Note d'auteur :

Haha ! Chapitre porte malheur pour le jugement de Black ! Treize comme les treize ans de Harry lors de son évasion, treize comme les treize années avant de montrer à Harry qu'il était innocent, treize comme les treize doigts de la main ! (euh...)

Chapitre 13 : Nous déclarons Monsieur Sirius Black...

* * * * * * * Łƴɲɳɑ * * * * * * *

Zut : j'ai les mains tellement moites qu'un strangulot pourrait y vivre. Et maintenant je sens la barre sur laquelle je les ai posé qui commence à coller. Et ces gens qui me fixent... Pourvu que mon maquillage soit impeccable, que rien ne coule, qu'aucun bouton de fièvre n'apparaisse... Sirius me fixe-t-il aussi ? Avec haine ?

-Comment avez vous su que le rat que vous avait apporté un jeune homme était Peter Pettigrew ?

-Et bien en fait, au début, je ne l'avais pas tout de suite reconnu, on me l'avait présenté comme étant susceptible d'être atteint d'une maladie virale et...

Une maladie virale ? Quel lien avec la question ? Rah ! Je suis en train de m'éloigner.

-Venez en au fait Miss.

-Hum, pardon... -je me sens rougir encore plus. Je l'ai reconnu car je l'avais déjà vu sous cette forme puis récupérer son apparence humaine sous mes yeux il y a plus de huit ans.

-De quelle manière, je vous prie ?

-James Potter se transformait aussi, comme l'ont expliqué les personnes qui m'ont précédée, et un jour... Sirius -un temps de pause infime s'installe, je me sens hésiter sur la manière par laquelle l'appeler- est venu me chercher car ils avaient besoin d'aide : James s'était gravement blessé sous sa forme animale. Ils ne pouvaient prévenir personne à cause de leur secret et j'avais les compétences nécessaires pour guérir une telle blessure. Peter était présent d'abord sous forme de rat puis à finit par redevenir... un homme, devant moi, alors que je soignais James en cerf. Plus tard dans la journée, ce fut Sirius qui m'avoua qu'ils étaient tous animagi.

-Pourquoi n'avoir rien dit au Ministère ? demanda une femme mûre aux cheveux noirs.

-L'amitié -encore ce mot, toujours en présence de Sirius, ça me donne presque envie de rire... si je n'avais pas autant envie de partir en courant-, le fait d'avoir promis... Ils n'étaient plus dans la phase d'entraînement, leurs transformations étaient complètes et très réussie, il n'y avait plus de risque pour eux.

-Cela reste pourtant illégal... Et un recensement aurait pu éviter bien des problèmes futurs, non ? reprend un homme.

-Monsieur, déclara Dumbledore au moment même où j'allais m'énerver. Seriez-vous en train de rejeter l'erreur de ne pas avoir fournis de procès à Mr Black sur Miss Ruffray ?

-Non, bien sûr que non, mais nous cherchons à savoir surtout pourquoi elle n'a pas témoigné plus tôt de la capacité qu'avaient ces jeunes hommes à se transformer, afin d'être certain de la valeur de son témoignage, expliqua l'homme au visage gras et flasque.

Je pris une grande respiration -qui me sembla à moitié bloqué par l'air déjà présent dans mes poumons- cherchant à éviter toute pensée qui m'énerverait : je suis nerveuse. Trop nerveuse.

-J'allais partir en Roumanie dans quelques jours lorsque cet incident est arrivé, cela aurait prit trop de temps et nous étions tous pressés à cette époque. Puis, je n'aurai pu en parler sans évoquer la blessure et donc, sortir du secret médical puisqu'au final j'ai soigné un homme qui voulait conserver cela en privé.

Houhou ! Je suis fière de moi pour ce coup-là... En même temps, voilà des années que j'ai préparé l'excuse pour le jour où on aurait découvert notre supercherie.

-Racontez-nous comment vous avez redécouvert Peter Pettigrew il y a trois jours, demande un homme métis aux cheveux grisonnant.

