Hello my darlings ! :D
Je suis vraiment désolée de ce retard, j'ai manqué de temps et un peu d'inspiration pour certains passages ... Merci beaucoup pour toutes les réactions que j'ai reçues pour le chapitre précédent !
Swan33 ... TARANTINO ?! Fais attention à tes comparaisons je vais plus me sentir xD
Merci encore à tous les autres qui sont là : Angele751, Raphi5930, vanyel84, justinejannedu0760, Serena ( don't worry, je ne compte absolument pas m'arrêter en plein milieu, cette histoire aura une suite & fin ! ), Regina 2015 ( merci pour tous ces commentaires, je pense que la suite sera plus à ton gout que les débuts un peu mouvementés ;) ), rozaline38, evilhayleyregal, StitChE ( tu as changé d'ID ou je rêve ?! ), OoO-RED-OoO, Grat ( j'espère que tu n'as pas passé tout ces longs jours d'attente à raffraichir la page xD ), Drodrov & Loulouche :)
Ainsi que tous ceux qui me lisent sans laisser de traces, plus de 17 000 vues déjà c'est ... Waw *o*
Ce chapitre à entièrement été écrit sur mon tel, j'ai les yeux et mon forfait explosés et je m'excuse des fautes qui m'auront échappé mais... Bonne lecture ! xx
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Chapitre 13
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Assise dans le fauteuil en grosse toile de l'hôpital, Emma regardait d'un air désabusé David Blanchard retrouver peu à peu ses sens. Il n'était certainement pas la vision même qu'elle s'était faite du Prince Charmant, mais elle devait avouer qu'il n'était pas mal. A côté de Mary-Margaret, ils formeraient certainement un couple assorti.
Elle avait appelé l'institutrice dès qu'elle avait du sortir de la chambre qui avait été envahie d'infirmières et admiratrices qu'il accueillit avec sympathie mais la chasseuse prime pouvait mettre sa main à couper qu'il n'en aurait jamais regardé une plus que de raison. Il avait l'air du parfait compagnon.
Ses doutes se confirmèrent quand elle entendit le hoquet de surprise qu'il émit. Par réflexe, ses muscles s'étaient tendus mais elle sentit toute panique la quitter quand elle remarqua l'expression d'adoration qu'il portait à présent sur le visage. Elle se demanda brièvement si un jour elle aussi ressemblerait à ça en regardant quelqu'un mais leva bien vite les yeux au ciel en entendant le couinement aigu qui sortit de la bouche de la brune qui venait de passer la porte.
- Oh mon dieu, Charmant ...
Un instant tous restèrent figés avant que Mary Margaret ne se précipite dans la pièce et vers le lit où elle sauta dans les bras de son mari. Emma était sur le point de s'éclipser, leur accordant un dernier regard lorsqu'ils s'embrassèrent quand elle eut soudain le souffle coupé par quelque chose qu'elle identifia comme une vague de magie.
- Un baiser d'amour véritable, entendit-elle David souffler à sa femme.
C'était le moment de partir. Elle n'avait aucune envie d'assister à la réunion des deux tourtereaux qui allait lui donner la migraine. La jeune femme s'éloigna en silence pour regagner sa voiture et retrouva avec joie le confort du lit de sa chambre d'hôtel.
Elle n'eut pas besoin de réveil le lendemain matin, tirée de son sommeil par des coups énergiques à la porte. Elle ne prit pas la peine d'enfiler autre chose qu'un débardeur par dessus le boxer dans lequel elle avait dormi et dut retenir un grondement lorsqu'elle ouvrit sur une silhouette portant un plateau chargé d'un petit déjeuner.
- Bonjour Emma !
La voix était encore différente de celle qu'elle avait entendu à l'hôpital. Il y avait une assurance qu'elle n'y avait jamais trouvé auparavant. Ses yeux même semblaient s'être illuminé d'une joie qu'elle ne pensait pas possible.
- Bonjour MM ...
- Snow, corrigea-t-elle immédiatement. Appelle moi Snow, je ne sais pas comment j'ai hérité de ce prénom mais je ne le supporte déjà plus !
L'institutrice venait de lui soutirer son premier vrai sourire.
- Que me vaut l'honneur ?
- L'honneur est pour moi Emma, je ne te serais jamais assez reconnaissante pour m'avoir réunie avec David.
- De rien, maugréa-t-elle peu prône aux effusions de remerciements.
- Je t'ai apporté un petit déjeuné !
- Oui, j'ai vu ça ...
- Tout va bien ? sembla-t-elle se rendre compte de son manque d'enthousiasme.
- Oui, je suis juste un peu ... larguée.
- David m'a dit que Regina était là quand il s'est réveillé, elle t'a aidé ?
- Si on veut ... Je dois lui faire un compte rendu aujourd'hui. David va bien ?
- Très. Tout est parfait et je veux que tu saches que si tu as besoin de la moindre chose, nous serons là.
Elle avait besoin de beaucoup plus qu'un petit déjeuner pensa-t-elle en croquant tout de même dans un donut qu'on lui avait apporté.
- J'hésiterai pas, mentit-elle.
- Demain soir nous organisons une fête au domaine d'Aurore, j'espère que tu seras là.
Elle n'était pas sûre qu'organiser une fête pour son retour soit la meilleure des idées quand Regina et Maléfique n'étaient toujours pas libérées de leurs propres malédictions mais d'après ce qu'elle avait cru lire, ce n'était pas du genre de la Princesse de penser aux conséquences de ses actes. Elle se demandait bien ce qui serait arrivé si elle était un jour montée sur le trône dont sa belle mère s'était emparée.
- Bien sûr, avec plaisir, répondit-elle néanmoins.
Il y eut quelques secondes d'un silence gênant où elle aurait mis sa main à couper que Snow tentait de trouver le courage de lui dire quelque chose avant de s'en raviser plusieurs fois d'affilée.
- Quoi ? finit-elle par craquer.
- Non, rien.
- Non non non, c'est marqué sur ton visage là que tu veux dire quelque chose.
- Même si je voulais je ne peux pas ... Regina m'a fait jurer.
- Ce serait pas la première fois que tu trahirais ce genre de promesse non ?
Elle n'avait pas voulu être méchante et l'air blessé que la brune prit immédiatement lui fit regretter ses paroles.
- Cette fois c'est différent, elle s'est assurée que nous ne puissions pas en parler.
- Nous ?
- Ceux qui étaient au courant ...
- Je comprends rien à ce que tu me racontes.
- Je sais, répondit-elle avec un sourire triste. Ne t'inquiète pas, tout ira bien.
Quelque chose comme de la colère gronda plus fort que la faim dans son estomac et elle fut heureuse de constater que sa magie ne profitait pas pour se réveiller.
- Merci Snow, il est déjà huit heures moins le quart je dois me préparer pour aller au poste et puis j'ai rendez-vous avez le maire ...
- Oh ! Ok, pas de souci, j'y vais. Tu ... Tu sais où me joindre !
- Ouais.
