Résumé: Pendant des années, il s'était construit un sourire, un monde heureux à protéger. Pendant des années, il avait fui loin de son passé, loin de ces horreurs que sa mémoire ne pouvait plus supporter. Pendant des années, il avait rejeté cette période de sa vie, l'avait condamné à l'oubli, pour ne pas à avoir son poids constant sur les épaules. Mais désormais, tout ceci lui retombait dessus avec violence, et la suite des événements risquait bien de faire s'écrouler tout l'univers joyeux qu'il avait patiemment bâti...
Disclaimer: Fairy Tail est la propriété d'Hiro Mashima et de ses producteurs respectifs tels que Pika Édition pour la version française du manga, etc...
Rating: T, langage cru et vulgaire, sujets adultes abordés tels que le viol (la plupart du temps, il y a juste des sous-entendus)
Cadre: La fiction se passe juste avant Edolas: Lisanna n'est pas revenue, Gildarts non plus, et le Dragonoïd ravage la ville une semaine avant le prologue. Je me suis permis de spoiler parce que je ne pense pas qu'il existe quelqu'un qui soit encore à ce jour à ce moment là, ou alors vous êtes vraiment à la bourre. J'ai déplacé la partielle destruction de Magnolia par le Dragonoïd en mars pour des raisons que vous comprendrez. Merci de ne pas en tenir rigueur et me fusiller.
PS- Mon orthographe des noms est merdique, je sais, je vous emmerde si vous me le faîtes remarquer.
N.D.A: Salut ! Aujourd'hui, on se retrouve pour le chapitre 12 ! "Le chapitre 12 ? Mais tu as sorti le 6 juste avant !" Et oui, au cas où vous ne l'auriez pas compris, je ne fais pas la réécriture dans l'ordre ! J'ai déjà emmagasiné toutes les idées dans ma p'tite tête, et j'en ai écrit ¾ (9 pages sur Open Office en police 12, oui môsieur !) sur l'ordi pour pas qu'elles se barrent toutes. Ouais chuis prévoyante ouais. Donc ! Qu'avons-nous dans ce cher chapitre 12, peut-être mon préféré ? De la bonne grosse révélation ! Et, aussi, maintenant que j'ai balancé votre foutu mot, vous pouvez me foutre la paix ? J'ai trop pris sur moi pour le marquer... Bien à vous. Nan, je déconne ! Nan, en fait nan, je déconne pas. Bref, vous verrez ! Sur ce, bonne lecture, bande de casseurs de burnes !
Et comme tout travail mérite salaire... Review, please ?
PS- Je pars en vacances demain, je serais absente du 16 au 30 juillet, donc le chapitre 13 (et un autre !) n'arrivera pas tout de suite, patientez encore un peu ! Bonnes vacances à tous !
~ Chapitre 12 ~
Le mois de juillet venait juste de débuter, avec son lot de soleil, de touristes à peine en vacances, et de chaleur insoutenable. L'air pesait sur la célèbre ville de Fiore, forçant les habitants à se munir de tout objet susceptible de produire un peu d'air.
Que ce soit dans les rues principales de Magnolia, dans les boutiques attrape-nigauds que l'on voyait fleurir un peu partout en cette saison, ou dans la guilde de la ville, la chaleur étouffante accablait les malheureux qui n'avaient rien que leur main en guise d'éventail.
Et pourtant, malgré la température, certains mages trouvaient encore la force de se chamailler, de rire, chanter, plaisanter, de faire un vacarme de tous les diables. Il y avait constamment de l'animation, de toute façon, peu importe qu'il fasse moins dix degrés ou cinquante, les mages de Fairy Tail trouvaient toujours le moyen de s'amuser, bruyamment, si possible !
C'est donc dans ce climat joyeux et chaleureux que la journée commença, sans laisser présager les quelques nuages qui s'apprêtaient à assombrir le ciel... Ce jour semblait, à première vue, être prévu pour se dérouler comme les autres, mais ce ne fut pas le cas.
