Hey ! Je tiens avant tout à m'excuser pour cet immense retard mais ces dernières semaines ont été assez chargées et j'ai dû revoir mes priorités : Lys Ecarlate descendant donc un peu face à tout ce qui était travail scolaire et problèmes de vie privée.
Mais me revoilà avec le chapitre 13, j'espère que vous êtes toujours là. Je m'excuse encore.
J'en profite pour une petite annonce : avec mes amis on compte monter une sorte de "troupe" de cinéma et donc peut être travailler sur une adaptation de Lys Ecarlate à la "moldue". Mais ce n'est pas confirmé.
Réponses aux reviews :
Kitkat : Hey ! Tu vas être contente parce que dans ce chapitre, il y a beaucoup de Marcus/Hannah :) J'espère que ça te plaira en tout cas.
Guest : merci d'avoir pris le temps de reviewer même si tu n'as pas signé, donc j'espère que tu sauras qui tu es :) En tout cas ça me fait plaisir que tu aimes mon histoire ^^
Voilà, voilà, place au chapitre.
Bonne lecture !
Lys Ecarlate
13/J'ai choisi
Je poussai la porte du réfectoire et me dirigeai immédiatement vers la table où étaient installés mes coéquipiers.
Une fois assis, je fus apostrophé par Dylan :
- Dis-donc, ça fait un moment qu'on ne t'a pas vu, toi.
Je ne répliquai pas et me contentai de commencer à manger.
- Tu as disparu hier pendant la soirée, me rappela Thomas. Et après tu n'es pas revenu. Qu'est-ce qui t'es arrivé ?
- Rien... mentis-je. Je n'étais pas d'humeur à faire la fête...
- On va en finale, Marcus ! Qu'est-ce qui peut bien...
Lloyd le coupa en le frappant dans le bras :
- Il y a des sujets qu'on aborde pas, Eliot.
Je soupirai et lâchai mes couverts. Je posai ma tête sur mon poing et me perdis dans mes pensées.
- C'est quoi le programme aujourd'hui ? demanda Martinson
Tous les regards convergèrent vers moi. J'attendis quelques secondes avant de répondre :
- Entraînement intensif tout l'après-midi.
- Et le matin ?
- J'ai des choses urgentes à régler. Chacun fait ce qu'il veut ce matin.
Je me levai.
- Tu vas où ? me demanda Stanley. Tu n'as pas fini de manger.
- J'ai pas faim.
Je n'ajoutai rien et quittai le réfectoire sans regarder autre chose que le sol.
Je remontai dans ma chambre, pris quelques affaires et transplanai.
.
.
Je frappai à la porte de l'appartement de Vasco et attendis.
Après quelques instants, la tignasse blonde de mon frère apparut dans mon champ de vision.
- Marcus ! s'exclama-t-il
Il me sauta au cou avec une vigueur inattendue.
- Ouch ! lâchai-je en reprenant mon équilibre
Il se détacha et sourit. Je ne pus pas m'empêcher de le lui rendre.
- Content de te voir, dit-il plus sérieusement. Je ne t'attendais pas si tôt.
- Je sais. Mais je n'avais rien à faire donc j'ai décidé de venir. Hannah est là ?
- Elle est partie il y a une heure. Elle sera de retour dans pas longtemps.
Nous entrâmes.
- Tout est prêt pour tout à l'heure ? demandai-je à mon frère
- Normalement oui. Potter n'a pas demandé grand chose...
- On a encore une bonne heure. Qu'est-ce que tu proposes de faire ?
Il haussa les sourcils et esquissa un sourire félin et malicieux :
- Tu veux vraiment que je te le dise ?
.
.
Vasco soupira :
- Tu sais ce qui me manque le plus du Pays de Galles ?
Je secouai la tête.
- Le paysage... Il y avait quelque chose que je n'arrive pas à trouver en Angleterre. Une sorte de magie, si on veut. Comme les mondes qu'on s'invente quand on est enfant.
Il sourit tristement :
- Je n'aime pas l'Angleterre. Enfin, si mais... Je n'arrive pas à trouver la même magie ici.
- C'est parce que tu n'y as rien vécu de bon.
- Depuis que je suis là, je n'ai fait que souffrir en silence. Regarde ça...