Je me mis alors à leur expliquer le plus brièvement possible la manière dont je me suis retrouvée en possession du rat tout en évitant soigneusement le nom de Weasley : je ne veux pas lui causer de soucis, le Ministère est à la recherche d'un bouc émissaire, n'importe qui leur conviendrait. Une fois le récit terminé, Dumbledore s'approche de moi pour me poser des questions :

-Était-ce la première fois que vous revoyiez cet homme depuis le soir d'Haloween 1981 ?

-Oui.

-Dans quel état était Peter lorsque vous l'avez retrouvé ?

-Avant ou après qu'il soit transformé de force au Ministère ?

-Avant.

-Il était particulièrement nerveux... Le jeune homme qui me l'avait confié en était lui même étonné puisqu'il m'a avoué que ce rat était d'une nature très paisible, toujours à dormir et qu'il ne l'avait jamais vu dans un état pareil.

-Ainsi, la peur que Black viennent le tuer le pèserait tant lorsqu'il est en rat qu'il ne pouvait bouger ?

-Je ne peux répondre à cette question. Ce qui est sûr c'est que lorsque je l'ai récupéré, il a tenté de s'enfuir à plusieurs reprises

-Ainsi donc, le fait de vous voir a provoqué chez lui un sentiment qui l'aurait rendu nerveux ?

-Plus que nerveux, j'aurais parlé de panique.

-Aviez-vous, par le passé, eut des mots avec Peter Pettigrew qui lui auraient donné une raison de vous craindre ?

-Je ne pense pas : nous ne parlions que peu ensemble et je ne me souviens pas avoir été menaçante avec qui que ce soit.

-Merci, ce sera tout.

Tandis que Dumbledore reprends sa place près de Sirius, je braque mon regard vers l'avocat de Peter qui s'approche de moi, par peur d'être prise de court face à ses questions... Mais surtout, parce que je n'ai pas le courage de regarder Sirius alors qu'il disait la vérité... Que pense-t-il de moi ?

-Etiez-vous en bon terme avec mon client ?

-Je pense que oui...

-Vous pensez ?

-Nous n'étions pas spécialement proche mais nous nous entendions bien.

-Pourquoi êtes-vous partie en Roumanie ?

-Parce que, pour le genre de travail que je fais, on y est bien mieux payé.

-Quitte à abandonner vos proches dans la guerre ?

-Objection, gronda alors Dumbledore.

Après quelques arguments entre le Magenmagot et les deux avocats que je n'arrive pas à entendre complètement, on m'interroge à nouveau.

-Vous n'avez été que très peu présente durant cette guerre, n'est-ce pas ?

-C'est exact.

- Comment pourriez-vous alors être au courant de ce qui s'y est passé ?

-J'ai revu les Potter peu de temps avant leur mort, j'ai appris qu'ils étaient en danger. Puis, ce n'est que quelques jours après le soir où ils ont été tués qu'on m'a fait part de plus de détails.

-Mais avant cela vous ne saviez pas que le traître était Monsieur Black, n'est-ce pas ?

-Je ne savais même pas qu'il y avait un traître parmi nos amis.

-Hmm... Donc vous étiez en contact avec lui ?

-Non, je ne recevais de lettre que de Remus Lupin et Lily Potter à cette époque.

-Bon... À propos de votre découverte des talents de mon client, il y a une divergence entre sa version et celle de Lupin et Black : il dit que c'est un loup-garou qui aurait attaqué James Potter, et plus précisément Remus Lupin. Ce dernier affirme que cela est faux, pourtant, cette nuit-là avait été une nuit de pleine lune. Pensez-vous que cela avait pu être une machination pour tuer Potter ?

-Machination pour tuer Potter, peut être -j'entends des murmures étonnés de toute part-. Nous étions en guerre comme vous l'avez rappelé, et James Potter était une cible de choix. Par contre, la blessure n'était pas celle d'un loup-garou, et je m'y connais assez bien pour assurer ce que je viens de dire.

-Pardon ?

-Je suis agent en soin de créatures magiques, je vous répète, et il m'arrive souvent de soigner des animaux blessé par des loups-garous, les griffures sont profondes, écartées, et on remarque qu'elles vont par paires car ces créatures attaquent avec les deux pattes antérieure. La blessure qui était sur le cerf était profonde, certes, mais la surface arrachée était bien trop grande pour des griffes... Cependant, là était la seule zone abîmée : rien aux jambes, ni à la tête. Pas même une égratignure : je suppose l'origine de cette balafre comme magique et non animale. Quelqu'un a peut-être cherché à tuer James Potter, mais ce n'était pas pour le dévorer. Et vu le comportement de ce dernier avec Sirius juste après mes soins, je ne pense pas que ce soit lui qui ait jeté le sort.

