Notes : Je sais que le dernier chapitre en a choqué plus d'un, mais vous étiez prévenus,
et dans le résumé il est bien spécifié que Rogue est mauvais... J'aime faire ressortir son côté sombre, c'est plus fort que moi ^^
Remerciements à tous ceux qui suivent cette fic et aux commentateurs ! Bonne lecture !
Avertissement : aucun
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Chapitre XII - Les risques du métier
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Quand Hermione reprit ses esprits, elle se demanda quelques instants où elle se trouvait. Elle reposait apparemment sur quelque chose de souple. Un lit ? Elle était à l'infirmerie ? Elle ouvrit les yeux et ne reconnut pas le plafond de l'annexe, normalement blanc. Celui-ci était vert, avec des serpents argentés. "Mais, je suis dans le lit de Rogue ! Oh, non !" Elle tourna la tête et aperçut son mari debout près du lit qui l'observait intensément, une lueur d'inquiétude dans son regard. Il s'approcha et une main pâle toucha son front légèrement et la retira aussitôt.
"Comment te sens-tu, Hermione ?
- Euh, bien, je crois... Que m'est-il arrivé ?
- Rien de grave, tu t'es évanouie suite à un orgasme... très intense... énonça-t-il en haussant un sourcil, un sourire narquois sur les lèvres.
- Oh !" Hermione rougit violemment au souvenir évoqué par le sorcier. Elle prit conscience de sa nudité sous le drap qu'elle tint fermement contre elle.
"Tu ne dois pas te cacher de moi, Hermione, j'en connais plus sur ton corps que toi-même..."
Son regard brûlant semblait voir à travers la faible protection textile.
"Pourquoi suis-je ici ?
- Suite à ta perte de connaissance, j'ai décidé de t'amener dans ma chambre en utilisant le sortilège de Désillusion. Je n'allais pas te laisser dans les cachots... complètement nue... ironisa-t-il. Tu aurais pu attraper froid !"
La sorcière détourna son regard, gênée. Il reprit, une nuance de remord dans la voix :
"Je sais que j'y ai été un peu fort avec toi, mais il faut avouer que j'avais des raisons d'être en colère après ton comportement immature et déraisonnable. J'espère qu'à l'avenir tu ne me mentiras plus."
Hermione n'osa pas répliquer, de peur de déclencher à nouveau la fureur de son époux. Il allait reprendre la parole lorsqu'un rictus de souffrance traversa son visage. Il tenait son bras gauche.
"- Il vous appelle, professeur ? demanda doucement Hermione. Severus acquiesça en silence.
- Je dois partir immédiatement. Préviens le Directeur qu'Il est mécontent et retourne dans ta chambre, c'est compris ?
- Oui professeur, ne vous inquiétez pas. Soyez prudent."
Severus ne répondit pas, ouvrit son armoire, s'empara d'une cape noire, d'un masque blanc et disparut par la porte pour rejoindre au plus vite le point de transplanage, à l'extérieur du château. La nuit serait longue, très longue, mais pas dans le bon sens du terme.
Hermione trouva ses vêtements posés sur une chaise, s'habilla rapidement, et nota en s'observant dans le miroir qu'elle n'avait nulle trace des gifles sur son visage. "Il a du me guérir durant mon inconscience". Elle prit de la poudre de cheminette et la lança dans la cheminée en s'écriant :
"Bureau de Dumbledore !"
"Miss Granger, que me vaut l'honneur de votre visite, à une heure aussi tardive ?" demanda le Directeur, en caressant sa longue barbe. Il avait l'air vieux, usé, malade, le teint jaunâtre, et tenait sa main droite cachée sous la longue manche.
"C'est le professeur Rogue, Monsieur. Il a été appelé par Vous-Savez-Qui. Il m'a demandé de vous dire qu'Il est mécontent.
- Effectivement, pour que Severus soit appelé un lundi soir est un fait rarissime, cela ne présage rien de bon. J'espère qu'il reviendra sans trop de dommages...
