Blabla : Je suis en retard, à nouveau. Pour ma défense, j'avais trois tonnes de rapports de tp à rendre avant les vacances, et ça a primé sur la fic. Du coup j'ai pris du retard, que j'essaierai de combler.
J'en profite pour prévenir que la publication va être erratique jusque mi-janvier à peu près. Juste après les vacances, je démarre avec les partiels, et la fic sera alors à des lieues de mes préoccupations, donc je vais avoir du mal à tenir le rythme du chapitre par semaine. Mais après ce cap, tout rentrera dans l'ordre, promis ^^
Mais trève de blabla, je vais vous laisser avec le nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaira ^^
A première vue, la forêt ressemblait à toutes celles qu'il avait connues. Des arbres, des racines qui dépassaient juste assez du sol pour vous faire trébucher, des branches justes assez basses pour vous obliger à vous baisser. Le soleil se levait, et les cris qui animaient de temps à autre les sous-bois se faisaient de plus en plus rares, remplacés par des chants d'oiseaux. Rien d'effrayant en somme.
Le jeune humain en profita pour se dégourdir les jambes, et s'enfonça un peu plus loin entre les arbres. Mine de rien, ça lui faisait du bien de sortir, à l'air libre, de sentir les premiers rayons le réchauffer doucement. C'était des sensations qu'il avait dû mettre de côté depuis qu'il était arrivé chez les Malefoy. Il passait tout son temps dans la maison, dormant le jour, n'osant pas sortir la nuit car il se sentait mal à l'aise. Après tout, il ne pouvait pas voir dans le noir, et ce genre de don était assez utile quand on ne vivait plus le jour... Et la dernière fois qu'il avait voulu sortir, un loup-garou lui était tombé dessus pour lui parler de choses inconnues, et sa promenade avait été sérieusement écourtée.
Alors il profitait de ce moment, avançant lentement, s'arrêtant de temps en temps quand il lui semblait entendre ou voir un animal. Et sans qu'il s'en rende compte, la forêt autour de lui évoluait : les branches changeaient de position, ouvrant des chemins et en fermant d'autres. A un tel point que quand il décida de faire demi-tour, quelques dizaines de minutes plus tard, il ne reconnut plus rien. Refusant de prendre peur, il essaya de retourner vers la maison, en s'orientant grâce à la position du soleil. Mais rapidement, les branches bougèrent, formant un tissage serré au dessus de sa tête, l'empêchant de voir l'astre lumineux. Malgré tout, il poursuivit encore quelques temps, jusqu'à arriver à une clairière qu'il ne connaissait pas du tout. Ce ne fut qu'à ce moment qu'il admit qu'il ne retrouvait pas son chemin.
Et aussitôt la panique vint, nouant ses entrailles, l'enveloppant de ses bras glacés. Il s'assit lourdement sur une pierre, ses jambes refusant de le porter plus longtemps. Il était perdu. A cette heure-ci, les vampires devaient dormir. Et de toute façon, même s'ils étaient éveillés, ils ne s'aventureraient pas dehors. Il avait cru comprendre que la forêt ne les appréciait pas, même s'il ne faisaient pas de feu..
Et lui était seul, perdu au milieu d'un endroit inconnu, sans aucun moyen de retourner vers la sécurité de la vieille maison branlante. La fatigue et la faim commençaient à se faire sérieusement sentir, et il se voyait déjà attaqué par des arbres sanguinaires, bien décidés à lui faire payer tout le bois qu'il avait pu brûler pendant sa vie. Alors quand quelque chose effleura son épaule, il ne put s'empêcher de faire un bond gigantesque, hurlant de terreur comme jamais.
"Eh bien, les humains sont toujours aussi émotifs..."
Le brun se retourna, le coeur battant à tout rompre, pour découvrir l'une des créatures les plus étranges qu'il n'ait jamais vu, mi-homme mi-cheval. Bien sûr, il avait déjà vu des illustrations dans certains livres de Mr Weasley, mais être face à un centaure, qui vous fixait de son regard tranquille, c'était autre chose. Harry était bouche bée, encore sous le choc, se demandant s'il ne rêvait pas. Mais non. Et il en eut confirmation quand son vis à vis agita sa main devant ses yeux, avant de le pousser doucement à l'épaule.
