? s'étonna la Serpentard en fronçant les sourcils. Pourtant, dans votre lettre, vous sembliez impatient de me montrer… me montrer quoi, au juste ? Hors de question de vous défilez une fois de plus ! Je veux voir ce dont vous avez parlé ! trancha-t-elle.

Le garde chasse soupira. Après deux mois de vacances, il avait oublié le caractère têtu et explosif de la rouquine.

- Très bien, si tu y tiens. Suis-moi, c'est par là, fit-il.

Il referma la porte de sa cabane derrière Crockdur, attrapa une torche et un sac de peau qui traînant à côté de la porte, et s'engagea sur le sentier qui menait à la Forêt Interdite. Elle ne pourrait peut-être même pas le voir, alors après tout, il n'avait rien à perdre.

La plupart des élèves auraient été terrorisés rien qu'à l'idée d'approcher des bois obscurs et hostiles. Pas Arya. Satisfaite d'avoir réussi à convaincre son professeur de lui montrer « la chose », elle lui emboîta le pas.

- Alors, comment ça s'est passé, ces quelques semaines sous le même toit que Malfoy ? demanda Hagrid.

- Comme les autres semaines. C'était juste un peu plus intéressant.

- Ah bon ?

- Ca vous étonne ?

- Oui, à vrai dire, je pensais qu'il aurait été exécrable, admit le demi-géant.

Arya haussa les épaules.

- Je dirais plutôt qu'il y met du sien. Surtout pour ce qui est de surveiller les gosses le soir. Faut dire aussi que s'il ne fait rien, il ne dort pas, avec ces trois abrutis et leur bruit qui sert de musique !

- Tu ne portes toujours pas John dans ton cœur, constata Hagrid avec amusement.

- De plus, continua-t-elle en ignorant sa remarque, certains ne l'aident pas beaucoup, je dirais même qu'ils lui mettent des bâtons dans les roues.

- Qui ça ?

- Ronald, par exemple. Cet idiot ! Il n'était pas au manoir depuis un jour qu'il s'apprêtait à le renvoyer à Azkaban !

- Il avait peut-être bien raison, commenta sombrement le demi-géant.

- Hagrid !

- Oui, oh, ça va hein. Je te rappelle quand même que Malfoy a voulu faire tuer Beuk après l'avoir provoqué ouvertement !

- Ce n'est pas une raison ! insista la jeune fille, impitoyable. Azkaban est un endroit horrible, et il me semble que les sept ans qu'il y a passé le punissent largement de ce pour quoi il a été accusé ! Et puis à treize ans, qui est vraiment conscient de ce qu'il fait ? Personne.

En guise de réponse, le garde-chasse marmonna une phrase incompréhensible. Ils entraient à présent dans la forêt Interdite, et Arya, pas inquiète le moins du monde, marchait toujours à la hauteur du professeur, qui décida de changer de sujet.

- Sinon, comment ce sont passés tes premières semaines de cours ?

La Serpentard grimaça. Les cours ne constituaient pas un de ses sujets de conversation favoris.

- Encore pires que les années précédentes ! Entre des profs qui répètent à longueur de journée qu'il faut préparer les BUSES, et un prof de soins aux créatures qui s'enfuit à chaque fois que je veux lui parler, ma rentrée n'a pas été des meilleures !

Face au reproche qui lui été clairement adressé, Hagrid garda le silence. Il écarta une branche lourde de feuilles qui se trouvait sur son passage, et Arya, qui marchait derrière lui, manqua de se la prendre en pleine tête lorsqu'il la relâcha. Elle se baissa souplement, évitant de peu l'obstacle, et continua sa route.

Le reste du chemin se passa en silence. La lumière diffusée par la torche que tenait Hagrid accentuait les ombres des arbres, ne les rendant que plus inquiétantes. Des animaux dissimulés dans les sous-bois les regardaient passer sans bruit, si ce n'est de petits cris qu'ils poussaient de temps à autre pour avertir leurs semblables du potentiel danger qui empiétait sur leur territoire.

Rongée par la curiosité, la Serpentard ne posait cependant pas de questions, préférant garder la surprise complète.

Rejetant sa tête en arrière, Hagrid poussa alors un cri perçant et aigu. Un faible cri lui répondit, et Arya s'immobilisa subitement, aux aguets.

- Ce n'est rien, ne t'inquiète pas, la rassura Hagrid avant de hurler à nouveau pour ensuite reprendre son chemin.

La jeune fille se détendit légèrement et suivit le demi-géant en restant tout de même sur ses gardes. Un second cri raisonna entre les arbres sombres, et elle tourna vivement la tête vers la gauche, d'où le bruit semblait provenir.

- Ils ne doivent plus être très loin, murmura le garde-chasse en ouvrant une fois de plus sa bouche pour crier.

Derrière lui, la Serpentard scrutait les sous-bois d'un œil perçant, la main sur sa ceinture, prête à réagir au moindre mouvement des buissons. Plusieurs cris s'élevèrent alors. Arya s'arrêta de nouveau, tous les sens en alerte.

- Ah, vous êtes là ! s'exclama joyeusement son compagnon. Arya, viens voir par ici !

La jeune fille se fraya un chemin dans l'épaisse haie que formaient une multitude de buissons pour rejoindre le professeur. Elle se figea soudainement.

- Ils sont magnifiques… chuchota-t-elle après plusieurs secondes de silence.

- Tu peux les voir ? demanda Hagrid.

- Oui, pourquoi ? Je ne devrais pas ? s'étonna-t-elle.

- Seules les personnes qui ont déjà vu la mort peuvent les voir, expliqua-t-il à voix basse, comme s'il voulait qu'elle n'entende pas.

