Bonjour tout le monde ! J'espère que le début de vos vacances se passent bien, moi j'ai terminé tout juste hier. Ma dernière épreuve s'est déroulée dans la joie et la bonne humeur (que je remercie mes examinateurs de théâtre ç_ç et surtout le beau gosse qui me posait les questions!). Bref maintenant, je croise les doigts.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture. Ces derniers temps, je me suis remise à écrire sur cette fiction et je prends un malin plaisir à décrire certains passages. Mes chouchous, vous n'avez encore rien vu~


Lost Justice

Chapitre 13 – Rayon de soleil après la pluie


« Car vous voyez, mademoiselle Rin, si y a bien quelque chose de pire que la guerre… c'est bien l'amour. »

Rin fronça des sourcils pour discerner correctement la silhouette de Big Al illuminée par les rayons du soleil de cette après-midi suffocante. De par sa voix lourde d'insinuation, il ne fallait pas être intelligent pour comprendre que cela sentait le vécu. Et alors que Shinji se marrait sur le dos de son ennemi juré, Rin porta toute son attention sur l'ancien capitaine de l'armée. Cela faisait maintenant des années qu'elle n'avait plus vu son frère, qu'elle n'avait plus de nouvelles et elle s'inquiétait pour lui.

En plus, ce que lui racontaient ces deux hommes n'étaient absolument pas rassurant. Elle n'aurait jamais imaginé que son frère aîné ait pu subir tous ces événements.

Dans sa chambre à l'église, Len se réveilla et fut frappé par l'insoutenable douleur logée à son dos. Il partit pour se recroqueviller sur lui-même mais une main l'arrêta et il ouvrit grand les yeux, quelques larmes descendirent de ces derniers pour rouler sur ses joues. La main d'Haku contre son épaule le força à se rallonger sur le ventre et bien que la douleur venant de sa blessure au dos restait abominable, Len fut conciliant et obéit sans dire quoique ce soit. Il replongea ainsi son visage dans son oreiller qu'il entoura de ses bras et entendit le long soupir de la bonne sœur assise à sa gauche. L'avait-elle encore soigné ? Que faisait-il ici ? La lumière qui passait à travers la fenêtre montrait que le matin avait fait place à l'après-midi et que normalement il ne devrait plus être ici depuis un bon moment. Mais plus important, est-ce que les autres bonnes sœurs s'en étaient sorties ? N'y avait-il eu pas plus de blessés ? Est-ce que Luka était encore vivante et qu'était devenue Meiko ? Len hésita à poser toutes ces questions à Haku qui semblait plus énervée qu'autre chose. Il avait lu la colère de la bonne sœur aux longs cheveux blancs par ses sourcils froncés et la lueur assassine dans ses yeux sanglants.

« Tu es vraiment un poseur de problèmes. Kaito a fait une erreur en t'accueillant dans cette église. »

Len tenta de disparaître grâce au cousin, mais le résultat fut vain. Dans un énième soupir mitigé entre la désolation et une certaine moquerie, se doutant bien ce jour-là de ce que provoquerait l'arrivée de ce garde ennemi dans cette église, Haku reposa sur ses cuisses ce qu'elle était en train de coudre et leva son menton pour fixer le plafond. Elle aussi était passée par là où en était Kaito ; ayant elle aussi abritée sous son toit un intrus et l'ayant caché aux autorités.

« Mais le danger a toujours excité l'humanité, nous avons tous besoin de quelque chose de piquant dans notre vie sinon nous nous en lasserions. »

Sans faire de bruit, Len pivota légèrement son visage sur le côté et laissa apparent son œil gauche pour observer la posture d'Haku et l'expression de son visage. Une certaine nostalgie y avait pris place en plus de ce léger sourire qu'il n'avait encore jamais vu auparavant. Toutefois, un voile de tristesse avait envahi ses yeux et Len comprit que la jeune femme pensait sûrement à une connaissance perdue.

« Le sais-tu, Len ? L'amour est un sentiment encore plus fort que la haine et la vengeance, mais il est aussi destructeur que ces derniers. Voire même pire… J'ai tué une amie très proche à cause de cela. »

Haku tourna à son tour son visage et remarqua le regard ahurit que lui jetait Len. Oui bien sûr, il ne pouvait pas comprendre. Il était encore si jeune. Peut-être même n'était-il jamais tombé amoureux ou n'était-il jamais sorti avec quelqu'un. Il ne pouvait donc pas connaître les pouvoirs de l'amour et ses revers.

