Et voilà le chapitre dont rêvait tout(e)s celles et ceux qui voulaient connaitre la relation Road/Ryû ! En espérant que le chapitre vous plaise ! (car je suis restée éveiller jusqu'à 4h15 du matin pour vous le poster !)


.: Chapitre 11 : Le Bal Masqué :.

« Maitre, geignit Ryû, pourquoi on ne prend pas de calèche ? »

Le fils d'Allen trainait misérablement des pieds, tenant tant bien que mal les lourdes valises. Le Maréchal ne lui répondit pas, préférant s'allumer une énième cigarette. L'enfant brun lâcha un soupire découragé. Il y a une semaine, il avait découvert le second stade de son Innocence : il pouvait matérialiser les armes anti-akuma des autres Exorcistes. Ryû n'avait pas eut le temps d'essayer de matérialiser toutes celles qu'il connaissait car son maitre désirait se rendre à la frontière franco-espagnole au plus vite. Se trouvant en Allemagne lors de l'entrainement du gamin, ce dernier et Cross durent parcourir toute la France pour se rendre jusqu'en Espagne. Pour Ryû qui rêvait d'apprendre le français, le voilà servit. Il ne put néanmoins apprendre que les bases, puisque son maitre semblait très pressé. Ryû ignorait la raison de son empressement, mais n'était pas assez fou pour le lui demander. D'après Cross, ils allaient atteindre l'Espagne le lendemain, dans la soirée. Enfin, ils auraient put arriver beaucoup plus tôt s'ils n'étaient pas obliger de s'arrêter pour que Ryû passe une bonne nuit, comme l'avait exigée la mère de l'enfant avant que ce dernier ne parte sur les routes avec son maitre. Ils firent donc une halte dans une auberge, où Ryû mangea avec appétit et dormit comme un bien heureux jusqu'au petit matin. Puis, maitre et élève reprirent la route jusqu'en Espagne. Ryû s'émerveilla de la beauté du paysage, oubliant pendant quelques minutes ses lourds fardeaux. Bien qu'ils ne trouvent qu'à la frontière, le bambin était sûr que ce pays était magnifique. Il savait néanmoins que son maitre ne lui permettrait pas de le visiter, puisqu'ils auraient sûrement d'autres choses à faire. Le Maréchal déambula dans les rues comme s'il y avait toujours habitué, l'enfant brun sur ses talons.

« Où allons-nous ? »

Fit la voix fluette de Ryû dans le dos de Cross. Ce dernier n'eut pas besoin de lui répondre, car ils venaient de s'arrêter devant une bâtisse de taille moyenne. Le Maréchal frappa à la porte et cette dernière s'ouvrit dans la volée, libérant sur les deux Exorcistes un flux impressionnants de femmes. Ryû écarquilla les yeux. Est-ce donc là que son maitre voulait absolument se rendre ? Mais avant qu'il ne puisse se poser d'autres questions, le garçonnet fût entrainé à l'intérieur par toutes les jeunes demoiselles. Ces dernières l'installèrent sur un coussin moelleux et lui servirent un grand verre de jus de fruit exotique. L'enfant y trempa timidement le bout de sa langue, et fût surprit par le goût exquis de la boisson. Cross, quant à lui, se retrouva assit dans un immense fauteuil aux coussins de velours violets. On lui apporta rapidement une coupe d'un vin traditionnel de la région qu'il avala avec délice. Sentant le regard lourd de reproche dont le couvait son disciple, le Maréchal décida de mettre tout de suite les points sur les i.

« Si c'est ce que tu crois, on est pas venu ici pour se détendre auprès de ces belles demoiselles. »

Des murmures déçus s'élevèrent dans la salle, ce qui fit naitre un sourire carnassier sous les lèvres de Cross. Bien qu'il dise le contraire, l'enfant brun savait que son maitre n'allait pas résister longtemps aux demandes de toutes les magnifiques demoiselles qui le regardaient sans cacher leur avidité. Ryû apprit de la part d'une très jeune demoiselle qu'elles étaient toutes des danseuses, et que la plupart d'entre elles étaient des anciennes conquêtes du Maréchal. Ce dernier s'adressa de nouveau à ses charmantes compagnes, désignant négligemment Ryû de son index ganté :

« Apprenez à danser à ce canard boiteux. »