Elle n'attendit pas qu'elle soit sortie de la chambre pour s'enfermer dans la salle de bain où elle se prépara en mangeant la quasi totalité du contenu du plateau qu'on lui avait apporté. Ruby sembla s'étonner de sa présence au restaurant lorsqu'elle y rentra un peu avant dix heures.
- MM ne t'a pas apporté à manger ce matin ?
- Si, si. J'ai rendez-vous avec Regina, je voulais y aller armée.
- Un café ?
- Deux. Un pour moi aussi s'il te plaît.
Comme d'habitude elle fut servie avec rapidité et s'étonna de la présence d'une nouvelle secrétaire devant le bureau du Maire.
- Bonjour, vous avez rendez-vous ?
- Oui. Em...
- Emma Swan, oui, je sais. Mais votre nom n'est pas là.
- Elle a dut oublier de le mettre. C'est elle qui m'a demandé de venir hier.
- Ok. Je lui passerai le message lorsqu'elle aura fini son rendez-vous.
Elle n'eut pas attendre plus d'une minute avant qu'un homme chargé de dossiers sorte de la pièce, bientôt suivi de la mère d'Henry dont la présence fut annoncée par la cadence de talons aiguilles sur le sol.
- Léa, allez me chercher un café.
- Il est là, se permit-elle de répondre en se levant.
La brune se retourna vers elle avec un sourcil levé avant de regarder sa montre avec une lenteur délibérée.
- Mon Dieu, Miss Swan, que vous arrive-t-il ?
- Je m'ennuyais au commissariat, mentit-elle facilement en rentrant dans le bureau dont la porte lui était tenue ouverte par son interlocutrice.
- Ce n'est pas le genre de choses à dire à votre patron.
- Je crois qu'on a dit et fait des choses qui dépassent de loin la simple relation professionnelle non ?
Elle n'eut droit qu'à un soupir en guise de réponse, la brune allant s'installer dans son fauteuil en cuir avant de lui désigner ceux qui lui faisaient face.
- Il y en a un sur lequel je ne dois pas m'asseoir ?
- Non, j'ai fait réparer celui qui était bancale, répondit l'autre avec un faux sourire qui lui confirma qu'il n'y avait jamais eu de problème avec aucun des deux.
Il y eut quelque secondes de silence durant lesquelles elle se permit de la dévisager, surprise que l'autre ne lui demande pas de cesser immédiatement. Mais après tout elle devait avoir été habituée à être le centre d'attention de nombre de personnes et rien ne semblait plus la perturber. La chasseuse de primes eut un sourire en se rendant compte que leur simple présence dans la même pièce lui levait un poids insupportable qu'elle avait porté sur le dos toute la semaine précédente.
- Vous n'avez rien à me dire ? demanda finalement la brune.
Elle considérait qu'elle en avait déjà beaucoup dit si on comptait la tirade qui lui avait échappée la veille à l'hôpital et le manque de réponse de l'intéressée la mettait toujours mal à l'aise.
- Sur la malédiction ?
- C'est ce sur quoi notre réunion devait porter non ?
- Oui ...
- J'attends, lui rappela-t-elle donc quelques secondes plus tard en lui jetant un regard perçant par dessus son café.
- Et bien ... J'ai ramené le fils de Gold à Storybrook et hier soir j'ai réussi ... je ne sais pas trop comment, avoua-t-elle, à réveiller David Blanchard. Il se porte toujours bien à ce moment et Mary Margaret a l'air d'être redevenue assez elle même pour organiser une fête demain pour célébrer ça alors ... Je suppose que mon travail est fini avec elle.
- Hum ... fut la seule réponse qu'elle obtint.
- Est-ce que vous allez y aller ?
- Où ?
- A la fête qu'ils organisent ?
- Qui vous dit que je suis invitée ?
- Oh ...
Elle n'avait pas envisagé une seule fois l'éventualité.
- Vous pouvez venir avec moi si vous voulez, offrit-elle.
- Non Miss Swan, Snow a été suffisamment prévenante pour m'envoyer une invitation, répondit-elle finalement en lui désignant un carton de papier sur un coin de son bureau.
Mais la fête n'avait pas l'air de l'enchanter.
- Et bien ... J'y serai, si vous voulez me voir, osa-t-elle après une hésitation.
- C'est noté. Où en êtes vous avec Maléfique ?
- Je lui ai donné une voix.
- Oui, sans quoi je n'aurais pas eu le plaisir de parler avec elle hier, merci.
Le dernier mot lui fit réaliser avec surprise que la phrase bien que teintée d'un habituel sarcasme avait été sincère.
- Je ... Je n'ai pas encore trouvé de moyen de lui rendre sa véritable apparence. Est-ce que vous pensez que si je me concentre je peux le faire juste ... comme pour la voix ?
- Non, mais vous pouvez toujours essayer.
- Est-ce qu'il y a des chances qu'il y ait quelque chose dans votre livre ?
- Peu ...
- Est-ce que vous seriez prête à me laisser y jeter un coup d'oeil ?
- Je suppose que si je disais non vous trouveriez le moyen de vous introduire à nouveau dans ma crypte ?
- Certainement oui, avoua-t-elle.
Regina tendit une main vers elle et un instant elle crut qu'elle allait s'emparer de la sienne avant que le grimoire en question n'apparaisse.
- Merci.
Elle eut le droit à un léger signe de la tête avant que la mère d'Henry ne semble lui poser une dernière question d'un haussement de sourcil. Elle resta muette quelques secondes, tentant en vain de comprendre ce qu'il lui était demandé.
- Et à mon sujet ? finit-elle par demander. Quel est votre grand plan ?
- Oh ... C'est euh ... Compliqué. Je comptais vous en parler.
- Vraiment ?
- Je ... Je sais encore moins comment m'y prendre.
Quelque chose comme de la confusion passa sur le visage parfaitement maquillé et elle choisit de sortir de la poche de son blouson le rouleau de parchemin que Gold lui avait confié. Surveillée telle une proie par un rapace elle remercia tous les dieux que Hook ait eu la gentillesse de lui expliquer comment le dérouler.
- Ici il est dit ... Euh ... " Celui qui sa lumière éteindra " ... Est-ce que vous seriez prête à ... m'en dire plus ?
Il y avait justement quelque chose de sombre dans le regard qu'elle croisa en relevant la tête et elle aurait put jurer voir les rouages tourner à vive allure derrière les pupilles d'un noir de jais.
- Vous en dire plus sur quoi ? finit-elle par demander d'une voix plus basse que d'habitude.
- Sur la façon dont je dois m'y prendre pour vous rendre votre lumière ? Est-ce que c'est une question de magie ? Hook semblait penser que c'était à propos de magie blanche et votre façon de ne plus vraiment vivre votre vie comme vous le devriez ... Est-ce que ma magie peut vous aider ?
Elle avait appréhendé d'avoir à dire ces mots. Après tout, elle était presque certaine que la sorcière n'aimerait pas entendre parler d'elle en de pareils termes. Pourtant il n'y avait qu'un air d'indifférence tranquille sur son visage lorsqu'elle parla avec un sourire en coin.
- Vous n'êtes pas très futée n'est-ce pas ?
- Pardon ?