Désormais accoutumée aux nouvelles manies de Natsu, la guilde ne s'étonna pas de le voir arriver vers midi, habillé de travers et mal peigné. Il étouffa un bâillement sonore, se frotta un peu les yeux, puis lança, mal réveillé, un bonjour peu énergique. À tous les coups, il était tombé du lit, à cause d'un certain chat bleu très efficace lorsqu'il s'agissait de le tirer de là...
Happy le précédait d'ailleurs, voletait à ses côtés, inspectait s'il n'avait pas quelque trace de son récent sommeil, tout en s'adressant à celui-ci. La chaleur paraissait alourdir ses ailes, mais cela ne l'empêchait pas de tournoyer autour de son meilleur ami.
Les deux colocataires entrèrent dans le bâtiment, saluèrent les membres de leur équipe, comme toujours, mais cette fois, le drame se joua durant les minutes suivant cette entrée qui n'avait rien d'extraordinaire.
Tandis qu'Happy fut pris d'un élan soudain et s'envola vers les deux filles de la team, sans doute pour lancer une quelconque plaisanterie, Natsu avança d'un pas décidé vers le groupe, malgré qu'une agaçante douleur lui morde avec acharnement l'estomac, et que Grey, avec qui il était brouillé depuis trois semaines, se trouve avec Erza et Lucy.
Il tendit tout à coup l'oreille et se stoppa net, croyant avoir entendu son nom murmuré par les magiciens attablés, non loin de lui. Il tourna la tête vers les responsables du bruit, et écouta, avec un début d'irritation, les conversations. Et ce qu'il entendit le figea sur place.
Ce n'était pas possible... Il n'avait pas pu. Il avait promis de garder le secret !
Jusqu'à présent, il était parvenu à supporter ce pénible fardeau, tant qu'il se limitait à l'extérieur de la guilde, mais désormais, puisque ces rumeurs avaient pénétré dans le "cercle familial", il allait être encore plus dur de ne pas y prêter attention.
Brusquement, les images qu'il s'était efforcé de chasser de son esprit les trois semaines précédentes lui revinrent en tête, lui soulevant le cœur. Il ne voulait plus se souvenir de ces visages, de ces instants torrides... Il ne voulait plus se souvenir de cette pitié, de cette compassion sarcastique qu'il avait lu dans bien des regards après cet... affront innommable.
Consumé par une ardente rage, il se dirigea à grand hâte vers Grey, qu'il saisit violemment par le bras et traîna hors de portée du rayon d'écoute des autres, sous le regard incrédule du reste de la guilde. Puis il le plaqua contre un mur, de manière à ce qu'ils puissent se regarder dans le blanc des yeux, sans échappatoire.
Il engageait un combat qu'il n'était pas sûr de gagner, mais préférait tenter plutôt que de lui laisser le bénéfice du doute...
-Alors, vas-y, t'as rien à me dire ? lui cracha-t-il, hostile, en exerçant sur lui une telle pression qu'il ne pouvait pas se libérer. T'aurais pas balancé notre secret, par hasard ? Allez, réponds !
-Je vois pas de quoi tu parles... marmonna le mage de glace, sans lui lancer un regard, avant de continuer, ironique. Et crie plus fort, les autres n'ont pas entendu !
Le chasseur de dragons, face à l'attitude fuyarde de son rival, interpréta cette réponse comme étant un éhonté mensonge. Il bouillit intérieurement et de façon ostensible, mais ne répondit rien, car il n'eut pas le temps. Grey renchérissait déjà, sur le point de faire exploser la bombe qui n'attendait qu'une petite pique de plus pour s'exécuter:
-Et puis, passe à autre chose, c'est du passé maintenant...
Ce fut l'étincelle qui mit le feu aux poudres, la goutte d'eau qui fit déborder le vase. La remarque de trop, qui déclencha toute une suite d'événements, comme un battement d'ailes de papillon peut provoquer une terrible catastrophe naturelle.
La voix de Natsu s'étrangla dans sa gorge, de rage et d'indignation. Ah, pour sûr, ce n'était pas lui qui avait dû affronter le regard des autres, les visages faussement compatissants, les questions indiscrètes, le poids de ces maudites rumeurs, cet immonde, répugnant sentiment de honte, de culpabilité, et tout cela en plus de problèmes qu'il portait déjà tant bien que mal !