"Vous... vous êtes qui ?"
"On me nomme Firenze."
"Vous... êtes..."
"Un centaure. Nous sommes assez nombreux dans cette forêt... Mais tu ne verras pas les autres, ils n'aiment pas se montrer."
Le brun se laissa tomber sur la pierre, observant sans discrétion la créature face à lui. La partie chevaline de son corps avait une jolie couleur miel, presque dorée. Quant à la partie humaine, c'était un charmant jeune homme, aux cheveux d'un blond très pâle, presque blanc, et aux yeux d'un bleu azur.
"Nous n'allons rien te faire, ne t'en fais pas. J'étais curieux, alors je suis venu."
"Curieux de quoi ? C'est la première fois que vous voyez un humain ?"
Pourtant il avait bien dû en croiser quelques uns pour dire que les humains étaient toujours aussi émotifs...
"Curieux de toi. Les étoiles avaient prédit ta venue, et ça m'a intrigué. Le ciel ne parle pas de n'importe qui vois-tu ?"
"Non, pas trop... Pourquoi le ciel parlerai de moi ?"
"Parce que tu auras un rôle à jouer jeune humain. Un rôle important si je juge d'après ce que j'ai lu."
"Un rôle ? Mais quel rôle ?"
"Si tu ne peux pas le voir, alors c'est que tu ne le dois pas."
Harry fronça les sourcils. Ca commençait à bien faire ces gens qui semblaient savoir mieux que lui ce qu'il se passait. Il devait faire quelque chose mais on refusait de lui dire quoi. Il était assez important pour que Voldemort ne s'en prenne qu'à sa famille, assez important pour qu'un chef de clan vampire envisage de le transformer, mais il ne savait pas pourquoi au juste. Des personnes qu'il n'avait jamais vu de sa vie semblaient le connaître, ou plus exactement le reconnaître d'après sa ressemblance physique d'avec son père. Son père lui-même n'était pas ce qu'il avait toujours prétendu être. Il avait l'impression de nager dans un océan de questions irrésolues, les réponses jamais très loin, mais toujours inaccessibles… Et c'était frustrant.
« La vie n'est pas si simple qu'on le pense, jeune humain. Toutes les réponses que tu attends arriveront en temps et en heures, il te faut juste patienter. » reprit le centaure, avec un léger sourire aux lèvres.
« Je ne fais que ça, patienter… » marmonna le brun.
« Il n'y a plus très longtemps à attendre. Les étoiles annoncent des changements imminents. Mais il faut que tu sois prêt à les affronter, ce ne sera pas facile. »
« Comment ça ? »
« Je t'en ai déjà trop dit, jeune humain. »
Le centaure fit quelques pas, observant un instant les arbres bordant la clairière.
« Pour l'heure, il te faut partir d'ici. La forêt est dangereuse, même pour un simple humain. »
« Sauf que je me suis perdu, alors ça risque d'être dur de rentrer chez moi… Enfin quand je dis chez moi… »
« Je te guiderai. »
Firenze s'approcha de Harry, lui tendant une main pour l'aider à grimper sur son dos, que le jeune homme accepta bien volontiers. Puis le centaure se mit en route, s'avançant entre les arbres comme s'il savait exactement où il allait, ce qui était probablement le cas.
« Comment arrivez-vous à vous repérer ici ? Les chemins changent sans cesse… » finit par demander Harry au bout de quelques minutes.
« Les chemins ne changent pas. C'est juste que vous autres, humains, ne regardez pas au bon endroit. »
Il désigna le sol couvert de feuilles mortes, juste devant lui.
