13

Nous, l'avenir entre nos mains


Point de vue HUGO


Je suis à la bibliothèque. Oui, à la bibliothèque ! Vous avez bien entendu : Hugo Prattson est à la bibliothèque ! Je crois que c'est l'une des premières fois que j'entre dans la bibliothèque et que j'y reste plus de dix minutes, assis sur une table, le nez plongé dans mes cours. L'Histoire de la Magie, une matière que je compte bien réussir pour les Aspics ! Je compte d'ailleurs avoir mes Aspics, j'espère en avoir le plus possible.

Je vais même au cours de soutien du professeur Bubble-gum et elle m'a dit la dernière fois que je faisais des progrès et qu'elle était fière de moi. Le professeur Bubble-gum, quoi ! La terrible grande blonde austère sans aucune pitié pour ses élèves !

C'est le monde à l'envers en ce moment. Je ne sais pas pourquoi mais tout le monde est différent. Bray s'entraîne tout le temps sur le terrain de quidditch maintenant qu'il est autorisé à jouer. Même s'il n'y a plus de match, il a tenu à maintenir les entraînements pour l'équipe de Gryffondor qui se fait un plaisir de rejoindre le stade.

Bray va peut-être être engagé dans une équipe de quidditch de Grande-Bretagne. Ce serait fantastique pour lui ! Killian compte bien poursuivre ses études et devenir journaliste. Il veut travailler au service de Rita Skeeter dans la rubrique des potins. Je le vois bien en train de colporter des ragots totalement faux et complètement ridicules.

James veut devenir Auror comme son père. C'est étrange d'ailleurs, lui qui ne voulait pas être comparé à son père. Mais s'il a trouvé sa voie alors tant mieux ! Il est doué en plus ! Il aura ses Aspics à coup sûr. Et moi… je ne sais toujours pas ce que je veux faire et pour tout vous dire je préfère me concentrer sur mes Aspics pour l'instant. Je vais franchir les étapes une par une. Doucement mais sûrement ! Je trouverai bien ma voie un jour, de toute façon.

Je révise donc parce que je me suis mis en tête d'avoir mes Aspics ou du moins d'en avoir le plus possible. J'ai déçu beaucoup de monde ces dernières semaines. Pour ce qui est arrivé à Eddy, j'ai reçu une beuglante de ma mère comme prévu. Mais le plus surprenant c'est que j'ai reçu une lettre de mon père ! Mon père ! Il ne m'a jamais écris à Poudlard ou alors il signait juste la lettre que ma mère m'envoyait. Mais là… là, il m'a envoyé une lettre. Une lettre me disant que je l'avais déçu et qu'au lieu t'embêter les autres je devrais me concentrer sur moi et mes études. Je n'avais jamais vu mon père aussi en colère. C'était lui qui avait écrit la lettre et non ma mère ! C'étaient ses mots et non ceux de ma mère ! C'était une lettre de mon père qui n'était vraiment pas fier de moi !

Depuis ce jour, j'ai décidé de me prendre en main. Mon père n'a pas tord. Je dois me concentrer sur ce qui est vraiment important en cette fin d'année. C'est sûrement le pire moment de ma vie mais qu'est-ce qu'un moment comparé à toute une vie ? Je veux sacrifier ces dernières semaines à réviser pour ensuite vivre ma vie et ne pas mendier sous un pont.

Je me suis aussi fait remonter les bretelles par mon directeur de maison, le professeur Londubat. Lui non plus n'était pas fier de moi en ce qui concerne mon attitude. Il n'a pas apprécié ce qui s'était passé avec Eddy, et il n'a pas non plus apprécié le fait que je sorte du château après le couvre-feu. Il a dit que je l'avais extrêmement déçu et qu'il pensait que je valais mieux que ça.

Après tout ça, vous pensez bien que j'ai réagi ! Je suis donc allé au cours de soutien du professeur Bubble-gum. C'est la première à m'avoir fait un compliment de la semaine ! J'étais très surpris mais bon… elle a dit que je pourrais bien être prêt pour les Aspics si je passais à la vitesse supérieure. Donc : je bosse !

Je n'ai jamais eu autant de motivation ! C'est la première, je crois, que j'ai autant envie de réviser. J'ai vite compris que l'Histoire de la Magie était largement à ma portée. Il n'y a qu'à réviser et apprendre. Facile ! La Botanique ne me donnera pas trop de mal puisque c'est bien la seule matière que je réussis. La Défense contre les Forces du Mal… j'y travaille, j'y travaille ! Et j'ai l'espoir d'y arriver le jour J. L'Etude des Moldus : c'est dans la poche ! Quant aux Potions… c'est vraiment le gros problème.

Voilà donc les cinq matières que j'ai intérêt à réussir pour avoir des Aspics dites convenables. Je compte carburer en Botanique et Etude des Moldus. J'espère mettre le paquet en Histoire de la Magie et réussir la Défense contre les Forces du Mal. Et les potions… je veux réussir mais j'en doute.

Kate vient s'asseoir à ma table comme elle vient d'entrer dans la bibliothèque. Elle me jette un regard étonné et plutôt impressionné. Je suis fier ! Si j'arrive à l'impressionner c'est bon signe ! Elle ne sort pas ses affaires et reste assise à me regarder.

« Tu as bientôt fini ? Me demande-t-elle.

_Euh… oui dans quelques minutes, je réponds. Pourquoi ?

_Il y a un cracheur de feu au Trois Balais. Je me disais qu'on pourrait y aller, non ?

_Oui, oui… bonne idée mais bon… je voulais réviser aujourd'hui.

_Allez ! Ça fait longtemps qu'on n'est pas sortis ensemble et puis c'est mauvais de trop réviser.

_Dans mon cas, ça ne pourra pas me faire de mal ! Je rétorque surpris qu'elle prenne les choses à la légère. Toi, t'as peut-être besoin de vingt minutes pour réviser mais moi non.

_Ok… Je vais demander à Ruby si ça l'intéresse… Soupire-t-elle déçue.

_Attend ! Je n'ai pas dit que je ne voulais pas venir ! Je l'arrête.

_Tu crois vraiment qu'il va rester toute la journée ce cracheur de feu ? »

Je soupire. Elle a de quoi me faire hésiter. Rester à la bibliothèque pour réviser ou aller avec Kate voir un spectacle ? Bon… allez, je vais avec Kate ! C'est vrai, ça fait longtemps qu'on n'a pas fait de sorties et puis j'en ai un peu marre de réviser. Je serai fou de manquer ce spectacle !