Seulement, ce n'était pas le cas de tout le monde.

Un peu plus éloigné de la chambre de Len, Luka avait demandé à parler à part en présence de Kaito. Ils se trouvaient maintenant dans la cave qu'il avait installée pour les retours de Meiko ici. Cette dernière avait disparu après que Len se soit écroulé à cause d'un coup porté par Luki, le frère cadet de la rosée. Rosée qui d'ailleurs demandait l'autorisation pour déboucher une bouteille et se servir un verre, ce que Kaito lui autorisa. Il savait que Luka n'était pas une grande buveuse et se mettait à boire quand quelque chose la perturbait.

« C'est la première fois que Miku défendait avec une telle ténacité une personne. » Murmura-t-elle en buvant une petite gorgée du vin servi.

Kaito ne dit rien, il ne connaissait pas tellement la jeune fille dont il était question. Il la côtoyait juste quelques fois, qui restaient tout de même rares, lorsque Miku accompagnait Luka qui venait de temps à autre assister à sa messe et lui demander de le voir en priver pour qu'il utilise les pouvoirs de Dieux pour excuser ses pêchers. Néanmoins, Kaito connaissait le lien qui liait ces deux femmes. Un lien bien plus résistant et inviolable qu'une simple amitié entre filles.

« C'est la première fois qu'elle élève le ton face à moi. » Rajouta-t-elle en restant le plus droit possible afin de paraître fière.

Portant, les yeux d'un bleu sombre tournés vers la jeune femme, Kaito ne put qu'être désolé intérieurement pour elle. Le poids qui reposait sur les épaules de Luka était énorme et elle ne devait absolument pas montrer un instant de faiblesse, encore moins baisser les épaules. Puisqu'elle dirigeait ce petit village libre dont l'existence attisait l'appétit des autres contrés, Luka devait se montrer forte et fière tout le temps. Jamais elle ne pouvait se relâcher, ou seulement chez elle en présence de Miku et pas à un autre moment.

« Tu penses que maintenant elle me déteste car Len est grièvement blessé ? Lui demanda-t-elle en se tournant vers lui, toute sa tristesse se trouvant apparente dans ses yeux.

— Len est hors de danger, Haku s'occupe de lui en ce moment.

— Oui, mais… je n'ai pas arrêté le combat. Si j'avais ordonné à Luki d'arrêter…

— Il ne t'aurait pas écouté. » Affirma Kaito d'une voix convaincue.

Luka opina, sachant bien comment était son frère et que Kaito avait tout à fait raison. Seulement, Miku était importante pour elle et Luka ne voulait pas rentrer chez elle en voyant les valises de la jeune fille. Peut-être était-ce d'ailleurs pour cette raison qu'elle se trouvait dans cette pièce, en présence de Kaito. Elle retardait ce moment.

« En tout cas, ça ne change rien au fait que Len soit blessé, soupira-t-elle en terminant cul sec sa boisson.

— Crois-moi quand il est arrivé au village, il était dans un état bien pire que celui-là. »

Luka leva les yeux dans sa direction, vérifiant ses propos avant de soupirer à nouveau avant de se redresser et épousseter du dos de sa main sa jupe. Il fallait qu'elle rentre chez elle et se confronte à Miku. Elle ne pouvait pas fuir éternellement. Lentement cependant, Luka monta les marches en pierre pour retourner à l'intérieur même de l'église avec Kaito sur ses talons. Elle s'arrêta avec la poignée de la porte en main, demeurant un instant silencieuse et sans activité avant de se retourner vers le bleuté qui fronça des sourcils face à l'étrange atmosphère qui était en train de se créer autour d'eux.

« Tout à l'heure, ce qu'a dit Len à mon frère, ce n'est pas toi qui lui a dit de se comporter de la sorte hein ? » L'interrogea-t-elle sérieusement.

Kaito dut réfléchit un instant sur quoi faisait allusion la rosée et termina par sourire en revoyant la scène. D'ailleurs, ce sourire surprit étonnamment Luka qui n'en fit pourtant pas paraître.

« Surprenant de sa part, n'est-ce pas ? Mais tu sais, Len était capitaine de l'armée royale avant de venir ici. Il peut être beau parleur dans les situations critiques comme c'était le cas avec celle-ci.

