Bonjour à tous et à toutes !
Voici le nouveau chapitre, qui serait arrivé dans les temps si je n'avais pas chopé une grippe absolument monstrueuse qui m'a un poil retardé.
EN PARLANT DE RETARD...
Comme je culpabilisais de ne pas pouvoir vous avertir chaque fois qu'un chapitre va en avoir et que j'aime le son de ma voix, j'ai officiellement créé une page fb pour la saga des Sovrano! Au menu, les nouvelles du jour, des avant-premiéres et mêmes des bonus!
Elle est pas belle la vie ?
Alors rendez-vous sur www. facebook pages/ La-Saga-des-Sovrano /776697469117968 pour... je sais pas trop mais vous trouverez bien.
Les notes de bas de page (signalées par des astérix) sont mises en haut pour ne pas vous casser la lecture si vous voulez vous y référer, et surtout ne pas pourrir les fins de chapitre.
Merci à tous ceux qui lisent et laissent des reviews !
Enjoy !
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Chapitre 11 : Mais Qu'allaient-Ils Faire Dans Cette Bavière ?
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*En tout cas pas lors des mission **
**En tout cas pas lors de ce genre de mission.
***Harry l'appelait le Communicator 3400C. Scath appelait ça un talkie-walkie.
****Problème que les tortues n'ont évidemment pas, d'où leur très ennuyeuse propension aux proverbes de bas étage.
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Un (in)certain endroit, un (in)certain moment, avec quelques (in)certaines personnes.
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_AAAAAAAAAAAAH ! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
_ARRETE DE CRIER !
_TOI ARRETES DE CRIER !
_NON TOI !
_TOI !
_TOI !
_TOI !
_TA GUEULE ET COURS !
_TOI TA- okay okay j'ai compris.
_...
_AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
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sSs
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Un (moins in)certain endroit, un (très) certain moment (11h23), avec une (moins) certaine personne.
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Si vous aviez déjà rencontré auparavant un poulpe arrivé par accident sur un bateau de pêche, alors vous trouver face-à-face avec Ermentrud Nase aurait du vous laisser une étrange impression de déjà-vu. Tout sentait inexplicablement le poisson pourri, personne (lui le premier) ne savait ce qu'il faisait là, et les choses allaient probablement se terminer dans les poubelles d'un port de seconde zone.
_Tu as tout compris, Erma- Ermet- Ermut ?
Ermentrud hocha la tête. Son interlocuteur lui jeta un regard impressionné ; quand Ermentrud hochait la tête, les tremblements détournaient la gravité et il finissait généralement par dodeliner avec plus ou moins de succès.
_Bon garçon. Maintenant vas t'occuper de notre petite affaire, je t'attendrai ici avec cette ravissante jeune personne jusqu'à ce que tu ais fini.
Discutons maintenant un petit peu de ce qui ce serait passé si Ermentrud Nase avait eu un peu de culot ou, pour employer un terme préféré d'une société sexiste qui réussit à insulter à la fois les femmes, la biologie masculine et l'ego de notre jeune ami, des couilles.
Si Ermentrud Nase avait été le possesseur d'une paire de couilles métaphoriques, il aurait tout d'abord protesté contre le terme bon garçon, signalant qu'il n'avait plus trois ans merci beaucoup, et que le paternaliser n'allait pas augmenter les chances de promotion de son partenaire.
Mais il aurait aussi signalé que d'une part, l'adjectif ravissant pouvait être appliqué à un certain nombre de gens/bébés/chiens/poulpes sur cette Terre mais certainement pas à la jeune personne en question, et que d'autre part, celle-ci ne ressemblait absolument pas à la photo de l'émissaire qu'ils devaient rencontrer ce jour-là et qu'il y avait de fait peut-être la trace d'une ombre d'un poil d'anguille sous roche voir, considérant qu'il y avait un ravin biologique entre l'émissaire prévu et la jeune personne, baleine sous gravillon.
Cependant, et heureusement pour la suite de cette histoire qui aurait connu sinon une fin aussi brève que sanglante, Ermentrud Nase avait subit la Castration freudienne de manière aussi forte que métaphorique, et était de fait dépourvu de toute trace de couilles (métaphoriques elles aussi).
Bien entendu, songea le vide en le regardant partir vers le dernier étage du splendide hôtel bavarois où ils se trouvaient, c'était dans ces moments-là qu'il fallait se rappeler que ne pas avoir de couilles, c'était aussi généralement avoir une espérance de vie beaucoup plus longue.
Puis, se rappelant qu'il était le vide et que même une très mauvaise narration ne pouvait pas continuer trop longtemps à le personnifier, le vide cessa de penser et retourna à son état de vide.
_Venez, proposa le partenaire d'Ermentrud Nase en tendant le bras à la ravissante jeune personne, allons nous asseoir et discuter un peu en attendant qu'il revienne.
Il profita d'une seconde de silence pour admirer des yeux (et bientôt des mains si tout allait selon son incroyable plan) la silhouette élancée de son interlocutrice, élégamment moulée dans une robe rouge qui laissait tout à l'imagination. Et Gott savait qu'il en avait, de l'imagination.
Deux yeux félins se plantèrent dans les siens. Une jambe lisse et ferme se dessina sous la robe. La douce odeur de la tension sexuelle s'infiltra dans la pièce.
La ravissante jeune personne toussota discrètement au creux de sa main.
_Ja ? Proposa Scath.
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sSs
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_Siffleeeer en travaillaaaant… Et le balai paraît légeeeeeer si vous pouvez siffleeeeeeer…
Le gai fredonnement d'un tout aussi gai Harry était la seule et unique chose qui se faisait entendre dans l'immense étendue de l'avant-dernier étage de l'hôtel Herrnschloesschen, dont la splendeur n'avait d'égal que l'horreur du nom.
_Frotteeeeeer en fredonnaaaaaaant-
Posant un instant le tournevis dont il se servait, Harry prit le temps de refaire sa queue de cheval en s'assurant de ne rien avoir devant les yeux. Non seulement la coiffure lui allait bien (comme toutes les coiffures puisque, avouons-le, il était beau et parfait), mais en plus elle avait l'avantage de minimiser les risques qu'il se fasse réduire en poussière par les rayons lasers qui se déclenchaient automatiquement dès que quelqu'un tripotait un peu trop le boitier de sécurité du coffre-fort.
Ce qu'il était actuellement en train de faire.
Rangeant le tournevis et prenant une pince, Harry fixa d'un air concentré l'amas de fils qui se présentait gracieusement à lui. A ses pieds, le cadran du boitier qu'il venait d'enlever avait l'insolence d'irradier de condescendance.