La brune lui offrit un sourire qui dévoila trop ses dents blanches pour être sincère et parvint à la faire frissonner avant de reprendre sur le ton encore plus détaché des politiciens qui changent de sujet.
- Et si je n'avais pas envie de vous aider à résoudre ce problème ?
- Vous n'avez pas envie que tout redevienne comme avant ?
- Non.
- Vous vous ... Préférez maintenant ?
- Peut-être.
- Mais vous n'êtes pas heureuse ?
- Et vous pensez pouvoir combler ce ... vide en moi ? sembla-t-elle se moquer.
- Non ... Je ... Je ne prétends pas que la présence ou non de lumière dans votre vie dépend de moi ... J'espérais y contribuer.
- Contribuer à mon bonheur serait abandonner l'idée de briser la malédiction.
- Pourquoi ?
- Je ne supporte pas que quiconque intervienne dans mes choix de vie. Même guidé par je ne sais quel destin bien-pensant.
- Mais vous ne pensez pas que ma présence pourrait vous apporter quelque chose ? espéra-t-elle.
- Je n'ai pas envie de répondre à cette question.
- Okk ...
Elle était soudain à court d'inspiration pour son interrogatoire improvisé et opta pour garder un silence immobile, dévorant le spectacle qu'offrait le Maire dans son tailleur noir ré-haussé d'une bande dorée où s'entrecroisaient les initiales d'un grand couturier.
- Autre chose à me dire ? demanda la brune quand elle eut fini son café.
- Est-ce que je vais avoir le droit à d'autre cours particuliers ... de magie ?
- Vous en ressentez le besoin ?
- Oui !
Le sourire qui se dessina sur les lèvres laquées de la brune lui confirma qu'elle avait compris qu'elle ne parlait plus de magie ...
- Est-ce que vous savez comment j'ai réussi à réveiller David ? demanda-t-elle soudain.
Dans son dos quelqu'un frappa à la porte du bureau du maire, mais l'intéressée ne sembla pas y accorder la moindre attention.
- Qu'est-ce qui vous fait croire que je le sais ?
- Je croyais que vous étiez au courant de tout ?
- Votre ... Discours. Vous étiez en train d'essayer de me convaincre. Parce que vous n'avez pas encore l'habitude de votre magie vous avez lâché ses rênes et elle s'est introduite dans la première personne qu'elle a trouvée. David.
- Et moi essayant de vous convaincre que j'ai des sentiments pour vous ça réveille un type dans le coma ?
- Vous avez des sentiments pour moi ?
- Je me suis mal exprimée hier soir ?
Elle dut lutter contre tous les muscles de son corps qui lui crièrent de se recroqueviller dans le fauteuil lorsqu'elle fut fusillée du regard par la sorcière.
- Miss Swan ...
Cette fois ce fut le téléphone qui coupa ce qu'elle allait dire et la blonde observa la mère d'Henry décrocher avec exaspération.
- Léa la prochaine fois que vous m'interrompez quand je ne montre aucun signe d'intérêt pour vos tentatives d'attirer mon attention, vous êtes virée. C'est clair ?
Elle n'attendit même pas la fin des excuses visiblement balbutiées à l'autre bout du fil pour faire claquer le combiné sur sa base.
- Elle a tout cassé n'est-ce pas ? demanda la blonde après quelques secondes ?
- Pardon ?
- Vous alliez me dire quelque chose ... Mais elle a tout cassé n'est-ce pas ?
- A peu de choses près, avoua-t-elle.
Elle ne masqua pas son inquiétude lorsque Regina repoussa soudain son fauteuil pour déplier sa silhouette portée sur des talons aiguilles noirs et dorés.
- Notre entretien est terminé ? devina-t-elle.
- Avez-vous quelque chose d'autre à me dire ? l'entendit-elle demander déjà à la porte.
- Je suppose que non ...
La jeune femme l'imita, jetant un dernier regard à la pièce dont la décoration semblait avoir été pensée pour rappelerla personnalité de la Reine.
- Dans ce cas ...
La porte lui fut ouverte mais elle la retint au dernier moment, suffisamment pour que l'embrasure ne la dévoile pas en train d'attirer le maire à elle et l'embrasser. Elle ne lutta pas contre le baiser qu'elle lui donna, mais s'en dégagea après peu de temps avec fermeté.
- Laissez-moi mener la danse, prévint la brune lorsqu'elle fut à nouveau à distance respectable.
- Mais est-ce que vous avez envie de danser ?
Elle eut le droit à un simple sourire avant que la porte ne soit à nouveau ouverte et cette fois en grand pour la laisser passer, le grimoire fermement tenu sous son bras.
- Bonne journée Shérif
- À vous aussi Madame le Maire ...
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Elle était sur le point de s'endormir quand quelque chose qu'elle n'avait pas entendu depuis son adolescence la fit se redresser dans son lit. Des coups. Le bruit caractéristiques de gravillons lancés contre une vitre. Attrapant ses lunettes sur le rebord de sa table de nuit elle ne prit pas la peine de rallumer la lumière de la chambre avant de sortir du cocon de ses couvertures.
- Oh ça va, ça va, rala-t-elle à voix basse lorsque le bruit reprit.
La jeune femme dut plisser les yeux pour distinguer la silhouette capuchonnée qui se tenait dans l'allée qui menait à l'hôtel et sur laquelle elle avait une vue parfaite depuis sa chambre. Si elle pouvait affirmer que la personne n'était pas très grande de taille, c'était le seul détail qu'elle put distinguer avant de devoir s'abriter pour éviter un autre projectile.
- Hey ! C'est bon, je suis là, chuchota-t-elle le plus fort qu'elle put.
Il y eut quelques secondes de silence, entrecoupées par le sifflement du vent avant que l'inconnu(e) ne se penche pour ramasser une autre pierre.
- Ok, d'accord, je descends ! prévint-elle. Je m'habille, j'arrive.
Elle jeta son dévolu sur une paire de jean, un pull noir et des baskets qu'elle enfila sans prendre le temps de mettre des chaussettes avant de s'emparer de son blouson en cuir rouge fétiche et d'une écharpe en laine. Par réflexe, elle dégaina son Beretta en descendant les escaliers, le bras plaqué le long de son corps, prête à bondir et tirer lorsqu'elle arriva devant la silhouette capuchonnée.
- Qui êtes vous ?
- Suivez-moi, lui répondit une voix qu'elle ne reconnut pas certainement à cause de l'épais tissu qui masquait le visage.
Alors qu'elle s'attendait à être menée vers le premier coin de rue sombre, elle suivit son guide un long moment sur la route principale. Quelque chose attira son attention sur le bas côté quelques minutes plus tard et elle sut qu'ils étaient suivis. Sa prise sur l'arme se raffermit.
- Où est-ce que vous m'enmenez ?
- Au clocher, répondit étonnement la voix.
- Pour faire quoi ?
- Parler.
- On pouvait pas parler au chaud à l'hotel ?
- Pas avec moi ...