— Oui… surprenant en effet. » Le repris Luka tout en ouvrant ensuite la porte pour revenir à la civilisation.

Pour la suite des événements, Kaito raccompagna Luka jusqu'aux portes de l'église et lui souhaita un bon retour chez elle. Pour unique réponse, Luka acquiesça avant de se retourner et faire le chemin seule, ne pouvant s'empêcher de penser à ce qu'elle venait de voir à l'instant. Miku avait raison ; avant l'arrivée de Len dans ce village Kaito ne souriait jamais et se forçait pour paraître heureux. Seulement, ce sourire à l'instant était honnête. Luka termina donc sa traversée avec un discret sourire amusée, le masquant avec ses mains. Si elle raisonnait comme devait le faire Miku à ce sujet, la suite des événements allait être bien amusante.

Pour le cas de Kaito, celui-ci décida de passer d'abord par la chambre de Len et voir s'il y avait des améliorations. Il traversa ainsi toute l'église, croisant de la sorte plusieurs bonnes sœurs qui se plièrent en deux devant lui afin de lui faire part de leur excuse. Seule Lily resta droite, de la même manière dont faisait preuve Luka dans ce genre de situation, et baissa juste les yeux un court lapse de temps. Mais intérieurement, Kaito rigolait. Ces femmes étaient tellement faciles à entourlouper, se servir d'elles n'était qu'un jeu d'enfant. Meiko y était parvenue d'une main de maître. Toutefois, qu'elle se soit aussi servie de Len pour son plan ne lui plaisait pas. Elle avait emmené le blond à un danger évident, mais avait tu ce fait important. D'ailleurs, mieux valait pour Meiko qu'il ne la croise pas avant un petit moment, ce n'était pas la première fois qu'elle se comportait de la sorte.

Doucement, Kaito toqua à la porte menant à la chambre de Len mais aucune réponse ne vint à lui. Haku devait être sortie et Len avait dû s'endormir. Enfin qu'importe, le plus silencieusement possible Kaito ouvrit la porte et la referma sur lui. Il n'avait qu'à voir si les blessures de Len ne s'étaient pas rouvertes et voir comment il se portait, même s'il était endormi. Kaito eut pourtant un haut les cœurs en apercevant à quelques centimètres de Len allongé sur le ventre, Luki armé de son épée.

Mais alors qu'il s'apprêtait à intervenir et arrêter le rosé, celui-ci l'arrêta en levant ses yeux limpides dans sa direction. Par ce court échange de regard, Luki retournant tout de suite vers Len, Kaito comprit qu'il n'était pas venu ici pour terminer son travail. Enfin, comment s'était-il introduit ici sans que personne ne le remarque ? C'était impossible que les bonnes sœurs l'aient laissé entrer après ce qu'il avait fait à Len et que dans l'église règne un tel calme. Luki avait dû s'introduire quelque part.

Puis, le plus silencieusement possible, Luki se pencha vers l'avant dans une posture d'excuse et resta dans cette position un bon nombre de secondes avant de se redresser. Il se redressa ensuite et marcha vers Kaito pour lui passer à côté et s'y arrêter.

« Ne dites à personne que je suis passé. »

Et sans attendre de réponse de sa part, Luki sortit par la porte. Pour Kaito, c'était la première fois qu'il entendait la voix du frère de Luka et celle-ci lui paraissait un peu plus aigüe que la voix grave et autoritaire de la jeune femme. Le bleuté ne s'attarda pourtant pas plus et se rapprocha du lit de Len, déjà pour vérifier que Luki n'ait rien touché ni fait. Il fut rassurer en voyant les bandages encore incolores, Haku ayant dut les changer avant de sortir, et le teint rosé de Len signe d'à peu près bonne santé. Le jeune blond était sorti d'affaire et n'avait maintenant plus qu'à attendre que sa blessure cicatrise avant de pouvoir sortir à nouveau.

Le souvenir de son attitude ultérieure sur ce lit, au-dessus de Len, revint en pleine face à Kaito qui contracta ses poings tout en allant regarder ailleurs. Il ne s'était pas excusé et si Luki y était allé plus fort Len serait mort. Ce n'était qu'hier, encore tellement récent, où il avait failli abuser du blond. Celui-ci devait lui en vouloir et ne souhaitait certainement ne plus avoir affaire à lui. Peut-être même était-ce pour ça qu'il comptait partir dorénavant, car Len s'était rendu compte qu'en restant dans ce village il ne pourrait lui arriver que de mauvaises choses.