Le temps va plus viiiiiiite, poursuivit-il intérieurement, quand la musique vous aide à travailleeeeeeer-
Par contre, les secondes commençaient sérieusement à manquer face au manque de coopération des fils, qui n'avaient même pas eu la politesse d'être de différentes couleurs. Tout le monde savait que les fils devaient être de différentes couleurs pour aider les cambriolages, sinon où était l'intérêt d'avoir une sécurité ? Autant aller enterrer ses possessions dans un champs en Tanzanie Orientale.
Mais, et à défaut de champs, la mafia hongroise avait décidé d'entreposer trois micropuces de la plus haute importance dans un coffre-fort à fils gris.
Tch. Rabats-joie.
A court d'idées et sentant que sa chanson allait se terminer, Harry décida de céder.
Avec un long soupir, il reposa la pince et ouvrit sa sacoche.
Et de cette sacoche… il sortit un manuel.
Un manuel, grogna-t-il mentalement. Depuis quand les mercenaires se servent de manuel ?
C'était rabaissant. Une humiliation totale à la noble profession qu'il exerçait. Dès qu'il terminait la mission, il retournait à Rome pour dire deux mots au gars qui assignait les missions. Le service après-vente allait entendre parler de lui !
Un manuel ! Tout le monde savait que les manuels c'était pour les nuls. Tout ce dont un mercenaire avait besoin pour craquer un code de sécurité, c'était une paire de cure-dents et trois olives en cas de petit creux. Pas d'un manuel.
Dans ses mains, le visage souriant d'Olly, la petite mascotte qui illustrait le livre, se prit un rictus dédaigneux.
Une petite voix intervint brièvement pour rappeler à Harry qu'on parlait quand même de rayons laser imminents, donc que s'il pouvait garder son indignation pour plus tard et s'atteler à la tâche ce serait plutôt pas mal. Mais elle disait ça, elle disait rien.
Le jeune homme concéda un point à la petite voix. C'était quand même bien pratique de pouvoir discuter avec lui-même, se dit-il distraitement en ouvrant le manuel.
Aloooooors… ah, l'index.
Il saisit le cadran du boitier jusqu'à trouver le nom du modèle, le reposa et ouvrit le livre à la page correspondante.
_Vous vous trouvez en face du boitier, duquel vous aurez préalablement ôté le cadran… lut-il à haute voix.
Yep, c'était fait.
_Assurez-vous d'avoir les bons outils, à savoir une pince blablabla on s'en fout j'ai tout, prenez maintenant votre pince et approchez-vous du boitier jusqu'à distinguer les fils correctement.
Ils le prenaient pour un abruti ou quoi ?
Harry sauta la page d'introduction, et atterrit sur une série d'instructions. Dans un coin, Olly faisait de grands sourires au lecteur, clamant que Avec un livre, apprendre à cambrioler des coffre-forts devient amusant !
Apprendre à cambrioler des coffre-forts était amusant avant que tu viennes me pourrir ma mission, riposta silencieusement l'adulte mature et professionnel qu'était Harry.
Adulte mature et professionnel qui n'aurait pas du à avoir à lire un stupide manuel si tout le monde avait joué le jeu et que les fils avaient été de différentes couleurs. Les gens n'avaient plus aucun sens des bonnes manières, ces jours-ci…
Il mit le doigt sur la première phrase et lut, sourcils froncés :
_Alors… approchez-vous du boitier jusqu'à distinguer trois couches de fils. Ils pourront vous sembler emmêlés au premier abord mais il n'en est rien ! Un point d'exclamation ? Sérieusement ? Breeeef. Pour avoir une vue plus claire, il vous est conseillé de les démêler.
La phrase se terminait avec un renvoi à l'annexe B.3 (« Avec Olly, les nœuds ne sont plus un soucis ! »).
Harry renifla avec dédain. Une annexe. Comme si les mercenaires avaient besoin de quelque chose d'aussi plébéien qu'une annexe.
La petite voix lui fit remarquer que s'il ne tenait pas lui-même à finir sous la forme d'une très plébéienne annexe dans le grand manuel des morts les plus connes du monde, il allait peut-être falloir oublier « les mercenaires » et penser un peu plus à « ma vie, la seule, l'unique. »
Direction l'annexe B.3, donc.
Les pages tournaient sous l'œil distrait d'Harry (l'autre étant occupé à vérifier que la pièce était toujours normale et pas soudainement remplie de rayons laser) lorsque sa fesse gauche vibra.
Légèrement surpris –même pour un mercenaire, un postérieur soudainement prit de velléités vibratoires ne constitue pas quelque chose de fondamentalement courant après tout*-, le jeune homme perdit de précieuses secondes à se demander si Maugrey avait finalement eu raison et que la malédiction de la baguette dans la poche arrière du jean avait fait sa première victime, puis à se rappeler qu'il n'avait pas emporté sa baguette pour la mission, puis à chasser Maugrey de son esprit, et enfin à plonger les doigts dans sa poche pour en tirer le Communicator 3400C Ultra-Haute-Dernière-Génération-Pètes-Le-Et-On-Ne-Retrouvera-Jamais-Ton-Corps-Bisous-Bisous-Anastasia, qui vrombissait avec insistance.
Harry pressa un bouton et porta le Communicator 3400C*** à son oreille.
« La prochaine fois c'est toi qui mets la robe. »
Ah douce, douce Scath.
_Tes désirs sont des ordres, roucoula-t-il.
« Parfait. Maintenant par pitié dis-moi que tu parles allemand. »
Il haussa les sourcils.
_Pourquoi est-ce que je parlerais allemand ?
« Parce que moi je pige pas un mot de cette foutue langue ET QUE J'AI DU MAL A VOIR POURQUOI LE CONCILE ENVERRAIT DEUX PEQUENAUDS PAS FOUTUS DE CAUSER ALLEMAND EN MISSION EN ALLEMAGNE ! »
Harry additionna deux et deux, enleva le diamètre de pi et obtint l'âge du capitaine.
_Mais ils sont pas hongrois les gars de la mafia ?
Même à distance il put sentir le sourcil gauche monter en flèche.
« Mais oui ! Tu as complètement raison ! Le type que je dois distraire et qui me parle depuis tout à l'heure est hongrois, exactement comme moi ! Et puisque le hongrois est ma langue natale, nous nous comprenons parfaitement et je viens te demander si tu parles allemand par pur plaisir de faire chier ! »
C'est marrant mais il lui semblait qu'elle était plus calme que ça, d'habitude.
« Donc maintenant qu'on s'est bien marré, je répète ma question : est-ce que tu parles allemand ? »
Elle avait de la chance qu'il soit là, songea Harry avec un doux sentiment de satisfaction.
