Disclamer : Les personnages appartiennent à JKR. Et personne n'est payé pour ça.

Auteur : Sebarrya (L'autoproclamée grande méchante du site Seb', lapidez moi sur la place publique, je vous en prie, j'adore ça).

Note : Pas grands choses à dire, je crois que ce qui vous intéresse vraiment c'est ce petit chapitre que j'ai écris. Bonne lecture.

Chapitre treizième :

If you can

La chaleur d'un corps. La douceur des lèvres d'un autre sur les siennes. L'oubli d'un instant. Je me suis laissé emporter. Laissé illusionner par la tendresse de ses gestes. Et je me suis réveillé. J'ai replongé dans la réalité. Et ça m'a terrifié. J'ai rejeté la réalité. Pas lui, non, la réalité. Mais comment lui dire ? Comment lui dire que pendant un instant j'ai eu l'impression d'être de nouveau avec un « client » et que ça m'a horrifié ? Personne ne peut le comprendre. C'est un cauchemar qui se joue et se rejoue dans ma tête depuis que je suis arrivé ici. Ce cauchemar porte un nom : la rue.

C'est mon passé, ce qui il y a peu était encore mon présent. Cela ne peut s'oublier. Ce sera toujours en moi. J'ai erré trop longtemps dans les rues de Londres. J'ai trop souvent servi d'exutoire aux détraqués qui hantent ses rues. J'en suis sorti souillé, déchiré. Du haut de mes dix-sept ans, la Vie m'a paru si longue. Un combat interminable. Le froid, la faim, le dégoût, la peur. La peur … Cette terreur sourde qui gronde en moi. Qui hurle en un long cri silencieux aux confins de mon être. Cette terreur qui me réveillait la nuit, hurlant sur le parvis glacé. Ce ne sont plus que des souvenirs. Tellement réels encore, pourtant.

Mes jambes me lâchent soudainement. Je ne suis plus ici. Je suis ailleurs. Ailleurs … Ses grognements rauques. Le bâillon m'empêchant de crier. Je ne vois que du blanc. Ses mots qui tournent, tournent, tournent. Alors, sale pute, tu fais moins le fier, hein, d'un coup ? Je vais t'apprendre les bonnes manières, tu vas voir salope ! Les coups, le goût du sang dans ma bouche, les liens trop serrés qui m'écorchent les poignets. Et les larmes qui coulent, coulent, coulent. Torrent de désespoir liquide. Je ne vois plus. Ce bruit de jouissance. Je ne verrais jamais plus. La haine qui m'écorche le cœur.

Et plus violente encore la douleur qui me flingue l'âme. Je perds conscience. A mon réveil, du sang sur les draps. Le poids d'un corps sur moi. Je n'ai plus de bâillon, mes liens sont desserrés. Je les arrache avec les dents. Je me relève, le corps tombe au sol. Je manque d'écraser mes lunettes. Je les mets. Je vomis. Je regarde la mort. Le sang s'écoule de ses oreilles, de son nez, de sa bouche et tâche ma chemise sous sa tête. Je ne pense pas. Je prends ma chemise. Je pars en courant. Je voudrais oublier. Mais oublier quoi au juste ?

Je cours. Dans une course effrénée. Je voudrais mettre le plus de distance entre ce lieu et moi. Me persuader que ce n'était qu'un rêve. Nier la réalité.*

Je regarde ses yeux. Les larmes me brouillent la vue. Rendent ses traits flous. Il est accroupis face à moi Je reste à terre. Je le supplie du regard. Ne me juge pas, je t'en pris.

"Harry ..."

Sa voix se brise. Et quelque chose explose en moi. Je l'embrasse, avec violence. Avec une passion que j'ignorais jusqu'alors avoir en moi. Je voudrais qu'il me fasse oublier mon ancienne vie. Je voudrais pouvoir lui faire confiance. Être sûr que lui ne me détruira pas. J'essaye de lui dire à travers ce baiser. Le premier que je n'ai jamais offert à quelqu'un. Et je pleure. Je ne sais plus pourquoi. J'oublie, je me perds. Faite que ça ne s'arrête jamais. Que la réalité ne me revienne pas en pleine tête. Je prie des dieux auxquels je ne crois plus depuis longtemps.