Il souleva son maillot et découvrit une grande marque noire au-dessus de son estomac :
- Père n'a jamais voulu autoriser les infirmières à me faire passer les visites médicales obligatoires de Poudlard. Une fois, elles l'ont fait quand même mais il ne le sait pas. J'ai menti à tous ceux qui voyaient par malheur une de ces marques. Je disais que j'étais tombé. On se moquait de moi. On me disait "Regarde où tu marches, Flint, ou tu vas tomber!".
- Tu leur as cassé au moins deux bras, j'espère ?
Il étouffa un rire :
- Non. Je les laissais parler et je laissais les remarques me passer au-dessus de la tête. Je me vengeais sans rien faire, quand leurs petites copines se plaignaient qu'ils n'étaient pas assez "comme Vasco".
- Toi tu ne tombais pas, mais t'étais un tombeur.
- On va dire ça, sourit-il. Beaucoup de garçons des autres maisons me détestaient parce que les filles qui les intéressaient me couraient après.
J'esquissai un sourire en coin :
- Et avec ça, jamais eu de copine ? Tu n'es pas normal.
- Hé ! Je n'avais aucune envie de me mettre avec une fille juste pour profiter de mon succès. Je n'aime qu'avec mon coeur. Si ce n'est pas la bonne, je n'essaie même pas.
Je souris :
- À la fois sournois et doux... Sacré mélange, Tête Blonde !
- Tu n'es pas si différent, tu sais ?
Je ne répondis rien.
- Sinon tu serais avec Kat depuis longtemps. Ou alors tu n'aurais pas souffert à cause d'Ellen.
- Tu aimes bien Kat, toi hein ?
Il se mordit la lèvre et haussa les épaules :
- C'est une fille bien.
Je secouai la tête :
- Mais encore ?
- Quoi ?
- Tu n'as pas répondu à ma question.
Il soupira :
- Je l'aime bien, oui. Mais sans plus.
J'opinai.
- Toi c'est Hannah qui t'intéresse, pas vrai ?
Je me raidis violemment, blêmis en une seconde et me retrouvai sans salive et sans air.
- Frangin ?
- Non... réussis-je à formuler. J'aime bien Hannah mais pas comme ça...
- Tu sais que tes réactions me font peur ?
Je plongeai ma main dans la boîte de photos que mon frère avait sur ses genoux, évitant la conversation.
Je regardai le cliché et devins tout à coup nostalgique.
C'était ma mère, magnifique et souriante comme je l'avais connue, qui tenait dans ses bras un Vasco de quatre ans qui faisait des signes à l'appareil. J'étais sur la photo aussi, accroché à la taille de ma mère et en braillant à tue-tête avec mon frère.
- Dis donc... C'est vieux ça... sourit Vasco avec tristesse
- On était chez nos oncles, me rappelai-je. Ça me rappelle qu'on ne les a pas vus depuis...
- Minimum dix ans.
- C'est ça...
- N'empêche, on voit bien que Papa n'était pas là.
J'opinai et pris une autre photo. Encore une fois c'était ma mère. Elle était prise de très près alors qu'elle se replaçait une mèche de cheveux derrière l'oreille avant de sourire timidement à l'objectif.
- C'était quand ça ? me demanda Vasco en tentant de masquer sa nostalgie
- Je crois qu'on était pas encore nés.
Il attrapa une autre photo et étouffa un rire avant de ma la montrer :
- Tu aimais faire des grimaces, toi.
Effectivement, on était tous les deux en train de faire une sorte de concours de la grimace la plus réussie.
- On était de vrais gamins, soupirai-je
- Tu es encore un gamin, frangin.
- Parle pour toi !
Je lui donnai une tape sur la tête et décoiffai sa tignasse blonde.
- Hé !
Il se redressa et me balança un coussin à la figure. Je l'évitai -réflexe de Quidditch oblige- puis le récupérai pour le lui renvoyer.
Il éclata de rire et je me joignis à lui.
Un grand "crac" résonna dans l'appartement. Nous nous retournâmes tous les deux vers la porte dans le même mouvement.
Hannah se tenait debout, baguette et paquets en main, petit garçon dans les bras.
Elle sourit et déposa le gamin par terre. C'était un petit blondinet à l'air assez froid, qui portait un sac à dos plutôt rempli.
Je me levai et me précipitai vers Hannah et la pris dans mes bras. Vasco étouffa un rire et se leva à son tour pour prendre les paquets qu'elle amenait avec elle.
- Alors ? demandai-je à mon amie. Comment tu vas ?