Elle ne répondit pas cette fois, mais sourit au bruit qu'elle reconnut derrière elle. Pas que la présence du pirate dans les parage la rassure, mais elle lui donnait au moins une idée sur l'identité de l'inconnu(e). La jeune femme perdue dans ses pensées manqua percuter son guide lorsqu'il s'arrêta devant le bâtiment.
- Au dernier étage, indiqua-t-il.
- Vous ne venez pas ?
Pour tout réponse, l'intéressé s'écarta d'elle pour la laisser passer.
- Hook, sortez de votre cachette si vous voulez venir.
L'intéressé ne se fit pas prier, sortant immédiatement de l'ombre dans laquelle il s'était terrée.
- Changez de tenue la prochaine fois, je vous ai dit qu'il y avait quelque chose qui tintait.
Le pirate ne répondit pas, ouvrant la porte de l'édifice pour la laisser passer et elle dut se rendre à l'évidence qu'il faudrait bientôt qu'elle reprenne ses footing lorsqu'elle arriva la respiration chaotique en haut des escaliers.
- Ouvrez la porte.
- Oui oui je vais, deux secondes !
Elle eut un mouvement de recul lorsqu'elle identifia les silhouettes des enfants perdus dans le petit espace confiné que leur offrait le sommet de la tour.
- Bonsoir Sauveuse.
- Salut, répondit-elle sans enthousiasme en s'engageant dans la pièce. C'est quoi toute cette mascarade ?
- Nous devions te parler.
- Faites donc ...
Elle les regarda échanger un dernier regard entre eux comme pour s'assurer de leur décision avant que l'enfant au visage déformé par des points de sutures grossiers ne fasse un pas en avant.
- Nous voulions te remercier de ne pas avoir été prompte à nous juger coupable de ce qui s'est passé à l'hôpital.
- De rien ...
- J'ai un don très spécial, continua l'enfant sans prendre en compte ses remerciements.
Malgré ses efforts, Emma sentit une vague de panique remuer son estomac lorsque la fille s'approcha d'elle. Il y avait quelque chose en elle qui l'avait dérangée dès la première fois qu'elle l'avait vue.
- Et si tu nous le permets, je suis prête à t'aider dans ta quête.
Il n'y avait même plus un mètre entre elles et elle fut tentée de reculer.
- M'aider comment ?
- Si ton destin est de briser la malédiction, c'est ce que tu feras. Je peux voir ton avenir si tu le permets et t'aider à faire avancer les choses.
- Euh ... Comment ça marche ? Qu'est-ce qu'il faut faire exactement ? demanda-t-elle peu sûre d'elle même.
- Un simple contact.
Ok. Un simple contact. Elle pouvait le faire. Surtout si c'était pour le bien de la malédiction chercha-t-elle à se convaincre. Elle ne lui signifia son accord que d'un simple signe de tête, fermant les yeux lorsqu'elle la vit s'approcher pour entrer en contact avec elle. Elle n'expliquait pas le malaise qu'elle ressentait systématiquement en sa présence, mais elle sentit clairement tous ses muscles se tendre lorsqu'une main se referma autour de son poignet.
Il ne se passa rien. Du moins de son point de vue. Et elle se demanda un instant si l'enfant ne pouvait tout simplement pas utiliser son don sur elle à cause de cette manie qu'avait la magie à ne pas vouloir marcher avec elle.
- Oh ... entendit-elle la jeune fille souffler.
Elle regretta d'avoir été poussée à ouvrir les yeux, forcée à observer le visage déformé trop près d'elle. Mais l'intéressée reculait déjà, ayant peut-être senti le malaise qu'elle provoquait.
- Vous avez vu quelque chose ? demanda-t-elle quand elle ne rajouta rien.
- Oui.
- Et donc ? pressa-t-elle.
- Je réfléchis.
- A quoi ?
- A ce que je peux vous dire Sauveuse.
- Et bien, tout peut-être, proposa la blonde.
- Je ne peux faire ça et risquer de désordonner le futur.
Elle ne voyait pas très bien en quoi le fait de savoir plus tôt que prévu comment briser la malédiction pourrait perturber toute la ligne du temps, mais elle était prête à suivre son avis.
- Vous aurez besoin d'une potion pour guérir Maléfique. C'est un homme qui l'a ...
- Un homme ? railla le pirate à ses côtés. C'est un don très précis que tu as là petite ...
- Tant que ce n'est pas Neal, rétorqua la chasseuse de primes.
- Qu'avez-vous contre Baelfire ? demanda l'enfant.
- C'est lui ? s'affola-t-elle soudain
- Répondez à ma question et je vous donnerai un nom.
- Pas que ça te regarde mais j'ai connu cet homme quand j'étais jeune et il a été atrocement malhonnête avec moi, ça te suffnom
Sa réponse sembla intriguer les quatre adolescents présent dans la petite pièce. A côté d'elle Hook ne semblait pas intéressé par la conversation et elle aurait eu du mal à déterminer si son désintérêt était feint ou non.
- Baelfire est un héros parmi nous, expliqua l'un d'eux au bout de quelques secondes de silence.
- Un héros ?
L'homme était bien des choses, mais elle avait du mal à l'imaginer en héros. Certainement avait-il des dons pour se rendre utile à certaines personnes, il pouvait sans problème accomplir des prouesses lorsque sa vie était en danger ou trouver des combines lui permettant de sortir son épingle du jeu, mais elle ne le pensait pas capable d'actes assez altruiste pour être un jour qualifié de héros.
- Qu'est-ce qu'il a fait ? poussa-t-elle quand elle n'obtint aucune réponse.
- Baelfire a vécu avec nous pendant des dizaines d'années et c'est lui qui nous a aidé à vaincre Peter Pan et son ombre lorsqu'il est retourné auprès de son père.
- Ah ouais ?
C'était Henry qui lui avait parlé de Peter Pan, apparemment enfermé dans l'hôpital psychiatrique.
- C'est un héros, confirma un autre enfant.
- Bon, ok, admettons, accepta-t-elle pour couper court à la discussion. Et cette personne qui doit m'aider à libérer Maléfique ?
- David Blanchard, lâcha la jeune fille aveugle.
- Ok. Super.
Elle ne lui avait pas vraiment encore parlé mais elle profiterait de la soirée de demain pour le faire. Il ne serait certainement pas difficile à convaincre si il ressemblait un tant soit peu à sa femme qui avait juré de faire tout ce qui était dans son possible pour l'aider si elle en ressentait le besoin. Après tout elle l'avait sorti de vingt-huit ans de comas et rendu à son Amour Véritable, il lui devait bien ça.
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La journée du lendemain passa à une allure complètement folle. Partout dans la ville, des hommes et des femmes semblaient se libérer de la malédiction sans son aide, mais préférant visiblement venir la voir lorsqu'ils s'en rendaient compte. Elle n'avait eu aucune idée de la façon dont elle devait gérer le phénomène et Graham avait été d'une aide précieuse lorsqu'il était intervenu auprès de chacun d'entre eux pour leur expliquer la situation et répondre aux questions les plus pressantes. Le chasseur semblait en savoir plus que ce qu'il n'en avait jamais laissé paraître et pour l'instant c'était le soulagement qui l'assaillait plus que les questions.
