Salut à tous.
J'ai pris beaucoup de retard dans mes traductions, je n'ai pour le moment traduis que jusqu'au chapitre16et comme je bosse beaucoup, j'ai pas toujours le courage de traduire en rentrant.
Mais la traduction du chapitre 16 est allée bien plus vite que pour les autres, ce qui me motive encore plus. Ca et le fait que l'auteur vient de poster le chapitre 43, ce qui me fait encore beaucoup de boulot.
Donc, voici ce chapitre 13, en m'excusant encore pour l'attente.
Bonne lecture,
Sweety
Chapitre 13
Un mois entier qu'elle était mariée à Patrick Jane. Jamais dans ses rêves les plus fous Lisbon n'aurait imaginé s'entendre dire ou penser une chose pareille. C'était étrange de se remémorer les événements des trente derniers jours. Ils avaient été tendus, maladroits, chauds et tout ce qui va avec. Il fut un temps où elle pensait qu'ils allaient le célébrer, juste parce qu'ils avaient tenus. Mais cette célébration ne se ferait pas cette nuit. Une nouvelle affaire, les éloignant de la ville seulement vingt quatre heures plus tôt.
Elle avait sut qu'ils ne seraient pas à la maison à temps pour apprécier pleinement ce jour et elle savait aussi que c'était bizarre de se sentir si en colère de ne pas être en mesure de célébrer cette date mais ils avaient tenu si longtemps. Pour elle, c'était comme s'ils méritaient une sorte de récompense et elle aurait tout préparé. Inutile de dire qu'elle n'était pas joyeuse. Elle ne l'avait pas été depuis qu'elle avait reçu cet appel.
Elle était en colère, elle était sexuellement frustrée et elle était plus qu'un peu irritée car elle n'avait pas encore eut de café. Ce n'était pas son jour, elle n'était pas contente et Jane faisait de son mieux pour lui remonter le moral mais ça ne fonctionnait pas. Elle avait de grands plans pour eux, elle avait pensé à installer les coussins pour une autre soirée dans le salon et peut-être regarder un film pour se détendre quelques heures avant de céder à ces pulsions qui bouillaient entre eux, mais non. Maintenant elle était coincée dans une chambre de motel pour l'anniversaire de son mois de mariage. Son humeur était aussi le résultat des hormones et des crampes d'estomac. Une migraine venait s'ajouter à ça.
Il n'y avait rien à faire dans cette petite ville, rien pour qu'ils aient un peu de bon temps. C'est pourquoi elle se trouvait à attendre son café à huit heure du soir. Jane avait disparut brusquement vers deux heures, prenant la voiture de Cho et elle n'avait pas réussi à l'avoir au téléphone depuis lors. Rien si ce n'est un message il y a environ une heure pour lui demander si elle avait besoin de quelque chose. Juste pour être méchante et aussi parce qu'elle en avait besoin, elle avait demandé des tampons. Il n'avait rien répondu.
Cela ne l'avait pas plus égayée, néanmoins elle supposait que ce devait être sa faute si elle était si horrible avec lui. Il faisait de son mieux pour faire apparaître un sourire sur son visage et elle avait ignoré ses tentatives. Le seul sourire qu'elle lui avait accordé était celui qu'elle avait caché contre son torse lorsqu'ils s'étaient réveillés. Il lui avait murmuré un bonjour, éparpillant des baisers le long de sa mâchoire et elle avait posé son visage contre son torse pour cacher à quel point elle adorait lorsqu'il faisait ça.
Il n'avait pas mentionné qu'ils étaient ensemble depuis un mois mais elle savait qu'il y pensait, autant qu'elle. Cela lui laissait penser qu'il avait prévu quelque chose bien qu'ils soient bloqués au milieu de nulle part. Elle avait tellement envie d'avoir une soirée relaxante à la maison, de céder à cette tension sexuelle dont ils souffraient. Elle était prête et elle avait prévu de le lui montrer, mais pas maintenant. Pas alors que son ami mensuel était là.
Son corps la haïssait, ce devait être ça. Même si elle n'était pas de ces femmes que cela dérange d'avoir ses règles, elle n'aurait certainement pas couché avec lui dans un motel aussi miteux que celui où elle se trouvait. La petite ville ne leur offrait pas plus d'option.