Et là, je remercie Remus et Dumbledore pour m'avoir donné l'idée : ben oui, jamais je n'aurais pu sortir ça toute seule.

-Et malgré cette pensée, vous n'avez rien dit à personne ?

-Non, James voulait éviter que cela s'ébruite et j'ai respecté son désir. Bien des blessures étaient dissimulées à cette époque, une de plus ou de moins ne m'étonnait pas plus que ça.

Personne ne trouve rien à redire à cette remarque. Enfin, on me laisse retourner à ma place.

J'y vais avec un peu trop d'enthousiasme et m'assieds à côté de Remus, qui tente un sourire ressemblant plus à une grimace.

-Ça a été ? je demande. Je n'ai pas trop raté ?

-Tu veux une note ? répond mon ami, avec toute l'ironie dont il est capable.

-Je suis aussi nerveuse qu'un niffleur face à un magasin de bijoux.

-Pareil... J'ai toujours du mal à croire que tu avais raisons pour...

-Ouais... Enfin, vu que je l'ai revu sans le croire, c'est moi qui me suis le plus trompée, non ?

-J'en sais rien, souffle faiblement Remus, tétanisé.

-Tu te rends compte ? Peter est vivant, murmure Kathy, derrière nous.

-Ce qui m'horrifie surtout c'est que Black a peut-être passé près de six ans en prison pour rien, lui répond son mari.

Je respire bruyamment, avec l'impression que cet air n'arrive pas à subvenir aux besoins de mes poumons, ne sachant comment agir : je suis soulagée de revoir Peter car un de nos amis est finalement vivant même si j'ai toujours du mal à le croire, je le hais plus que quiconque car toutes ces introspections inutiles étaient de sa fautes, car j'ai rejeté Sirius à cause de lui, parce qu'il a trahit James et Lily, qu'ils sont morts par sa faute... Mais l'émotion la plus forte dans mon coeur, pour le moment... C'est la peur.

-Remus, je marmonne, presque au bord des larmes à cause de la tension insoutenable.

-Hn, fait-il entre ses dents, je ne me demande même pas s'il m'écoute.

-Tu crois qu'il nous pardonnera ?

Aucune réponse.

* * * * * * ʆȋɾȋưƨ * * * * * * * *

Lynna a quitté la barre voilà un moment, laissant place à deux derniers témoins. Je sens que la tension monte, les murmures se font plus bas mais plus rapide, les grattements de plumes plus frénétiques, et ma respiration a du mal à ne pas se coincer.

-Monsieur Black, pouvez vous nous raconter ce qui s'est passé la nuit où Peter Pettigrew a disparu pour cinq ans et huit mois ?

Je hoche la tête, tente de prendre une respiration. J'ai peur de parler, je dois parler, j'ai peur de regarder les juges mais je dois leur montrer ma sincérité. Je suis terrorisé.

Ma voix sort d'une manière un peu irrégulière mais je sens qu'elle se stabilise de mot en mot. Je répète alors tous les événements de cette nuit qui m'a hantée tous les jours en prison, que j'ai revécue au rythme du souffle des détraqueurs... Je raconte comment j'ai poursuivi Peter, comment je l'ai coincé dans la rue, comment il s'est mis à crier pour ensuite jeter un sort et s'enfuir.

-Lorsque l'on vous a arrêté, vous étiez en train de rire... Drôle de comportement pour un homme innocent.

-Je... Je venais de tout perdre, je n'arrivais plus à distinguer les événements, je voulais tuer Peter pour me venger, comme si cela aurait pu me soulager. Et quand il s'est transformé, j'ai enfin compris... J'ai réussi à mettre de l'ordre dans toute sa manigance et cela m'a fait rire : le fait que j'ai été berné et piégé, qu'il ait eu un coup de génie, que tout avait été si bien préparé. C'est comme si je voyais la chose avec un regard extérieur et que je riais de moi-même.