Quelque part dans la journée son téléphone vibra pour lui annoncer un message qu'elle s'empressa de lire lorsqu'elle en remarqua l'expéditeur
" Portez quelque chose de clair " .
" A vos ordres Majesté " répondit-elle un sourire aux lèvres.
De toute manière elle n'avait apporté qu'une seule tenue digne d'un "bal" et elle correspondait heureusement à la description. Elle tenta de ne pas trop s'attarder sur le fait qu'un simple message été parvenu à générer plus d'enthousiasme en elle que tout ce qu'elle avait pu vivre cette dernière semaine et se replongea dans la liste de nomsqu'avait dressée Graham, sachant pertinemment qu'elle n'obtiendrait pas de réponse de la Reine.
Le reste de la journée fut passé à courir après le chien d'Archie Hopper qui semblait avoir retrouvé sa propre volonté, s'échappant pour aller harceler Cruella au point qu'elle se demande si le dalmatien n'était pas à la recherche de ses petits. La vendeuse de manteau en fourrure ne semblait pas avoir retrouvé la mémoire de sa vie d'antan et elle ne parut pas une vraie menace à la chasseuse de primes qui se contenta de ramener le chien à son propriétaire.
Après son service elle resta bien plus que de raison sous la douche tentant en vain de trouver une explication à ce qui se passait en ville jusqu'au moment où elle fut interrompue par des coups portés à la porte de sa chambre d'hôtel. Encore enroulée dans sa serviette de bain, elle ouvrit à une Ruby tout sourires et fut heureuse d'avoir emporté la tenue qu'elle allait enfilé pour le bal.
Evidemment elle s'était attendue à ce que la cérémonie soit impressionnante, Snow était après tout une princesse, mais elle eut tout de même le souffle coupé lorsqu'elle mit les pieds dans le hall de la bâtisse qui avait été transformée en salle de fête pour l'occasion. Les murs habillés de tentures claires, un immense lustre en cristal qu'elle n'y avait jamais remarqué illuminant l'ensemble de la pièce en plus des chandelles qui semblaient suspendues dans les airs ça et là. Elle avait du mal à imaginer Regina aidant aux préparations, mais il était impossible que Mary Margaret n'ait pas été aidée par une quelconque magie
- Emma !
La jeune femme à laquelle elle était en train de penser s'avança vers elle en robe d'un bleu clair pour la prendre dans ses bras, aussitôt immitée par son mari.
- Snow, David ! Tout se passe bien ?
- Très. Et tu es venue ... Merci.
- De rien, j'ai été invitée j'allais pas refuser !
- J'adore ce que tu as fait à tes cheveux !
- Oh, c'est Ruby qui s'est amusée, répondit-elle en effleurant la tresse qui ornait sa coiffure où les cheveux tressés sur le côté de son crâne étaient fermement tenus par une queue de cheval qui tombait à peine ondulés sur une de ses épaules et bien plus bas dans son décolleté.
A ses côtés, la serveuse fut accueille avec autant de chaleur et elle profita des quelques minutes où les vieilles amies se parlaient à voix basse dans les bras l'une de l'autre pour se rapprocher de David.
- David, j'ai entendu dire que tu pourrais m'aider à briser la malédiction, est ce que tu serais prêt à le faire ?
- Bien sûr Emma, si je peux faire quoi que ce soit je serai là !
Quelque chose dans sa façon de parler la fit sourire, elle l'imaginait très bien sur un grand cheval blanc galoper au secours dunne Princesse en détresse et tout en lui lui semblait avoir été fait pour inspirer la confiance. Autrefois elle aurait certainement trouvé ça suspect maisdepuis son arrivée à Storybrook elle avait appris que certaines personnes étaient bel et bien des stéréotypes sans arrières pensées. Elle allait lui confier ses découvertes quand elle fut à nouveau attrapée par Ruby qui la poussait vers une longue table recouverte de plats et boissons.
- On en reparlera, eut elle le temps de lui lancer avant de se retrouver un verre de champagne à la main.
Dans un coin de la pièce, son attention fut attirée par de grands signes de main qui leur étaient adressés par Aurore en compagnie de Hope qu'Emma n'avait pas pu voir depuis l'avant veille et d'une jeune femme en robe verte qu'elle ne connaissait pas encore. La blonde suivit docilement la serveuse qui l'accompagnait jusqu'au groupe de femmes rassemblée, souriant poliment à celle qui lui fut présentée au creux de son oreille comme la fée clochette.
- Salut, s'entendit-elle dire à Hope avec ce qui ressemblait à de la timidité.
- Salut, lui fut-il rapidement répondu avant qu'elle ne s'éloigne de quelques mètres.
La chasseuse de primes l'observa partir dans sa longue robe bleue en luttant contre l'agacement qui l'avait soudain envahie. Elle ne pouvait pas en vouloir à quelqu'un qui avait probablement été menacée par Regina Mills.
- Alors ? entendit-elle Aurore lui demander quelque part derrière elle.
- Alors quoi ? répondit-elle plus agressivement qu'elle ne l'aurait voulu.
- Ça va ?
L'inquiétude sincère qui s'était peinte sur le visage de la jeune femme lui fit immédiatement regretter son emportement et elle fit l'effort de la mettre au courant de tout ce qu'elle savait jusque là.
- David fera tout ce qu'il peut pour t'aider, assura-t-elle.
- Je m'en doute, oui.
Elle ne lui répondit pas, leur conversation naissante soudain coupée par le tintement d'un couteau contre un verre en cristal. La Sauveuse n'écoute pas ce qu'il fut dit, levant simplement un verre lorsqu'elle entendit son nom. Son regard balaya la pièce à la recherche d'une personne en particulier sans pouvoir la trouver et elle préféra se diriger vers la fée dont elle s'était rapprochée les derniers jours.
- Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? demanda-t-elle sans préambule.
- De ne pas t'approcher.
- Pourquoi ?
- Je … Je détiens des informations qu'elle ne veut pas que je divulgue.
- Secret d'Etat ? se moqua-t-elle.
Elle reçut un regard qui effaça le sourire qu'elle portait encore.
- Sérieux ?
- Elle a le pouvoir de décider si c'en est un.
- C'est ridicule, c'est entre elle et moi tu ne devrais pas avoir à en …
Elle s'interrompit soudain, surprise par l'effroi qu'elle pouvait lire sur le visage de l'ancienne fée qui fixait quelqu'un derrière elle. Elle s'attendait presque à la voir à quelques centimètres d'elle lorsqu'elle se retourna et fut étonnée de devoir la chercher pour la trouver enfin en pleine conversation avec une blonde qu'elle avait déjà vue avec elle à l'inauguration du restaurant tenu par Ursula.
Ce soir elle avait opté pour une longue robe d'un noir auquel la lumière des chandeliers semblait donner une reflet violet assorti aux bijoux qu'elle portait. Si on faisait abstraction de l'échancrure qui dévoilait la quasi totalité d'une de ses jambes prolongées par des escarpins d'un violet profond, la robe était bien plus descente que celles qu'elle lui avait vues portées en peinture. Le décolleté ouvragé aurait pu être bien plus profond mais la taille semblait avoir été encore plus affinée par un corset qu'elle ne parvenait pas à distinguer de là où elle était.
