Bonne lecture – Isolfe est de retour nuitamment à la National Gallery… ce dernier chapitre de l'année 2005 vous livre une des clefs de la prédiction, la plus importante.

Et bonne année à tous ! avec des projets, du cœur à l'ouvrage, du cœur au ventre, des mots justes, forts, beaux pour ceux qui écrivent, et puis de la tendresse et de l'amour…

L'azur – Le dit de Margaretha

Il était deux heures du matin, j'avais mis en place le sort d'obreption, puis avais transplané directement dans la salle 25.

Je me tenais face au portrait de Margaretha, à environ un mètre de distance. Je la regardais en silence. Et soudain, j'entendis sa voix.

« Tu es venue ce matin ? Tu m'as regardée… et tu as ouvert la bouche, et j'ai entendu un loup hurler… »

L'espace d'un instant, tout se convulsa et se tordit atrocement en moi, cœur, poumons, entrailles. C'était la même impression que ce matin, un nouvel être qui me fouaillait de l'intérieur, comme cherchant à se frayer un passage hors de moi, comme si j'étais une prison aberrante et incompréhensible, comme s'il allait mourir d'être cruellement, absurdement, vainement, mélangé à moi.

Ce matin, j'avais pensé que j'étais simplement angoissée, et que les hurlements entendus n'étaient que le produit de mon imagination exacerbée, et que mon corps se tordait de peur devant l'épreuve à venir, mais je compris alors, et cette compréhension me traversa telle une lumineuse fulgurance, que j'avais ressenti, vécu, au plus profond de ma chair, les prémisses d'une transformation en garou.

« Vous avez entendu un loup hurler ?

- Oui, bien sûr, je viens de te le dire, au moment où tu as ouvert la bouche. Le loup est en toi, Isolfe, mais sa présence en toi est une bonne chose, c'est ce qu'il faut, et si tu n'avais pas été capable de le laisser s'exprimer, il aurait été vain de ta part d'espérer aller plus loin. Sans sa présence en toi, rien de ce que je vais te révéler ne pourrait s'accomplir. Ne le crains pas, il t'aidera. Sa voix s'est faite entendre, il est probable qu'il se manifeste encore, mais ensuite il te laissera agir ; il fallait juste qu'il soit là pour que je te reconnaisse et que je ne transmette pas mes secrets à une qui ne saurait quoi en faire. Car c'est une chose précieuse que je vais te confier, et lourde également. Maintenant approche toi de moi, pose ton oreille sur la toile, ce que je vais t'expliquer ne doit pas résonner dans cette salle, c'est pour toi seule. »

Je fis comme elle m'avait demandé, et appliquai mon oreille directement sur le tableau. Au bout de quelques secondes, la voix de Margaretha parvint jusqu'à moi, assourdie, mais, paradoxalement, plus nette que lorsqu'elle me parlait et que je me tenais à distance d'elle – c'était une voix beaucoup plus jeune maintenant, celle d'une jeune femme… l'âge sans doute qu'elle avait au moment où ces mêmes mots lui avaient été révélés. Mais si sa voix avait subitement rajeuni, en allait-il de même des traits de son visage ? Je n'avais finalement pas besoin de le savoir.

Les mots lui venaient facilement et pénétraient vivement en moi, allant se loger sans peine à côté de ceux de la prédiction d'Iroise, puisqu'ils venaient les compléter et les expliquer. Il y a juste un moment où la voix de Margaretha se troubla et où je dus lui faire répéter pour être certaine d'avoir bien compris.

Quelques instants après l'avoir quittée, je me demandais dans quelle langue nous avions parlé.

Main courante de la National Gallery.

Rapport de Nigel Kenn, gardien de nuit de la société NightWatch.

Constaté cette nuit dans la nuit du 22 au 23, à 2 heures 45 un déclenchement intempestif de l'alarme AK 8-120, située au passage des salles 27 et 28.

Appelé Porrick O' Flaherty en salle de surveillance, qui n'avait rien constaté sur ses écrans de contrôle.

