Chapitre 13


"Some go and some stay behind

Some never move at all"

Girl in amber - Nick Cave & TBS.

- Skeleton Tree (2016) -


Beth était au bout de sa vie, elle l'admettait. Pourtant, elle détestait cette expression : elle n'avait aucun sens, enfin ! Les gens qui l'utilisaient n'étaient pas en train de réellementagoniser. Bon, il était possible que, ayant côtoyé des gens à l'article de la mort, ce genre de vannes ne la fasse plus vraiment rire.

Après le dîner, elle était restée assise dans le jardin de Pinako avec Solf et Salomé. Leur fille leur avait raconté son périple, et elle était restée comme deux ronds de flan. Pour une gamine, elle était sacrément courageuse. Et flegmatique. Elle n'était définitivement pas du genre à se laisser démonter, elle devait tenir ça de son père. Après avoir ronchonné pour avoir le droit d'écouter l'histoire de Victoria, Salomé avait cédé à l'appel de Morphée. Elle dormait en boule dans un petit lit d'infirmerie du rez-de-chaussée (elle avait trop de courbatures pour monter et descendre les escaliers).

Beth était donc au bout de sa vie, et en plus de ça, elle avait Charles Aznavour en tête. Pourquoi. Elle prit une grande inspiration, se versa un verre d'eau et se dirigea vers la salle à manger où se trouvaient les Rockbell, Edward, Victoria et son époux. Celui-ci semblait vouloir partir très loin de la jeune femme qui visiblement l'asticotait. Solf se tourna vers Edward qui discutait avec sa fiancée et glissa :

«- Mais puisqu'on vous dit qu'on ira pas à votre mariage, Monsieur Elric ! Sauf si vous nous invitez mais bon, j'ai des doutes.

- Vous avez raison d'en douter, répliqua l'ancien alchimiste avec une moue.

- Ah bah ça m'arrange parce que se marier en hiver dans cette région euh, je passe. Il y a plein de neige, ça va saloper nos beaux vêtements, et j'aurai pas fait la route pour avoir un costume tout sale.

- Quel grand sens des priorités, lâcha Edward après un bref rire. Betty, ça va ? s'inquiéta-t-il en la remarquant à l'entrée de la pièce.

- Oui, c'est juste que … Vous ne vous entendez pas aussi mal que je le pensais.

- Quand votre mari n'essaie pas de m'assassiner dans d'atroces souffrances, il est correct, écoutez.

- J'ai pas droit à mieux que « correct » ? s'offusqua Solf avec un sourire en coin.

- Non.

- On était pas venus m'écouter moi au départ ? voulut savoir Victoria en levant la main comme à l'école. Si ? Bon. Alors, commençons. »

Ses cheveux roux bouclés noués en chignon lâche, elle croisa les bras sur la table. Elle plissa les yeux, cherchant par où commencer son récit. Après quelques secondes, elle débuta son histoire :

« Mon père était militaire à East City, comme ma mère. Celle-ci est décédée lors d'une intervention pour cambriolage qui a mal tourné quand j'avais six ans. Mon père était avec elle ce jour-là, et il a été traumatisé par ce qui s'y est passé, et par la mort de Maman. Il a décidé de déménager vers Central où il avait de vieux amis d'enfance. Mon père n'a pas eu une jeunesse très heureuse ou droite, et ses amis étaient de petits délinquants. Ils ont ouvert L'Antre du Renard et les choses allaient bien. Si on peut dire, car ce n'était pas juste un bar, mais aussi un casino non-déclaré et donc illégal. Nous vivions dans le petit appartement juste au-dessus, leur apprit Victoria en s'étirant. Quand je n'arrivais pas à dormir, j'allais traîner derrière le bar avec le Fennec, qui était barman. C'est lors d'un de ces soirs qu'il y a eu la fuite de gaz. Fennec était près de moi et a sorti un cigare. Dès qu'il a allumé son briquet, il a réalisé ce qui allait se passer. Il m'a jetée dans la cave où on gardait les bouteilles, en ouvrant une petite trappe derrière le bar. J'ai tout entendu, et j'ai senti la chaleur de l'explosion. J'avais terriblement mal car je m'étais cassé le bras lors de ma chute, et j'étais morte de peur. »

