Lily et James ne s'étaient pas adressés la parole depuis deux semaines. Elle était contrariée qu'il ait écouté la conversation qu'elle avait eue avec ses amies dans le Poudlard Express, et il était agacé qu'elle l'ignore à cause de cela alors que le vrai problème était qu'elle avait eu des mots durs à son égard.
Il n'arrivait pas à croire qu'elle puisse faire preuve d'une telle hypocrisie, elle qui criait sur tous les toits qu'ils étaient amis. N'aurait-elle pas simplement pu lui avouer que ce jour là, ses mots avaient dépassé sa pensée ? Il l'aurait accepté. En fait, il aurait voulu qu'elle lui dise cela. A la place, elle s'était simplement enfuie et lui avait fait payer son utilisation des oreilles à rallonge en l'ignorant pendant quatorze longs jours.
Ça, elle savait le faire à la perfection. Lily Evans ignorait comme personne, et James détestait cela parce qu'il était incapable d'être aussi doué qu'elle en la matière. Quand elle était focalisée sur les cours, il était focalisé sur elle, quand elle lisait un livre à la bibliothèque, il lisait son visage avec attention et quand elle déjeunait non loin de lui en riant avec ses amies, il buvait ses paroles.
Avec toute cette histoire, il avait fini par perdre son pari avec Sirius. De toutes façons, son stock de plumes en sucre avait considérablement diminué, si bien qu'il ne lui en restait plus qu'une dizaine dans sa valise. Il aurait difficilement pu tenir un jour de plus, mais peu lui importait à ce moment là. Il était juste focalisé sur Lily, et sur sa profonde détermination à l'ignorer.
Le seul moment où elle ne pouvait pas faire semblant de ne pas le voir, c'était lorsqu'ils faisaient leurs rondes, mais encore une fois, elle ne lui adressait pas la parole, et il ne voulait pas le faire non plus. Il voulait juste lui faire comprendre qu'elle n'était pas la seule à être furieuse, qu'ils avaient tous les deux des choses à se reprocher et qu'elle n'était pas la victime de cette histoire.
« Bon, ça suffit, finit-elle par dire alors qu'ils tournaient dans un couloir du troisième étage. Excuse-toi, et on en parle plus.
- M'excuser ? Répéta t-il, abasourdi.
- Tu as écouté une conversation privée !
- Tu as dit que j'étais incapable d'avoir une relation saine avec quelqu'un ! Tu m'as réduit à... A une espèce de pauvre type qui ne s'intéresse qu'à lui même et Merlin seul sait ce que tu pensais d'autre ! Répliqua t-il.
- Tu n'aurais pas dû entendre ça. »
Il lâcha un rire ironique et accéléra le pas, n'en croyant pas ses oreilles.
« C'est vraiment tout ce que tu trouves à dire ? « Tu n'aurais pas dû entendre ça » ? La cita t-il avec un mélange de tristesse et de rancoeur dans le regard.
- James, c'est... Ce n'est pas si grave. »
Elle trottinait pour rester à sa hauteur et il sembla au jeune homme, aux trémolos qu'il avait entendu dans sa voix, qu'elle commençait à se rendre compte qu'elle avait fait quelque chose de vraiment mal.
« On fait toujours ça. On fait des erreurs. On s'engueule et on se réconcilie. Ça a toujours été comme ça.
- Non Lily, ce n'est comme ça que depuis deux ans. Avant, on ne se réconciliait pas, lui rappela t-il froidement.
- Ça ne change rien. On peut... On peut passer outre cette dispute. Notre amitié est plus forte que ça, non ? S'enquit-elle en attrapant son bras pour l'arrêter alors qu'il s'apprêtait à monter un escalier pour continuer leur ronde au quatrième étage.
- Je ne sais pas. Vraiment. Je n'en ai aucune idée, rétorqua t-il en se plantant solidement devant elle, ignorant autant qu'il le pouvait ses petits doigts qui se cramponnaient à lui.
- Tu ne peux pas me dire ça... Souffla t-elle avec peine.
- Quelle sorte d'ami je peux être pour toi, si tu me vois comme un pauvre type incapable de tisser des liens normaux avec quelqu'un ?
