Coucou ! Tout d'abord, je voudrais tous vous remercier pour vos reviews. Je suis désolée de ne pas avoir répondu individuellement, mais je n'ai presque plus de temps pour moi en ce moment... Et je me suis dit que vous auriez probablement préféré un chapitre à l'heure qu'une réponse individuelle. Sachez en tout cas que j'ai lu chacun de vos commentaires et qu'ils m'ont vraiment fait plaisir.

Je tiens ensuite à remercier aussi Clemantine et Neliia, vous pouvez continuer à inonder ma messagerie quand vous voulez ! J'espère que ça ne va pas être trop difficile de passer à un chapitre par semaine !

Enfin, merci à Bruniblondi pour la correction !

Et voilà le chapitre de la semaine ;)

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Stiles est le premier à sortir de la béatitude post-sexe. Il commence à se tortiller un peu, content d'abord, mais ensuite de plus en plus à mesure que les minutes passent. Son odeur commence à regagner cette pointe d'anxiété et Derek passe son nez sur la peau derrière l'oreille, espérant le calmer. Ça ne marche pas. En fait, ça a l'effet inverse et Stiles s'assoit. « J'ai soif. Tu veux quelque chose à boire ? »

« Je suppose qu'on a besoin d'habits pour ça. », dit Derek, mais il cède et s'assoit.

« Eh bien, je pourrais juste aller nous chercher quelque chose. », gesticule Stiles. « Je veux dire, il n'y a que nous, mon père ne devrait pas rentrer avant des heures. »

« Je vais venir avec toi. », répond Derek. Le fait que Stiles n'ait pas fait une seule blague sur ce que Derek a dit est très parlant. Il prend son sous-vêtement et son pantalon par terre et les enfile. Stiles s'habille aussi et, quelques minutes plus tard, ils sont dans la cuisine. Stiles s'affaire à préparer du thé. « Alors. », dit Derek en appuyant sa hanche au plan de travail. « Parle-moi. Je veux aider si je peux. »

Stiles se passe une main dans les cheveux. « Je, euh. Désolé de t'avoir menti. Vraiment. Je savais que tu ne serais pas content, mais Peter... Il m'a dit que je devais apprendre à garder ses secrets. Comme tu l'as deviné, je n'étais pas au supermarché. En fait, je, euh, je mettais des micros dans l'appartement du kéké. Et dans sa voiture. »

Derek joue avec l'idée. « Okay. » Il pense pendant encore un moment, puis soupire. « Écoute, ce qui me dérange, autre le fait que tu m'aies menti, c'est que tu n'es pas heureux. Tu peux mettre des micros où tu veux. Mais les secrets te font du mal. »

« Ce n'est pas le – c'est que - » Stiles fait quelques mouvements pendant encore quelques secondes avant de s'immobiliser et continuer. « Je le laisse tomber. Je laisse tomber tout le monde. Il m'a confié ça et je ne peux même pas le résoudre. Je n'arrive pas à assembler les pièces du puzzle. »

« Pas encore. », dit Derek. « Et tu ne déçois personne. »

« Tu plaisantes ? Cora est misérable, Peter pourrait bien faire face au peloton d'exécution, mes notes sont au plus bas après tout ce que tout le monde a fait pour m'aider - »

Derek le coupe, puisque Stiles ne fait manifestement que s'énerver davantage. « Okay, je vais le dire. Peter n'aurait pas dû te larguer ça sur les épaules. Et quand il l'a fait, il aurait dû te proposer son aide quand il a été clair que ce serait complexe. »

« C'est pas comme si j'étais allé me plaindre vers lui. », dit Stiles en se frottant les bras. « Je veux dire, je ne veux pas... Je ne veux pas le décevoir. Je ne veux pas qu'il pense que j'en suis incapable, je ne veux pas devoir aller pleurer vers lui pour qu'il m'enlève l'affaire. Il me l'a confiée et m'a dit qu'il croyait en moi. Comment est-ce que je peux lui dire que je ne peux pas faire ça ? »

« Stiles, je pense que tu es assez intelligent et déterminé pour découvrir ce qui se cache là-dessous. », dit Derek. « Mais... » Il essaie de penser, essaie de trouver comment formuler sa pensée. « Okay, que fait Oncle Peter ? », finit-il par demander.

