Et voilàààà le 13ème chapitre posté ! Il y a certaines scènes qui sont assez ratées à mon goût, mais bon, dans l'ensemble, j'ai eu vraiment du plaisir à écrire ce chapitre ^^

Je vous rappelle que j'écris dorénavant une petite scène concernant le passé de Kathy avant qu'elle ne rencontre le Joker, et que si vous voulez les lire, il suffit de le dire dans une petite review et je l'enverrai par PM (mais vous pouvez aussi en laisser une, même si les flash-back ne vous intéresse pas, hein !) ;)

Voilà, voilà, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture !


Kathy s'accrochait de toutes ses forces au cou du clown, sans prêter attention à ses camarades qui la fixaient d'un regard accusateur et dégoûté. Le Joker, à l'inverse, les observait avec ravissement et glissa à l'oreille de la fillette :

-Tu vois Kathy ? Il a suffit de trois malheureuses minutes pour que tu passes du statut de pauvre petite victime à celui de monstre aux yeux de tous... Et tout ça parce que tu es sortie du plan... N'est-ce pas, Norbert ? Ajouta-t-il plus haut. Qu'est-ce que tu penses d'elle, à présent ?

Le petit gros ne répondit pas, se contentant de regarder Kathy comme si il s'agissait d'un scorpion ou d'une autre petite bestiole tout aussi répugnante et dangereuse.

-Il n'a encore rien à dire, il ne connait pas encore son texte, conclue le peinturluré avec un soupir un peu trop appuyé. Ah ! Ce que la foule peut être réversible ! C'est pitoyable ! Enfin, bon, maintenant que j'ai récupéré ce qui m'appartient, on peut partir...

Il fit signe aux clowns de quitter les lieux, déposa Kathy à terre et tous deux commencèrent à sortir, main dans la main, avant qu'il ne s'arrête net devant la porte.

-Ah non ! J'ai failli oublié le grand final !

Il fit demi-tour, traînant l'enfant qui lui jetait un regard effrayé derrière lui et s'approcha d'Evelyne, qui se raidit, les yeux agrandis par la peur.

-Tu sais quoi, petite ? Fit le clown en lâchant sa pupille pour attraper son amie par le menton, la forçant à le regarder dans les yeux. Dès la première fois que je t'ai vu, tu m'as donné envie de... vomir. T'es... encore plus encrée que les autres dans le moule ! Rien qu'à te voir comme ça, on peut deviner tout ton, hum... avenir... Mariée dans la vingtaine... Deux ou trois enfants... Femme au foyer ou alors un petit travail qui rapporte un peu mais moins que celui du mari... Peut-être un peu engagée pour une cause, comme par exemple... la faim au Mali, histoire de se sentir un peu... hum... exister... La seule petite folie que tu te permettras de faire - peut-être - ce sera d'avoir un amant... Une vie totalement insignifiante et inutile, en somme. Non, le monde ne perdra pas un élément très important... Ajouta-t-il, plus pour lui-même que pour elle. C'est ça qui est bien avec les gens comme toi : vous êtes totalement remplaçables !

La pauvre Évelyne ne comprit pas grand chose du discours du plus grand criminel de Gotham, mais son intuition lui fit deviner l'idée principale : elle allait mourir ! Tuée de la main de ce monstre. Terrorisée, elle se jeta au pied de son bourreau, enchaînant à toute vitesse des supplications à peine compréhensibles qui le firent éclater de rire. Il s'arrêta brusquement dans son hilarité pour la saisir par le col et la relever brutalement, tout en continuant sa tirade, une lueur mauvaise dans le regard :

-Ah ! Les gémissements et les larmes ! Je n'en attendais pas moins de toi ! Sais-tu que dans leurs derniers moments, les gens révèlent qui ils sont réellement ? Et bien toi, tu n'es qu'un misérable être programmé qui se débat par simple réflexe pour maintenir son inutile existence ! Tu ne sais même pas pourquoi tu veux rester en vie, tu n'as aucune conviction ! Et tu n'en auras jamais aucune ! A moins... que je ne me trompe ? Allez, je te donne une chance : donnes-moi une seule bonne raison de ne pas te tuer et je te laisse vivre !