_Je me débrouille oui, j'ai eu des cours cet été. Tu es sûre qu'ils ne sont pas hongrois ?
« Je ne répondrais même pas à ça. »
_Non parce que c'est bizarre, l'ordre de mission précisait clairement-
« Kuss, porbafingó. »
Choisissant de croire que son amie venait de lui faire un charmant compliment sur sa remarque pertinente et fondée, Harry décida néanmoins de ne pas insister.
_Explique-moi la situation, demanda-t-il d'un ton plus sérieux.
« … Le type que je dois distraire le temps que tu piques les microfilms est allemand et je parle pas la langue du coup tu vas devoir me traduire ce qu'il raconte histoire que j'évite d'exploser ma couverture et je pensais vraiment que tu étais au courant parce que c'est pas non plus ultra-compliqué comme histoire et que je te l'explique depuis tout à l'heure. Enfin je dis ça, je dis rien. »
C'était… finalement assez juste.
Mais tout comme le jeune lièvre apprend très tôt que mieux vaut courir que partir à point quand il y a un énorme loup qui vous renifle les talons****, Harry savait qu'il est de ces vérités qu'on ne peut avouer, et décida sagement de prétendre qu'il avait eu raison depuis le début.
_Bon, marmonna-t-il, tu es à côté de lui là ?
« Oui, et il attend poliment que j'ai fini de converser en anglais dans un talkie-walkie top-secret. Ils sont vachement polis, ces allemands. »
Deux secondes de silence sarcastique. Harry attendit patiemment que Scath reprenne :
« Je me suis cassée aux chiottes pour pouvoir te contacter tranquillement, abruti. »
Le jeune homme songea distraitement qu'elle devait vraiment être paniquée pour recourir à la violence verbale. Encore plus que d'habitude, s'entend.
_Voilà ce que tu vas faire, énonça-t-il calmement. Gardes le Communicator allumé et dans un endroit discret pour que j'entende ce qu'il dise, et je te donnerai la traduction et la réponse, d'accord ?
« Finalement une partie de cette conversation que je peux approuver ! »
Harry roula des yeux.
_Sur ce, j'ai un boitier de sécurité à désactiver. A toute !
« Aufschwiderzene chef ! »
…
Elle allait définitivement avoir besoin de son aide.
Reprenant le manuel délaissé et contemplant brièvement le fait que les rayons laser soient vraiment très lents à arriver (ce qui n'était pas plus mal d'ailleurs), Harry lut attentivement l'annexe B.3, retint une très forte envie de déchirer l'illustration d'Olly qui assurait le lecteur qu'avec un peu de motivation et de cœur, un apprenti cambrioleur peut réaliser tous ses rêves !, et se mit finalement au travail.
Le démêlage de fils avançait bien lorsque des bruits de conversation se firent entendre depuis le Comunicator 3400C.
« Ah, Lieblinggeheimagent ! Ich habe Hunger, lasst uns essen und trinken ! »
Au vu de l'accent parfait (et des six octaves de moins), ce devait être la voix du mafieux allemand.
« … »
Et ça le silence de Scath.
_J'ai pas capté le début mais en gros il a faim et il veut manger, traduisit Harry.
Enfin je crois.
« Ja… ? »
_Répètes après moi : lasst uns essen ! Compléta Harry.
« Laste un éssun ! »
Avec la tranquille certitude de celui qui sait qu'il y a de très fortes chances pour que des rayons laser mettent fin à sa vie dans les dix prochaines minutes, Harry conclut que le dialogue allait être une catastrophe. Dans un coin de sa tête surgit l'étrange interrogation suivante : comment est-ce qu'une hongroise peut avoir un accent aussi merdique dans une langue germanique ?
Ayant prit la très ferme résolution de ne jamais poser la question à Scath (les rayons laser, il pouvait encaisser. Elle c'était une autre paire de manche), il acheva de trier les fils et reprit la lecture du manuel pour commencer à les débrancher.
« Ach, da kommt auch schon die Kellnerin ! »
« Guten Tag ! Was möchten Sie bestellen ? »
_La serveuse a du arriver, elle te demande ce que tu veux commander, traduisit Harry, de plus en plus impressionné par ses connaissances en allemand.
Comme quoi, les deux heures par jour avaient payées…
_Réponds : ein Glas Weißwein, bitte.
Scath fut prise d'une soudaine quinte de toux qui ressemblait à c'est quoi ?
_Un verre de vin blanc.
Nouvelle quinte, cette fois moins interrogative que protestataire. Harry distingua un vague dégueulasse et se sentit profondément offensé. C'était très bon le vin blanc !
_Tu vas demander du vin blanc parce que c'est la seule chose que je peux dire, très chère, mentit-il avec jubilation. Profite, c'est le Concile qui paie.
Et en plus, devoir avoir un peu de classe pour une fois ne peux te faire que du bien.
La dernière quinte de toux transmettait de douces intentions meurtrières. Harry ricana silencieusement. Pour une fois que c'était elle qui avait besoin de lui… je comprends pourquoi elle aime se sentir supérieure intellectuellement, la sensation de pouvoir est hallucinante.
Il avait une soudaine envie de caqueter.
Non mon grand, on se calme et on garde sa dignité.
Il avait toujours envie de caqueter.
Juste un petit peu.
Un tout petit peu.
Oui mais pas longtemps alors, et pas trop fort.
Promis.
Harry ouvrit la bouche, prêt à démarrer une carrière de caqueteur machiavélique-
Par un coup de théâtre à peu près aussi original qu'une dissertation de collégien, la lumière du boitier choisit cet instant précis pour passer d'un paisible jaune à un rouge qui n'augurait rien de bon. Harry jura entre ses dents, remit le caquetage à plus tard, et attrapa le manuel.
_Si une lumière rouge s'allume, dépêchez-vous de désactiver le boitier, ou vous aurez le malheur de faire la connaissance des rayons laser ! Vous avez très exactement trois minutes avant le début de l'alarme. Pour désactiver le boitier, veuillez vous référer au paragraphe correspondant-
« Harry, qu'est-ce que tu fous ? Il me cause et je pige rien ! »
Scath était visiblement retournée aux toilettes.
_Il faut que j'y aille, c'est urgent !
« Et pour l'al- »
_Fais lui du charme !
« Du QU- »
Harry raccrocha et saisit la pince.
(Rétrospectivement, il aurait du deviner que même s'il existait probablement de pires conseils à donner, il fallait réfléchir très longtemps avant de les trouver.)