« Euh... Il vagabonde ici et là en étant énigmatique ? », hasarde Stiles.

« Certes. », concède Derek. « Mais il est la Main Gauche, non ? Que fait-il d'autre ? À part se comporter comme un enfoiré énigmatique ? »

« Je ne... Je suppose que je ne sais pas ? », dit Stiles. « Je veux dire, je sais qu'il n'a pas travaillé depuis l'incendie. Il ne travaillait pas pour ta mère à un moment ? Je ne crois pas qu'il était avocat, par contre. »

« Non. Il faisait des 'petits boulots' officieusement. Donc, il n'avait pas un emploi normal avant l'incendie. Être la Main Gauche était son travail. Ça l'est toujours. Et toi, tu fais quoi ? »

« Je vais à l'école. », répond Stiles. « Et je foire mon histoire. »

« Tu vas à l'école, fais tes devoirs, es Cordon Bleu, a des amis et une vie sociale, tu passes du temps avec ton père, tu travailles sur les affaires de Duke. », dit Derek en haussant les sourcils. « Tu vois une différence ? »

« Écoute, tu n'as pas besoin de me dire que je fais trop de choses en même temps. », s'exclame sèchement Stiles. « J'en ai bien conscience, okay ? »

« Ce n'est pas ce que je voulais dire. », répond Derek. « Ce que je veux dire, c'est que tu essaies de faire deux, voire trois jobs, en plus de la Main Gauche, qui est déjà un boulot à plein temps. Tu n'es pas en train de tout foirer, tu sais. Tu es juste confronté aux lois de la physique. »

« Ils m'ont viré de physique. », dit Stiles d'un air morose. La théière commence à siffler. « Passe-moi la – le truc pour attraper les trucs chauds. »

Derek lui lance une manique. « Eh bien, je suppose qu'on peut accuser l'école pour que tu ne saches pas qu'on ne peut pas être à deux endroits à la fois. »

« Ouais, c'est de leur faute. » Stiles semble au moins un peu amusé alors qu'il met de l'eau chaude dans les deux mugs. « Est-ce qu'on peut arrêter les discours de motivation maintenant ? Parce que je préfèrerais répondre à tes cinq cents questions sur le kéké, et ne pense pas que j'ignore que tu en as. »

« Tant que tu me promets au moins de penser à ce que je t'ai dit. Ou à ce que je voulais dire, parce que je suis certain d'être très nul pour les discours de motivation. »

Stiles le regarde et sourit légèrement. « Je préfères tes discours hésitants et mal construits que ceux de quelqu'un avec une langue d'argent. Je sais que tu penses ce que tu dis. Et... Seigneur, j'ai besoin de ton aide, je ne peux plus m'en occuper tout seul. »

Derek laisse échapper une expiration, profondément heureux que Stiles ait demandé. « Que puis-je faire ? »

« Bah, pour commencer, tu peux me poser tes neuf milliards de questions. », dit Stiles, son sourire devenant ironique. Puis, il ajoute : « Peut-être que ça m'aidera d'en parler avec quelqu'un, de toute manière. »

« Okay. » C'est un plaisir, vraiment. Il veut des réponses. « Alors, si Seth le crétin n'existe pas, qui est-il ? »

« Je n'en ai pas la moindre idée. », dit Stiles en commençant à remonter dans la chambre d'ami où sont affichés tous les posters. « Tout ce que je sais, c'est que Seth Freudenberg est une identité construite artificiellement. Très, très bien faite, mais quand même fausse. Je ne sais pas encore qui est ce gars. J'ai relevé ses empreintes et j'ai cherché dans le système – euh, c'est un crime fédéral, au fait, n'en parle pas – mais pour le moment, aucun résultat. »