La haine, l'incompréhension fit frémir tout son être, ses poings se crispèrent avec force, et ses yeux lancèrent les plus terribles des éclairs. Une claque, retentissante, réduit la guilde à un violent silence consterné. La surprise se lit sur les visages échangeant des regards circonspects, de potentiels fusils qui attendirent une cible à abattre.
La gifle était partie toute seule.
Natsu eut un rire nerveux, qui le secoua quelques instants, puis il redevint sérieux, et dévisagea, de toute l'intensité de son regard de tueur, aussi ardent qu'une flamme, celui qui se tenait face à lui. S'il avait eu des revolvers à la place des mirettes, il n'y aurait déjà plus qu'un moignon sanglant à la place du mage qu'il ne maintenait plus sur place...
-Passer à autre chose ?! lui hurla-t-il au visage, avec autant de colère que s'il était face à un véritable ennemi. T'en a des bonnes ! Mets-toi un peu à ma place, espèce de sale... !
Une seconde baffe suivit aussitôt la première, puis une troisième, puis encore une autre. Natsu était déchaîné. Il frappait de toute sa force, tandis que Grey ripostait pour se défendre; il parvint à caler quelques coups de poing, dont un dans le ventre qui fit son petit effet.
Et pendant que la scène, d'une incroyable violence, se déroulait, la guilde demeurait pétrifié par la stupeur, muette, on assistait à ce triste spectacle sans trop oser réagir. Seule Erza, fidèle à elle-même, s'interposa entre les deux partenaires.
Mais même elle, réputée spécialiste pour stopper en un claquement de doigts une bataille générale, eut bien du mal à les séparer. Elle dût lutter corps et âme pour les éloigner l'un de l'autre et les maintenir ainsi, leur laissant le simple droit de se regarder en chiens de faïence, d'entrecouper le silence de leurs halètements.
Titania, qui faisait rempart de son corps, chercha à mettre au clair la raison de cette soudaine agression, mais à peine eut-elle posé quelques questions aux deux mages, d'un ton autoritaire, que Natsu tomba à genoux, plié en deux de douleur, une main sur la bouche.
Et alors que la mage chevalière se penchait, soucieuse, vers son "petit frère", la main céda et une gerbe de liquide gastrique s'échappa par sa bouche, tandis qu'il tentait désespérément de contrôler le débit de la substance qui franchissait ses lèvres à toute vitesse, lui laissant une douloureuse brûlure à l'œsophage.
Il toussa, cracha boyaux et tripes, avant de finalement calmer le flux et de contempler, répugné, le contenu de son propre estomac. Puis, revenant à lui, il se souvint, paniqué, du reste de la guilde, qui avait observé toute la scène, et jeta, avec horreur, un regard circulaire.
Merde, il était découvert !
Alors qu'il s'apprêtait à lancer une vague phrase, qui les mettrait en attente, il eut l'impression que quelque chose se brisa à l'intérieur de lui ou fut réduit à néant, et il n'eut que le temps de s'écarter suffisamment pour que sa tête, qui alla heurter le sol, n'entre pas en contact avec le vomi frais.
Il venait de tomber, inerte, refermant net la parenthèse qu'il avait ouvert.
-X-X-X-X-X-X-X-
Lucy serrait entre ses doigts ceux encore rouges de son camarade souffrant, aussi rouges que la joue de Grey qui avait pris des claques, lequel essayait de s'expliquer avec Erza, devant la porte de l'infirmerie.
La constellationniste était encore sous le choc, et peinait à remettre de l'ordre dans ses idées, aussi, en attendant, elle s'était installée à côté de son partenaire, tout comme Happy, qui, décidément, passait plus de temps à guetter le réveil de son meilleur ami avec elle qu'avec lui, en mission ou à tout autre endroit.