- Ce n'est pas ce que j'ai dit...
- Non, ce que tu as dit était pire, trancha t-il fermement. »
Il avait attendu des jours et des jours d'avoir cette conversation avec elle. Il avait pensé qu'il se sentirait mieux après avoir prononcé les mots qu'il s'était juré de lui dire, mais ce n'était pas le cas. Il s'était hâté de terminer la ronde pour rejoindre son dortoir et elle n'avait plus essayé de lui adresser la parole, mais il l'avait entendue renifler une ou deux fois derrière lui et cela l'avait rendu malade.
Ils se faisaient du mal presque tout le temps. C'était insupportable. Même quand tout allait bien entre eux, leur relation était douloureuse parce qu'elle n'était pas ce qu'il voulait qu'elle soit et qu'il n'avait aucune idée de ce que Lily attendait de lui. Se résoudre à lui poser la question pouvait signifier tirer un trait sur leur complicité et cela l'effrayait considérablement en temps normal, mais à présent, ils n'en avaient plus aucune.
Il claqua la porte de la salle de bain de son dortoir derrière lui sous les regards curieux de Peter, Rémus, et Sirius, et il s'y enferma pendant une bonne heure. Il entendit les garçons discuter sans pour autant comprendre ce qu'ils se disaient, il n'écoutait que d'une oreille distraite. Il avait un trou dans la poitrine, un foutu trou que seule Lily parvenait à combler, mais elle était aussi celle qui le lui creusait.
« Mec, on a voté, tu devrais lui parler, déclara Sirius derrière la porte après avoir frappé plusieurs fois. »
C'était pitoyable. Il n'avait même pas eu besoin de prononcer le moindre mot pour que ses amis sachent pourquoi il s'était enfermé dans la salle de bain et pourquoi il n'avait surtout pas besoin de croiser leurs regards compatissants à ce moment précis. Lily. C'était toujours Lily. C'était encore Lily.
« Tu ne vas pas rester toute ta vie là dedans, n'est-ce pas ? Tu sais qu'il me faut minimum un quart d'heure pour me coiffer ? Pense à mes cheveux, Cornedrue. Si je n'ai pas ce quart d'heure dans la salle de bain demain matin, je vais ressembler à Rogue. Rogue !
- Fous moi la paix, Patmol.
- Bon dieu, il nous refait sa crise d'adolescence, l'entendit-il dire à Rémus et Peter. »
James soupira bruyamment, ouvrit soudainement la porte, et pointa sa baguette sur la tête de son meilleur ami qui vit avec effarement son énorme touffe de cheveux s'échouer à ses pieds. Il s'empressa de toucher son crâne et quand il constata qu'il était nu, il poussa un juron et voulut riposter mais James fut plus rapide et il se renferma dans la salle de bain.
« Tu vas me le payer ! S'écria Sirius.
- De quoi tu te plains ? J'ai résolu ton problème de coiffure, répliqua James.
- A quel point tiens-tu à ton balai ? »
James ouvrit grand les yeux, se précipita à la porte et y colla son oreille comme si cela allait l'aider à savoir ce que Sirius comptait faire de son balai, mais il n'entendit rien.
« Queudver, est-ce qu'il bluffe ?! S'exclama t-il.
- Je ne crois pas, lui répondit l'intéressé.
- Est-ce que c'est de la fumée que je sens ? Reprit James, paniqué.
- Positif, affirma Sirius. »
James pouvait entendre la moquerie dans sa voix alors il se hâta d'ouvrir la porte et la vision qui s'offrit à lui manqua de le faire tomber à genoux. Sirius tenait son balai d'une main, et il avait lancé un sort de combustion sur une des extrémités. Il se rua sur lui pour essayer de le lui prendre mais son meilleur ami le lança à l'autre bout de la pièce, mettant le feu aux rideaux du lit de Rémus qui cherchait assidûment sa baguette pour arrêter le massacre.
Quand Lily déboula dans le dortoir des garçons, James était à quatre pattes par terre en train d'essayer de maintenir Sirius sur le sol, Peter paniquait à cause des flammes qui avaient à présent atteint son lit, et Rémus s'affairait toujours à la recherche de sa baguette.