Elle se mit à trembler. Victoria tenta de retrouver son calme et joua avec le manches de son pull lâche tout en continuant :

« J'ai perdu connaissance. Quand je suis revenue à moi, j'étais à l'hôpital pour enfants de Central. Je savais, je sentais que je n'avais plus personne. Je suis restée muette pendant tout mon séjour, même quand on m'a emmenée à l'orphelinat à Swanson, et encore plusieurs semaines après. C'était un bon orphelinat en apparence. Mais en réalité … inspira-t-elle bravement, en réalité, nous servions de cobayes pour des expériences alchimiques (cette révélation provoqua des hoquets d'indignation autour de la table). Comme après Ishbal et comme à Creta, nous avons été fusionnés de force avec des animaux, pour la science. Nous ne sortions pas, nous ne voyions pratiquement pas la lumière du soleil, et nous n'avions droit à aucune affection. À chaque nouveau test, j'espérais mourir. Je ne pouvais pas me tuer car mon corps … est spécial. Il se guérit très rapidement, comme celui de mes camarades. Je ne contrôlais pas ma forme animale alors, j'étais instable et souvent enfermée dans ma chambre. Un jour, un homme est venu de la part du Gouvernement, voir l'avancée des sujets que nous étions. C'était un vieil ami de mon père et ma mère. Et il m'a reconnue alors qu'il ne m'avait pas vue depuis des années et il a eu un électrochoc. Terriblement dégoûté par ce qu'il avait couvert jusque-là, il a décidé de faire fermer l'institution. J'avais quatorze ans alors. Et j'étais enfin libre après quatre ans d'une prison effroyable. »

Elle prit une gorgée d'eau, croisa les jambes, les décroisa, les recroisa nerveusement.

«- Il nous a prises à sa charge, toutes les quatre. Tout le reste des sujets étaient morts, et il ne restait que quatre adolescentes maigrichonnes et anémiées. Moi, Zelda, Shiro et Jane, avons vécu avec lui. Nous étions bien traitées et en paix, mais ça n'a pas duré. Plusieurs personnes bien placées lui en voulaient d'avoir fait fermer l'institution de Resembool, arguant que ces expérimentions étaient nécessaires à la puissance de notre armée. En guise de punition, ils l'ont envoyé à Ishbal alors qu'il avait été jusque-là un bureaucrate. Il a été grièvement blessé lors d'un « accident » de tir de canon – qui n'en était absolument pas un. Il est devenu à son tour sujet d'expériences, comme d'autres soldats du front Ishbal passés pour morts ou ramenés à la vie grâce à un prototype de Pierre Philosphale. Il y a rencontré une de vos amies, Commandant. Clémence Magny avait été ressuscitée et était dans la cellule près de la sienne. Ils avaient créé un faux cadavre pour sa famille. Tous deux étaient très intelligents et communiquaient à l'insu de tous par la langue des signes qu'ils connaissaient. Ils ont échafaudé un plan et se sont échappés et cachés pendant plusieurs mois. Mon père adoptif a retrouvé Tim Marcoh après le conflit et l'a sommé de modifier son visage pour pouvoir reprendre le cours de sa vie et nous retrouver. Pris de remords, il a obtempéré. Notre père est revenu, avec une apparence si malingre et chétive par rapport au géant qu'il était … Mais c'était bien lui. Par usage de faux papiers et beaucoup de pots-de-vin, il a réussi à ravoir notre charge. Clémence est venue vivre avec nous en secret, et mon père a changé son nom pour-

- Jay Marshall, devina Solf. Mais quel rapport avec moi ?

- Mon père est devenu profondément anti-militariste. Nous nous sommes beaucoup disputés quand j'ai voulu en rejoindre les rangs. Il a accepté que je le fasse à la condition que je l'aide lors d'un futur projet, et j'ai stupidement accepté. Jay hait l'hypocrisie de ce pays qui refuse de connaître les tortures qu'il a subies, que nous avons subies, au nom de l'avancée scientifique, au nom du plus grand nombre, expliqua-t-elle. Son projet est de faire un coup d'éclat lors de la Commémoration de la Reconstruction Ishbale et le début des Festivités de la Nouvelle Ishbal, ce 23 Mai.

