NDA : Bonsoir, nous voici arrivés à la quatrième année d'étude de nos héros ! Je tiens à remercier tout particulièrement Niakovis et Drizzteller pour leur fidélité et leurs nombreuses reviews qui me donnent la pêche à chaque fois !

WARNING : ce chapitre peut heurter la sensibilité des plus fragiles. Je vous recommande donc de le lire en toute connaissance de cause. Ce chapitre implique tortures physique et mentale, tentative de viol.

Bonne lecture et j'attends vos impressions )

Chapitre 12 : Un Eté d'Enfer

Le Noir… Elle était plongée dans le noir depuis des jours, pour ce qu'elle en savait cela pourrait même être des semaines. Elle avait mal, si mal, partout, tout son corps était meurtri par les coups répétés que lui infligeait Lucius Malefoy quotidiennement. Elle ne prenait que rarement forme humaine à présent. Sa forme d'Animagus frustrait le sorcier à un tel point qu'il s'acharnait d'autant plus sur elle mais elle n'avait pas le choix… Elle avait fait l'erreur de s'endormir, morte de fatigue, pour qu'un matin elle se réveille avec pour spectacle son visage à quelques centimètres du sien et une main placée très haute sur sa cuisse. Alors, elle s'était transformée et depuis elle ne reprenait que peu souvent forme humaine. Elle le faisait seulement lorsque Narcissa ou Drago venaient en douce dans les cachots pour lui apporter un peu à manger à l'insu de Lucius. Ce dernier, afin de l'épuiser moralement et physiquement, leur avait interdit de la nourrir mais ils ne pouvaient s'y résoudre. Elle leur devait la vie, car Narcissa Malefoy, née Black, s'employait également à soigner les nombreuses blessures infligées par son mari. Il ne pouvait pas voir qu'elle tentait de la guérir car le pelage noir de l'animal cachait les blessures et cicatrices aussi bien que les lotions apaisantes et les potions de Lonéat. Les séances quotidiennes avec Lucius étaient de pire en pire car elle ne flanchait pas, à aucun moment elle ne demandait grâce et ça avait le don de le mettre dans une rage folle. Son esprit était devenu hermétique à tout cela depuis longtemps maintenant, elle pouvait supporter la douleur encore un peu. Drago avait un plan…

Il était venu lui en faire part quelques jours, lui semblait-il, avant de le mettre en œuvre. Les Malefoy devaient se rendre à la Coupe du Monde de Quidditch, ils seraient donc absents une bonne partie de la journée et certainement toute la nuit.

_ Dobby viendra te chercher en fin de journée. Comme ça on sera sûr qu'il n'y aura plus personne dans le Manoir. Il peut transplaner à l'intérieur comme ça il pourra directement t'emmener chez les Weasley. Si jamais mon père apprend que c'est lui qui est venu, je lui mettrai dans la tête que c'est certainement Potter qui l'a envoyé parce qu'il voulait te voir. L'elfe est complètement dingue de lui, mon père me croira…

Tout en mangeant les quelques morceaux de pain apportés par le blond, Mélinda hochait la tête.

_ Merci Drago… je ne sais pas comment te remercier…

_ Tu n'as pas à le faire… j'aurai voulu pouvoir le faire plus tôt… ma mère te présente ses excuses et te souhaite bonne chance.