L'instituteur, qui, jusque là, n'avait pas fait le moindre geste, ne put se retenir en voyant son élève chercher frénétiquement un moyen de se tenir en vie. Il voulut faire un pas vers le criminel, mais fut immédiatement arrêté par ses hommes de mains.

Le Joker ne cilla pas d'un pouce en entendant le coup de feu, mais celui-ci eut un fort effet sur la petite brune qui se mit soudainement à hurler comme une hystérique en se tortillant dans tous les sens.

-Kathy ! S'époumona-t-elle en lançant un regard affolé à son amie. Kathy, le laisse pas me faire du mal ! Je t'en prie, aide-moi !

Aucune réaction ne vint de la part de cette dernière, qui se contenta de la regarder tristement dans les yeux. Ces si beaux yeux qu'elle admirait tant... Et qui s'éteindraient certainement à jamais dans quelques instants... De toute façon, cela ne servirait à rien d'essayer de raisonner le Joker. Elle savait pertinemment que ça n'amènerait qu'à l'enrager un peu plus. Si il faisait ça, c'était pour détruire les derniers restes de l'impact que la société avait sur elle, elle le savait très bien... Si elle tentait de la protéger, il ne serait que plus furieux et la ferait certainement atrocement souffrir... Autant qu'il fasse ça vite, ce serait tellement mieux pour elle... Elle ne bougea donc pas lorsque son père appliqua un couteau sur le visage de sa pauvre victime, observant la scène avec intensité, une grosse boule dans la gorge.

-Tu veux savoir comment j'ai eu ces cicatrice, ma jolie ? Je devais avoir à peu près ton âge... Comme toi, j'avais une vie tout à fait, hum... normale, plate, banale,... Jusqu'au jour où des messieurs, habillés de costumes noirs, très classes, avec des chapeaux,... sont venus chez moi... C'est moi qui leur ait ouvert la porte et l'un d'eux, avec une petite moustache... probablement leur chef, m'a ébouriffé les cheveux avant d'entrer. Quand il les a vu, mon père a eu très, très peur... Et... il nous a envoyé, ma mère et moi,... dans leur chambre et est resté au salon avec eux pour parler. Tout d'un coup, on a entendu des coups feu. Ma mère s'est précipitée et je suis resté seul... jusqu'à ce que je l'entende crier, pendant que les types rigolaient... Hum... Alors je suis descendu et j'ai vu mes parents tous les deux morts, ma mère égorgée baignant dans son sang... J'ai eu tellement peur que j'ai... crié et les hommes se sont tournés vers moi... Celui avec les moustaches a souri et m'a plaqué contre le mur... Et m'a dit en mettant sur le coin de la bouche son couteau, trempé du sang de ma mère : "Allons, petit, pourquoi cet air si sérieux ?"

A cette réplique, Évelyne paniqua tout à fait et hurla des phrases de plus en plus incohérentes, dont on parvenait seulement à distinguer le mot "Katherine". Le Joker s'interrompit, faisant claquer sa langue avec une mine contrariée, puis reprit en secouant la tête :

-Ah ! Le jeune publique ! Je crois bien que c'est le moins attentif ! Et quel manque de tact, vraiment ! Tu devrais te choisir des amis plus amusants, Kathy... Enfin... Où en étais-je, déjà ? Ah oui ! Donc, il me passe le couteau sur les lèvres en demandant : "Pourquoi cet air si sérieux ? Il faut... mettre un sourire sur ce visage !" Et là, il tire son couteau, exactement comme ça !

Il enjoignit ses paroles à son geste et l'enfant s'écroula à terre, poussant des cris de douleurs atroces, mêlés au bruit de gargouillis dus au sang qui avait envahi sa bouche, pendant que les autres enfants regardaient le spectacle, tétanisés. Le clown sourit de satisfaction devant leur réaction et se pencha sur la fillette.