Rageant contre lui-même, Kaito se tourna pour quitter la pièce le plus rapidement possible mais l'emprise autour du pan de sa longue veste le retint sous sa plus grande surprise. Son cœur cessa même de battre un instant après s'être retourné et voyant le bras tendu de Len qui n'était en fait pas si endormi que ça. Kaito se remercia alors intérieurement de ne pas avoir pensé à voix haute précédemment. Enfin cela voulait dire aussi que Len savait que Luki s'était introduit dans sa chambre.

Comprenant que maintenant il n'allait plus partir, Len lâcha sa prise et replaça son bras sur son lit. Il aurait souhaité pouvoir se retourner ou en tout cas s'asseoir, mais Haku le lui avait fermement interdit et l'avait même fait promettre de rester dans cette position.

« Haku veut que je reste dans cette position, mais elle sait pas combien de temps ça va durer. Et… je m'ennuie. »

Sans parler davantage, et voyant bien les rougeurs qui s'installaient sur les joues du blondinet, Kaito partit s'asseoir sur la chaise précédemment occupée par Haku. Les yeux agrandis puisque ayant pensé que le bleuté refuserait de rester à cause de ses occupations, Len sentit son cœur se gonfler lorsque Kaito prit la parole.

« Depuis combien de temps Luki était là ? Demanda-t-il.

— Pas longtemps… mais il n'a rien fait ! Il est même venu s'excuser, ajouta Len pour défendre le rosé.

— S'excuser ? » Le reprit Kaito surpris.

Ce n'était pas le genre de la famille Megurine de s'excuser facilement, ce qui faisait que Luka était de mauvaise foi. Et il était connu que le cadet de la famille était encore plus teigneux que sa sœur, lui faire reconnaître ses torts étaient presque mission impossible.

« En fait… quand moi et mon équipe nous sommes entrés dans le village, son ami d'enfance était en première ligne et… »

Par le détournement de son regard remplit par la honte, Kaito comprit qu'un de ses hommes ou même Len lui-même avaient dû abattre l'ami d'enfance de Luki. Le bleuté passa alors nerveusement sa main dans ses cheveux, ne sachant pas quoi vraiment dire dans ce genre de situation. Il ne connaissait pas Luki et ne voyait même pas qui pouvait être cet homme décédé.

« Luki a raconté plusieurs de ces souvenirs passés avec lui, comment ils se sont rencontrés et le fait qu'au début ils ne pouvaient pas se supporter. Comment aussi ils ont évolués chacun de leurs côtés et se félicitaient par des moqueries. En fait… Luki était venu pour me faire culpabiliser. »

A cette remarque, Kaito trouva que cette méthode allait bien au rosé. Il resta toutefois silencieux, ne fit aucune remarque à voix haute et continua à fixer Len qui regardait de temps à autre devant lui le mur blanc ou lui.

« Mais après, au fil de ses paroles, il s'est rendu compte que jamais son ami n'aurait souhaité qu'il venge sa mort. Qu'il l'aurait traité d'idiot et l'aurait frappé jusqu'à ce que mort s'en suive. Alors il s'est excusé… et tu es entré. »

Len demeura silencieux un bon moment suite à ses confessions, jetant ensuite un regard à Kaito qui croisa ses bras contre son torse et qui continua à faire perdurer ce silence qui s'était installé dans la chambre. Kaito se releva sans dire un mot, faisant se froncer les sourcils de Len.

« Je comprends mieux. Rétablis-toi bien. »

Partant pour quitter la chambre et laisser se reposer Len, Kaito passa cependant sa main dans les cheveux blonds et les ébouriffa tout en jetant un regard amusé en direction de Len qui ne s'y était pas du tout attendu. Le visage du jeune garçon s'était alors empressé de devenir écarlate et il chercha désespérément ses mots qui restaient coincés au fond de sa gorge. Kaito ne put s'empêcher d'étirer un sourire devant ce tableau alors qu'il s'avançait vers la sortie.