La sorcière dut sentir son regard, se détournant pour lui en lancer un qui la déshabilla l'espace de quelques secondes avant de retourner son attention vers son amie.
- Qu'est-ce que tu attends ? demanda la voix de Ruby quelque part derrière elle.
- Quoi ?
- Qu'est-ce que tu attends pour faire le premier pas vers Regina ? répéta-t-elle avec la lenteur des adultes qui s'adressent à un enfant.
La proposition la fit sourire avant qu'elle ne se décide, emportant avec elle une nouvelle coupe de champagne.
- Madame le Maire, bonsoir.
- Shérif …
La voix basse n'eut aucun mal à se faire entendre malgré le bruit ambiant. Elle lui vola sa coupe à moitié vide pour la remplacer par celle qu'elle tenait encore à la main avant de se retourner vers la blonde qu'elle ne connaissait pas encore.
- Emma Swan, enchantée, se présenta-t-elle.
- Kathryn, lui répondit-elle seulement avec un sourire pourtant sincère. J'ai beaucoup entendu parler de vous.
- Malheureusement je crois être un des derniers sujets à la mode. Vous travaillez à la mairie ?
- Non, je suis avocate, mais Regina m'a déjà consultée.
- Où avez vous fait vos études ? testa-t-elle.
- Oh je n'en ai aucune idée. La malédiction m'aura procuré toutes les connaissances nécessaires mais je serais certainement sans emploi à l'extérieur.
Elle se demanda brièvement si elle avait toujours été au courant de ce fait ou si comme bien d'autres elle avait récemment compris. Plongée dans ses pensées elle faillit manquer l'imperceptible mouvement de la tête que fit le maire, poussant visiblement l'avocate à s'excuser la seconde d'après.
Son attention se reporta immédiatement sur la brune qui s'était retournée pour lui faire complètement face. Elle dut se faire violence pour ne pas la précipiter dans ses bras lorsqu'elle remarqua la lueur taquine qui brillait dans ses iris plus clairs que d'habitude.
- Bonsoir Shérif, répéta-t-elle en s'avançant vers elle cette fois.
Ses yeux se fermèrent de leur propre volonté quand elle se colla à elle pour lui faire la bise, son coeur battant à la chamade quand le parfum qu'elle aurait pu reconnaitre n'importe où envahit ses sens.
- Je pensais que vous auriez opté pour une robe, lui souffla-t-elle dans le creux de l'oreille.
Elle n'était plus en état de réfléchir quand elle s'empara de la main qui s'était posée sur son avant bras pour la guider jusque dans son dos, mais elle ne retint pas son sourire lorsqu'elle sentit les doigts se figer sous la surprise de rencontrer la peau nue.
- Tournez-vous, ordonna la sorcière d'une voix plus sérieuse que la seconde d'auparavant.
Elle s'exécuta pour changer, dévoilant l'intégralité de sa combinaison. Elle l'avait achetée à l'occasion d'une mission où elle avait du assister à un gala, la préférant à une robe qui aurait été bien moins pratique en cas de poursuite. Le tissu d'un gris bleu était mêlé à des éclats de pierres brillantes qui le faisait scintiller sous n'importe quelle lumière. Si la tenue était décolleté, l'échancrure qui avait été faite dans le dos n'avait rien à envier, laissant sa peau entièrement dénudée.
- Elle est claire, non ? se moqua-t-elle lorsqu'elle parvint à raccrocher les yeux de la sorcière.
- En effet.
- Vous passez une bonne soirée ?
- Un bal en l'honneur de Blanche Neige ? Comment pourrais-je m'ennuyer ? railla la brune.
Elle ne put s'empêcher de rire à sa réponse et à en juger par certains regards qu'elle reçut, il n'était pas habituel que le maire fasse rire qui que ce soit. Surtout ces derniers temps pensa-t-elle.
- Vous n'êtes pas venue accompagnée ? demanda-t-elle sans chercher à cacher son intérêt.
- Ai-je besoin d'être accompagnée Miss Swan ?
- Non, c'était pas ce que je voulais dire, s'empressa-t-elle de nier.
- Et que vouliez-vous dire ?
Elle prit le temps de l'observer, rassurée par la lueur taquine qui brillait toujours dans ses yeux avant d'oser répondre.
- Que j'adorerais que vous me laissiez être votre cavalière pour la soirée.
- Personne ne danse.
- Vous avez très bien compris ce que je voulais dire.
- Oui, répondit-elle simplement.
- Oui ? voulut-elle s'assurer.
- Vous avez très bien compris ce que je voulais dire, lui lança-t-elle avant de s'éloigner.
Quelque chose de chaud se répandit dans son estomac avant de remonter la faire sourire lorsqu'elle suivit Regina vers le groupe d'hommes où elle se dirigeait. Elle se contenta d'observer la façon qu'elle avait d'interagir avec les autres, ses répliques de politiciennes et la façon dont elle avait de remettre les gens à sa place en un compliment. Brièvement elle se demanda quelle sorte d'éducation elle avait du recevoir pour parvenir à une telle maîtrise de la personne qu'elle laissait exister aux yeux des autres. Elle n'expliqua pas la joie presque orgueilleuse qu'elle ressentit aux regards emplis d'ennui dont elle fut la seule destinataire, les sourires sincères qu'elle reçut lorsqu'elle interagissait avec Henry qui avait été habillé d'un costume bleu marine et les quelques fois où les doigts de la Reine effleurèrent le creux de ses reins.
- Où allez-vous ?
C'était la première fois du reste de la soirée que la brune se ré adressait à elle directement et le fait qu'elle ait remarqué son geste à peine amorcé renforça sa conviction qu'elle avait été observé de près toute la nuit.
- Je comptais dire deux mots à David.
- Pourquoi ?
- À propos de Maléfique, décida-t-elle d'être honnête. On m'a dit qu'il saurait m'aider.
- On ?
- Une des enfants perdus.
- Je vois ...
- J'en ai pas pour longtemps, c'est juste que ...
- Allez-y, sembla-t-elle lui accorder la permission.
- C'est trop gentil ...
Un instant elle crut qu'elle était allée trop loin lorsque la Reine se rapprocha d'elle au point qu'elle puisse sentir la chaleur émaner du corps recouvert du sublime tissu qu'elle avait plusieurs fois tenté de toucher durant la soirée.
- Ça ne durera pas, l'entendit-elle souffler. Allez-y et prévenez-moi quand vous aurez fini, vous rentrez avec moi.
- Je rentre avec vous ? s'étonna-t-elle suffisamment pour perdre des yeux le Prince qu'elle avait guetté toute la soirée.
- Oui.
- Je vous raccompagne ou je rentre avec vous ? voulut-elle clarifier.
- Vous rentrez avec moi, chez moi et vous ne remettrez les pieds dans votre petite chambre d'hôtel que demain lorsque j'en aurais décidé ainsi. C'est clair Miss Swan ?
- Comme de l'eau de roche !