- Ça ne répond pas vraiment à ma question …

- J'y viens, roh ! Vous représentez ce que mon père déteste, le pire qui s'est passé à Ishbal et ça touche aussi votre rencontre avec Beth. Il vous a tourmenté par pur esprit de vengeance, car ceux à l'origine du génocide ne sont plus là alors que vous, si. Il veut que le monde sache ce que vous avez fait de pire là-bas, en public et en privé. Clémence lui a apporté son témoignage, j'ai donné celui que m'a fait Dino, et Shiro a volé des images d'archives. Il a déposé le tout chez Pictures and People, sachant qu'ils le publieraient.

- Et Rotten ? voulut savoir Beth.

- Jay déteste Rotten, de façon encore plus personnelle qu'il ne déteste Solf. Les huiles savaient ce qu'il faisait subir aux Ishbales et à ses collaboratrices, et ne faisaient rien. Il ne voulait pas qu'il pense qu'il pouvait continuer sa vie aussi facilement. C'est encore Shiro qui s'est introduite dans l'hôpital et a écrit sur ce miroir. Jay est un homme rongé par la haine et l'envie de vengeance. Je refuse de continuer à travailler pour lui, tout comme Jane qui a déjà pris ses distances et se cache depuis plusieurs mois déjà. »

Alors qu'elle concluait sa phrase, quelqu'un toqua à la porte avec force. Étonnée,Winry quitta son siège et ouvrit. Avant même de le voir, Beth reconnut la voix de Ahmed Ferdjoukh qui tonna :

«- Victoria Legoupil ! Ou devrais-je dire : Victoria Foks ?

- Présente Commissaire.

- Pourrais-je savoir la raison de votre changement d'identité et votre fuite ici ? »

Victoria effectua alors le plus beau facepalm de sa vie. Et elle présenta à nouveau son récit à Ahmed qui resta pendu à ses lèvres. Une fois qu'elle eut fini, Pinako Rockbell leur rappela qu'ils avaient un souci : il n'y avait pas assez de place pour que tout le monde reste dormir. Elle tenait pas un hôtel, non mais.


« - On ne peut pas annuler les fêtes de la Nouvelle Ishbal, non ! trancha Mustang à l'autre bout du fil.

- Me criez pas dessus, j'y peux rien, lui rappela Beth avec un soupir.

- C'est trop important pour qu'on annule tout à quoi ? Deux semaines avant ?

- Vous proposez quoi ?

- Nous allons organiser une battue nationale pour retrouver Jay Marshall.

- Bonne chance pour retrouver un chatboiteux à travers les centaines de kilomètres carrés de notre pays, Monsieur.

- Vous devenez mesquine Commandant, pesta-t-il. Je vais faire augmenter la sécurité et je préviens Monsieur Kandasha fissa. Il faut faire ça dans la discrétion, je ne veux pas de psychose et terreur ambiante ! »

Sur ce, il raccrocha et posa la tête sur son bureau. Ishbal. Combien de temps cela allait-il le hanter ? Probablement jusqu'à sa mort. Il ne pouvait matériellement et personnellement pas annuler ses fêtes, ne serait-ce que par conséquences sur l'image du programme de reconstruction d'Ishbal. Pas question de céder à la terreur. Pas d'un pouce.


Ils finirent par tous rentrer à Central. Ahmed ne lâchait pas les basques de Victoria, comme effrayé qu'elle s'échappe à nouveau. Beth faillit pleurer de joie en retrouvant son canapé, son chien et son chat, bref, sa maison. Avec sa fille dedans. Et encore des bouts de baie vitrée par terre, aïe.


Il était abasourdi. Dino Buzzati prit place sur une des chaises de la cuisine, face à sa petite amie. Ils s'étaient rencontrés lors qu'il travaillait au Fort et elle à North City. Elle accompagnait un de ses supérieurs lors d'une visite de routine, et il avait été chargé de les encadrer lors de leur visite avec Buccaneer. Et il était tombé amoureux d'elle dès leur première conversation. Ils avaient tout deux demandé à être mutés à Central suite au Jour Promis, après des mois et des mois à peu se voir. Il lui avait confié tout ce qu'il avait vu et vécu à Ishbal, pensant qu'elle garderait son secret.

Il pensait la connaître.

Il avait tout faux.