« Les chemins sont toujours là, il n'y a que leur apparence qui change. »
Le brun se mit à observer avec plus d'attention le sol, ne remarquant d'abord rien. Puis, à force d'observation, il commença à discerner de légers indices : une bande de terre semblait plus aplanie que le reste, les feuilles qui la recouvraient étaient un peu plus abîmées par les pas des animaux la parcourant. Il finit même par repérer quelques cailloux ou roches de formes insolites qu'il avait vus à l'aller. C'était subtil, mais quelqu'un qui avait l'habitude de vivre dans un tel lieu ne devait plus avoir le moindre problème pour se repérer.
Puis le centaure finit par s'arrêter. Entre les arbres, on pouvait distinguer l'obscure maison du professeur, lugubre et sinistre.
« Je ne peux continuer au-delà. »
« Merci, Firenze. »
Le brun descendit du dos de la créature magique, jetant un bref coup d'œil à sa destination avant de se tourner vers le centaure, qui le fixait avec un léger sourire.
« Sans vous, je crois bien que je serais mort à l'heure qui est… »
« Mort de peur, jeune humain, certainement, mais la forêt n'est pas si impitoyable que ça. Tu ne représentais pas une menace assez sérieuse pour qu'elle décide de te tuer. Pas comme ces créatures que tu accompagnes. »
« Les vampires ? »
Firenze secoua aussitôt la tête, les sourcils légèrement froncés. Il n'aimait visiblement pas entendre ce mot.
« Méfie toi d'eux, jeune humain. Ils ne sont pas comme nous. Ils sont déjà morts. Et de telles créatures ne devraient pas exister. Elles constituent une … anomalie… »
« Une anomalie ? »
« Des êtres qui ne vivent plus, mais qui continuent de s'animer. Ce n'est pas naturel. Mais tu dois faire une partie de ta route avec eux, tu dois avoir de bonnes raisons de les suivre. Pour ma part, plus j'en suis loin mieux je suis. »
Firenze marqua une courte pause, jetant un coup d'œil aux arbres.
« A présent, il faut que tu ailles te reposer, et que je retourne parmi les miens. Je suis déjà resté trop longtemps avec toi, jeune humain. »
« Au revoir et merci alors… »
Le centaure lui fit un bref signe de tête, accompagné d'un léger sourire, avant de lui tourner le dos et de disparaître entre les fourrés. Harry l'observa tant qu'il put, puis il finit par faire demi-tour pour rejoindre la maison. La fatigue et la faim commençaient à se faire sérieusement sentir, et il avait plus que hâte de retrouver son lit.
Et dans sa tête, d'autres questions relatives à sa rencontre avec Firenze commençaient à tourner lentement. Pourquoi devrait-il se méfier des vampires ? Pourquoi les étoiles parlaient-elles de lui ? Et surtout : quand viendraient enfin les premières réponses ?
Tout occupé à ses pensées, Harry se dirigea droit vers sa chambre, pressé de s'endormir enfin. Sans remarquer qu'une paire d'yeux l'avait observé discrètement depuis son retour dans la maison. Une paire d'yeux dont le propriétaire aurait volontiers poussé un soupir de soulagement s'il respirait encore…
*
**
Ron soupira. A quelques mètres derrière lui, les deux femmes discutaient encore, animant la route de leur babil incessant.
Mac Gonagall s'était avérée être une femme très savante, et cultivée. Et elle aimait faire partager ses connaissances. Si au début le roux avait trouvé intéressantes les informations qu'elle leur avait donné, ce n'était plus le cas à présent. Hermione et elle s'étaient engagées dans des discussions complexes sur des sujets dont Ron ne soupçonnait même pas l'existence, et il s'y sentait perdu. Au début, il avait bien essayé de suivre, mais il avait fini par y renoncer. Et maintenant, ça faisait à peu près deux jours qu'il les entendait parler, ne s'arrêtant que pour les repas ou pour dormir. A se demander comment elles faisaient pour avoir encore de la voix…
Et voilà où ça les menait…
La soif de connaissance des deux femmes avait eu raison de son bon sens et de sa prudence. Lors de la pause de la mi-journée, il avait eu toutes les peines du monde à les faire repartir. Elles avaient découvert une plante d'une certaine rareté, à l'abri des arbres, et n'avaient cessé de s'extasier dessus. Une heure de perdue sur le programme, qu'ils ne pouvaient même pas rattraper en accélérant un peu, le dos de la vieille femme ne supportant pas le trot ou le galop.