Elle entendit tout de même, mais ne montra aucun signe d'inquiétude ou de chagrin, les yeux fixés sur les impressionnants équidés qui se tenaient fièrement à quelques dizaines de mètres d'elle. Etranges croisement entre dragon et cheval, les créatures qui lui faisaient face étaient grandes de près d'un mètre 80 au garrot, et avaient une robe entièrement noire. La lueur de la torche que tenait toujours Hagrid se reflétait dans leurs grands yeux blancs.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle à voix basse sans les quitter des yeux.

- Ah, tu aimerais bien le savoir, hein ? C'est à ton programme de soins aux créatures magiques de cette année, mais j'imagine que je vais devoir te le dire, puisque c'est moi qui ai abordé le sujet dans ma lettre.

- Exact. Alors, qu'est-ce que c'est ? le pressa-t-elle, dévorée par la curiosité.

- Des Sombrals.

Il posa le fardeau qu'il portait toujours à terre et l'ouvrit. Une forte odeur de viande s'en échappa alors, et pour cause : le sac était emplie de gros morceaux de chair encore dégoulinant de sang.

Arya fronça le nez et s'écarta de quelques pas pour échapper à l'odeur nauséabonde. Elle reporta alors son regard sur les Sombrals. L'observation était réciproque. Les animaux, peu habitués à voir d'autres personnes qu'Hagrid, dévisageaient curieusement la jeune fille et semblaient se demander ce qu'elle faisait là et qui elle était. Puis l'odeur de la viande leur parvint et ils se détournèrent pour approcher du demi-géant.

- Dîtes-moi Hagrid, ces créatures sont fascinantes mais… je ne vois pas vraiment le rapport avec la lettre que vous m'avez envoyé, dit-elle en fronçant les sourcils. Vous parliez d'une chose exceptionnelle que vous aviez réalisée et dont vous étiez très fier.

- J'y viens, j'y viens.

Savoir que la Serpentard n'était pas inquiète par les animaux l'avait amplement soulagé, et l'enthousiasme avec lequel il lui avait écrit quelques jours avant la rentrée l'envahit à nouveau.

Il lança quelques morceaux de viande aux équidés, qui les happèrent au vol pour ensuite les engloutirent goulûment.

- Tu te rappelles, en troisième année, lors de ta première année de soins aux créatures magiques ? questionna-t-il. Tu n'étais pas emballée car c'était Rogue qui avait choisi tes options et qu'il t'en avait mis le maximum parce que tu n'avais rien pris !

- Oui, je me souviens, grommela-t-elle, maussade.

- Tu avais d'ailleurs séché la moitié des cours ! Ah, je me souviendrais toujours de la flamme qui a allumé tes yeux lorsque tu as vu les hippogriffes pour la première fois ! Je crois bien que c'est le seul cours de l'année où tu as tout écouté !

Arya hocha silencieusement la tête et regarda une seconde le garde-chasse plongé dans ses souvenirs, avant de reporter son attention sur les chevaux qui finissaient de manger leur repas.

C'est alors qu'elle le vit. Les adultes s'étaient écartés pour manger tranquillement, laissant derrière eux les plus jeunes du groupe. Il était légèrement plus petit que ses congénères, moins squelettique également. Son corps était recouvert de petits poils noirs et lustrés, ses oreilles étaient dressées, et non abaissées, comme celles des autres équidés. Deux grandes ailes, presque invisibles puisque toutes aussi noires que la robe, étaient repliées sur ses flancs. La courbe de sa tête était plus fine, plus adoucie également, et tenait plus de la morphologie du cheval que du Sombral. Ses yeux d'un doré soutenu semblaient briller de milles feux. La Serpentard en tomba aussitôt amoureuse.

- Hagrid ?

- … tu avais beau être aussi fière que Malfoy à l'époque, continuait ce dernier, toujours perdu dans ses souvenirs, tu n'as pas hésité à saluer l'hippogriffe, et pas à le provoquer, comme l'avait fait cet imbéci…

- Hagrid !

- Oui ?

- C'est un Sombral aussi, lui ? interrogea-t-elle en désignant le jeune cheval d'un geste du menton.

Son professeur de soins aux créatures magiques sourit fièrement et bomba le torse.

- A moitié seulement ! Il est issue d'un croisement entre un Sombral et un cheval moldu, que j'ai moi-même réalisé ! Quand tu m'as parlé de ces chevaux étranges qui ne volent pas, sont à peine plus forts que des mules et servent d'ailleurs pour les mêmes tâches, cela m'a intrigué. Sans compter que tu semblais leur vouer une admiration sans borne ! Alors j'ai été voir ces étranges créatures de mes propres yeux. Tu n'avais pas menti en parlant de noblesse et d'élégance, car ceux que j'ai vu étaient de belles bêtes. J'ai eu l'idée de faire saillir l'un de ces étalons avec une des Sombrals, expliqua-t-il.

- Et comment avez-vous fait pour ramener un étalon ici ?

- Oh, je me suis débrouillé, dit-il sans plus de détails. Je l'ai installé dans la prairie un peu plus loin. Le troupeau l'a accepté sans trop de mal. Il s'est juste un peu querellé avec ce bon vieux Tenebrus ! Et finalement, il a sailli une des femelles, et je l'ai ramené chez son propriétaire. D'ailleurs, ce dernier n'avait pas l'air content que j'emmène son étalon plutôt que d'amener la jument, ajouta-t-il en fronçant les sourcils.

- Quel âge a-t-il ?

- Environ un an et demi. J'ai fais saillir la jument pendant les vacances de la Toussaint en 2002, quelque temps après que tu m'aies parlé des chevaux moldus. En fait, je t'avais écrit dans l'espoir que tu m'aides à l'habituer à la monte et que tu t'occupes de lui, parce que je ne m'y connais pas en chevaux moldus.