« MERLIN ! S'écria t-elle. Il y a le feu !
- On maîtrise ! Répliqua Sirius qui tentait de se défaire de l'étreinte de son ami.
- Tu es chauve, il y a le feu, et tu me dis que tu maîtrises ?! Hurla t-elle.
- Ce n'est pas la première fois que ça arrive, commenta Peter.
- Aguamenti ! »
Un gros jet d'eau jaillit de la baguette de la jeune femme et vint s'enrouler autour des flammes qui avaient déjà ravagé et enfumé une grande partie du dortoir. Elle en profita pour le diriger sur Sirius et James lorsqu'elle en eut fini avec l'incendie, mais les deux jeunes hommes, pas perturbés le moins du monde, poursuivirent leur lutte.
« Comment on les sépare ? Demanda t-elle à Rémus qui avait enfin retrouvé sa baguette.
- On ne peut pas. On attend, expliqua t-il en observant ses deux amis avec dépit.
- On attend ?! Mais... Ils vont se blesser ! Protesta t-elle, indignée.
- Noooon. Aucun risque. C'est un truc à eux. Ils règlent leurs affaires comme ça. Ça finit toujours bien, lui expliqua Peter.
- Mais... Mais...
- Tu voulais quelque chose, au fait ? Demanda Rémus comme si tout était parfaitement normal.
- Non. Enfin, si. Je voulais juste parler à James.
- Il est occupé pour le moment, tu pourrais peut-être repasser plus tard ?
- Laisse tomber, répondit-elle en rebroussant chemin. Ne remettez pas le feu là dedans ! Les sermonna t-elle avant de disparaître de nouveau. »
La lutte se prolongea quelques minutes après son départ, jusqu'à ce que les deux maraudeurs réalisent qu'ils étaient trempés, qu'une odeur de brûlé leur obstruait les narines, et qu'ils ne se souvenaient pas vraiment de la raison de leur dispute. Enfin... La mémoire revint à Sirius lorsqu'il passa sa main sur son crâne nu, mais James arrangea rapidement les dégâts d'un coup de baguette.
« Est-ce que c'était Lily tout à l'heure ? Demanda t-il
- Elle voulait te voir, confirma Rémus. »
Les yeux de James se posèrent sur la porte de leur dortoir et il hésita un long moment, mais il réalisa qu'il ne pouvait pas gérer plus de problèmes aujourd'hui, alors il retourna s'enfermer dans la salle de bain, retira ses vêtements avec lassitude, et poussa un soupir de soulagement lorsqu'une pluie d'eau brûlante tomba sur son corps.
Il n'entendait plus les garçons parler à côté, et tant mieux. Il ne voulait entendre personne. Il voulait simplement être seul. Il avait toujours eu la sensation, jusque là, d'avoir besoin de Lily, un besoin vital, presque animal, mais soudainement, la seule chose qu'il désirait, c'était de ne pas se retrouver dans la même pièce qu'elle.
Il ignora même l'appel de la musique forte en bas lorsqu'il émergea de la salle de bain et qu'il balaya le dortoir du regard pour se rendre compte que ses amis l'avait déserté. Il n'était pourtant pas le dernier à faire la fête d'habitude, mais là, s'écrouler dans son lit lui semblait être la meilleure option pour passer une bonne soirée.
Il resta là un long moment, un bouquin de Quidditch dans les mains, il aurait voulu être capable de se concentrer dessus mais il n'y arrivait pas. Il souffla bruyamment et son regard tomba sur son balai à moitié brûlé. Il n'arrivait pas à croire que Sirius avait vraiment osé.
« Tu devrais descendre. »
Rémus venait d'apparaître devant lui. Il ne l'avait même pas entendu entrer. Il ne lui répondit pas, se contentant de tourner une page de plus de son livre en prenant une profonde inspiration.
« Lily n'est même plus en bas. Tu ne risques rien, reprit Rémus avec une pointe de moquerie dans la voix.
- Parce que tu crois que j'ai peur d'elle ? Répliqua James, piqué au vif.
