- Mais non enfin, ca n'est pas du tout ça ! m'exclamai-je en gommant ce qu'Edward venait d'écrire.
Je lui avais à moitié grimpé dessus, et il devint rouge.
- Ecoute Isabella, je crois que nous devrions travailler sur le bureau, dit-il qu'une voix éraillée.
- Pourquoi Eddy chéri ? Tu as peur que je te saute dessus ? lui souris-je.
- Non, mais je n'arrive pas à me concentrer, souffla-t-il, fébrile.
En effet, nous étions allongés sur son lit, et j'avais pris toutes sortes de positions qui le rendait à chaque fois plus mal à l'aise que lors de la précédente. Cela me faisait rire intérieurement, car Edward n'osait pas clairement me repousser, mais il semblait loin d'être ravi de mes réactions. Je soupirai, faussement triste, et allai m'installer sur l'une des deux chaises qui faisaient face au bureau. Il vint s'installer à côté de moi en quelques secondes, puis fis mine de réfléchir.
- Tu sais, Alice était très déçue que tu ne sois pas venu hier soir.
- Je... J'avais des choses à faire...
- Ah... Je suppose que tu étais occupé avec Stanley. Alors pourquoi tu ne viendrai pas chez moi ce soir ? dis-je tout sourire.
- Et bien... C'est-à-dire que je suis pris aussi ce soir... Tu comprends, avec ma mère, tout ça...
- Ta mère est très gentille, et elle semble m'apprécier, je suis sûre qu'elle acceptera !
En effet, sa mère avait semblé ravie qu'Edward lui ramène une jeune fille à présenter. Apparemment, si son fils avait eu autant de filles dans son lit, ce n'avait jamais été chez lui. Je m'étais tout de suite bien entendu avec Madame Masen, qui m'avait même proposé de rester pour le dîner. Au plus grand désespoir d'Edward, j'avais accepté, ravie de rencontrer ma nouvelle belle-mère. Un éclat avait brillé dans l'oeil de celle-ci à la prononciation du mot, et Edward avait grogné.
- Ecoute Bella, je crois qu'il serait temps que tu rentres chez toi. Je t'appelle demain, d'accord ? me supplia-t-il presque.
- Mais Edward ! Il n'est que dix heures du soir !
- Justement... Tes parents vont s'inquiéter.
Je fis non de la tête.
- Je suis sensée dormir chez Alice ce soir, soutins-je.
- Bien. Alors je vais te ramener jusqu'à chez Alice. Ce n'est pas prudent que tu marches à cette heure dehors.
- Oh, tu t'inquiètes ? demandai-je "ravie".
Il leva les yeux au ciel et me prit par le bras pour m'emmener en bas. Il avait emmené mon sac à dos sur son épaule, et je fis au revoir de la main à sa mère tandis qu'il me jeta presque sur le siège passager de sa voiture. Il s'installa à côté de moi sans me jeter un regard et démarra sa voiture. Ou plutôt essayait-il de la démarrer. Car celle-ci faisait des bruits étranges. Edward essaya de couper le contact puis de redémarrer. Sans succès. Soudain, la réalité me traversa l'esprit.
Si sa voiture ne démarrait pas, Edward n'allait pas pouvoir me ramener chez moi. Il était peut-être idiot, mais pas au point de me laisser repartir seule à pied. Le coin n'était pas très fréquenté, et même s'il ne se passait jamais rien en général, il valait mieux ne pas tenter le diable. Edward en était conscient, voilà pourquoi il s'efforçait, en vain, de faire démarrer sa volvo. Celle-ci cracha puis ne fit plus aucun bruit.
Je m'y connaissais peu en voiture, mais j'étais quasiment certaine qu'il allait devoir payer une fortune pour la faire réparer. J'essayais tant bien que mal de garder mon calme, car je sentais que j'étais prête à éclater de rire. Le conducteur s'énerva sur son volant, puis prit sa tête entre ses mains. Voilà qui signifiait sa capitulation. Il n'était pas au bout de ses peines. Je sentais que pour Edward Masen, la nuit allait être très longue.