Commencé une ronde dans les salles de l'étage, après avoir appelé mon collègue du secteur britannique, aucune trace d'effraction, tous tableaux à leur place.

Action entreprise : demande laissée au technicien de jour pour vérification du réglage de sensibilité de l'alarme.

Incident classé en attente.

Je regagnai l'appartement d'Honor, me faufilai sans bruit dans la minuscule chambre d'ami où j'avais pris mes quartiers pour le week-end et m'allongeai sur le sol. Je savais donc.

Avais-je pressenti la nature de ce que Margaretha venait de me révéler, il y avait une heure à peine ? Cela avait plutôt été une sorte d'intuition, nourrie des mots de la prédiction. Mais quelle importance, je savais maintenant. Et comme la jeune fille hollandaise, il allait me falloir convoquer tout mon courage et toute mon intelligence.

Je pensai tout d'un coup que « la solution » pouvait être résumée par ces deux aphorismes

Remonter à la source du mal

Vaincre le mal par le mal

Je me relevai, me préparai pour la nuit.

Alors que je m'apprêtai à quitter la salle de bains, je revins sur mes pas et m'examinai dans le miroir – il y avait quelques instants, me brossant les dents, j'avais accroché mon reflet et en avais éprouvé un choc, totalement inhabituel, mais j'avais mis ce phénomène sur le compte de l'émotion de mon entretien avec Margaretha. Et maintenant, je me souvenais de ce que j'avais vu dans le miroir, comme si l'image avait eu besoin de toutes ces minutes pour atteindre ma conscience, comme si le loup que j'avais vu à ma place, dans le miroir, avait couru, d'un galop ample et ralenti, vers moi, pour me saisir en douceur. Mais il avait disparu, maintenant, c'était bien une femme qui montrait son reflet à mes yeux, un reflet net, acharné et dur.

Je me réveillai dans un douloureux sursaut à trois heures du matin, j'étais obsédée par une unique idée – et si le loup-garou qui avait mordu Remus était mort, anéantissant du coup la seule chance qui existait de mettre fin à la malédiction qu'il lui avait transmise ?

Car Margaretha avait été très claire sur ce point – si c'était le cas, il n'y aurait plus rien à faire – ce serait une gigantesque blague ignoble – j'aurais été une des très rares femmes à qui ce pouvoir exorbitant aurait été donné et il me serait totalement inutile. Je l'aurais découvert trop tard.

Et si…

Et si…

Et si…

… le bourreau de Remus venait juste de mourir, qu'il ait été liquidé sous sa forme de loup-garou ou mort bêtement dans un incendie ou de maladie, oui, s'il était mort au cours des mois que j'avais passés à Hogwarts avec Remus et où je n'avais pas su le décider à m'avouer son secret ? Ce serait encore plus terrible et là, je serais absolument coupable, j'aurais gâché ma chance, sa chance.

J'étais tellement paniquée par cette éventualité, qui me serrait la tête et la poitrine dans une gangue de métal, que je faillis aller trouver Honor, la réveiller de son tranquille sommeil et lui demander de calmer ma terreur. Puis, je me souvins qu'elle n'était pas là, et de toute façon, je n'aurais pas disposé de la force nécessaire pour marcher jusqu'à elle.

Je restai dans cet état d'oppression quasi insupportable pendant presque une heure, tantôt recroquevillée sur le lit, tantôt levée et agitant les bras comme une torturée cherchant à écarter des murs qui se rapprocheraient, et tout d'un coup, je me dis que, tout comme j'avais devant Margaretha ressenti les symptômes physiques d'une amorce de transformation, j'en éprouvais maintenant les tourments moraux - la même terrible et inévitable suffusion qui envahissait Remus quand le loup commençait à prendre possession de lui, la même impression d'étouffer dans un corps hostile et trop petit pour deux, qui ne lui laissait d'autre solution que de céder la place au monstre et de s'enfoncer dans ses eaux noires et lourdes.

