Disclamer : L'univers et les persos appartiennent à Masami Kuramada

Sunny : Merci pour beaucoup ! Nous sommes contentes que tu aimes toujours autant cette petite histoire. Le lien entre Kevin et Aphro est quelque chose qu'on voulait tenté, tant mieux si ça ne parait pas trop invraisemblable ! Merci encore et bisous.

Bonne lecture à tous !


- Shunrei ! dit-il, mais viens donc te joindre à nous !

Chapitre 13

La jeune fille s'assit, bien qu'elle n'en ait eu à la base aucune envie, mais comme poussée par une force la dépassant largement et contre laquelle elle ne pouvait lutter. Car Shion venait de la prendre en son pouvoir, il était grand temps qu'elle cesse de tourmenter Shiryu et Kilian mais surtout Dohko. Car ce dernier ne se remettait pas de ce qu'elle était devenue, se demandant encore et encore ce qu'il avait bien pu faire pour cela.

S'il ne s'en n'était jamais ouvert directement à son amant, ce dernier avait fini par comprendre que toutes ces nuits où il le retrouvait dans son temple à méditer au lieu d'être dans ses bras, que les cauchemars qui le hantaient nuit après nuit venaient bel et bien de sa fille adoptive et de ce qu'elle était devenue et il était grand temps de la remettre dans le droit chemin et de libérer son amour de ce fardeau. Car Shion était certain d'une chose après avoir sondé le cœur de la jeune femme, Shunrei n'était pas mauvaise au fond d'elle-même, tout juste s'était-elle laissée tourner la tête par la vie facile. Il suffisait juste de lui rappeler quelles étaient ses vraies valeurs :

- Justement j'avais à te parler Shunrei, dit-il en lui souriant.
- A moi ? demanda la jeune fille.- Oui, il est temps que tu viennes nous rejoindre au Sanctuaire, j'ai là-bas quelqu'un qui t'attends pour te guider dans ta vie future.- Shion… tenta Dohko abasourdi.
- Ne t'inquiètes pas, amour, j'ai déjà tout prévu…
Il se tourna vers son fils :
- Mu tu veux bien ? Je préviens Shaina de son arrivée…
- Bien sûr papa, dit Mu en se levant et en cherchant des yeux un endroit discret. Je m'en charge tout de suite, si tu veux bien me suivre Shunrei.

Et la jeune fille se leva, le contrôle passant de Shion à Mu, déjà prévenu par ce dernier de cette éventualité. Ils disparurent à leurs yeux et Mu revint seul quelques instants plus tard, mais tout le monde avait senti son cosmos :

- Tu veux bien m'expliquer ? demanda Dohko encore sous le choc de la vitesse à laquelle s'était déroulée la scène.
- Shaina a gentiment accepté de s'occuper un peu de ta fille et de lui remettre un peu de plomb dans la tête. Elle en sait bien trop sur le Sanctuaire pour qu'on la laisse en liberté et dans cet état d'esprit qui pourrait se révéler dangereux pour nous tous.
Argument imparable et qui minait tant le chevalier de la Balance :
- Mais tout même Shaina… dit-il un peu inquiet.
- Hey ! s'indignèrent l'amant de celle-ci et son beau-frère.
- Shaina est très gentille ! fit Kilian.
- Sauf si elle a des envies de meurtres, murmura Milo.
- Quand bien même, elle est très gentille insista Kilian. Et puis, ca pourra pas faire de tord à Shunrei...

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Au Sanctuaire

Shunrei apparut directement en face de la jeune femme et la regarda de haut et avec haine.

- Alors c'est toi la petite peste qui n'a rien dans le crâne ? demanda froidement Shaina.
- Je ne te permets...
- Rien du tout ! Tu te tais et tu vas commencer par me vouvoyer ! Je ne suis ni Dohko, ni Shiryu, et avec moi ma cocotte tu vas en baver ! la coupa le chevalier du Serpent. Tu vas commencer par m'enlever toute cette couche de peinture. Laisse ça à Picasso et ensuite enfiler cette tenue, après quoi on va commencer, termina Shaina en lui lançant une tenue d'entrainement informe.

Plus abasourdie qu'effrayée la jeune fille attrapa la tenue et s'enferma dans la salle d'eau.

- Je me demande comment ils ont fait pour ne rien te dire avant, s'étonna Shaina quand elle referma la porte de la salle de bain sur elle.

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Appartement de Kevin

De leur coté les nouveau amoureux se dorlotaient.

- Tu as envie de rejoindre les autres ? fit Aphrodite.
- J'ai surtout envie de m'assurer que tout s'est bien terminé et ensuite passer la journée avec toi avant d'aller bosser.
- Hâtons-nous alors ! fit le maitre des roses en sortant du lit tirant son amant à sa suite.