- Qu'insinuez-vous ? Que va-t-il lui arriver ?
- Miss Granger, pardon, Madame Rogue, votre mari prend de très grands risques en tant que double espion, et Voldemort n'est pas quelqu'un de patient ni de miséricordieux. Lorsque l'un de ses Mangemorts échoue dans l'une des missions confiées ou que les résultats ne sont pas à la hauteur de ce qu'il en attend, il peut être très cruel.
- Mais... c'est horrible ! Nous ne pouvons rien faire pour l'aider ?
- Malheureusement non, Hermione. Mais si cela peut vous rassurer, il revient toujours... Voldemort a trop besoin de lui pour m'espionner, répondit le Directeur d'une voix faible.
- Oui mais dans quel état ? murmura la jeune sorcière, son coeur étreint par une sourde angoisse. Je vais l'attendre dans ses appartements, Monsieur le Directeur. S'il a besoin d'aide, je serai là pour l'assister."
Dumbledore eut un petit sourire.
"Pourquoi pas, Hermione, pourquoi pas, tes connaissances médicales pourront lui être très utiles, d'autant plus que Madame Pomfresh est absente ce soir..."
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HG HG HG
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Reprenant le chemin inverse, la jeune fille retourna dans le donjon. Ses sentiments à l'égard de son époux étaient mitigés. D'un côté elle le détestait pour la manière dont il la traitait, de l'autre elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine admiration pour les risques qu'il prenait dans la lutte contre le Mal, et ce à l'insu de tout le monde, ou presque."Je vais attendre son retour. Si tout va bien j'irai dans ma chambre, sinon je l'aiderai."
La sorcière convoqua Winky et demanda un sandwich avec un jus de citrouille. Ensuite elle prit un livre dans la bibliothèque sur "La Transfiguration à travers les âges" et commença sa lecture, assise dans le grand fauteuil noir. Elle avait ordonné à l'elfe de faire une flambée dans la cheminée, et une chaleur diffuse se propagea dans la pièce. Une heure plus tard elle baillait aux corneilles, étirant ses membres engourdis par l'inaction. Vers 23 heures, la jeune fille s'était assoupie, le livre ouvert tombé sur le tapis persan.
Le bruit d'une chute la réveilla en sursaut. Son coeur battait à tout rompre. Elle se leva, sa baguette à la main et découvrit son mari étalé sur le sol de la chambre, sa main droite crispée sur sa baguette, le corps agité de soubresauts.
"Professeur ! Professeur ! Laissez-moi vous aider !"
Sans attendre de réponse, Hermione se pencha sur le corps et le retourna avec précaution de ses mains tremblantes. "Il est tout mouillé. Par Merlin, c'est du sang ! Que lui a-t-Il fait ?"
Une odeur métallique frappa les narines de la sorcière et envahit la pièce.
"Je vais m'occuper de vous, professeur. Vous êtes entre de bonnes mains."
Utilisant le "Levicorpus", elle installa Severus sur le grand lit. Elle retira le masque inquiétant de la tête et dégagea les longs cheveux noirs et gras. Elle constata que son visage était d'une pâleur effrayante et que la respiration était faible. Les mains fébriles, elle détacha la longue cape pour évaluer l'état de ses blessures. Mais l'examen n'était pas facile, car tous ses vêtements étaient ensanglantés.
"Pardon professeur, mais il faut que je vous déshabille."
Elle ôta consciencieusement tous ses vêtements, évitant de son mieux de le meurtrir. Il gisait à présent totalement nu. La jeune fille lança un sort de nettoyage. Les plaies étaient horribles, on pouvait voir la chair. On eut dit qu'une épée lui avait provoqué ses blessures.
