Chapitre 13 : Le retour des oreillers (partie 1).
Blaise était plutôt fier de lui. La Salle sur Demande était parfaite, comme d'habitude. De toute façon, tout ce qu'il créait était parfait, c'était une habitude chez les Zabini. Oui la modestie aussi, il en avait l'habitude.
Il avait demandé à la Salle de lui fournir une multitude d'oreillers, dispersés partout dans la pièce. Certains étaient cachés pour pimenter un peu l'action qui s'annonçait, tandis que la majorité était à même le sol, accueillant les visiteurs dès leur arrivée. Quelques-uns étaient ensorcelés, pour suivre le sorcier qui aurait le malheur de l'attraper. La Salle, elle, n'était plus qu'un gigantesque labyrinthe, histoire de compliquer encore l'action.
Maintenant que la Salle était prête, il ne lui restait plus qu'à s'arranger pour qu'ils soient tous là dimanche prochain. Au final, il avait décidé que les Gryffondor feraient partie de la bataille. Soit il restera classique en proposant un serpent versus lion, soit il fera des petites équipes. Drago et Hermione, pour les réconcilier. Harry et Ginny, parce que Ginny refuserai d'être avec quelqu'un d'autre. Ron et Pansy, parce que Blaise n'était pas aveugle. Enfin, lui avec Maud, parce que c'était celle qui restait. Ok, elle était aussi très forte en compétition. Oui vraiment, des petits binômes, c'était parfait…
oOo
Hermione était plutôt heureuse. La journée qu'elle avait passé la veille avec Ginny, Harry et Ron avait été merveilleuse, et pour la première fois depuis quelques temps, elle s'était sentie relaxée. Pas à un seul moment elle n'avait repensé à ses rêves, à Bellatrix ou à la guerre. Pour une après-midi, sa vie était redevenue calme, sans problèmes, lumineuse.
Cela n'avait pas empêché ses rêves de revenir la tourmenter, une fois ses yeux fermés. Une fois encore, l'acte de décès de Merope lui avait été bien utile. Mais il n'avait pas été son seul réconfort. Au moment où sa respiration se coupait, où ses yeux n'arrivaient plus à rester ouverts, elle avait pensé à ses amis. Elle s'était remémoré la bataille de chocolat, les rigolades autour du lac, ou l'image hilarante de Harry qui se débattait, enroulé de force dans la nappe rouge. Son souffle lui était finalement revenu, et la voilà en train de terminer de s'habiller, une trentaine de minutes plus tard, comme si de rien était. Le week-end était derrière elle, et son premier cours démarrait dans une petite heure. Elle avait juste le temps d'aller déjeuner, puis de relire rapidement ses cours de métamorphose.
Elle attacha rapidement sa touffe de cheveux bruns en un chignon bas puis se contenta de se mettre une légère couche de mascara. Un sortilège de bonne mine que Ginny lui avait appris la veille – enfin elle découvrait comment la rouquine avait toujours un teint parfait – pour cacher au reste de l'école ses larges cernes et le tour était joué. Les seules traces restantes de ses nuits agités effacées, elle rejoignit Ginny dans son dortoir pour qu'elles descendent ensemble à la Grande Salle.
-Je vois que mon sortilège t'as été utile, souria Ginny.
-C'est si flagrant que ça ?
-Oui ! Ca change du tout au tout.
-Tant mieux alors, ria Hermione.
oOo
La première étape pour Blaise – la plus simple – était de s'arranger pour que les Serpentards, soit Drago, Maud et Pansy, soient tous présents. Ils étaient en cours de botanique, cours qu'il avait en commun avec les Serdaigle. Ils étudiaient les tentaculas vénéneuses, en révisions pour les A.S.P.I.C.S de la fin d'année. Drago était en binôme avec Maud, tandis que Blaise était avec Daphnée Greengrass, la sœur d'Astoria Greengrass, sa petite amie. Drago était d'une humeur massacrante depuis qu'Hermione ne lui adressait plus la parole, alors il allait sans doute être le plus dur à convaincre… Autant commencer par lui, se dit Blaise.
-Eh, Drago ! l'interpella le métisse.
-Mmh ?...
-Samedi t'as rien de prévu ?
-Pourquoi ? marmonna Drago.
-Ben j'me suis dit qu'on pourrait réviser ensemble.
-Toi réviser ?
-Ben oui. Hermione a fini par déteindre sur moi, je prend mes études très au sérieux maintenant, tu sais.
-J'ai du mal à te croire…
-La confiance règne…
-Tu préparerai pas un mauvais coup par hasard ?