Je range donc mes affaires et sors avec Kate de la bibliothèque. Sitôt fait, elle m'agrippe par la cravate et m'entraîne vers elle pour m'embrasser. Wah ! Ça fait plaisir de voir qu'elle m'aime comme ça ! En plus, elle s'est attachée les cheveux alors je peux lui caresser la nuque. Elle est belle je trouve. Nous sortons du château en riant tous les deux. On se taquine sur le chemin et on s'arrête de temps en temps pour s'embrasser. Je la prends dans mes bras et la soulève tout en cherchant ses lèvres. Elle rit et ça me fait plaisir de la voir heureuse avec moi.

Au Trois Balais, il y a une foule de sorciers rassemblée pour regarder le cracheur de feu. Kate me tire pour se frayer un chemin parmi la foule. On arrive finalement à trouver un petit espace où nous mettre. Je m'adosse au mur et passe mes bras autour de Kate qui se laisse aller contre moi. On regarde le spectacle.

Mes yeux sont soudainement attirés par quelque chose qui m'énerve. Geoff. Il est là, pile en face de nous ! Comme pour me rappeler qu'il a osé embrasser ma copine ! D'autant plus que je le considérais comme mon pote. Au fond, je l'aimais bien. Savoir qu'il a osé me faire ça… pff ! Pauvre type ! Ils sont tous abrutis à Serdaigle ou quoi ? Entre Eddy et Geoff, ma pauvre Kate n'est pas aidée !

Finalement, j'en profite pour passer mes mains le long des bras de Kate et l'embrasser dans le cou. Comme ça, Geoff comprendra qu'elle est à moi et pas à lui ! Je marque mon territoire en quelque sorte. Qu'est-ce qui lui fait croire qu'il a le droit de posé les mains sur elle ? Abruti ! Rah, j'aurais bien envie d'aller lui casser son nez à celui-là ! Je suis sûr que je ne regretterai rien.

Il nous regarde. J'en profite pour embrasser Kate. Regarde bien abruti ! Regarde bien et comprends que cette fille n'est pas faite pour toi ! Mais il se passe quelque chose quand je l'embrasse. Je ne pense qu'à Geoff et l'idée qu'il est pu poser ses lèvres sur celles de Kate… Eurk ! Un frisson de dégoût et de colère à la fois me parcourt. J'ai encore plus envie d'aller lui casser le nez.

J'embrasse à nouveau Kate. Je n'arrive pas à chasser cette image de Geoff qui l'embrasse lui aussi… Combien de fois j'ai eu peur de cette scène ! Geoff et Kate qui se retrouvent seuls dans la salle commune. Il y a une faible lumière qui provient des rayons de la lune par la fenêtre. Et ils s'embrassent tous les deux.

Je décide d'arrêter de l'embrasser. Je me concentre plutôt sur le cracheur de feu et tente d'oublier ce que je crains depuis le début. Car ce que je craignais est bien arrivé ! Ils se sont embrassés ! Geoff a embrassé Kate. Kate a embrassé Geoff. Ils se sont embrassés tous les deux. Et maintenant que j'ai cette image en tête, je n'arrive plus à la chasser. C'est… étrange.

Je n'arriverai pas à décrire ce que je ressens. De la colère, du dégoût, de la culpabilité aussi parce que j'ai vraiment merdé et c'est à cause de moi que c'est arrivé. Pendant tout le temps du spectacle, j'ai cette scène qui se répète inlassablement dans ma tête.


Point de vue KATE


Je me ronge les ongles comme jamais je ne me suis rongée les ongles. D'ailleurs, je ne me ronge pas les ongles habituellement. Mais là… là… là c'est le stresse total ! J'ai été convoquée à neuf heures pour mon évaluation pratique en Sortilèges. Il est déjà onze heures. Eh oui ! Cela fait trois heures que je vois des élèves qui entrent et ressortent de la Grande Salle. Certains disent ne pas avoir réussi, d'autres insultent le jury en disant qu'ils sont sévères, d'autres encore en ressortent indécis.

Je ne cesse de me ronger les ongles et de tripoter ma cravate. J'ai le cœur qui bat… Je ne sais pas ce que je peux faire en attendant. A chaque fois qu'un des jurys arrive pour appeler un élève, je prie pour que ce ne soit pas moi et à la fois pour que ce le soit. L'attente est insoutenable. Attendre trois heures, assise sur une chaise à se ronger les ongles… je ne fais que penser à cette évaluation. Je n'arrive pas à me tranquilliser. Je ne peux pas penser à autre chose !

La porte de la Grande Salle s'ouvre sur une élève qui en ressort en pleurant. Mon cœur fait un bon. Je ne veux pas avoir ce jury… pas ce jury ! Un homme vêtu tout de noir se pointe à l'entrée de la Grande Salle et appelle Carly de Gryffondor. Je lui souhaite bonne chance quand elle passe prêt de moi. Elle me remercie avec une petite voix étranglée par le stresse.

Je me remets à trifouiller ma cravate. Je ne fais que ça depuis trois heures. J'alterne entre me ronger les ongles et tripoter ma cravate. Je suis au bord du gouffre. Je n'en peux plus d'attendre !

Mon cœur bat tellement vite et tellement fort qu'il résonne dans ma tête. J'ai l'impression que mes jambes ne pourront jamais me soutenir quand je me lèverai. Mes yeux sont braqués sur les portes de la Grande Salle. Je n'attends qu'une chose : qu'on m'appelle pour terminer enfin cette attente insoutenable.

On appelle un élève de Poufsouffle. Il rentre en tremblant de tout son corps. Le pauvre mais je crois que je suis dans le même état. En tout cas, je ne dois pas être mieux à me ronger les ongles. Je crois que ça se voit que je stresse.

Une fille me regarde. Quoi ? Qu'est-ce que j'ai ? Elle veut quoi ? Peut-être qu'elle me mate… c'est peut-être son tranquillisant… J'ai peur qu'elle essaie de m'imaginer nue. D'ailleurs je me sens nue. Pourtant je suis habillée, eh oui ! Pourquoi elle me regarde comme ça alors ? Elle est attirée !? Elle veut faire des choses avec moi !? Non ! Hors de question, je suis en couple et je ne céderai pas à ça même dans cet instant. On ne m'aura pas comme ça ! Je résisterai même si on dit que le sexe est le meilleur de tous les tranquillisants.

Hugo n'est même pas venu me voir ce matin… il m'a souhaité bonne chance hier soir avant qu'on ne rejoigne chacun notre salle commune, mais c'est tout. J'avais imaginé qu'il viendrait me soutenir dans cette épreuve. Je suis sur le point de pleurer. Trois heures de stresse, trois longues heures d'attente ! Trois heures sans Hugo… J'aurais bien envie d'une partie de sexe pour me détendre, tiens ! Avec lui, ça ne me dérange pas.

Oh, là, là ! Ma pauvre Kate, tu dérailles complètement ! Je pense à une partie de sexe alors que j'attends pour mon évaluation de Sortilèges… Je dois être vraiment frappée ! Je dois être idiote comme fille.