Ryû fut soudainement prit de panique. Danser ? Mais à quoi la dance allait-il lui servir dans son entrainement ? Malheureusement, il ne pût échapper à la vague de danseuse qui se ruait sur lui comme un troupeau de lionne sur un jeune gnou. Les deux jours qui suivirent furent particulièrement dur pour Ryû, qui ne connaissait strictement rien à la danse. Il dut redoubler d'efforts pour ne pas que son maitre ne le réprimande. Mais cela porta ses fruits, car à peine trois jours après son arrivé en Espagne, Ryû savait mieux danser que n'importe qui. N'empêche qu'il se demandait toujours pourquoi le Maréchal avait tenu à ce qu'il apprenne la danse, que le gamin réservait aux filles. Le soir suivant sa dernière leçon de danse, Cross ordonna à l'enfant de se rendre dans la chambre qu'on lui avait assignée, et qu'il revête ce qu'il y avait sur son lit. Grande fût sa surprise quand il découvrit une tenue d'apparat que portait les plus grands ducs lors des cérémonies importantes. S'ajoutait à ce somptueux vêtement un masque assorti, qui ressemblait fort à ceux que portaient les nobles durant les bals costumés. A cette pensé, tout devint clair dans l'esprit de Ryû. Ils se rendaient à un bal masqué ! Voilà pourquoi son maitre avait absolument tenu à ce qu'il sache danser. L'enfant revêtit la tenue d'apparat, mais ne mit pas tout de suite le masque. Son maitre l'attendait dans le couloir, ayant lui aussi revêtu un magnifique costume aux couleurs vermeilles. Il tendit alors au gamin une sorte de petit éclat de verre rond au fond légèrement creusé. Une légère teinte ambrée reposait au fond de la petite crevasse. Quand Ryû lui demanda de quoi il s'agissant, son maitre lui ordonna de l'appliquer sur son œil gauche. D'une main tremblante, l'enfant obtempéra. Cross désigna alors l'un des nombreux miroirs parant le couloir, et Ryû alla examiner son reflet. Quelle fut sa surprise quand il remarqua que ses iris possédaient tout deux la même couleur ambrée. Son maitre lui expliqua calmement que c'était une de ses créations, afin que l'enfant ne soit pas facilement reconnaissable à cause de son œil aveugle. Cela piqua la curiosité de Ryû, qui voulut immédiatement savoir pourquoi il ne devait pas être reconnu.

« Le bal masqué où nous nous rendons n'est pas sans danger. Il a été organisé par le Comte Millénaire en personne, et nombre de Noah s'y trouvent. J'ai reçus l'ordre de subtiliser quelque chose au Comte pendant les réjouissances. Je compte donc sur toi pour leur offrir un spectacle qui les tiendra en haleine assez longtemps pour que je puisse mener à bien ma mission. »

Le garçonnet brun voulut en savoir plus mais son maitre ne lui laissa pas le temps de poser une traitre question. Ils mirent donc leur masque et quittèrent la demeure des danseuses alors que le soleil commençait à disparaitre à l'horizon. Cross mena le gamin jusque devant une énorme bâtisse aux couleurs frivoles. Ils y pénétrèrent et quand le groom leur demandant leur identité, Cross prétendit être un ami très proche du Comte, et affirma être accompagné de son jeune fils. Puisque seuls les invités de marque savaient que le Comte Millénaire se trouvait ici ce soir, le groom laissa passer les imposteurs en leur souhaitant une agréable soirée. Le Maréchal dut tenir fermement la main de Ryû dans la sienne pour ne pas risquer de le perdre dans la foule. A voix basse, il expliqua au gamin qu'il devait surveiller l'escalier ouest, car quand il y apparaitra, il devra immédiatement le rejoindre dans le hall. Une fois de plus, le garçonnet ne put poser de question à Cross, car ce dernier disparaissant déjà dans la masse grouillante d'invité masqué, laissant son disciple perdu au milieu d'inconnu. Il entendit alors une voix criarde annoncé :

« Mesdames et messieurs ! Veuillez accueillir le duc Kamelot Sheryl et sa fille, Kamelot Road ! »