Elle ébouriffa les cheveux du petit garçon qui l'accompagnait et sourit :
- Moi je vais bien. Je suis passée chercher mon neveu chez sa grand-mère et j'ai fait un saut à l'hôpital.
Vasco revint à ce moment là :
- Tu as des nouvelles de Maman ?
Hannah sourit :
- Le médicomage qui l'a en charge m'a dit qu'ils allaient la sortir du coma aujourd'hui. J'y retournerai cet après-midi parce qu'il veut que je l'aide avec le traitement.
Je sentis un poids immense délester mes épaules et mon corps entier se détendit. Mes yeux devinrent brûlants. Vasco passa son bras autour de moi et soupira :
- Les choses vont s'arranger...
Hannah hocha la tête et se retourna vers son neveu :
- Tu veux donner ton sac à Vasco, Logan ?
L'intéressé enleva son sac à dos et le tendit à sa tante :
- C'est qui Vasco ? demanda-t-il
Mon frère rit :
- C'est moi.
Le petit garçon lui tendit alors son sac. Tête Blonde sourit, le prit et se dirigea vers une pièce voisine.
J'adressai un sourire à Hannah et elle me le rendit :
- Et toi ? Tout va bien ?
J'opinai :
- Je commence à me sentir mieux.
Je restai silencieux un instant avant d'ajouter :
- Merci, Hannah.
Elle sourit de plus belle. Vasco revint :
- On va peut être y aller, non ?
J'acquiesçai. Hannah prit son neveu dans ses bras et laissa Vasco ouvrir la porte.
.
.
Nous marchions tous les quatre dans la rue principale du Manchester sorcier, discutant ensemble.
Nous nous dirigeâmes vers le bureau délégué des aurors de la ville.
Ce fut Vasco qui poussa la porte et la tint pour Hannah et Logan. Quand nous fûmes tous à l'intérieur, nous regardâmes autour de nous.
Quelques aurors allaient et venaient. La secrétaire avec qui j'avais eu une conversation à sens unique la fois précédente leva la tête vers nous :
- C'est pour quoi ?
- Nous avons rendez-vous avec Harry Potter, l'informai-je
- Veuillez patienter, s'il vous plaît.
Hannah retint un sourire quand je levai les yeux au ciel. J'avais une certaine aversion pour les phrases de ce genre.
Vasco s'assit sur une des chaises à côté de la porte et se mordit la lèvre. Il appréhendait la suite. Il était une sorte de paradoxe : à la fois fort comme un roc et fragile comme du verre, à la fois manipulateur et doux, à la fois sombre et lumineux.
Et il était temps de choisir, parce qu'il n'y avait plus de retour en arrière.
- Messieurs, dame ? appela la secrétaire
Nous nous retournâmes. Deux aurors qui relevaient de l'armoire à glace nous firent signe de les suivre.
Vasco se leva et marcha derrière nous le long d'un couloir blanc comme celui d'un hôpital.
Les aurors nous firent entrer dans une pièce qui ressemblait fortement à une salle de conférence.
Potter était debout près d'un tableau, flanqué par trois autres aurors, et Père était assis sur une des chaises. Quand il nous vit entrer, il nous lança un regard assassin.
Potter vint à notre rencontre pour nous serrer la main. Son regard se posa alors sur Hannah et il sourit :
- Qu'est-ce que tu fais ici ?
- J'accompagne, répondit-elle avec un haussement
Potter n'insista pas et nous fit signe de nous assoir :
- Ceci est une affaire de violence sur un enfant. Nous n'avons aucune preuve tangible -à part les souvenirs de Flint- pour obtenir l'accord du Mangemagot pour rouvrir le dossier Mangemort.
Il s'assit à son tour et indiqua à Vasco d'enlever son maillot. Mon frère me consulta du regard. Je lui fis un signe d'encouragement et il s'exécuta.
Torse nu sous la faible lumière, il avait l'air vulnérable. Sa peau pâle était couverte d'hématomes noirs de tailles différentes. Un auror s'approcha avec un appareil photo et prit mon frère sous différents angles.
- Il n'y en a que sur le haut du corps ? demanda un autre auror
Vasco secoua la tête. Il avait l'air d'être en train de contenir sa panique. Il sentait le regard de père qui le transperçait de part en part.
Alors que deux aurors procédaient à la prise de photos-preuves, Potter s'adressa à Père :
- Vous ne niez pas être l'auteur des coups ?
Père ne répondit pas et se contenta de planter son regard meurtrier sur moi.