La seule bonne chose qu'il lui était arrivé aujourd'hui était de pouvoir partager sa chambre avec son mari. Elle n'avait pas à être seule dans un tel endroit, mais ils avaient été si prudent l'un envers l'autre depuis l'épisode de la douche. Ils n'avaient rien fait de ce genre depuis- c'était trop dangereux. Ils étaient revenus à ce qu'ils étaient avant mais c'était pour différentes raisons cette fois. Ce n'était pas par crainte d'une réaction émotionnelle, mais plutôt physique.
Ils restaient loin de la salle de bain si l'autre s'y trouvait et fuyait le sujet des enfants. Elle était reconnaissante pour ça, bien que toujours terriblement curieuse de savoir ce que son frère avait murmuré à Jane. Il ne lui avait toujours pas dit. Le secret signifiait soit que ce n'était rien soit que c'était important. Peut-être qu'elle ne devrait pas autant s'en inquiéter autant mais elle ne pouvait s'en empêcher.
Elle était seule dans la petite chambre de motel à attendre que le pot de café chauffe - que pouvait-elle faire d'autre ? Cela l'agaçait d'être seule, bien entendu elle avait été de mauvaise humeur toute la journée mais elle le voulait avec elle. Elle voulait toujours célébrer ce jour le mieux possible. Elle avait même acheté un jeu de cartes pour qu'ils s'amusent un peu.
Retirant le plastique du jeu de carte, elle rit amèrement. C'était bien sa chance de jouer au solitaire pendant qu'elle était seule et se demandait où diable Jane était partit. Elle n'était pas énervée qu'il ait été absent une grande partie de la journée, elle était un peu inquiète qu'il ne réponde pas au téléphone mais elle était rassurée de savoir qu'il allait bien. Il lui avait envoyé un message.
Une étrange sensation s'insinua dans sa poitrine mais elle l'ignora. Elle ne laisserait rien la déranger. Alors il était partit et ils étaient mariés depuis un mois, la belle affaire. Elle était certaine qu'il serait de retour avant le matin et savait qu'elle ne se disputerait pas pour ça. Ils travaillaient, techniquement leur anniversaire était mis en attente. Elle ne savait pas pourquoi ce jour comptait tant pour elle, peut-être parce qu'elle ne pensait pas qu'ils tiendraient si longtemps. Elle pensait que ça prendrait fin bien avant, elle ne s'énerverait pas.
Les cartes qu'elle avait étalées sur le lit devant elle n'étaient pas si intéressantes. Elle s'ennuyait, elle avait relut le dossier au moins vingt fois déjà, ils avaient suivit toutes les pistes qu'ils avaient put et il ne restait rien à faire. Elle avait attendu ce jour pour une raison et ça n'avait vraiment rien à voir avec le fait que c'était leur mois anniversaire.
Non, c'était parce que c'était une nuit qu'ils pouvaient passer à explorer l'autre à un niveau plus intime et ne pas se soucier de devoir se lever pour aller au travail. C'était pourquoi elle avait voulu attendre, elle avait voulu un jour entier avec lui mais une affaire avait ruiné ses plans et elle souhaita l'avoir laissé aller plus loin dans la douche quelques jours plus tôt. Tant pis si elle tentait d'être romantique sur ça. Peut-être que la romance n'était pas leur truc.
Ignorant les cartes devant elle, elle attrapa sa tasse de voyage et se dirigea vers le liquide noir appelant son nom. Elle était étonnée qu'une si petite pièce ait un frigo et une cafetière et elle en était reconnaissante. Elle adorait le son du liquide remplissant la tasse, la vapeur s'élevant et la façon dont elle emplissait l'espace. Cette odeur était sa favorite. C'était probablement bizarre de trouver quelque chose comme verser du café réconfortant mais ça l'était pour elle.
Avec un petit sourire triste elle retourna vers le pauvre lit double et son jeu de solitaire. Café en main, elle s'installa soigneusement sur le matelas, se plaçant sur le ventre au pied du lit. Elle garda sa tasse à la main, ne voulant pas renverser une goutte sur ce qui apparaissait comme une literie propre. Elle allait devoir y dormir- ce serait terriblement inconfortable s'il y avait une grande tache humide juste où se trouveraient ses pieds.