La jeune fille resta muette de surprise.

- Etant donné que tu adores les équidés comme son père, je me suis dit que ça te ferait plaisir. Sans compter qu'avec un bon sort de désillusion, il passe incognito dans le monde moldu. Tu accepterais ?

- Evidemment ! Oh Hagrid, c'est… merci beaucoup ! sourit-elle en se mordant la lèvre pour contenir sa joie.

- Merci à toi ! répondit-il en lui donnant une claque amicale dans le dos, qui la propulsa à deux mètres de là. Oh, désolé.

- Pas grave, marmonna-t-elle en se relevant.

- Par contre, je dois te prévenir qu'il est coriace ! Je ne m'y connaissais sûrement pas assez en chevaux moldus, et je n'ai pas du prendre l'étalon idéal pour une saillie. Ce jeunot a un caractère exécrable ! Impossible de l'apprivoiser ! Et Merlin m'est témoin que j'en ai éduqué des bêtes, et que ce n'est pas la volonté qui manque ! Bien-sûr, je me suis dit qu'il était peut-être trop jeune, alors j'ai attendu quelques mois de plus, mais rien n'y fait ! pesta le demi-géant en continuant de distribuer ses morceaux de viande aux Sombrals.

- Mais… qu'est-ce qui vous embête, chez lui ? interrogea la jeune fille, perplexe. Il n'a pas l'air si…

Elle ne put achever sa phrase. Le cheval bondit sur Hagrid, toutes dents dehors. Le garde-chasse devait être habitué à ce genre d'attaque, car il réagit aussitôt, envoyant son imposante main droite sur le naseau de la créature, qui tangua quelque peu en grognant, coupée nette dans son élan.

- Voilà un parfait exemple de ce dont ce stupide cheval est capable ! Sans compter qu'il semble prendre un plaisir fou à pourchasser Crockdur et à provoquer ses aînés ! Je ne sais pas combien de fois Tenebrus a du le remettre à sa place, j'ai arrêté de compter après la vingtième bagarre.

- Il est peut-être juste un peu plus nerveux que les autres.

- Nerveux peut-être, cinglé certainement ! Figure-toi que quand j'ai essayé de l'atteler à un des chariots de l'école, il s'est mis dans un état pas possible et m'a réduit la carriole en morceaux ! Sans parler du harnais qu'il a prit un sadique plaisir à détruire ! M'enfin, il n'est pas plus dangereux que ça, sinon je ne te proposerais pas de le monter.

Arya acquiesça. Le caractère du yearling lui plaisait et elle sentait au plus profond d'elle-même qu'ils s'entendraient à merveille.

- Bien, je suppose qu'il va falloir que je me fasse accepter de lui avant de le monter, non ? s'enquit-elle.

- Ma foi, si tu y arrives, oui, sinon, on avisera ! Je n'ai jamais eu de problèmes avec les autres, mais dans son cas, je suppose que ça ne serait pas un luxe !


Allongé sur son lit, les mains derrières la tête, Drago réfléchissait en observant le plafond sans vraiment le voir. Ce que lui avait dit son parrain quelques jours plus tôt lui taraudait l'esprit. S'était-il vraiment trop attaché à Granger ? Il n'en savait rien.

Evidemment, depuis ce fameux jour de rentrée où elle lui avait assuré qu'elle le considérait comme « normal », ils s'étaient rapprochés. Du moins, lui ne restait plus constamment plongé dans son mutisme borné et de son côté, elle lui avait accordé un peu plus de sa confiance.

Le baiser passionné échangé une semaine plus tôt avait légèrement changé les choses, et une sorte de gêne s'était installée entre eux les premiers jours. La Gryffondor l'évitait comme la peste, et tous les prétextes étaient bon pour se défiler à sa présence. Notamment son travail, dans lequel elle s'était plongée un peu trop au goût de Drago qui la surveillait du coin de l'œil, suivant les recommandations de son parrain.

Même si elle ne partait qu'aux alentours de huit heures le matin, elle revenait relativement tard le soir, avec une pile de dossier à compléter pour le lendemain. Il avait bien essayé de lui dire de se ménager, mais quand il arrivait à l'approchait sans qu'elle ne s'enfuît, elle s'énervait dès qu'il faisait allusion à sa faiblesse momentanée. Aussi décida-t-il de prendre les choses en mains…

Quelques jours plus tard, c'est une Hermione très énervée qui poussa la porte du manoir en rentrant le samedi midi, début du week-end pour elle. Elle jeta littéralement ses affaire sur son bureau et se laissa tomber sur son fauteuil.

Ces deux dernières semaines, elle était revenue deux fois à la maison complètement à plat, ne prenant pas assez de potions de force avec elle pour aller travailler. Et malgré tout ce qu'elle avait fait pour ne pas que ça parvienne aux oreilles de Josh, elle avait l'impression que ce dernier était au courant. Il la regardait étrangement lorsqu'elle le croisait dans les couloirs, semblait lui donner moins de travail, et lui demandait toujours si elle allait bien quand il mangeait avec elle et Harry au réfectoire. Du coup, le Survivant s'inquiétait pour elle également, et il l'appelait tous les deux jours pour prendre des nouvelles. Si ce n'était pas lui, sa femme se chargeait d'aller aux nouvelles à sa place.

Elle soupira de frustration en ouvrant son sac. Il ne contenait qu'un dossier, un seul et unique dossier ! Habituellement, elle en avait toujours quatre ou cinq qu'elle prenait au bureau pour s'avancer chez elle, mais cette fois, rien. Au contraire, elle avait du aller demander à ses collègues s'ils avaient besoin d'aide pour trouver de quoi s'occuper ! Si ça continuait comme ça, elle irait voir Josh pour lui dire deux mots afin de remettre les points sur les i.

