Hello !!!
Et voici un autre chapitre !
Merci à Sunny angel, Amazing-Destiny, Ingrid, Rosa020 et Coralie91 pour leurs reviews !!!
Mon côté sadique d'auteur a jubilé à la lecture de vos réactions sur le dernier chapitre ! Mais à qui appartient donc cette voix si familière pour Jack ? Niark ! Niak ! Niark ! Certaines avaient quelques idées sur son identité mais vous serez bien surprises ! Sunny angel a bien raison, elle n'annonce rien de bon ! Sinon, je voudrais remercier tout particulièrement Coralie91 pour sa dernière review ! Je suis ravie que cette fic te plaise toujours autant ! M'écrire que cette histoire est très prenante et qu'on y plonge sans s'en rendre compte et qu'il est impossible d'y décrocher, c'est le plus beau compliment qu'on pouvait me faire ! Cela signifie beaucoup de choses pour moi ! Mais ce n'est pas pour autant que je vais me reposer sur mes lauriers ! Je vais travailler toujours plus pour vous servir des chapitres de qualité et faire en sorte que l'intrigue soit toujours aussi prenante en dévoilant peu à peu le -ou bien les ?- mystère de cette histoire afin de vous garder dans mes filets ! Je n'ai plus qu'une chose à vous dire, je suis très honorée d'être accompagnée par vous tous (et je pense particulièrement à toi Ingrid^^)sur cette histoire qui me tient beaucoup à cœur.
Allez, bonne lecture !
Et à très bientôt !
Chapitre 10
Harkness se crispa aussitôt au son de cette voix. Autrefois si familière. Elle appartenait à son ancienne vie. À celle qu'il avait laissé derrière lui en rejoignant l'équipage du Tardis. À laquelle, il avait tout simplement tourné le dos sans demander son reste. Jack déglutit péniblement. Il releva avec une lenteur excessif ses lunettes du nez vers le haut de son crâne. Il jeta un coup d'œil à Rose. Elle observait la personne qui se tenait à côté de lui avec beaucoup de curiosité.
- Alors Jack ? Lui demanda la voix. Tu n'es pas content de me revoir ?
Il grimaça, n'osant toujours pas se tourner vers la personne qui s'adressait à lui. En avait-il le besoin ? Alors qu'il savait parfaitement qui elle était et à quoi elle ressemblait. En avait-il l'envie d'ailleurs ? C'était l'une des rares personnes dont il se serait bien passé de recroiser. Surtout qu'il avait disparu sans même un au revoir. Ce qu'elle n'avait dû aucunement apprécier.
- Allez Jack, susurra t-elle. Ne fais donc pas ton timide...
L'ancien agent du temps sentit une pointe acérée se poser sur sa joue puis remonter jusqu'à sa tempe tout en écorchant soigneusement son épiderme. Très mauvais signe. Même s'il n'avait aucune peur des armes, le métal froid lui glaça le sang. S'il continuait de se comporter ainsi, c'est à dire ignorer son ancienne connaissance, il savait exactement la manière dont cela pourrait se terminer. S'il n'avait pas oublié une chose sur celle-ci, c'était ses méthodes. Aussi tranchante qu'une lame bien affûtée et aussi douce que du papier de verre. Finalement, il avait parlé trop vite. Il n'y avait pas que le gallifréen qui attirait les problèmes, quoi qu'il en faisait partie d'une manière ou d'une autre. Cela ne pouvait pas être un malencontreux hasard...
De plus, il se maudissait de s'être laissé surprendre comme un débutant. Un signe inquiétant pour lui. Il commençait à s'empâter. Sa vigilance faiblissait. Ses sens et ses réactions n'étaient plus aussi vifs qu'autrefois. Il se redressa tout doucement et le métal froid suivant son mouvement, s'enfonça un peu plus dans sa chair.
- Galy, prononça t-il d'une voix sans joie. Toujours aussi délicate à ce que je constate...
Il se tourna lentement vers la dénommée Galy. Et la première pensée qu'il lui traversa l'esprit fut qu'elle n'avait pas changé. Un petit bout de femme, pas plus haute qu'une fillette de dix ans. Elle était belle à sa manière. Ses cheveux d'un bleu sombre contrastaient avec ses petits yeux en amandes d'un violet pétillant. Une jolie plante exotique. À première vue seulement car Jack l'avait souvent comparé à ces fleurs attirantes au parfum enivrant mais tout aussi dangereuses avec leurs épines acérées.