Sirotant le liquide chaud, elle laissa ses yeux fixer la porte lorsqu'elle entendit des piétinements de l'autre côté. Le bruit d'une clé glissant dans la serrure et la poignée qui se tourne la rendit plus heureuse qu'elle ne l'était deux secondes plus tôt et lorsqu'elle s'ouvrit pour voir apparaître Jane, elle plissa le front de confusion. Il portait deux gros sacs de courses, lui offrant un immense sourire et ferma la porte d'un coup de pied. Elle ne pouvait pas voir ce qu'il y avait à l'intérieur mais elle pouvait le regarder poser le tout sur la petite table proche de la fenêtre. Il était dos à elle, bloquant la vue de ce qu'il sortait des sacs. Elle était sur le point de se lever lorsque sa voix la stoppa.
" Ne bouges pas Reese."
" Oh mon Dieu, pas ça encore. Je pensais que nous étions d'accord qu'il s'agissait d'un non, pas de Reese." Il ne lui fallut que quelques secondes pour savoir si elle allait l'écouter ou non. Elle n'en avait pas envie après une journée d'ennuis et de colère.
" Uh, non. Tu m'as dis de ne pas t'appeler comme ça. Nous ne nous sommes pas mis d'accord, c'est non ? Vraiment ?"
" Tais-toi." Bougeant du lit, elle le rejoignit à la table et ouvrit légèrement la bouche lorsqu'elle vit tout ce qu'il avait apporté. " Qu'est-ce que c'est que tout ça ?"
" Ça ? Oh, juste quelques petites choses pour nous remonter le moral comme nous sommes coincés ici alors que je sais que tu avais de grands plans pour nous ce soir." Les joues de Lisbon s'empourprèrent à ses mots et ses sourcils esquissèrent un mouvement suggestif. Lui tapant la poitrine, elle se pencha pour saisir la bouteille de vin avec une petite moue toujours sur les lèvres.
Elle ne dit rien lorsqu'il lui arracha des mains, se contenta de se pencher vers les autres choses, des bougies. Il avait été occupé. Fraises, bougies, vin, et un pot de beurre de cacahuètes. Roulant des yeux au dernier produit, elle les prit de la table et retourna vers le lit. Elle était toujours mécontente de passer son temps dans ce motel au lieu d'être dans son propre lit.
" Hey, repose ça! Tu n'es pas autorisée à en avoir avant que tu ne soit prête pour te coucher." Il tendit la main, révélant la boite de tampons qu'elle avait demandé. Ses joues se teintèrent de roses, elle n'avait pas pensé qu'il les achèterait.
" Quoi ?"
" Tu m'as entendu." Le sourire qu'il arborait lui donna envie de lui tenir tête encore plus mais avec un grave soupire elle posa le sachet de bonbons sur le lit, prit la boite de ses mains et se dirigea vers la salle de bain. Homme stupide et ses stupides idées. Elle joua le jeu tout de même. Avançant péniblement dans la petite pièce, elle attrapa ses affaires tout en marmonnant des jurons.
Après s'être débarrassée de ses affaires de travail, elle se glissa dans un large pantalon de pyjama noir, une simple chemise verte et garda ses chaussettes. Elle n'aimait pas le sol de la chambre. Lavant son visage pour effacer le reste de maquillage de sa peau, elle se demanda ce qu'il avait exactement prévu. Ses pensées continuèrent après qu'elle ait posé le gant, son visage refroidissant et séchant doucement pendant qu'elle se lavait les dents.
Elle ne prêta pas trop attention à ce qu'elle faisait, plus concernée par ce que l'homme de l'autre côté de la porte pensait. Elle espérait pouvoir lire dans sa tête parfois - juste pour savoir à quoi il pensait lorsqu'ils se réveillaient ensemble, partageaient des baisers, des trucs comme ça. Elle n'était pas parvenue à chasser ses incertitudes pour le moment. Elle ne pensait pas qu'elle pourrait passer au delà complètement mais elle essayait, pour lui…Tentant de lui prouver qu'elle pouvait être sa femme dans tout les sens dont il avait besoin.
Elle l'aimait si facilement, c'était une seconde nature. Elle n'avait pas à se forcer, elle n'avait à se forcer lorsqu'ils s'embrassaient ou lorsqu'ils parvenaient à s'exciter un peu. C'était si facile et en même temps si difficile pour son cerveau de comprendre. Elle n'était pas la meilleure pour deviner, elle tentait de comprendre. Son esprit tentait de rassembler les pièces ensemble pour expliquer pourquoi ils étaient l'un avec l'autre au lieu d'autres personnes, pourquoi ils avaient été attirés par l'autre dès leur rencontre - plaisantant et se tenant tête d'une manière qui rappelait parfois des enfants en bas âge.
