At Noon

Ce majordome aime

« Ce qui est possible mérite d'avoir sa chance. »

Albert Camus

Sur la bande il n'y avait plus rien, Lilith semblait avoir perdu la vie dans l'incendie mais cela ne faisait aucun sens, pourquoi une sorcière contrôlant le feu serait morte dans les flammes de sa propre magie ? Serait-elle alors coupable de sa propre destruction ? Peut être que le feu lui même pouvait blesser son utilisateur si celui-ci le désirait. Mais cela ne faisait toujours pas de sens. Si elle c'était suicidé peut être mais alors comment avait-elle survécu.

-Hum...peut être que la malédiction...

-Malédiction ?

-Mon frère a été maudis après avoir dévoré l'archange Gabriel, ils vivent tous deux dans le même corps dans une symbiose destructrice, c'est pour ça que nous nous sommes séparé, j'avais de grand doute, je ne savais pas si le Gabriel que je connaissais était le démon ou l'ange, il avait aussi des excès de violence et de destruction massive qui ne me dérangeait pas au début mais je m'en suis lassé, le chaos est bon à petite dose. Puis il y avait, toute les femmes qu'il rencontrait.

-Comment ça ?

-Il est condamné à aimer être aimé, puis détester et souvent tuer. C'est une malédiction de dieu lui même. Seulement, qui avait-il punis ? L'ange ou le démon ? L'histoire qu'il m'a raconté n'a jamais vraiment était clair.

-Et tu l'a rencontré comment ? Hésita Ciel à demander. Peut être Sebastian avait-il oublié enfin toute cette histoire de règle.

-Hum, combien de chat peuvent vivre dans le manoir à votre avis ?

-Très bien j'ai compris ! Répondit-il rageusement. Non Sebastian n'avait absolument pas oublié.

-Bon alors qu'avez vous fais alors ?

-Comment ça ?

-Pour que les shinigamis soit si en colère contre vous deux.

-Avoir répandu famine peste et guerre je suppose...

-Quoi ? S'étonna Ciel puis il se demanda pourquoi il était bien étonné, c'était un démon après tous, il pouvait être coupable de tous les maux de la terre. Presque tous. Les humains étaient capables eux même de créer leur propre maux.

-Il y a eu la peste noir bien sûr, je me rappelle aussi avoir brûler Rome. La vue des flammes avait été magnifique. Oh et une bonne dizaine de guerre, petite ou non.

-Mais pourquoi ? Dispersé le chaos était les seules choses qui vous amusiez ?

-L'entropie est une chose fascinante monsieur mais non, c'était pour nous nourrir principalement. Nous apportions le malheur et dans le désespoir, les humains appelaient à l'aide, n'importe qui. Nous n'avions qu'a nous rendre accessible et nous avions un très beau festin. Gabriel se faisait passer pour un prêtre et leur faisait des discours mouvant mais aussi très...malsain. Nous avions toujours ce que nous voulions. En toute honnêteté je ne suis jamais retourné en Enfer depuis ma naissance.

-Tu préfères la compagnie des humains ?

-Oui et là bas il n'y a pas de gracieux et fabuleuse créature comme les chats. Répondit-il en rayonnant.

Ciel n'était pas vraiment surpris, si il y avait bien quelque chose d'inconstant chez Sebastian c'était son amour pour les félins.

-Tu m'as dis que ton frère avait parfois des frénésies destructrice...si il en a une, tu me protégeras ?

Sebastian se tourna vers son jeune maître et se mis à genoux devant lui, il attrapa sa main avec délicatesse et déposa un baiser sur son anneaux.

-Avec mon corps et mon âme.

Ciel tressauta et cacha le rouge sur ses joues avec sa mains avant de lui répondre.

-Si tu avais une âme.

-Si j'avais une âme bien sûr.

Il se releva lentement, solennel.

-Mais j'espère que cela n'arrivera jamais et heureusement pour nous il n'a pas l'air de vous détester.

Ciel fut rassurer sur ce point, même si il était curieux de la manière dont Gabriel aurait bien réussi à briser leur contrat. Mais voulait-il vraiment le savoir ?

-Bien. Maintenant nous avons des informations sur elle, je crois que la société ne va apprécier de savoir que la grande Lilith Miober a été interné. Aussi cruel que cela pu être. Je peux donner cette information à la reine mais...

-Auriez vous des doutes monsieur ?