« Je vais vivre chez mon frère quelques temps. »

Il avait besoin de réfléchir.

« Je t'en prie… Non. »

Il n'osait pas croiser son regard. Il avait trop peur de ce qu'il allait y lire.

« C'est mieux comme ça. J'ai besoin de temps pour... faire le point. »

Du coin de l'œil, Dino vit les mains de Victoria trembler, blanches comme la craie sous la lumière crue du néon de la cuisine.

« Je t'appellerai demain. »

Encore sous le choc, il fut surpris de trouver la force de se lever et d'aller faire sa valise. Victoria ne le suivit pas : elle resta assise sur son siège sans bouger d'un poil. Mais quand il ferma doucement la porte derrière lui sans lui dire au revoir, elle se mit à pleurer comme elle ne l'avait pas fait depuis des années.


Beth regarda sans vraiment voir Salomé. Elle jouait dans le jardin de Gaspard et Sumire, dont on fêtait l'anniversaire avec un peu de retard. Elle avait encore du mal à digérer ce qu'il s'était passé. Elle n'en revenait pas de voir sa fille saine et sauve devant ses yeux, de la sentir dans ses bras. Elle avait eu peur de ne jamais la revoir. Elle avait ressenti la plus intense terreur et le plus terrible désespoir lors de sa disparition.

Elle avait eu peur de ne jamais ressortir du gouffre où ce choc l'avait poussée.

Elle avait même pensé, plus d'une fois, qu'elle ne voulait pas continuer à vivre dans un monde où sa fille n'était plus.

Betty sentit une main presser doucement son épaule découverte. Ses yeux croisèrent ceux de Solf, inquiets. Elle se sentait bizarre, comme si on l'avait soudainement frappée à la tête. Elle avait une sensation de vertige et d'être sous l'eau en même temps. Les sons semblaient moindres et la lumière trop forte. Elle devina qu'il lui demandait si ça allait.

Non.

Ce simple mot refusait de franchir ses lèvres alors qu'elle se répétait encore et encore, jusqu'à le hurler intérieurement.

Il remarqua sa détresse et lui prit gentiment le bras. Cela lui faisait terriblement mal, comme s'il allait lui écraser, lui éclater. Elle prit sur elle du mieux qu'elle pouvait en se sentant inerte comme une poupée de chiffon. Solf la conduisit jusqu'à la véranda déserte et calme, où le soleil de l'après-midi entrait à flots et où les fleurs de Sumire embaumaient l'air. Elle s'allongea sur le hamac qui s'y trouvait et ferma les yeux, espérant trouver pour un instant seulement, un peu de paix.


Solf retourna sur la vaste terrasse de bois où se trouvaient son frère et son beau-frère, ainsi que leurs familles. Pasiphaé, l'épouse de Marian, lui adresse un petit sourire compatissant en caressant son ventre rond – elle allait accoucher sous peu. Il reprit sa place à côté de son frère qui lui versa un fond de champagne sans qu'il lui demande.

« - Elle est allée se reposer ?

- Oui. Dans le jardin d'hiver.

- Elle prend son traitement ? Ou elle en a un nouveau ? voulut savoir Gaspard qui était au courant des soucis de santé psychologique de sa belle-soeur.

- Pas pour l'instant. Elle a mal réagi au dernier qu'on lui a donné et ça a été une douche froide.

- Tu m'étonnes. Et toi, comment tu vas ? »

C'était peut-être la première de sa vie qu'on demandait à Solf comment il allait. Non, la deuxième. Urie Kindness le lui avait déjà demandé quand on avait diagnostiqué Beth avec un trouble bipolaire. Il regarda sa fille courir vers leur table et boire un peu de son jus d'ananas à la paille avant de repartir en courant. Il prit un peu de temps pour considérer cette question.

« - Je réalise seulement à quel point j'ai eu peur. Je … Je n'ai pas souvent peur mais cette fois, j'étais terrifié à l'idée de perdre Salomé parce qu'en plus de la perdre elle, j'aurais perdu Beth aussi, avoua-t-il.

- Pour être franc, j'aimerais avoir ton flegme la plupart du temps.