- Pas d'elle. Je crois que tu as peur de ce qu'elle pourrait te répondre si tu lui disais ce que tu ressens vraiment, et je crois que tu ne peux pas continuer à prétendre un seul jour de plus que tu ne veux que son amitié. »
James balança son livre dans un coin de la pièce, se redressa légèrement de façon à se retrouver assis contre sa tête de lit, et ses yeux noirs se braquèrent sur Rémus avec un mélange d'agacement et d'admiration.
« Elle ne t'a pas adressé la parole pendant deux semaines, tout à coup elle débarque ici et veut te parler, et ta seule réponse, c'est de t'enfermer dans la salle de bain ? Où s'est tiré ton courage ?
- On a parlé pendant la ronde, Lunard. On s'est disputé.
- Original, commenta le lycanthrope avec un faible sourire. J'imagine que c'est pour cette raison qu'elle est restée accrochée à la bouteille d'hydromel toute la soirée. »
James soupira, se leva de son lit et contourna Rémus. Il n'avait aucune envie de passer la soirée à parler d'elle, alors il préféra descendre quatre à quatre les escaliers même si cela signifiait qu'il allait devoir participer à la petite fête que quelques cinquième années avaient improvisée en bas.
Sirius et Peter jouaient à un jeu de boisson avec plusieurs camarades de classe, Mary McDonald et Marlène McKinnon étaient en train de danser en chantant à tue-tête, et Alice et Frank se bécotaient dans un coin de la pièce. Rémus avait dit vrai, Lily n'était pas là, et c'était un véritable soulagement.
Il vola habilement le verre de whisky-pur-feu d'un quatrième année qui passa devant lui et répondit à ses protestations par un regard noir qui terrorisa le jeune garçon. James n'avait pas la réputation d'être méchant, mais son statut de sportif ultra populaire le rendait impressionnant et décourageait la plupart de ses camarades de s'opposer à lui. Personne ne voulait se mettre James Potter à dos.
Le fait qu'il soit préfet-en-chef pesait aussi beaucoup dans la balance. Il semblait avoir tous les pouvoirs. Tout le monde savait que c'était Lily qui tenait la maison Gryffondor en ordre, mais quelque part, tout le monde savait aussi qu'elle n'aurait jamais réussi à le faire si James n'avait pas été préfet avec elle.
Emmeline Vance, assise à une table avec leurs partenaires de Quidditch, lui fit un signe de la main et il entreprit de les rejoindre mais il s'arrêta dans son élan lorsqu'il entendit un bruit venir du couloir, comme un verre que l'on brise. Ce n'était peut-être pas grand chose, mais il se souvint du drame qui était arrivé à Mary quelques semaines auparavant et il ne put faire autrement que de décliner l'invitation d'Emmeline pour aller voir ce qu'il se passait hors de la salle commune.
Quand le portrait pivota pour le laisser sortir, il vit d'abord une bouteille d'hydromel brisée à ses pieds. L'odeur du miel lui obstrua les narines pendant une seconde ou deux et celle de l'alcool l'étourdit légèrement, mais un profond sanglot le fit revenir sur terre.
Lily était assise par terre, contre le mur en pierres, et elle pleurait à chaudes larmes. Un verre presque vide était posé à côté d'elle, James se demanda vaguement combien elle en avait bu car outre ses pleurs, il avait pu s'apercevoir aussitôt qu'il avait posé les yeux sur elle qu'elle n'était pas dans son état normal.
La jupe de son uniforme était dangereusement remontée sur ses cuisses et elle n'en avait rien à faire. Un pan de sa chemise en dépassait, et elle avait déboutonné plus de boutons que d'habitude. Sa queue de cheval était partiellement défaite et pendait le long de son visage pendant que quelques mèches s'accrochaient à ses joues humides, et il se rendit compte, en la voyant dans cet état, que s'il s'était répété qu'il n'avait pas besoin d'elle, elle avait indéniablement besoin de lui.
Il lui en voulait, il était encore dans un état de colère colossal, mais il était complètement incapable de la laisser seule ici à se noyer dans ses larmes. C'était impensable. Alors il s'assit à côté d'elle, mais elle ne le remarqua pas immédiatement. Elle pleurait tellement. Il ne se rappelait pas l'avoir vue pleurer autant un jour.
