13.
-Je suis désolé, Charlie, nous avons fait tout ce qui nous était possible de faire.
Je sentis une main chaleureuse se poser sur mon front. Ou suis- je ?
Que s'est-il passé ?
-Quand l'infirmière m'a appelé au central, elle m'a dit qu'il y avait eu une complication…
-Alice venait de quitter Bella et dans le couloir elle a entendu un bruit sourd provenant de la chambre, Bella était allongé à terre, elle a voulu prendre un objet sur la table de nuit et est tombée du lit. J'ai été appelé d'urgence à son chevet et en pratiquant un rapide examen, j'ai pu constater qu'une de ses côtes déjà bien fragilisée par l'accident s'est brisée et par la même occasion a percé sa paroi abdominale. Je l'ai emmené d'urgence au bloc. Nous avons fait le maximum, Charlie. Toutes les tentatives de réparations et de soudures ont été vaines, elles ne tenaient pas, l'hémorragie a été plus importante que prévue, nous n'avons pas pu la contenir.
Ohé je suis là !! Papa !! Carlisle !!
-Nous avons trouvé une carte de donneur d'organe dans les papiers de Bella, étiez vous au courant ?
Pas de réponse du côté paternel.
-Je suis navré de vous annoncer cela comme ça Charlie, mais des médecins ainsi que des coordinateurs vont devoir faire le nécessaire pour que les prélèvements d'organes se fassent dans les plus brefs délais afin d'éviter le moindre rejet et la moindre contamination. Je vais faire mon possible pour retarder l'arrivée des médecins et vous laissez le temps de lui faire vos adieux.
Charlie, je ne sais quels mots choisir à cet instant pour vous faire part de la peine que je ressens à cet instant. Bella faisait partie intégrante de notre famille et je le considérais comme ma fille également. Je vous présente mes plus sincères condoléances.
Toujours aucune réaction du côté paternel.
Ca commence sérieusement à m'inquiéter !! Papa, Carlisle !!! je ne comprends plus rien !!
Pourquoi est ce que je ne peux pas bouger ??
-Je te retrouve enfin et voila que l'on t'arrache déjà à moi… comme si le mariage ne suffisait pas déjà…
Papa…
-Je suis désolé, si je n'ai pas été un père parfait. Je ne suis pas très expressif quand il s'agit de parler de mes sentiments, j'ai surement du faire quelques erreurs ou maladresses involontaires. Je suis navré que tu es hérité aussi de ce trait de mon caractère… En tout cas toi, tu as été une fille parfaite. J'aurais du prendre soin de toi aussi bien que tu as su le faire avec moi. Si tout ça était à refaire, tout cela se serait passé autrement et si j'avais su que tu deviendrais une si belle jeune femme, et intelligente en plus, je t'aurais gardé plus souvent à mes côtés. Sauras-tu me pardonner un jour ?
Je sentis ses lèvres sur mon front. Humides.
Bien sur…
-Si tu savais comme je t'aime Bella, ma tendre Bella.
Je t'aime aussi papa
-Charlie, c'est l'heure…
Je sentis que je bougeais, enfin plus exactement que l'on me transportait je ne sais où.. je perçu des bruits de portes d'ascenseurs,… changement d'altitudes,…. On descend….. des portes qui s'ouvrent, je prends de la hauteur de nouveau… des portes qui claquent…. Puis un bruit de moteur…. Puis de nouveau une main sur mon front mais différente… glaciale….
-Bella chérie. Je sais qu'en ce moment même tu dois te poser pleins de questions quelque part la haut dans un recoin de ton petit cerveau…
Hé !!
-Dans ton cerveau d'humaine s'entend… je sais que tu m'entends et que tu perçois pas mal de choses en ce moment. Sache que ce que j'ai dit à ton père n'est pas totalement faux. Tu as fait une chute qui a entraîné une perforation de ton abdomen à cause d'une côte brisée. J'ai pu en quelques sortes faire que les soudures tiennent le plus longtemps possibles mais elles ne tiendront pas indéfiniment.
Je suis désolée d'avoir recours à ce stratagème pour que tu puisses faire tes adieux à Charlie… mais nous ne pouvons plus attendre nous ne voulons pas te perdre à cause d'un malencontreux accident. Nous allons avancer ta transformation.
Pardon ?? … … … et le traité ?? vous n'y avez pas pensé ???
-Je sais que ce n'est pas très fair play de notre part concernant le traité mais nous ne pouvons pas nous permettre de te perdre, quitte à mettre notre vie en jeu avec les Quileutes.
Tu ne peux pas bouger car je t'ai administré un paralysant, c'est pour cela que tu as pu suivre l'échange que j'ai pu avoir avec Charlie. Les effets devraient bientôt se s'estomper. Nous allons bientôt arriver à la villa. Tout le monde t'attends.
Le bruit du moteur s'arreta et je perçus davantage de mouvement, des pieds sur du gravier… puis des portes qui s'ouvrent et quelqu'un me prit dans ses bras… des bras fort et puissant que je reconnus comme étant surement ceux d'Emmet.
- Apporte-la dans la chambre d'Alice.
Pourquoi pas celle d'Edward ?? D'ailleurs ou est il ??
-Je sens qu'elle va bientôt reprendre conscience.
C'est vrai ; je reprenais peu à peu possession de mes moyens. J'ouvris les yeux faiblement après plusieurs minutes. Toute la famille se tenait devant moi, plutôt au dessus de moi ! Edward était à mes côtés, un regard plein de tristesse avait envahi ses prunelles dorées.