_ Tu lui diras merci aussi. Vous avez tous les deux risqué gros pour me maintenir en vie. Je ne t'en veux pas à toi Drago, j'en veux à ton père… Il m'a enfermé à peine trois jours après être arrivée. J'ai refusé de faire des potions de magie noire… J'ai refusé de lire des ouvrages portant sur le sujet… et j'ai entendu ce qu'il prévoit de faire lors de la Coupe du Monde…

Drago avala difficilement sa salive. Leur futur devenait de plus en plus menaçant. Elle avait toujours mal partout. Les lotions et les potions de Narcissa n'étaient plus assez puissantes pour endiguer la douleur atroce qu'elle subissait. Mais elle tenait bon… Elle tenait le coup en pensant qu'elle allait bientôt s'échapper d'ici et revoir ses amis. Ses amis… Lucius savait qu'elle devait leur envoyer des lettres pour s'assurer que tout allait bien. Elle avait d'ailleurs promis à Potter trois lettres par semaines. Alors, le mangemort avait installé un bureau avec une bougie, de l'encre et une plume afin qu'elle écrive ses lettres. Il s'agissait des seuls instants où elle redevenait humaine en face de lui car elle savait qu'il ne risquerait pas que les Weasley s'inquiètent et ne débarquent dans son manoir pour venir la chercher. Alors, il lisait par-dessus son épaule chacune de ses missives, s'assurant qu'elle ne leur envoie pas de messages cachés entre les lignes… Elle ne pouvait donc pas les prévenir du calvaire qu'elle vivait et se contentait d'écrire de banales lettres qui lui donnait envie de vomir le peu de nourriture qu'elle ingurgitait. Elle pouvait également lire leurs réponses car après tout, il ne fallait pas qu'elle fasse d'impaires qui mettraient à coup sûr la puce à l'oreille à Potter.

Harry Potter… elle savait qu'il était en danger et elle ne pouvait rien faire pour l'aider. Elle aurait voulu faire plus mais elle devait économiser ses forces pour survivre… Elle sentait que les blessures infligées étaient de plus en plus profondes et s'infectaient de jour en jour. Elle risquait une grave septicémie ou pire encore… Drago savait, qu'entre les murs d'un cachot sans aucune fenêtre, elle n'avait plus la notion du temps. Alors, il revint la voir une dernière fois la veille de leur départ.

_ Prépare-toi. Demain soir, Dobby viendra te chercher, vous devriez pouvoir vous sauver sans encombre mais vous devrez le faire en dehors de la cellule. Dobby peut transplaner à sa guise dans tout le domaine sauf à l'intérieur de ce cachot. Je pense que ça a été mis en place par mes ancêtres afin que leurs prisonniers ne s'échappent pas. J'ai rassemblé tes affaires et j'ai pu récupérer ta baguette. Dobby les emmènera en premier et viendra ensuite te chercher.

_ D'accord donc Dobby viendra me chercher. On transplanera à l'extérieur du cachot mais tout en restant dans le Manoir car il ne peut pas transplaner du cachot vers l'extérieur du domaine, c'est ça ?

_ Oui et de là il pourra t'emmener loin d'ici.

Drago la regarda alors de la tête au pied à la lueur de la bougie qu'il avait apporté. Elle était dans un piteux état. Les racines de ses cheveux avaient bien poussé malgré le manque d'alimentation et ses longueurs et pointes étaient blondes et sèches. Ses baskets étaient trouées et devaient être trempées à l'intérieur. Son jean noir était troué de partout, taché de boue et de sang. Quant à son débardeur rouge, il tenait encore par miracle après toutes les meurtrissures que son père lui avait infligé dans le dos. Il était taché lui aussi… Son corps tout entier devait souffrir le martyre mais elle gardait encore toute sa lucidité. Mais le pire dans tout cela était sans doute les chaines… Elle était telle une véritable prisonnière d'Azkaban. Les poignets, les chevilles et son cou étaient enserrés, puis reliés entre eux par de lourdes chaines. Comment faisait-elle ? Dire que Drago fut impressionné serait un euphémisme… Seul son visage avait été épargné mais il était d'une pâleur inquiétante sous une couche de saleté et les ecchymoses commençaient à la naissance de son cou. Ses yeux la faisaient aussi beaucoup souffrir. Après presque huit semaines dans le noir, ils n'étaient plus habitués à la lumière et il savait qu'elle aurait du mal à s'habituer de nouveau à la lumière naturelle du jour. Après ça, Drago décida de partir. Il ne fallait pas que son père se doute de quelque chose. Ils se dirent donc au revoir et Mélinda redevint panthère pour ce qu'elle espérait bien être sa dernière nuit dans cet enfer.