- Dis donc Galy, la gronda t-il avec le ton d'un professeur d'école. Avec tous ces gosses autour de nous, tu ne devrais pas te balader avec tous tes joujoux dans le coin.
Avant qu'elle ne lui réplique quoi que ce soit, Jack lui saisit le poignet et le bloqua pour lui arracher des doigts ce à quoi elle tenait le plus dans cet Univers. Un de ses couteaux qu'elle chérissait comme une mère choyait son enfant. Galy était une experte dans le maniement des objets tranchants. Elle en avait tout un arsenal planqué sur elle. Une des raisons entre autre pour laquelle il avait tenu à garder ses distances avec elle. À l'époque, il n'était qu'un simple mortel...
Elle lui tendit sa paume en le fusillant du regard pour avoir touché à son trésor. Jack se mit alors à jouer avec son arme en la mettant en équilibre sur le bout de son doigt. Léger, maniable, équilibre parfait, tels étaient les outils de travail de Galy. D'un geste vif et maternel, elle lui saisit son couteau et le fit disparaître, tel un tour de passe-passe exécuté avec maestria, qu'il n'eut pas le temps de voir où elle le planquait. Il se pencha vers elle et rapprocha son visage du sien.
- On ne s'embrasse pas ? Lui demanda t-il avec un large sourire en tendant les bras.
Elle lui écrasa sa main sur le visage et le repoussa.
- Et toi, tu n'as pas changé d'un poil. Ton cas est toujours aussi désespérant...
- Voyons Galy, lui répliqua t-il la main sur le cœur, tu sais bien qu'il n'y a que toi...
- C'est bien pour cela que tu m'as vite remplacé.
Elle désigna Rose du menton. Celle-ci observait bouche bée la scène très surréaliste. Jack lui offrit un sourire pour lui signifier que tout allait bien. Il fallait bien qu'il garde les apparences parce que c'était tout le contraire. Cela n'allait pas. Pas du tout. Mais alors pas du tout. Galy n'était pas seule. Elle était indissociable de son associé. Comme les deux doigts de la main. Où était donc le psychopathe qui lui servait de partenaire ?
- Je t'offre un verre Galy ? En souvenir du bon vieux temps ?
Jack tentait de gagner du temps. Il devait faire vite. Réfléchir à un plan de bataille. Mais avant tout, il fallait prévenir le Docteur.
- Dit ma belle, fit-il à Rose en consultant sa montre, t'a vu l'heure ? Ton compagnon va commencer à s'inquiéter s'il ne te voit pas arriver...
La jeune femme se redressa et fronça des sourcils. Il lui fit un clin d'œil complice.
- Va le retrouver et ne m'attendez surtout pas... Je vous rejoindrais un peu plus tard...
Rose s'apprêtait à lui répondre lorsqu'il lui coupa la parole.
- Et ce qui est de notre partie de pêche, dis-lui que ce n'est que partie remise.
Elle le dévisagea alors d'un air soupçonneux. Il lui intima silencieusement de ne pas poser de questions. De faire tout simplement ce qu'il lui demandait. De ne pas chercher à comprendre son comportement.
- Galy et moi avons tout plein de choses à se raconter...
Les deux femmes se jaugèrent, se scrutèrent quelques secondes. Jalouse ou bien curieuse de l'autre ?
- Très bien, finit par déclarer Rose en repoussant sa chaise. Amuse-toi bien alors...
Elle les gratifia d'un sourire avant de les quitter. Jack l'observa remonter la rue puis tourner au coin d'une boutique pour reprendre le sentier qui menait au cerisier millénaire. Peu soulagé à vrai dire. Il y avait un prédateur en chasse. Son ex-associé -l'alter égo de Galy- était dans les parages. Et, il n'y avait qu'une raison qui justifiait sa présence ici, car Jack n'avait jamais cru aux coïncidences. Une seule et unique raison. Le rêve de toute une vie. Sauf qu'il y avait un hic. Un détail qui pourrait faire toute la différence. Un petit avantage certes, mais qui pourrait lui permettre de sortir son épingle du jeu. Mais pour cela, il allait devoir jouer très serré.