Le Comunicator 3400C vibrait avec fureur. Harry l'ignora. Sa vie se jouait en cet instant-ci. Ces trois petites minutes durant lesquelles il allait devoir mettre en pratique l'expérience de toute une vie de labeur et d'apprentissage sous la tutelle des plus grands maîtres. C'était son moment, son heure de gloire, le temps de prouver qu'il était bel et bien destiné à devenir le plus grand mercenaire de toute l'histoire des mercenaires. Il était grand (métaphoriquement parlant), il était fort, et il pouvait le faire.
Il pouvait compter.
Fil numéro 1… numéro 2… 3… 4…
Plongé dans le monde merveilleux des chiffres, Harry saisit les fils numéro 18, 32 et 33 via une gymnastique compliquée des doigts de la main droite, et approcha la pince. Les yeux plissés, chaque muscle tendu, il relut brièvement les instructions. Il avait trois secondes pour couper les trois fils. Une fraction de seconde de trop et c'était le tendre accueil tranchant des rayons laser qui se ferait sentir.
3…
Il déglutit.
2…
Même le Comunicator 3400C se fit silencieux, comme lui aussi happé par le suspens narratif.
1 !
La pince trancha les airs et les fils de la même manière que les rayons laser ne le firent pas.
Harry attendit quelques secondes. Puis, constatant qu'il était toujours en vie, il ouvrit les paupières qu'il n'avait absolument pas fermée sous le coup de la terreur qui ne l'avait absolument pas pris, fit taire sa vessie qui ne s'était pas lentement mais sûrement remplie avec la nervosité, et ne recommença absolument pas à respirer parce qu'il ne s'était jamais arrêté. Parce qu'il avait été sûr de son coup.
Absolument.
Regardons le bon côté des choses ! S'exclama-t-il intérieurement en coupant les derniers fils indiqués. Je suis génial, mon costume me va super bien, pour un truc qui nécessite un manuel ce boitier de sécurité était ultra facile à désactiver (tellement facile que ça devrait être suspicieux mais pas du tout parce que tout s'explique par mon talent naturel de désactivage de boitiers de sécurité), et les rayons laser-
La porte du coffre-fort s'ouvrit.
… Sont de l'autre côté.
Harry soupira du soupir d'un homme qui avait tout vu et découvert que « tout » recouvrait essentiellement des choses répétitives et déprimantes.
A la télé les rayons laser lui avaient toujours parus incroyablement cools.
Mais en réalité… ils restaient incroyablement cools. Vraiment incroyablement cools.
Peut-être juste un tout petit peu plus effrayants qu'à la télé.
Rien qu'un tout petit peu.
Un tout tout petit peu.
Il détestait sa vie.
Le Comunicator vrombit. Harry décrocha.
_Pourquoi c'est pas toi qui te tapes le sale boulot déjà ?
« … C'est pas ce que je suis en train de faire ? »
_Je vais devoir risquer ma vie en zigzaguant entre des rayons laser !
« Il m'a forcé à boire des martinis ! »
Et le pire, songea Harry en s'étirant, c'était qu'elle ne blaguait même pas.
_Ton idée du sale boulot consiste à boire des martinis ?
« Ton idée du sale boulot consiste à affronter des rayons laser ? »
il attendit quelques secondes.
« Ouais ok je vois d'où tu veux en venir. »
Il attendit encore.
« Mais n'empêche que ça au moins c'est fun. Tu veux venir te taper monsieur l'allemand et ses martinis ? »
C'était déjà une réflexion plus normale.
Chassant la pensée d'un petit martini de son esprit, Harry tenta de retrouver le fil normal de la conversation tout en commençant à avancer vers les rayons laser.
_Du coup comment se déroule ta conversation ?
« Mal. Je capte rien à ce qu'il raconte ! Y'a moyen que tu me retraduises ? Parce qu'il commence à devenir bizarre et j'ai peur qu'il envoie des gars vérifier l'emplacement des microfilms. »
_Ce qui serait bête, compléta Harry.
« Ce qui serait bête, » approuva Scath.
_Parce que j'y suis.
« Parce que tu y es. »
Bon eh ben il allait refaire la traduction, hein.
_Retourne le voir, je prend les choses en main !
Et comme il était un homme de parole, il prit les choses d'une main et son courage de l'autre afin de sauver le monde (ou, à défaut, sa peau).
Malheureusement pour lui, sauver le monde (ou plutôt sa peau) incluait aussi de terminer la mission.
Donc de traverser les rayons laser.
Harry carra les épaules, se rendit compte que se faire plus grand n'était pas forcément une bonne idée compte tenu de ce qui l'attendait, décarra les épaules, rentra le ventre, serra les fesses et se fit un chignon.
Il recula ensuite de deux pas et avisa les premiers rayons laser. Ils étaient en rang serrés, depuis le sol jusqu'au plafond, pointant dans des directions aléatoires. Heureusement pour lui, ils ne bougeaient pas.
Ses yeux se plissèrent. C'était bon. Il avait un plan. Un bon plan.
Il se mit à courir et sauta pour effectuer une roue avant et passer le premier rayon.
Et puis la réalité décida que ça suffisait les conneries.
Harry loupa son atterrissage et atterrit sur le ventre à deux centimètres dudit rayon.
Très calmement, il se releva, épousseta son costume, ramassa le Comunicator et enjamba proprement le rayon en faisant semblant de ne pas voir sa vie défiler en arrière-plan.
« Ach, Mausebär ! Wie geht es Dir jetz ? Du schenein zum Badezimmer sehr zu gehen… »
Ah oui, l'allemand.
Harry prit une demi-seconde pour interrompre le poirier qu'il était en train d'effectuer et traduisit :
_Il demande si tu vas bien et je reste je sais pas, dis juste oui.
« Ja, ja, hihihi ! »
« Entschuldigung, Ich sorge mich leicht, vor allem für jung Frauen wie Sie. »
« … Hihihi ? »
Le pied d'Harry se posa finalement sur le sol et il entreprit de faire passer sa main de l'autre côté.
_Euh… j'ai pas tout capté.
« Hihihi ? »
_J'y suis pour rien, il parle vite ! Et puis en plus tu me distrais avec tes gloussements bizarres !
« … Hohoho. »
_Non, repasse aux i c'était mieux. Et puis euh… improvise, je sais pas moi.
« Oh, Sie ! Hihihi ! »
« Ach, mein schön Schnecke, und ohne dein Lachen die Sonne nicht scheint ! »
Harry était en train d'effectuer la variante russe du petit pont renversé pour ne pas perdre son nez lorsque la pleine compréhension de la phrase le frappa. Il connaissait ces mots. Il les avait prononcé une quantité incroyable de fois.