La blonde et le félin ailé étaient non seulement présents, avec Natsu bien sûr, mais il s'y trouvait en plus Polyussica, que le maître fit venir lorsqu'on lui apprit que ce n'était pas la première fois que Natsu s'évanouissait depuis sa disparition; il était même assez fréquent, selon les divers témoignages, que cela arrive.
C'est donc résigné à dénicher la source du problème que le maître avait convoqué son amie de jeunesse, qui dès à présent se préparait à examiner le jeune homme qu'on avait débarrassé de son écharpe, reposant à côté du lit.
À première vue, il paraissait effectivement ne pas être au meilleur de sa forme. Ses traits, pâles, portaient les marques d'un indéniable manque de sommeil, d'une fatigue inconnue dont on ignorait la provenance qu'il, à force, ne trouvait plus le moyen de justifier. Il adoptait toujours le même comportement, sans en piper mot. Que cherchait-il à protéger ?
Mais ce qui inquiétait la vieille mage était le fait que sa magie ne veuille pas remonter. Elle oscillait terriblement, comme si, à chaque fois qu'elle affluait, elle se faisait aspirer par quelque chose de mystérieux. Tandis qu'elle songeait à ceci, les pouvoirs du chasseur de dragons eurent un sursaut, ils remontèrent si vite que s'en fut aberrant. Le visage de la plus âgée se crispa en une grimace.
Une fois son anxiété apaisée, elle sentit les regards obstinés des deux témoins posés sur elle, leur lança un regard noir, attrapa un balai à proximité et les bouta hors de la pièce en braillant des insultes. Elle étouffa ensuite un soupir agacé, presque soulagée de se retrouver seule avec un patient aux yeux fermés. Pas d'autres êtres humains éveillés, parfait ! Elle daigna enfin soulever le drap qui le recouvrait.
Son impassibilité prit un coup lorsque qu'apparurent ses membres; son visage se peignit d'effroi, se troubla une seconde.
C'était épouvantable. Son corps tout entier était marqué de profondes cicatrices, balafres brunes qui parvenaient à égaler la taille de ses avants-bras, la plus impressionnante restait celle sur son ventre, qui laissait presque croire qu'on l'avait ouvert en deux; sa silhouette était si frêle qu'elle laissait apparaître sa cage thoracique.
Il y avait là d'évidentes traces d'une violence récente, à en juger aux plaies qui s'étaient à peine refermées. En revanche, un détail contrastait avec son inquiétante maigreur, un détail qui n'avait rien d'anodin...
C'est cet instant précis que le chasseur de dragons choisit pour ouvrir les yeux.
Il plissa les yeux, les entrouvrit, resta les yeux mi-clos le temps de s'habituer à la lumière environnante, battit des cils, puis reconnut l'endroit et la femme à ses côtés... le reluquant avec insistance. C'est alors qu'il réalisa sa quasi-nudité et se recouvrit précipitamment des draps, les joues cramoisies par la honte d'être vu dans son plus simple appareil.
L'aînée s'empressa de le calmer en lui assénant une tape, et réussit tant bien que mal à lui faire jeter la couverture à ses pieds, pour qu'elle s'occupe rapidement de la tâche qu'on lui confiait, afin de vite rentrer et de boucler cette histoire. En pensant au doux confort et isolement de son habitation, elle ignorait que cela prendrait plus de temps que prévu...
C'est en grognant qu'il s'exécuta. N'ayant pas une très bonne opinion des médecins, auscultations et du domaine médical en général, surtout magique, il semblait normal qu'il appréhende un minimum que l'on lorgne les diverses parties de son corps. D'ailleurs, personne ne savait d'où lui venait cette bête noire...
La vieille mage débuta un interrogatoire particulièrement poussé, en lui demandant comment il se sentait, s'il avait déjà perdu connaissance de cette manière – tout en possédant la réponse, qui était un incontestable oui – et d'autres désagréments dont il aurait pu souffrir.
Il lui dressa alors une liste exhaustive de symptômes, lui apprit certains détails que le compte-rendu des témoignages ne sut lui fournir; elle fronça les sourcils tout le long de son discours, le harcela ensuite de questions indiscrètes. Elle insista particulièrement sur un sujet délicat, celui qui, un peu plus tôt, raviva les braises de cet incident, cette ignominie.