Il ne fallut pas longtemps pour qu'ils retrouvent tout le monde au pied de la tour de Tokyo :

- Bonjour tout le monde ! fit Aphrodite.
- Tu es sublime ! Quelque chose aurait changé dans ta vie ? interrogea Milo malicieux.
- Comme si tu ne le savais pas hein ? se moqua le Poisson en s'asseyant avec Kevin qui demanda inquiet en regardant Shiryu :
- Ça veut dire quoi ?
- Qu'on est tous au courant de la bonne nouvelle, répondit ce dernier en souriant. Et aussi qu'on est très content pour vous deux !
- Mais…
- C'est l'inconvénient du cosmos, on ne peut pas cacher ses véritables sentiments, lui expliqua Mu à ses côtés. Mais notre Poisson, il y a longtemps qu'on ne l'avait pas senti aussi épanoui…
- Merci, rougit Kevin.
- A ce propos, commença Aphrodite en regardant Shion, on pourrait se parler un peu plus tard ?
- Bien sûr, sourit le Pope. J'ai hâte de voir Kevin au Sanctuaire !
- Je pourrais vraiment aller là-bas ? s'étonna ce dernier.
- C'est même une condition non négociable, répondit Shion, si toutefois tu comptes continuer à fréquenter cette tête de lard ! Il va te falloir passer certaines épreuves !
- Tout ce que vous voulez ! s'écria Kevin.
- Eh ben, si ce n'est pas de l'amour ça ! se moqua Milo en riant.
- Papy, arrêtes de lui faire peur ! intervint Kilian hilare. Laisse tomber Kevin, il te fait marcher là !
- Mais je t'emmènerai quand même chez moi, le rassura Lorcan en posant un bras autour de ses épaules. Et j'y tiens beaucoup, rajouta-t-il à son oreille.

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Au Sanctuaire

Quand Camus descendit de son temple cet après-midi là pour faire quelques emplettes en ville et qu'il découvrit la jeune fille, ancienne compagne de Shiryu, s'il se rappelait bien, s'entraînant durement sous la houlette d'une Shaina intraitable, il fut à deux doigts d'éclater de rire :

- Difficile de résister, lui dit Aïoros qui avait la responsabilité du Sanctuaire avec Saga en l'absence de Shion et qui venait de le rejoindre.
- Tu l'as dit ! ricana Camus. C'est quoi ce délire encore ?
- Une idée de Shion pour remettre cette charmante donzelle dans le droit chemin, répondit le Sagittaire. Et aussi je pense pour qu'elle foute une paix royale aux amoureux là-bas…
- J'ai su par Hyoga que tout c'était finalement arrangé pour Kilian, ajouta le Verseau, désireux de vérifier les informations que son fils ne lui donnait qu'avec beaucoup de mal, pour ne pas l'inquiéter inutilement comme l'affirmait Shun. Mais à quoi bon, quoi qu'il fasse Camus s'inquiétait de le savoir si loin de lui.
- Oui, ils doivent encore régler des détails mais seront tous bientôt de retour, lui répondit Aïoros, qui ajouta innocemment. Et si tu allais les aider à finaliser les choses ? Ton expérience peut s'avérer utile pour le procès. C'est de toi que Hyoga tient cette vocation qui est la sienne non ?
- Tu penses vraiment que je peux les aider ? demanda le Verseau en tentant de pas laisser percer l'envie qu'il avait d'aller tous les rejoindre au Japon et de revoir Hyoga.
- Bien sûr ! Prépare quelques affaires le temps que je prévienne Shion pour qu'il te réceptionne !

Camus dut faire preuve de toute sa maîtrise de chevalier des glaces pour ne pas se précipiter vers son temple et y remonter le plus calmement du monde. Mais son cœur se gonflait déjà de joie à l'idée de partager, même pour un temps, la vie de Hyoga et Shun. En préparant son sac, il se demanda si l'aîné de Shun serait également là… Bizarre que depuis sa dernière visite au Sanctuaire, il pensait à lui souvent. Mais il eut tôt fait de chasser cette idée pour ne se concentrer que sur une seule, revoir son bébé !

En apprenant sa venue, Jabu décida de rentrer. Il était inquiet pour Shaina, parce qu'une gamine comme Shunrei en pleine crise d'adolescence qui n'avait rien dans la cervelle pour l'instant que la mode, les stars et tout ce qui faisait le quotidien de milliers d'ados dans le monde, risquait quand même d'énerver sa femme. Et puis vu que Camus allait arriver d'un moment à l'autre, il valait mieux qu'il laisse la place.