Elle sortit l'unique pochette de son sac, qu'elle entreprit de compléter. Cela ne lui prit que peu de temps et trois quart d'heure plus tard, elle avait déjà fini. En désespoir d'occupation, elle sortit un rouleau de parchemin et entreprit de commencer le rapport qu'elle devait rendre à Azkaban concernant le comportement de Malfoy.

Les conditions de sa liberté sous tutelles étaient assez lâches, et elle n'avait pour seule obligation que celle d'envoyer régulièrement des rapports pour faire part de l'évolution de son comportement en société et de toute autre remarque le concernant. Jusqu'ici, elle n'avait pas grand chose à lui reprocher. Il l'agaçait régulièrement et elle avait déjà eu de bonnes raisons de lui en vouloir, mais elle lui devait également une fière chandelle : sans lui, elle n'aurait jamais su quel maléfice l'avait touchée. Elle avait prévu de faire cela le dimanche suivant, mais dans les circonstances actuelles...

On frappa à la porte, et sans attendre sa réponse, on entra. La Gryffondor soupira en voyant une tête blonde platine délavée apparaître. Le rouge lui monta aux joues sans qu'elle puisse rien faire. Discrètement, elle recouvrit son rapport d'une feuille vierge adressée à l'un des enfants. Avec de la chance, il penserait qu'elle s'apprêtait à répondre aux petits sorciers de Poudlard.

- Malfoy, mais qu'est-ce que tu fais là ?

- Dis-moi Granger, est-ce que tu sais pourquoi ce John me déteste autant ? demanda le Serpentard en s'asseyant sur une chaise, une lettre à la main. Non pas que ça me chagrine, bien au contraire, mais j'apprécie de savoir pourquoi on me hait.

La jeune femme arqua un sourcil et le considéra un instant, surprise de le voir là à lui parler d'un tel sujet sans raison apparente. Visiblement, il avait décidé d'oublier l'incident de la bibliothèque, et c'était une très bonne chose.

- Et tu viens me demander ça à cette heure ci ? En plein milieu de l'après-midi ?

- Ben… oui, pourquoi ? Il y a une heure spéciale pour te demander cela ?

- Bien-sûr que non, idiot, mais ça aurait peut-être pu attendre… disons demain, non ? questionna-t-elle sarcastiquement.

Il haussa les épaules en guise de réponse et attendit qu'elle réponde à sa question.

- Ok, c'est bon, j'ai compris, tu ne sortiras pas d'ici sans avoir eu ta réponse ! soupira-t-elle en refermant son pot d'encre.

- Bon, tu réponds à ma question, oui ou non ? demanda-t-il.

Hermione soupira une fois de plus.

- C'est à cause d'Arya, lâcha-t-elle.

- Arya ? s'étonna-t-il.

- Si tu me laissais finir ? cingla-t-elle, exaspérée. Donc, oui, c'est à cause d'Arya. John lui tourne autour depuis… pas mal de temps et elle l'envoie balader d'une façon tout sauf aimable à chaque fois.

- Quel est le rapport avec moi ?

- Et bien, comme tu as pu le constater, Arya est plutôt du genre solitaire. Comme je t'ai dit l'autre jour à la bibli… enfin l'autre fois, se reprit-elle en rougissant à la mention de la pièce où avait eu lieu la scène compromettante elle ne parle pas beaucoup aux autres. A vrai dire, ceux avec qui elle parle le plus, ce sont les chevaux et le chien. Enfin bref, elle ne s'attache qu'à très peu de gens, et les personnes qu'elle considère comme ses amis doivent se compter sur les doigts de la main. Or, elle s'est liée avec toi en moins d'un mois, et ce sans raison apparente. Ca ne plait donc pas à John, étant donné qu'ils vont dans la même école depuis cinq ans et qu'ils vivent tous deux ici depuis un peu plus de deux ans, mais qu'elle l'ignore toujours royalement.

- Il ne croit tout de même pas que cette gamine s'est entichée de moi ? Si ? interrogea le Serpentard, effaré.

- Il semblerait bien que si. Ca se comprend aussi, elle est connue pour sa solitude, et toi pour ton silence buté et ton mépris des autres. Or, elle te parle plus souvent qu'à n'importe qui, et tu donnes l'impression qu'elle est l'une des rares personne qui ne te dérange pas lorsqu'elle t'adresse la parole. Alors forcément, ça n'a pas convaincu John du contraire.

Il fit mine de réfléchir à ce qu'elle venait de dire avant de changer de sujet. Le pourquoi de l'animosité de John à son égard n'était qu'un prétexte pour parler à la brunette sans qu'elle le mette à la porte cinq minutes à peine après qu'il soit entré.

- Sinon, qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-il, mine de rien.

Elle le regarda suspicieusement quelques secondes, avant de soupirer bruyamment. Elle devenait paranoïaque, songea-t-elle avec lassitude.

- Je réponds aux lettres des enfants, à défaut d'avoir des dossiers à finir de remplir pour Lundi, mentit-elle à moitié.

- Ce n'est pas plus mal, et c'est toujours moins fatiguant que de remplir des dizaines de dossiers.

La jeune femme le considéra un instant.

- J'aime mon travail Malfoy, répliqua-elle alors. J'aime ce que je fais. Et quand je finis de boucler un dossier, je me sens utile. Maintenant que Josh ne me donne presque plus rien à faire… j'ai l'impression de ne plus être bonne à rien au service !

Drago se garda bien de répondre, étant donné qu'il ignorait tout de ce qu'elle pouvait ressentir. Un travail, il n'en avait jamais eu, et personne ne lui avait jamais rien confié qui nécessite un sens de la responsabilité très poussé. Une ombre passa sur son visage quand il songea aux sept années de sa vie qu'il avait perdu en prison.