Et alors qu'elles discutaient tranquillement derrière lui, il surveillait la route, guettant la moindre ombre. Le soleil se couchait et ça ne semblait pas les choquer plus que ça.
Ce ne fut que quand il décida d'allumer une torche qu'elles semblèrent réaliser qu'ils étaient toujours sur le chemin alors que les derniers rayons du soleil noyaient le paysage dans le rouge du couchant.
« Ron ? On est bientôt arrivés ? » demanda Hermione, cessant pour un moment sa conversation sur l'usage de la racine d'une plante étrange pour la fabrication de baumes.
« Pas encore. Il nous reste une bonne heure de route. »
« Une heure ? Pourtant tu avais dit qu'on arriverait à la tombée de la nuit ! »
Le roux retint un soupir. Oui, il avait dit cela, le matin même, après avoir étudié la carte fournie par la vieille femme. Mais qu'est-ce qu'il y pouvait si elles avaient décidé d'allonger la durée de la pause déjeuner ?
« On a trop tardé à midi. On a du retard. Il n'y a qu'à espérer qu'on ne tombera pas sur des créatures hostiles… »
« Normalement, les alentours de Pré-au-Lard sont assez sûrs… » fit remarquer la vielle femme. « Albus y veille particulièrement. »
« Si vous le dites… »
Il n'en était pas convaincu. Pas du tout, mais il n'allait pas le faire remarquer. Ca aurait provoqué une autre discussion à laquelle il n'avait absolument pas envie de participer. Tout ce qu'il souhaitait à présent, c'était le silence, pour pouvoir avoir une chance d'entendre une créature si elle s'approchait trop. Mais des chuchotements avaient repris dans son dos, le babil reprenait. Il retint avec difficulté un soupir de rage, et préféra se concentrer sur l'observation des alentours. Ce n'était pas le moment de s'énerver. De toute façon, il ne parviendrait pas à leur faire comprendre le concept de faillibilité : même si ce Dumbledore était puissant, jamais il ne pouvait contrôler toutes les créatures circulant dans un rayon d'une heure à cheval autour d'un village, lui-même éloigné du château dans lequel il logeait.
Peut-être était il le seul à avoir l'impression d'être observé…
*
**
La chambre était plongée dans une semi-obscurité, les volets mal ajustés ne parvenant pas à bloquer totalement la lumière pâle de ce début de matinée. Tout semblait figé, et si un grincement ou le bruit d'une page tournée ne se faisait pas entendre de temps à autre, on aurait pu croire que les occupants de la pièce n'étaient plus que des statues. Arthur était assis sur sa chaise, droit comme un i, un livre entre les mains, tandis que Remus était à moitié avachi sur le lit de Sirius, sa tête posée sur ses bras repliés sur le matelas.
Cela faisait plusieurs jours que ça durait. Le loup-garou n'avait toujours pas reprit ses esprits, même si son réveil était attendu avec impatience. Pourtant ses blessures avaient assez vite cicatrisé, mais il fallait croire que son corps était trop épuisé pour reprendre connaissance rapidement.
Soudain, le chef de la Meute releva la tête, faisant sursauter le prêtre. Il fixait Sirius avec attention, une main posée sur sa poitrine.
« Que se passe-t-il, il s'est réveillé ? »
« Il est en train. » répondit le loup. « Sa respiration est moins profonde… »
L'humain hocha la tête et posa son livre sur sa chaise en se levant, avant de sortir de la pièce pour aller chercher Bill. Quelques instants plus tard, il était de retour, son fils sur les talons, alors que le blessé se redressait lentement dans son lit avec l'aide de son ami.
« Vous êtes enfin réveillé ! » s'exclama le jeune homme, avant de vérifier que tout allait bien.