J'ai chaud et il n'y a rien pour m'éventer. J'ai chaud mais j'ai chaud ! C'est insoutenable ! Et j'ai l'impression que cette chaleur ne vient pas seulement du Hall mais de moi aussi ! J'ai l'impression d'être un chaudron qu'on aurait oublié sur le feu.

Mes Aspics de Potion ! Je prie pour les avoir réussi. J'espère tellement avoir tous mes Aspics, j'espère tellement… j'espère trop que je stresse nuit et jour ! Je n'arrive pas à m'endormir, je suis insomniaque. Je suis folle, en fait ! Oui, c'est ça je suis folle, complètement tarée. Je suis une dingue, je ne peux même pas être tranquille quand je suis en période d'examens.

La porte de la Grande Salle s'ouvre sur un élève en larme. Un garçon ! Un garçon qui pleure ! Pour un examen, en plus ! Alors là c'est sûr que je ne veux pas ce jury ! Pitié, Merlin, ayez pitié de moi !

« Kate Edgecombe, Serdaigle ! »

Non. Non. Non. Pitié, Merlin ! Dites-moi que c'est une blague !? Non, ça ne peut pas être moi ! Et si je dis que je ne m'appelle pas Kate Edgecombe mais… Sonia Yuki ! Ça sonne bien, non ? Sonia Yuki, je ne sais pas d'où ça sort mais c'est pas mal, je trouve. Sonia Yuki, je suis Sonia Yuki. Je ne suis certainement pas Kate Edgecombe ! Non, non, non ! D'ailleurs, la pauvre Kate elle n'a pas de chance d'avoir ce jury. J'espère que moi, Sonia Yuki, j'aurais un meilleur jury.

Oh, là, là ! Je déraille complètement là. C'est plus sévère que ce que je ne croyais. Et si je dis que je vais à l'infirmerie ? J'ai passé mon année à l'infirmerie alors ce serait crédible… Eddy, où es-tu ? Tire-moi de là je t'en supplie ! Je ne vais pas bien, je suis dépressive, oui au bord du gouffre, il faut que j'aille à l'infirmerie !

« Kate, c'est à toi ! » Me souffle Laura qui attend elle aussi.

A moi ? Ah oui ! Je me lève et m'avance vers cet homme grand et mince. Il porte des lunettes et est habillé en noir comme tous les examinateurs. Je crois que c'est pour nous impressionner. Tous les examinateurs sont grands, portent des lunettes, et sont vêtus de noir. Je crois que pour être examinateurs il faut correspondre à ses trois critères sinon c'est foutu.

Il m'entraîne avec lui dans la Grande Salle. Les lourdes portes se referment sur moi et alors suit un grand silence. Il y a des élèves ici et là qui passent leur examen. Je leur souhaite à tous bonne chance mentalement. Je me souhaite bonne chance.

L'examinateur me conduit jusqu'à une table où il s'installe à côté d'une femme qui est en train d'écrire rapidement. Elle a un chignon et porte des lunettes. Elle est également habillée en noir.

Les deux examinateurs me jettent un regard pour juger de mon état. J'essaie de ne pas trembler même si je suis morte de peur. J'ai l'impression de ne voir qu'eux. Je n'entends rien, c'est sourd autour de moi. Les deux examinateurs face à moi chuchotent entre eux quelque chose et la femme prend quelque chose en note.

En les regardant je trouve que l'examinateur ressemble à une brosse à dent. Il est grand et très fin comme le manche, et ses cheveux blancs se dressent au-dessus de sa tête comme une brosse. C'est une brosse à dent. L'examinatrice quand à elle… elle me fait penser à une aryenne pro nazie. Eh oui, j'ai révisé mon cours pour l'épreuve d'Etude des Moldus ! Je crois que mon examinatrice est une nazie refoulée. Elle est blonde aux yeux bleus comme les aryens. La pauvre, elle doit complexer parfois.

« Vous pouvez commencer. » M'invite l'examinatrice.

Ok, j'arrête de dire des conneries même si ça me détend. Je me concentre et leur montre ce que je sais faire. Notre professeur nous a dit que la dite « belle magie » serait toujours favorisée à l'épreuve de Sortilèges. J'ai donc répété un enchaînement de sortilèges de façon à créer de la dite « belle magie ». Notre professeur nous a bien dit que nous sortions d'une période historique difficile et que la belle magie serait donc privilégiée. « Soyez créatifs ! » Nous a-t-il également conseillé. C'est sur quoi je me suis appliquée en m'entraînant.


Point de vue HUGO


Je suis devant ma feuille d'examen depuis près de trois heures. Il ne m'en reste qu'une pour finir l'épreuve d'Histoire de la Magie. J'écrie à une vitesse folle. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir être autant pris dans l'épreuve jusqu'à en oublier la douleur. J'ai mal à la main comme jamais je n'ai eu mal. Mêmes aux Buses, je me souviens clairement ne pas avoir ressenti de douleur. Bon… je n'avais pas mis le paquet aux Buses !

Pour les Aspics, j'ai décidé de mettre le coup d'accélérateur. Je déballe tout ce que je sais sur l'histoire en m'appuyant sur les documents donnés s'il le faut. J'aurais aimé tomber sur la deuxième guerre contre le Seigneur des Ténèbres mais à la place j'ai un sujet sur l'esclavage des elfes de maison. Ce n'est pas grave, j'ai tout révisé je suis blindé de connaissances historiques !

Je sais que je vais réussir, je ne peux pas faire autrement ou alors l'épreuve est impossible à réussir. J'ai déjà passé les épreuves de Potion, Botanique, et Défense contre les Forces du Mal. Je suis indécis, je ne sais pas ce qui m'attend. Adviendra ce qui adviendra comme dit ma mère. Elle m'a envoyé une lettre et pour une fois j'étais content de recevoir l'une de ses lettres. Elle m'a encouragé, elle était plutôt confiante dans sa lettre. Elle croit en moi et ça fait plaisir ! Vu comment je me suis vautré aux Buses on aurait pu croire qu'elle n'allait même pas avoir un faible espoir, mais si !

Je suis sur ma conclusion. Je suis sur le point de finir mon épreuve d'Histoire de la Magie. Plusieurs élèves sont déjà sortis. Certains sont partis au bout de la deuxième heure, je ne sais pas comment ils font. Personnellement, je compte prendre mon temps pour relire ma copie.

Oui, oui, je veux une note parfaite ! Avec le peu d'Aspics que j'aurais il me faut au moins des bonnes notes. Déjà, je n'ai pas beaucoup d'espoir pour les potions… Bref ! Je suis en Histoire de la Magie et non en Potion ! Je fais de l'histoire, allez Hugo reste concentré ! C'est ton défaut alors fait attention !