"Je ne peux pas demander de l'aide à Dumbledore, lui-même a l'air en mauvaise santé, et Pomfresh qui n'est pas là... Pourvu que je m'en sorte !" Par acquis de conscience, elle envoya un message par son Patronus au Directeur. Quelques mouvements gracieux de la baguette et sa loutre s'envola dans les airs apporter sa missive orale. Elle revint vers Severus :
"Professeur, il faut que j'utilise vos potions de guérison. Laissez-moi entrer dans votre laboratoire, je promets de ne rien prendre d'autre, s'il vous plaît !"
Un borborygme fut la seule réponse à sa supplication. Elle se dirigea vers le labo et put y pénétrer sans problèmes, à son grand soulagement. Hermione murmura "Lumos" et prit tout ce qui lui semblait utile pour soigner le corps mutilé. "C'est de ma faute, si je n'avais pas volé le Felix Felicis, il ne serait sûrement pas dans cet état..."
Retournant auprès du sorcier blessé, Hermione le soigna de son mieux, remerciant intérieurement le Ciel d'avoir suivi un stage de deux fois trois semaines à Sainte-Mangouste cet été et l'été de l'année précédente, en juillet. Elle aidait également de façon régulière Madame Pomfresh à l'infirmerie pour compléter sa formation. Les médicomages de l'hôpital l'avaient chaleureusement complimentée pour ses aptitudes naturelles de soignante, et elle envisageait sérieusement de se lancer dans cette voie professionnelle après la septième année. Avant de commencer sa tâche difficile, Hermione ouvrit délicatement la bouche de son mari pour lui faire ingurgiter une potion anti-douleur, tout en lui murmurant des paroles de réconfort.
La sorcière passa ensuite sa baguette sur toutes les lésions, marmonnant des incantations magiques. Les coupures disparaissaient l'une après l'autre ou s'atténuaient, selon leur gravité. Elle appliqua ensuite le Dictame sur toutes les entailles maintenant quasiment refermées, avec un sang-froid impeccable, malgré les tressaillements qui parcouraient le derme meurtri. Peu à peu, presque toutes les blessures disparurent.
La sorcière appliqua pour finir une pommade cicatrisante. Elle recula, satisfaite de son travail et essuya de son bras les gouttes de sueur de son front qui menaçaient de tomber sur le blessé.
Celui-ci claquait des dents, et transpirait abondamment. Hermione prit sa température et releva 40 degrés. Elle fronça les sourcils, inquiète, puis convoqua Winky immédiatement.
"Apporte-moi une bassine d'eau fraîche avec un petit linge propre, s'il te plaît.
- Tout de suite, maîtresse Rogue !"
Il revint presqu'aussitôt avec les éléments demandés. La jeune fille ajouta une potion revigorante et trempa le morceau de tissu dans le liquide pour ensuite le passer sur tout le corps de son mari. Même meurtri, affaibli, Severus tenait toujours sa baguette dans sa main crispée. Elle savait qu'elle devait faire tomber la température avant de pouvoir lui administrer une potion de sommeil, sinon le risque de mourir serait trop important. Au bout d'une demi-heure, il n'avait plus de fièvre, seules quelques mèches noires collées contre le visage et le cou blêmes témoignaient de la dure épreuve qu'il venait de vivre.
Hermione, épuisée, approcha un fauteuil du lit, prit un plaid dans l'armoire avec lequel elle se couvrit. "Vous êtes un véritable mystère pour moi, Severus. Vous êtes souvent injuste, intransigeant, parfois cruel, et pourtant vous êtes capable d'une grande abnégation en risquant votre vie auprès de Voldemort. Qu'est-ce qui dans votre vie vous a rendu ainsi ? Pourquoi n'êtes-vous pas resté Mangemort mais avez suivi Dumbledore et l'Ordre ? J'aimerais tant le savoir, je vous comprendrais alors mieux... "
Quelques instants plus tard elle s'endormit, sa tête posée sur l'accoudoir. Au milieu de la nuit elle se réveilla, la nuque douloureuse. Elle se massa quelques instants puis alla voir si son mari allait mieux. Au moment où elle posa sa main sur son front pour vérifier si la température n'était pas remontée, une poigne de fer s'abattit sur elle et elle se retrouva allongée sur le lit, le corps de Severus au-dessus d'elle. Pour quelqu'un qui était mourant quelques heures auparavant, il faisait preuve d'une force peu commune.