-Moi ?! s'exclama Blaise, faussement outré (quitte à jouer le jeu jusqu'au bout...). Tu sais très bien que c'est pas mon genre !
-Zabini, Malefoy, un peu de calme.
-Je suis le seul à qui tu demandes ?
-Pour le moment, tu es le premier mais je comptais faire en sorte que Pans' et Maud soient là aussi.
-Maud ? Mais elle ne passe pas ses A.S.P.I.C.S...
-Elle nous éclate tous en potions.
-C'est faux. Severus a été mon mentor également, je m'en sort aussi bien qu'elle, bougonna Drago.
-Tu as sauté deux classes en potions toi ?
-Je garde mon talent en réserve. Il pourrait vous éblouir, se vanta le blond.
-C'est ça, pouffa Blaise.
-Zabini, Malefoy ! 10 points en moins pour Serpentard !
-Fermez là vous deux, siffla Pansy. Si vous continuez comme ça en cours, les Poufsouffle vont finir par nous dépasser ! Et moi vivante, ça n'arrivera pas.
-Désolé Pansy, marmonnèrent Drago et Blaise de mauvaise foi.
-Je préfère ça. Drago, au boulot, hors de question que j'obtienne un T par ta faute. Hermione ne me le pardonnerai jamais.
-Pourquoi vous ramenez toujours tout à Hermione ? soupira Drago, en levant théâtralement les mains au ciel.
-Parce qu'on est obligé de la placer dans une conversation à sujet scolaire, répondit Pansy, comme si c'était une évidence.
-De toute façon, elle ne m'adresse plus la parole. Vous avez bien vu comment elle m'a ignoré au petit déjeuner…
-Elle a un très beau teint d'ailleurs ! Bien mieux que ces dernières semaines.
-C'est parce que vu que elle et Drago ne se sont pas retrouvés pour une partie de jambes en l'air cette nuit, elle a pu beaucoup mieux dormir, affirma Blaise.
-T'es lourd Blaise.
-Elle ne me laisse plus vraiment la toucher depuis que ces cauchemars sont apparus…
-Non mais je rêve ! Vous allez vraiment enchaîner là-dessus en plus, s'exclama Pansy.
-Cette fois ça suffit ! Zabini, Malefoy, Parkinson, en retenue, ce soir !
-Je vais vous tuer, marmonna Pansy en leur jetant un regard meurtrier.
oOo
Les jours s'écoulaient lentement, installant peu à peu une monotonie. Hermione commençait à se faire à ses rêves, lentement. Drago était venu s'excuser auprès d'elle, et même si elle avait accepté ses excuses, elle lui faisait toujours un peu la tête. Il semblait cependant avoir compris le message et Hermione soupçonnait Ginny d'avoir été lui en toucher deux mots. Mais si la rouquine avait pris cette initiative, Hermione ne pouvait que l'en remercier, alors elle n'avait rien dit.
Ses recherches, elles, piétinaient lamentablement. Son rythme avait considérablement ralenti, puisqu'elle tentait de prendre le plus de temps possible pour ses amis, et ses études. Elle avait écrit à ses parents, sans leur mentionner ses cauchemars, mais cela lui avait tout de même fait du bien.
Blaise avait été très étrange cette semaine là. Il lui avait déjà demandé si elle était libre le fameux dimanche, mais il n'avait pas arrêté de la relancer dans la semaine, elle, Harry, Ron et Ginny. Il avait aussi été très vague sur « l'objectif » de cette après-midi qui lui semblait si importante. Le plus étrange était qu'elle en avait parlé à Drago, qui lui avait dit que lui et les autres subissait le même engouement pour ce dimanche après-midi. Blaise semblait manigancer quelque choser, et ne pas savoir quoi horripilait Hermione, presque autant que ses rêves. Mais au moins, il avait trouvé le moyen de la faire penser à autre chose, tout au long de la semaine
Au final, ils avaient tous cédé à Blaise, pressés par son insistance et surtout son enthousiasme. L'héritier Zabini leur avait seulement recommandé de venir avec des vêtements dans lesquels ils se sentaient à l'aise. Hermione et Ginny avaient donc décidé d'aller se changer dans le dortoir de la sixième année. Elles quittèrent les garçons après le repas, et se dirigèrent ensemble dans la chambre de la rouquine. Hermione s'installa confortablement en tailleur sur le lit, tandis que Ginny s'éclipsa rapidement dans la salle de bain. La préfète détailla le dortoir des sixièmes années du regard. Les effets personnels de Ginny la fit sourire. Même si elle les avaient déjà vu des millions de fois, elle ne pouvait s'en empêcher à chaque fois. Trois photographies sorcières et une moldue étaient disposées sur sa table de chevet.