- Mais… reprit-il après un silence, néanmoins plus grave que tantôt, ce n'est peut-être que pour quelques temps. Et puis, tu as l'air pas mal fatiguée en ce moment alors, peut-être qu'il a trouvé bon de te ménager un peu.

Hermione le dévisagea quelques secondes de son regard noisette, une lueur au fond des yeux qui laissait à croire que ce qu'elle venait d'entendre ne lui avait pas plu du tout.

- J'ai comme l'impression que tu sais exactement pourquoi Josh me « ménage » ainsi, comme tu dis, dit-elle alors d'un ton qui l'effraya.

- Je n'ai jamais parlé à ton patron de ma vie, comment veux-tu que je sache ce qu'il a en tête !

- Arrête de mentir Malfoy ! Qu'est-ce que tu as été raconté à Josh ? Qu'il devait me mettre sur la touche ? Mais c'est quoi ton problème à la fin ! s'énerva-t-elle en se levant, furieuse. Il me semble tout de même que tu es bien traité ici, non ? Je ne t'oblige à rien, tu es libre de faire ce que tu veux tant que je suis au courant et que tu ne sors pas de la propriété ! Tu peux aller voler, tu peux envoyer du courrier à qui tu veux, inviter Blaise, regarder la télé aussi longtemps que tu en as envie ! Alors qu'est-ce que tu veux, par les glandes de Merlin, QU'EST CE QUE TU VEUX ! rugit-elle, les nerfs à vif.

Ses mains se crispèrent sur son bureau, et elle ferma les yeux pour lutter contre les vertiges qui l'assaillaient. Quand elle les rouvrit, elle fut surprise de voir le Serpentard à ses côtés, le front barré d'un pli soucieux et une lueur de culpabilité au fond des yeux.

- Je veux juste que tu ailles mieux, Granger, dit-il en lui faisant lâcher le bord de son bureau, auquel elle se cramponnait fermement.

- Ben voyons ! Et tu crois vraiment que je vais avaler ça ? rétorqua-t-elle, acide.

- Il faudra bien, car c'est la pure vérité.

- Mais bien-sûr ! Franchement Malfoy, le jour où tu te soucieras de mon état de santé n'est pas encore venu ! cingla-t-elle.

Piqué à vif, Drago fronça les sourcils. Bon sang, elle l'avait vu paniqué et totalement perdu lorsqu'il était sorti de prison, avait été témoin du malêtre qui l'avait rongé pendant les premières semaines qu'il avait passées chez elle, et malgré cela, elle le considérait toujours comme un être sans cœur, incapable de se soucier de quelqu'un d'autre que de sa petite personne ? Sa voix était glaciale lorsqu'il lui répondit.

- Vraiment ? Alors pourquoi me suis-je renseigné sur ce maléfice si ce n'était pas parce que je m'inquiétais pour ton état de santé alors ?

- Tais-toi, lui ordonna Hermione, acerbe.

- Pourquoi ais-je demandé de l'aide à Severus si je ne me souciais pas de ton état de santé ? continua-t-il en haussant le ton.

- Tais-toi, Malfoy, répéta-t-elle.

- Pourquoi ais-je demandé par courrier à ton supérieur de te ménager si je ne me souciais pas de ton état de santé, hein ? Pourquoi ? finit-il d'une voix sourde. Tu veux vraiment faire un malaise et finir à St Mangouste ? Et que dirons les gosses alors ? Qui s'occupera d'eux s'il t'arrive quelque chose. Tu sais très bien que je serais renvoyé d'ici si tu es dans l'incapacité de me surveiller, et tu sais aussi que les gamins seront placés sous la responsabilité de quelqu'un d'autre en attendant ton rétablissement !

A bout de nerfs, la Gryffondor se mit à trembler, toujours accrochée à son bureau qu'elle ne voulait pas lâcher.

- Tais-toi ! tais-toi ! sanglota-t-elle en fermant les yeux.

- Merde Granger ! Tu sais parfaitement que j'ai raison ! Quand vas-tu admettre que je peux me soucier de quelqu'un d'autre que moi ! Granger ! Regarde-moi quand je te parle ! gronda-t-il en attrapant son menton entre son pouce et son index pour tourner son visage vers lui.

- Tais-toi Malfoy, s'il te plait, tais-toi…

- Granger, si j'ai envoyé un hibou à Stevens pour qu'il te donne moins de travail le soir, c'est uniquement parce que je m'inquiète pour ton état de santé, reprit-il plus doucement. Ecoute, Severus a commencé la potion, elle sera prête dans quelques semaines si tout va bien, mais il ne faut pas que tu t'épuises d'ici là, okay ? Ca serait dommage que tu t'écroules si près de la guérison, tu ne crois pas ? Même si tu adores ton boulot, ce n'est pas la peine de te tuer pour ça. Pense un peu à tes gamins ! Et à moi aussi, si ce n'est pas trop te demander ! Si je dois partir parce que tu es à l'hôpital… j'aurais perdu toutes mes chances.

Hermione dut bien admettre qu'il avait raison. Elle s'était montrée égoïste à ne penser qu'à son travail. Les enfants passaient avant tout, et le cas de Malfoy aussi. Si on le lui avait confié, ce n'était pas pour qu'elle lui gâche ses chances de s'en sortir. Elle ravala ses larmes et tenta de se calmer. Après tout, il avait pensé bien faire, en envoyant ce foutu hibou. Même s'il le faisait également pour lui, d'un certain côté. Elle ne pouvait pas le blâmer pour ça.

- Je suis désolée, s'excusa-t-elle d'une petite voix en relevant les yeux vers lui. Je n'avais pas vu ça comme ça.