"Que fais-tu dans ma chambre, Hermione ? Je croyais t'avoir demandé de retourner dans la tienne ?
- Je... je suis restée pour m'occuper de vous. Le Directeur m'a donné son autorisation. Madame Pomfresh est absente. C'est moi qui vous ai soigné."
Elle pouvait sentir la chaleur du corps du sorcier. Celui-ci la regarda intensément. Puis, aussi soudainement qu'il s'était jeté sur elle, il s'écarta et l'observa entre ses yeux mi-clos.
"Il est temps que tu t'en ailles, à présent. Tu as fait du bon travail, je suis guéri. Je... te remercie mais il faut que nous nous reposions avant que les cours ne reprennent.
- Bien Severus, je m'en vais. J'ai laissé une potion anti-douleur à côté du lit.
- Je te raccompagne." Il s'habilla en quelques claquement sde doigts et quelques minutes plus tard ils se retrouvèrent devant la chambre d'Hermione. La jeune sorcière ouvrit la porte, puis se retourna :
"A demain, Severus. Bonne nuit.
- Bonne nuit Hermione." Il ajouta d'un ton impérieux :
"Ne parle à personne de ce que tu as vu ce soir, tu comprends ? Seul Dumbledore doit être au courant, personne d'autre !" Son regard la transperçait.
"Oui Severus, je le promets, je ne dirai rien."
Le sorcier fit demi-tour, mais la nuit n'était pas finie pour lui. Il fallait qu'il rende compte à Albus de son entrevue avec le Seigneur des Ténèbres. Les nouvelles n'étaient pas bonnes.
SR SR SR
"Albus, Il est mécontent. Il trouve que je ne fais pas assez de progrès avec Potter. Apparemment il a été informé par un autre espion de Poudlard que le jeune homme est toujours ami avec Miss Granger.
- Cet autre espion est Draco, n'est-ce pas ?" Le vieil homme parlait lentement.
"Oui, certainement, et ce n'est peut-être pas le seul. Mais il y a pire : Il veut voir ma femme, et Il veut la rencontrer vendredi 26 au soir, au manoir Malfoy.
- Par Merlin, Severus, ce n'est pas possible, nous ne pouvons laisser faire cela !
- Hélas, je ne vois pas comment faire autrement. Il n'acceptera aucun refus. J'en ai payé chèrement les conséquences tout à l'heure... Comment allons-nous procéder ?
- Il faut la préparer au mieux. Il est primordial que tu lui donnes des leçons d'Occlumencie, et ce tous les jours de cette semaine et de la suivante, qu'elle puisse lui cacher le principal. Cela fait court, mais nous n'avons pas d'autre solution."
Severus ne semblait pas enchanté mais répondit :
"Bien, je vais faire de mon mieux. J'espère qu'elle est plus douée que Potter !
- Je te fais confiance. Tiens-moi informé de ses progrès. Comment te sens-tu ? Ton épouse m'a informé de ton état. Je constate que tes blessures ont été guéries.
- Oui, Elle est à ce qu'il semble très douée en Médicomagie." S'approchant d'Albus :
"Vous avez mauvaise mine, vous souffrez, n'est-ce pas ? Laissez-moi voir votre main."
Le Directeur lui présenta le membre nécrosé que Severus ausculta en fronçant les sourcils.
"Le mal empire, je vais vous donner une potion qui devrait retarder la propagation de l'infection et soulager la douleur. Il faut en boire tous les jours, matin et soir. Winky va vous l'apporter.
- Merci, Severus. Il est temps que tu te retires, tu as l'air épuisé toi aussi. Bonne nuit.
- Bonne nuit, Albus."
Les deux hommes se séparèrent. Il ne restait que peu de temps avant que le château ne s'anime...