- P'tit frère si tu as besoin de quoi que soit, ou même de rien, tu appelles ! fit Jabu en le serrant dans ses bras.
- Promis ! Fait un gros câlin à Shaina et dépêchez vous de me faire tonton, répondit le petit Bélier.

La Licorne disparu dans un halo de lumière et atterrit juste à coté du Sagittaire. Jabu pouffa dans sa barbe devant le spectacle, il prit son portable et fit une photo.

- A qui tu vas envoyer ça ? demanda Aïoros.
- A Shion, quelle question, il faut qu'il voit que ma chérie prend son travail très à cœur.

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Japon

Le Pope reçu quelques instant après l'image numérique, il rit silencieusement et montra la photo à son amant qui eut la même réaction que Shion et qui fut un peu rassuré. Bientôt sa fille redeviendrait celle qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être. Et alors, Shiryu et elle pourraient se retrouver comme un frère et une sœur dans de bien meilleures conditions.

Hyoga ressentait un drôle de truc. Il se tourna et vit son maître, il quitta sa chaise pour bondir dans ses bras :

- Camus, te voila enfin ! fit le jeune homme en serrant fort son père d'adoption.
- Ils ne sont pas mignons tous les deux ? fit Shun émus par la scène.

Les deux hommes rejoignirent le reste de la troupe.

- Camus, je te présente Kevin le petit ami de Lorcan et le mentor de Shiryu. Kevin je te présente mon père Camus, dit Hyoga.

Après les politesses d'usage ils retournèrent chez Shiryu pour un diner. Ils étaient en plein repas quand la sonnette de la porte retentit. Kilian alla ouvrir et revint avec un invité de dernière minute.

- Shun, c'est pour toi ! annonça l'atlante en faisant place au nouvel arrivant.
- Ni- san! s'écria le jeune homme en allant à la rencontre de son frère.
- Salut tout le monde ! fit le Phoenix en prenant place à coté du Verseau. Bonjour Camus, murmura le japonais en lui adressant un petit sourire.

Camus le salua également d'un sourire si discret, qu'il fallait s'appeler Hyoga ou Ikki pour le voir. Hyoga parce qu'il le connaissait par cœur, et Ikki parce qu'il l'observait depuis longtemps.

Il était heureux le Phoenix de le trouver là, avec tout le monde. Il avait suivi les événements au travers de Shun, l'appelant chaque jour, alors qu'une mission le retenait au loin. Et quand enfin celle-ci s'était terminée, il s'était précipité au Japon pour voir si le petit et Shiryu allaient vraiment mieux. Mais il ignorait la présence de Camus, sûrement arrivé depuis peu, car Jabu lui, n'était plus là :

- Tu peux me loger petit frère ? demanda-t-il à Shun, se doutant que le couple hébergeait déjà Camus.
- Bien sûr, on se débrouillera ! répondit le Cygne à la grande surprise de sa moitié.

Ils n'avaient qu'une seule chambre d'ami ! Mais qu'avait-il derrière la tête ? se demanda Andromède qui acquiesça néanmoins, heureux d'avoir un peu son frère à la maison.

Camus aussi connaissait les lieux et se demanda un instant si son fils ne devenait pas un peu trop perspicace, mais tout cela n'était pas pour lui déplaire au fond… Il aurait enfin l'occasion de faire plus ample connaissance avec l'aîné de son gendre, qui passait bien trop rarement au Sanctuaire tout comme son idiot de fils, qu'il voyait bien trop peu à son goût.

Il avait parlé un peu plus tôt avec Shion et Dohko pour connaître les détails de l'affaire et tout comme eux, en avait été horrifié. Il apporterait son aide autant nécessaire, leur promit-il, tout comme il se fit le serment à lui-même de faire plus attention à Hyoga et à Shun. Ce dernier n'avait plus ni père, ni maître et il voulait, à défaut de remplacer au moins essayer de combler le vide de cette absence. Surtout en découvrant les dangereux fous qui rôdaient dans le monde des humains.

Mais pour l'instant il se détendait, la soirée se passait au mieux, Kilian semblait heureux au possible et Shiryu ne le quittait guère des yeux. Tout comme le Poisson et ce médecin qui ne se lâchaient pas. Mais ça faisait plaisir de voir Aphrodite si heureux. Il remarqua bien qu'Ikki lui jetait de fréquents regards mais il voulait profiter de cette soirée au maximum, une véritable soirée en famille, comme il n'en avait pas eu depuis longtemps. Hyoga et Shun souriaient et riaient sans cesse et cela le comblait largement. Même s'il n'en disait absolument rien.