-Si elle épouse quelqu'un, son industrie va appartenir à son mari. Je trouve cela quelque peu...injuste. Bien sûr la reine serait heureuse de contrôler la compagnie Miober mais... je ne trouve pas que ce soit une bonne idée...

-Des remords monsieur ? Apprécierait vous dame Miober ? Répondit-il faussement étonné.

-Non, je la respecte, très peu ont gagné mon respect c'est tous...

-Même pas la reine ?

-La reine est ce qu'elle est.

-Vous pouvez peut être faire les deux à la fois ?

-Comment ça ?

-Trouvez un pion a placer dans les bras de Dame Miober tous en la mariant à un anglais, elle pourrait contrôler son industrie dans l'ombre et vous aurez remplis la mission de la reine.

-Ce n'est pas une mauvaise idée...nous n'auront alors aucun problème politique, Lilith restera neutre. Bien sûr cela déplaira à sa majesté mais j'aurai fais ce qu'elle m'a demandé. De plus, une alliance avec elle pourrait multiplier mes profits par...

-50 % monsieur, la Marquise a des relations partout et vous pourriez vous lancer dans les produits alimentaire militaire, vous impliquer dans les institution qui s'occupe des orphelins de guerre, améliorer l'image de la compagnie Phantomhive comme celle des Miober.

-Cela risque de grandement déplaire à sa majesté si elle découvre que son serviteur cherche son profit avant le sien. Je ne pense pas qu'elle soit une idiote mais que pourra t-elle faire exactement hein ? Répondit-il en souriant en coin. Si Miober avait pu se moquer si longtemps de la royauté sans jamais en subir une quelconque conséquence lui pouvait se cacher derrière cette ombre de mépris tous en obéissant fidèlement. Il doutait de toute façon que le règne de la reine ne s'éternise longtemps, il ne pouvait pas dépendre d'elle, ni lui faire entièrement confiance. Après tous, elle avait voulu le faire porter le chapeau d'un meurtre, ne serait-ce pas sa petite vengeance personnelle ?

-Mais vous allez le faire quand même, jeune maître.

-Exactement. Nous devrions parler à la marquise.

-Si elle nous laisse entrer à nouveau chez elle vous voulez dire.

-Elle nous laissera faire, elle n'est pas stupide.

Un moment silencieux de réflexion s'imposa puis Ciel se rendit compte d'une évidence qui lui échappait depuis bien une demi-heure.

-Sebastian...

-Oui ?

-Tu peux lâcher ma main ? Demanda t-il en détournant le regard.

-Oh. Répondit-il faussement étonné, amusé qu'il n'ai remarqué que maintenant qu'il ne l'avait pas lâché depuis sa promesse. Il sourit à son maître et retira lentement sa main, dommage se dit-il.

« _ »

Il pleuvait à Oxford, il pleuvait beaucoup, le temps était gris et Gabriel était de mauvaise humeur.

Lilith observait avec détermination par les vitres de la salle du balle, fixant les feuilles perturbé par l'eau et le vent. Lari était a côté d'elle, calme. Lilith Miober n'espérait jamais devenir une mère, mais depuis qu'elle avait invoqué Lari elle avait l'impression qu'un sens profond de la maternité c'était réveillé en elle. Un esprit si puissant à l'apparence si fragile vivait avec elle. Son apparence enfantine lui donner ce charme que Lilith aimait tant. Pour elle Lari était son fils, le fils qu'elle n'aurait sûrement jamais. Le fils que sa mère n'a jamais eu. Elle caressa ses cheveux de blé comme on caressait la tête de son premier né. Il l'enlaça avec douceur. Sa maîtresse, la marquise, son invocatrice, sa mère, allait mal. Mais c'était un jour qu'elle devait passer comme les autres, sans montrer sa faiblesse et sourire même si elle ne se sentait pas de cœur à le faire. Gabriel lui ne cachait pas son mécontentement, il n'aimait jamais les jours de pluie. Il devenait un peu paranoïaque à chaque fois qu'une goutte de pluie tombait et ça depuis 1 an. Depuis qu'elle lui avait dit qu'elle l'aimait.