-Vois le bon côté des choses, tu vas maintenant pouvoir affronté la vie avec un grand sourire ! Et puis, maintenant, je ne pourrai plus dire que tu es comme tout le monde, au moins ! Ça n'a pas l'air de te consoler ? Bon, tiens, prends ce jouet, c'est tout ce que je peux faire pour toi ! Je t'avouerai que je déteste voir les gosses pleurer, alors, si ça peut te réconforter un peu...

Il regarda la petite, hébétée et gémissante, prendre l'ours en peluche qu'il lui tendait et enfouir sa tête dedans, lui tapota la tête gentillement, avant d'attraper la main de Kathy, qui lança un dernier regard de pitié à son amie avant de sortir de la pièce. Malgré tout, elle se sentait soulagée. Il lui avait laissé la vie sauve ! C'était incroyable ! Il lui avait peut-être dessiné son sourire, et l'avait fait souffrir un peu, mais il ne l'avait pas tuer ! Peut-être était-ce parce qu'elle était son amie et qu'il ne voulait pas lui faire de peine ? Elle lui sourit, heureuse, en sautillant un peu. Il lui rendit son sourire, en même temps qu'il lui tendit une petite boîte, sur laquelle était disposée un unique bouton. Immédiatement, la petite blonde se stoppa, regardant la boîte avec méfiance.

-C'est une surprise que j'ai préparé pour toi, Kathy. Vas-y, prends-la.

La fillette prit la boite, hésitante. Le clown hocha la tête avec insistance, l'encourageant à l'utiliser.

-C'est quoi ? Demanda-t-elle, méfiante.

-Tu verras bien... Appuie sur le bouton !

Elle regarda le bouton. Elle n'avait pas confiance... Pas confiance du tout. En fait, elle savait parfaitement ce qu'appuyer sur le bouton engendrerait mais elle n'était pas bien sûre de vouloir le faire... Elle regarda encore une fois son père qui la scrutait avidement, attendant un geste de sa part. Puis elle se tourna vers la salle, au fond du couloir, qu'elle venait de quitter. Les clowns du Joker étaient devant, n'osant manifestement pas s'approcher du duo. En les voyant, une bouffée de haine monta à la gorge de la fillette. Elle ne voulait pas d'eux entre elle et son père, il n'avaient rien à faire avec eux ! Une envie irrésistible de se débarrasser d'eux, en même temps que de tout le reste la prit soudain. Elle ne voulait plus rien, rien qui la mettrait entre son père et elle. Elle voulait reprendre leurs jeux à deux, sans que plus rien ne viennent les perturber. Effacer tout le reste... Alors, elle finit par se décider. Fermant les yeux, elle pressa sur le bouton.

Le rire du criminel se fit entendre presque en même temps que l'explosion, pendant qu'une vive lumière perçait à travers ses paupières. Un souffle chaud et violent se répandit à travers le corridor, la faisant vaciller sur ses pieds. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux. Elle ne voulait pas voir ce qu'elle venait de faire. Les autres s'étaient trompés finalement. Elle était méchante. Mais il ne fallait pas se demander si c'était bien ou mal. C'était comme ça. Elle était méchante. Elle était folle. Elle venait de tuer des personnes qui l'avaient accueillis, qui lui avaient pardonné son passé, qui avaient tenté de la comprendre et de la consoler, sans aucun état d'âme. Et elle avait fait explosé Évelyne, la belle Évelyne, la douce Évelyne, que le Joker avait épargné. C'était... comique !

Se laissant tomber sur le sol, elle fut soudain secoué d'un petit rire nerveux, les épaules agitées de soubresauts.

-Kathy ?

La voix de son père lui paraissait si lointaine, comme dans un rêve. Elle semblait quelque peu inquiète aussi. Inquiète de quoi ? C'était si drôle ! Brusquement, Kathy ouvrit les yeux, de grands yeux exorbités, emplis d'une lumière démente, rejetant sa tête en arrière. Et son rire, aigu et hystérique, se répercuta sur les murs, pendant que les sirènes de police approchaient à grande vitesse.