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Appartement de Shun et Hyoga

- Camus prends la chambre d'ami, fit le Phoenix une fois retourné chez son frère. Je ne voudrais pas que le Sacro Saint de Glace ait des courbatures au réveil... le charia Ikki.

A la surprise de tous, le français se laissa aller à éclater de rire, ce qui aux yeux de Hyoga prouvait à quel point il était heureux d'être là aussi.

La soirée avait été longue, ils allèrent tous se coucher rapidement.

Durant la nuit, Camus se réveilla, un peu chamboulé par le décalage horaire. Il se rendit à la cuisine afin de boire un verre d'eau et, pour se faire, dut passer par le salon où Ikki dormait sur le canapé-lit. Il prit le temps de le regarder un moment. Le jeune homme dormait sur le ventre largement découvert. Une jambe totalement visible, un boxer noir moulait parfaitement ses fesses. Son dos musclé et se bras offert à sa vue, le visage détendu. Le français se prit à sourire devant l'image du jeune homme. Il se détacha de sa contemplation pour se rendre à la cuisine et se préparer un thé. Il s'installa à la table et repensa longuement à la journée chaude en émotions, laissant son thé refroidir sans y prendre garde. Il vit soudain une main passer devant lui, se positionner au-dessus de sa tasse et donner un petit coup de cosmos. Le thé fut de nouveau fumant.

Camus redressa la tête et vit Ikki en petite tenue se servant une tasse de thé et prendre place devant le français. S'il avait aimé le côté pile, là, il avait du mal à rester de marbre devant le côté face :

- Merci ! fit Camus en soulevant la tasse.
- De rien ! Ça ne te déranges pas que je te tienne compagnie un moment ?
- Pas le moins du monde. Tu as fait bon voyage ? demanda le Verseau.
- Normal, et toi ?
- Comme toi je suppose, répondit Camus. Rapide et instantané.

Ikki sourit sans répondre et but une gorgée de thé chaud tout en continuant d'observer le Verseau détendu. C'était tellement rare de le voir ainsi :

- Je ne savais pas que tu devais venir, reprit Ikki. Shun ne m'en a pas parlé hier soir.
- Tu l'appelles tous les jours ? demanda Camus intéressé.
Ikki lui jeta un regard surpris mais répondit tout de même.
- En fait, c'est plutôt lui qui le fait. Mais pourquoi cette question ?
- Après tout ce qui s'est passé pour Kilian, je m'inquiète… Peut-être un peu trop et comme Shun n'a que toi, expliqua Camus.
- Et toi ! Il t'aime beaucoup, je le sais bien.
- Moi aussi, mais je ne suis ni de sa famille, ni son maître… Vous deux vous n'avez plus personne.
- Il y a bien longtemps que nous n'avons plus que nous Camus, pour lui comme pour moi ce n'est pas une nouveauté. Et Shun a Hyoga près de lui, Shiryu et maintenant Kilian pas loin et il peut m'appeler quand il le souhaite. Je ne lui ai jamais fait défaut tu sais…
- Je le sais bien Ikki, le rassura Camus. C'est juste que…
- Tu t'inquiètes pour eux deux peut-être ? termina le Phoenix pour lui. Tu sais c'est aussi pour ça que Shun t'aime beaucoup, parce que tu veilles sur eux deux, à ta façon.
- J'aimerais tellement faire plus parfois, murmura le Verseau comme pour lui-même. Mais bientôt, ils n'auront plus besoin de moi, soupira-t-il avec regret.
- Tu devrais peut-être penser un peu plus à toi, suggéra Ikki.
- Parce que toi tu le fais peut-être ? le défia Camus. Je ne t'ai jamais vu avec personne que je sache !

Ikki se leva pour mettre sa tasse vide dans le lave-vaisselle, puis se retourna lentement, s'appuya à ce dernier pour fixer presque sauvagement le Verseau, capturant les yeux de glaces un instant dans les siens où Camus aurait pu jurer y avoir aperçu des flammes :

- Peut-être que j'attendais juste que cette personne soit un peu plus disponible, répondit énigmatiquement le Phoenix en souriant. Et peut-être bien que justement ce moment soit peut-être enfin arrivé… Va savoir Camus !

Il reprit nonchalamment le chemin de son canapé en concluant :

- Bonne fin de nuit, chevalier des glaces…

Camus mit un moment avant de redescendre sur terre et de retourner dans sa chambre, s'efforçant du mieux possible de ne pas poser son regard sur corps si tentant dans le canapé, se demandant une fois de plus ce que voulait dire les dernières paroles du Phoenix.