Il sortit de la voiture, dépité, et m'ouvrit la portière. Lorsque je sortis, je vis une expression étrange sur son visage. Comme s'il... souffrait. J'arquai un sourcil, en quête d'une réponse, mais il reprit trop vite contenance pour que je puisse comprendre quoique ce soit. Il me prit de nouveau par le bras, mais cette fois, il paraissait moins violent. Il expliqua la situation à sa mère, qui accepta que je reste dormir pour la nuit.
Malheureusement pour Edward, qui avait très peu de chance ces derniers temps, la seule chambre en dehors de celle des deux habitants était occupée par tous les meubles qui appartenaient autrefois au père d'Edward. Il fut alors contraint de m'inviter à dormir dans sa chambre, refusant toutefois de dormir dans le même lit que moi. Il ne m'adressa plus la parole de la soirée, et décida de dormir à même le sol, un plaid posé sur lui.
Bien sûr, je n'avais pas été tendre avec lui. Je lui demandai sans cesse s'il était sûr de ne pas vouloir être réchauffé par autre chose que sa couverture, mais il se contenta de grogner un vague "non merci" avant de se tourner dans l'autre sens. Je n'avais pas arrêté une seule seconde de le taquiner durant toute la soirée, lui imposant des "Eddy chéri, tu me fais la tête ?" à longueur de temps. Evidemment, il ne répondait jamais à cette phrase, faisant semblant de dormir.
Je fermai les yeux vers trois heures du matin, pour m'éveiller à neuf heures trente le lendemain. A cause de la voiture d'Edward, nous n'avions pas pu aller en cours, et n'ayant pas emmené mon téléphone portable avec moi, je n'avais pas pu joindre mes amis pour les prévenir. Mais ils se doutaient certainement qu'il s'était passé quelque chose, car ni Edward, ni moi n'étions apparus le matin alors que nous étions ensemble la veille.
Je me levai habilement du lit de mon "cher et tendre" et entreprit de le faire avant de réveiller l'ours qui dormait au pied du lit. Il semblait avoir très mal dormi, et je pouffai, ravie d'obtenir l'effet escompté. Jamais je n'en avais demandé autant, mais il semblait que le destin jouait en ma faveur. Après avoir fini de faire le lit, je m'accroupis auprès d'Edward et lui déposa un baiser sur le coin des lèvres. Cela m'écœurait, mais sa réaction me fit éclater de rire.
Il sursauta et s'éloigna à un mètre de moi.
- Isabella ? Qu'est-ce que...
- Bien dormi Eddy chéri ? demandai-je en battant des cils.
- Nous devons parler, dit-il sévèrement.
J'affichai une mine étonnée lorsqu'il s'assit sur son lit, me regardant, perdu.
- Ecoute, je crois que tu n'as pas bien dû comprendre... Nous ne sommes pas ensemble... C'était juste... une nuit... C'est tout... souffla-t-il.
- Mais... Comment ça ? Tu veux dire que c'est purement sexuel entre nous ? m'exclamai-je.
- Voilà... répliqua mon interlocuteur, honteux.
Je m'asseyais auprès de lui, et passai un bras autour de ses épaules.
- Ce n'est pas grave Edward, je comprends. Une bonne partie de jambes en l'air n'a jamais tué personne au contraire. Et il se trouve qu'une relation sexuelle entre nous me convient parfaitement. Je veux dire, les bisous tout ça, c'est pour les fleurs bleues. Moi je veux de l'action. Et tu es un très bon coup, soupirai-je faussement rêveuse.
Il écarquilla les yeux d'horreur.
- Mais enfin Bella, je ne veux rien de tout ça ! s'offusqua-t-il.