Etait-ce l'esprit qui cédait en dernier ? Remus devait-il souffrir, chaque mois, de voir, de ses yeux aigus de loup encore connectés à son cerveau d'homme, son corps déjà devenu monstre ? Et puis, ensuite, où l'homme subsistait-il, quand même, quand il avait dû céder la place à son autre moi ? Avait-il encore, à chaque fois, un dernier souffle de conscience pour penser qu'il ne redeviendrait jamais homme ?

Cette idée qui me brutalisait me sauva de ma panique – lui souffrait ce tourment mois après mois, depuis qu'il avait 6 ans, m'avait dit Minerva, et trouvait le courage de se remettre à vivre à chaque fois, sachant que tout recommencerait au bout de trente jours, et moi, je me laissais aller à un inepte et honteux désespoir, me représentant que son bourreau était mort avant même d'avoir commencé à réfléchir aux milles moyens qui devaient bien exister de le retrouver.

Je me saisis avidement d'un parchemin et écrivis un court billet à l'intention d' Albus. Je lui demandai de retrouver et de me communiquer dans les meilleurs délais l'adresse des parents de Remus au moment de la morsure de leur fils, et la date à laquelle cette tragédie s'était produite – j'aurais ainsi déjà cerné la zone géographique d'action du loup-garou, le deuxième homme et le deuxième loup de la prédiction d'Iroise.

Je ne sais pas si Dumbledore avait prévu que je lui demanderais de l'aide, je ne sais même pas si, d'une façon ou d'une autre, il suivait ma progression, vérifiant que j'avais toujours la foi en ce que j'avais entrepris. Je suppose qu'il avait décidé de me faire confiance, sans doute depuis ce jour où il avait consulté mon dossier du MK.

Ensuite, et bien ! il allait falloir que je cuisine ma chère hôtesse, et là, je ne voyais pas trop comment faire sans lui dévoiler un minimum de ce fameux travail de recherche que j'étais censé mener pour le compte du directeur d'Hogwarts… Pouvais-je lui dire que Dumbledore m'avait chargée de récolter des renseignements sur un de ses professeurs qu'il soupçonnerait de ne pas être net à 100 ? Elle penserait tout de suite à Severus Snape, je suis certaine que Lebrant avait bien dû lui parler de ma fameuse demande de renseignements en septembre dernier. Pouvais-je réutiliser la même ficelle ? Pourquoi pas ?

De toute façon, il fallait simplement que je sache si un simple sorcier pouvait accéder aux archives criminelles des ministères – il me semblait que les procédures étaient relativement standardisées au niveau mondial, le Wizengamot s'étant largement inspiré des règles de normalisation muggles et, que ce qui était possible en France, le serait ipso facto en Grande-Bretagne.

Restait à savoir si les parents de Remus avaient bien effectué l'obligatoire déposition de morsure. Elle avait beau strictement préserver l'anonymat du mordu, la plupart des victimes, ou parents de victime, hésitaient à se lancer dans une telle démarche, préférant garder le secret sur la honteuse catastrophe qui venait de s'abattre sur eux ou leur famille. Pourtant c'était le seul moyen de recueillir des informations sur l'activité et les zones de « chasse » des loups-garous mordants (les autres, dans le jargon judiciaro-aurorien étaient appelés dormants – catégorie dans laquelle j'étais certaine que Remus s'était toujours rangé).

Au cours de mes investigations du mois dernier, j'étais également tombée sur le projet d'un mage juge polonais, Mieczelsaw Ostawa, qui, dans les années cinquante, avait proposé la création d'une sorte de service d'accueil pour les lycanthropes, ouvert à chaque pleine lune, un dispositif de prévention, qui aurait permis de les surveiller, et d'éviter qu'ils ne propagent le fléau. Il suggérait pour cela d'instaurer une sorte de service obligatoire, civil en quelque sorte, pour les spécialistes de DCFM et il comptait bien également que les autorités mettraient des aurors à disposition.