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Pas si loin de là, Shiryu et Kilian passaient enfin une nuit de détente après tous ces soucis, dans les bras l'un de l'autre et parfaitement heureux.

Kevin, dans son hôpital, surveillait l'heure avec impatience car il savait que chez lui, l'attendait l'amour de sa vie.

Lorcan, lui, n'arrivait pas à dormir. Il se leva et s'habilla en hâte et se rendit à l'hôpital ou travaillait son amour. Il y découvrit beaucoup de monde mais pas celui qu'il cherchait :

- Parfait ! dit-il avant de faire apparaître d'un petit coup de cosmos un énorme bouquet de roses rouge.
Il entra dans l'établissement et toutes les têtes se tournèrent vers lui :
- Que puis-je pour vous ? demanda une urgentiste.
- Je voudrai voir le médecin titulaire, répondit-il à la jeune femme.

Elle fit vite appeler Kevin qui arriva très vite, pensant à une urgence. Il se retint de sourire de toutes ses dents en voyant son amant qui attirait toute l'attention.

- Qu'est-ce qui vous amène aux urgences ? demanda le médecin en s'approchant de lui.
- Eh bien, un certain toubib a volé mon cœur et je voulais lui apporter un petit présent pour qu'il pense à moi avant de rentrer... expliqua le suédois en lui tendant le bouquet de roses. Il en profita pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres avant de déguerpir tout aussi vite que Kevin était arrivé.

Ce dernier se demanda s'il venait de voir un mirage, mais non les roses étaient toujours bien présentes dans ses bras. Il les huma avec un sourire béat avant de les disposer dans un vase qu'il mit sur le comptoir d'entrée. Il les reprendrait à la fin de son service.

En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, la nouvelle fit le tour de l'hôpital, le médecin, célibataire endurci, ne l'était plus.

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Appartement de Kevin

Kevin ne put rentrer qu'à sept heures à cause d'une urgence de dernière minute. Il était si fatigué par cette semaine riche en surprise, magnifique car il avait rencontré Lorcan mais terriblement harassante pour le simple humain qu'il était, qu'il passa la porte dans un état second, ses roses bien nichées au creux de ses bras.

Il avait à peine refermée la porte qu'une bombe turquoise lui sautait dessus, le déséquilibrant complètement :

- J'étais mort d'inquiétude ! cria Lorcan en le rattrapant de justesse avant qu'il ne s'écroule. Par tous les Dieux ! Mais dans quel état es-tu ?
- Je suis désolé Lorcan, répondit Kevin d'une voix lasse, une urgence est arrivée au moment où je partais. Un gamin, je ne pouvais pas l'abandonner… tu comprends….

Le Poisson, ou plutôt son cosmos, prit soudainement conscience que son compagnon était à bout de nerf. Et totalement épuisé. Quelques paroles de Shiryu lui revinrent alors en mémoire quand ce dernier lui avait parlé de Kevin à sa demande :

« Fais bien attention à lui, l'avait prévenu le Dragon, il se donne à fond dans son boulot et contrairement à moi n'a que des moyens humains pour récupérer. Et les urgences sont particulièrement épuisantes à gérer certaines fois et très épouvantes pour les nerfs. Aussi solide qu'il soit, il a besoin d'attention parfois »

Sur le coup, il n'avait pas vraiment compris ce que voulait lui expliquer Shiryu, mais là ses paroles prenaient tout leur sens. Alors tout doucement il guida le médecin épuisé vers la salle d'eau, lui fit couler un bain qu'il parfuma de pétales de roses relaxantes et le força à tout lui raconter. Sa nuit de garde mais aussi ce petit garçon qu'il n'avait pu sauver malgré toute sa volonté. Appréhendant un peu mieux le quotidien hors norme de son amant, il se jura de faire plus attention à lui et quand le médecin s'endormit enfin dans ses bras, bercé par son cosmos, il se jura de veiller désormais à son bien-être.

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Appartement de Shiryu et Kilian

L'habitude réveilla le petit Bélier vers sept heures. Shiryu, plus habitué aux horaires décalés, dormait encore. Il l'embrassa tendrement et se leva silencieusement pour ne réveiller personne mais fut surpris de trouver son père déjà à la cuisine qui regardait d'un air absent le spectacle de la rue :

- Papa ?
Mu se retourna et lui sourit :
- Bonjour Bébé, tu devrais encore être au lit !
- Toi aussi, rétorqua Kilian. Tu as un souci ?
- Non pas vraiment…

Le plus jeune vint se blottir dans les bras de son père :