Le lendemain, Lucius n'entra même pas dans sa cellule. Il devait sans doute être sur le point de partir et voulait s'assurer qu'elle était bien attachée. Il ne s'avança même pas, se contenta de lui adresser quelques mots étranges.

_ J'ai pris des précautions au cas où te viendrait l'idée stupide de tenter une évasion. Et je dois bien avouer que ma « précaution » m'a appris un bon nombre de choses sur ton passé… Qui aurait cru que tu avais autant souffert durant ton enfance… C'est pour cela que je ne parviens pas à te briser… mais maintenant que je sais… crois-moi cela me sera d'autant plus facile de parvenir à mes fins.

Le sourire sadique qu'il arborait ne promettait rien de bon. Avait-il découvert pour sa mère ? Si c'était le cas, elle était foutue. Peu importe ce qu'il avait prévu pour tenter de la retenir ici, elle devait s'échappait coute que coute et si elle n'y arrivait pas… l'échec n'était malheureusement pas une option : soit elle parvenait à sortir de cet enfer, soit elle mourrait. Le sorcier partit sans un mot de plus. Il ne restait plus qu'à attendre. Alors, elle attendit… des secondes, des minutes, des heures, quand enfin un pop retentit dans la salle. Il était là, le petit elfe de maison dont Drago lui avait parlé : Dobby. Elle se changea alors de nouveau en être humain sous les yeux de l'elfe totalement ahuri.

_ Oh mon dieu… Miss doit surement être Miss Mélinda Dent, n'est-ce pas. Oh le jeune maître Drago a parlé à Dobby de la pauvre Miss mais Dobby ne pensait pas voir une amie d'Harry Potter dans un tel état… Quand le pauvre Harry Potter saura ça…

Pour un elfe de maison, il était bizarrement vêtu mais Drago l'avait prévenu qu'il était probablement le seul elfe de la terre à avoir été ravi de sa libération. En même temps, pouvait-on le blâmer d'avoir été heureux de quitter le Manoir Malefoy ? Ce n'était pas Mélinda qui allait le contredire.

_ Dobby, pas maintenant, je vous en prie, on s'occupera d'Harry plus tard, il faut que l'on sorte d'ici.

_ Oui, Miss a raison… Il faut partir… Dobby a déjà emmené vos affaires non loin de chez les Weasley, comme le jeune maître Drago lui a demandé.

Dobby s'approcha alors d'elle et brisa les chaines l'empêchant de bouger. Il ne restait que les anneaux encerclant son cou, ses chevilles et ses poignets mais ce n'était pas urgent, au moins elle pouvait bouger maintenant. Finalement, elle se leva et prit la main de l'elfe. Il savait ce qu'il avait à faire. En une fraction de seconde, ils se retrouvèrent à l'extérieur du cachot, en haut des escaliers. Maintenant, ils pouvaient s'échapper…

_ Tiens, tiens… voilà comme on se retrouve…

Mélinda connaissait cette voix. Elle l'entendait encore dans ses pires cauchemars. Il se tenait là devant la grande porte d'entrée du manoir, plus sauvage que jamais, Fenrir Greyback.

_ Dobby… Il faut que l'on parte d'ici…

_ Pas si vite !

Il poussa un grognement inhumain avant de bondir sur elle pour la maintenir prisonnière au sol.