« Rem'… c'est qui ? » grogna le loup, jetant un regard mauvais aux deux humains de la pièce.
« Ils t'ont sauvé la vie, alors tu devrais être plus aimable… Je te présente Arthur et Bill Weasley… »
« Ah… »
« Vous m'avez l'air en pleine forme. Vos blessures ne sont plus qu'un mauvais souvenir. » déclara le plus jeune après quelques minutes d'examen.
« Et j'ai une faim de loup ! Sans mauvais jeu de mot bien sûr ! Je dors depuis combien de temps ? »
« Ca va faire cinq jours… » répondit Bill avant de rejoindre l'entrée de la pièce. « Je vais vous laisser, je suppose que vous devez parler de certaines choses. Je vais demander qu'on vous apporte quelque chose à manger. »
« Et pas des légumes bouillis hein ! »
Bill eut un léger sourire avant d'acquiescer et de quitter la chambre.
« Tu as quelque chose contre les légumes ? » demanda Remus avec un air faussement menaçant.
« Ils sont bouillis… Tu sais bien que je suis pas fan de verdure, Rem'… Et puis tu ne refuserai pas de la viande à un malade qui a besoin de reprendre des forces, si ? » réplica l'autre avec un regard de chien battu.
« Qui sait ? »
« Rem' ! »
Les deux loups garous se sourirent, avant que le chef de la meute n'enlace son ami, quelques brefs instants, lui faisant comprendre qu'il avait été inquiet, puis il se rassit sur sa chaise, invitant Arthur Weasley à se rapprocher. Sirius n'avait pas besoin de dessin pour comprendre qu'ils attendaient tout deux son rapport. Il grimaça légèrement. Ils n'allaient pas aimer ce qu'il allait leur dire, mais c'était inévitable malheureusement…
« On va pas tourner autour du pot, Harry est chez les Malefoy. Mais il n'est pas prisonnier, ou alors ils ont pas le même concept que nous pour la capture… Il était dans une chambre, sans barreaux ni rien. Je crois qu'il est là bas de son plein gré… »
L'expression d'Arthur s'assombrit à ces propos. Harry était bien vivant, mais cela confortait l'hypothèse d'Hermione concernant un pacte établi avec les vampires. Et la raison était évidente. Le jeune homme voulait certainement acquérir leur force pour venger ses parents. Sauf que c'était une chose qu'il ne pouvait pas permettre.
« Nous devrions aller le chercher le plus vite possible alors, nous ne pouvons pas le laisser plus longtemps avec ces engeances du Mal et risquer qu'il devienne un des leurs ! »
« Attaquer le clan Malefoy ? Vous êtes fou ? Vous avez vu dans quel état ils m'ont mis ? » s'étonna le brun.
« Vous étiez seul. Si la meute vient, nous devrions être en mesure de les éliminer sans le moindre problème ! »
« Les chefs du clan sont des vampires puissants. Et leur fils est certainement tout aussi redoutable… » fit remarquer Remus.
« Nous aurons l'effet de surprise ! » s'exclama Arthur.
« En fait… non, pas vraiment… »
Les regards se tournèrent vers Sirius, qui fixait sa couverture.
« Le matin, Harry est sorti et j'ai essayé de lui parler… Mais les Malefoy ont rappliqué et… »
« C'est là que vous vous êtes battus… » termina Remus, l'air sombre.
« Oui, ils savent qu'on en a après eux … »
Le silence accueillit ces derniers propos. Si les vampires étaient au courant, il était fort probable qu'ils aient changé d'endroit, où qu'ils aient demandé des renforts. Dans tous les cas, les affronter était vain. Alors qu'ils avaient enfin retrouvé le garçon, voilà qu'il devenait encore plus inaccessible.
« Ils ne peuvent pas être loin. Ils sont peut-être restés sur place en pensant que votre ami ne reviendrai jamais nous prévenir… » suggéra Arthur.
« J'ai mentionné votre nom, vous savez, pour que Harry me fasse confiance et m'écoute. Et je crois que… les Malefoy ont entendu… » soupira Sirius, se tassant sur son lit le plus possible.