-Vous dites avoir traqué Peter Pettigrew, pourquoi ?

-Parce qu'il avait été le Gardien du Secret et qu'il avait dévoilé le lieu où se cachaient Lily et James à Voldemort.

-Vous osez prononcer son nom ? Ne pensez vous pas que cela discrédite votre argumentation ?

-Au contraire : je n'ai pas peur de lui, je le hais, je dis son nom, contrairement à ses fidèles serviteurs qui l'appellent par un titre honorifique.

Certains juges se jettent des regards éloquents avant de se murmurer de rapides paroles. Enfin, la femme mûre m'interroge.

-Votre discours tiens la route même si je ne le crois pas encore, votre comportement est plutôt calme -ah ? C'est bien ça- et vous êtes cohérent dans votre défense alors que cela fait des années que vous êtes exposés aux détraqueurs... Puis-je vous demander comment avez vous réussi cet exploit ? Pure curiosité.

-Vous pouvez, et je vous réponds : il me suffisait de me transformer en chien. Les détraqueurs ne pouvaient me voir, juste me sentir or sous forme animale j'étais évidemment moins humain, et donc, selon eux, plus fous. Ils me faisaient moins d'effet et j'ai pu conserver une santé mentale pas trop défaillante. Avec cela, la pensée que j'étais innocent m'a permis de leur résister.

-En quoi cette idée pouvait-elle vaincre la force des gardiens d'Azkaban ? s'insurge l'homme au visage flasque qui m'est de moins en moins sympathique au fil de ses questions. Ils aspirent toutes idées de bonheur.

-Se savoir innocent lorsque vous êtes en prison, cela est un symbole d'injustice et avec un léger effort, on peut éloigner tout sentiment trop négatif et ainsi, rendre ce concept comme neutre. Cette neutralité, les détraqueurs ne pouvaient me la retirer.

-Merci bien, répondit la femme qui avait lancé le sujet et qui semble satisfaite de l'explication que je lui ai fournie. Messieurs les avocats, vous pouvez interroger Monsieur Sirius Black.

Bon, Dumbledore se positionne à nouveau au centre de la salle et se tourne vers moi, tentant de me défaire de mon anxiété par un sourire. C'est efficace mais pas assez malheureusement.

-Vous avez dit que Monsieur Pettigrew était le gardien du Secret, pourtant tout le monde s'accorde à dire que vous étiez l'ami le plus proche de James et Lily Potter. Pourquoi l'auraient-ils choisit lui ?

-Parce que je leur avais demandé : au départ, j'aurais du être le gardien, puis j'ai réfléchis et me suis dit que Voldemort devinerait aisément que ce serait moi, comme tout le monde l'a pensé. J'ai donc imaginé un plan pour protéger un peu mieux ce secret : le confier à un sorcier moins proche et surtout plus faible, un sorcier à qui personne n'aurait jamais rien confié.

Dit ainsi, on pourrait comprendre qu'il l'ait mal prit... Peut-être que si je l'avais énoncé autrement lorsque je lui avais expliqué mon plan, il ne nous aurait pas trahit ? Non, il était déjà de l'autre côté depuis un an. Ça ne sert à rien de parler du passé avec des si, l'important c'est de ne pas refaire les mêmes erreurs.

-C'est pourquoi j'ai convaincu James et Lily de choisir Peter, je me disais que jamais Voldemort ne penserait qu'il aurait pu être leur gardien. Sauf que, malheureusement, c'était lui l'agent double.

Dumbledore continue avec quelques questions puis me laisse face à l'avocat de Peter.

-Monsieur Black, votre avocat vous a protégé en disant que l'une des raisons qui rendait votre culpabilité impossible est le fait que vous n'ayez pas cherché à fuir à l'étranger... Donc, si mon client était coupable, pourquoi est-il lui même resté au Royaume-Uni pendant tant d'années ?

-Il devait rester dans le pays où voulait régner son maître et conserver un maximum d'informations au cas où ce dernier aurait repris du pouvoir afin de le rejoindre le plus rapidement possible. C'est aussi pour ça qu'il a préféré rester dans une famille de sorcier plutôt que dans les égouts.