- Répondez, insista Potter
Je soutins le regard de mon père.
- Je vous ai dit de répondre ! siffla Potter
Père ouvrit la bouche et d'un ton tranchant lâcha :
- Je ne nie pas.
Je me raidis. Le silence s'abattit sur la pièce. J'étais surpris qu'il ait avoué, je ne m'y étais pas attendu.
- Depuis combien de temps est-ce que ça dure ? me demanda un autre auror
- Quatre ans assidûment. Sinon ça arrivait occasionnellement déjà un ou deux ans avant l'entrée de Vasco à Poudlard.
- Qui le savait ?
- Vasco et moi. Principalement.
- Et comment l'avez vous découvert ?
Je déglutis. Hannah me lança un regard inquiet.
- J'ai débarqué dans la chambre de mon père un jour et je l'ai trouvé en train de battre Vasco.
L'auror hocha la tête :
- Et vous n'avez rien fait ?
- Non. J'ai eu peur la première fois que c'est arrivé et...
Hannah attrapa ma main et la serra pour m'encourager.
- Et j'étais sous menace, terminai-je en luttant contre l'accélération de mon coeur
L'auror regarda Potter :
- Je crois qu'il dit la vérité.
- Il dit la vérité, assura Potter
Je le regardai de travers : est-ce qu'il s'était introduit dans ma tête ?
- Monsieur Flint, dit posément Potter à mon père. Est-ce que vous vous trouviez des raisons de frapper votre fils ou ce n'était que des pulsions ?
Père ne répondit pas. Potter n'insista pas :
- Avez-vous déjà frappé votre autre fils ?
- Non, répondis-je froidement
Un auror nota l'information sur un parchemin.
- Faites sortir le père, ordonna Potter
Deux aurors prirent Père -je remarquai qu'il avait les mains attachées- et sortirent de la salle avec lui.
Potter soupira et s'assit sur une des chaises. Vasco s'installa silencieusement à ma gauche.
- Il vous frappait seulement "à la moldue" ? demanda Potter à mon frère
Tête Blonde secoua la tête et la baissa, n'osant pas répondre.
Je passai un bras autour de ses épaules, lui soulevai le menton pour l'obliger à lever les yeux vers moi et plantai mon regard dans le sien :
- Ecoute, Vasco, cette fois on peut mettre fin à ce qui nous empoisonne depuis toujours. Maman est peut être bientôt sauvée et on peut se libérer de Père, alors je t'en prie : si tu tiens à vivre enfin heureux comme tu le mérites, parle. N'aie pas peur d'ouvrir la bouche maintenant parce que tu ne crains plus rien.
Je sentis son corps se détendre légèrement. Il déglutit et fit face à Potter :
- Non. Ce n'étaient pas que des coups. Parfois il utilisait la magie.
- Vous sauriez citer le genre de sorts qu'il a employé ?
- Doloris... Je me souviens de beaucoup de décharges électriques... Il me lançait parfois des sorts qui m'étouffaient, qui me donnaient l'impression de brûler de l'intérieur...
Vasco avait le souffla court mais il était parti sur sa lancée et ne pouvait plus s'arrêter :
- Un fois, il s'est mit à me lancer des assiettes dessus. C'était il y a deux ou trois ans. L'an dernier, j'ai dû être interné pendant quelques jours parce qu'en me poussant au sol, Père m'avait envoyé frapper l'angle d'une table basse avec ma tête.
Je tournai la tête vers Hannah. J'avais du mal à rester insensible au son de la voix de mon frère qui se brisait. Les images de sa douleur se bousculaient dans ma tête et l'air commençait à me manquer.
Hannah serra ma main et Logan un peu plus fort. Elle se mordit la lèvre et je compris qu'en plus de porter en son coeur le destin de ma mère, elle était prête à nous soutenir aussi pour Vasco.
Elle m'adressa un sourire d'encouragement qui s'évanouit rapidement. Elle était touchée.
Je retournai ma main pour être celui à serrer la sienne. Elle sourit à nouveau et je pus reporter mon regard sur mon frère qui reprenait son souffle après sa tirade.
Les aurors se regardèrent en silence puis s'adressèrent à moi :
- Généralement, le Mangemagot ne s'occupe pas de cas comme ceux-ci mais avec vos souvenirs on peut éventuellement tenter de faire rouvrir le dossier de votre père. La justice est très compliquée. Nous allons vous laisser seuls un quart d'heure, après vous pourrez parler à votre père et ensuite on vous rappellera pour la réponse du bureau.