Après cette discussion, il s'écoula pratiquement une semaine avant que Len ne soit autorisé à pouvoir se retourner. Sa blessure cicatrisait correctement et ne se rouvrit pas. Haku continua à le soigner et lui apporter à manger, par moment des orphelins dont Yuki venait discuter avec lui et des bonnes sœurs venaient s'excuser et lui apporter de quoi s'occuper toute la journée. Seul Kaito ne revint pas dans la chambre de Len.

Ce fut au milieu de la troisième semaine que Len put sortir de sa chambre et rester dans le jardin. Haku informa Kaito de sa sortie ainsi que de son rétablissement et celui-ci était donc parti le répéter à Luka pour savoir ce qu'ils devaient faire. Est-ce que Len pouvait rester au village ou non, était toujours la question. Tout le monde à l'église espérait qu'avec les derniers événements, la dirigeante du pays se montre plus conciliante. Ainsi, tous attendaient le retour de Kaito avec impatience. Meiko ne s'était toujours pas remontrée et restait introuvable. Plusieurs personnes racontaient qu'elle avait dû partir loin du village pour éviter les disgrâces de Luka.

Aussi, quand Kaito revint enfin il fut acculé par tout son personnel. Il ne dit pourtant mot et se dirigea vers le jardin où se trouvait Len, ne voulant plus rester dans sa chambre alors qu'il faisait jour après tout le temps qu'il y avait déjà passé. A la vue du bleuté, Len sauta sur ses pieds mais resta néanmoins immobile. Sur les traits de son visage étaient apparent toute sa crainte de se voir expulsé à nouveau du village et Kaito ne put s'empêcher d'en sourire en vue de la réponse qu'il avait de la propre bouche de Luka.

« Tu peux rester ici. » Confia-t-il pour rassurer Len et tout le monde qui s'était regroupé autour d'eux.

Et sans plus tarder, un magnifique sourire s'empara du visage de Len qui sauta sur Kaito par le trop plein d'émotions qui s'étaient écoulés en lui. Le bleuté dut faire plusieurs pas en arrière pour se rétablir, amusé par la réaction excessive du blond. Il passa toutefois ses bras autour du corps de Len qui le remerciait à vive voix, les rapprochant un peu plus de l'autre de la sorte.

« Luka veut te voir cependant, l'avertit-il.

— Pas de problème ! Merci Kaito ! Se réjouit toujours Len toujours accolé contre lui.

— Et le plus vite serait le mieux. »

Len acquiesça avec énergie et recula, s'éloignant de Kaito pour tenir debout par ses propres moyens. Il ne s'attarda pas plus dans le jardin de l'église et courut pour en sortir et aller le plus rapidement possible chez Luka. Un immense sourire recouvrait son visage et fit se retourner plus d'une personne après qu'il soit passé à côté d'elles.

Avec rapidité la maison de Luka se dessina à lui et Len accéléra davantage, rien ne pourrait faire descendre sa bonne humeur. Haku lui avait interdit de trop s'activer afin de faire attention à sa blessure fraichement refermée, mais il s'en fichait. Il était tellement heureux de pouvoir rester dans ce village. Son cœur s'accéléra encore plus de joie lorsque la porte menant chez Luka s'ouvrit avant même qu'il ait toqué. Ralentissant toutefois l'allure pour entrer chez la rosée, Len reprit son souffle alors que la porte d'entrée derrière lui se fermait.

« Je vois que tu t'es dépêché, nota la jeune femme assisse sur son canapé puisque ce fut Miku qui avait ouvert la porte à Len.

— Merci infiniment ! Se réjouit Len avant toute chose, se penchant très respectueusement vers l'avant.

— Attends avant de te réjouir trop vite, y aura des conditions en jeu si tu veux rester ici, prévint-t-elle d'une voix toutefois légèrement amusée par l'attitude de son homologue.

— Tout ce que vous voudrez ! »

L'attitude de Len fit rire Miku restée à l'entrée, ayant apporté sa main à sa bouche pour la couvrir et essayait tant bien que mal de cacher son amusement. Luka remit pourtant de l'ordre à la situation puisque la conversation devait être sérieuse. Len s'excusa alors, toussant un peu pour ensuite essayer de se concentrer un maximum et répondre convenablement. Il se doutait déjà que cette conversation allait avoir lieu. C'était impossible qu'il s'en sorte sans condition, mais il comprenait Luka.