- Galy...
Le reste de sa phrase fut étouffée bien avant qu'il ne la pense entièrement lorsqu'elle lui saisit le col de sa chemise.
- Tu sais Jack, murmura t-elle, j'ai retourné tout l'Univers à ta recherche pour te botter le cul. Et rien ! Plus aucune trace ! Comme volatilisé !
- Tu as sans doute mal cherché, Galy, lui répliqua tout sourire Jack. J'ai dû te le dire plus d'un millier de fois que cette recherche de la perfection te perdra.
Harkness ne vit qu'un éclair. Un reflet si brusque qu'il n'eut pas le temps de réagir. Le couteau jaillit de nul part et se plaça sur sa gorge comme si c'était sa place toute désignée. Il grimaça lorsque la lame ripa délibérément. Un mince filet de sang s'échappa de l'entaille. Et bien malgré lui, Jack était épaté de son ancienne partenaire. Déjà experte dans le maniement parmi toutes les lames existantes lorsqu'il avait tourné cette page de sa vie, elle était devenue encore plus agile, plus vif, plus précise dans ses gestes.
- Oh ! Galy...
- Ferme-là, Jack ! Siffla t-elle entre ses dents. Et écoute-moi bien...
Jack se tût immédiatement. Il n'était plus question de faire semblant. Elle venait de déclencher les hostilités.
- Tu sais pertinemment la raison de notre présence ici ! Alors cessons ce petit jeu d'hypocrisie !
- Non ! Trancha t-il le visage fermé. Fichez-lui la paix !
- Il est déjà trop tard, lui répliqua t-elle langoureusement. Et grâce à toi, le piège se referme sur lui...
- Et tu crois peut-être que je vais rester là sans rien faire ? Cracha Harkness sèchement en serrant des poings. En souvenir du bon vieux temps ?
- Même, si je te dis que ton amie, sa compagne est en train de le rejoindre, est en ce moment même la cible de mon associé. Et que si tu oses t'interposer sur son chemin ou bien au moindre geste de travers, il n'hésitera pas... tu le connais Jack... il le fera... même si ce n'est qu'une victime innocente... c'est un jeu pour lui... rien qu'un jeu...
Harkness blêmit. Elle menaçait Rose pour l'avoir lui, le Docteur. Son point faible et paradoxalement son point fort. Commet avait-il fait, lui Jack Harkness, pour ne pas s'être rendu-compte qu'ils étaient observés et suivis depuis des heures ? Il n'était pas vraiment digne de cette confiance que le gallifréen avait placé en lui. Il devait jouer le rôle du guetteur, du veilleur. Être la sentinelle. Le Docteur avait dû se résigner à accepter qu'il ne pouvait pas être sur tous les fronts en même temps. Il ne pouvait pas à la fois veiller sur Rose et surveiller leurs arrières. C'était à lui que le gallifréen avait délégué le dernier rôle. Et le voilà qu'il venait de jeter ses amis dans la gueule du loup.
- Tu es tombée bien bas Galy, déclara t-il froidement, pour s'attaquer à lui en menaçant sa compagne au lieu de l'affronter dans un combat à la loyal.
- Mes principes se sont volatilisés Jack, souffla t-elle à son oreille. Comme toi, il y a bien longtemps...
*** ***
Rose Tyler se retourna une nouvelle fois et scruta les alentours. Depuis qu'elle avait dû laisser Jack avec cette mystérieuse et pas moins incroyable femme, elle ressentait un certain malaise. Le Méchant Loup la mettait en garde. Une menace planait à Villengard. La dénommée Galy n'en était que le signe avant coureur. Le vent soufflait de plus en plus fort. La tempête se rapprochait dangereusement. La jeune femme n'aimait pas ça. Elle arrivait trop vite. Et, ils n'étaient pas prêts. Elle n'était pas prête. Le Méchant Loup en elle s'agitait de plus en plus violemment. Il se débattait, cherchant à tout prix à se débarrasser de leurs chaînes. Ce qui devrait arriver tôt au tard. Rose savait pertinemment qu'elle ne faisait que repousser l'échéance en priant au Méchant Loup de cesser de s'agiter. Elle lui demandait encore du temps, d'être patient pour le moment. Car le Méchant Loup en essayant de briser leurs chaînes ne faisait que précipiter leur déchéance alors qu'il devaient garder leurs forces pour la bataille qui s'annonçait.