Sur ce, il se levèrent et quittèrent la pièce.
Le silence s'effondra dans la salle. Vasco enfouit sa tête dans ses bras, sur la table.
Je posai ma main sur son épaule :
- Tu n'as rien à te reprocher, Tête Blonde.
Il ne bougea pas.
- Tu as fait ce qu'il fallait.
Il releva la tête. Ses yeux étaient humides et un faible sourire apparut sur ses lèvres :
- Je ne l'aurais pas fait si tu ne m'avais pas forcé.
- Tu aurais continué à vivre comme ça ? Sincèrement, dis-moi.
Il soupira mais ne répondit pas.
- Vasco. Tu es mon frère. Il était temps de faire quelque chose ou ça aurait fini par empirer. Tu ne voudrais quand même te faire tuer, non ?
Il sourit un peu plus :
- Merci, frangin. Je te revaudrais ça.
Il se redressa et m'entoura ses bras. Je vis du coin de l'oeil qu'Hannah souriait, attendrie et soulagée. Je tendis mon bras droit vers elle et l'attirai contre moi. Nous restâmes dans cette position un long moment, les yeux fermés.
- J'ai faim, lâcha Logan
Nous nous regardâmes et éclatâmes de rire.
- Je vais essayer de te trouver quelque chose, dit Vasco en se levant. Comme ça je peux faire un tour et me changer un peu les idées. Tu viens avec moi ?
Le petit blondinet hocha la tête et prit la main que mon frère lui tenait. Tous les deux sortirent de la pièce, nous laissant seuls, Hannah et moi.
Mon amie sourit :
- Tu es un bon frère, tu sais ?
Je lui rendis son sourire :
- Et tu es la meilleure amie que je n'aie jamais eue.
- Combien de règles ça casse ?
Elle rit.
- Beaucoup, soupirai-je. Quatre minimum. En ce moment, on est contre la règle 5 : ne pas rester seul avec la copine d'un coéquipier.
- Je trouve ce système un peu bête.
- Peut être mais c'est particulièrement rassurant de savoir qu'aucun de tes coéquipiers ne peut être ton rival. Être ennemis alors qu'on est censés collaborer pour gagner, c'est pas souhaitable.
Elle hocha la tête :
- C'est quoi toutes les règles ?
- Tu veux que je te les récite ?
- Ou seulement celles que tu as brisé avec moi.
- Alors... Règle numéro un : ne pas regarder la copine d'un coéquipier.
- Quoi ? C'est complètement stupide !
- Et c'est la plus dure. Deux : ne pas être jaloux d'un coéquipier à cause de sa copine.
- Tu as brisé celle-ci ?
- Pas exactement. Je déteste être célibataire. Je suis donc jaloux de tous ceux qui ont une copine.
Elle hocha la tête.
- Trois : ne pas complimenter la copine d'un coéquipier.
- Raté, plaisanta-t-elle
- Tu l'as dit... Cinq : ne pas rester seul avec la copine d'un coéquipier. Raté aussi. Six : ne pas pas faire de propositions (sortie/contact/autres) à la copine d'un coéquipier. Raté aussi.
- Là ça en fait six de ratées.
- Plus celles que j'ai inventées, on arrive à dix.
- Tu as toujours aimé braver les interdits, on dirait.
Je ris et lui tendis mes bras. Elle se colla contre moi et ferma les yeux.
.
.
Le moment du face à face était arrivé.
Nous entrâmes dans une pièce aux murs vitrés dans laquelle il n'y avait que Père. j'avais insisté pour qu'Hannah vienne avec Vasco et moi mais Logan était resté avec Potter. Il n'avait pas besoin d'assister à ça.
Père nous assassina du regard :
- Alors vous avez décidé d'ouvrir votre bec ?
- C'était mon idée, déclarai-je. Donc si vous voulez décharger votre haine, c'est sur moi qu'il faut le faire et pas sur Vasco.
Mon frère sursauta et me lança un regard paniqué.
Hannah le prit par le bras et l'attira derrière moi, pour me laisser face à mon géniteur.
- Tu as toujours été le plus problématique ! siffla Père. Si les problèmes devaient arriver, c'était toujours de ta faute !
- Ah oui ? m'emportai-je. C'est de ma faute si Vasco aurait pu être tué ?