- J'aimerais être un peu plus sensible comme toi parfois, sourit-il. Je ne vis pas avec Salomé et Betty depuis très longtemps, et je n'ai connu Sally qu'à ses cinq ans. Je n'avais jamais pensé avoir une famille en dehors de toi. Je n'aurais jamais cru que quelqu'un puisse vouloir de moi et-

- Tonton Gaspard ! cria Salomé au pied d'un cerisier. On peut grimper à l'arbre ?

- Oui, mais faites attention. Tu devrais surveiller ça, fit-il à son frère. On est jamais trop prudent. »

Solf se leva et s'approcha de sa fille avec une sensation étrange. Il était tracassé mais pour quoi ? Beth se leva une demie-heure plus tard, à nouveau tout sourire comme si ce qu'il s'était passé n'avait été qu'une triste parenthèse. Et ce fut en voyant son sourire qu'il réalisa de quoi il s'agissait.

Bethsabée n'avait sans doute pas voulu être avec lui. Il l'avait rabaissée et maltraitée pendant plusieurs semaines, rendue mère d'un enfant sans père. Toutes deux avaient été pointées du doigt à cause de lui et ses agissements cruels. Il avait poussé Betty plus bas que terre, parfois même marché dessus, pour son propre ego. Et elle n'avait jamais réussi à se relever complètement. Il avait pris avantage d'une jeune femme incroyable mais fragile et il l'avait modelée pour lui et lui seul.

Plongée jusqu'au cou dans les quolibets et son propre désespoir, elle n'avait sans doute pris sa main que parce qu'il était tout ce qu'elle connaissait, en un sens. Il savait comment la flatter, l'élever mais aussi la détruire. Il était le père de son enfant, il était l'homme que tout le pays connaissait, que les vétérans d'Ishbal connaissaient notamment à cause de ce que Beth et lui avaient vécu sur le front. Elle était, quoiqu'elle fasse, toujours liée à lui sans espoir de lui échapper. Même les traits de sa propre fille le lui rappelaient chaque jour.

Solf réalisait seulement à cet instant tout le pouvoir qu'il avait sur son épouse, et tout le déséquilibre de leur relation. Il l'aimait, et il était désolé de ce qu'il lui avait fait, mais c'était trop tard. Le mal était fait. Et il comprenait son soulagement face à la couverture et au reportage de Pictures & People : elle n'allait pas porter ce fardeau seule ou dans la confidentialité d'anciens vétérans prompts aux ragots. Les gens allaient pouvoir comprendre ce qu'elle avait vécu, ce qu'elle vivait et le choix de vie qu'elle avait fait.

Et alors peut-être, oui, peut-être que d'autres jeunes femmes comme elle ne feraient pas la même erreur.


Toujours vivante, rassurez-vous

Oui je l'ai déjà faite, et alors ? Z'êtes de la police ?

Ceci doit être la fin de chapitre la plus badante que j'ai faite. Mais sérieusement, pour avoir un peu lu sur le sujet, je pense que Solf a une grande influence sur Beth, qu'il le veuille ou non. Et ce n'est pas forcément positif au vu du passif qu'ils ont. C'est pour ça que j'avais fait une fin alternative à QVLS où Betty refuse de le revoir et où il meurt lors du Jour Promis parce que dans ce genre de relation toxique, le mieux à faire, c'est s'éloigner. Mais bien des gens restent ou reviennent avec les gens qui les ont abusés à cause de l'influence qu'ils ont sur eux, du pouvoir qu'ils exercent.

C'est le cas pour les femmes en bonne santé mentale mais dans le cas de Beth qui a des soucis psychologiques, c'est encore plus "facile". Elle est plus faible psychologiquement, et n'a pas forcément la force nécessaire pour partir ni même l'envie de partir vu qu'elle l'aime malgré tout. Après ce qu'elle a vécu, elle le voit un peu comme le seul choix qu'elle avait.

Parce que c'est quand même malsain de se marier avec un gars qui vous traite mal comme ça. Je ne veux pas que vous pensiez que j'approuve ce genre de choses parce que non. On est pas dans Cinquante Nuances de Grey et Abus Psychologique. Solf et Beth vont peut-être bien ensemble et j'aime écrire sur eux, mais faut pas oublier que c'est pas le couple le plus sain de l'année.

(Ce fut le moment pédagogie, merci)

Bisous orange-caramel sur vous !