« D'abord, je t'interdis de lever ton épée contre mon armée et ça qu'importe qui est en tort. Si j'apprends que tu m'as désobéi, tu auras la sentence réservé comme n'importe quel citoyen ici : la pendaison. Et là, je serai intransigeante.

— Bien, souffla Len en enregistrant soigneusement les informations.

— Ensuite, comme tout citoyen aussi tu auras du travail. Tu ne peux pas rester dans l'église sans rien faire, autant aider financièrement l'église de Kaito que t'occuper toi-même. Tu devras donc trouver un travail ici et rentrer dans l'armée t'est interdit. Et il est évident aussi que tu as les mêmes droits que n'importe quel citoyen. »

Bien que déçu de ne plus pouvoir combattre, Len acquiesça. Il ne savait pas faire grande chose, mais il allait trouver.

« Et dernièrement, je veux qu'à chaque fin de semaine tu viennes me voir et me dise exactement ce que tu as fait. »

A nouveau, Len acquiesça et Luka passa un moment sa main dans ses longs cheveux avant de se redresser et venir jusqu'à lui. Sans dire un mot ni étirer un sourire, elle lui tendit sa main dans le but qu'il la lui saisisse. Len fronça toutefois des sourcils avant de faire quoique ce soit, avançant doucement sa propre main pour bientôt serrer celle de Luka. Le contrat fut de la sorte signé et enfin Luka sourit légèrement alors que leurs mains se séparaient.

« Bienvenue au village, Len. J'espère que tu continueras à t'y plaire.

— Merci à vous de m'y accueillir, remercia-t-il de tout cœur.

— Len ! »

Et sans dire quelque chose d'autre, Len sentit contre son dos le poids de Miku qui l'obligea à se pencher vers l'avant. La jeune fille entoura aussi son cou avec toute sa force et rigola contre son oreille, heureuse de le savoir maintenant citoyen dans ce village. Len posa quant à elle l'une de ses mains sur les bras de Miku et répondit au rire de la jeune fille par un magnifique sourire qui fit aussi sourire Luka par l'occasion.

En sortant de chez Luka, Len ressortit avec un sourire encore plus grand que lors de sa venue ici. Il décida alors de faire un tour du village qu'il n'avait pas encore eu le temps de visiter complètement depuis son arrivée ici. Cela faisait plus de deux mois qu'il se trouvait ici et il ne savait rien de cet endroit. Le cœur léger, saluant les passants de bon cœur, Len découvrit le côté commercial de ce petit village. Différentes perles y étaient exposées, des vêtements de part et d'autre du continent et outre-mer ainsi que des objets de décorations remplissaient les rues de magnifiques choses. Bien qu'un peu réticent à répondre à ses salutations ou ses questions, les villageois se détendirent toutefois pour certains et Len prit plaisir à parler avec eux. Il apprit ainsi que le commerce de ce village était toujours très rentable et que plusieurs villes et voyageurs venaient s'approvisionner ici avant d'en vendre chez eux. Len retrouva ainsi plusieurs objets qu'il avait déjà entraperçus sur les stands de sa ville natale, s'amusant beaucoup de cette découverte.

Len aurait très bien pu continuer à explorer le village s'il n'avait pas fini par sentir une certaine présence le suivre pendant un certain temps sans se montrer. C'est tout en regardant discrètement autour de lui tout en continuant à visiter le village que Len termina par discerner cette ombre camouflée derrière le tronc de l'arbre à quelques mètres de lui. Restant un bon moment immobile pour aller jusqu'à attirer les coups d'œil intrigué de la population sur lui, la personne jusqu'à lors cachée se dévoila la tête bien basse par rapport à d'habitude. Sa gêne ressentie et peut-être même un peu de honte à se montrer de la sorte, poussait cette personne à asticoter le manche de son épée tout en fixant avec attention le sol.

Il valait sans dire que voir Meiko dans cette posture et le remord visible sur son visage, elle qui semblait ne porter aucune importance du sort des autres, était des plus troublant et Len ne put même pas penser au fait d'en vouloir à la jeune femme pour ce qu'elle avait fait.

« Est-ce que… nous pouvons discuter dans un endroit un peu plus discret ? » Quémanda-t-elle faiblement, sans le regarder.