L'heure s'écoule rapidement. Le professeur Bush qui nous surveillait tape dans ses mains pour nous faire savoir que l'épreuve est terminée. Je lâche ma plume sur la table. Je prends alors conscience que j'ai sous-estimé la douleur. Je ne sens plus mes articulations dans la main. Je me masse la main tandis que le professeur Bush nous ramasse les copies. J'essuie en même temps ma table avec un chiffon que je sors de mon sac parce que j'ai mis de l'encre un peu partout.

Une fois ma copie ramassée, je sors de la Grande Salle. Mon destin est joué, les dés sont jetés. Je n'ai plus qu'à attendre les résultats. Il me reste désormais une dernière épreuve et la toute dernière de la série : Etude des Moldus. Mais là, il est temps de décompressé.

« Alors ? Réussi ou pas ? Je demande à Bray.

_Oh là ! S'il te plaît ne parlons pas de ça… parlons de quelque chose de mieux parce que j'ai la tête qui va exploser ! Me confit-il en soupirant. Tiens, je crois qu'il y a ta copine ! »

Je le laisse aller vers Killian. James a déjà retrouvé Suzy, et moi je vais rejoindre Kate. Elle soupire un grand coup et je vois qu'elle a de la tension au niveau des épaules. Ça me fait toujours rire parce que c'est celle qui aurait le moins besoin de stresser. Je crois qu'elle se met la pression toute seule. Elle a trop à perdre en fait. C'est ça quand on réussit scolairement !

Je l'embrasse doucement. Rah, je pense encore à la fois où Geoff l'a embrassé. Ça m'énerve, j'y pense jour et nuit ! Dès que je vois cet enfoiré en fait… et maintenant quand j'embrasse Kate c'est… bizarre. Je ne pense qu'à ça. Pourtant je sais ce que je ressens. Ce n'est pas comme si je n'éprouvais plus rien mais c'est juste bizarre.

Je lui souris timidement, plutôt gêné. Elle n'a pas l'air de s'en rendre compte puisqu'elle me prend dans ses bras. Tant mieux, je ne veux pas lui dire. Surtout pas maintenant ! Elle va être encore plus stressée pour les examens. Je ne sais pas si je devrais lui en parler après ou pas. J'hésite souvent. Je pense à ça le soir et je ne sais pas comment le lui expliquer. Elle va penser que je ne l'aime plus et en même temps elle aura raison car en y réfléchissant c'est complètement stupide cette histoire !

Je devrais penser à autre chose. A vrai dire j'aurais bien aimé revoir un peu mes leçons avant d'aller avec Kate mais j'ai petit à petit remarqué qu'elle était très déçue quand je ne venais pas la voir. C'est ce qui m'étonne le plus d'ailleurs ! Elle qui m'a toujours soutenu, elle qui m'a toujours conseillé de réviser le plus possible pour mes Aspics, elle qui a toujours cru en moi… maintenant, j'ai l'impression qu'elle pense essentiellement à elle. Kate sait au fond d'elle qu'elle réussira. C'est obligé ! Avec une telle réussite tout au long de l'année, même en étant stressée par les examens, elle se doute forcément qu'elle va réussir. Mais parfois elle oublie que ce n'est pas aussi certain dans mon cas…

Elle vient souvent me voir quand je relis mes leçons. J'ai même l'impression d'être le sérieux du couple ! Ça me fait peur parce que bon… je n'aime pas trop être sérieux mais j'aime l'idée d'avoir un avenir. Kate ne semble pas comprendre cela. Elle vient et me demande si je veux faire un tour. Comme je vois bien qu'elle est déçue quand je dis non, je lui dis oui ! Mais parfois j'aimerais qu'elle comprenne que mon avenir est très incertain.

Bref, ça ne sert à rien de rejeter tout sur elle. Si j'avais été plus sérieux durant mes années à Poudlard je n'en serai pas là. Nous nous asseyons donc dans le parc. Il fait beau et chaud ! On a tous abandonné nos pulls gris des uniformes. On a remonté les manches de nos chemises qui sont entrouvertes.

Kate et moi décidons de nous asseoir à l'ombre. Là, elle me demande si je pense avoir réussi l'Histoire de la Magie. Je lui dis que je ne sais pas, j'hésite. Elle me répond que je n'ai pas assez confiance en moi ce qui en soit n'est pas totalement faux.

Comme s'il venait nous narguer, Geoff passe au milieu du parc pour aller rejoindre d'autres Serdaigle. Kate arrache l'herbe au sol et fait semblant de ne pas l'avoir vu. Moi je le fixe et ne le lâche pas une seule fois des yeux. Geoff croise mon regard puisqu'il doit nous guetter en secret. Je continue de le fixer. Il détourne le regard mais je n'arrête pas pour autant. J'ai envie de lui faire sentir par l'intensité de mon regard qu'il ne perd rien pour attendre.

Ce qui m'agace le plus c'est qu'ils sont obligés de se retrouver tous les soirs pour leur stupide ronde de préfets. Ça m'énerve ! Je ne dors presque plus parce que j'ai la même image qui tourne en boucle dans ma tête le soir. Lui et elle dans la pénombre de leur salle commune qui s'embrassent.

Je regarde Kate qui arrache toujours l'herbe. Je regarde à nouveau Geoff qui nous guette toujours. Il détourne le regard. Je crois qu'il me déteste et qu'il mate ma Kate. C'est vraiment un fourbe ce mec ! Un petit enfoiré qui s'est bien foutu de ma gueule, ouais !

Kate relève enfin la tête. Elle doit avoir senti que je dévisageais Geoff alors j'arrête. De toute façon, il y a un silence entre nous depuis plusieurs minutes. Elle me demande si je vais bien. Je réponds simplement « oui ». Elle se tait une nouvelle fois et je la vois du coin de l'œil lever les yeux au ciel. Pour je ne sais quelle raison, je finis par lui demander :

« Et quand il t'a embrassé… t'as aimé ? »

Elle semble surprise par ma question. Elle m'adresse un regard d'incompréhension mais je ne bronche pas. Les filles sont toujours très douées pour jouer la comédie. Je lui fais bien comprendre que c'est une vraie question et que j'attends une réponse franche et sincère. Elle se met à secouer la tête comme si ma question était vraiment stupide mais je ne bronche toujours pas. Elle ne me fera pas culpabiliser pour ça. Je n'arrive plus à dormir, il faut que je sache.

« Mais non ! Sinon je te l'aurais dit. Je ne vois pas pourquoi… je serai avec lui si je l'aimais. »

Je ne réponds rien. Elle trifouille l'herbe au sol et continue de me regarder apparemment inquiète. Je pense qu'elle cache quelque chose.