- Si tu ne lui avais pas empoisonné le cerveau avec tes opinions, je n'aurais pas eu besoin de le faire !
- Vous croyez vraiment que j'allais le laisser devenir comme vous ? On avait assez d'un assassin dans la maison.
- Assassin, hein ? Tu dis ça parce que tu essayes de faire rouvrir mon dossier.
- Vous étiez un Mangemort. Arrêtez de le nier.
- Je l'étais et je ne le nie pas devant toi. Mais la justice est tellement pourrie et incapable que tu ne réussiras jamais à trouver les preuves.
- C'est ce qu'on verra. Je n'ai pas l'intention d'arrêter de me battre.
- Tu vas te battre avec un balai et des balles, Marcus ?
- Non. Je vais me battre avec des mots. Je vais me battre parce que vous nous avez empoisonné l'enfance et que je ne vous le pardonnerai jamais.
.
.
- Flint ! m'interpella Potter avec un rictus victorieux sur le visage. C'était fantastique !
Nous venions à peine de sortir de la pièce vitrée et il m'apostrophait ainsi. Légèrement surpris, je fis :
- Quoi ?
- Ces murs ne sont pas insonorisés. Il y a un sort qui permet d'entendre tout ce qui se dit dans cette pièce mieux encore que si on était à l'intérieur.
- Et en quoi ça fait de moi quelqu'un de fantastique ?
- Tu as fait avouer deux choses à ton père. On sait pourquoi il frappait Vasco et il a aussi clairement dit qu'il était un Mangemort. On a la dernière preuve.
.
.
Vasco lâcha un cri de joie dans le hall du bâtiment des sportifs dans lequel nous venions de transplaner.
Heureux comme jamais, il me sauta au cou et me fit tomber sur les fauteuils de l'accueil. Je ris et je vis Hannah sourire devant la porte.
Kat, Highsigh, Spark, Lloyd et Stir débarquèrent, alarmés par le hurlement de mon frère. Il s'arrêtèrent, une expression hilarante de choc sur leurs visages quand ils nous trouvèrent tous les trois.
J'ignorai les flashs des appareils photo et me relevai. Je saluai les deux joueurs écossais et remis mes cheveux en place.
- C'est drôle, lâcha Dylan. Ce matin tu faisais une tête de six pieds de long et maintenant tu rayonnes. On peut savoir ce qui s'est passé ?
Vasco et moi échangeâmes un regard victorieux et frappèrent dans nos mains, en signe de réussite.
Je me retournai vers mes amis :
- Le cas Flint Père est presque résolu.
Kat et Highisgh sourirent. La jeune fille vint m'embrasser sur la joue, puis fit pareil à mon frère. Hannah posa Logan par terre et ce fut à ce moment-là que Stir la vit :
- Hé ! Qu'est-ce que tu fiches ici, Hannah ?
- Elle est venue m'accompagner à l'interrogatoire, la défendis-je. Donc calme-toi, Stir.
- Et depuis quand elle se mêle de ta vie privée au lieu de rester avec moi ?
- Depuis que je la traite mieux que toi.
Hannah dut se mettre entre nous parce que les poings allaient voler.
- Hé ! Pete, c'est rien... Je me suis occupée de sa mère pour essayer de la sauver, mais je n'ai pas réussi. Je lui dois bien ça !
Stir me lança un regard meurtrier que je lui rendis à l'identique.
- Pete ! Tu m'écoutes ?
- Oui c'est bon. Mais bas les pattes, Flint. T'es peut être mon capitaine mais ne touche pas à mes affaires.
Le visage d'Hannah se décomposa sous le choc :
- Pourquoi tu m'appelles comme ça ? s'étrangla-t-elle
Stir ne répondit pas et se contenta de quitter les lieux à grands pas.
Hannah me regarda, les yeux brillants de larmes. Je soupirai et la pris dans mes bras :
- Ne t'en fais pas. Ce n'était rien.
- Marcus, protesta Spark. N'empoisonne pas les relations entre tes joueurs.
- Je t'ai déjà dit de ne pas te mêler de la façon dont je me comportais.
Mon entraîneur leva les yeux au ciel :
- Lloyd, il a une autre de ses sautes d'humeur. Je vais chercher Peter, je te charge de surveiller que ton capitaine ne fasse pas n'importe quoi.
Quand il fut parti, Highsigh éclata de rire :
- On peut dire que t'as du caractère, Flint. T'es pas du genre à laisser les gens te marcher dessus.