- Ce n'est… pas grave, articula Drago qui sentit ses entrailles se nouer douloureusement tandis qu'elle restait là à le regarder. Je vais te laisser rédiger tes lettres. A… plus tard, lança-il gauchement en sortant.

- Oui, à plus tard, répondit-elle, encore troublée par cette confrontation.

Elle jeta un regard au rapport qu'elle avait commencé, et le rangea dans un tiroir. Elle finirait dans la soirée ou le lendemain, pour le moment, elle avait besoin de se changer les idées. Et décidément, Malfoy était bien trop difficile à cerner pour qu'elle puisse commenter son comportement par écrit. Elle attrapa son téléphone et composa le numéro de Ginny, qui avait investi dans un de ces appareils moldus à sa demande.

Dix minutes plus tard, Hermione transplanait chez sa meilleure amie.

Les deux semaines suivantes se passèrent sans incident notable. Les deux sorciers n'avaient pas reparlé de l'intervention du Serpentard dans le travail de la jeune femme. Cette dernière, avec difficulté cependant, avait accepté de se ménager en attendant que Rogue finisse l'antidote. Et puis ça lui permettait d'avoir plus de temps le soir pour s'occuper des enfants, les aider à faire leurs devoirs et regarder un film avec eux. Drago, de son côté, lisait plus de livres qu'ils n'en avaient jamais lu durant sa scolarité. Blaise venait le voir dès qu'il avait un jour de congés, et il allait parfois voler seul pour prendre l'air, mais il passait la majorité de son temps dans la bibliothèque ou dans sa chambre avec un livre. Certains gamins lui avaient demandé de leur apprendre à jouer aux échecs, ce qu'il faisait lorsque les gosses rentraient de l'école primaire le soir. Il n'avait pas à se plaindre de ses conditions de vie, et maintenant que même les plus jeunes enfants ne le craignaient plus, il se sentait parfaitement intégré. Parfois, il avait encore du mal à se faire à cette nouvelle vie. A ce quotidien ridiculement banal qu'il appréciait pourtant énormément, si différent de l'enfer d'Azkaban. Certains jours, il avait l'impression d'être plongé dans un rêve qui n'en finissait plus. Puis un gamin venait le solliciter pour une partie d'échecs et il laissait ces sombres pensées dans un coin de sa tête en tentant de les oublier définitivement.

C'est pourtant avec appréhension qu'il se rendit à King Cross, accompagné de la Gryffondor, et de quelques enfants de moins de onze ans. Logan n'ayant pas encore fini sa journée au ministère, il n'avait pu les accompagner. Drago n'était pas ressorti en public depuis la rentrée, et il craignait de se faire de nouveau agresser par des parents d'élèves hostiles.

C'est donc avec une boule au fond de l'estomac qu'il suivit Granger jusqu'au quai 9 ¾, où ils attendirent dans un coin isolé, de sorte que personne ou presque ne le remarque.

Malheureusement pour lui, son malaise perdura : le train était en retard. Et même si les gens ne se contentaient que de regards cette fois-ci, il savait qu'il ne se sentirait mieux qu'une fois rentré au manoir.

En désespoir d'occupation, il laissa son regard divaguer sur le quai, sur les gens qui resserraient leur manteaux sur eux, dérangés par le vent frais qui avait remplacé le souffle tiède et agréable de l'été, sur Granger qui parlait avec une mère d'élève de sa connaissance, sur des gamins qui jouaient aux billes en attendant leurs aînés, sur le petit Harry, qui simulait un combat avec son ami, Mathieu, à l'aide de bâtons ramassés par terre, sur la grande horloge, qui affichait déjà une demi-heure de retard.

Et il dut attendre une heure de plus avant qu'un sifflement ne retentisse et que le Poudlard Express n'entre en gare.

Un flot d'élève sortit par les diverses portes, et Drago repéra rapidement une tignasse rousse dans la foule.

Quelques minutes plus tard, Arya, ses éternelles petites choses blanches plantées dans ses oreilles, arrivait à leur hauteur en bougonnant.

- Ces trois abrutis, je vais les tuer ! Une heure et demi de retard ! Une heure et demi à cause de ces idiots !

Elle salua brièvement Hermione d'un « salut » peu chaleureux, puis se tourna vers Drago. Elle riva ses yeux aux siens, et ils se défièrent du regard quelques instants, aucun des deux ne voulant lâcher avant l'autre. Un sourire en coin se dessina sur les lèvres de la jeune fille.

- Hmm… pas mal, murmura-t-elle avec un air appréciateur. Tu m'as manqué, ajouta-t-elle quelques secondes plus tard.

- Je sais. Tu ne peux plus te passer de moi, de toute façon, répliqua-t-il gentiment.

- Et toi alors ! s'esclaffa-t-elle, moqueuse. Qu'est-ce que tu m'as écrit, il n'y a pas si longtemps que ça ? « Je m'ennuie ici parfois, pendant la journée, tout seul dans cette grande maison vide. J'en viendrai presque à vous regretter, toi et les autres mioches dans ton genre ».

Drago la toisa d'un air faussement dédaigneux qui la fit sourire.

Un regard glacial croisa alors celui du jeune homme.

- Je reviens, s'excusa-t-il brièvement auprès de la jeune fille, qui le regarda partir avec un air étonné.

Elle haussa finalement les épaules, et s'adossa au pilier où s'était tenu le blondinet quelques minutes auparavant. Son regard balaya le quai quelques instants, et un soupir frustré lui échappa lorsqu'elle constata que celui qu'elle cherchait ne se trouvait pas ici.

Un certain jeune homme suivait son deuxième meilleur ami et la petite amie de ce dernier d'un pas rageur. Marvin s'adossa le long d'un mur, et Barbara vint se lover dans ses bras comme l'aurait fait un chaton dans un panier rembourré de mousse à côté d'un radiateur.

