Le choix
Chapitre XIII : A chacun ses pensées…
Se détestant une fois de plus, elle tapa du poing sur la porte du sauna que Booth venait à peine de refermer et se mit à pleurer de rage, de douleur, de haine contre elle-même. Tout ce qu'elle réussissait à faire, était de s'éloigner de Booth alors que c'était l'effet inverse qu'elle souhaitait. Tout partait dans des sens différents. Son amie Angela était au plus mal et sa relation avec Hodgins en pâtissait.
Pourquoi sont-elles venues ici ? Pourquoi avoir tout gâché ? Que serait sa vie sans l'Institut, sans Angela, sans Booth ? Justement, rien…Toute sa vie s'était constituée autour de ce noyau dur, l'amitié.
Mais pour Booth, quel choix devait-elle faire ? Il était temps qu'elle prenne une décision adulte et responsable.
Si elle aimait être avec lui pendant les enquêtes ou après, si elle aimait ses petites habitudes telles que ses mains se baladant généreusement sur son dos, si elle aimait son esprit protecteur malgré le fait que cela fasse de lui un mâle alpha de première ! Si elle aimait pardessus tout l'embrasser et lui faire divinement l'amour…alors elle était assurément tombée amoureuse de son partenaire…
Sans une seconde à perdre, elle sortit du sauna et se dirigea vers l'ascenseur. Une fois rentrée dedans, elle appuya sur le bouton du 2ème étage et ferma les yeux, se préparant pour l'ultime face à face.
Angela, comme à son habitude, emmena toujours son attirail de dessin et se mit à dessiner afin d'oublier sa peine. Le dessin était pour elle, un moyen d'altérer son chagrin. Si elle n'était pas venue, rien de tout ça ne se serait arrivé… Elle avait forcé le destin en le suivant à son week-end. Elle pouvait se passer de lui, elle avait bien réussi avec Roxie mais il restait Hodgins, le roi du labo…Après tout, il n'était pas avec des femmes, il était juste accompagné de Booth…Ils Avaient vécu tant de choses ensemble…Elle devait lui pardonner, se promit-elle en terminant son dessin.
Quant à Booth, lorsqu'il rejoignit sa chambre, il vit Jack assit par terre devant sa porte avec une bouteille à la main.
Jack se traita mentalement d'idiot et de déséquilibré, il n'oserait plus regarder Angela et le Docteur Brennan, en face des yeux. Il méritait ce coup dur et en assumerait les conséquences, pensa-t-il douloureusement. Heureusement que Booth était là pour le soutenir, il avait pris sa bouteille dans le bar de sa chambre et voulut rejoindre Booth mais il trouva porte close. Seul, dans ce couloir désert, il s'assit et attendit son ami, écumant avec peine sa détresse avec l'alcool.
_ Eh Jack…Tu m'attendais ? Demanda gentiment Booth.
_ Je l'ai perdu, je l'ai perdu…Répéta-t-il un peu saoul, les yeux chargés de larmes.
Booth le prit par les épaules et le fit entrer dans sa chambre et l'amena dans sa salle de bain.
_ Ecoutes moi bien ! Tu vas prendre un bon bain rafraîchissant et oublier pour l'instant Angela ! Demain est un autre jour et on avisera à ce moment là ! Le rassura Booth.
_ Putain ! S'énerva-t-il. Mais qu'est-ce qu'elle foutaient là bon dieu !!!
_ Je sais, je sais, ça parait un peu fou…Ne sachant pas quoi lui répondre car lui-même ne connaissait pas vraiment cette raison.
_ Et la blonde ! Merde c'était le Docteur Brennan ! Je suis désolé Booth, désolé. Pleura-t-il comme un bébé sous l'effet de l'alcool.
_ Ce n'est pas grave, ne t'inquiètes pas pour ça, le rassura-t-il.
Booth le réconforta à sa manière et lui incita une nouvelle fois de prendre un bain tout en retirant doucement sa bouteille de whisky des mains.
_ Allez allez, je vais aller chercher tes affaires dans ta chambre et je reviens…Pas de bêtises, mec ? Lui dit-il plus pour se tranquilliser.
Il sortit de sa chambre pour aller chez celle d' Hodgins soit juste en face…
Temperance arriva à destination et chercha la chambre 213, elle tapa à la porte. Rien, elle tapa une seconde fois, espérant qu'il ne l'avait entendu. Toujours rien. Le message était clair, il ne voulait pas d'elle…C'en était fini pour lui, elle avait trop attendu…La tête baissée, les larmes jaillissaient, elle prit une grande inspiration et se retourna, décidée à « tirer un trait ». Il ne voulait pas d'elle, c'était son choix et elle le laisserait en décider ainsi. C'est avec beaucoup d'amertume et de désespoir qu'elle s'en alla retourner dans sa chambre.
Quand il revint dans sa chambre, Booth n'entendit pas un bruit. Inquiet, il déboula dans la salle de bain et trouva son ami, endormi dans son bain, le visage tourmenté. Soulagé, il ressortit à tatillon et s'assit sur son lit, les mains à son front. Allait-elle venir, ferait-elle ce pas qui pourrait changer son cours d'existence. Il en avait trop fait, trop de concessions, trop de « pas », trop de mots étaient sortis sans rien en retour… Il allait l'attendre, pour ce, il prit une bouteille de scotch dans son bar et s'engloutit quelques verres.
Une heure plus tard, elle n'était toujours pas passée et ne viendrait pas…Se convaincu-t-il. Il s'assoupit dans la douleur de ces conséquences, et s'endormit jusqu'au petit matin.
Aux premières heures de la matinée, Angela et Temperance quittèrent discrètement l'Hôtel pour rejoindre Washington. C'est avec la mort dans l'âme qu'elles roulèrent sans bruits, sans mots, dans un parfait silence où seul le son de la radio enveloppait cette atmosphère « morbide ». Ce fut cette fois Temperance qui conduisit, laissant à son amie se reposer suite à une nuit assez agitée. Quant à elle, elle recommencerait son petit train de vie…sans Booth…encore une fois. Elle ne ferait plus d'efforts pour aller sur le terrain et s'accommoderait par dépit de l'agent Turner. Mais « sa vie d'autrefois » était bien résolue…se convaincu-t-elle déterminée.
A la réception de l'Hôtel, bagages en mains et prêts à partir, Booth demanda une dernière fois à la réceptionniste.
_ Pourriez-vous me dire si les chambres 407 et 408 vont ont été rendu ce matin ?
_ Bien entendu Agent Booth. Je vais regarder ça, lui répondit-elle avec sourire.
Placé juste derrière Booth, Jack attendit avec impatience la réponse…
_ Oui…Les chambres sont libres depuis 6h00 ce matin…vous désirez autre chose ?
_ Non…Merci de votre coopération. Au revoir
Et ils s'en allèrent…
