Hi ! de retour pour un chapitre à l'ambiance un peu plus sympa ^^ J'espère que la fanfic' vous plaît toujours, bonne lecture !
Chapitre 13 :
Comment… mais comment ?
Comment je vais pouvoir faire ?!
Antonio tournait en rond. Pas au sens propre, bien sûr. Son esprit tournait sur lui-même telle une toupie infernale, un siphon dévastateur, ou n'importe quoi qui puisse vous paraître le plus fâcheux. Il dressait une sommaire liste de pour et de contre pour savoir quel serait le moment et la manière propices pour respecter sa part du pari qu'il avait fait avec Bella. À l'instar de tous les plans, c'était un sacré casse-tête.
« Dis-lui d'un coup, entre deux conversations » lui avait conseillé Gilbert quand Antonio avait appelé ses deux meilleurs amis pour tenter de trouver une solution convenable. Francis lui avait fait une pichenette sur la tempe. L'Espagnol avait immédiatement répliqué : « C'est Romano. Ce n'est pas si simple ! ». Les trois compères avaient alors réfléchi dans l'espoir de trouver une issue au « problème » engendré par la Belge. « Il est assez jaloux… colérique… versatile… susceptible et effronté » avait énuméré l'hispanique. « Autant nous demander de transformer l'eau en vin ! s'était exclamé le Français, désespéré. Je commence à croire que tu n'as pas encore mesuré le degré du miracle que tu nous demandes d''accomplir pour toi. » Mais les mains plaquées sur ses joues, à jouer avec l'élasticité de sa peau pour essayer d'échapper à ce souci, Antonio lui avait répondu que si.
Il pinça sa pomme d'Adam, bien embêté. Quarante-huit heures… c'est mieux que vingt-quatre, non ? À quoi il pensait ? La fourchette d'horaires que lui avait accordé la co-gérante lui paraissait bien trop maigre pour tout ce qu'il avait à déballer. C'est une vraie sentence ! Ses idées avaient perdu leur détermination, et partaient toutes au galop les unes après les autres.
À la bibliothèque ? Non, trop bizarre. Dans son atelier ? Trop suspect, je ne dois pas interférer avec son endroit favori. Chez lui ? Pourquoi m'inviterait-il ? Dans un café ? Non, non, trop évident… Et puis je vais me faire jeter.
Son sang ne fit qu'un tour. Il eut un haut-le-cœur. Et si… ce n'était pas pareil pour lui ?
La facilité avec les sentiments amoureux est que tout peut arriver si seulement on les garde pour soi, que ce soit bien ou mal. Aucun dilemme ni ultimatum ne viennent nous tourmenter. En revanche, lorsqu'ils sont dévoilés… ce n'est pas vous qui décidez de la réponse que vous obtiendrez. Antonio ne savait pas s'il souhaitait se démunir de cette éventualité sous l'innocent chantage de son amie. Oui, il aimait bien se conforter dans sa bulle d'opinion.
Il ne manquerait plus que Romano l'éclate avec un malin geste d'aiguille.
Antonio tourna la tête vers celui qui emplissait ses pensées. Il se remémora des mots qu'avaient pu lui dire les membres de leur trio : « Tu es amoureux, ou pas ? Tout va se jouer après lui avoir dit. Tu te compliques la vie pour rien, si c'est réciproque, tu le sauras assez vite. »
Oui, bien sûr qu'il était amoureux. Il avait eu de l'intérêt aigu pour l'Italien dès son arrivée, puis avait ressenti la nécessité qu'il le remarque, et finalement la nécessité de l'avoir sans cesse à côté de lui. Je veux qu'il aille bien… Je veux qu'on aille bien. Mais si je lui dis… qui dit qu'il ne sera pas choqué, ou pire ?
« Hé, ducon ! Ça doit faire vingt putains de minutes que tu règles ton zoom, tu vas pas faire que ça, non plus ! »
L'appareil lui glissa presque des mains de sursaut. Romano, en face de lui, dont la silhouette était à demi mangée derrirèe la surface de sa toile, fronçait ses sourcils. Sa boucle de cheveux paraissait tout autant contrariée, puisqu'elle s'était froissée.
« J-Je… oui, désolé. J'arrive ! »
Après avoir effectué les vraies manipulations concernant le zoom, il se rapprocha.
« On fait comme on a dit ? demanda l'Italien.
— Je suis prêt. »
Leur idée : le peintre et la peinture. Un sujet plutôt aisé pour Romano, qui allait servir de modèle pour Antonio. L'un peignant tranquillement et l'autre le prenant en photo en train de s'exercer.
« Au fait, Romano, quel tableau comptes-tu présenter au concours ?
— Je t'en pose des questions ? Commence à bosser, merde. »
Privé de réponse, il ne se plaignait pas de l'ordre qu'il lui avait donné. Premièrement, trouver de bons angles pour la lumière. Ils avaient ouvert les fenêtres en grand d'un côté, puis voilé les autres de tulle pour créer un effet plus intéressant. La confrontation des deux se réalisait au sol et en travers de la toile, qui s'étaient vus fragmentés en plusieurs zigzags lumineux plus ou moins intenses. En quête desdits angles, Antonio essaya de visualiser une distance maximum pour les plans les plus larges, et à contrario, une minimum pour les plans rapprochés, sans que cela n'ait trop d'influence sur les lignes de fuite, l'hors-champ ou bien les couleurs. Je pourrai toujours retoucher ensuite… mais il vaut mieux partir d'une base solide.