A cause de son état ; n'ayant pas pensé voir un jour Meiko avec une telle expression et la voix si peu assurée, Len ne put être méchant et encore moins lui en vouloir. Il serait même prêt à lui pardonner et tout faire pour lui rendre son attitude habituelle. Ainsi quand il accepta, Meiko releva tout juste son visage pour que leur regard se rencontre et Len en fut soulagé. Il restait encore de la fierté qui brillait à l'instant dans les yeux de la jeune femme.

Meiko se tourna pour passer derrière l'arbre qui la cachait un peu plus tôt, invitant silencieusement Len à la suivre. C'est en trottinant tout d'abord pour rattraper son aîné que l'ex soldat se dirigea vers les limites du village en compagnie de Meiko qui savait très bien où elle mettait les pieds. Len n'en dit pourtant pas mot et se laissa conduire.

Ils arrivèrent finalement à quelques mètres des portes principales et Meiko termina de le guider jusqu'à une petite maisonnette tombant en ruine. Elle entra à l'intérieur en donnant un coup d'épaule à la porte en bois qui craqua violemment en menaçant de se fendre en deux. Bien qu'inquiet d'entrer dans un tel endroit qui semblait pouvoir s'écrouler d'un instant à l'autre, Len suivit Meiko jusqu'à ce qui paraissait être le salon. D'un geste de main à peine visible, Meiko l'invita à s'asseoir sur la pauvre chaise où plusieurs tissus manquaient et créaient ainsi des trous là où normalement se posait le postérieur. Len s'y assit tout de même, bien que peu rassuré, et amena ses mains à ses genoux tout en portant ses yeux bleus à Meiko qui elle resta debout et fit les cents pas. Elle avait amené à son menton une de ses mains et cherchait ses mots sans les formuler à voix haute.

« Tout d'abord, sache que malgré ce que tu peux croire ou entendre sur moi, je t'apprécie. » Commença-t-elle en s'arrêtant face à lui et le pointant de son index.

Vivement, de peur qu'elle s'énerve s'il ne répondait rien, Len acquiesça tout en se tenant bien droit sur la chaise. Mais quelque part, Len était aussi content d'entendre Meiko avec un tel ton. Il retrouvait cette femme qu'il avait appris à connaître.

« Et aussi, je suis contente que tu puisses rester dans le village. »

A cette confidence, Len resta surpris. Il venait de l'apprendre et Meiko n'était pas là, ni chez Luka, alors comment le savait-elle ? Cela l'étonnerait que les bonnes sœurs et encore plus Kaito l'ait crié sur tous les toits. Et ça ne pouvait pas s'être ébruité si rapidement. Alors comment ? Len était certain que Meiko ne se trouvait pas dans l'église, car il avait appris par Haku que Kaito n'attendait que de tomber sur elle pour l'expédier dehors et ne plus la voir pendant un moment. Mais bien entendu, Meiko ne lui confia pas comment elle avait fait pour être au courant. Ça aurait été trop beau.

« Au fait, tu pourrais me ramener toutes les bouteilles de vin qui se trouvent dans la cave de l'église ? Je commence à être à court d'argent et Kaito ne voudra pas me voir sans me faire la peau, hein ? »

Subitement, la voix de Meiko se métamorphosa et redevint tout à fait normale. Toute trace de honte ou encore de remord disparurent pour laisser place à son expression habituelle de femme énergique et toujours partante pour une petite soirée où l'alcool coulera à flot. Len comprit même que la jeune femme l'avait attiré ici juste pour lui demander cela. Même pas pour essayer de s'excuser.

Avec du recul, imaginer Meiko formuler des excuses, Len se mit à rire faiblement. Il avait été naïf.

Attendant sa réponse, Meiko resta immobile avec sur son visage incrusté un sourire assuré sur la suite des événements. Len était bien trop gentil pour refuser. Il ne pouvait pas ne pas lui rapporter ces bouteilles. Aussi quand ce dernier commença à se redresser pour tenir sur ses jambes et continuer à rire dans sa barbe qu'il n'avait pas, Meiko fronça des sourcils.