Le cœur de Ryû se gonfla de joie lorsqu'il aperçut sa précieuse amie fendre la foule dans une magnifique verte aux teintes pastels, ses cheveux joliment coiffé de roses. Il ne l'avait pas revu depuis sa douloureuse mésaventure dans les gorges, et il se rappela à l'instant qu'il n'avait jamais eu la chance de la remercier. Sheryl clama alors son envi de faire sa pupille débuté la toute première dance. Se rappelant des ordres de son maitre, Ryû se glissa parmi les étrangers et se détacha du lot, se courbant devant le père de son ami. Le duc, satisfait, poussa délicatement sa fille adoptive vers son beau prétendant masqué, et ordonna aux musiciens de commencer leur morceau. Ryû n'eut besoin que de quelques secondes pour reconnaitre la mélopée et se mit à danser en tenant la taille de sa compagne d'une main, la paume de cette dernière dans l'autre. Fier comme un paon, Sheryl alla s'asseoir auprès du Comte, méconnaissable. Ravi, il observa sa fille danser sans se lasser. Puis, un à un, les couples commencèrent à se joindre à la danse, si bien que le duc perdit sa fille dans la foule de danseur. Road ne semblait pas avoir reconnu Ryû, et resta assez muette qu'une statue.

« Merci, souffla Ryû.

- Merci quoi ?

- De m'avoir sauvé dans les gorges. »

Reconnaissant soudainement son ami, la Noah s'arrêta subitement de danser, mais son cavalier la força à vite reprendre la danse, avant que le père de son amie ne remarque l'écart de cette dernière. Road semblait tout de même septique, se demandant bien ce que pourrait faire son ami ici. Ryû se contenta de l'admirer, dansant comme un professionnel. Puisque les autres couples autour d'eux semblaient trop occupés pour écouter les conversations entre enfants, le jeune garçon à la chevelure brune demanda :

« De quel côté es-tu ?

- Sais-tu au moins le poids d'une telle question ?

- J'ai besoin de le savoir, Road. Besoin de savoir si je peux te faire confiance, besoin de savoir si je risque de me retrouver borgne parce que tu auras arraché l'Innocence présent dans mon œil gauche.

- Je ne pourrais jamais faire une chose pareille, s'étrangla la Noah du rêve.

- Alors, s'il te plait, dis-moi que si tu avais à choisir entre ta famille et moi, c'est moi que tu choisirais. »

Road baissa les yeux, et Ryû comprit qu'il en demandait trop à son amie. Mais comment pourrait-il lui faire totalement confiance si elle continuait à minauder devant le Comte et à obéir à ses ordres ? Tôt ou tard, ils comprendront qu'il n'était pas mort, et Exorciste de surcroît. Le garçonnet voulait être sûr du soutien de sa précieuse amie à cas où il serait prit en chasse par l'un des Noah. Mais avant que Road ne puisse répondre, la foule s'écarta, les laissant de nouveau seul au milieu de la piste. Les musiciens entamèrent alors une nouvelle mélodie, et Ryû réagit au tac-au-tac, embarquant sa camarade dans une nouvelle danse. De son poste d'observation, Sheryl observait ce jeune homme qui semblait être un très bon parti pour sa fille. Quand ils seront plus vieux, peut-être allait-il les marier. La soirée continua sans que Ryû ne pose d'autres questions à sa jeune camarade. Cette dernière n'avait déjà pas réussit à promettre quoi que ce soit à son cavalier. Ce qui lui demandait était au dessus de ses forces. Soudain, Cross apparut dans le champ de vision de Ryû, qui ne cessait de lancer des coups d'œil furtifs vers l'escalier ouest. Quand il vit son maitre descendre les marches, Ryû se détacha de sa cavalière pile au moment où la musique s'achevait. L'enfant brun la regarda droit dans les yeux pendant de longues secondes, et ce qu'elle lut dans ces iris ambrés troublèrent Road. Devant quitter les lieux sur le champ, Ryû se pencha doucement sur sa camarade, déposa un baiser timide mais plein de sentiment sur ses lèvres. Puis, il recula, s'inclina bien bas devant la jeune demoiselle et se fraya un chemin dans la foule qui avait laissé échapper un soupire de tendresse. Ryû rejoignit son maitre avec hâte, ne le questionnant pas sur la réussite de sa mission. Puis, tous deux quittèrent l'immense salle de bal et rejoignirent rapidement la maison des danseuses.

Au milieu de la grande salle, Road tâtait doucement ses lèvres du bout de ses doigts fins. Avait-elle rêvé ou ses lèvres avaient, pendant un court instant, effleurer celle de Ryû ? Avait-il tenté, par le biais de ce petit bec plein d'émotion, de faire comprendre à la jeune demoiselle les doux sentiments qu'il ressentait à son égard ? En se rappelant les étoiles brillants dans les iris ambrés de son camarade, Road rougit jusqu'aux oreilles, puis quitta la grande salle afin de se réfugier dans sa chambre, en proie d'un terrible dilemme.