« Hugo, je ne t'ai rien dit pour Victoria alors tu ne peux pas me le reprocher. Moi, c'était contre mon gré en plus, toi tu l'as fait consciemment… »

Je soupire. C'est vrai que je ne suis pas très sympa avec elle et que je ne suis pas en très bonne position pour avoir des doutes. Je me suis vraiment fait la réflexion que j'avais la meilleure des copines ! Une fille qui ne vous plaque pas après ce que j'ai fait… c'est énormément rare. C'est parce que Kate est trop gentille, elle pardonne trop facilement je pense. Enfin, je sais que je n'aurais pas intérêt à recommencer. Je sais qu'elle ne se laisse pas faire non plus parce que pour Eddy… elle a quand même suggéré trois heures de colle au professeur Bubble-gum ! Il faut dire qu'elle était furieuse !

Je lui dis alors d'oublier ce que je viens de lui demander, que c'était stupide, et je m'excuse. Kate ne semble pas soulagée pour autant.


Point de vue KATE


Je me réveille le matin du dernier lundi de ma scolarité à Poudlard. C'est affreux ! Je ne supporte pas l'idée que je passe ma dernière semaine à Poudlard. Ma dernière semaine ! J'ai le cœur qui bat à fond dans ma poitrine. Je sais déjà que je vais pleurer comme une sirène quand on quittera Poudlard. J'aime tellement cette école et ses élèves – à quelques exceptions près comme… euh… Prenons par exemple Victoria ! Il y aura certains d'entre eux que je ne reverrais peut-être jamais.

Je tends ma main à Ruby qui sort son bras des couvertures pour la tenir. On presse nos deux mains l'une dans l'autre. J'ai peur de perdre Ruby. Ma meilleure amie depuis sept ans déjà… Ruby, c'est tout pour moi ! C'est ma vie, elle connaît tout de moi, c'est presque une sœur jumelle, une confidente… Ruby est une fille extra ! Elle a toujours été là pour moi, c'est une vraie amie ! Elle ne m'a jamais déçu et elle ne m'a jamais trahi. Je serai prête à lui confier ma vie s'il le fallait un jour.

Mylène aussi me manquera… Ma Mylène, ma protégée ! J'ai adoré cette fille malgré tout ce que les autres disaient sur elle. Je l'ai aimé comme pourrait l'être ma propre fille. Mine de rien, elle aussi a toujours été là pour moi. C'était aussi une vraie amie ! Avec Ruby et Mylène, je me sentais bien. Je pouvais dire n'importe quoi sans en avoir honte. Je suis moi ! Elles m'ont accepté comme je suis sans jamais essayée de me changer. Je crois bien que c'est ça qui a forgé notre amitié.

J'ai tout aimé à Poudlard. Les soirées entre Serdaigle dans la salle commune, les fêtes, les bals, les élèves, mon rôle de préfète, même les cours et les professeurs… Même notre directeur que je n'ai pas eu l'occasion de voir souvent puisqu'il s'endormait tout le temps.

Je crois que pendant cette dernière semaine je vais faire le tour du château pour m'imprégner à fond de tous les étages, tous les couloirs, toutes les pièces ! Je veux garder une image nette et précise de Poudlard. Je ne veux jamais l'oublier. Déjà, je me souviendrai toujours de mon entrée à Poudlard. J'ai fait le trajet dans le Poudlard Express avec Judith et Suzy. Je ne connaissais que Suzy car nos parents étaient amis. Nous étions montés toutes les deux ensembles dans le train. On s'était fait la promesse de ne pas se séparer.

Bien évidemment, on a été obligée de le faire puisqu'elle est allée à Gryffondor et moi à Serdaigle. C'est en m'asseyant à la table des Serdaigle que j'ai fait la rencontre de Ruby. Elle est arrivée après moi. Elle m'a salué et s'est présentée. J'ai dit mon prénom, et elle a dit le sien. On a mangé toutes les deux assises l'une à côté de l'autre. Je me souviens très clairement d'avoir été déçue parce que je n'étais pas dans la même maison que Suzy. Mais de fil en aiguille, Ruby et moi avons parlé et nous sommes devenues amies.

J'ai fait la rencontre de Victoria pendant le premier banquet. Elle ne parlait pas énormément mais essayait de faire connaissance. Je me souviens de l'avoir trouvé sympa et plutôt ouverte. Mylène n'a parlé que pour se présenter, elle était très timide. Tout comme moi d'ailleurs et je me souviens avoir rougi quand Geoff m'a demandé mon prénom. Comprenez-moi, c'était la première fois que je parlais à un garçon autre que mon frère ! Les autres garçons de Serdaigle se sont présentés ensuite et puis ils ont commencé à bien parler dès le premier banquet. De notre côté, nous les filles c'était plus difficile.

C'est à Poudlard que j'ai remarqué la plus grosse différence entre les filles et les garçons. Les garçons sont faciles à vivre entre eux, ils ne se posent pas de question. Ils sont tous amis. « T'es un garçon - moi aussi alors on est potes ! » C'est un peu près comme ça que ça se passe. Nous les filles, on se jauge, on se scrute, on se juge vite. On se critique et on met du temps avant de se faire confiance les unes des autres. Les amitiés chez les filles sont plus compliquées à créer. C'est pour ça qu'elles sont les plus importants, j'aurais envie de dire !

J'ai fait plus ample connaissance avec Mylène dans les dortoirs. Je me souviens être venue vers elle pour lui demander si elle avait besoin d'aide avec sa valise et puis j'ai vu qu'elle pleurait. Je ne lui ai pas demandé pourquoi, je n'ai d'ailleurs pas relevé parce que je sais que je n'aime pas qu'on me fasse la remarque : « Tu pleures ? Pourquoi ? » Je trouve ça nul et ça m'énerve parce qu'après tu as une foule d'amis hypocrites qui veulent tous savoir pourquoi tu es triste. Gé-nial !

J'ai continué de parler avec Judith depuis le Poudlard Express. C'était la première fille de ma maison que j'avais rencontré. J'étais contente d'être avec elle puisque je n'étais pas avec Suzy. Petit à petit, je me suis rapprochée de Ruby et nous sommes devenues un trio qui a vite explosé en deuxième année.

Wah ! Me rappeler de toutes ces choses c'est comme si j'étais retournée dans le temps. Je me revois à l'âge de onze ans, encore plus naïve et discrète que je ne le suis encore aujourd'hui. Quand je regarde mon parcours, je suis fière de ce que je suis devenue. Certes, quand j'avais onze ans je pensais avoir des petits copains à gogo, je pensais tomber amoureuse dès le premier regard, vivre le véritable coup de foudre, je m'étais attendue à pleins de choses que je n'ai pas faite et pourtant… je suis contente de mes années ! Je suis fière de voir ce que la petite fille de onze ans est devenue. Je suis plus fière que je ne l'aurais cru en début d'année. Et je crois que c'est grâce à Hugo.

