Chap 13 : Let's go party !
« Mesdemoiselles, Ernest va bientôt arriver ! Vous allez enfin sortir de cette pièce où on doit partir sans vous
« C'est bon, on a fini ! » lança une voix étouffée du plus profond de la salle de bain.
Quelques secondes après, la porte s'ouvrit et quatre fabuleuses créatures sortirent à tour de rôle.
Sheppard, Ronon et McKay se figèrent sur place, littéralement éblouis. Jennifer portait une sublime tunique bleue nuit cintrée à la taille qui sublimait la blondeur de ses cheveux. Elle était rayonnante. Rodney ne pu retenir un « waow » admiratif. Teyla, somptueuse, avait choisi un dos nu couleur rubis soigneusement assorti à la teinte de ses lèvres. Des pendants d'oreilles carmin agrémentaient sa tenue. Elle avait ourlé de brun ses yeux en amande et relevé ses cheveux sur sa nuque. John, la bouche ouverte était sans voix, complètement hypnotisé. L'athosienne le remarqua et se mit à rougir. Jeannie, arriva à son tour : petit cache-cœur noir, boucles parfaites encadrant son visage, pendentif en onyx. Radieuse.
« Je savais que nous partagions les lieux avec les plus belles femmes du pays, que dis-je de la voie lactée, mais là, je dois dire que je suis soufflé par autant de beautés réunies au mètre carré ! » lança Sheppard qui semblait avoir retrouvé l'usage de la parole. Il n'avait toutefois pas quitté Teyla des yeux en débitant son discours.
Rodney réitéra son « waow », visiblement encore plus sous le choc que son compère. Amélia apparut alors la dernière. Ronon se leva du canapé tel un automate, au ralenti. Elle avait choisi une robe mi-longue vert émeraude à manches longues et subtilement décolletée, qui eut droit à un haussement de sourcil significatif de la part de Sheppard et McKay.
« Banks… ça c'est du changement… » bafouilla le militaire.
Elle portait des bottes en cuir marron à talon et de superbes créoles en argent. Elle avait légèrement ombré ses paupières, rosi ses lèvres et ajusté ses cheveux en arrière à l'aide de deux fines tresses.
Rodney lâcha son troisième « waow » consécutif tandis que Ronon restait planté sans rien dire à dévisager la jeune femme qui se sentit soudain un peu mal à l'aise d'avoir tous les yeux braqués sur elle.
« Les tresses c'est mon idée ! C'est pour être en parfaite harmonie avec Ronon ! » lança Jeannie, toute guillerette. « Oh et vous messieurs ! Qu'est-ce que vous êtes beaux ! Vous nous aviez caché ça ! Vous avez aussi couru les magasins cet après-midi ? »
John, Rodney et Ronon n'étaient effectivement pas en reste… Ils avaient tous trois soigné leur look pour la soirée. Chemise blanche décontractée et veste sombre pour John, faisant ressortir la couleur de ses yeux, des tons gris pour Rodney et coordonné noir pour Ronon. Ce dernier avait attaché ses mèches en arrière pour dégager son visage. Teyla aurait même parié qu'il avait taillé son bouc… John avait semble-t-il tenté de coiffer ses cheveux… Peine perdue. Et Rodney… était resté Rodney.
« Merci du compliment, effectivement j'ai fait quelques petits achats pour nous trois cet après-midi moi aussi, ajouta Sheppard. D'ailleurs, j'ai eu beaucoup de mal à trouver quelque chose à la taille de Ronon… »
« Vous êtes magnifiques » décréta Amélia.
« Bon, si on arrêtait de s'extasier devant nos petites personnes et qu'on enfilait nos manteaux, Ernest ne va pas tarder… »
« C'est bien vous qui dites ça Rodney ? Vous avez passé une heure devant le miroir tout à l'heure ! » rétorqua Sheppard.
« Oh vous ça va !»
Il s furent interrompus par le bruit de la voiture d'Ernest qui stoppa devant l'entrée.