_ Je vais enfin pouvoir finir ce que j'ai commencé il y a sept ans…

Dobby ne lui laissa pas le temps de finir et le propulsa en arrière, loin de la jeune fille. Il lui griffa tout de même la jambe au passage, lui laissant trois grandes profondes entailles au mollet. Mélinda serra les dents et ferma les yeux. Elle sentit alors une force la soulever de terre momentanément. Puis, elle retomba finalement sur un sol humide et froid. Elle ouvrit les yeux et put apercevoir un ciel bleu légèrement rosé annonciateur d'une belle fin de journée d'été. C'était tellement beau… Elle n'avait pas vu le ciel depuis deux mois et ne l'avait jamais trouvé aussi magnifique…

_ Est-ce que Miss va bien ? Miss… Oh mon dieu Miss, Dobby aurait dû partir tout de suite sans attendre… méchant Dobby !

Lorsqu'il commença à se frapper, Mélinda lui serra davantage la main.

_ Tout va bien Dobby… arrête de te frapper.

Elle se releva péniblement et put enfin admirer le Terrier se dressant derrière elle. La demeure des Weasley n'avait rien de conventionnel mais elle l'aimait déjà. De toute façon, rien ne pouvait être pire que le Manoir Malefoy. Avec Dobby, elle s'avança vers la porte. Elle jeta un bref regard à l'elfe, lui souriant gentiment, et frappa trois coups secs. Elle put entendre des pas précipités s'approcher avant que la porte ne s'ouvre et que Mme Weasley n'apparaisse dans l'embrasure. Mélinda était consciente que son allure avait de quoi choquer mais elle ne se rendit compte de la gravité de son état que lorsque Mme Weasley commença à pleurer à chaudes larmes.

_ Par la barbe de Merlin, Mélinda… Que t'est-il arrivé ? Qui t'a fait ça ?

Mme Weasley lui prit délicatement la main et la guida à l'intérieur de la maison, jusqu'au canapé. Mélinda s'assit alors lourdement, ne pouvant contrôler davantage ses membres endoloris. Molly Weasley semblait à la fois perdue et consternée, elle la regardait de la tête aux pieds tout en se prenant successivement la tête, puis les mains, pour finir par ses genoux. C'est alors que Dobby prit la parole.

_ Cela fait presque deux mois que Mr Malefoy a enfermé la pauvre Miss Dent dans les cachots. Le jeune maître Drago lui a dit qu'elle ne voulait pas faire ce qui lui était demandé alors Lucius Malefoy s'est mis en colère et il l'a enfermé… le jeune maître Drago dit qu'il l'a battu aussi… beaucoup battu avec les vieux instruments de famille imprégnés de magie noire… il a demandé à Dobby de venir sauver la pauvre Miss et Dobby a dit oui tout de suite. Le pauvre maître Drago était désespéré pour appeler le pauvre Dobby, maîtresse Narcissa pleurait beaucoup… elle pensait qu'il allait finir par tuer la pauvre Miss Dent.

_ Oh mon dieu… mais je ne comprends pas… tes lettres ma chérie ? Tu as envoyé des lettres à Ron, Hermione et Harry.

_ Il m'a obligé à les écrire devant lui. Il inspectait chacune de mes lettres pour s'assurer que je ne leur disais rien d'équivoque ou qui pourrait les inquiéter…

Molly mit alors sa main devant sa bouche.

_ Il t'a enchaîné…

_ Dobby n'a pas réussi à les enlever complètement et ce n'était pas le plus urgent. Seules les chaines m'empêchaient de me déplacer correctement alors on est allé au plus simple.

_ Ma pauvre chérie… Il te faut de l'eau… On va nettoyer tout ça et… je vais te trouver des vêtements propres et… tu vas manger… je vais te faire un bon petit plat pour que tu retrouves des forces et…

Molly Weasley trépignait en allant à droite et à gauche. Mélinda haussa alors les sourcils avant de l'interrompre.

_ Me soigner et me nettoyer sont je pense les plus urgents Mme Weasley et ensuite j'aimerai surtout dormir si ça ne vous dérange pas…

_ Oh mon dieu, bien sûr ma chérie ! Tout ce que tu veux ! Oui, je vais aller chercher mes potions et lotions !