Mais certains avaient prononcé le terme de camp de concentration, le mage en question s'était fait gentiment écarter du service actif (une rumeur s'était répandue selon laquelle il aurait été lui-même un loup-garou, mais en fait, c'est sa fille qui avait été mordue) et ce beau projet avait été oublié. Et pourtant, cela m'avait semblé être une solution intelligente et humaine à cette terrible malédiction. Je m'étais demandée si Remus avait jamais eu connaissance des travaux d'Ostawa.

Une fois mon billet rédigé, je me rendis au Point Hibou, caché dans un des nombreux recoins de la poste muggle de Paris Louvre et qui restait ouvert toute la nuit. Je ne me serais pas permise d'utiliser Hévéa, la chouette effraie de Honor, qui devait d'ailleurs avoir été envoyée en service commandé chez le fameux Thierry, car je ne l'avais pas vue, juchée sur l'armoire chinoise rouge qui faisait office de placard dans la cuisine, sa place de prédilection.

Je choisis un hibou express, et, par prudence, longue distance, je ne savais absolument pas où Dumbledore se trouvait en ce moment, n'avait-il pas parlé de se rendre dans un monastère tibétain fin septembre, une fois la rentrée expédiée ? Je décidai de ne courir aucun risque, et fit partir un deuxième courrier à l'attention de Minerva – si Albus était en déplacement, elle, devait logiquement assurer ses cours à Hogwarts (je m'interdis de penser à l'autre salopard).

J'avais l'esprit plus léger en rentrant, j'avais agi et j'avais découvert, au moment où s'imposait à moi la similitude entre ma peur et les transformations de Remus, qu'il y avait en moi suffisamment d'amour pour les deux, l'homme et le loup, comme une source à laquelle l'eau ne ferait jamais défaut et où je pouvais puiser à pleines mains pour nous trois – et si j'échouais, peut-être le loup, enfin aimé, finirait pas laisser l'homme en paix.

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Je passai la journée du lendemain à réfléchir à ces fameux mille moyens de retrouver le tortionnaire de Remus. A la lumière du jour, leur nombre s'était considérablement rétréci, j'étais d'humeur moins lyrique et je m'apercevais que retrouver un loup-garou bien précis n'allait pas être chose facile. D'autant plus que je ne savais pas où le chercher : en Angleterre, près d'où habitait Remus quand il avait été mordu ? Cela pouvait sembler logique à première vue, mais, outre que le fait que de nombreuses années s 'étaient écoulées, 26 environ, au cours desquelles le « mordant » avait pu s'installer ailleurs, les loups-garous pouvaient se déplacer aussi facilement que tous les autres sorciers, et choisir de perpétrer leurs crimes loin de leur résidence afin de garantir leur impunité.

Allais-je donc devoir mener des recherches au niveau mondial ? la perspective était angoissante ; mes investigations s'étaient finalement bien déroulées jusqu'à présent, la piste jusqu'à Tommasso s'était révélée courte et rectiligne, retrouver Margaretha n'avait pas non plus constitué une trop grande difficulté, mais maintenant … un immense champ de possibilités s'offrait à moi, et j'étais accablée d'un vertigineux malaise.

Fallait-il que je revienne sur mon idée première, que je me résolve à aller voir Remus et lui demander d'interroger ses souvenirs ? En aurait-il gardé ? Il avait environ 6 ans, m'avait dit Minerva, donc il n'était pas exclu qu'il se souvînt de ce qui s'était passé, mais l'horreur du moment, en plus de s'incorporer à sa chair, avait peut-être aussi à ce point pénétré sa mémoire qu'elle avait supplanté les souvenirs plus factuels.

Et puis je redoutais de perdre mon courage si je me retrouvais en face de lui, parce que je ne pourrais pas résister et que…donc, non, je ne pouvais pas nous faire courir ce risque.

Pourtant, si la déclaration de morsure avait été faite, elle l'avait sans doute été par son père, présent au moment des faits, et lui, homme adulte, avait peut-être pu livrer une description précise du loup… et n'avais-je pas appris en cours que les loups-garous sont très différents les uns des autres, et que même transformés, ils gardent en eux comme une transposition de leurs traits humains ?