- Filez.
La jeune femme obéit, fuyant la présence de la sorcière avant de faire quelque chose de bête comme l'attirer à elle devant toute une assemblée pour l'embrasser. Elle ne savait pas exactement à quoi elle devait ce virement soudain de comportement, mais elle était heureuse de pouvoir retrouver un semblant de normalité dans la relation qu'elle avait réussi à nouer avec Regina. Si elles étaient encore loin de parler d'une relation de couple, elle pouvait clairement discerner l'affection qui filtrait dans le ton de sa voix. Son titre d'"élue" avait peut être poussé la sorcière à se détacher d'elle un temps mais elle ne pouvait s'empêcher de sourire à l'idée qu'elle n'ait pu se faire violence plus longtemps.
- Qu'est-ce qui vous rend si heureuse ?
- On ne se tutoie pas ? s'étonna-t-elle.
- Si ! Si si, il faut m'excuser ... Ce n'était pas dans nos habitudes dans la forêt enchantée et je dois avouer que malgré le topo auquel j'ai eu le droit à mon réveil, certains mécanismes sont durs à enrayer.
- J'imagine, oui !
- David ... J'ai un service à te demander.
- Tout ce que je pourrais faire.
- On m'a dit que tu pourrais m'aider à briser la malédiction qui a été lancée sur Maléfique.
- Qu'est-ce qu'elle a ? répondit-il avec une grimace qui ne laissait rien présager de bon.
- Elle est prisonnière de sa forme de dragon. Tu ne l'aimes pas ?
- Disons que j'ai déjà eu affaire à elle.
- Ça s'est mal passé ?
- Je lui ai volé quelque chose qu'elle détenait pour Rumplestinskin.
- Ok. Et est-ce que par hasard tu aurais une idée de ce qui pourrait m'aider ?
- Euh ... Pas vraiment. Est-ce que tu as demandé à quelqu'un qui s'y entend en magie ?
Elle eut envie de lever les yeux au plafond mais se retint au dernier moment.
- Bien sûr David, je l'ai déjà fait et Regina cherche un moyen depuis un bon bout de temps ...
- D'accord ... Mais qui t'a dit que je serais capable de t'aider ?
- Je ne connais pas son nom. Elle fait partie de la bande des enfants perdus
- Les enfants perdus ? demanda-t-il avec l'air de quelqu'un qui ne comprenait pas de qui on lui parlait.
- Des enfants qui ont été enlevés à leurs parents par un sorcier extrêmement puissant, expliqua une voix familière derrière elle. Ils ont vécus prisonniers du temps et de Peter Pan sur une île à Neverland jusqu'à ce que quelqu'un les en délivre.
- Oh ... s'étonna encore David tandis qu'elle se raidissait à la main qui s'était posée dans son dos nu.
- Depuis leur libération et jusqu'à aujourd'hui où ils ont été amenés par la grande malédiction, ils sont menés par un conseil d'enfants élus parmi eux. L'un d'eux est une jeune fille aveugle qui possède le don très rare de clairvoyance. C'est elle qui aura certainement dit à Emma que vous sauriez l'aider.
- Merci pour ce merveilleux résumé Neal, je me serai débrouillée seule.
Il ne sembla pas tenir compte du regard dont elle le fusilla, faisant d'ores et déjà un pas de côté pour fuir sa présence. Si elle devait avouer que les enseignements fournis étaient les bienvenus, lui ne l'était pas du tout.
- Baelfire. Je suis le fils de Rumplestinskin, se présenta-t-il au Prince.
- Enchanté. Oui, j'ai déjà entendu parler de vous ... Il y a longtemps.
- Certainement, assura-t-il avec un sourire.
- Emma ? demanda une voix qui fit couler de la lave en fusion le long de sa colonne vertébrale.
- Oui ?
- On part, lui répondit la voix d'Henry quelque part à hauteur de sa taille.
- Oh, j'en ai pas pour longtemps, j'arrive.
- Henry va nous attendre à la voiture, entendit-elle la mère ordonner à son fils.
Elle n'écouta pas sa réponse, rassurée sans le vouloir par la présence de la Reine et se retourna vers les deux hommes qui étaient restés interdis.
- David, j'aimerais vraiment que tu penses à ça. Si rien ne te viens, je demanderai certainement des renseignements supplémentaires à ... cette jeune fille, mais je ne vois aucune raison pour que quelque chose ne te revienne pas, tenta-t-elle de le convaincre.
- J'en parlerai avec Snow, mais je te promets de faire tout mon possible.
- Inutile de trop y réfléchir David, si elle l'a dit, ça ne peut qu'arriver, faites moi confiance.
- Si j'étais vous David, intervint la sorcière qui était restée à leurs côtés, j'éviterai de faire une telle chose. Baelfire n'est pas le genre de personne à qui j'accorderai ma confiance.
- Venant de la Méchante Reine, je ne pense pas que le conseil fasse mouche, se moqua-t-il.
- Attention à vos paroles Baelfire, Regina a été d'une très grande aide pour nous, fut-elle agréablement surprise d'entendre David la défendre.
- Merci David, ne vous inquiétez pas de l'effet des paroles d'un vulgaire vagabond sur quelqu'un comme moi. Tenez-nous au courant si vous vous souvenez de la moindre des choses. Maléfique est une alliée que vous voudrez avoir le jour où la malédiction sera brisée.
- Je le ferai, répondit-il avec le sérieux d'une soldat qui prend un ordre.
- Tant mieux
La jeune femme sentit une main coloniser le creux de ses reins pour la pousser à rejoindre la sortie.
- Snow saura comment me joindre, insista-t-elle une dernière fois auprès du blond qui n'avait pas quitté son air bienheureux.
Elle n'eut pas l'occasion d'entendre sa réponse, déjà entrainée vers l'immense porte de l'édifice. Dehors la nuit était bien silencieuse en comparaison avec la réception et le bruit des talons qui faisaient crisser le gravier sous les pas soutenus de la brune lui parut désagréable.
- Vous êtes pressée ? questionna-t-elle.
Elle manqua se tordre la cheville lorsqu'elle dut s'arrêter brusquement pour ne pas entrer en collision avec l'intéressée qui s'était immobilisée dans l'allée qui menait au parking improvisé. De là elle voyait très bien la Mercedes briller sous un lampadaire à une place d'honneur.
- Est-ce que j'ai l'air pressée ?
Emma prit le temps de l'observer, glissant sur le tissus soyeux de la robe qui trouvait toujours à scintiller sous l'éclat de la lune certainement. Elle profita de leur échange pour se rapprocher d'elle, tentant de discerner l'émotion qui peignait librement les traits du maire
- Vous êtes jalouse ? s'étonna-t-elle.
- Non Miss Swan.
Cette fois ce fut la brune qui combla le dernier espace qui restait entre elles, des doigts caressant les cheveux qui retombaient sur l'une des épaules.
- Je serais jalouse si je ne vous avais pas vue vous écarter de lui. Je suis en colère.
- Contre moi ?