« Tu t'es mise dans un sacré état, constata t-il simplement. »
Elle sursauta, écarta les cheveux de son visage pour le regarder, puis elle laissa tomber sa tête contre le mur en pleurant de plus belle.
« Je n'ai plus personne.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Severus, mes parents, toi, gémit-elle. »
Alors c'était ça. Il soupira, hésita à poser sa main sur son épaule mais ne le fit pas. Tout s'était crispé à l'intérieur de lui, et Lily lâchait prise. Enfin. Après avoir prétendu pendant des mois et des mois avoir remonté la pente suite à la mort de ses parents, il lui avait fallu une dose d'hydromel pour laisser ses angoisses remonter à la surface.
« Je ne pensais pas ce que j'ai dit aux filles dans le train. Je ne sais même pas pourquoi je l'ai dit. »
James ne répondit pas. Il resta stoïque. Il ne savait pas quoi lui répondre, et plus elle pleurait, plus il regrettait d'avoir été aussi ferme avec elle pendant leur ronde.
« Peu importe ce qu'il se passera entre nous, je serai toujours là, je te l'ai déjà dit. »
Il pensait la rassurer avec cette phrase, mais elle ne semblait pas pouvoir s'arrêter de pleurer. Il était désarmé. Il savait que Lily n'aimait pas se montrer sous ce jour là, qu'elle voulait avoir l'air de toujours tout gérer, de toujours tout maîtriser, et voilà qu'elle ne se contrôlait même plus elle même.
« Pourquoi est-ce qu'ils les ont pris eux ? Ils n'avaient rien fait. Ils n'avaient rien demandé à personne. Papa et maman travaillaient comme des dingues pour subvenir à nos besoins, ils rendaient service à tout le monde, ils étaient bons, si bons que je suis presque sûre que de là où ils sont, ils veulent que je pardonne à Voldemort et aux mangemorts de les avoir tués, mais je ne peux pas James. Je n'arrive même pas à être à la hauteur pour eux. »
Sa voix était brisée, ses larmes glissaient sans arrêt sur ses joues et elle ne cessait de les essuyer comme si elle se battait contre elles, refusant de les laisser la submerger, un combat vain qui bouleversait un peu plus James à chaque seconde qui passait.
« Tu es à la hauteur » fut la seule phrase qu'il parvint à prononcer. Il se sentit un peu idiot de l'avoir dite. Peut-être parce que cela lui semblait ridicule, anodin, inutile. Peut-être parce qu'à ses yeux, c'était beaucoup trop évident pour qu'elle ne le sache pas. Peut-être parce que ce n'était certainement pas ce qu'elle attendait de sa part. Peut-être parce qu'il se sentait coupable de l'état dans lequel elle se trouvait et qu'il lui avait certainement fait sentir qu'elle était loin d'être à la hauteur ces derniers temps.
« Quand je m'endors, je rêve que j'utilise des sorts impardonnables sur ceux qui ont tué mes parents. Je ne serai jamais la fille parfaite qu'ils méritaient d'avoir. »
Elle remonta ses genoux contre sa poitrine et enfouit sa tête à l'intérieur, sanglotant toujours. Elle n'avait jamais confié autant à quiconque. Ces rêves dont elle avait honte, il n'y avait qu'avec lui qu'elle avait pu les partager. Il était le seul qu'elle autorisait à connaître cette part sombre d'elle-même qu'elle s'était efforcée de cacher jusque là.
Il ne la regarda pas différemment après cet aveu. Il osa, cette fois, poser sa main sur son épaule et la presser délicatement. Lily était humaine, c'était tout ce que ses rêves prouvaient. Ce désir de venger sa famille la détruisait de l'intérieur, elle en était malade, et James était décontenancé.
Il savait qu'elle se blâmait pour la mort de ses parents, mais il n'avait jamais imaginé qu'elle se détestait autant, au point d'avoir peur d'elle-même. Ses petites mains entouraient ses jambes en tremblant, il la suspectait de ne pas vouloir qu'il la regarde encore, mais il ne pouvait s'empêcher de le faire. Il était à la fois fasciné et ébranlé.