- Il reste une heure avant le déjeuner, nous informa Kat. On peut peut être aller faire un tour en ville.
Hannah se détacha de moi, prit son neveu dans ses bras et me regarda :
- On y va ?
J'acquiesçai.
Nous transplanâmes tous ensemble dans le centre de Manchester sorcier.
.
.
Assis dans les escaliers de la dernière fois, nous discutâmes ensemble pendant une bonne heure. Kat avait la tête sur les genoux de Vasco, Logan était installé sur ceux de sa tante, qui avait sa tête sur mon épaule. Lloyd et Highsigh étaient adossés sur le mur du bâtiment voisin.
Nous parlâmes de Quidditch principalement, de la finale à venir, mais aussi des derniers articles publiés sur moi dans la presse.
Sous peu, les clichés pris dans le hall du bâtiment des sportifs allaient être diffusés et ça allait encore faire du bruit. On me disait déjà avec Katharina Pick ou alors avec Ellen Richards -ce qui en quelque sorte n'était pas si faux. Maintenant on allait se poser la question si ce n'était pas plutôt Hannah Abbott ma copine. Sauf qu'ils avaient trois réponses fausses. J'étais célibataire.
Encore et toujours célibataire.
.
.
- Vire à droite, Lloyd !
J'interceptai le Souaffle et piquai vers le sol.
- Martinson !
Je lui lançai la balle en l'air et il se dirigea vers les buts adverses. J'accélérai et dépassai mon coéquipier par dessous. Dubois se prépara à recevoir le tir de Martinson. Mon coéquipier tira, le gardien des écossais renvoya, je partis en chandelle, pris le Souaffle et tirai dans le but de droite.
Dubois récupéra la balle qu'il avait ratée et me la renvoya dans les mains :
- Si vous utilisez trop cette technique, les Anglais vont vous la prendre.
- Ils ne nous feront pas de cadeaux. On doit trouver une stratégie pour faire le poids contre eux.
- Vous ferez le poids contre eux.
- Pas si ils décident de nous faire payer de leur avoir tenu tête.
- Vous avez fini de parler ? nous interpella Highsigh. La partie est toujours en cours.
Je tirai la balle à Lloyd et annonçai :
- On arrête pour un moment. On s'entraîne non-stop depuis déjà deux heures, c'est l'heure d'un peu de stratégie.
- Attention, Marcus et son grand amour...
- Etirements !
- Je l'avais dit...
Une fois la séance d'étirements terminée, nous revînmes au sol où Vasco et Logan nous regardaient jouer.
- On sait que les Anglais ne feront pas de quartiers pendant la finale. Mais leur technique habituelle de "domination psychologique" ne marche plus sur nous. Comment est-ce qu'ils vont compenser leur absence de jeu d'équipe ?
Mes questions n'obtinrent aucune réponse. Les écossais et mes propres coéquipiers gardèrent le silence.
- Comment est-ce qu'ils ont pu arriver aussi loin sans être capable de jouer autrement que perso ?
Kat et Highsigh se consultèrent du regard, n'ayant aucune réponse.
- Dubois ! interpellai-je le gardien des écossais. Tu as fait passer des épreuves à mcLaggen à Poudlard ?
- Il a essayé une ou deux fois d'entrer, ses deux premières années à Poudlard. Mais on avait besoin de personne, l'équipe était complète.
- Il a toujours été disposé à faire n'importe quoi pour atteindre son but, pas vrai ?
- Qu'est-ce que tu insinues ? demanda Jesse Lowley
- Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond... Et je ne sais pas ce que c'est.
.
.
Je sortis en dernier de ma chambre. Il était huit heures et je devais aller manger. J'avais envie de retrouver Hannah. Mais elle n'était pas encore revenue de Cardiff.
À peine j'eus fermer la porte de l'appartement que je me retrouvai face à Ellen.
- Salut, lâchai-je sans émotions
Elle me tendit un journal. Sorcière Hebdo.
- Quoi ?
- Regarde.
Je n'étais pas en première page mais entre les multiples titres, se trouvait aussi "Nouvel épisode de la vie de Marcus Flint page 16". Je soupirai et allai à la page seize en question.
Une série de photos tapissaient une double page presque entière : Vasco et moi comme des gamins sur les fauteuils de l'accueil du bâtiment des sportifs, Stir et moi en face à face séparés seulement par Hannah, Hannah et moi dans les bras l'une de l'autre, avec nos amis dans les rues et puis seulement un cliché d'elle et moi discutant dans la rue avec Logan dans mes bras.