« Alors celui qui joue le rôle n'a pas de passé criminel, ou alors il est très bon et n'a jamais été arrêté avant. », dit Derek. « Comment tu t'es rendu compte que c'était une fausse identité ? »

Stiles se mordille la lèvre inférieure. « Tout n'arrêtait pas de se vérifier, encore et encore, et au final j'en ai eu marre des impasses alors je suis allé dans la ville où il a fait son lycée. Je n'avais aucune idée de ce que je pourrais trouver, je voulais juste trouver quelque chose. Et je n'ai rien trouvé du tout. Genre, il a gagné des trophées de lutte, hein ? Son nom est même dans des articles de journaux. Mais l'entraîneur ne l'a pas reconnu. Et c'était il y a seulement deux ans, c'est pas comme si on parlait de décennies. Il n'est pas dans l'album de promo. Des trucs comme ça. »

« Huh. » Le regard de Derek parcourt les affiches. « Pourquoi ne falsifier que certaines sources ? Les journaux, mais pas les albums de promo ? »

« C'est simple. », dit Stiles. « Tu ne peux pas modifier un album de promo une fois qu'il a été physiquement imprimé et distribué. Tout ce qui a été changé, ça s'est fait via internet. C'était ouvert à des manipulations électroniques. Je n'ai pas regardé les microfilms des articles, seulement les articles en ligne. Je parie que les microfilms diraient quelque chose de bien différent. »

« Alors ce coup n'était pas préparé depuis des années. Ça... me fait me sentir un peu mieux. »

« Pourquoi ? », demande Stiles, curieux. « Je veux dire, qu'est-ce que ça change ? »

« Plus quelque chose est vieux, plus ça a de ramifications. », dit Derek en pensant aux arbres. « Ou en tout cas, a des opportunités de ramifications. »

Stiles recommence à se mordiller la lèvre. « C'est pas faux. », dit-il. « Mais ça a du sens. Ça doit avoir un rapport avec ce qu'il s'est passé après l'été dernier ? Je veux dire, avec la manière dont les Cérémonies de Recherche ont évolué. Ça doit être de... de nouvelles tactiques pour les saboter. »

« Ou pour nous. » Derek plisse le nez en s'entendant parler. « Sans vouloir paraître prétentieux. »

Stiles hausse les épaules. « J'ai travaillé avec cette hypothèse présomptueuse, donc... »

« Okay, au moins, il n'y a pas que moi. » Derek se détourne des posters. « Alors, tu as changé d'avis ? Tu penses que c'est les cérémonies qui sont ciblées, et non la meute ? »

« Je pense que... c'est peut-être un peu les deux. Si quelqu'un fait quelque chose pour saboter les cérémonies, commencer par nous serait un bon point, non ? Je veux dire, on est célèbres, merde. Et ils doivent savoir qu'on aurait de la réticence à contester le choix de Cora à cause de ce qu'il s'est passé quand ta mère m'a rejeté. »

« Ça a du sens, oui. », dit Derek. « Et s'il y a encore des membres de l'OLL là-dehors, je peux voir pourquoi ils voudraient saboter les cérémonies. Clairement, elles se fondent entièrement sur nos sens. Alors s'ils peuvent être manipulés... »

« Ouais. Le truc, c'est qu'on ne sait toujours pas comment. » Stiles se passe une main dans les cheveux, tirant des mèches dans son passage. « Est-ce que c'est de la magie ? Des drogues ? Un parfum ou une odeur ? »

« Je doute que ce soit une odeur, sinon, on la sentirait aussi. »