J'aimerais juste qu'ils m'accordent cette faveur. Avoir une chance d'être heureux, de ne plus être seul. D'être aimé et d'aimer. Tant pis si c'est un homme, tant pis s'il représente tout ce que je hais. Je veux juste qu'il m'aime et l'aimer en retour. Je veux juste que les choses changent, enfin. Nous restons comme ça longtemps, assis par terre, la respiration haletante. Je me sens bien, en sécurité à ses côtés. Tout est simple, là, tout de suite. Tout est vrai, clair, limpide.

"Je suis désolé de t'avoir repoussé. J'ai eu peur. "

Il me force à le regarder dans les yeux. Il me souri, de ce sourire qui me fait oublier le monde extérieur. Il caresse lentement ma joue, je frissonne en partie à cause du froid. J'ai l'impression qu'il lis en moi.

"N'ai pas peur. Je suis là, je ne suis pas eux. Je ne te forcerais jamais à rien. Ne t'en fais pas. Je te protégerais."

Et je le crois. Il me serre contre lui et je me laisse faire. Il m'embrasse avec douceur, et j'en suis ému aux larmes. Il est imparfait pourtant. Loin de l'idéal que je me suis longtemps forgé de la personne avec qui j'aimerais partagé ma vie. Mais soudain c'est à ses côtés que je vois la mienne. Je suis peut être simplement aveuglé par mon désir d'aimer et d'être aimé. Mais c'est ce que je ressens à cet instant. Rien ne pourrait être plus parfait. Plus merveilleux que cet instant. Le reste n'a plus d'importance. Mon passé n'est qu'un leurre, mon futur acceuillant.

Je n'ai plus peur. La rue n'est plus qu'un souvenir qui s'éloigne peu à peu. Mon viol ne s'est jamais produit. Je me ments à moi-même, mais ça fait tellement de bien d'oublier. Tellement de bien de faire semblant. Ne serais-ce que cette nuit. La réalité attendra demain. La peur reprendra ses droits et cette parenthèse s'éloignera, mais elle restera au fond de moi. Ce sera mon plus précieux souvenir, celui qui me redonnera le sourire quand tout ira mal. Parce que ce soir, je suis vivant.


Je crois que la réalité n'est pas toujours bonne à regarder en face. Je crois qu'à force d'être trop ancré dans la réalité, on n'en perds sa capacité à rêver. On est désillusionné, triste, insatisfait. On ne s'échappe plus. On reste dans cette réalité cauchemardesque. C'est l'autarcie. On étouffe. On ne le sait pas. On perds face, on va mal, on sombre. On coule, peu à peu. On ne se relève plus. Chaque jour la réalité nous vole un peu plus notre souffle. On suffoque, on voudrait juste pouvoir reprendre notre respiration.

Mais on n'y parvient pas. On cherche désespérement la moindre molécule de rêve. Mais elle se consumme à peine atteinte. Non, le danger n'est pas de se perdre dans ses illusions, c'est doux les illusions, ça fait du bien, c'est salvateur. Le danger c'est de se perdre dans la réalité, d'oublier nos rêves, de se laisse bouffer par la réalité, qu'elle nous gangrene au point d'en devenir acariâtre, irritable, vieux avant l'âge. La réalité, ça détruit, bien plus qu'on ne pourrait le penser, qu'on ne pourrait l'imaginer. Sans rêves : on ne vit pas.

A suivre ...

* Cela vous rappelle quelque chose ?

Déjà je tiens à remercier tous les revieweurs anonymes ou non, positifs ou non. Merci de me dire ce qui va, ce qui ne va pas, de me juger, c'est important. N'hésitez pas à être durs, au contraire, les reviews, les plus dures, sont celles qui me permettent le mieux de progresser. Alors pas de faux-semblants, pas de "léche-couille" comme dirait Dairy's, vous avez la parole, prenez là et révolution ! C'est un appel à la review, à la franchise, à la pensée. Il est temps que les choses changent, que dire ce qu'on pense soit admiré et non pas détruit quand les autres ne sont pas d'accords, nous avons tous notre opinion, notre façon de le dire et personne, personne n'a le droit de nous juger, ni les auteurs, ni les lecteurs, alors si vous avez quelque chose à dire : EXPRIMEZ-VOUS !

Bisous et à bientôt,

Seb' (L'âme d'une révolutionnaire armée dans lance-pierre.)