Rose en voulait à l'Univers. Elle le maudissait. Cet Univers lui avait attribué ou bien consenti peu de temps aux côtés de son Docteur. Ce n'était pas assez. Trop peu. Ils avaient encore tellement de choses à faire ensemble, notamment des projets à mener.
Elle se remit en marche mais sans pour autant montrer qu'elle était pressée, ses foulées étaient rapides. Elle retrouva son compagnon sous l'énorme cerisier de la place. Les gosses n'avaient pas l'air de s'ennuyer de la représentation qu'il offrait. Elle leva les yeux au ciel. Comment pouvait-il être aussi bavard ? Il débitait un nombre incalculable de mots à la minute sans prendre la moindre respiration. Et, il n'était pas le moins du monde essoufflé. Il y a quelques temps, Rose se rappelait qu'elle avait lancé un défi à son compagnon. Que Môssieur avait tout de suite accepté de relever. C'est ainsi qu'elle lui avait demandé de ne pas prononcer le moindre mot durant une heure. Il avait bien entendu perdu mais elle avait été bluffée qu'il tienne quand même une bonne vingtaine de minutes le pari. Les cinq premières, il l'avait regardé, bombant le torse, fier de lui de tenir son engagement. Les quinze suivantes furent très laborieuses. Il ouvrait la bouche et la refermait sans cesse. Il n'en pouvait déjà plus. Et, ce n'est que dans un râlement d'impuissance qu'il s'était déclaré perdant. Et durant le reste de la journée, il s'était largement rattrapé de ses vingt minutes de mutisme. N'en pouvant plus de l'entendre, elle l'avait fait taire d'un baiser qui s'était rapidement enflammé.
Rose se rapprocha du demi-cercle que les gamins formaient autour de son compagnon. Le sourire de celui-ci s'illumina davantage à sa vue. Elle lui fit signe de la rejoindre. Il hocha de la tête et termina l'histoire qu'il était en train de raconter par une pirouette scénaristique. Puis, il réussit tant bien que mal à s'extirper des griffes des gosses qui lui réclamaient une autre histoire. Il passa délicatement la main dans le bas du dos de sa compagne et l'engagea à s'avancer. Il se retourna une dernière fois vers les enfants pour leur faire un petit signe de la main tout en leur promettant qu'il reviendrait très vite.
- Que se passe t-il ? Demanda t-il après avoir fait quelques pas. Où est Jack ?
- Il a retrouvé une ancienne connaissance. Et, j'ai un message de sa part.
Le gallifréen haussa un sourcil devant sa réponse.
- Lequel ?
- Que votre partie de pêche devait être repoussée. Mais que ce ne serait que partie remise.
La réaction du Docteur ne se fit pas attendre. Il saisit la main de Rose d'un geste alerte et l'entraîna avec lui dans sa course. Cependant, elle le stoppa aussitôt dans son élan. Il se retourna le visage grave.
- Rose, nous devons immédiatement quitter Villengard.
La jeune femme croisa les bras sur sa poitrine, nullement intimidée par sa soudaine autorité de Seigneur du Temps.
- Ça, je l'avais bien compris, lui rétorqua t-elle. Mais au fait dis-moi depuis quand aimes-tu la pêche ? Car, je connais un autre Jack qui essaye de t'amadouer en vain à ce sport depuis longtemps plutôt qu'à papoter pendant des heures de trucs scientifiques avec sa très chère colonel.
Le gallifréen grimaça. Il avait horreur quand elle faisait cela. Elle se tenait droite, un air buté sur le visage. Quand elle était comme ça, il savait qu'elle attendait des réponses. Et principalement qu'elle ne bougerait pas avant de les obtenir. Et étant donné qu'ils étaient parfois aussi tête de mule l'un comme l'autre, la situation entre eux pouvait durer un moment. Un très long moment, si l'un ne cédait pas en faisant le premier pas vers l'autre.