- Je sais bien que tu préférerais que je rentre avec toi, papa, dit-il alors. Mais je ne veux pas quitter Shiryu et je commence tout juste à me construire une nouvelle vie ici.
- Je le sais bien, répondit le Bélier en caressant doucement les boucles oranges de son fils, je le sais bien Kilian
- Je serais plus prudent à l'avenir et je ferais bien attention à tout et tu peux venir quand tu veux ici. En te téléportant t'en as pour trente secondes ! J'ai même un portable maintenant, Shiryu me l'a offert, tu pourras me joindre à chaque instant, rajouta le petit Bélier. Mais ne m'oblige pas à rentrer à cause de ce fou… je suis heureux ici… vraiment heureux, tu sais.
- Ça aussi je le sais Kilian, le rassura Mu. Mais je m'inquiéterai toujours pour toi, je ne veux pas t'obliger à rentrer, mais promets-moi de prévenir si quoi que ce soit se passe de nouveau. Je ne veux plus apprendre que tu as des soucis par un autre, d'accord ?

Et Kilian promit et se jura de tenir cette promesse et même de venir voir son père régulièrement au Sanctuaire pour le rassurer.

A la porte de la cuisine, Dohko avait écouté sans se faire voir cet échange. Il comprenait d'autant mieux Mu, que lui aussi se faisait beaucoup de soucis pour Shiryu. Et encore plus après avoir découvert les intentions de ce malade à son sujet.

En retournant à sa chambre rejoindre Shion, il s'arrêta un instant devant celle des enfants, laissée ouverte par Kilian et regarda son fils encore endormi, se demandant à quel moment il lui avait échappé :

- On n'y peut rien amour, murmura Shion à son oreille en l'enlaçant, un jour ils doivent voler de leurs propres ailes.
- Parfois, je regrette le temps où il n'était encore qu'un enfant, répondit Dohko, même si je sais que je n'y peux rien.
- C'est humain, conclut Shion, et c'est ce qu'on appelle l'amour…

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Appartement de Shun et Hyoga, le lendemain matin

Ikki grogna un peu dans son sommeil, on le secouait doucement.

- Ni-san... appelait Shun.

En reconnaissant la voix de son petit frère le Phoenix se réveilla et s'assit sur son lit.

- Hyoga part au travail, expliqua son cadet. Quant à moi j'ai cours, tu voudras bien tenir compagnie à Camus ?
- Bien sûr que je le ferais, le rassura son aîné en émergeant totalement. Tu as pris ton petit-déjeuner ?
- Oui. Et je n'ai rien pris pour midi, je rentre à la maison pour manger avec vous. Dis, Ni-san tu veux bien me préparer un ramen au poulet ? fit Shun avec ses yeux brillants.
- D'accord, je te ferai ça. Hyoga rentres aussi pour midi ?
- Il m'a dit que oui, mais avec l'affaire qu'il y a en ce moment...
- Et bien nous lui apporterons un bento après ta reprise des cours, ainsi Camus pourra voir où son caneton travaille...
- Ne dis jamais ça devant eux ! Ils vont te geler la langue ! reprocha Shun en pouffant. Je file, je vais être en retard. Hyoga est déjà parti !
-Ok! Passe une bonne journée et sois prudent ! fit Ikki en lui embrassant le front.

Une fois le jeune homme parti, il se rendit à la salle d'eau et après avoir pris une douche, il sortit vêtu uniquement de son jean. Il remit de l'ordre dans le salon et replia son lit avant de rejoindre la cuisine où il se mit à faire des crêpes pour le petit-déjeuner de Camus.

Ce dernier fut réveillé par la délicieuse odeur qui émanait de la cuisine et se contenta de passer un pull et de la suivre. Quelle ne fut pas sa surprise de voir le japonais faire sauter des crêpes... Il ne s'attendait pas du tout attendu à voir le Phoenix aux fourneaux, décidément il était bien surprenant…

- Ikki ? demanda-t-il surpris.

Ce dernier ce retourna et il y eut un instant de flottement entre eux. Les yeux de Camus s'étant rivé à son torse nu, incroyablement hâlé et si bien dessiné, ceux d'Ikki aux longues jambes blanches et musclées découvertes :