D'abord une où toute la famille Weasley adressait des signes joyeux de la main à l'objectif. Fred et George étaient différenciables uniquement grâce à la lettre
« F » ou « G » tricotée sur le pull de chacun. Ron, fidèle à lui-même, la silhouette élancée, avait un grand sourire placardé sur le visage, faisant ressortir ses tâches de rousseur. Ginny était devant, fière, ses cheveux raides et roux virevoltants autour d'elle.
La deuxième photo en était une qu'ils avaient pris l'année précédente, avec un appareil photo que la Salle sur Demande leur avait fournis. Le cadre n'était pas du tout le même que la Salle qu'Hermione avait fait apparaître. Ils se trouvaient tous dans une jolie pièce, lumineuse et qui rappelait chacun d'entre eux grâce à de petits détails. Par exemple, le balai de Harry traînait dans un coin de la pièce, et « L'Histoire de Poudlard » était posé sur la table sur laquelle était appuyée Pansy. Les fameux oreillers, démons de Blaise, étaient fièrement posés sur le canapé marron foncé. On voyait aussi des emballages de bonbons ou chocolats, traces des passages de Ron. Tous étaient présents sur cette photo, et c'était la préférée d'Hermione pour cela. Elle était là, entourée de Ginny, Harry, Ron, Drago, Pansy, Blaise et Maud.
La dernière photographie sorcière était une qui représentait Ginny, sur son balai, en plein match de Quidditch. Elle rayonnait, tout simplement.
Celle moldue, avait été prise chez Hermione, où Ginny, Harry et Ron avait été passer une semaine durant l'été de leur troisième à quatrième année. Même si, contrairement aux autres, la photo ne bougeait pas, elle n'en était pas moins très belle. On les voyaient tous les quatre en train de faire une partie de Monopoly, jeu qu'Hermione avait tenté de leur apprendre. Ron avait un air contrarié, et Hermione se souvenait encore très bien pourquoi. Il était bien meilleur aux échecs sorciers. Ginny et Harry souriaient à l'objectifs, mais Hermione avait l'air plongée dans le jeu. La partie s'était très mal terminée, puisque lorsqu'Hermione avait fini par réduire à néant les économies de Ron, celui-ci avait déclaré que ce jeu était « vraiment nul ». Une énorme dispute s'en était suivie, comme souvent à cette époque là.
-Nostalgique ?
Hermione fut tirée de sa rêverie. Ginny la regardait, accoudée contre la porte nonchalamment. Elle avait décidé d'écouter Blaise, et avait enfilé son maillot de Quidditch, et un legging noir. Ses cheveux, quant à eux, avaient été relevés en queue de cheval.
-Toujours, ria Hermione.
Elle attrapa ses affaires, et alla se changer hâtivement à la salle de bain. En enfilant son haut, une trace sur son bras attira son regard… Des légères coupures se voyaient sur son avant-bras, comme si… Comme si elle s'était scarifiée ? Non, elle avait juste dû s'écorcher le bras, rien de plus. Elle décida de ne pas y prêter attention, ces marques finiraient bien par partir. Une fois habillée, elle regarda rapidement son reflet. Elle avait fait le choix, comme Ginny, d'attacher ses cheveux, mais plutôt en une jolie tresse africaine qui pendait dans son dos. Une petite mèche rebelle s'en échappait, finissant sa course sur sa joue.
Hermione avait opté pour un débardeur aux couleurs de sa maison, ainsi qu'un jogging noir. Elle n'avait pas eu envie de s'embêter, alors elle avait fait simple.
Elle rejoignit Ginny puis elles se dirigèrent vers la Salle sur Demande, leur lieu classique de rendez-vous. Les autres étaient déjà tous présents, dans des tenues dans le même esprit que les leurs. Blaise avait un petit sourire satisfait placardé sur le visage, et Hermione en avait maintenant la certitude : il préparait quelque chose…
-Enfin ! s'exclama-t-il. On attendait plus que vous !
-On peut savoir à quoi rime tout ça ? demanda Maud.
-Dans quelques secondes Maud, quelques secondes, répondit Blaise, son sourire ne le quittant pas.
Sans plus de cérémonies, il se plaça devant la tapisserie, puis effectua les trois allers-retours habituels. Une petite porte brune se matérialisa devant eux, et Blaise les invita d'un signe de la main à y entrer.