Essentiellement parce que sa prof d'allemand était monstrueusement canon.
Sa main vint juste à temps se placer dans sa bouche pour étouffer l'énorme fou rire qui l'avait pris.
« Hihihi ! »
POUAHAHAHAHAHAHAHAHAHA !
IL EST A FOND SUR ELLE !
LE MAFIEUX ALLEMAND EST A FOND SUR ELLE !
Harry manqua de se plier en deux de rire, et décida de continuer à rigoler debout lorsqu'il manqua aussi de se faire décapiter.
Et puis une idée le frappa.
Scath… ne parlait pas allemand.
Il… parlait allemand.
Scath… répétait ce qu'il lui disait.
Il… avait le pouvoir.
Ceci est le plus beau jour de ma vie.
_Dis-lui : oh, dich niederträchtiger Schmeiler !
« Oh, diche niédertrachtigere Schmeilér ! »
Si elle continuait à glousser, même l'accent ne serait plus un problème.
Je suis un génie.
Tout en commençant à ramper, il se mit en devoir de fidèlement continuer à « traduire. »
« Du hast wundershöne Augen... sogar noch schöner als die Augen meiner Ex-Frau ! »
_Il te demande si tu aimes lire, formula Harry (qui n'avait pas compris grand-chose mis à part une remarque sur les yeux, et qui ne s'était pas donné la peine de chercher plus loin). Réponds : bitte hör auf –ich werde rot ! N'oublie pas de glousser. Tu sais, histoire de maintenir ta couverture. Très important, la couverture.
Si seulement il avait pensé à emmener quelque chose pour enregistrer la conversation… il n'aurait plus jamais eu à craindre quoi que ce soit d'elle. Fini les gâteaux au chocolat à partager. Fini les récriminations pendant les soldes. Fini les non Harry je ne t'aiderai pas à t'infiltrer à Buckingham Palace !
« … Hm. »
« Dies Schlampe… sie ließ mich an diesem Morgen… ohne Erklärungen… SCHLAMPE ! SCHLAMPE SCHLAMPE SCHLAMPE !»
Harry déglutit lentement. Aaaaaah ?
Il allait falloir la jouer fine.
_Y'a un truc qui lui fait de la peine, essaie de le réconforter.
Quinte de toux.
_De quoi « comment » ? Sois gentille !
Nouvelle quinte de toux.
_... Prends-lui la main et sou- non évite de sourire. Je me rappelle de ton sourire 'rassurant.'
Toux je t'emmerde toux.
_Prends-lui la main !
« Hum hummmm… »
Il allait considérer que c'était un bruit de réconfort et pas le son que faisait un vieux pneu en pleine crise existentielle.
Et finalement, après s'être démis trois épaules et avoir égaré son sens du calcul, il arriva au centre de la pièce en se frottant les mains, très fier de lui.
Alors, les petits microfilms… venez à Papaaaaaaaa !
Ignorant les bruits de conversation dans son oreillette (« Aber… aber Sie sind verschieden, ich weiß es ! So schön und göttlich- »), Harry tourna sur lui-même trois fois en regardant la pièce. Il lui avait pourtant bien semblé que le seul et unique meuble du coffre-fort était au milieu de la pièce, non ?
Pris d'un soudain doute, il baissa la tête.
Un énorme X rouge lui renvoya une absence de regard tranquillement condescendant.
Harry leva la tête.
Le meuble, suspendu au plafond par un énorme bras en acier, commença tout aussi tranquillement à se glisser vers la porte.
Harry baissa à nouveau la tête.
Trois rayons laser se dirigèrent vers lui.
Parce que les rayons laser bougeaient, maintenant.
Normal.
« Ich denke dein, wenn mir der Sonne schimer Vom Meere strahit ; Ich denke dein , wenn sich des Mondes Flimmer In Quellen malt- »
_Y'a de la (future) friture sur la ligne, faut que j'y aille ! Brailla Harry sans écouter. On se revoit dans cinq minutes ou dans cent ans !
Parce qu'ils ne se reverraient qu'une fois que Scath l'aurait rejoint au paradis. Parce qu'il serait mort avant elle. Cent ans avant elle. A cet instant précis. Il serait mort. PARCE QUE LES RAYONS LASER BOUGEAIENT.
Harry laissa style et Bond au vestiaire et commença à courir pour sauver sa peau.
Puis il recula, sauta, se plaqua au sol, glapit quand sa jambe prit feu, éteignit sa jambe, sauta, courut, recula, virevolta, etc. etc.
Le tout en jurant copieusement.
Rayons laser de MERDE je les hais je les hais POURQUOI MOI ? POURQUOI IL A FALLUT QUE CA TOMBE SUR MOI ? Tout ce que je demandais c'était des costumes trois-pièces et des martinis, mais non c'est Mâdâââme Scath qui a tout le fun alors qu'elle parle même pas allemand et qu'elle aime pas les martinis, non mais quelle idée de répartir les rôles de la mission comme ça, y'a vraiment une belle bande d'abrutis au Concile j'vous jure-
Et à ce moment précis, à la fin de cette chaine de pensée logique où tous les faits nécessaires avaient été exposés, aucun doute ne vint frapper Harry.
Pourquoi diable aurait-il l'ombre d'un doute ? Après tout, Scath et lui avaient tout vérifié dans la lettre. La lettre du Concile. La lettre du Concile italien. La lettre du Concile italien en italien. La lettre qu'Harry avait traduite à haute voix. Parce que Scath ne parlait pas italien. Et qu'il parlait italien.
Quelle bande d'abrutis, c'est de leur faute tout ça, c'est pas possible de faire une erreur aussi CONNE que ça, entrainer spécifiquement deux personnes tout l'été pour une mission et inverser leurs rôles au dernier moment tout en faisant en sorte que ça paraisse évident et du coup pourquoi se faire chier à lire le reste de la lettre c'est complètement CRETIN, et quand je pense qu'ils sont sensés figurer au rang des meilleurs mercenaires du monde, ils sont vraiment DEBILES et ça ne m'étonnerait même pas que SCATH veuille les ASSASSINER, ce qu'elle va probablement faire quand elle découvrira que le CONCILE a foiré la mission DE MANIERE HORRIBLEMENT SPECTACULAIRE-
La chaine de pensée reprit, ininterrompue.
Au bout d'une éternité d'esquives frénétiques, Harry réussit à agripper le meuble ; de là, il se saisit des microfilms qui avaient simplement été posés dans le seul tiroir (en même temps, pourquoi mettre un cadenas dans une pièce avec DES RAYONS LASER QUI BOUGENT ?), fit très très attention en retombant sur le sol, et recommença à esquiver.