- Bonjour Camus ! se reprit le Phoenix en s'arrachant à la vision enchanteresse pour retourner à ses crêpes. Bien dormi ?
- Bonjour, s'excusa le Verseau en s'asseyant devant la table déjà garni. Ça va, et toi ? Tu as pu te rendormir ? Les enfants son déjà partis ?
- Oui, à toutes les questions, répondit Ikki en lui servant un crêpe. Et nous sommes chargés des courses ce matin et je dois préparer le déjeuner. Une commande de mon petit frère ! précisa-t-il.
- Et Hyoga ?
- S'il ne rentre pas, nous irons lui porter un bento !
- Ca serait parfait, je pourrais voir où ils en sont de l'affaire, approuva Camus.
- Tu vas t'en occuper ?
- Juste s'ils ont besoin de moi, mais Shion veut que je garde un œil sur tout ça…
- D'où ta présence ici, en conclut le Phoenix.
- Oui, mais j'avais aussi envie de venir, reconnut le Verseau, et puis ça me permet de te connaître un peu mieux !
- J'ignorais que tu le souhaitais, se moqua Ikki en prenant un crêpe et en s'installant en face de lui. Il le vit alors lever sur lui un sourcil… ironique ? se demanda le Phoenix.
- Toutes ces années à m'observer ne t'ont-elles donc rien appris Ikki ? demanda Camus qui avait longuement réfléchi à ses paroles avant de se rendormir.

La bouchée qu'avalait ce dernier faillit bien lui rester en travers de la gorge, mais déjà le Verseau continuait impermutable :

- Mettons donc ce temps à profit pour s'occuper un peu de nous, comme tu l'as si bien dit, et faire plus ample connaissance… si tu le souhaites toujours bien sûr !
- T'es sérieux là ? ne put s'empêcher de demander Ikki quand même estomaqué qu'il ait remarqué ses observations qu'il croyait pourtant discrètes.
- Tu me l'as bien conseillé non ?
- Oui, mais ce n'était qu'une suggestion.
- Que je vais suivre, ne t'en déplaise…
- Pas du tout, bien au contraire !
- Mais attention Ikki, je ne suis pas du genre à promettre quoi que ce soit ! prévint tout de même le Verseau.
- Je ne t'en demande pas tant, le rassura le Phoenix en souriant.

C'est donc dans une ambiance détendue qu'ils prirent ensemble le chemin des magasins et Ikki découvrit un Verseau bien différent du Camus qu'il avait pourtant si longuement observé, et qui lui plaisait encore plus.

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Shun rentra dans l'appartement à pas de loup, voulant surprendre son frère et son beau-père. Il avait promis à Hyoga de les espionner un peu voir comment se débrouillaient les deux chevaliers que tout opposait. Voir s'ils ne s'entretuaient pas par exemple, ou qu'ils ne se muraient dans les silences comme ils en avaient la parfaite maitrise tous deux.

Mais le jeune homme fut surpris de les voir dans la cuisine derrières les fourneaux tout en discutant tranquillement sourire sur les lèvres et une coupe de vin a la main pour Ikki, tandis que Camus tenais une coupelle de saké tiède.

- Bon à trois on goûte ! disait Ikki.

Le décompte se fit et chacun but une petite gorgée de leur verre respectif se regardant dans les yeux.

- C'est vraiment bon le sake, fit Camus en reprenant une gorgée. Je ne l'ai jamais bu de cette façon.
- Je te l'avais bien dit ! fit Ikki sourire en coin. Par contre, le vin... on va dire que ce n'est pas ma tasse de thé...

Camus se mit à rire, surprenant Shun.

- Donc, tu n'aimes pas ! reprit le français.
- Je n'aime pas, confirma le japonais en se servant une coupelle de sake.

Le chevalier des glaces prit un verre d'eau avant de boire une gorgée de vin.

- Ok, t'as raison. Ce n'est pas comparable !

Shun étouffa une exclamation tandis qu'Ikki se contenta de rire.

- Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour te convertir !
- Oh tu peux rire, j'ai encore la vodka à te faire goûter.
- Si tu veux ! répondit simplement le Phoenix.
- Et toi, tu n'as rien d'autre à me faire goûter ? demanda Camus.

Sans attendre Ikki embrassa le français, qui la surprise passée goûta sans aucune retenue à ce baiser féroce, chaud et passionné. Un baiser sans aucune retenue, tout feu tout flamme, comme celui qui le lui donnait. Quand Ikki se sépara de lui pour surveiller la cuisson, Camus avait un peu la tête qui tournait. Il dut même s'assoir sur une chaise, ses jambes en flanchaient encore.

- Salut tout le monde ! fit Shun ayant choisi ce moment pour faire son entrée.
- Salut p'tit frère ! répondit Ikki. Bonne matinée ?
- Pas mal, c'est plus calme depuis que le prof n'est plus là et tout le monde commente le sujet… expliqua-t-il en faisant un bisou sur la joue de Camus et venant voir ce que son aîné lui concoctait. Tu l'as fait ? s'exclama-t-il heureux.
- Ben, tu le voulais non ?
- Super, on va se régaler ! commenta Shun. Dommage que Hyoga ne puisse pas rentrer !
- Il ne rentre pas déjeuner ? s'informa Camus qui avait eu le temps de se reprendre même s'il restait encore fortement troublé par ce baiser.
- Non, il m'a envoyé un sms, trop de boulot…
- C'était à prévoir, intervint Ikki.
- Oui, mais faut qu'il mange quand même, grogna Camus.
- T'inquiète, on ira lui porter un bento après et on lui gardera une part de ramen ! le rassura Ikki.