Ma respiration s'accélèra, l'immensité dans laquelle j'étais perdue tout à l'heure venait de se rétrécir à la taille d'un dossier de déclaration.

Je repris mon carnet de notes, mon carnet d'enquête en quelque sorte ! Inspecteur Dazurs…

En haut d'une nouvelle page, je notai « A la recherche du bourreau » puis j'effaçai ce nom, décidément trop dur et abrupt – bourreau, oui, il l'avait été, mais une fois que je l'aurais eu retrouvé, ne devait-il pas se transformer en sauveur ?

J'écrivis donc plus sobrement « A la recherche d'Ysengrin » - un nom de loup littéraire pour un loup réel.

Et je commençai à remplir les colonnes « Actions » et « Comment ? » qui m'aidaient à ordonner mes démarches.

La première chose à faire était donc bien, une fois que j'aurais obtenu l'adresse de Remus enfant, d'aller consulter la déclaration de morsure au ministère londonien. J'attendis d'avoir terminé de noter pour me laisser circonvenir par une rêverie douce-amère, suscitée par la juxtaposition de ces deux mots Remus - enfant. Se ressemblait-il déjà quand il était petit ? Avait-t-il vieilli subitement du jour où il s'était fait mordre ? Que restait-il en lui du petit garçon qu'il avait été ? de ses rêves et de ses projets ? Tout avait dû se fracasser cette nuit de pleine lune… Et toutes les pleines lunes depuis avaient dû l'écorcher, chacune son tour. Ou au contraire, l'obliger à s'endurcir.

Et encore Remus - enfant, la génération impossible, les loups-garous ne peuvent pas se reproduire, quel air victorieux affichait Snape en me crachant cela au visage – comme s'il me condamnait moi aussi à la stérilité.

A quel âge Remus avait-t-il pris conscience de cela ? A celui où les autres jeunes hommes commençaient à évoquer la possibilité d'une paternité ? Ou bien, les pleines lunes, le faisant vieillir prématurément, l'avaient-elles fait se tourmenter avec cette fin de non recevoir bien avant ? Quelles relations amoureuses avait-il bien pu bâtir sur une telle base, presque déjà un constat d'échec ? lui refusant d'entrée de jeu la possibilité d'aller jusqu'au bout avec une femme ? J'imaginai qu'il avait pu se résoudre progressivement à cette impossibilité et essayer de s'en tirer au mieux – s'adonner aux satisfactions charnelles sans lendemain, mais je savais aussi qu'il ne s'y était jamais résolu, car certaines des attitudes, des gestes et des réactions qu'il avait eus avec moi le proclamaient.

Etait-ce le refus d'exposer sa partenaire au risque dont il était porteur ? Ou à l'inverse du temps qu'il se donnait afin de … Pour qui s'était-il ainsi gardé ? Pour une qui serait à la hauteur de son exigence ? qui saurait faire face au dévoilement du loup et aux conséquences que cette révélation emportait pour la femme désireuse de faire sa vie avec lui ? Pour moi donc ?

Quand j'étais entrée dans sa vie, le 16 septembre, il avait écrit ce jour là sur une révélation, une épiphanie… je m'étais demandé alors si je méritais ces mots-ci, s'il ne s'était pas trompé sur moi, s'il ne me faisait pas plus importante, et j'avais su me répondre oui. Oui, j'étais bien celle pour qui il avait écrit ce jour là , et que je sois l'objet de la prédiction d'Iroise n'y changeait rien – il ne m'avait pas aimé pour ce pouvoir qui m'avait été donné et dont ni lui, ni moi n'avions encore connaissance.

Je repris mes annotations. Soit la déclaration ne contiendra aucun élément descriptif me permettant de retrouver la trace d'Ysengrin… pas la peine de se laisser glacer par avance, soit elle en contiendra. Il me faudra alors consulter le plus de dépositions possibles, afin de retrouver celles qui impliqueraient mon fameux Ysengrin. Et à espérer que son identité humaine veille bien émerger de ce recoupement d'informations.