-Une question subsiste pourtant : si vous êtes innocent, pourquoi avoir tué tous ces moldus ?

-Ce n'est pas moi qui ai lancé le sort qui a dévasté la rue. Vous avez pris ma baguette le soir où vous m'avez arrêté, examinez les sorts qui ont été utilisés, vous verrez qu'il n'y en a aucun qui soit familier à la magie noire.

Il ouvre la bouche, puis la referme... Il répète ce geste deux fois avant de baisser la tête et de faire signe aux juges qu'il en a fini avec moi.

Après un petit moment remplis de murmures, les juges demandent aux avocats de faire part de leur point de vue. L'avocat de Peter commence, critiquant le fait de prendre un proche et un membre influent du Magenmagot comme défense pour mon cas, qu'une machination a été montée contre son client, que depuis tant d'années, personnes ne se souvient exactement de ce qui s'est passé et qu'ainsi, j'aurai pu en profiter et insuffler le doute dans l'esprit des témoins, qu'il était impossible que Peter soit devenu le Gardien du secret et bien d'autre imbécillités qui me donnent envie de devenir un véritable meurtrier. Puis vient le tour de Dumbledore.

-Mesdames et Messieurs les juges, il est évident que la machination provient non pas de Sirius Black mais de Peter Pettigrew. Il connaissait une information qui ne devait être connue que du gardien du secret même, celle que les Potter devaient réaliser un sort de Fidelitas ; il a avoué que c'était Black qui l'avait pris en chasse et non lui, donc c'est Monsieur Black qui a cherché à se venger et Monsieur Pettigrew qui s'enfuyait contrairement à ce que l'on a cru si longtemps. Pourquoi un meurtrier pris au piège chercherait-il à commettre d'autre meurtre ? Il devrait plutôt s'enfuir... Comme l'a fait Pettigrew qui a prit la fuite en se tranchant un doigt pour se faire passer pour mort... Mais Black savait qu'il était un animagus, alors qui cherchait-il à berner ? Pourquoi hurler que Black a trahit les Potter pour ensuite se transformer en rat ? Pour quelle raison Black a-t-il détruit cette rue tout en évitant soigneusement Pettigrew ? Tout cela prend sens lorsque l'on inverse les rôles. Black a su se protéger se protéger du maléfice... Mais le prix fut la fuite de Pettigrew et les cinq années à Azkaban ! Pourquoi un homme innocent se cacherait-il aussi longtemps alors qu'il a obtenu l'ordre de Merlin première classe et bien d'autres honneurs de la part du Ministère si ce n'est par peur ? Pourquoi n'irait-il pas rejoindre ses proches ? Je suis certains qu'avec quelques réclamations, on lui aurait fournit des protections magique, et il devait le savoir aussi. Voulait-il fuir ce monde qui l'a déçu ? Alors pourquoi est-il resté dans cette famille de sorcier sous la forme d'un rat, si ce n'est pour se tenir au courant ? Sa longue absence est elle aussi du à la peur, non pas que Black, enfermé dans la pire prison qui existe le retrouve, mais que des Mangemorts pourraient vouloir venger celui qui a, indirectement et involontairement, mené leur maître à sa perte. Peter est le traître et l'agent double qui causa la mort de James et Lily Potter, ainsi que celle de douze moldus.

Les juges se jettent des regards, discutent entre eux. Étrangement, je remarque que personne ne parle à Croupton qui fixe les feuilles devant lui sans ciller... Ça veut dire quoi exactement ? Au bout d'un long quart d'heure, l'homme au centre demande qui pense que je suis innocent. Je fixe mes genoux mais j'arrive malgré tout à percevoir des mains qui se lèvent dont celle du sorcier qui a posé la question... Je n'ose pas compter, je n'ose pas regarder. Y a-t-il une bonne majorité ou non ? Puis vient la question de ceux qui me croient coupable. Là aussi un bon nombre de main se lèvent... plus qu'avant ? Je ne sais pas, je distingue à peine la première rangée alors... L'homme au centre reste silencieux pendant un moment, semblant compter les mains puis s'éclaircit la gorge, range à moitié ses feuilles devant lui comme pour faire durer le suspense juste pour voir si je ne vais pas avoir une attaque cardiaque entre temps.