Elle disparut donc dans la cuisine. Mélinda se tourna alors vers Dobby.

_ Peux-tu ramener mes affaires, Dobby ? Je souhaiterai récupérer ma baguette surtout.

_ Oui Miss. Dobby y va tout de suite Miss.

L'elfe disparut alors dans un pop et laissa donc Mélinda quelques instants, seule dans la pièce. Elle prit une profonde inspiration. Elle avait mal… tellement mal mais elle était soulagée d'être sortie de là-bas. Au moins ici, elle aurait à manger tous les jours, elle aurait un endroit où dormir confortablement et paisiblement… elle aurait des amis… Ses amis… Elle prit alors toute conscience de son apparence. Il ne fallait pas qu'ils la voient comme ça. Elle entendit alors les pas de Molly se rapprocher à nouveau d'elle et s'asseoir tout à côté. Elle avait apporté une longue cape noire, des chaussons et tout un attirail de fioles.

_ Il faudrait enlever tes vêtements…

Mélinda hocha alors la tête et défit ses lacets, enleva ses baskets trempées, puis ses chaussettes. Ses pieds étaient d'une pâleur inquiétante, ses ongles avaient beaucoup poussés et elle les sentait comme atrophiés à force d'être inutilisés mais elle avait encore assez de force pour tenir debout grâce à eux. Elle commença ensuite à retirer son pantalon et là Mme Weasley put se rendre compte de l'étendue des dégâts. Néanmoins, elle n'eut pas le temps de l'enlever complètement qu'une voix s'éleva.

_ Molly, chérie, nous sommes rentrés !

Ni une, ni deux, Mélinda renfila son pantalon et se confina dans le canapé afin de ne pas être vue.

Molly constata alors l'état d'extrême frayeur qu'éprouvait la jeune fille.

_ Ce n'est que le reste de la famille, ma chérie… lui chuchota-t-elle alors doucement.

_ Je ne veux pas qu'ils me voient comme ça…

Molly Weasley regarda à nouveau la jeune fille de haut en bas et jugea qu'elle avait raison. Ils pourraient la voir quand elle serait propre.

_ Arthur, restez tous dans la cuisine et ne bougez surtout pas !

_ Molly ? Que se passe-t-il ? Tout va bien ?

_ Tout va bien ! Fais ce que je te dis c'est tout, cria-t-elle du canapé ne quittant pas Mélinda des yeux.

Ils étaient tous là, à quelques mètres derrière le canapé, dans la cuisine. Mélinda tenta de ne pas y penser et regarda Mme Weasley telle une enfant perdue. Celle-ci l'enveloppa dans la cape noire qu'elle avait apportée et lui mit les chaussons aux pieds. Molly aida ensuite la jeune fille à se relever. Il fallait qu'elles aillent dans la salle de bain. Elles y seraient plus tranquilles… Elles avancèrent donc doucement vers les escaliers. C'est alors qu'un pop résonna à nouveau dans la maison.

_ Voilà Miss ! Dobby a rapporté la malle de Miss Mélinda et sa baguette magique. Le jeune maître Drago a dit à Dobby que c'était le plus important !

_ Dobby ? Mais que fais-tu ici ?

_ Oh, Harry Potter est enfin arrivé ! Mr Harry Potter va être content, Dobby a sauvé sa Mélinda Dent ! Dobby est allé au Manoir et vous l'a ramené sur ordre du jeune maître Drago, Monsieur.

Mélinda venait d'entendre la voix d'Harry pour la première fois en deux mois… Elle aurait voulu… elle aurait tellement voulu… mais comment pourrait-elle dans l'état dans lequel elle était ?

_ Lindy ?

Mélinda serra alors la main de Mme Weasley d'autant plus fort.

_ Je ne veux pas qu'il me voit comme ça… murmura-t-elle pour que seule la matriarche l'entende.