« Oui, mais imagine qu'ils arrivent à cibler un loup-garou en particulier ? » Stiles commence à faire les cent pas dans la chambre. « On ne sait pas. Le comportement de Cora est tellement aléatoire que je n'arrive pas à être certain à cent pourcent de quand il fait ça. Si c'est quelque chose qui dure longtemps ou pas. Est-ce que c'était juste un sort au début ? Ou quelque chose qui doit être répété régulièrement ? Je veux dire, elle sort avec lui le soir, mais c'est normal, ils sont un couple, alors je ne sais pas s'il y a des motivations malhonnêtes derrière leurs sorties tout seuls. »

« Et cela a-t-il un rapport avec le fait qu'Isaac l'ait rejetée ? », se demande Derek en regardant l'affiche d'Isaac. « Je pense qu'il est réglo. Bon Dieu, je veux qu'il soit réglo. Je veux savoir qu'il y aura quelqu'un pour Cora une fois que tout sera terminé. »

« S'il est influencé ou menacé, je n'ai pu trouver aucune preuve. », dit Stiles. « Danny garde un œil sur lui à l'école pour moi, il dit que les autres se moquent parfois de lui, mais rien de plus sérieux. Ça n'en est pas au point où ça en était avec moi. Et mon père a parlé au proviseur et à quelques profs à ce propos, il a clairement dit que laisser faire ne serait pas toléré. »

« Okay. » Derek fronce les sourcils. « Je suppose que, quand tu es allé chez lui, tu n'as pas vu de bouteilles étiquetées 'Comment je fais pour piéger Cora' ? »

Stiles a un reniflement qui ressemble à un rire. « Non. Aucun dossier libellé 'Preuves accablantes' non plus. Je l'aurais pris, sinon. »

« Eh bien, si on part sur l'hypothèse que c'est quelque chose qu'il doit recommencer régulièrement, qu'il ne s'agit pas juste d'un sort qu'ils ont lancé au début, peut-être qu'on pourrait essayer de les séparer pour un petit temps et voir ce qu'il se passe. »

« J'y ai pensé, mais je ne sais pas comment faire sans éveiller les soupçons. », dit Stiles. « Et on ne veut vraiment pas que Seth se rende compte qu'on est après lui. Il est le seul lien qu'on ait sur celui qui tire les ficelles... en présumant qu'il y ait quelqu'un. Je pense que c'est possible qu'il travaille seul, mais c'est bien plus probable que ce soit qu'un pion. » Il soupire à nouveau. « J'ai gardé une trace de leurs sorties et des humeurs de Cora – j'ai même des foutus graphiques – mais je n'ai pas réussi à trouver une constante. »

« Même, c'est quelque chose à garder en tête. » Derek y pense encore, réfléchit à ce qu'il s'est passé ces dernières semaines. « Ils ont essayé d'écarter Peter, pas vrai ? Seth a volé ses empreintes digitales pour pouvoir les mettre sur la scène de crime. »

« Ouais. » Stiles explique rapidement comment il a fait sortir Peter de prison, au moins temporairement. « Mais ça ne tiendra pas. Ils vont insister jusqu'à ce qu'ils trouvent une raison pour laquelle Sarah ne peut pas être coupable. Je pense que c'est une meilleure piste que Seth, en fait, mais papa m'a formellement interdit de m'impliquer dans l'enquête, alors... »

Sagement, Derek ne donne pas son opinion sur l'ordre du shérif. « Eh bien, ton père est un bon enquêteur. S'il y a quelque chose à trouver - »

« Il ne trouvera pas, parce que ces foutus flics à Santa Rosa sont inutiles. », le coupe Stiles. « Ils sont convaincus que c'est Peter le coupable et ils n'admettent rien d'autre. » Il se passe les mains sur le visage. « Et puis, il y a Seth. À ce point, je serais bien heureux de me contenter de lui briser les rotules, mais Peter ne veut pas risquer ça à cause de l'infime possibilité que ce qu'ils ont fait à Cora implique que Seth soit vraiment son compagnon. Coûte que coûte. Voilà pourquoi j'ai mis des micros dans son appartement. Et j'ai aussi besoin d'accéder à son ordinateur, mais je ne sais pas encore comment faire. Danny est bon avec les ordis. En fait, il s'est fait arrêter il y a deux ou trois ans pour un piratage. Je n'ai pas les détails. »