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Elle aimait respirer l'odeur de sa peau. Un parfum subtil et enivrant. Quand il embrassa son cou, par petites touches, elle se mit à frissonner. Puis elle dessina du bout de ses doigts la ligne descendante de sa colonne vertébrale jusqu'à ses fesses. Elle aimait aussi sentir son corps sur le sien, sa chaleur, son désir, sa puissance… Sa douceur aussi…
La bouche descendit sur ses seins, la langue caressa son ventre … Elle ferma les yeux, l'attira à nouveau face à elle, pour qu'il la regarde, droit dans les yeux. Ses yeux… ses mains … Alors il s'introduisit en elle, lentement, en goûtant ses lèvres avec fièvre. Ils entrelacèrent leurs doigts brûlants. Il se mit à onduler avec souplesse et elle épousa chacun de ses mouvements. Ils ne firent plus qu'un. Le rythme s'accéléra. Elle fut bientôt au bord du gouffre. Une vague de plaisir la submergea. Elle tomba dans le vide…
« Amy… On est arrivé… »
La jeune femme ouvrit brusquement les yeux.
Ronon lui faisait face, un grand sourire aux lèvres. Les autres étaient déjà sortis de la voiture.
« Oh, euh… désolée, j'étais partie … ailleurs… dans mes pensées… » balbutia la jeune femme, le feu aux joues.
Elle tenta alors de calmer les battements de son cœur. Mais lorsque Ronon prit sa main pour l'aider à descendre, le contact des doigts tièdes du satédien l'électrisa davantage.
« Et est-ce que j'en faisais partie ? »
« De quoi ? »
« De tes pensées…»
En guise de réponse, Amélia lui rendit son sourire.
« Bon vous venez? » lança Rodney depuis le perron de la maison de Lily.
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Il y avait déjà une bonne trentaine de convives qui discutaient gaiement, un verre à la main, dans la vaste salle à manger du « bed and breakfast » de Lily Campbell. Quand l'équipe, précédée d'Ernest, se présenta sur le seuil, la pétillante quinquagénaire vint les accueillir chaleureusement.
« Tu te rappelles de la crevette ? » lança Ernest.
« Bien sûr ! Oh ! Mon petit Meredith, je suis bien contente de te revoir ! Jeannie ! Entrez, je vous en prie ! Vraiment ravie de vous recevoir tous chez moi ce soir ! Et au fait ? Comment va cette chère May ? »
« Tout d'abord merci à vous de nous avoir invités et joyeux anniversaire » fit Rodney en embrassant la vieille dame. « Et en ce qui concerne May elle était furieuse de rater votre fête, vous la connaissez ! »
« Ah ! Je sais que ta tante est une force de la nature ! Je passerai la voir demain. Mais en attendant, présente-moi tes amis ! »
Rodney s'exécuta et tous furent priés de rejoindre le bar. L'ambiance était très conviviale et les nouveaux arrivants furent rapidement assaillis de nombreuses questions par les membres de la famille de leur hôte. Un des neveux de Lily était chargé de la musique et passait de vieux standards de soul et de rock américains pour le plus grand plaisir de John. Teyla, qui avait emmitouflé Torren dans son petit anorak, fut gentiment conduite dans une des chambres transformée en petit dortoir où de petits lits d'appoint étaient installés. Apparemment, les bambins ne manquaient pas ce soir et elle put coucher son fils, au chaud et loin du bruit, au milieu d'autres enfants de tous ages.
« Ne vous inquiétez pas, il sera bien ici et si vous décidez de rester ce soir, votre chambre sera juste au bout du couloir, lui avait assuré Maya, une des nièces de Lily. Vous pourrez l'entendre s'il se réveille cette nuit. »
L'athosienne l'avait remerciée et avait rejoint le reste de ses amis l'esprit tranquille. Ou plutôt, pas si tranquille que ça. La façon dont John l'avait regardée tout à l'heure avait réveillé en elle cette terrible frustration… Non… elle avait décidé de parler à Kanaan avant d'entamer quoi que ce soit… Mais ce soir, il était là, incroyablement séduisant… Incroyablement sexy… Incroyablement…
« Teyla ? Tout va bien ? »
L'athosienne émergea brusquement de ses réflexions pour constater que Ronon se tenait debout devant elle et lui tendait une coupe.
« Oh, merci Ronon, je viens de coucher Torren, oui tout va bien… »
« Euh… dites, je voulais m'excuser pour tout à l'heure… »
Teyla le fixa droit dans les yeux et il baissa les siens.
« Ce qui se passe entre Sheppard et vous ne me regarde pas. »
« Ronon, merci pour votre sollicitude et merci de respecter mes choix. »
Le satédien inclina la tête en guise d'assentiment. Une voix résonna de l'autre bout de la pièce et annonça que le buffet était ouvert.