-Nous déclarons Monsieur Sirius Black...

Je ne respire plus, je ne cligne pus des yeux, je suis presque mort de stress.

-... Innocent.

J'entends des applaudissements, quelques exclamations de surprises, des ordres entre journalistes qui jubilent face au scoop qu'ils viennent d'obtenir tandis que le juge tente de terminer sa déclaration avec quelques précisions dans ce chaos sonore... Et pendant ce temps-là, je ferme les yeux, expirant lentement toute cette injustice qui m'inondait jusqu'alors puis inspirant, comme si cette nouvelle s'était répandue dans l'air et faisait désormais partit de l'oxygène qui m'est nécessaire pour survivre. Je souris et je sens que mes yeux s'embrument légèrement malgré mes paupières closes.

Je n'entends même pas la sentence contre Peter Pettigrew, je sens juste les gardes s'approcher et Peter gémir de terreur. Voilà... C'en est fini de Wormtail... Il ne fait plus partit de ma vie désormais, juste de mon passé... Il occupera seulement ma cellule j'imagine. Les gardes s'éloignent, je le sens, et je sais que Peter part avec eux.

Tandis que j'ouvre les yeux, je vois Dumbledore me faire face, souriant, me tendant une main. Je remarque enfin que les chaînes autour de mes poignets ont disparut et je souris d'autant plus face à cette image. Je me lève en m'appuyant légèrement sur le siège et serre la main de mon avocat.

-Je vous dois combien ? je tente de plaisanter, même si je me demande réellement si je dois le rémunérer.

-Pas de ça avec moi, je pense que vous avez bien assez payé jusqu'à aujourd'hui. D'ailleurs, vous devrez remplir certaines formalités avant de quitter le Ministère.

-Je dois rester ici encore longtemps ? je demande un peu déçu.

-Quelques heures suffiront : c'est juste pour vous rendre votre baguette, vos affaires, une indemnisation et vous enregistrer en tant qu'animagus, finit-il avec un sourire amusé.

Une indemnisation ? Pour les années passées à Azkaban ? Comme si quelque chose pouvait rembourser cinq années de jeunesse gâchées. Quelle hypocrisie. Je sens le regard du directeur sur moi et je relève les yeux pour croiser son regard.

-Prenez-la, vous en aurez probablement besoin.

Je fais une moue peu convaincue puis jette un rapide coup d'oeil aux alentours : les juges rangent leurs affaires tandis que les aurors forcent les journalistes à sortir... Je devrais sûrement les remercier vu que je n'ai pas la moindre envie de faire une interview maintenant. Plus près, les témoins se sont levés et forment des petits groupes, certains décidant visiblement que tout cela est bel et bien fini et qu'ils peuvent partir sereins, d'autre jetant des regards aux alentours comme attendant un accord du Magenmagot pour s'en aller... Et enfin, Lynna et Remus, en face de deux personnes dont les visages me sont familiers mais je n'arrive pas à poser de nom dessus et qui semblent former un couple vu le bras que vient de placer l'homme autour de la jeune femme. Je ne sais pas si je dois aller les voir, j'ai peur. Peur qu'ils me rejettent, peur qu'on ne soit plus les même, peur de ne pas savoir quoi dire, peur qu'ils ne m'aient défendu non pas pour notre amitié passée mais pour leur conscience. Ou l'inverse ? Le couple les salue puis se retire, les laissant là, seuls. Lynna se tords les doigts dans tous les sens en marmonnant des paroles que je ne peux entendre à Remus qui semble lui aussi tendu, les mains dans les poches, ne desserrant que rarement les mâchoires.

J'ai envie de demander conseil à Dumbledore mais cela m'est impossible, premièrement parce que je n'oserais jamais le faire, deuxièmement parce qu'il a encore disparut.

Une boule s'installe dans ma gorge, mes entrailles remuent mais je décide enfin de m'approcher d'eux... Si je les remercie, ça ira, non ?

-Hum..., je marmonne, ne sachant par quoi commencer alors que je suis à un mètre d'eux.