_ Harry, mon chéri, s'il-te-plait, n'avance pas davantage. Il vaut mieux que tu attendes un peu avant de la voir…

Le jeune Potter n'en fit rien et continua d'avancer jusqu'à tendre son bras afin de poser la main sur l'épaule de son amie. Ce fut l'équivalent d'une décharge électrique pour la jeune fille. Elle lâcha vivement la main de Mme Weasley, resserra la cape autour d'elle et fit demi-tour afin de trouver la sortie vers l'extérieur. Cependant, Harry était bien plus rapide qu'elle. Il arriva en premier à la porte et se posa devant elle en la prenant doucement par les épaules. Mais Mélinda n'était pas prête, elle essaya de trouver un autre moyen de sortir d'ici mais Harry était maintenant trop proche d'elle, elle ne pouvait plus éviter ça…

_ Lindy, calme-toi, ce n'est que moi…

Justement, c'était bien parce que c'était lui que Mélinda ne voulait pas qu'il soit si proche. Mais il n'en fit qu'à sa tête et descendit la capuche de sur sa tête. Si, elle n'était pas autant déshydratée, elle en aurait sans doute pleuré tant elle avait honte. Elle ne voulait pas voir la pitié dans ses yeux, elle ne voulait pas qu'il ressente ça pour elle…

_ Arrête de me regarder comme ça, siffla-t-elle entre ses dents.

_ Mélinda… que s'est-il passé ?

Elle détourna alors son visage de lui pour tomber sur ceux de la famille Weasley et Hermione. Ils ne devaient pas la regarder ainsi. Elle avait déjà suscité ce genre de regards dans le passé et elle ne pouvait plus les supporter… Elle ne voulait pas de la pitié des gens, elle n'en voulait pas…

_ Mélinda ?

Alors, elle se dégagea du jeune homme et le regarda méchamment, il l'aurait voulu… Elle enleva donc la cape, la laissant tomber au sol et révélant ainsi son corps meurtri. De la pitié, leurs visages passèrent à l'effarement.

_ Ce qu'il s'est passé ? J'étais enfermé dans le manoir Malefoy pendant deux mois, voilà ce qu'il s'est passé ! Tu es content maintenant Potter ?

Sur ces dernières paroles, elle fit volte-face et grimpa les marches menant à l'étage aussi vite que possible. Hors de la vue des autres, elle s'arrêta en haut et attendit que Mme Weasley la rejoigne.

_ Etait-ce vraiment nécessaire Harry ? Ne pouvais-tu pas attendre qu'elle soit disposée à vous parler au lieu de la forcer ?

Molly se tourna alors vers Ginny.

_ Peux-tu aller me chercher des vêtements ? Je doute que les siens lui aillent désormais et si ça ne va pas je les ferai rétrécir… elle est tellement maigre…

Puis, elles disparurent à leur tour dans les escaliers après un hochement de tête de la part de sa fille.

Harry prit alors sa tête entre ses mains. Mélinda était méconnaissable…

_ Le jeune maître Drago a dit à Dobby que Lucius Malefoy avait enfermé Miss Mélinda dans les cachots, trois jours après son arrivée…

_ Trois jours ?

Dobby hocha la tête et raconta une nouvelle fois ce qu'il savait sur l'été qu'avait passé leur amie et sur leur évasion miraculeuse.

_ C'était juste… il s'en est fallu de peu et sans les réflexes de Miss Mélinda, le pauvre Dobby n'aurait peut-être pas réussi à la sauver…

_ Il la regardait nous écrire… murmura alors Hermione. Et on n'a rien vu… on a pensé que ça allait et qu'elle préférait ne pas s'étendre alors qu'en fait…

_ Ce n'est pas qu'elle ne voulait pas, elle ne pouvait pas, termina Ron totalement ahuri, faisant les cent pas dans la cuisine.

_ Comment a-t-elle réussi à garder toute sa tête pendant aussi longtemps après toutes les tortures qu'elle a subi ?