Je pense qu'il m'a aidé à m'affirmer plus, à dire ce que je pensais. Sans même m'en rendre compte, j'ai osé dire des choses que je n'aurais jamais été capable de dire avant ! J'ai vécu ma première fois… alors que je pensais sincèrement finir vieille fille et vierge jusqu'à ma mort. Hugo m'a appris beaucoup de chose sur moi-même. J'ai appris que je pouvais plaire, et j'ai appris à me trouver jolie. J'ai appris à avoir plus confiance en moi, à m'affirmer, et à prendre conscience de mes charmes ce qui n'est pas rien ! Il m'a appris énormément de choses sur moi-même. C'est ce qui m'étonne le plus !

Je lâche la main de Ruby. Je me redresse et vais me préparer dans la salle de bain. Il y a pleins de cheveux de Victoria dans la douche ce qui signifie qu'elle est passée par là. Mylène se lave le visage et m'adresse un sourire assez mélancolique. Tout le monde pense à ses derniers jours à Poudlard. Depuis que les Aspics sont terminés, on prend tous conscience que nos jours ici sont comptés.

Pendant toute la matinée, Mylène, Ruby, et moi essayons de parler mais c'est une conversation un peu plate, un peu molle, qui n'a pas grand intérêt. On songe à nos derniers jours ici. On profite de la salle de bain, des dortoirs, des toilettes, de la douche, des lavabos, des tiroirs… de tout !

C'est dans l'après-midi que je retrouve Hugo. Il était avec Bray et toute la bande le matin. Il m'a dit qu'il avait besoin d'être avec eux. Je suis donc restée avec Ruby parce que Mylène était avec Rony. De loin, on les a vus s'embrasser et on les a trouvés mignons. On est aussi allées voir Geoff pour l'organisation de la soirée jeudi soir qui sera notre dernière soirée à Poudlard. Maintenant que les examens sont terminés, que nos jours ici sont comptés, il est temps de s'amuser !

Après tout ça, j'ai donc retrouvé Hugo. J'avais tellement attendu pour le voir… enfin, « attendu », je l'ai vu hier. Mais j'étais quand même heureuse de le retrouver. Je l'ai embrassé et serré dans mes bras. Il sentait bon le parfum et sous la chaleur du soleil, tandis qu'il m'embrassait j'ai eu envie de lui. Depuis la dernière fois, je m'étais toujours demandée quand est-ce qu'on le referait. J'ai été très déçue de sa réponse : « non », simplement.

D'accord. Autant dire que je ne lui fais pas envie, c'est gentil ça. Sitôt après ça, il y a un grand froid entre nous. En même temps, il m'a un peu repoussé à une proposition que d'ordinaire on aime bien. Mais bon, tant pis. Il ne m'embrasse plus et ne me tient même pas la main. Je le trouve bizarre en ce moment. Je crois qu'il n'est pas sur le même nuage que moi. Je commence à me rapprocher de lui et pose ma tête sur son épaule quand il me dit :

« Kate… »

Ça, dit sur un ton… mon cœur fait un bond. Je sais ce que ce ton veut dire. Je m'écarte un peu de lui. Il me regarde droit dans les yeux avec une expression navrée. Mon cœur fait un nouveau bond.


Point de vue HUGO


Ça y est, je me suis lancé il faut donc que je termine ma phrase. A son expression, je sais qu'elle a compris ce qui allait s'ensuivre. Je ne peux plus continuer comme ça. Je crois que je lui dois tellement de choses que je ne peux plus continuer à l'aimer comme je devrais l'aimer. C'est grâce à Kate que je suis arrivé jusqu'ici, c'est grâce à elle que j'aurais peut-être mes Aspics. Je ne sais pas comment l'expliquer… Il y a eu Eddy, nos disputes qui ont suivis, puis Geoff qui est venu semer sa graine par-là, et enfin les Aspics… Je ne sais d'ailleurs toujours pas ce que je veux faire ! Il me reste une semaine et je ne sais pas ce que je vais devenir. Je ne sais pas si j'ai réussi mes Aspics et je ne sais pas ce que je veux être.

Ces derniers temps, Kate et moi on était… comment dire ? Pas vraiment sur la même longueur d'onde. Elle voulait être avec moi trop souvent, trop longtemps, ce n'est pas que je n'aime pas cela ! Au contraire, mais je ne peux pas parce qu'il y avait les Aspics et Geoff… Je crois qu'avoir été le premier à embrasser Kate était ce qui me plaisait. Être son premier, ce n'est pas rien ! J'avais une lourde responsabilité mais maintenant… Je me cherche encore et j'ai peur qu'elle soit non pas un obstacle mais que je sois trop avec elle pour me concentrer sur ce que je veux devenir.

En fait, je crois que c'est surtout ça. J'ai peur de ne rien devenir. J'ai peur d'être un looser pour elle et après ce qui s'est passé récemment entre nous, je n'ai rien pour remonter dans son estime. Peut-être qu'elle s'en fou mais moi non. Je veux devenir quelque chose, être serein et ne plus douter de moi. Je veux être sûr d'avoir trouvé ma voie avant de ne penser qu'à elle.

Ce n'est pas que je ne l'aime plus, bien au contraire ! Je crois simplement qu'il y a eu trop de choses, trop de mouvements autour de nous, trop de tout et ça m'a un peu embrouillé. Je veux me trouver avant d'être avec elle. Et je ne veux pas qu'elle espère trop de moi alors que je doute en ce moment de nous. C'est pour ça que je ne veux pas être avec elle, c'est pour ça que je préfère être avec mes potes pour le moment, c'est pour ça que je ne veux pas coucher avec elle parce que ça ne sert à rien elle sera la seule à être heureuse. C'est pour ça que je lui dis ceci :

« Je crois que… qu'on a besoin d'une pause. Je crois qu'après tout ce qui s'est passé entre nous avec Eddy, Victoria, Geoff… je crois qu'on s'est éloignés et je… je t'aime toujours, ça c'est certain, mais je me sens plus… distant et ça ne me plaît pas. Je ne sais pas ce que je veux devenir et toi non plus. J'ai envie de trouver ma voie avant de continuer. Donc, je préfère qu'on fasse une pause. Tu comprends ce que je veux dire ? »

Oh non ! Elle a les yeux qui se remplissent de larmes. Non, je ne veux pas la faire pleurer. Mon cœur se serre. J'ai envie de la prendre dans mes bras et de la consoler mais je crois qu'elle le prendrait mal voire très mal. Je la vois résister contre ses propres larmes. Je me sens mal face à Kate qui se retient de pleurer. Je ne voulais pas la blesser. Ce n'est pas ce que je voulais et la voir lutter pour ne pas pleurer devant moi… je crois que c'est encore pire que si elle avait pleuré. J'aurais envie de l'embrasser mais ça se serait le pire de tout.