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« Vous allez me goûter ça ! » s'exclama Ernest en remplissant les verres de Sheppard, Ronon et Rodney presque à raz bord.
« Oh là ! Doucement ! Je crois qu'il va falloir prévenir les filles que l'une d'elles devra conduire pour le retour ! » répliqua John.
Les accords endiablés des Stones résonnèrent soudain pour réchauffer encore un peu plus l'atmosphère. Au son de la voix de Mick Jagger et de son « Satisfaction », Ronon avala le liquide incolore d'un trait sous le regard ahuri de ses comparses. Ernest se mit à sourire.
« Un vrai guerrier ! » lança le vieil indien.
John et Rodney se regardèrent. Bon, ce n'était pas le moment de passer pour des chiffes molles…
« Vous allez voir, c'est pas si fort » les encouragea le satédien.
« Non mais en fait, l'alcool ne m'a jamais trop réussi… » balbutia Rodney. « Quand j'étais à la fac… »
« Allez McKay ! Vous n'allez pas me lâcher sur ce coup-là ! Et puis nous devons fêter votre future paternité dignement ! » fit Sheppard en avalant cul sec.
« Félicitations McKay ! » s'exclama Ronon en brandissant un second verre.
« A la tienne Meredith, enchaina Ernest, à Jennifer et au bébé ! »
« Ok… alors, à mon coma éthylique éminent de futur père… » maugréa le scientifique en imitant le lieutenant colonel.
Une coulée de feu se répandit dans sa gorge et son œsophage. Il resta un instant sans bouger, le regard vide en attendant de voir s'il allait s'écrouler tout de suite ou si ça allait prendre un peu plus de temps.
« Un vrai guerrier McKay ! » lança Ronon en lui assénant une tape ans le dos.
Manquait plus que ça… En plus d'avoir le tube digestif complètement liquéfié, il avait maintenant une épaule déboîtée.
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« Cette fête est très sympa » lança Amélia en venant s'asseoir près de Jennifer retranchée dans un petit coin calme de la salle.
« En effet, les gens sont très gentils ici. »
« On n'a pas eu l'occasion de parler depuis mon retour… Est-ce que ça va ? »
« Eh bien, je dois avouer que ce qui m'arrive est une surprise. C'est déroutant, effrayant… Mais je suis très heureuse. Rodney…»
Elle avait prononcé ces derniers mots en jetant un regard vers le scientifique visiblement en train de passer un sale quart d'heure au bar entouré de Sheppard et Ronon. Teyla vint alors se joindre à elles et prit la conversation en marche.
« Enfin… J'ai peur que tout ça le dépasse un peu… C'est si soudain. On ne sort réellement ensemble que depuis quelques mois et puis ce retour de la cité sur Terre… »
« Alors si vous voulez mon avis, et je suis sûre que Teyla est d'accord avec moi, Rodney est absolument dingue de vous. C'est quelqu'un de bien Jennifer mais là, je ne vous apprends rien. Il doute peut-être en ce moment, et c'est normal, mais tout va s'arranger… Votre couple, c'était inévitable… Et il va vite comprendre que ce bébé est un don du ciel, si ce n'est pas déjà fait. »
Jennifer baissa les yeux en souriant. Teyla lança un regard complice à Amélia. Elle n'aurait pas dit mieux.
« Merci Amy… Merci à vous aussi Teyla pour avoir été là tout à l'heure… »
« Il n'y a vraiment pas de quoi Jennifer, ajouta l'athosienne, je suis heureuse si j'ai pu vous aider. »
Jennifer prit alors une grande inspiration et décida qu'il était temps de parler d'autre chose que d'elle-même.
« Bien ! Alors Teyla ! A présent, dites-nous donc où vous en êtes avec John ! »
Amélia lança un regard interrogateur vers l'athosienne puis vers Jennifer, visiblement satisfaite de son petit effet.
« Vous et le lieutenant colonel ? » murmura-t-elle en se penchant vers l'intéressée.