Ensuite, il sortit de la pièce, mit rapidement en place une petite stratégie de sortie au cas où en descendant les étages, passa aux toilettes, sortit de l'hôtel par la fenêtre de la salle de bain, s'assit dans la petite clairière à une centaine de mètres, se releva, et se mit à sauter partout en hurlant.
_Je-l'ai-fait-je-l'ai-fait-je-l'ait-fait !
Et-je-suis-vivant !
La célébration dura quelques minutes, le temps de bruler le manuel du boitier de sécurité et d'oublier les rayons laser, la lettre et l'allemand. Puis Harry se rassit, sa petite télécommande à la main, et songea que la vie était belle quand on n'était pas mort.
Puis il réalisa que le silence était vraiment très silencieux.
… Scath !
Hâtivement, il remit le Communicator 3400C en marche.
_... Scath ?
« Ah tiens Harry, tu tombes bien. »
_Ah ?
« Tu as pu avoir les microfilms ? »
_Yep !
« Parfait. Dis, est-ce que tu as installé la stratégie de sortie ? »
_Yep !
« Parfait. Est-ce que tu pourrais la déclencher ? »
_Y- Euh là de suite ?
La réponse fut longue à venir. Elle commença par un :
« Ou-
Et finit par un :
_IIIIIIIIIIIIII ! Hurla Scath en passant à toute vitesse devant lui, des lambeaux de robe déchiquetés voletant dans les airs.
Harry la regarda partir et songea qu'elle avait vraiment bien acquit la technique de la course en talons hauts.
Ensuite il entendit les cris en allemand et détala comme un beau diable.
_QU'EST-CE QUE TU AS FAIT ? Brailla-t-il à la jeune fille.
_JE SAIS PAS !
_COMMENT CA TU SAIS PAS ? ILS SONT EN TRAIN DE TE COURIR APRES !
_JE TE LE DIRAIS SI JE PARLAIS ALLEMAND !
_J'ÉTAIS OCCUPÉ !
_MOI AUSSI !
_ET DU COUP JE SUIS PARTI CINQ MINUTES ET LE GARS A PÉTÉ UNE DURITE ?
_...
_... SCAAAAAAAATH ?
_J'ai peut-être une vague idée de pourquoi il est en colère ?
_QU'EST-CE QUE TU AS FAIT ?
_Il était devenu tout bizarre et il arrêtait pas de parler bizarrement avec des rimes que je pigeais pas, du coup j'ai continué à glousse en t'imitant et à lui tenir la main-
_ « HIHIHI » ? C'EST MOI CA, « HIHIHI » ?
_QUI D'AUTRE ?
_.. CONTINUES !
_Et d'un coup il s'est levé et il est venu vers moi, il a continué à dire des trucs bizarres, et il s'est mis à genou et il m'a filé une bague.
Harry… ne s'était pas attendu à ça.
_Eeeeeet ? Dit-il en en oubliant de crier.
_Comment ça, « eeeeeeet ? » ? Ta meilleure amie de seize ans s'est faite demander en mariage par un vieux et ça ne t'indigne pas plus que ça ?
_Eeeeeeeeet ?
_Eeeeet j'ai… peut-être… un peu… paniqué ?
_EEEEEEEET ?
_Je lui ai… peut-être… un peu… mis un pain ?
_TU AS FRAPPÉ L'ÉMISSAIRE DE LA MAFIA ALLEMANDE ?
_DANS « J'AI PANIQUÉ, » QU'EST-CE QUE TU NE PIGES PAS ?
_TU AS FRAPPÉ L'ÉMISSAIRE DE LA MAFIA ALLEMANDE !
_IL M'A DEMANDÉ EN MARIAGE !
_ET TU L'AS FRAPPÉ !
_ET JE VAIS RECOMMENCER SUR L'ÉMISSAIRE DES ABRUTIS ANGLAIS SI TU NE DÉCLENCHES PAS CETTE FOUTUE STRATÉGIE DE SORTIE MAINTENANT !
Harry loucha sur le talon de dix centimètres qu'elle agitait sous son nez (Scath ayant finalement réussi à les enlever sans cesser de courir) et appuya sur le bouton de la télécommande qu'il avait à la main.
Pendant une fraction de seconde, rien ne se produisit.
Et puis les trois derniers étages de l'hôtel explosèrent.
Harry, Scath, et les allemands après eux furent projetés en avant même de comprendre ce qui leur arrivait, et dégustèrent pendant quelques secondes la terre et le silence.
Harry battit des paupières en observant la bouche de son amie faire des choses bizarres. Puis ses tympans malmenés revinrent à la vie et il souhaita très fort que ça n'ait pas été le cas.
_DES EXPLOSIONS ? TA STRATEGIE DE SORTIES C'EST DES EXPLOSIONS ?
_J'ai fait avec ce que j'avais ! C'était l'inspiration du moment, se justifia-t-il en époussetant la terre de son costume.
Ça n'eut pas l'air de la convaincre.
_MAIS CHEZ QUEL ESPRIT TORDU « L'INSPIRATION DU MOMENT » C'EST DE FAIRE TOUT PETER ?
_Juste les trois derniers étages, corrigea Harry.
Scath poussa un long cri inarticulé et commença à poignarder le sol avec ses talons hauts. Harry recula de quelques pas.
_JE – HAIS – CETTE – MISSION !
_Euh… Scath ?
_ET JE HAIS LES MARTINIS ET LES ALLEMANDS ET LES ROBES ET LES HOTELS ET LE VIN BLANC ET LES GLOUSSEMENTS-
_Scaaaaath ?
_Je les hais je les hais je les hais je les haiiiiiiiiiiiiiiiiis-
_Scaaaaath ?
_Quoi ?
Harry pointa calmement son doigt vers les allemands qui s'avançaient vers eux.
_SCHLAMPE ! Ich habe dir vertrault und du hast mich hintergangen !
Le sourcil gauche de Scath tressaillit.
_SCHLAMPE SCHLAMPE SCHLAMPE ! ICH WERDE SIE TÖTEN !
Le sourcil gauche poursuivit son tressaillement jusqu'à atteindre un état de tic nerveux que personne ne remarqua. Sauf deux.
Harry échangea un regard avec un allemand qui ressemblait vaguement à un poulpe. Il s'éloigna de Scath.
_UND ICH WERDE IHREN FREUDIN TÖTEN !
Le bruit d'un rouage qui se brisait se fit très nettement entendre.
Freudin ?
FREUDIN ?
Scath avait fait un pas en avant, sourcil gauche au taquet, prête à faire taire le foutu allemand… quand une petite silhouette la devança.