Il semblerait que j'ai fait peur à Lynna qui me tournait le dos en ramassant son sac à main. Dois-je en rire ou en pleurer ? Ça m'a fait mal au coeur en tout cas mais rapidement je relativise à la vue du sourire moqueur de Remus : donc c'était de la surprise et non de la peur ?

Ce dernier se tourne vers moi et tente un sourire incertain qui me touche droit au coeur. Soudain je sens qu'il veut demander pardon, et le bonheur que je ressens est légèrement teinté d'amertume : on ne pourra jamais être comme avant ? On devra toujours s'excuser ? Dommage, j'aurais aimé... Autre chose.

-Je te demande de...

-Laisse, je le coupe. Personne ne pouvait le deviner.

Il sourit d'un air gêné, cet air qu'il affichait toujours lorsque James et moi l'entraînions dans nos bêtises. Ce souvenir vient tout juste de me revenir en mémoire. Je vais encore avoir du mal à tout ranger dans ma tête. Je tourne alors le regard vers Lynna qui semble avoir pris ma phrase comme une attaque fatale. Je dois lui pardonner ce qu'elle m'a fait en prison puisque finalement je suis sorti grâce à elle. Ça va être dur, il reste de cette haine façonnée par Azkaban dans mon être mais il le faut... Il le faut.

Je la vois jeter un regard soucieux vers les juges avant de me chuchoter d'une toute petite voix en baissant la tête:

-Je suis désolée pour la dernière fois... Je... J'ai été horrible alors que tu disais vrai et...

-Ça ira, maintenant je suis libre et c'est un peu grâce à toi d'après ce que j'ai compris.

-Oh, ne la complimente pas si facilement, rigole faiblement Remus. Elle a faillit le laisser passer !

-Mais... Occupe-toi de tes fesses ! s'exclame-t-elle en rougissant, ce qui me fait sourire autant que la stupidité de cette expression.

Elle suit un instant mon regard interrogateur puis me déclare que Remus était au courant de sa visite mais pas de ce que je lui avais dit et qu'elle m'expliquera tout plus tard en foudroyant notre ami des yeux. Ce tout petit moment fut magnifique, je ne sais pas s'ils s'en sont rendu compte mais, pendant quelques seconde, ils ont agit naturellement avec moi, comme avant. Je voudrai que ça soit toujours comme ça...

-Euh... Ou sinon, tu vas retourner directement dans ta maison ou préfères-tu qu'on te loge ? demande-t-elle avec précipitation.

-On ? murmure Remus avec ironie.

-Hein ? Quelle maison ? je m'étonne, la regardant avec perplexité.

-Ben... Le nouveau Ministre -Fudge, c'est ça ?- a dit que tu recevrais une indemnisation et récupérerais tes affaires... Dont ton ancienne maison. Non ?

-Je dois dire que je n'ai pas trop écouté, j'avoue, un peu honteux.

Ainsi donc, cet homme angoissé s'appelait Fudge ? Toujours bon à savoir... Et puis il a voté pour moi on dirait alors il ne doit pas être spécialement mauvais, juste un peu anxieux.

-Sirius... C'était ton procès et tu n'écoutais même pas ?! s'estomaque Lynna tandis que Remus se frotte les yeux de désespoir. Alors qu'on était tous au bord de la crise cardiaque ?

Je m'embarque alors dans une explication calamiteuse face aux expressions perplexes de mes amis qui, malgré tout, me font bien rire.

Au fond, si on a perdu notre manière d'agir entre nous, il suffit de la reconstruire pour la retrouver, non ?

C'est bizarre et je ne m'en rends pas encore tout à fait compte mais... On dirait bien qu'une nouvelle vie s'offre à moi désormais...

Non : maintenant, je peux recommencer à vivre.

*.*.*.*.*.*


Note d'auteur : "Je souris et je sens que mes yeux s'embrument légèrement malgré mes paupières closes."
Ici, à ce paragraphe, je pleure... De bonheur. Je ne sais pas... On l'a tous tellement désiré, non ?

Je pourrais presque terminer ma fic ici...

(Mais non, ce n'est pas du tout une manière de m'éviter d'écrire toute la suite où j'ai beaucoup de mal !)

LA ! OUI LA ! Je mérite une review !