« Tu sais Meiko, moi aussi malgré les apparences je t'apprécie beaucoup. Mais je t'avouerai que durant le temps où j'étais allongé sur le ventre à cause de ma blessure, j'ai imaginé plusieurs façons de te rendre la pareille un jour. Enfin après je me suis dit que ça ne servirait à rien, que plus tard tu agirais à nouveau de la sorte et que tu n'auras donc rien appris. C'est ce que j'ai appris de ta personnalité en te côtoyant. »

Tout de même blessée par les propos de Len à son intention, Meiko perdit son sourire et mordit dans sa lèvre inférieure tout en serrant des poings. Il ne lui suffisait que sortir son épée de son fourreau et avancer de quelques pas pour mettre fin au jour de ce garnement. Cependant quelque chose la dérangeait encore plus que les paroles de Len, son regard. Dans les yeux du blond ne se reflétaient aucune haine et encore moins un désir de vengeance. Il y restait cette innocence qui étincelait de mille feux et qui agaçait encore plus Meiko que si Len l'avait rué de coups pour la faire payer.

« Je t'apporterai quand même ces bouteilles qui te sont si importantes. Ce ne sera pas facile et il ne faudra pas que je tombe sur Kaito, car comme tu l'as deviné il ne jure que par toi en ce moment. Ce soir ça ira ? Je te les apporte ici ? »

Pour seule réponse Meiko pesta bruyamment, se demandant dans un coin de sa tête si se tenait vraiment devant elle le Len qu'elle connaissait. Il se dégageait tout de même de lui une aura froide qui ne la rassurait pas, mais qui n'était pas dangereuse pour autant. Len se dirigea ensuite vers la sortie sans lui prêter plus d'attention, en ayant déjà assez fait. Il s'arrêta pourtant avec la poignée entre les mains, se tournant légèrement pour pouvoir voir Meiko à sa droite le fusiller du regard. Mais cela ne lui fit rien.

« Tu sais Meiko, les petits de l'église t'estiment énormément. Yuki et d'autres disent qu'ils veulent ton courage et ta force. Mais s'ils savaient qu'en réalité tu gagnes de l'argent grâce à des concours de buveries, quel exemple tu ferais pour eux. C'est dommage car tu es réellement douée à l'épée. »

Sur ce, Len referma la porte en bois défectueuse et s'empressa de disparaître loin de la jeune femme. Il savait que cette dernière pourrait brandir son épée contre lui et courir à sa poursuite pour l'égorger une bonne fois pour toute. Et vu ses propos, Len craignait ce genre de réaction de la part de Meiko. Celle-ci pourtant balança juste la chaise sur laquelle Len s'était assis contre la porte, détruisant le siège qui tomba en lambeaux au sol. Meiko déchargea ensuite toute sa fureur contre la porte, l'injuriant de tous les noms possibles avant de ne plus avoir de souffle.

C'était quoi cette attitude au juste ? Et de la part de Len en plus, c'était encore plus intolérable !

Le soir tombé, Meiko trouva quand même aux pieds de sa porte les bouteilles d'alcools réparties dans un gros sac. Len avait simplement toqué à la porte avant de disparaître rapidement, ne laissant pas le temps à Meiko pour le voir. Sans plus tarder et avant que quelqu'un ne la repère, ni les bonnes sœurs ni Kaito ne connaissant cette piteuse maison comme la sienne, Meiko amena les bouteilles à son salon et referma rapidement la porte derrière elle d'un coup de pied. Une vingtaine de bouteilles de vins se trouvaient là, toutes pleines. Len avait dû toutes les prendre.

Aussi délicatement que possible, n'étant pas dans ses habitudes, Meiko déposa l'une d'entre elles sur la table basse posée au milieu de la pièce. N'ayant plus de chaise, Meiko s'assit à même le sol. Le manque de confort ne la dérangeait pas, de ce côté-là elle n'était pas capricieuse et se faisait avec les moyens du bord. Pendant un long moment elle fixa la bouteille sans dire un mot, regardant son reflet à travers le morceau de verre.

Lentement, Meiko apporta ses doigts à sa joue et la tapota légèrement comme pour s'assurer que ce visage ainsi reflété était bien le sien. Ce qui était bien le cas. Et ce qu'elle vit à travers cette bouteille de vin pleine ne lui plut pas du tout. Les paroles de Len repassèrent dans son esprit et dans un excès de colère Meiko rasa par son bras la table basse. La bouteille d'alcool partit se fracasser contre le mur et se vida sur le sol.

Que ce soit Len qui lui ait tenu la morale ne lui plaisait vraiment pas. Et Meiko détestait ne pas avoir le dernier mot. Ce n'était pas terminé.