Harry. Pistolet et cheveux au vent.
_ICH BIN EIN JUNGE !
Soyons sérieux. Vous êtes un groupe de mafieux professionnels, entrainés et pas contents, et un nain en train de foncer vers vous d'une manière qui l'empêche totalement d'utiliser sa seule et unique arme : votre seule réaction ressemble à c'est Noël en avance !
Et puis derrière le nain, vous apercevez une créature horriblement blonde en train de sortir une armada de couteaux depuis des endroits plus ou moins probables de sa personne, et vous fixe comme si elle était venu pour tuer et manger des cookies et qu'elle vient de tomber à court de cookies.
Et que faites-vous quand une adolescente vient de tomber à court de cookies ?
Dans un bel ensemble, les mafieux détalèrent.
.
sSs
.
Une pièce sombre. Des gens sombres. Une télé.
.
(_AAAAAAAAAAAAH ! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Hurlait un allemand en courant pour sauver sa vie au milieu des couteaux et des balles qui pleuvaient.)
_Et donc, articula une silhouette sans traits physiques distinctifs mis à part la perplexité qui dégoulinait par tous les pores de sa peau, ce sont les apprentis de Gabriel.
(_ARRETE DE CRIER ! Brailla Ermenstrud Nase.)
Les autres silhouettes approuvèrent.
_Gabriel. La légende. Celui qui a gagné le titre de « mercenaire le plus terrifiant du monde » dix-huit fois d'affilée. Ce Gabriel-là.
(_TOI ARRETES DE CRIER !)
Approbation.
_Et ça, ce sont les deux enfants qu'il a choisi pour perpétuer sa lignée et leur transmettre ses connaissances.
(_NON, TOI !)
Approbation.
_Eh ben on n'est pas dans la merde.
.
sSs
.
Un peu plus tard. Poudlard, certaines personnes, certain couloir.
.
_Tu sais, j'étais persuadé que cette fois on mettrait un peu moins longtemps à rentrer, signala Harry en rajustant son sac en bandoulière.
Scath grogna. Elle avait été de mauvaise humeur depuis… le début de la mission, en fait. Et ça ne s'était pas arrangé quand elle avait découvert que le sac qui contenait le Portoloin pour rentrer avait été perdu dans l'explosion et qu'aucun d'eux deux n'avait de baguettes.
Ils avaient du rentrer via un camion de chou-fleur. Harry avait prévu de maintenir une distance de quinze mètres avec tout légume (et Scath) pendant les trois prochaines années.
_Je pense qu'on a un soucis avec les transports, continua-t-il légèrement.
Scath prit les escaliers, répandant une douce odeur de chou furieux derrière elle. Vite, quelque chose pour la dérider avant qu'elle enfume toute l'école, songea son ami (qui lui avait réussi à se débarrasser de l'odeur).
_Enfin, s'exclama finalement Harry avec un grand sourire, le principal c'est qu'on soit rentré à temps pour le di-
Scath s'était arrêtée. Manquant de se cogner contre elle, Harry s'écarta et regarda vers le haut des marches. Deux silhouettes leurs barraient le passage.
Neville et Luna.
Il se saisit de la manche de Scath, et murmura viens. Pas la peine de se faire encore plus de mal en affrontant leur invisibilité.
_Oui, lança Neville d'une voix acide. Fuyez vos amis. Vous avez été plutôt bons à ça, cet été, continuez à pratiquer et vous serez de parfaits connards.
Le monde entier se figea.
_... Quoi ? Bredouilla Harry.
_Enfin je dis « amis, » mais dans ma définition, le passage où vous veniez assister aux funérailles de Cédric au lieu de laisser Luna et moi se charger de tout et le pleurer seuls était inclus. Et comme vous ne l'avez pas fait, je ne suis plus sûr que vous rentriez dans la catégorie.
Il s'approcha. Luna les regardait de loin, les yeux tristes mais la bouche dure.
_Toutes ces années, murmura-t-il, toutes ces années avec nous pour quoi ? Partir quand c'est devenu chiant ? Ou quand vous avez senti que les blagues étaient finies ?
Neville serra les poings.
_Deux mois, ajouta-t-il. Deux mois sans nouvelle, sans réponse à nos lettres, sans rien. et vous ne vous êtes même pas pointés à l'enterrement de notre meilleur ami !
Scath ouvrit la bouche. Elle n'eut pas le temps de parler.
_Je vais vous dire, gronda Neville en s'éloignant. Dans l'histoire la blague, c'est vous.
Luna le suivit et les couva d'un regard lourd en les dépassant.
_Je pensais qu'on valait un peu plus que ça, dit-elle simplement.
Elle rattrapa Neville. Ils s'éloignèrent rapidement.
Les Sovrano n'avaient toujours pas bougés.
_Hein ? Fut tout ce qui sortit de la bouche de Scath.
Quelqu'un soupira.
_C'est dur, mais ils ont raison, approuva Hermione en descendant à son tour les marches.
Elle secoua la tête avec résignation.
Harry regarda sa main. La chevalière scintilla sous la lumière des chandeliers. Le silence était tombé sur Poudlard.
Helmett passa et rejoignit Hermione en leur dédiant un salut amical de la tête. Ils s'éloignèrent.
Scath et Harry échangèrent un regard.
_Oh tient, salut, fit Ron.
Il leurs sourit et partit à son tour.
Un ange passa.
_Ah ? Dit Harry.
Scath s'était déjà mise à courir vers leur dortoir.
.
A suivre...
Et maintenant, une quantité... surprenante, de Remarques Pas Constructives de l'Auteure!
-chapitre officiellement sponsorisé par Fatal Bazooka et le mauvais gout.-bonjour, je m'appelle Pumkin et je suis accro aux OCs qui ne durent qu'un paragraphe.
-suivent deux remarques écrites pendant le chapitre précédent puis paumées :
« -c'est en écrivant la deuxième phrase de ce chapitre que je me suis rendue compte que « soucoupe » désigne très littéralement une sous-coupe.
-on ne rit pas s'il-vous-plait, ça n'est pas évident à réaliser.
-ce qui me fait du coup me demander si les soucoupes volantes ne sont que l'avant-garde martienne et que les tasses de thé impériales vont prochainement arriver pour nous envahir. »
voilà voilà, merci pumkin de nous faire partager ces révélations capitales
-désolé pour l'erreur le chapitre passé : la révolte mentionnée est bien celle de Cardiff, Dublin est une erreur de la vieille version que je n'avais pas remarqué. Navrée!
-tous les noms présents dans ce chapitre sont de vrais noms de vrais gens/hôtels existants.