- Rose, nous n'avons pas de temps à perdre. Je t'expliquerai tout lorsque nous serons dans le Tardis.
- Non ! Tu me fais encore des cachotteries ! Dans mon dos ! Et ce avec l'aide de Jack !
Le Docteur ferma brièvement les yeux. Il aurait dû prévoir la réaction de sa compagne. Jack l'avait mis en garde aussi. Que Rose n'accepterait, ni aimerait le fait de n'être pas mise au courant de ce qu'ils avaient mis en place. Bien qu'il adorait le côté fougueux de sa Rose la plupart du temps, dans ce cas présent, il s'en serait largement passé.
- C'est une idée de Jack, se lança t-il en regardant nerveusement tout autour de lui. Nous avons décidés de mettre en place des codes pour nous avertir l'un et l'autre d'un danger potentiel.
- Et, vous comptiez me mettre au courant, quand ? L'interrogea Rose, bien qu'elle connaissait déjà la réponse.
C'était plus pour la forme qu'elle venait de poser cette question. Elle n'en aurait jamais rien su de toutes manières. Elle n'était pas si en colère contre lui parce que ce dispositif mis en place partait d'une bonne attention des deux hommes. Mais, elle était plutôt irritée et agacée car elle en revenait toujours au même point avec son compagnon. Il restait encore persuadé qu'en lui cachant certaines choses, il la protégeait. Mais quand comprendrait-il que ce n'était pas toujours le cas ? Que c'était tout le contraire. Qu'en la laissant ignorante, il la mettait davantage en danger. Qu'ils les mettaient tous les deux en danger.
- Rose, s'il te plaît, ce n'est pas vraiment le moment...
- Très bien, lui répliqua t-elle en lui saisissant la main. Mais, je peux te jurer que nous reprendrons cette conversation plus tard.
Le gallifréen acquiesça de la tête n'osant en aucun cas contredire sa compagne. Ce n'était nullement le temps, ni le lieu de se lancer dans une discussion, voir une dispute avec elle. Sans perdre une seconde, il l'entraîna au pas de course jusqu'au Tardis. Ils rejoignirent le vaisseau en à peine quelques minutes. Pourtant, le Docteur ne s'y précipita pas. Il arrêta leur course au coin d'une rue, à une dizaine de mètres de la cabine. Il fit signe à sa compagne de rester à l'abri derrière lui. Elle obtempéra sans protester.
- Je n'aime pas ça, pensa t-il à voix haute. C'est beaucoup trop calme autour du Tardis.
Il se retourna vers elle, agité.
- Rose, je veux quoi qu'il se passe, que tu rejoignes le Tardis sans te retourner, ni t'arrêter. Une fois à l'intérieur, nous partons d'ici.
- Et Jack ? S'inquiéta t-elle.
- Il sait ce qu'il a faire. Ne te soucis donc pas pour lui, il saura où nous retrouver. Je lui ai réparé son manipulateur de vortex.
- Je constate aussi que vous avez mis un point de ralliement en place. Devrais-je être informé d'autres choses ?
Le Docteur poussa un soupir, non pas d'agacement mais de résignation.
- Nous avons décidés par la même occasion que si nous étions séparés, nous nous retrouvions à un lieu et une date précise selon le code utilisé.
- Et est-ce que cela vous est passé par la tête, lui rétorqua Rose, la situation dans laquelle, j'aurais été séparée de vous deux ?
- La question ne se posait pas, lui répondit le gallifréen sans hésitations, puisque d'une manière ou d'une autre, que ce soit Jack ou moi, il y aurait eu en permanence quelqu'un à tes côtés.
- Et si cela n'aurait pas été le cas ? Insista t-elle, les lèvres pincées en le fixant du regard.
Son compagnon baissa les yeux et se mit à triturer troublé la bague qu'elle portait.
- Tu sais cette...
Rose regarda à son tour sa main. Une certaine émotion la submergea. Le souvenir d'une magnifique nuit était rattaché à cet anneau. Il représentait tant pour elle. Et cela n'avait rien à voir avec le côte symbolique d'une demande en mariage, c'était quelque chose de plus fort et de plus intime. Le gallifréen n'était pas un être qui aimait se dévoiler, mettre à nu ses sentiments les plus profonds. Et pourtant, elle avait été loin d'imaginer à ce moment là de ce qu'il avait fait. Pour elle. Pour eux.