Ils plaisantaient toujours, se tenaient toujours tête. C'était juste ce qu'ils étaient et c'était ce qu'elle tentait de comprendre depuis plus que le mois qu'ils avaient passé en tant que mari et femme. Se rinçant la bouche avec de l'eau, elle nettoya la brosse à dents et se tourna pour ouvrir la porte. Rassemblant ses affaires sur le sol, elle sortit et les jeta dans le sac se trouvant juste à côté de la salle de bain.
Elle remarqua vaguement qu'il faisait un peu plus sombre que lorsqu'elle avait quitté la pièce et lorsqu'elle leva la tête, elle comprit pourquoi. Il avait éteint la lumière et avait placé quatre bougies autour de la pièce. Deux sur la table et deux sur la table de chevet. Ce n'était pas tout ce qu'il avait fait- le vin était ouvert et attendait à côté des bougies près du lit, les bonbons qu'elle avait tellement envie de manger se trouvaient au milieu des oreillers à côté des fraises. Elle fronça les sourcils en voyant le lit.
Il avait été rouge et dans la pénombre il avait plus l'air d'être bleu. Elle ne pouvait pas vraiment se rendre compte jusqu'à ce qu'elle s'approche et là elle put dire qu'il était définitivement bleu et que c'était définitivement la couette qu'ils utilisaient pour le salon. Elle laissa ses doigts effleurer le doux tissu recouvrant l'immonde couette du motel qu'elle avait dû utiliser la nuit précédente.
Un bras s'enroula autour de sa taille, plaquant son dos contre un corps chaud. Un profond soupir s'échappa de ses poumons, la tension dans ses épaules venant avec alors que des doigts tendre écartèrent ses cheveux sur le côté et que des lèvres se pressaient dans son cou.
" Tu sais, je ne suis pas une experte ou quoi que ce soit mais je ne pense pas que nous pouvons allumer des bougies ici."
" Meh, je ne dirais rien si tu en fait autant." L'amusement dans sa voix la détendit, lui faisant oublier la frustration de la journée tout en suscitant un différent problème.
" Tu es rentré à la maison pour prendre ça n'est-ce pas ?" Elle tira un peu sur la literie bleue pour clarifier sa demande. " C'est là que tu étais."
" Mhm."
" Pourquoi ?"
" Pour que tu soit plus à l'aise et que tu te relaxe ce soir." Un frisson lui parcouru l'échine alors que son souffle effleurait son oreille. Il se rapprocha, la fit se tourner pour lui faire face et lui faisant toucher le matelas des genoux. Il insista jusqu'à ce qu'elle se laisse aller et rampe sur le lit, la tête reposant sur la bosse qui était supposé être l'oreiller. Jane les avait recouvert de la couette aussi et il avait raison, elle se sentait plus à l'aise.
Elle le regarda se glisser en pyjama à côté d'elle - la lueur de la bougie soulignant les traits de son visage. Elle lui accorda sa tentative. C'était un peu ringard mais elle se doutait qu'il devait déjà le savoir et n'en avait rien à faire. Elle ne voulait pas se plaindre, elle appréciait ses tentatives pour l'égayer, aussi ridiculement romantiques qu'elles soient. Elle devait l'admettre, elle adorait qu'il ait apporté sa couette. Il se laissa facilement tomber à ses côtés et se redressa sur un coude. Elle regarda, repoussant ses cheveux de devant ses yeux et joignant ses doigts sur son ventre - la chaleur de ses mains atténuant son inconfort.
Les bougies, le vin - c'était en général des choses qui amenaient à quelque chose de plus intime. Tout semblait sortir d'un horrible roman d'amour et elle s'en fichait. Enfin peut-être en ne tenant pas compte de leur localisation, généralement ces livres avaient tendance à tourner autour de grands scénarios qui tout en étant doux, étaient tout simplement improbables.