Derek reste calme une minute. « Je peux occuper Seth si tu as besoin que Danny accède à son ordinateur. »

Stiles acquiesce. « Oui. Laisse-moi y réfléchir. Et en parler à Danny, bien sûr, parce que je ne peux pas vraiment lui faire tomber ça dessus. »

« Okay. » Derek attire Stiles à lui et se noie dans son odeur pendant une minute. « Pourquoi n'irait-on pas regarder un peu la télévision ? »

Stiles se laisse aller contre lui. « J'ai un devoir à écrire pour ma classe d'écriture, sur les loups-garous dans les médias. Trois tableaux différents pour la classe de cordon bleu. Un test d'histoire lundi, et je n'ai pas regardé les affaires de Duke de la semaine... »

« Mm hm. », dit Derek. « Pourquoi n'irait-on pas regarder un peu la télévision ? »

Après un moment, Stiles plisse le nez. « Okay. Ça m'a l'air pas mal. »

OoOoOoOoOoOoOoO

La seule chose que Stiles apprend grâce au micro de la voiture de Seth est que le jeune homme a des goûts musicaux horrible. Il écoute toujours la musique très fort, avec les basses amplifiées. Stiles lève les yeux au ciel et oublie l'idée d'apprendre quoi que ce soit d'utile avec ce micro.

Ceux dans l'appartement se révèlent un peu plus utiles. Il n'y emmène jamais Cora, d'autant que Stiles puisse dire. Ce fait soulève une question intéressante. Si Cora et lui ne retournent pas chez lui quand ils quittent la maison, où vont-ils ? Comment peut-il le découvrir sans se faire repérer et, selon toute probabilité, se créer plus d'ennuis qu'il ne peut en gérer ? Il ne sait pas encore comment, mais il sait qu'il va devoir trouver un moyen. Ça paraît de plus en plus probable qu'il l'emmène quelque part où elle se fait ensorceler, ou droguer.

Mais ce qu'il entend le plus à l'appartement, c'est une double dose de mauvaise musique et un ou deux films de temps en temps. Puisque personne d'autre n'est jamais là, Seth n'a personne à qui parler quand il y est. Mais, quatre jours après que le micro soit installé, il entend une conversation téléphonique. C'est bref et énigmatique, mais ça lui donne une piste à explorer. Le téléphone sonne deux fois et Seth décroche avec un : « Ouais. » Il y a une longue pause. « Ouais, ça serait bien. Je vais bientôt en manquer. » Une autre pause. « Non, ça va... Hey, c'est vous qui voyez. D'accord. »

C'est tout mais, pour Stiles, ça confirme le fait que Seth n'est en effet qu'un pion et qu'ils ont besoin de trouver la personne qui a passé l'appel. Il n'est pas certain de ce dont Seth parle quand il dit qu'il va bientôt en manquer. De l'argent ? La drogue quelconque qu'il donne à Cora ? De patience ?

Il approche Peter avec hésitation un jour après l'école, pendant que tout le monde est occupé, à ses devoirs ou autre. Il peut voir que Peter a besoin de faire de vrais efforts pour revenir d'entre les pensées sombres dans lesquelles il s'est égaré. Mais il est là, et il écoute attentivement les conclusions auxquelles Stiles est parvenu jusqu'à maintenant. Stiles ne mentionne pas le fait qu'il a tout révélé à Derek. Il ne veut pas entendre Peter lui dire qu'il n'aurait pas dû. Il ne sait pas si Derek a raison quand il dit que la Main Gauche définit ses propres règles, mais il ne veut pas que Peter essaie de le séparer de Derek maintenant.