_ C'est une bonne question Harry Potter, Monsieur, Dobby s'est posé la même ! Le jeune maître Drago a dit qu'elle avait déjà beaucoup souffert pendant son enfance et même après tout ce que Lucius Malefoy lui a fait, elle a réussi à rester elle-même… Mais Dobby sait qu'elle restait aussi beaucoup sous sa forme animale ! C'est sans doute ça qui a sauvé Miss Mélinda…

_ Sa forma animale ? coupa alors Arthur, qui n'avait pas prononcé un mot depuis que sa femme lui avait interdit de venir dans le salon.

_ Mélinda est un Animagus non déclaré. Le professeur Dumbledore est au courant… ajouta Hermione en hochant la tête.

_ Dément… chuchotèrent les jumeaux en chœur.

Ginny redescendit alors au salon et était aussi blanche qu'un cachet d'aspirine.

_ Qu'est-ce qu'il y a Ginny ? demanda alors Fred en voyant le visage de sa sœur.

_ J'ai apporté les vêtements pour Mélinda dans la salle de bain et j'ai vu… Maman m'a fait tout de suite sortir… Elle a tellement mal partout… Maman est en train de la soigner mais je doute que ça suffise. Elle a tant de blessures, de coupures d'hématomes, de bleus…

_ Des bleus ? Ça devrait être le moins grave, non ? questionna Ron sans comprendre.

_ Ils sont situés sur ses cuisses… vers l'intérieur… précisa la rousse en mettant la main sur sa bouche.

Ils entendirent alors Ron se précipiter vers l'extérieur et vomir dans le jardin. Hermione se mit à sangloter si fort qu'elle avait du mal à respirer. Harry était comme figé, incapable de faire le plus simple des gestes ou de dire le moindre mot.

_ Il l'aurait… il l'a… violée ? l'interrogea alors George, aussi pâle que sa sœur.

_ Je… Je ne sais pas… Maman m'a demandé de sortir avant que je dise quoique ce soit…

Ginny alla ensuite se réfugier dans les bras de son père et sanglota également. Ron était revenu et serrait doucement Hermione dans ses bras tout en la berçant pour la calmer. Cependant, les larmes menaçaient de couler également de ses yeux bleus.

_ Dobby ne croit pas que Lucius Malefoy soit allé jusque-là… Il a peut-être essayé mais ce doit être pour ça que Miss Mélinda se transformait en panthère pour qu'il ne tente rien de plus…

_ Il ne m'a pas touché, coupa alors Mélinda en redescendant à son tour, suivie par Mme Weasley.

_ Mélinda…

_ Il a essayé, c'est vrai mais du jour où je me suis changée en panthère, il n'a plus rien tenté, donc je suis restée comme ça, à son plus grand damne…

Harry ne perdit plus une minute et se leva afin de s'approcher de la jeune femme. Il avait lui aussi les larmes aux yeux et espérait vraiment qu'elle n'allait pas une nouvelle fois le repousser. Ses cheveux étaient redevenus presqu'entièrement blonds et étaient attachés en queue de cheval. Le sweet-shirt rouge et le jean délavé de Ginny étaient légèrement trop grands pour elle mais au moins ils étaient propres. On pouvait distinguer sur ses épaules l'un des, sans doute, nombreux bandages recouvrant son corps. Elle esquissa alors un maigre sourire avant d'ouvrir la bouche.

_ Je suis désolée de t'avoir crié dessus comme ça mais je n'étais pas…

Elle n'eut le temps de finir sa phrase qu'Harry la prenait déjà dans ses bras et l'étreignait avec tendresse. Mélinda sentit alors quelques gouttes glisser dans son cou. Elle passa donc ses bras autour de lui et lui frotta gentiment le dos. Malgré tout, elle pouvait s'estimer heureuse qu'il soit encore et toujours à ses côtés…