C'était un jour comme les autres, il faisait beau, Lilith avait mis l'une de ses robes estivales légère, ses robes à la française, plus courte, sans corset. Elle n'avait jamais eu rien contre les corsets, elle trouvait leur sens esthétique plus attirant que leur utilisation, ils n'étaient jamais serré, elle avait la taille assez fine pour les porter à la juste taille. Elle jouait avec Lari prés du Lac sur son terrain quand elle vit quelque chose briller au fond de l'eau. Comme hypnotisé, elle s'en était approché. Elle c'était accroupis au bord du lac et avait plongé sa main dans l'eau, Lari ne remarqua qu'après coup que sa maîtresse s'approchait bien trop dangereusement du bord, avant qu'il n'ait pu intervenir elle était tombé. Il ne pouvait pas sauter dans l'eau, il disparaissait si il entrait au contact du lac, il appela donc Gabriel au secours, non loin. Bien sûr, Lilith savait nager et elle n'avait pas de corset pour l'empêcher de bien respirer mais l'abysse l'entraînait lentement. Avec douceur elle s'engouffra dans les ténèbres. Si elle mourrait, peut être qu'il serait moins triste, peut être qu'elle ne verrait pas ce vide dans ses yeux à chaque fois qu'il la regardait, peut être qu'il serait en paix, que le cycle se terminerait avec elle, en valait-elle seulement la peine ? Elle n'était pas un homme, une femme convenable, invincible, immuable. Elle connaissait l'histoire et elle savait ce que le destin ferait d'elle. Il était trop tard pour elle, pour eux, elle laissait l'eau s'engouffrer dans ses poumons, elle observa les abysses se rapprocher et la petite lumière qu'elle avait vu précédemment s'intensifier, bientôt les profondeurs était atteignable, les dernières bulles d'oxygène s'envolèrent vers la surface. Après tous ça, vivre en valait-il vraiment le coup ? La lumière s'intensifia, elle ne savait plus si c'était son imagination, elle n'avait pas ressentit cela quand elle était morte la première fois.

-Tu es folle ! Hurla une voix si familière

-Hum... ?

Gabriel était devant elle, trempé. Il était magnifique comme à son habitude, il avait l'air en colère, ses yeux bleus brillaient si fort mais aussi avec tant de douceur.

-Oui. Je pense. Répondit-il t-elle. Totalement folle. J'ai cru que j'étais une sirène, c'est marrant non ?

-NON.

Elle lui fit un sourire, sans vraiment l'écouter, il serait triste si elle mourrait, elle devait en profiter, le rendre heureux le temps qu'il lui laissait, cette pensée romantique là fit rire.

-Pourquoi es-ce que tu ris ?!

-Je suis une idiote...ah ah, elle s'étouffa avec l'eau qui lui restait dans les poumons avant de se remettre à rire bêtement.

-Je n'aurai pas cru ! Pourquoi tu-

Elle déposa un baiser doux sur le coin de ses lèvres pour le faire taire.

-Je veux mourir heureuse. Pas comme ça.

-...Et ça c'est quoi ?

Gabriel désigna la chose qu'elle tenait dans sa main, l'astre qui brillait dans les tréfonds du lac était une épée. Aussi neuve qu'a sa création, sans impureté, magnifique, brûlant, brillant ,chatoyant. Elle lui tendit lentement l'arme blanche.

-L'épée de mon preux chevalier, je suppose.

-Tu es vraiment une idiote !

-Il faut dire que l'amour rend stupide.

L'amour rend tous le monde stupide, désespéré, sensible. Tous cela était stupide et en enlaçant son majordome comme si c'était la dernière fois, elle se dit que son opinion sur dieu n'avait pas changée, c'était un connard mais parfois il faisait les choses bien.

Elle lui fit un grand sourire quand il traversa la salle de bal, le regard sombre, les sourcils froncés.

-Je...je vais aller frapper sur des sans abris.

-A tout à l'heure ! Lui répondit-elle en lui faisant de grand signe.

Puis Gabriel disparu sous la pluie. Il avait décidément du mal avec celle là. Elle était bizarre et spéciale mais après tous était-il vraiment différent ?

Ciel se dit aussi qu'à ce moment ce qu'il avait ressentit quand Sebastian lui avait tenu la main était stupide. Il était fiancé, Sebastian était un homme et un démon de surcroît. Il avait aussi largement l'âge d'être son ancêtre et l'ancêtre de son ancêtre. Mais il était...attirant, le fait qu'il soit un démon avait peut être un rapport avec tous cela. Il n'avait jamais vraiment rougis comme ça avant, il avait rougis parce qu'il l'avait touché. Toute cette affaire le rendait bizarre, il avait hâte que tous cela se termine et pour lui tous cela allait se terminer bien.