Ils se fixèrent simplement durant quelques instants, s'imprégnant de l'éclairage et de l'ambiance avant que l'un d'eux ne fasse un geste. Jane fut le premier, se penchant pour retirer sa frange de devant ses yeux, frottant sa paume dans ses cheveux pour les dompter un peu. Elle se demanda ce qu'il voyait en la regardant, se demanda ce qu'il pensait lorsqu'elle portait des pyjamas trop grands et n'était pas maquillée. Il y avait toujours de l'adoration brillant dans ses yeux, elle se doutait que les siens reflétaient la même chose.
Elle laissa ses doigts appuyer et masser ses crampes qui l'empêchaient de se relaxer complètement. Si Jane le remarqua, il n'en dit rien. Elle garda ses yeux rivés aux siens tout le temps, ne les laissant dériver que lorsque sa main gauche quitta ses cheveux alla au sac contenant le pot de beurre de cacahuètes.
Ses boucles semblaient presque encadrées par la flamme qui brûlait, son visage dépourvu de sourire, lèvres tendues de concentration. Elle n'aimait pas vraiment quand il la fixait ainsi avec cette expression pensive. Cela l'inquiétait mais ses doigts écartant le plastique renfermant le chocolat l'empêchèrent de trop s'inquiéter. Elle pouvait sentir le doux mélange de beurre de cacahuète et de chocolat aussitôt qu'il eut ouvert la boite. Elle avait eut envie de chocolat toute la journée.
" Un pour ma Reese."
" Tu es horrible et c'est terriblement ringard, donnes moi juste cette fichue chose." L'arrachant de ses mains, elle le déballa soigneusement et en prit une bouchée. Un gémissement se fit entendre alors qu'elle mâchait, les saveurs fusionnant sur sa langue et faisant sembler tout le reste sans importance.
" Nous sommes toujours là." Fronçant les sourcils, pinçant les lèvres, Lisbon attendit qu'il s'explique. Avec un petit rire, son doigts pressa sur ses lèvres, glissant le long de la lèvre inférieure et faisant de nouveau se relaxer ses muscles faciaux alors qu'elle avalait. " Toujours marié ma chère."
" Tu n'y croyais pas ?"
" Pour être honnête, non. Je ne le pensais pas." Pour quelque raison que ce soit, cela la gênait un peu, créant un sentiment de malaise au creux de son estomac ce qui ne fit que rajouter pour elle des raisons de se redresser sur les genoux. " Tu le pensais ?"
" Pas vraiment, mais j'étais encore dans le déni sur tout ça jusqu'à il y a quelques semaines." Lui se blessant avait changé les choses, la faisant s'ouvrir un peu plus. Ils n'avaient pas encore discuté de tout, de beaucoup de choses mais rien de tout cela n'avait d'importance à cet instant précis. Roulant sur le côté pour imiter sa position, elle plaça le reste de son beurre de cacahuètes dans la bouche et lui indiqua silencieusement la bouteille de vin sur la table de chevet.
Pliant les genoux entre eux, elle attrapa la bouteille qu'il lui tendait et la porta alors à ses lèvres. Ce n'était peut-être pas comme ça qu'elle avait imaginé les choses mais ce n'était pas la pire façon de passer la soirée.
" Ça va, Reese ?"
" Arrêtes de m'appeler comme ça, c'est stupide."
" Hey, j'ai acheté tes… trucs féminins, je pense que je suis en droit de t'appeler comme je veux." Elle faillit presque s'étouffer avec le liquide coulant dans sa gorge après que les mots 'trucs féminins' aient quitté ses lèvres après une pause. Cela évoquait des images de lui les achetant. C'était terriblement amusant, bien qu'elle présume que ce n'était pas la première qu'il faisait quelque chose comme ça. Il avait été marié avant.
" Non tu ne devrais pas, mais merci." Un doux baiser sur les lèvres fut sa récompense, son bras se tendant par-dessus lui pour poser la bouteille sur la surface dure à côté d'eux puis elle emmêla ses doigts dans ses boucles. " Sérieusement Patrick, je veux dire Reese ?"
" Oui, ça s'adapte. TeREsa, tu vois, ça fonctionne. Tu n'as pas répondu à ma question en passant. Est-ce que tu vas bien ?"