La main se referma autour de la base de sa queue de cheval pour tourner sa tête vers les marches de l'entrée du domaine viticole où Neal ou Baelfire, qu'importait son nom, les observait, figé par la surprise.
« Contre lui» entendit-elle murmuré contre son oreille avant que les lèvres ne tracent leur chemin jusqu'au siennes pour s'en emparer avec exigence. La poigne autour de ses cheveux se resserra quand elle eut le malheur d'hésiter avant de répondre à son baiser mais se transforma en une caresse agréable dès qu'elle l'attirra au plus près d'elle. Elle entendit quelque chose grésiller lorsque Regina gémit et comprit au sourire qu'elle sentit contre elle que sa magie venait certainement d'être réveillée.
- Je suis très possessive, sembla l'avertir l'intéressée. Est-ce que ça posera un problème ?
Elle avait envie de lui répondre qu'il n'y avait plus jamais eu personne à compter de l'instant où elle avait posé les yeux sur elle mais se contenta de répondre par la négative en un hochement de tête avant de replonger sur elle. La sorcière lâcha ses cheveux pour parcourir son dos, passant sous le tissus de sa combinaison pour s'emparer de ses fesses avant de la repousser soudainement.
- Pas ici, sembla-t-elle se ressaisir
La chasseuse de primes se rappela de la présence de son ex petit ami mais fut soulagée de constater son absence lorsqu'elle se retourna à sa recherche.
- Il ne parlera pas, si ça vous pose un problème, entendit-elle la brune l'informer.
- Ça ne poserait aucun problème, se contenta-t-elle de répondre en se dirigeant vers la Mercedes dont elle tint la porte ouverte à la conductrice qui lui lança un regard amusé.
- Ne claquez pas la porte, Henry s'est endormi.
Elle laissa la porte se fermer avec douceur et s'éloignait vers sa voiture lorsqu'elle fut à nouveau interpellée.
- Vous montez à côté de moi Miss Swan, j'enverrai votre voiture à l'hotel demain. Ou chez moi si vous préférez. Mais vous montez avec moi.
- Vous avez peur que je ne vous rejoigne pas ?
- Je n'ai peur de rien Shérif, montez
La blonde s'exécuta, rejoignant à vive allure le côté passager où elle s'enfonça dans le siège en cuir. Le moteur gronda sous les talons aiguilles de Regina et elle eut le malheur de jeter un coup d'oeil à la vision qu'elle était, une cuisse entièrement dénudée par l'échancrure de sa robe et les traits parfaits concentrés sur la conduite de la voiture dont elle tenait le volant d'une seule main.
- Restez concentrée, ordonna-t-elle lorsqu'elle posa une main sur elle
Elle sourit en constatant les jointures de ses doigts blanchir sous la pression qu'elle exerçait sur le volant à trois branches.
- Miss Swan, Henry...
- Henry dort, coupa-t-elle. Conduisez.
- Qu'est il arrivé à vitre bonne résolution de me laisser mener les choses ?
- J'aurais déjà les mains ligotées si vous n'en aviez pas envie Regina...
- C'est une bonne idée les mains ligotées, répéta-t-elle l'air songeur
- Conduisez. Au plus vite vous serez arrivée au plus vite je pourrais finir ce que je vais commencer.
La brune ne lui répondit pas cette fois et elle prit son silence pour une capitalisation lorsqu'elle activa la boîte automatique, la laissant écarter ses cuisses pour s'y faire une place.
- Emma je n'ai jamais... Faites attention, sembla-t-elle vouloir prévenir.
La chasseuse de primes ne l'écouta pas, se libérant de l'emprise de sa ceinture de sécurité pour se pencher sur la conductrice et prendre le lobe de son oreille dans sa bouche. Elle laissa libre court à l'envie qu'elle avait eu depuis le début de la soirée, enfouissant son visage dans le creux de son cou pour inspirer la fragrance de sa peau mélangé au parfum qu'elle portait. Ses doigts commencèrent un mouvement circulaire par dessus le sous vêtement en satin et elle dut se retenir de sourire aux efforts manifestes que faisaient sa partenaire pour paraître indifférente.
- J'ai eu envie de vous toute la soirée. Quand vous avez remis Sidney à sa place j'ai cru que j'allais vous entraîner dans le premier placard venu et vous prendre contre un mur...
Elle n'eut pas l'occasion de terminer sa tirade, interrompue par les lèvres pulpeuses qui s'emparèrent des siennes en un baiser brouillon et elle dut se faire violence pour la repousser et parvenir à plonger son regard dans le sien où brillaient surprise et désir
- Redémarrez, c'est vert, indiqua-t-elle amusée.
Elle attendit que son attention soit détournée par la route pour écarter d'un doigt le tissu et en enfouir deux autres en elle, étouffant un rire dans le creux de son épaule. Une main vint immédiatement immobiliser la sienne.
- Emma...
- Chut, vous ne voudriez pas réveiller Henry, n'est ce pas ?
Elle ne fut pas lâchée pour autant et dut se contenter de pouvoir courber ses doigts en elle. Ce fut elle qui gémit dans une ligne droite lorsque la brune sembla capituler, sa tête se renversant brièvement contre l'appui en cuir, la main tenant toujours son poignet resserrant son emprise pour lui imprimer un mouvement de vas et viens qu'elle garda lent
La main qui tenait le volant tremblait autant que ses jambes lorsqu'elle s'arrêta dans le garage en dessous du manoir et Emma n'attendit même pas qu'elle coupe le moteur pour l'atirrer un peu plus à elle. Regina la lâcha, préférant visiblement passer deux bras autour de son cou dans l'espoir de se rapprocher d'elle.
La Sauveuse eut le temps de voir quelque chose qui ressemblait à un mélange d'affection et de desesperation dans son regard avant de renoncer à attendre une minute de plus pour la faire jouir, profitant de sa liberté nouvelle pour augmenter la force et l'allure de ses mouvement. Le corps de la brune se cambra violemment contre le sien et elle parvint à ignorer la douleur des muscles qui enserrent ses doigts uniquement grâce à celle que provoquèrent les ongles de la sorcière dans ses cheveux. Elle continuèrent à s'embrasser un long moment jusqu'à ce que leur baiser perde en violence pour se transformer en quelque chose de plus doux qui les fit à nouveau s'éloigner.
- Bravo, salua-t-elle lorsqu'elle se laissa retomber contre le siège de sa voiture.
- Vous doutiez de moi Emma ? Répondit-elle en ayant apparemment compris qu'elle la félicitait d'avoir réussi à rester silencieuse
- J'adore quand vous m'appelez comme ça... Pourquoi est-ce que vous ne le faites pas plus souvent ?
- Vous appeler Emma ?
- Hum, confirma-t-elle en un gémissement les doigts dans la bouche.
Regina ne répondit pas immédiatement, l'observant lécher les derniers vestiges de l'orgasme qu'elle venait de lui donner.
- J'aime les occasions spéciales, finit-elle par expliquer
- Est-ce que j'y aurais droit ce soir ?
- Je ne sais pas, pour l'instant c'est mon prénom que je compte entendre crié.
- Ça me va, accepta-t-elle en retirant elle même les clefs du compteur.