-Je suis tellement désolée mon amour.
Une larme perla le long de ma joue. Il la cueillit du bout de son doigt.
-Le temps presse, rappela Alice.
Je ne pus articuler, ma bouche bougeait toute seule, et aucun son ne semblait vouloir en sortir. Je tournais les yeux vers Jasper, je savais qu'il percevrait mon désarrois.
-Elle est complètement perdue. Elle ne comprend pas l'empressement de sa transformation.
-Ce qui doit être fait doit être fait ; dit fermement Alice, elle se pencha vers moi embrassa mon front et glissa à mon oreille : tu comprendras bien assez tôt…
-Je vais t'injecter une bonne dose de morphine pour que les effets du poison soient amoindris, je ne dis pas que cela sera efficace mais ça atténuera un peu j'espère la douleur.
Je sentis le liquide agir assez rapidement.
-Je ne sais pas si je saurais m'arrêter à temps.
-Tu trouveras la force Edward, dit Esmée. Je le sais tu la trouveras.
Je le regardais fixement dans les yeux, les sons ne voulant toujours pas sortir de ma bouche. Essayant d'y faire passer tout mon amour, ma confiance aveugle que j'avais en lui.
-Une chose est certaine, elle a totalement confiance en toi, elle sait que tu le lui feras aucun mal, dit Jasper.
Edward ferma les yeux plissa son front et se pinça l'arrête du nez comme quand il est contrarié, il prit une grande inspiration même s'il s'avère que c'est inutile puisqu'il ne peut respirer !! Il se pencha vers moi, vers mon front, y déposa un tendre baiser puis descendit le long de mon nez pour capturer mes lèvres quelques centimètres plus bas. Son baiser fut tendre et chaste à la fois, sa langue trouva la mienne.
Il se détacha rapidement de mes lèvres, les embrassa une seconde fois puis poursuivit son parcours le long de ma mâchoire puis de mon cou. Il respira ma peau, y déposa de petits baisers tendres à nouveau, puis je sentis sa langue glacée me bruler le centimètre de peau qu'il avait précédemment recouvert de baisers. Sa langue se fit plus pressante et je sentis la naissance de ses dents sur ma peau et dans un seul geste, ses crocs s'enfoncèrent dans ma chaire. Le déchirement de ma peau me fit ouvrir les yeux, je sentis le venin s'infiltrer dans mes veines et commencer à s'infiltrer partout dans mon organisme. Il recommença l'opération, au niveau de ma poitrine juste au dessus du cœur. Il referma les plaies avec sa langue, laissant ainsi le venin à l'intérieur de mon corps.
Carlisle m'avait expliqué, je dirais, les rouages de la transformation. Je savais que cela avait été douloureux… mais je n'imaginais pas que c'était à ce point ! Je sentis le venin se rependre partout dans mon corps, le moindre muscle, vaisseaux ou cellule n'a pas été épargnée. J'avais l'impression d'être en feu, tout en moi était en train de mourir, de se modifier et le processus devait durer trois longs jours.
Je ne sais pas à quoi j'allais ressembler et je dois dire que je ne m'attendais pas à ressentir une telle douleur. On m'avait injecté de la morphine, je trouvais déjà que la douleur était insupportable, alors qu'est ce que cela aurait été si je n'avais pas eu cette injection ?
Je sentais que l'on me serrait fort la main comme si l'on voulait compatir à ma douleur. Surement Edward. Je me contorsionnais dans tous les sens, mes muscles étaient tendus à leur maximum, mon dos arqué. Je ne pouvais cependant hurler ma douleur, impossible de l'évacuer. Je voulais crier pourtant, la douleur était fulgurante et insoutenable !! J'avais envie que l'on m'arrache la peau pour faire sortir tout ce feu en moi !!
Autour de moi, se trouvait toujours les membres de ma famille. Malgré le fait que je ne pouvais prononcer un mot, je percevais vaguement les silhouettes à mon chevet. Je distinguais facilement Edward, à mes côtés puis Esmée derrière. Alice et Jasper étaient à l'opposé d'Edward et les autres devant moi.
Edward posa une de ses mains sur son front. Sa main glaciale me fit du bien quelques secondes mais la chaleur reprit son droit rapidement.
Malgré leur visage se voulant rassurant je perçus à cet instant leur tension. Je ne su si c'était ma transformation ou autre choses qui les perturbaient. Je les vis disparaitre chacun leur tour, Rose et Emmet les premiers, suivit de Jasper et Carlisle. Je sentis une main maternel me caresser le front et me murmurer quelques chose à l'oreille, je ne compris pas le sens de sa phrase. Sa main s'attarda sur mon bras droit. Puis disparut. Se fut autour d'Alice de mettre les voiles mais après avoir renouveler ses excuses. Je ne comprenais rien. Je n'arrivais plus à suivre. Entre le départ progressif de ma famille et la transformation qui s'effectuait en moi, je ne savais plus vraiment ou donner de la tête, ni sur quoi me concentrer. Je réussis cependant à rester un moment bloquer sur Edward. Plus une habitude qu'autre chose d'ailleurs ! Il me regarda, les yeux coupables et j'imagine, remplis de larmes s'il avait pu pleurer. Il embrassa mes lèvres , ma tempe et mon front.
Puis il disparut.