Elle parvint enfin à lui soustraire les informations qu'elle attendait de lui, sans y aller avec des pincettes, se rendant toutefois compte que la blessure que lui laissa ce fâcheux épisode était encore vive et purulente.
N'ayant plus d'autre alternative, elle fit usage de sa magie; cela ne ravit visiblement pas le malade à qui on ne demandait pas son avis, de toute façon. Il se laissa docilement faire, en laissant néanmoins transparaître qu'il n'appréciait pas la situation actuelle, mais ce n'est pas comme si elle s'éternisa, car il ne fallut que peu de temps à la mage misanthrope pour rouvrir les yeux et reculer d'un pas, profondément troublée.
Elle avait trouvé la source du problème, mais cette dernière se révélait plus improbable que jamais...
De vieux souvenirs remontèrent à la surface, suite à cette saisissante révélation: le visage d'une jeune femme exhibant fièrement un paquet de couvertures, exténuée, ses mots déroutants, vides de sens, qui le trouvaient à l'instant présent. Cette fille à l'air si bête avait toujours si bien caché son jeu, en masquant cette sagesse un peu étrange derrière ce grand sourire atypique...
Alors qu'à l'époque, la mage qui servit de sage-femme associa ces soudaines larmes et ces paroles déconcertantes à l'épuisement, résultant du formidable travail qu'elle fut seule à pouvoir faire, il s'agissait en réalité d'une toute autre affaire...
Natsu, qui pendant ce temps cherchait à interpréter la multitude d'émotions qui se succédèrent sur le visage de Polyussica, se hasarda à poser une question, en croyant en connaître la réponse. Si ce qu'il pensait se trouvait être vrai, Grey pouvait définitivement tirer un trait sur leur amitié, et encore plus sur la possibilité de faire de Natsu son plan cul attitré.
Quel connard, pour lui demander d'oublier un acte pareil, au bout d'aussi peu de temps ! Malgré des années à le côtoyer, le mage de feu ne se doutait pas qu'il dissimulait une facette aussi sombre. Mais, à vrai dire, aucun de ses amis ne s'était douté non plus qu'il utilisait parfois ce grand sourire comme masque...
Il paraissait certain que la complicité des deux "frères" en serait entachée très longtemps, même s'ils refusaient de se considérer comme tels.
Et pourtant, l'incroyable se produit: la réponse qu'il attendait ne fut pas celle qu'il reçut. Il nota, lorsque ces paroles franchirent ses lèvres, qu'elle semblait agitée malgré son air imperturbable, et peinait à lui faire face, cherchait à se dérober face à son regard oppressant:
-Non, Natsu, tu n'es pas malade.
Il n'en crut pas ses oreilles. Même lui ne pouvait le nier, il était sans cesse assailli par cette insupportable impuissance depuis des mois. Elle le traquait jour et nuit, ne faisait que lui donner l'illusion de sa disparition, puis revenait en force pour le jeter à terre.
Il se débattait avec un ennemi invisible et intérieur, qui le rongeait, mettait à mal ses convictions et sa force, ne lui accordant pas une seconde de répit. Un fardeau constant, qu'il ne pouvait repousser ne serait-ce que pour reprendre des forces, un perpétuel handicap, une vulnérabilité permanente.
N'y tenant plus, elle lui tourna le dos, fit quelques pas en direction de la porte, puis s'arrêta net. Elle prit une grande inspiration, dont il s'aperçut puisque ses épaules se soulevèrent au passage de cette importante arrivée d'air avant de retomber net, serra ses deux mains l'une contre l'autre, et se risqua à annoncer le diagnostic.
Elle aligna trois mots, tous plus ridicules les uns que les autres. Trois mots, cinq syllabes formant une phrase sensée et pourtant parfaitement pitoyable. Ni elle, ni lui ne crurent les mots qu'elle prononça, tant ils semblaient irréalistes. Et pourtant, il ne s'agissait que de la vérité...
-Tu es enceinte.