- Elle est... unique... hésita t-il... je...
Il détourna la tête et se passa une main sur la nuque. Il était mal à l'aise et ne savait plus très bien où se mettre.
- Je l'ai faite de façon, se lança t-il, à ce qu'elle ne réagisse qu'à toi... à ta signature énergétique que le Tardis peut détecter.
En gros, traduisit Rose, il pouvait savoir où elle se trouvait à n'importe quel moment. Elle n'en était pas si stupéfaite de cette attention. Avant les événements de Torchwood et la plupart du temps, il râlait -plus particulièrement le précédent Docteur- sur le fait qu'elle ait sans cesse la bougeotte. Une tendre sourire fleurit sur ses lèvres. Comment pouvait-elle lui en vouloir pour une telle attention ? Comment au contraire ne pas être touchée par ça ? Parce que tout simplement, il ne souhaitait pas la perdre... une nouvelle fois....
- Bon, fit Rose, alors le plan, c'est on court, on s'enferme dans le Tardis avant d'aviser pour la suite ?
Le gallifréen lui rendit son sourire et opina du chef. Il jeta un dernier coup d'œil exercé autour du Tardis pour repérer un quelconque danger. Il sortit son tournevis sonique de sa poche intérieur, puis d'une pression sur la main de sa compagne, il lui indiqua qu'il sonnait le départ de leur sprint. Il se lancèrent simultanément comme une mécanique bien huilée. Mais seulement après quelques élancées, ils s'arrêtèrent net face à ce qui venait de surgir leur bloquant ainsi l'accès au vaisseau. Rose reconnut à la seconde même Galy. Celle-ci braquait Jack avec un poignard dans le dos. Le Docteur en sentant la menace tendit un bras protecteur devant sa compagne l'incitant ainsi à rester derrière lui. Il croisa le regard troublé de l'ancien agent du temps, lui intimant de fuir.
- Jack ? L'appela t-il. Que se passe t-il ?
- Je suis désolé Docteur. Désolé de m'en être pas aperçut, de n'avoir pas senti le danger. Ils nous observent depuis notre arrivée...
- Qui ils ?
- Des chasseurs de primes, Docteur. Ils sont là pour vous. Je ne pouvais rien faire. Ils la (il indiqua Rose de son menton) menaçait. Elle est une cible mouvante.
Galy lui ordonna de se taire en enfonçant un peu plus son jouet dans le creux de ses reins. Les yeux du Docteur habituellement d'une envoutante couleur chocolat devinrent aussi noirs que de l'encre. Quelqu'un avait osé lancer un contrat sur sa tête. Il avait été mis à prix comme un criminel. Il était devenu une proie qu'on chassait pour sa rareté. On l'avait transformé en objet de collection qu'on exhiberait par la suite. Il serra les dents. Finalement, ce n'était pas tant les dangers de l'Univers contre lesquelles il devait protéger Rose. Mais plutôt de lui-même. Il était incapable de la préserver de lui-même. La preuve, elle était une nouvelle fois menacée par sa faute. Il ne lui faisait que du mal. Elle souffrirait toujours à ses côtés. À cause de lui...
- Vous avez fait ce qu'il fallait Jack, dit le gallifréen d'un ton lugubre. Et, vous ferez ce qu'il faudra, n'est-ce pas ?
Le Capitaine scruta le gallifréen dans les yeux. Non, pensa t-il. Tout, sauf ça. Cependant, il était déjà trop tard. Jack aperçut le gallifréen pointer son tournevis vers le Tardis puis il y eut un imperceptible flash bleu. Il n'avait pas l'air d'avoir retenu les leçons de ses erreurs du passé. Pourtant, Jack acquiesça d'un petit mouvement de la tête. Il lui avait donné sa parole. Il se devait de la respecter.
- Rose, chuchota le Docteur. À mon signal, tu fuis sans regarder en arrière. Jack saura te trouver. C'est bien compris ?
- Je ne te laisserais pas ici ! Lui répliqua t-elle. En aucun cas ! Tu m'as bien comprise ?
Il se tourna vers elle, le visage sombre et sévère.