- John, qu'est-ce qu'il t'arrive ? On dirait que tu es énervé, demanda la jeune blonde de sa voix aiguë.

- C'est parce que je SUIS énervé ! lui répondit-il férocement.

Barbara se serra un peu plus contre son petit ami, comme pour se protéger de la colère du garçon.

Marvin, lui, ne disait rien. Il n'était pas suicidaire, et connaissait assez son meilleur ami pour savoir qu'aborder le sujet d'une certaine rouquine revenait à signer son arrêt de mort.

- C'est encore à cause de cette gamine ? Je ne vois pas ce que tu lui trouves ! Elle n'a rien de spécial cette fille ! Elle n'est pas habillée à la mode, elle laisse toujours ses cheveux en queue de cheval, ne prend pas la peine de les coiffer plus que ça ! Sa mèche lui tombe toujours négligemment devant les yeux et elle ne se maquille même pas ! énuméra Barbara en comptant le nombre de défaut qu'avait une de ses « camarades » de maison. Elle fait honte à la gente féminine !

- Parce que toi tu lui fais honneur ? gronda John d'une voix sourde. Ca, tu es habillée à la mode ! Mais alors, ça ne te va pas du tout ! Tu m'expliqueras à quoi ça sert de mettre un pull avec un décolleté pareil, à par à faire descendre le regard de certains garçons plus bas ! Et tes cheveux, tu crois que ça fait naturel toutes ces mèches ? Surtout que quand tu fais ta coloration trop tard, on dirait que la couleur s'en va avec la pluie tant ils sont délavés ! Et puis le maquillage, alors là ! Un vrai pot de peinture, si tu veux mon avis ! cingla-t-il hargneusement.

Les lèvres de Barbara se mirent à trembler alors qu'elle essayait vainement de contenir ses larmes.

- Co… comment oses-tu ? murmura-t-elle d'une voix pleine de sanglots. Marviiiiiiin… couina-t-elle, essayant de trouvait un quelconque appui chez son petit ami.

- Je t'avais bien dit qu'il était sensible sur ce sujet, lui répondit le jeune homme en haussant les épaules. C'est toi qui l'a cherché, viens pas te plaindre !

Désemparée, humiliée, Barbara fondit en larmes.

- C'est fini entre nous Marvin ! Définitivement fini ! hurla-t-elle d'une voix hystérique avant de s'enfuir en courant.

John expira à fond pour se calmer en serrant et desserrant les poings. Il répéta cette opération plusieurs fois, et lorsqu'il fut à peu près calme, il se tourna vers son meilleur ami qui étouffait un bâillement.

- Désolé, vieux, je ne… s'excusa-t-il.

- T'inquiète pas va, elle savait très bien qu'elle s'aventurait sur un terrain dangereux, elle ne peut s'en prendre qu'à elle ! De toute façon, ce n'est pas une grosse perte tu sais, le rassura le jeune homme. Je comptais la plaquer bientôt. Et puis, c'est les vacances, je pense que je vais faire une pause avec les filles, je commence à en avoir marre de leur caprices ! ajouta-t-il en levant les yeux au ciel. Au fait, c'était bien trouvé la comparaison avec le pot de peinture !

Ils rirent quelques minutes ensemble.

- John !

L'interpellé perdit toute trace d'amusement, et sentit son énervement remonté en flèche. Il se retourna lentement, et posa un regard à geler le lac de Poudlard, calmar géant compris, sur l'homme qui se tenait en face de lui.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-il hargneusement.

- Johnny… essaya de le temporiser Marvin.

- Te parler, répondit simplement Drago.

- J'ai rien à te dire, retourne donc voir Arya. Elle a certainement beaucoup de choses à raconter, elle ! répliqua John.

Le Serpentard soupira. Il savait que ça n'allait pas être facile de parler à cette tête de mule, mais pas à ce point !

- Ecoute moi bien mon p'tit gars, je ne suis pas du genre patient, alors tu vas me suivre sans faire d'histoire, avant que je ne m'énerve ! gronda-t-il en attrapant l'adolescent par le bras et en le traînant dans un coin à l'abri des oreilles des passants.

- Tu veux me narguer c'est ça ? demanda insolemment le Serdaigle. Et bien sache que j'ai autre chose…

- Tais-toi ! lui ordonna fermement Drago, qui commençait à s'énerver. Non, je ne suis pas là pour te narguer ou quoique que ce soit approchant. Je ne vais pas tourner 300 ans autour du pot, pas plus que je ne répéterai, alors tu as intérêt à écouter !

- Je te suis tout ouï, ironisa John.

- Contrairement à ce que tu peux croire, Arya ne s'est pas entichée de moi ou je ne sais quoi …

- Bien-sûr, et moi je suis l'élève le plus sage de tout Poudlard ! railla encore le jeune homme.

Drago soupira. Pas étonnant qu'Arya ne se soit jamais autant attaché à quelqu'un d'autre que lui si tout son entourage était comme John !

- Très bien, tu veux vraiment la vérité ? reprit-il alors. Arya est effectivement dingue de moi, et elle ne me laisse pas indifférente ! Au départ, je ne voulais pas qu'on sorte ensemble, de peur de me voir reprocher que j'étais trop vieux pour elle, mais elle a insisté, alors… j'ai craqué.

- Non… non… c'est pas vrai… je ne te crois pas… balbutia le Serdaigle en reculant, un air horrifié sur le visage. Tu mens…

Un sourire en coin naquit sur les lèvre de Drago.

- Faudrait savoir ! Tu ne me crois pas quand je te dis qu'elle ne m'aime pas, mais tu ne me crois pas non plus quand je te dis le contraire ! Tu ne penses pas qu'il y a comme un léger problème là ?