Teyla capitula. Elle jeta un coup d'oeil vers le bar. John y était accoudé, riant avec Ronon et Rodney. Bien que le sujet lui brulât les lèvres, Amélia s'abstint de parler de Kanaan. C'était inutile, elle avait compris. Elle avait bien vu comment le militaire et l'athosienne se dévoraient des yeux depuis qu'ils étaient arrivés à Whistler, qu'ils s'évitaient soigneusement en présence des autres… Elle se doutait que ces deux-là étaient, quoi qu'ils fassent, destinés à être bien plus que des amis… Leur alchimie sautait aux yeux… Elle se rappelait aussi les paroles de Teyla, l'ultimatum de son compagnon, la déception dans sa voix…
Pourtant, l'athosienne crut bon de devoir se justifier devant ses amies.
« Je ne voulais pas… » commença-t-elle, quand Jennifer la coupa aussitôt.
« Teyla, John est adorable. Vous êtes grande, lui aussi. Ces choses-là ne se commandent pas. Vous méritez d'être heureux tous les deux. »
Ce fut à Amélia d'acquiescer d'un signe de tête. Teyla les gratifia d'un sourire reconnaissant.
« Bon ! Alors on a parlé de Rodney et moi, de John et Teyla, ne reste plus que vous Amélia ! Comment s'est passé cette nuit torride avec Ronon ! Et pas de cachotteries ! »
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La température était encore montée d'un cran. Le repas terminé, ce fut l'heure de l'ouverture des cadeaux. La famille Matthews-Campbell était nombreuse et l'hospitalité du peuple squamish exemplaire. Lily adora le châle offert par les atlantes ainsi que la paire de boucles d'oreilles supplémentaire qu'Amélia et Teyla avaient dénichées dans une boutique alors qu'elles achetaient leurs tenues. Rodney, qui avait réussi à échapper à la troisième tournée « d'eau de feu » rejoignit Jennifer, en train de discuter avec Jeannie, près du buffet.
Alors ce fut le moment que choisit Lily pour faire un petit discours de remerciement. Puis elle leva son verre à la santé de tous les invités et crut fondre en larmes quand sa fille et son fils apportèrent l'énorme pièce montée recouverte de bougies multicolores.
« Mon Dieu ! Tant que ça ! Merci mes chéris ! » s'exclama-t-elle en embrassant David et Katy.
Une fois le gigantesque gâteau réduit à néant et les bouteilles de champagne bien entamées, la vieille dame, apparemment comblée, lança joyeusement un « Et maintenant, c'est le moment d'être un peu romantique ! », avant d'entraîner par le bras son pauvre voisin Georges qui se retrouva joue contre joue avec elle au milieu de la piste. Elle fit signe à son neveu qui s'exécuta. Otis Redding. « These arms of mine ».
Les couples se formèrent. Les corps se rapprochèrent.
« Mademoiselle Keller… » fit Rodney en prenant Jennifer par la main pour l'emmener sur la piste de danse sous le regard attendri de sa sœur.
La doctoresse se laissa conduire. Alors, il l'enlaça doucement.
« Docteur McKay, j'ignorais que vous dansiez … »
« Parmi tous mes talents c'est celui dont je me vante le moins » fanfaronna Rodney en posant doucement son front contre celui de Jennifer.
« Dis plutôt que tu ne voulais pas subir un autre assaut de tord-boyau ! »
« Ah ! Je suis démasqué ! Mais je voulais aussi rester un peu seul avec toi… Et te dire… Que je t'aime Jennifer Keller, que je panique comme un fou, que je vais essayer d'être un bon père même si je sais que je pars avec un sacré handicap… Mais je te jure de faire de mon mieux pour vous deux… »
« Tais-toi idiot ! » lança Jennifer, les larmes aux yeux, en lui donnant un langoureux baiser au milieu de la piste.
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« Amélia et vous avez un lien de parenté ? » demanda Ernest en resservant Sheppard.
« Non, pas du tout. Vous trouvez qu'on se ressemble ? »
« Pas physiquement mais, j'ai le sentiment que vous avez tous les deux quelque chose en commun… » fit Ernest en disparaissant dans la réserve derrière le bar.
« Décidément… ce type était vraiment bizarre… ». John commençait à ressentir l'effet désinhibiteur du breuvage spécial Ernest. Apparemment Ronon était plus résistant que lui mais cela faisait maintenant cinq bonnes minutes qu'il fixait sans bouger l'autre bout de la salle, où Amélia discutait avec un grand brun visiblement très intéressé. Sheppard se lança.
« Vous ne m'avez pas encore raconté ce qui s'est passé l'autre nuit avec Amélia… Au milieu de la forêt… Dans la cabane… Tous les deux… Seuls… »
Ronon lui jeta un regard en demi-teinte.