- Je te veux en sécurité ! Et tant que tu resteras avec moi, tu seras en danger ! Je suis la proie ! Tu n'as aucune valeur à leurs yeux ! C'est pour cette raison qu'il faut que tu files d'ici, ils ne se lanceront pas à ta poursuite ! Ces chasseurs de primes n'en ont qu'après moi !
- Mais...
- Non ! La coupa t-il brutalement. Fais-ce que je te dis pour une fois ! Je ne peux pas me défendre ou attaquer avec toi à mes côtés ! Ils peuvent se servir de toi contre moi !
Rose planta son regard dans le sien. Un long dialogue silencieux mais intense se déroula entre eux. Le gallifréen sourit bien malgré lui du fichu caractère de sa compagne : buté et farouche.
- Je m'en sortirai, Rose, la rassura t-il d'un ton doux et d'une légère caresse sur sa joue. Le Docteur s'en sort toujours.
- C'est ce que tu sembles croire, lui répondit-elle d'un ton brusque. Alors que c'est bien souvent loin d'être le cas.
D'un simple mouvement de la main sur son épaule, le gallifréen poussa sa compagne pour l'inciter à fuir avant de reculer de quelques pas. C'est alors qu'il observa son visage se figer par la peur. Elle paressait tout d'un coup terrorisée. Et quelque chose de tout à fait inattendue se produisit.
Deux mains se glissèrent sous les bras du Seigneur du Temps et des doigts se croisèrent sur sa nuque. Un grand classique. La prise se resserra, repoussant ses bras en arrière. Il ne sentait plus le sol sous ses pieds. Quelque chose de brûlant lui déchira le dos entre ses omoplates. Il serra les dents sous la douleur.
- Le dernier Seigneur du Temps, lui chuchota une voix aussi coupante qu'un éclat de verre. Le Légendaire Docteur. Je suis un de vos plus grands admirateurs. C'est un grand honneur pour moi de faire enfin votre connaissance.
- Désolé de ne pas partager votre avis, grimaça le gallifréen.
Les bras puissants qui le retenaient, l'enlacèrent davantage et ce d'une manière très différente de celle de sa compagne.
- Une petite danse Docteur ?
Le gallifréen avait peur. Il se tortillait comme un ver pour tenter de se libérer de l'étau. Les coudes tirés en arrière, ses pieds se balançaient dans le vide de sorte qu'il ne brassait que de l'air, le visage dangereusement exposé. Il était complètement à la merci de son assaillant. Il prit conscience qu'il n'avait aucun moyen de briser la prise. Ses cœurs battaient très fort. Il ne devait pas se laisser impressionner par cette démonstration de force. Il respirait trop rapidement. Ses pensées s'embrouillaient à cause de la douleur qui persistait entre ses omoplates. Il devait à tout prix se calmer pour réfléchir.
C'est alors qu'il entendit un bruit étrange. Une sorte de bourdonnement. Une douleur lancinante traversa tout son corps. Une décharge électrique. Une nausée le submergea.
- Est-ce que le tempo de notre petite danse vous va ? Lui demanda la voix. Ou faut-il que je l'accélère ?
Le Docteur essaya de lui répondre mais il ne parvient qu'à émettre une sorte de râle. Il croisa le regard de Rose qui était tétanisée, les mains sur sa clef. Il réussit à remuer ses lèvres de façon à ce qu'elles forment deux mots : « fuis » et « Tardis ». Incapable de garder les yeux ouverts, il les ferma sous les convulsions qui le secouaient. Il ravala la bile qui s'était frayée un chemin jusqu'à sa gorge. Il entendit à nouveau le bourdonnement et ses muscles se contractèrent, se préparant déjà pour la douleur. Cependant à la place, il sentit une légère piqûre sur son cou. Un sentiment de bien-être qui l'envahissait tout à coup. Ses muscles se relâchèrent. Ses pensées devenaient de plus en plus cotonneuses. Il s'enfonçait tout doucement. Le noir. L'étau se desserra autour de lui. Il y eut un cri. Une voix paniquée qui l'appelait. Rose. Le noir était si tentant. Pas de souffrance. Une douce promesse d'apaisement. Les ténèbres l'enveloppaient. Et puis plus rien...