Ensuite, seconde étape. L'émotion et la posture du sujet. Accroupi à sa droite et Romano debout, il se tâta les doigts. L'Italien, serein, donnait des coups de pinceau saccadés à son tableau, dont la toile tremblotait, chatouillée par les poils de celui-ci. Il était neutre, tout simplement. Affreusement neutre. Et debout, droit. Horriblement droit. L'Espagnol se racla la gorge.
« J'aurais besoin que tu te tiennes différemment… Un peu moins crispé, par exemple. Je… je ne suis pas certain que la colonne vertébrale de quiconque soit censée être aussi plate. »
Sans dire un mot, l'Italien détendit ses muscles de façon à paraître plus naturel. Cela se vit également sur sa peinture, qui se dota de courbes plus harmonieuses, surtout pour la gestuelle des brins d'herbe.
« Comme ça, ça va ?
— Parfait… »
Raah… comment faire ? Son « problème » ne cessait de le tarauder. Il était incapable de penser à autre chose que ça lorsqu'il regardait Romano… à part à Romano. Oui, Romano, avec sa mine ordinairement boudeuse. Avec ses traits fins et ses muscles secs. Avec son regard fugace et ses yeux vert pomme qui s'assombrissaient de temps à autre. Ses manies rustres et son langage outrancier. Ses mains qu'il serraient tant et son menton fuyant qu'il relevait souvent. Sa silhouette svelte tout en restant plus petite que la sienne. Et sa voix parfois bien trop moqueuse. Il revoyait les mêmes traits relâchés, libres. Les yeux attentifs et pétillants de la lumière du crépuscule. Le corps tranquille et muet. Les mains tenant un pinceau de la manière la plus délicate en levant le nez, oui, mais pour peindre les nuances du temps. L'attitude ambitieuse, se tenant sur la pointe des pieds. Et aucune insulte n'ayant franchi ses lèvres.
« Oh, enfoiré ! Qu'est-ce que tu fous ? »
OK. Il retirait la dernière.
« Q-Quoi ? Je prends les photos ! »
Il fit claquer le déclencheur trois fois pour le lui confirmer, un sourire déstabilisé en travers du visage.
« Tu te fous de moi, crétin ?
— Quoi ? Bien sûr que non ! s'exclama Antonio sans comprendre.
— Là, regarde ! »
L'opaque et épais disque du cache occluait la moindre fuite de lumière dans le diaphragme de l'appareil. Bien joué Antonio…
Il le retira avec un certain malaise, ses joues couleur pivoine.
« Désolé… »
Romano fit la moue. Dehors, des nuages joueurs faisaient la course. Des nuages gris et menaçants qui s'ameutaient en un firmament pluvieux, emportant dans leur passage le plus petit effet lumineux. Antonio accourut vers les fenêtres ouvertes.
« Non, non ! Sans lumière, rien ne va !
— Il y a la l'électricité ici, proposa Romano.
— Ce fera un rendu de supermarché…
— Eh bien, si quelqu'un n'avait pas perdu son temps depuis vingt minutes à faire des réglages puis quinze à rêvasser, tu aurais au moins quelques plans, tss !
— C'est de ta faute, riposta l'Espagnol, j'étais nerveux et tu me déconcentres ! »
Il se couvrit la bouche en vitesse. L'Italien devint suspicieux et fronça à nouveau les sourcils. Antonio écarlate, pria pour qu'il n'en comprenne pas plus. Mais sa façon de se saisir lentement d'un tabouret pour s'asseoir dessus et croiser les jambes n'annonçait rien de bon.
« … » Antonio souhaita disparaître.
« Tu sais… je pensais à un truc, dit Romano.
— H-ha oui… ?
— Ouais… on pourrait faire une série nocturne ?
— Nocturne ? (Il poussa un long soupir de soulagement.) Oui, ça serait quelque chose à faire.
— On ne serait pas embêtés par ce genre d'imprévus, renchérit-il en désignant les fenêtres.
— Mais pour toi… ça serait tout sauf pratique, tu ne penses pas ?
— J'amènerais le nécessaire. Les couleurs restent les mêmes, même dans le noir… Je me demande quel résultat donnerait la lumière lunaire. Il nous faudrait un endroit dégagé, qui l'affiche bien.
— Je sais ! s'exclama Antonio. Je connais un endroit où aucun arbre ne nous gênera. »
Sans lui préciser le plus important, Antonio partagea son plan avec Romano. Il fut plus qu'euphorique de le voir hausser les épaules dans un acquiescement songeur (en signifiant oui, par défaut.)
Pourtant plus tard il comprit la réalité de ce qu'il venait lui de proposer avec des mots plus habiles.
suspensà a cessé de fonctionner xD