Quand il termine, Peter prend la parole. « C'est... C'est du très bon travail, Stiles. Tu t'es tenu occupé pendant que j'étais... ailleurs. » Son regard devient distant quelques instants. Stiles grince les dents en se demandant s'il doit essayer d'attirer l'attention de Peter. Mais celui-ci se secoue. « Alors, fais-toi aider par ton ami pour l'ordinateur. Rapporte-moi ce que tu trouves et on... on verra à ce moment ce qu'on peut faire, d'accord ? »

« Oui. », dit Stiles. « Ouais d'accord, ça me paraît bien. »

Il a besoin de mettre la main sur le téléphone de Seth pour savoir qui a passé l'appel téléphonique qu'il a entendu. Il n'est pas un pickpocket, mais Tyler lui donne une idée le jour suivant quand il n'arrête pas de faire tomber son petit gobelet. Quand Stiles apporte un pichet de thé glacé à la table, il 'trébuche' et renverse tout sur les genoux de Seth. Seth laisse échapper un glapissement pendant que Stiles s'excuse en feignant la frustration avec ses déficiences.

« Mes habits pourraient t'aller. », dit Derek en comprenant immédiatement ce que Stiles mijote. Il fait signe à Seth de le suivre. Dans la cohue, Stiles n'a aucun mal à prendre le téléphone, mais tout ce qu'il trouve c'est que l'appel venait d'un numéro caché. Il adorerait le cloner, mais il n'a pas de lecteur de carte sim. Il note mentalement de s'en procurer un. Mais il relève quand même la date et l'heure de l'appel. Peut-être que Danny pourra en tirer quelque chose.

Danny l'accueille le jour suivant avec une incrédulité polie. « Tu veux que je fasse quoi ? », demande-t-il et, quand Stiles soulève ses accusations de piratage, « Mec, j'avais quinze ans ! Ce dossier était clos ! »

Mais Stiles le flatte et le cajole et lui rappelle que, vraiment, ce serait un excellent moyen de se faire pardonner pour toutes les fois où il a vu Stiles se faire harceler et qu'il n'a rien fait. Danny se sent encore fort coupable à ce propos et, bien que Stiles essaie de ne pas en abuser, les temps désespérés appellent des mesures désespérées.

Danny se passe les mains dans les cheveux. « Écoute, je sais que tu penses probablement que je peux juste allumer l'ordi de ce mec, agiter ma baguette magique et passer à travers tous les protocoles de sécurité. Ça ne marche pas comme ça. Ce serait bien plus simple de pirater quelque chose, genre, son adresse mail. Il a une adresse mail ? »

« J'ai son adresse mail, son numéro de téléphone, sa carte étudiant et son numéro de carte bleue – ne me regarde pas comme ça, c'est pas comme si je l'avais utilisé pour m'acheter des jeux vidéo en ligne. Simplement – donne-moi ce que tu peux. »

« Est-ce que tu as une idée d'à quel point c'est illégal ? », demande Danny.

« Ça ne peut sérieusement pas être plus illégal que certaines choses que j'ai dû faire ces deux dernières semaines. », répond Stiles.

Danny grimace. « Okay, okay, mais... ne laisse pas ton père m'arrêter. »

« Promis. », dit Stiles. Il s'assoit devant ses devoirs. Il doit l'admettre, commentaires de Peter mis à part, c'est bien plus simple maintenant qu'il a enfin demandé un peu d'aide. Il peut avoir du temps pour ses devoirs sans stresser, car il sait que Danny va lui trouver des informations. Ça le détend assez pour que les choses commencent à lui revenir plus facilement. Il fait rapidement deux devoirs de biologie, un commentaire en histoire et la moitié de son projet pour la classe de cordon bleu, qui est un livre de recettes avec un guide nutritif.