" Oui, j'vais bien mais ce ne sera plus ton cas si tu n'arrête pas de m'appeler comme…"
" Okay, Okay, j'arrête." La victoire était bien trop facile mais elle ne commenta pas, se contentant de lever les sourcils et le fixa curieusement alors qu'il souriait. Il y avait un hic, elle pouvait le voir dans ses yeux mais il ne dit rien de plus sur le sujet. Il laissa simplement son sourire se transformer en moue concernée, ses doigts bougeant jusqu'à ses tempes et massant doucement. Elle adorait lorsqu'il faisait ça. " Tu as la migraine ?"
" Une petite." Ce n'était pas si grave, juste quelques battements à l'arrière de son crane. Juste assez pour être fâcheusement inconfortable contrairement à sa partie inférieur qui semblait la faire se sentir comme si elle était éviscérée.
Jane bougea le sac de sucreries entre eux pour le poser derrière elle. La sensation de son pouce lui massant la tempe lui manqua immédiatement mais avant qu'elle ne puisse se plaindre, il ouvrit la boite de fraises et les posa juste au dessus de ses genoux. Bougeant plus près de lui, elle laissa son menton reposer sur son estomac et remonta ses genoux plus haut contre sa poitrine. Elle se sentait comme si elle pouvait se plier en deux et ainsi apaiser les spasmes.
La main de Jane dériva dans ses cheveux, les rassemblant à l'arrière de sa tête. Ses doigts pressant et frottant cette partie, forçant ses yeux à se fermer alors que sa main plongeait dans la boite contenant les délicieux fruits rouges. Elle ne demanda pas comment il savait exactement où sa tête lui faisait mal, elle s'en fichait. Portant une fraise à sa bouche, elle mordit doucement dedans et soupira de contentement. La main de Jane stoppa quelques secondes et recommença.
Elle bougea pour prendre une autre bouchée, laissant le fruit glisser entre ses lèvres au moment où la main de Jane quitta son crane pour lui attraper le poignet. Elle n'eut pas le temps de penser à ouvrir les yeux avant que Jane ne retire sa main et prenne la fraise avec sa bouche. Ses lèvres frôlèrent les siennes alors qu'il mordait dans le fruit, lui volant facilement et le laissant profiter du gémissement qu'elle émit.
Lisbon se décala contre lui, ouvrit la bouche pour aspirer sa lèvre inférieure en représailles. Il gloussa juste d'une voix rauque, s'écarta pour mâcher la nourriture qu'il venait de lui voler alors que son visage faisait la moue. Tendant la main pour en prendre une autre alors qu'il relâchait son poignet, elle le regarda de près pour s'assurer qu'il ne tenterait rien de sournois mais si elle ne pouvait pas dire qu'elle n'avait pas aimé la façon dont il lui avait volé la fraise.
Sa main se posa sur ses genoux - qui s'étaient resserrés contre sa poitrine - appliquant une pression pour qu'elle étende les jambes. Elle ne le voulait pas, les crampes semblaient moins importantes dans cette position.
" Teresa, je connais quelque chose qui pourrait t'aider, j'avais l'habitude de le faire pour ma femme." Avalant le dernier morceau de fraise dans sa bouche, elle s'étouffa presque. Ses mots la blessèrent un peu, bien qu'elle sache qu'il ne pensait pas que ce serait le cas. Elle le laissa faire ce qu'il voulait de ses jambes, ses yeux s'emplissant de larmes alors qu'il redressait la première et plaçait l'autre sur sa taille, se rapprochant ainsi d'elle. Il était si absorbé par ce qu'il faisait qu'il ne remarqua pas la façon qu'elle avait de fuir son regard.
Il bougea les fruits sur la table de nuit, collant leur poitrine, laissant sa tête se poser sur l'oreiller alors qu'il utilisait ses deux bras pour la rapprocher encore. Elle le laissa faire, elle sentait comme si c'était une erreur quelque part. C'était quelque chose qu'il avait l'habitude de faire avec sa femme. Femme - le mot sortait de façon si douloureuse.
" Patrick…" Le mot sortit comme un murmure contre sa joue, les hanches de Jane poussant contre les siennes. " Je… je suis ta femme."
Les crampes s'adoucirent, la chaleur de son corps s'insinuant à travers leurs pyjamas et dans sa peau. Associer à la pression qu'il appliquait, ça fonctionnait.
" Quoi?"
" Je suis ta femme."