Le seul texte disait : Marcus Flint, capitaine de l'équipe galloise de Quidditch, a décidément une vie bien remplie ! À peine nous annonce-t-on qu'il part en finale face à l'équipe de Cormac MacLaggen qu'il est déjà embarqué dans une nouvelle série d'événements qui bousculent sa vie privée ! Il a été vu avec son frère Vasco Flint entrer au bureau des aurors de Manchester. Ceci prouverait donc les rumeurs qui disent qu'il aurait traîné son père en justice pour des raisons que la presse n'a pas encore découvertes. On pense qu'il demanderait la réouverture d'un dossier de Mangemort. Mais à peine est-il sorti tout heureux de la police sorcière qu'il se bat avec un de ses coéquipiers, le Batteur Peter Stir pour... une fille ! On...
J'arrêtai ma lecture et soupirai :
- Je connais ma vie, merci. Je n'ai pas besoin de la lire dans les journaux.
- Et des explications ?
- Sur quoi ?
- Cette fille. C'est la même qu'hier. Tu as fini de papillonner entre tes groupies ?
- Ce sont mes amies pas mes groupies, Ellen.
Elle croisa les bras. Je balançai le journal à travers le couloir et soupirai une troisième fois :
- Ecoute, Ellen. Tu as voulu qu'on ne soit plus ensemble. On ne l'est plus.
- Maintenant je veux que tu te remettes avec moi. Donc si on suit ta logique, tu devrais accepter, non ?
- Je sais une chose que je veux pour moi, Ellen. C'est ne plus souffrir. Et je crois que ce n'est pas quelque chose que tu peux m'assurer.
- C'était une erreur de te laisser, d'accord ! Mais on peut toujours revenir sur ses pas et refaire ce qui a été mal fait.
- Seulement si on vit dans le passé, Ellen. Moi maintenant je veux un futur.
.
.
À peine fini de manger, je sortis du bâtiment et transplanai chez mon frère.
J'y retrouvai Hannah. Logan dormait sur le canapé et Vasco dessinait, couché par terre.
Mon amie me sourit.
- Alors ? m'enquis-je. Comment ça s'est passé ?
Elle se mordit la lèvre tout en souriant :
- On a sorti ta mère du coma. Elle avait l'air complètement déboussolée et ne pouvait pas parler mais elle est vivante et en bonne santé. On lui a fait passer des tests pour s'assurer que tout allait bien. Elle n'a subi aucun traumatisme dû à la chute. On a commencé le traitement vers six heures de l'après-midi parce qu'elle a commencé à faire une crise. Pour l'instant on a que des réactions positives. J'ai bon espoir. J'y retournerai demain.
Je la pris dans mes bras et la serrai fort contre moi :
- Merci.
- Arrête de me remercier, sourit-il. Je n'ai encore rien fait.
Je la laissai se redresser et elle continua :
- Elle m'a parlé quand on nous a accordé quelques minutes. Je lui ai raconté ce qui s'est passé depuis qu'elle est dans le coma. Elle a été très contente de savoir que tu étais en finale et elle est fière que vous vous soyez dressés contre votre père. Et...
Elle se mordit la lèvre :
- Elle m'a demandé de veiller sur toi.
- Tu crois qu'on pourra aller la voir ?
- Je ne sais pas. Je te dirai ça demain.
J'allai la remercier mais elle mit son doigt sur sa bouche pour me faire signe de me taire.
- J'ai dit ne me remercie pas.
Je soupirai et sérieusement, plantai mon regard dans le sien :
- J'ai besoin de te demander quelque chose, Hannah.
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est très important.
- Dis-moi...
.
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.
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Tout ça m'a pris la journée ! J'ai failli ne pas pouvoir finir à cause de ma mère mais j'ai réussi et il était temps.
J'avais vraiment beaucoup de retard...
J'espère que vous avez aimé ce chapitre, n'hésitez pas à me dire ce qui ne va pas (étant donné mon retard, j'ai peut être négligé deux ou trois trucs).
Anyway merci à ceux qui ont lu et plus particulièrement à ceux qui laissent des reviews (pour le chapitre 12 : Guest et Kitkat) et laissez-moi vous rappeler que 0 reviews=0chapitre, c'est toujours valable.
Re-merci et à la prochaine (semaine prochaine j'espère) !
^^ ACSD