« Tu as dit que c'était une fausse identité, hein ? », finit par demander Danny, et Stiles confirme. « Il est vraiment à fond dedans. »

« Comment ça ? »

« Eh bien, il va vraiment suivre ses cours, et tout ça. », explique Danny. « Je veux dire, il vit vraiment la vie de Seth Freudenberg, même quand il n'est pas avec ta meute. Il a même des notes plutôt décentes, et ce ne sont pas des cours où tu peux en louper la moitié. Ce mec n'est pas con. »

« Ouais, je suis en train de m'en rendre compte. », dit Stiles. « Qu'est-ce que tu as d'autre ? »

« Son adresse mail est un échec total. », commence Danny. « Que ce soit dans sa corbeille ou sa boite de réception, il n'y a que quelques trucs de Groupon, une ou deux newsletters de sa fac, et une ou deux de sites politiques. Des sites généraux, pas de causes spécifiques. Est-ce qu'il a reçu d'autre choses ? Je ne sais pas, mais si c'est le cas, il nettoie sa corbeille très régulièrement. »

« Okay. », dit Stiles.

« J'ai ses relevés téléphoniques aussi, et c'est assez inutile. », continue le pirate. « Des appels de et à Cora. Et un appel tous les deux ou trois jours d'un numéro masqué que je n'arrive pas à tracer. C'est probablement un téléphone prépayé du coup, même si je pouvais le tracer, ça ne t'avancerait à rien. Mais je pense que c'est le mec qui a engagé Seth pour infiltrer ta meute. Et il a été engagé, j'en suis sûr. Regarde son relevé de comptes. »

Danny fait un geste et Stiles se penche par-dessus son épaule. Il épluche la liste des achats et ils ont tous l'air tristement normaux. Vingt dollars dans un restaurant, cinquante dans un supermarché, dix à l'épicerie du campus. Il n'y a que deux mille dollars sur le compte. Toutes les deux semaines, il dépose un chèque de ses 'parents' d'un montant de deux cents dollars, probablement son argent de poche. « Okay, et ? »

« Attend un peu. », dit Danny en continuant à faire défiler le relevé. Puis, il tapote l'écran. « Tu vois ça ? C'est un dépôt de mille dollars en liquide. »

Stiles fronce les sourcils. « C'est quoi ce bordel ? Où il a eu ça ? »

« Aucune idée. », dit Danny. « Je suppose que ce n'est pas son vrai compte en banque. C'est un faux qui a été ouvert pour Seth Freudenberg. C'est sur son vrai compte que va l'argent qu'il touche. S'il est intelligent, il le transfère directement en Suisse, mais c'est une autre histoire. Mais bon, tu vois, juste avant le dépôt, il commençait à tomber bas. Il y a cette grosse dépense à Fry's Electronics. Je suppose que c'est cette magnifique télé que tu as vu chez lui. Il a fait une folie, puis il a réalisé qu'il allait manquer d'argent. Alors il a juste pris un peu de cash sur son vrai compte pour couvrir. On ne peut pas tracer le liquide, et je n'ai aucune idée de comment trouver l'autre compte, mais c'est plutôt intéressant qu'il existe. »

« Et les chèques de ses 'parents' ? », demande Stiles. « Aucun moyen de les tracer ? »

« Si, et ça ne nous mène nulle part. Ils viennent d'un compte en banque au nom de Max Freudenberg, qui n'existe probablement pas. Toutes les deux semaines, quelqu'un vient déposer deux cents dollars en liquide, puis fait un chèque de deux cents dollars à Seth. » Danny hausse les épaules. « Ils ont bien couvert leurs traces, mais bon, il y a une limite à ce qu'ils peuvent faire, tu sais ? »

« Ouais. », dit Stiles. « Seigneur. C'est super intéressant, mais je ne sais pas si ça va vraiment aider. Je ne sais pas quoi faire de ça. »

« Ce n'est pas vraiment un franc succès. », acquiesce Danny. « Désolé, mec. »

« Nan, c'est pas grave. », répond Stiles en se passant les deux mains dans les cheveux. « Hey, je te vois vendredi à Dave and Buster's, hein ? »

« Je ne manquerais pas ça. », dit Danny. « Je vais te botter le cul au laser tag. »

« Probablement », dit Stiles en riant.