" Je sais." Autant elle voulait être rassurée par son affirmation, elle ne l'était pas vraiment. Elle ne cherchait pas à lui faire dire que sa première femme n'était plus sa femme. Elle tentait de l'habituer à éventuellement utiliser son prénom plutôt que le titre. Appelez la folle mais l'entendre dire le mot femme en ne se référant pas à elle, ça lui donnait l'impression qu'elle l'éloignait de sa femme, ou qu'elle n'avait pas tant d'importance pour lui.
A n'importe quel autre moment, elle aurait laissé son corps réagir à une position si intime mais pas alors que tant de pensées désagréables venaient perturber son cerveau. Elle appréciait la situation quelques secondes plus tôt et alors il avait parlé. Elle savait qu'il n'avait pas pensé la blesser, savait qu'il n'était pas vraiment sûr de quoi elle parlait mais il y avait toujours cette sensation de malaise dans sa poitrine.
" Ça t'aide un peu ?" Il n'y avait aucune façon pour elle de lui répondre de vive voix sans faire transparaître ses sentiments et elle ne voulait pas ruiner tout ce qu'il avait fait donc elle hocha simplement la tête contre lui. " Détends-toi simplement."
Lisbon se moqua presque de sa suggestion. C'était impossible à ce niveau mais elle essaya. S'enfonçant d'avantage contre lui et bougeant son visage dans son cou. Peut-être que si elle pensait juste à son odeur, la façon dont il se serrait contre elle alors elle pourrait oublier ses sentiments blessés et la stupidité de les éprouver. Tant qu'elle parvenait à ne pas être excitée et ennuyée à la fois. C'était tout ce dont elle avait besoin.
" Je sais que tu voulais passer la soirée différemment de ceci, tu voulais faire l'amour." C'était bizarre d'entendre ces mots sortirent de sa bouche, son souffle se bloqua dans sa gorge alors qu'il bougeait sa main sous sa chemise pour la poser dans son dos. " Mais c'est bon, nous avons le temps."
Se rapprochant encore plus de lui suscita un soupir qui quitta ses lèvres, ses mains s'accrochant à sa peau et la faisant se tendre. Elle avait fait un mauvais mouvement. Il fallut plusieurs secondes pour que les doigts de Jane se détendent, que sa respiration redevienne normale et elle resta aussi immobile que possible alors qu'il expirait profondément et déposait un baiser sur son front.
" Juste pour que tu ne sois pas déçue, je sens que je devrais dire que: n'espère pas trop de moi lorsque nous atteindrons ce stade. Ça fait longtemps Teresa, je ne promets pas que ça durera longtemps." Sa poitrine se gonfla à la vulnérabilité honnête de sa voix. Il était embarrassé, elle pouvait le dire et juste pour prouver qu'elle avait raison, elle se recula pour voir son visage.
Evidement, ses joues étaient rouges mais c'était à peine visible dans la pénombre. C'était principalement ses yeux qui le confirmèrent. Le voir si ouvert repoussa ses questions sur le mot femme. Ça n'avait plus d'importance, bien que la douleur soit encore là. Elle pensait qu'elle serait elle aussi embarrassée, parler de ça mais elle ne l'était pas. La douce chaleur qui se rependit en elle était due à son regard inquiet. Il avait peur de ne pas la satisfaire- elle ne l'avait jamais vu si incertain de lui-même.
" Ce n'est pas ce qui m'importe." Elle lui disait la vérité, ça n'avait vraiment pas d'importance. Son objectif - lorsque, finalement, ils se retrouveraient nus l'un contre l'autre - serait de se concentrer plus sur son plaisir à lui, juste le sien. Aussi torturé que le pauvre homme avait été dans la douche quelques jours plus tôt, elle pensait qu'il le méritait. " Je me fiche de ça."
Elle frotta son nez contre le sien et en vint à la conclusion que ça n'était pas aussi mal qu'elle l'avait pensé au départ. Ils n'étaient pas à la maison, ne se faisaient pas plaisir de façon sensuelle mais beaucoup de choses avaient été évoquées, ramenées à la surface et ça aiderait probablement dans le futur. Elle savait qu'elle devrait éventuellement partager ses incertitudes au sujet des deux femmes mais elle les oublia pour la nuit en appuyant ses lèvres sur celle de Jane.
Plus tard…pour le moment elle avait un mari pour célébrer ce jour et il y avait encore à manger et du vin à boire. La nuit était jeune, ils n'étaient pas fatigués et il n'y avait rien de mieux à faire.
TBC…