Camus le remercia du regard, mais Ikki put y lire tout de même une sérieuse inquiétude. Décidément le Verseau ne cessait de l'étonner aujourd'hui… Il le découvrait bien différent du froid chevalier que tous connaissait. Bien sûr, Shun lui avait déjà dit que Camus se cachait derrière cette attitude distante, mais il n'aurait jamais cru que c'était à ce point-là.

Ils se mirent rapidement à table, Shun retournant en cours assez vite, et discutèrent de tout et de rien, sans revenir une seule fois sur l'affaire en cours. Ikki pour ne pas perturber plus son cadet et Camus parce qu'il voulait d'abord savoir ce que son fils savait exactement dessus et ne pas commettre d'impair.

Ikki et lui se retrouvèrent côte à côte autour de la table ronde et instinctivement, leurs jambes se rapprochèrent l'une de l'autre, pour finalement s'appuyer, puis s'enrouler l'une autour de l'autre, bien que rien ne le laisse supposer en apparence, si ce n'est le léger sourire qui ne les quittait pas tous les deux.

Puis Shun repartit, envoyant immédiatement un sms à Hyoga pour le rassurer sur les rapports des deux hommes, mais sans parler du baiser surpris. Ça, il préférait lui dire ça de vive voix.

Pendant ce temps, les deux chevaliers débarrassaient et rangeaient la cuisine, se frôlant imperceptiblement à intervalles réguliers, volontairement ou non. Mais la patience du Phoenix était bien loin de rivaliser avec celle du Verseau :

- Camus… dit-il d'une voix rauque, le bloquant lors d'un énième frôlage savant.
- Je me demandais jusqu'où pouvait aller ta patience, se moqua le Verseau en approchant dangereusement son visage du sien et en laissant son souffle courir sur les lèvres entrouvertes. Je vois que ce n'est vraiment pas ton point fort… Je saurais m'en souvenir, rajouta-t-il en s'emparant avec douceur de la bouche de son compagnon.

Ce fut au tour d'Ikki d'être surpris, par la douceur et la force de ce baiser, mais aussi par sa fraîcheur et sa saveur, exquise et délicieuse et incroyablement passionné, bien plus qu'il ne l'imaginait de part du si sage Verseau.

Ce dernier mit fin au baiser et se dégagea en disant, comme s'il avait suivi le cours de ses pensées :

- Tu sais bien peu de choses sur moi Ikki, tu pourrais être surpris…
- Je…
- Allons-y ! le coupa Camus, avant que Hyoga ne meurt de faim !

Ikki acquiesça et prit le bento préparé un peu plus tôt pour le suivre dans la rue, encore légèrement chamboulé par ce baiser, mais profondément heureux que les choses évoluent ainsi.

Ils traversaient le parc en marchant, tous les deux plongés dans leurs pensées qui les ramenaient sans cesses aux baisers échangés dans la cuisine. Leurs yeux glissaient de temps à autre sur la bouche de l'autre.

Ils arrivèrent dans l'immeuble où Hyoga travaillait et ils s'engouffrèrent dans l'ascenseur, suivi de tellement de personnes qu'ils se retrouvèrent collés l'un à l'autre. Profitant de cette proximité inattendue, le Phoenix ramena les cheveux du Verseau vers l'arrière, faisant frissonner le chevalier et lui murmura à l'oreille, d'une voix suave :

- Fais-tu l'amour de la même manière Camus ?

Le français sentit une douce chaleur lui envahir dans le ventre mais n'eut pas le temps de répliquer. Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent à leur étage. Ils sortirent de l'endroit confiné et trouvèrent vite le jeune homme qui les remercia pour le bento. Il parla un peu de l'affaire, alors qu'il le dévorait.

- Il veut plaider la folie, expliqua-t-il entre deux bouchées.
- C'était à prévoir, répondit Camus avant d'ajouter. Mais tu as moyen de contrer ca.

Ikki eut un petit sourire, il était temps pour lui de laisser le père et le fils. Il se leva discrètement et reprit l'ascenseur. Ce n'est que quand Hyoga eut fini son bento qu'ils remarquèrent l'absence du Phoenix. Camus eut moue boudeuse, alors que Hyoga avait un petit sourire.

A suivre…