-de mon petit avis personnel, le gars qui a importé l'écriture en Allemagne n'avait pas pigé le fait qu'il faille être capable de prononcer le schmilblick.
-Harry fait partie de ces gens profondément énervants qui commentent absolument tout ce qu'ils lisent ou regardent. Scath (qui fait partie de l'autre moitié du monde, celle qui aime le silence ET VOUDRAIT BIEN QU'ON LE RESPECTE BORDEL HARRY ARRETE DE PARLER J'ESSAIE DE PIGER L'INTRIGUE) tente très généralement de l'étrangler au bout de la dixième minute de film chaque fois qu'ils en regardent un ensemble.
-si vous voulez tout savoir, je suis comme Harry.
-mais en pire
-sérieusement, n'allez jamais au cinéma avec moi, vous allez m'assassiner avant même le début du générique.
-Olly est un prénom que je trouve très étrange, et que je pensais réservé aux héroïnes de mauvaise littérature pour ados (s'il y a parmi vous des gens qui s'appellent Olly JE SUIS DESOLÉE NE ME HAISSEZ PAS) jusqu'à ce que je rencontre un gars qui s'appelle Olly
-eh ben laissez-moi vous dire que ce genre de prénom a le don de péter toute atmosphère un tant soit peu ambiguë qu'il peut y avoir entre deux personnes.
-pour la petite histoire, j'ai finalement réussi à surmonter le tue-l'amour mais tout le monde s'en fout
-en fait l'anecdote en elle-même est inutile mais si tout ce que je disais avait de la pertinence ça se saurait
- kuss, porbafingó : « ta gueule le nain »
-en réalit, porbafingo veut littéralement dire « celui-qui-pète-dans-la-poussière », alias quelqu'un de très petit qui du coup ben… pète dans la poussière.
-Scath, mesdames et messieurs. Une jeune femme mature et pleine de tolérance et de respect envers ses proches.
-Nous sommes dans les années 90. Tous les outils technologiques portent des noms de millénaires lointains assortis à des lettres de l'alphabet piochées au hasard.
-c'est de la reconstruction historique, biatches.
-au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, je ne parle pas un mot d'allemand GOOGLE EST MON MEILLEUR AMI
-vous savez, j'aurais pu faire en sorte que l'action se passe en Espagne et que tout le monde parle espagnol. Ça aurait été facile, parce que je parle espagnol.
-JE NE L'AI PAS FAIT. PARCE QUE L'ALLEMAND C'EST PLUS RIGOLO ET QUE JE SUIS UNE AUTEURE DEVOUEE
-non plus sérieusement j'adore l'allemand (et plus précisément la poésie allemande -RILKE UN JOUR JE TE LIRAI EN VERSION ORIGINALE) et je regrette profondément de ne pas le parler. Déjà parce que c'est joli et ensuite parce que c'est tellement drôle à lire.
-vous savez, parfois je me demande comment est-ce que j'ai fait pour n'intégrer des rayons laser que maintenant.
-je veux dire, c'est une histoire invraisemblable et clichée avec des mercenaires dedans. Pourquoi est-ce qu'il y a quatre tomes entre le début de l'histoire et les rayons laser ?
-C'EST INADMISSIBLE
-je viens de me rappeler que l'allemand est une langue à déclinaison et que par conséquent les choses doivent être encore plus pleines de fautes d'orthographe que ce que je ne pensais.
-je me suis tellement éclatée à écrire l'allemand en train de draguer scath que j'ai oublié que vous ne pourrez pas tous lire ça. je me sens un peu seule et triste maintenant u.u
-FUN FACT : malgré ce que l'on pourrait penser, c'est complétement normal que Scath ne parle pas un mot d'allemand et ait un accent pourri, et ce malgré le fait que son pays d'origine soit à deux pas de ladite Allemagne.
-en effet, le hongrois est une langue particuliére qui n'appartient pas au groupe de langue Indo-Européen (alors que l'anglais, la langue natale d'Harry, y appartient et a des ressemblance avec l'allemand, qui en fait aussi parti), mais en partie au groupe Finno-Ugric (quelques langages de Sibérie comme le Khanti et le Mansi, qui sont parlé par quelques populations). Néanmoins de part son histoire, il n'a pas non plus énormément de ressemblance avec eux (wiki donne 21% comme total de mots en commun. L'allemand n'a que 11%. Pour vous donner un exemple du total de mots partagés/de même origine dans deux langages d'une même famille, l'anglais et l'allemand présentent 60% de similarité lexicale, et le français et l'allemand 29% : essayer de capter l'allemand sans en avoir fait, et vous verrez que même les quelques mots qui sont semblables n'aident pas beaucoup. Maintenant, imaginez à &11%…) et représente un bon exemple de langage isolé au sein de l'Europe.
-« Mais Pumpkin, quelle est donc cette histoire particuliére du langage hongrois ? » Contente que vous ayez posé la question ! STORY TIME KIDS !
-le hongrois a (probablement) cessé de faire partie intégrante du groupe Ob-Ugric (groupe lexicale hypothétique comprenant le Khanti et le Mansi) durant l'âge de bronze. Ensuite, et lorsque la population ''hongroise'' a commencé à migrer vers l'Europe, ils ont volé des mots un peu partout, d'où les quelques mots turcs qui peuvent se retrouver dans le langage. On le parle en Hongrie depuis le 9é siècle.
-END OF STORY
-alors c'est marrant mais concernant l'avant-dernier chapitre (celui avec ombrage), une revieweuse m'a fait remarquer que le plan de cours d'ombrage (le retour aux principes de base, le contexte de la défense magique, blablabla) était quand même vachement intelligent.
-pourquoi c'est marrant ?
-parce que je n'ai rien inventé : il s'agit du véritable plan de cours que la ombrage originale donne à la classe dans le tome 5.
-comme quoi c'est le contexte qui fait toute la différence…
-et sinon je sais que c'est mal mais j'ai passé cinq minutes à répéter SCHLAMMMMPEUUUUUUH. Le mot est horrible en lui-même mais qu'est-ce que la prononciation est drôle
-le prochain chapitre sera écrit au son de Jena Lee, « j'aimerais tellement. » il fera une page et consistera de Harry et Scath en train de se rouler par terre en pleurant.
-pour une traduction du dialogue entre l'allemand et harry/scath, rendez-vous sur la page fb où il sera posté !
-sinon, impression générale du chapitre : c'est le bordel, mais putain qu'est-ce que je me suis éclatée à l'écrire. Ca me change des chapitres sérieux où je suis tout le temps en train de me creuser les neurones.
Reviews?
A la prochaine !
Love,
Pumkin