« Tu… T-Tu ne veux plus qu'on soit ensemble, c'est ça ? Reformule-t-elle après avoir avalé sa salive plusieurs fois.

_Non, non ! Ce n'est pas ça, je veux faire une pause.

_Oui, tu ne veux plus qu'on soit ensemble, conclut-elle toujours en luttant contre ses larmes.

_Non, on fait juste une pause dans notre couple pour faire le point, avancer un peu tout seul, et se retrouver peut-être après. »

Je ne suis même pas capable de lui dire que je suis désolé parce que j'ai peur de sa réaction. Elle hoche la tête et puis se lève. Je me lève alors et lui répète encore que j'ai besoin de me trouver. Elle hoche encore la tête et me dit qu'elle comprend. Et puis elle s'en va. J'ai un vide dans mon cœur. Je m'étais toujours dit que je ne serai pas capable de la laisser. Et pourtant, je l'ai fais… et je n'en suis absolument pas fier. J'ai envie de la rattraper et de lui dire d'oublier ce que je viens de dire. J'ai envie de la soulever dans mes bras et de l'embrasser une nouvelle fois.

Je la regarde partir avec un vide dans le cœur. Une lame qui me fait mal. Je saigne sûrement et je sens mon cœur qui s'accélère parce qu'il doit être en hémorragie. Je la regarde s'éloigner et finalement disparaître à l'intérieur du château. C'est la première fille qui ne m'a pas insulté une seule fois… elle a seulement hoché la tête pour dire qu'elle a compris, et elle est partie. Partie. Kate est partie.


Point de vue KATE


Je monte les étages le plus vite possible. J'espère ne croiser personne. Je ne veux pas qu'on me dise : « Tu pleures ? Pourquoi tu pleures ? » Je n'ai pas envie d'avoir une foule d'amis hypocrites venus pour savoir pourquoi je suis triste et le répéter à tout le monde. Je monte donc les étages et entre dans la salle commune. Je retiens mes larmes avec toute la force qui me reste même si certaines larmes ont commencé à couler.

Je monte dans mon dortoir en ligne droite. Je ne veux pas qu'un Serdaigle me voit, surtout pas Eddy. Je monte dons les escaliers jusqu'à mon dortoir et je referme la porte. Il n'y a personne. J'étais sûre qu'à cette heure-ci il n'y aurait personne. Je pars m'enfermer dans les toilettes pour prendre du papier et me moucher. C'est là que j'éclate en sanglots.

Je m'assis sur le sol des toilettes et me mouche encore. Ar ! Je me suis mouchée dans mes doigts… Purée ! Merde ! Fais chier ! Je reprends du papier. J'essuie mes larmes qui coulent comme des cascades. Je n'arrive pas à m'arrêter. Mon cœur bat et s'excite de douleur. Je ne sais même pas si c'est au cœur que j'ai le plus mal ou dans la tête. Je sens mon moral qui est descendu au plus bas. C'est pire que ce que j'avais imaginé. Tout va mal dans ma tête. J'en veux au monde entier et je sens ce monde pesé sur mes épaules. Je sens que l'apocalypse s'est écrasée sur moi, sur mon dos… Je sens tout le poids de la terre, toute la vulnérabilité de mon corps, la vulnérabilité de mon cœur.

Je m'accoude au trône des toilettes et pleure encore. J'enfouis ma tête dans mes mains comme si quelqu'un pouvait me voir pleurer. Je déteste pleurer, je n'aime pas ça, je n'aime pas me sentir mal alors que tout allait bien. Je déteste l'idée que je n'ai plus le droit de prendre Hugo dans mes bras. Je hais l'idée qu'il ne veuille plus m'embrasser. Je le hais ! En cet instant précis, je le hais mais comme je n'ai jamais haïs personne ! Et puis finalement, je ne lui en veux pas tant que ça. Je le comprends, je sais ce qu'il ressent mais… je le hais quand même ! Je le comprends et je le déteste encore plus pour ça.

C'est Ruby qui me trouve dans les toilettes. Elle me prend aussitôt dans ses bras parce qu'elle sait pourquoi je pleure. Sans même me l'avoir demandé, elle sait. Elle me comprend parce qu'elle l'a déjà vécu. Elle me marmonne des paroles pour me consoler et me caresse le dos et les cheveux pour me calmer.

Ruby m'aide ensuite à me relever et me dit d'aller m'allonger dans mon lit. Elle vient me rejoindre et me prend dans ses bras. Elle ne me demande pas comment ça s'est passé, ni pourquoi s'est arrivé, elle me dit juste que ça va aller. Elle me promet d'être là pour moi, et elle me jure que j'irai mieux après ça.

Ruby reste avec moi pendant plusieurs minutes. Elle ne dit rien et reste à me serrer dans ses bras. Quand je me suis calmée, elle m'aide à me redresser pour m'asseoir. Elle me presse la main et me répète que ça va aller. Ensuite, je décide de moi-même lui expliquer ce qui s'est passé. Elle m'écoute attentivement et me propose de me coiffer les cheveux. Elle prétexte avoir envie de me faire une coiffure depuis longtemps mais je sais que c'est pour me changer les idées. Quand j'ai finis de lui raconter la scène, elle dit :

« Eh ben, il est con et puis c'est tout. Si c'est qu'une pause il va revenir, ne t'inquiète pas. Je suis sûre qu'il reviendra.

_Moi je ne sais pas… J'ai peur qu'après la fin de l'année, on ne se revoit plus.

_Mais si ! Il t'enverra un hibou, vous vous rejoindrez quelque part et puis il te demandera pardon. Je te jure, il reviendra. Il n'est pas assez con pour te laisser partir complètement. Mais quand il reviendra, t'as intérêt à lui donner du fil à retordre ! »

Je souris. Elle rit et me dit que j'aurais affaire à elle si je ne rends pas la tâche difficile à Hugo. Je le lui promets alors. Ruby continue de me coiffer et ça me fait du bien parce que j'aime quand on me peigne. C'est comme un massage, ça me détend.


Point de vue HUGO


« T'es con, me dit Laura quand je lui ai expliqué ce qui s'est passé avec Kate. C'est tout, t'es con !

_Mais ne dis pas ça ! Arrête, je me sentais trop mal et puis…

_Ah bah oui ! Tu peux te sentir mal ! Parce que là, t'es sûr qu'elle t'en voudra quand tu reviendras. Elle sera méfiante et ça va peut-être détruire tout votre couple, me confit Laura.

_Oui mais s'il y a déjà quelque chose qui ne va pas ça ne sert à rien de continuer !