Le Joker tournait en rond dans la pièce, pendant que Kathy restait assise sur une chaise, immobile, le regard inexpressif. Elle n'avait pas bougé d'un pouce depuis qu'il l'avait ramené là. Vraiment, elle n'était pas drôle ! Elle n'avait fait aucun effort pour fuir la police après l'explosion, c'était lui qui avait dû la traîner jusqu'au camion pour s'échapper. Et elle n'avait eu aucune réaction lors de la course poursuite qui avait suivi, alors que même Gordon s'était joint au groupe pour les attraper ! Qu'est-ce qu'elle voulait, que Batman débarque dès son retour ?

D'ailleurs, en parlant de la chauve-souris... Qu'attendait-elle pour venir ? La nuit était arrivée depuis déjà longtemps et elle aurait déjà du les trouver, étant donné l'énergie que le super-héros mettait pour reprendre Kathy... A moins que... Et si il avait abandonné ? Et si il s'était résolu à rester impuissant face à la chute de la petite ? Non, impossible ! Ce n'était pas son genre... Il ne pouvait pas ! Le clown secoua la tête, et continua sa marche. Il ne viendrait sûrement pas ce soir... Pris dans ses réflexions, il se tourna vers Kathy. Elle semblait totalement amorphe, ce qui lui fit pousser un gros soupir. Cette soirée s'annonçait beaucoup moins amusante que ce qu'il avait imaginé... Bon...

-Kathy, tu veux qu'on aille faire un tour en ville ? On en profiterait pour faire un petit braquage... Tu pourras même choisir où, si tu veux !

La môme secoua la tête de droite à gauche, sans même lui accorder un regard, qui restait toujours aussi fixe.

Sans qu'il sut vraiment pourquoi, le psychopathe en fut peiné et blessé. Il resta sans trop savoir combien de temps debout devant elle, déconfit. Il ne comprenait vraiment pas pourquoi la petite était dans cet état et ressentait une légère sensation de culpabilité, sans parvenir à en comprendre la raison. Et le Joker n'aimait pas ne pas comprendre quand ce qui se passait dans son esprit lui échappait. Vraiment pas.

Il se dirigea vers la fenêtre, se contenant pour ne pas laisser éclater sa colère. Il n'était pas bien sûr que lui cogner la tête contre un mur soit très efficace pour la guérir... Mieux valait faire preuve de patience, elle finirait bien par craquer. L'ennui serait trop fort pour elle et ce serait elle qui viendrait lui demander de jouer. La pièce resta plongée dans le silence un long moment, pendant lequel il regarda la sombre silhouette des bâtiments, qui semblaient l'inviter à sortir. Gotham l'appelait... Il tourna la tête en direction de la chaise. L'enfant n'avait pas bougé un seul doigt. Et bien, tant pis pour elle ! Qu'elle reste là à se morfondre, au lieu de fêter leurs retrouvailles ! Lui, il allait s'amuser, il ne comptait pas jouer au gentil parent inquiet et rester toute la soirée devant elle à attendre qu'elle ait envie de parler ! Il lui ramènerait un souvenir de sa super soirée et elle regretterait bien de ne pas être venue avec lui ! Sans même penser à dire quoi que se soit à la gamine, il sortit de l'appartement, faisant claquer énergiquement la porte derrière lui.

Lorsqu'elle entendit le son de la porte, Kathy fut aussitôt prise d'un sentiment de malaise. Elle n'aurait pas dû le laisser partir, elle aurait dû venir avec lui. Ou peut-être que c'était mieux pour elle de se retrouver seule... Elle ne savait même pas. Son esprit était complètement embrumé. Lentement, elle s'extirpa de sa chaise et se dirigea vers la fenêtre. Son père venait de sortir du vieux building dans lequel ils habitaient et se dirigeait à présent vers le centre de Gotham. Il la laissait seule... Seule avec elle-même, seule avec ses pensées. Se laissant glisser au sol, elle laissa échapper un léger sanglot. Elle avait besoin de pleurer, d'expulser ses émotions parasites d'elle. Et elle avait besoin de réfléchir.