« OK, Chewie, si vous voulez pas en parler… »
Le satédien but une gorgée de bière avant de se décider à répondre.
« On s'est rapprochés. »
« Rapprochés… ?
« Assez près. »
« Bon sang ! J'en étais sûr ! Vous avez… ?» s'exclama Sheppard en dévisageant son comparse.
Devant l'enthousiasme évident du militaire, Ronon leva les yeux au ciel.
« Quoi ? J'ai le droit d'être content pour vous non ? Banks est une fille super ! Exactement ce qu'il vous faut ! »
« Ravi de l'apprendre. »
Sheppard resta circonspect devant la réaction mitigée de son ami.
« Apparemment, y'a un problème…ça… ne s'est pas bien passé ? » tenta John surpris lui-même de sa témérité.
En fait, il n'avait jamais vraiment parlé explicitement de sexe avec Ronon. Juste des allusions, comme ça en passant. Deux ou trois anecdotes échangées lors de sorties entre hommes mais sans rentrer vraiment dans les détails… Par contre, il leur était déjà arrivé d'échanger leurs avis respectifs sur le personnel féminin « célibataire » de la cité : Teyla bien sûr, Elisabeth parfois, Sam Carter plus récemment et Jennifer Keller à l'époque où elle ne fréquentait pas encore McKay.
Ce soir, l'alcool produisait son petit effet magique, et, ce qui l'étonna le plus, fut ce qu'il décrypta alors sur le visage de Ronon.
« Attendez … Regardez-moi un petit peu pour voir…Mais bien sûr que ça s'est bien passé…Très bien même… Bon sang, Ronon, mais vous êtes raide dingue de Banks ! »
« Sheppard… »
« Tatata…. ça crève les yeux! »
Sur ce, ils aperçurent le jeune indien et Amélia qui rejoignaient les autres danseurs.
« Mon vieux, je serai à votre place, je ne laisserai pas filer une fille comme çà… »
« C'est la deuxième fois que j'entends ça aujourd'hui » soupira Ronon.
Puis soudain, il déposa sa bière sur le comptoir, donna une tape amicale sur l'épaule de John et se dirigea vers la piste de danse.
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La pénombre avait envahi la salle. De petites touches de lumière bleutées émanaient du plafond bleu nuit. Une toile tendue rappelant la voute céleste. Alors, comme un signal, les premières notes résonnèrent… Il se faufila entre les couples enlacés pour arriver devant Amélia et son cavalier. La jeune femme se raidit à son arrivée. Le pauvre indien pivota et dut lever la tête vers le satédien. Impressionnant. Peut-être un peu trop pour lui et apparemment, sa partenaire de slow ne serait bientôt plus qu'un souvenir…
« Je peux ? » demanda Ronon avec une courtoisie inhabituelle qui amusa Amélia.
A regret, le jeune squamish s'écarta de la jeune femme qui le réconforta d'un grand sourire.
« A tout à l'heure Nathan, je te réserve une autre danse, promis… » fit –elle en tâchant toutefois de cacher sa soudaine satisfaction.
Ronon prit sa main.
« Tu veux… ? » demanda-t-elle un peu surprise.
La voix profonde de Jason Wade entama le premier couplet de « Everything » quand Ronon enlaça doucement la taille d'Amélia. Le satédien restait immobile devant elle, simplement à la regarder.
« On peut juste… » murmura-t-elle, « Ecouter la musique… »
You are the light to my soul…
Leurs corps s'épousèrent d'abord avec hésitation, puis avec évidence. Leurs regards étaient rivés l'un à l'autre. Prunelles d'ébène contre prunelles de jade… Autour d'eux, les ombres se mouvaient doucement.
You calm the storms and you give me rest…
Ils n'avaient plus besoin de parler. Il fallait juste profiter de cet instant, se laisser bercer, sentir leurs cœurs battre à l'unisson. Amélia cessa de respirer. D'une main, Ronon vint caresser sa nuque puis il se pencha doucement vers elle… Est-ce que c'était encore un rêve ?
You're all I want, you're all I need…
Leurs lèvres se touchèrent… il n'y avait plus personne autour d'eux…Plus rien à dissimuler… Tout était clair à présent…
You're everything…
Ne restait plus que le ciel étoilé au dessus de leurs têtes.