_Mais ce n'est pas ça, Hugo ! Déjà, tu l'as dit au mauvais moment. T'aurais dû lui dire plus tôt, pas avant la fin de l'année, et puis pas après l'avoir embrassé dans le parc ! T'es con ou quoi ? Il n'y a rien de plus dur pour une fille… Imagine qu'elle vienne, elle t'embrasse, et trois secondes après elle te dit qu'elle veut faire une pause ?

_Je ne sais pas… je… ouais, j'ai peut-être merdé sur ce coup-là mais…

_Merdé ? Ah mais là tu t'es carrément chié ! Pire que ça même. Et donc je n'ai pas fini ! En plus de ce que je viens de te dire Hugo, si tu casses à chaque fois quand t'as besoin d'avancer… mais tu n'en finis plus ! Dans la vie, faut faire avec ses problèmes ! Si au moindre petit caillou sur ton chemin tu t'arrêtes… t'es foutu !

_Oui bon ça va… t'étais censé me remonter le moral. Merci Laura ! Je me sens beaucoup mieux, je lui dis sarcastiquement.

_Non mais je ne connaissais pas le contexte au début ! Tente-t-elle pour s'excuser. Là, je suis obligée de prendre le parti de Kate ! C'est obligé !

_Mais t'es une fille aussi… si je demande à Bray je suis sûr que…

_A Bray !? Mais lui il te dira que t'en que tu te l'ais faite rien n'est perdu ! C'est ça qu'il te dira… Soupire-t-elle en levant les yeux au ciel. Ça ne sert rien de lui demander son avis.

_Oui enfin tu n'es pas obligé de tout mettre contre moi pour me faire encore plus culpabiliser ! Je lui fais remarquer.

_Je te dis ce que je pense ! Se défend-t-elle. C'est peut-être injuste pour toi mais c'est ce que je pense. De toute façon, tu n'as jamais été très doué pour les ruptures, me confit-elle en souriant à moitié même si je sens qu'il y a du sarcasme là-dessous.

_Hin, hin ! Vas-y, enfonce la lame dans la plaie. Continue, continue ! Venge-toi si tu veux, comme ça je culpabiliserai encore plus !

_Bah écoute… c'est un fait ! T'es pas doué pour les ruptures.

_En même temps, qui est doué ?

_Killian ! M'assure-t-elle.

_Ouais enfin lui… tu ne peux pas le prendre en exemple parce que les filles savent que c'est pour un soir aussi ! Elles le savent à l'avance.

_Oui ! Justement, Hugo, justement ! Il leur fait comprendre, toi tu… je ne sais pas, tu fais comme si t'étais super heureux, comme si t'étais encore trop amoureux, comme si tout allait continuer pendant encore longtemps et puis… d'un coup comme ça, on ne comprend pas pourquoi, tu nous largues. Va chercher à comprendre après !

_Oui, tu m'embrouilles. Honnêtement Laura, tu me soules là. »

Elle hausse les épaules et se lève du fauteuil pour aller rejoindre Suzy. Elles montent toutes les deux se coucher. Il ne reste plus que James et moi dans la salle commune. Je lui demande ce qu'il en pense lui. Il ne répond pas tout de suite et puis me dit finalement que j'ai quand même abusé. Bon, je vais culpabiliser toute la nuit.

Le reste de la semaine se passe plutôt tranquillement. Je croise Kate de temps en temps et je la regarde. Elle fait semblant de ne pas me voir mais je vois bien qu'elle a vu que je la regardais. Pendant les cours, les professeurs sont supers cools, je n'ai jamais vu le professeur Bush dire « on va faire un concours de potion avec deux équipes. » Je me suis surpris moi-même à avoir des connaissances plutôt pas mal en Potion ! Il y a une première phase qui est un quizz avec des questions qu'il faut répondre au plus vite, et une deuxième phase où il faut faire une potion le plus rapidement possible.

En cours d'Histoire de la Magie, on a rempli la salle de classe de papiers toilettes. J'ai vu le professeur Binns sourire pour la première fois de sa « vie » ou plutôt mort. On est sorti en hurlant dans les couloirs. On a croisé notre directeur qui pour une fois ne dormait pas dans son bureau. Il nous a souhaité à tous une bonne continuation et nous a offert pendant le banquet des dragées surprises de Bertie Crochus. Bon… on l'a quand même soupçonné d'avoir fait en sorte qu'il ne reste que les mauvaises dragées. Il a dû demander conseil aux vendeurs.

Le professeur Bubble-gum nous a organisé une sorte de cache-cache dans le parc où le dernier à ne pas être pétrifié était le vainqueur. On avait le droit de se défendre quand on était trouvé. On faisait des minis combats en quelque sorte. Et après ça, on est allés mettre le bordel dans sa salle de classe parce qu'elle a l'habitude d'avoir une classe vide de meubles puisque nous sommes tous debout à l'écouter. Elle a rit quand elle est entrée dans la salle de classe et nous a confié qu'elle avait beaucoup aimé notre classe.

Chez les Gryffondor, le jeudi soir, il y avait une fête pour la fin de l'année. D'ailleurs, il y en avait une dans chaque maison. On est même allés faire des tours dans les autres salles communes pendant la soirée. On avait tout de même sorti le grand jeu pour notre directeur de maison, le professeur Londubat. On l'avait invité évidemment et on lui a décerné une couronne en tant que meilleur directeur de maison. On lui a réclamé un discours après ça. Il a bafouillé quelque chose parce qu'il était assez gêné.

Inutile de vous dire que l'alcool a bien coulé. J'ai quelques trous de mémoire pour tout vous dire de cette soirée. Je sais que j'ai finis la tête dans la cuvette des toilettes et Laura m'a dit que pendant que je recrachais tout l'alcool en trop je me suis mis à pleurer, et je lui ai demandé si Kate me pardonnerait un jour. On nous a dit que Bray avait fini un genou à terre pour demander Mimi Geignarde en mariage. Killian a essayé de coucher avec la Dame Grise mais il s'est rabattu sur la boutonneuse finalement. James a été retrouvé le lendemain dans un placard d'une salle de classe vide avec Suzy. On nous a dit qu'on avait mis le feu à la fête. J'ai bien voulu le croire vu comment j'ai eu mal à la tête le lendemain.

Le samedi matin, nos valises étaient toutes prêtes. Il n'y avait plus qu'à monter dans le train ce que nous avons fait. On s'est penché aux fenêtres pour voir une dernière fois Poudlard le plus possible. Et puis, il a fini par disparaître.


Et voilà, c'est la fin des aventures de Kate et Hugo ! L'épilogue sera bientôt en ligne ! Sinon, j'espère que vous aimez ce chapitre et la fanfic en générale :) Merci de l'avoir lu en tout cas !