Après avoir chialer tout son saoul, elle se redressa et appuya sa tête contre le mur, désormais calme. Bon... Elle avait tué Évelyne et tous ses autres amis. Cette fois, elle deviendrait certainement un monstre pour Gotham, elle n'aurait plus le droit à une autre chance. D'accord... Maintenant, qu'est-ce que cela lui faisait ? Elle essaya d'analyser ses sentiments, les sourcils froncés dans une intense concentration. Il était clair que ça l'avait marqué. Cet épisode laisserait des traces qui ne s'effaceraient sans doute pas. Mais il ne la détruirait pas. Elle ne se laisserait pas aller. Elle irait mieux. Tout ce qu'il fallait, c'était... du temps. Et un peu d'amusement. Et des blagues. Après tout, le rire pouvait tout guérir, non ? C'était le Joker lui-même qui l'avait dit, alors, c'était probablement vrai. A cette pensée, Kathy recommença à rire, seule au milieu de la pièce.


Ivy entra dans la salle commune des patients, l'air morne. Elle n'en pouvait plus d'Arkham, elle voulait partir, retrouver ses plantes ! Et Kathy... si elle pouvait. Elle repensait souvent à l'enfant. Au début elle l'avait vu à la télé de la pièce dans laquelle elle se trouvait en ce moment même, sa tête apparaissant sur toutes les chaînes pendant que les journalistes scandaient son retour dans la société, puis la petite avait peu à peu finit par ne plus intéresser personne et la rousse n'avait plus eu aucune nouvelle d'elle depuis. Est-ce qu'elle allait bien ? Avait-elle réussie à se réintégrer ? Lorsqu'elle se posait cette question, l'Empoisonneuse sentait toujours une boule se former dans sa gorge. Si c'était le cas, il valait mieux qu'elle l'y laisse. Elle mènerait probablement une vie meilleure qu'en étant une criminelle... Même si pour cela, la jeune femme devait se résoudre à rester de nouveau seule... Tout ce qui importait, c'était le bien-être de Kathy. N'était-ce pas tout ce que désirait une... mère ? Elle retint de justesse une larme qui pointait au coin de ses yeux et s'assit sur un canapé en regardant la télé d'un air indifférent. Air qui changea tout d'un coup d'expression lorsque le visage de sa petite Kathy apparut à l'écran. Elle tendit aussitôt l'oreille, essayant de distinguer ce que disaient les journalistes par-dessus les cris incessants des autres pensionnaires de l'asile.

-... semblerait que le clown prince du crime soit venu la chercher dans son école avant de faire exploser la salle de classe dans laquelle elle se trouvait. La police l'aurait vu porter l'enfant qui riait dans ses bras, "un air totalement dément sur le visage", d'après le témoignage d'Eliott MacBrian, et l'enfourner dans le camion. Une course-poursuite aurait suivi entre les représentants de l'ordre et le criminel, soldée par la fuite de celui-ci. On ne sait actuellement pas...

-Ivy, ton temps de pause est terminé, tu retournes dans ta cellule maintenant, vint lui intimer un des gardes.

-Attendez un instant.

-J'ai dit, ton temps de pause est terminé !

La belle rousse leva des yeux dédaigneux vers l'homme qui avait osé s'adresser ainsi à elle. Elle détestait qu'on lui donne des ordres, et elle haïssait que ce soit une personne de sexe masculin qui le fasse. Elle secoua sa longue chevelure d'un geste pleins de grâce et le regarda de haut en bas en reniflant avec mépris.

-Et moi, j'ai dit : attendez une seconde. La chaîne m'intéresse et je veux finir d'écouter ce qu'ils disent, lui balança-t-elle dédaigneusement.

Et, sans plus attendre, elle se retourna vers le poste, croisant les jambes et posant ses mains sur ses genoux avec emphase. Étant trop absorbée par la voix des journalistes, qui s'interrogeaient avec ardeur sur les prochains méfaits du clown et de son élève, elle ne vit pas s'approcher les quatre gardes qui l'attrapèrent pour la traîner de force à l'extérieur et la jeter dans sa cellule. Durant tout le trajet qui y menait, elle ne cessa de se débattre et de crier comme une hystérique, ce qu'elle continua de faire en tambourinant contre la vitre de la cellule. Elle finit néanmoins par se calmer, et se redressa, essayant de reprendre contenance, remettant rapidement ses cheveux en ordre. Elle avait été totalement ridicule ! Et, en se montrant aussi agressive, elle venait de réduire un peu plus ses chances de s'échapper d'Arkham !