S'il avait pu se glisser dans un trou de souris il l'aurait fait. Il avait plus que conscience du fait que si Harry leur échappait, c'était parce qu'il avait voulu trop en faire. Il serait resté discret, il serait revenu entier, et à l'heure qu'il était ils seraient déjà en train d'affronter ces blonds prétentieux pour ramener le gamin.
« Vous avez fait quoi ?! »
« Inutile de s'énerver. » tempéra Remus. « De toute façon, même si Harry est encore là bas, il est hors de question que je lance la meute contre un clan de vampire aussi puissant. Ce serait courir droit à notre perte… »
« Mais ! »
« Mais on ne peut pas laisser Harry entre leurs mains, je suis d'accord. La question est de savoir comment nous allons faire ça… »
Sirius soupira. Encore une fois, il avait tout compliqué. Les choses ne pouvaient-elles être simples pour une fois ?
*
**
La nuit tombait, indiquant le moment idéal pour repartir. Sortant de l'espèce de cabane dans laquelle il avait passé la journée, le vampire épousseta avec soin ses affaires, tout en pestant dans sa barbe inexistante.
Il avait réussi à trouver chez la voyante une carte de la région, sur laquelle était mentionné Pré-au-Lard. C'était visiblement une carte amateur, dessinée par la folle en personne, mais c'était mieux que rien, alors il l'avait prise. Et l'avait vite regretté, car elle n'était pas du tout à l'échelle, ce qui faisait qu'il n'arrivait plus à rien prévoir. Alors qu'il aurait dû parvenir à une grotte confortable semblable à celle utilisée pour sa première journée, il avait dû se contenter en catastrophe d'une cabane de bois miteuse, les interstices entre les planches comblés grossièrement avec de la terre, des feuilles, ou sa cape. Résultat, il avait très mal dormi, ne s'était pas vraiment reposé, et son humeur s'en ressentait.
Heureusement, il arriverait bientôt au village. En fait, il aurait du l'atteindre la veille, mais à cause de cette carte, et du lever du jour, il avait dû arrêter son voyage tout près du but.
Ce fut donc d'un pas vif qu'il s'élança. Avec de la chance, il y aurait une auberge où il pourrait glaner quelques précieuses informations sur ce fameux Pou-de-Lard où se cachait ce sorcier. Et si sa bonne étoile était de bonne humeur, elle lui trouverait même une proie appétissante à vampiriser. Deux soirs qu'il n'avait pas mangé, il était plus que temps qu'il reprenne quelques forces.
Il évoluait avec aisance sous le couvert des arbres. Bien sûr, il aurait pu courir sur la route, mais ce n'était pas particulièrement discret, ni pratique. Même si à présent elle devait être déserte, et que personne ne le remarquerait. Les humains avaient peur de voyager de nuit, et il ne pouvait que compatir. Trop peu survivaient dans l'obscurité… Il orientait sa course vers le sentier de pierres, qui lui ferait gagner un temps précieux s'il n'avait pas à éviter branches et racine, quand il remarqua soudain une lueur tremblotante entre les arbres.
Une torche.
Et des bruits, une conversation entre deux femmes. Il aurait pu les entendre, mais ce n'était pas ce qui l'intéressait pour le moment. Non, son regard acier avait repéré quelque chose de bien plus intéressant.
La personne qui tenait le flambeau arborait une chevelure d'un roux flamboyant. Un roux caractéristique d'une certaine famille, en froid avec la leur depuis plusieurs dizaines d'années.
Un fin sourire étira les lèvres du blond. Ce n'était pas anodin qu'un Weasley se dirige vers Pré-au-Lard alors que son père cherchait Harry. Ca le confortait dans son idée que le brun n'était pas si anodin que ça, et il décida de tirer les choses au clair. En s'amusant un peu au passage, après tout, ce serait idiot de se priver…
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Et au fait ! Ho Ho Ho ! Joyeux Noël à tout le monde !