John le dévisagea un instant, stupéfait. Il s'était fait avoir comme un idiot, alors que d'habitude, c'était lui qui sortait ce genre de phrase. Trop aveuglé par la haine qu'il éprouvait pour le Serpentard, il n'avait même pas réfléchi à ses réponses.

- Alors… commença-t-il en regardant Drago avec des yeux suspects. Elle ne t'aime pas ? C'est ça ?

- C'est bien ! Tu comprends vite hein, mais faut t'expliquer longtemps !

Le garçon lui tira la langue avant de reprendre son sourire.

- Bon, alors, maintenant que ce détail est réglé, je suppose qu'on peut faire la paix, non ?

- Qu'est-ce qui te dit que j'en ai envie ? répliqua Drago.

- Bha, tu n'es plus à ça près ! Arya, Yumi, Andy, Grég', Marvin, Alec. Ca fait qu'un de plus, et puis, c'est moi le meilleur de tous !

Un sourire en coin réapparut sur les lèvres de Drago qui serra la main du Serdaigle. Finalement, cet adolescent n'était peut-être pas si exécrable que ça. Son petit côté vaniteux lui plaisait bien, même.

- D'ailleurs, en parlant de Grégoire, c'est bizarre qu'il ne m'ait pas encore…

- DRAGO ! hurla une voix.

Un gamin aux cheveux bruns, aux yeux verts et à la peau blanche sauta sur le Serpentard qui manqua de tomber à terre.

- Me disais bien… marmonna-t-il alors que John partait dans un éclat de rire.

- Bon, je vous laisse aux retrouvailles, je vais voir Marvin, à plus Dray, et bonne chance.

Celui-ci grogna de frustration et détacha non sans mal la sangsue brune de lui.

- Ne recommence jamais ça si tu veux que je vous aide, toi et ton frangin, à aboutir à votre projet complètement stupide de retrouver cet échiquier ! menaça-t-il en se tournant vers lui, le visage sévère.

- Scuse Dray, mais tu m'as manqué, dit Grégoire en baissant la tête.

Le jeune Malfoy soupira, néanmoins touché de l'affection que lui vouait le garçon. Si sa mère le voyait !

- Bon allez, on laisse passer pour cette fois, mais seulement pour cette fois ! lâcha-t-il avec la désagréable impression que ce n'était pas la première fois qu'il tenait ce discours.

Le Gryffondor releva la tête, un sourire resplendissant aux lèvres et se mit à parler sans plus s'arrêter, tel un vrai moulin à parole, pour lui raconter sa première période scolaire à Poudlard.

- Alors, qu'est-ce qu'il t'a dit ? demanda Marvin à son meilleur ami, interloqué par son air rêveur.

- Qu'Arya ne l'aimait pas… C'est génial non ?

- Moué, si tu le dis. Sinon, d'après toi, avec qui je vais pouvoir sortir, maintenant que je ne suis plus encombré par Barbie Girl ?

John haussa un sourcil.

- Je croyais que tu faisais un break niveau fille, s'étonna-t-il.

- Oui… mais je prévois, pour après les vacances.

- Ah ok… euh… Je ne sais pas moi, pourquoi pas Natacha ? proposa-t-il en balayant du regard le quai, afin d'y repérer les filles.

- Oooh… Non, je suis déjà sorti avec elle l'an dernier, et elle est comme Barbara.

- Autant pour moi. Alors euh… Maëlle ?

- T'es malade ! Quand je suis sorti avec, elle m'obligeait à travailler et à arrêter mes conneries ! répliqua vivement Marvin. Qu'est-ce que tu penses de Jeanne ? Elle est jolie non ?

- Sûr, mais elle va toujours être dans nos pattes quand on va préparer nos sales coups ! grimaça John.

- J'avoue. Alors je sais pas. Apolline… non, pas mon genre, Armelle, une vraie gamine, euh… Julia, elle est trop sérieuse…

- Pourquoi pas Yumi ? hasarda son meilleur ami.

- Yumi ? répéta Marvin. A oui, c'est pas con… Je n'avais pas pensé à elle. Rassure-moi tout de même sur un point, c'est pas encore un de tes coups foireux pour te rapprocher d'Arya ? demanda-t-il, suspicieux.

- Non, mais maintenant que tu le dis, c'est pas une mauvaise idée… Ouais, faut que tu demandes à Yumi, peut-être qu'Arya voudra bien me parler pour autre chose que des vannes, qui sait ?

- Ouais mais, Yumi… Elle est pas comme les autres non plus ! Elle ne sortira jamais avec quelqu'un qui ne lui plait pas et à qui elle ne plait pas ! soupira Marvin.

- Tu ne vas pas me faire croire qu'elle te laisse indifférente quand même ! Tu en pinces pour elle depuis qu'elle est arrivée au manoir ! se moqua John.

- Avoue quand même qu'elle est mignonne…

- Préfère Arya.

- Zoophile va !

- La ferme !

- Salut les gars ! Alors, quoi de neuf ? intervint Alec, qui venait de les rejoindre.

- Barbara m'a plaqué, répondit Marvin.

- Arya n'aime pas Drago, dit John en même temps.

Alec leva un sourcil étonné et dévisagea chacun de ses deux meilleurs amis. Marvin semblait en intense réflexion, ce qui était assez comique chez lui, et John avait un air rêveur qui ne lui allait pas du tout.

- Les garçons, on rentre à la maison ! les appela Hermione, qui arborait elle aussi un air étrange qu'Alec ne lui connaissait pas.

Décidément, il n'y avait que lui qui était normal, ces temps-ci ! Même Arya semblait plus distante et énervée qu'habituellement, elle qui déjà en temps normal arborait un air chaleureux digne d'une porte de prison.