Se prenant la tête entre les mains, elle alla s'asseoir sur sa couchette et se mit à réfléchir. Il fallait qu'elle trouve un moyen de sortir de là, elle ne pouvait pas laisser Kathy aux mains de ce bouffon ! Et puis, c'était injuste ! Après l'avoir traité comme un vulgaire objet, après l'avoir abandonné, il pouvait la reprendre comme ça, alors qu'elle, elle devait rester à croupir ici, sans même pouvoir la revoir ! Elle en aurait pleuré de rage, si elle n'avait pas couru le risque de faire redoubler le personnel de vigilance. Il fallait vraiment qu'elle trouve un plan ! Elle se coucha complètement sur son « lit », irritée. Comment il faisait, lui, pour s'échapper aussi facilement ? Elle chercha dans sa mémoire. Même si elle n'aimait pas beaucoup devoir s'inspirer des idées de ce comique raté, elle devait tout de même reconnaître qu'il était très doué pour filer entre les doigts de la sécurité. Voyons voir... la dernière fois qu'il s'était échappé, c'était grâce à l'infirmière qu'elle avait ensuite tué avec Kathy, non ? D'ailleurs, la manière dont il s'y était pris pour réussir son coup restait un mystère... Il était loin d'être l'homme le plus séduisant de la terre et ne possédait pas de charme à proprement parler... Mais elle, en revanche... Un sourire s'étira sur les lèvres de l'Empoisonneuse. C'est bon, elle avait un plan. Elle allait enfin revoir sa petite fille !


Le Joker parcourait l'appartement, nerveux. Cela faisait déjà plus d'une semaine qu'il avait repris Kathy avec lui et l'enfant n'avait toujours pas décroché un seul mot. Les seuls sons qui sortaient encore de sa bouche étaient des mélodies, qu'elle fredonnait, ou son rire, aigu et enfantin à la fois. Pourquoi, mais pourquoi, fallait-il qu'il la reprenne toujours dans cet état à la société ? A croire qu'elle faisait exprès de lui abîmer son beau jouet... Ou alors c'était la transition qui lui faisait cet effet ? Passer d'un esprit sain et réglé à une folie comme la sienne devait être assez perturbant... Oui, c'était sûrement ça... A moins que...

Le prince du crime s'arrêta, et observa l'enfant qui s'amusait tranquillement avec ses produits chimiques. Était-ce possible que ce soit de sa faute à lui ? Non, quand même pas, elle n'accordait sûrement pas assez d'importance à l'autre idiote qu'il lui avait fait faire exploser... Si ?

Il se détourna d'elle et reprit sa marche. Il n'y était pour rien, après tout ! Comment aurait-il pu deviner que ça la marquerait à ce point ? Il avait simplement voulu s'assurer qu'elle ne risquerait pas de repartir à nouveau avec tous ces moutons ridicules... C'était pour elle qu'il l'avait fait. Il n'avait pas pensé à mal... Et pourtant, le résultat était là, Kathy était à nouveau muette !

Il fit brusquement demi-tour et continua à arpenter la pièce. De toute façon, ce n'était pas si grave que ça, elle retrouverait bientôt la parole. Et puis, après tout, quelle importance si elle ne la retrouvait pas ? Il devait reconnaître que le fait de n'avoir que son rire et ses chants comme seules façons de s'exprimer avaient un charme assez... spectaculaire ! Oui, ce nouveau concept avait de quoi animer la foule, la remplir d'effroi... Il donnait à l'enfant un côté mystérieux et inquiétant tout à fait délicieux ! Oui... Finalement, le mutisme de Kathy s'avérait être... intéressant... Très intéressant... Élargissant le sourire gravé dans sa chair, le Joker se tourna vers l'enfant. Décidément, son petit ange s'améliorait de jour en jour !