Je pris une mine indignée, et tournai la tête. J'avais toujours été une excellente actrice, au point où des larmes perlaient à mes yeux. Bon, d'accord. Il fallait avouer que ce n'était pas tout à fait de la comédie. Je jouai peut-être mon rôle à la perfection, mais cela ne m'empêchait pas d'être dégoûtée par le petit jeu qu'il m'avait fait le week end précédent. C'était un garçon que j'avais du mal à cerner, et que j'avais plus envie de détruire qu'autre chose désormais.
Certes, il était plutôt pas mal. Il était sympathique quand il le désirait - c'est-à-dire une fois par an. Mais son air suffisant était bien loin de me convenir, et je voulais lui donner une leçon dont il se souviendrait toute sa vie. Son arrogance allait au-delà de tout, et il était hors de question que je le laisse briser le coeur de toute les filles qu'il croisait, moi incluse. Edward Masen était un macho et il était temps que cela cesse.
- Edward Masen, tu me blesses profondément ! Tu n'imagines pas à quelle point j'étais folle de toi ! J'étais prête à tout pour toi et tu as brisé mon coeur fragile ! Tu sais que je suis malade et qu'il ne faut pas me brusquer, et tu me jettes comme une vulgaire chaussette ! pleurnichai-je.
Son visage se tendis, et il s'approcha de moi.
- Je ne veux pas te blesser tu sais, c'est juste que je n'éprouve rien pour toi. Je croyais que c'était clair depuis le début, tenta-t-il.
Quel salaud ! Il essayait de se faire passer pour innocent alors qu'il était clairement le coupable de l'affaire. Je décidai alors de changer de tactique.
- Ecoute, je suis d'accord avec toi. Mais puisque nous sommes voués à être ensemble pour le reste de la journée, pourquoi ne pas s'amuser un peu ?
- Je ne crois pas que... balbutia-t-il.
- S'il-te-plait, le suppliai-je.
Il hocha la tête en signe de négation, et alla s'installer sur le bureau. Je soupirai, puis allai m'installer à côté de lui. Si je ne pouvais pas encore le torturer par le sexe, j'allai le faire par la biologie. C'était un début fade et peu intéressant, mais un début tout de même. Une heure plus tard, il se creusait toujours la tête sur le même problème. Soudain, j'enlevai ma veste, prétextant avoir trop chaud. Cela ne posa aucun problème à Edward, jusqu'à ce que je me retrouve à demi-nue devant lui.
- Bella, qu'est-ce que tu fais ? s'exclama Edward tandis que je me mettais à califourchon sur lui.
- Ca ne se voit pas ? lui demandai-je aguicheuse.
- Je t'en supplie, Bella...
- J'ai envie de toi, là, maintenant, tout de suite.
Je vis un éclat étrange passer dans ses yeux, puis, sans que je m'y attende, il plaqua ses lèvres contre les miennes dans un élan d'envie. Il ne me fallait que cela pour que mon plan fonctionne. Il était en train de tomber dans le panneau, et il ne s'en rendait même pas compte. Ne me connaissait-il donc pas pour croire que j'étais naïve à ce point ? Lui comme moi savions que je le détestais au plus haut point.
Il détacha mon soutient gorge en quelques secondes, et me porta jusqu'à son lit. Il continuait toujours à déposer une myriade de baisers dans mon cou lorsqu'il m'allongea sur le lit. Il enleva habilement son sweet, ainsi que son jean, et alla fouiller dans ses tiroirs, sûrement en quête d'un préservatif. Je dus me concentrer pour éviter de craquer. Certes, avoir des rapports sexuels avec Edward Masen était loin d'être une torture, il fallait en convenir.
Cependant, je n'oubliai pas la personne qu'il était. Et que ce n'était pas de l'amour qui nous unissait, mais plutôt de la haine réciproque. Pourtant, je sentais qu'il me faisait vibrer. Je sentais un lien fort se tisser entre lui et moi. Mais je n'arrivais pas à mettre le doigt sur ce le nom de cette union si étrange. Je ne savais pas non plus si j'avais véritablement envie de le savoir. Nous étions jeunes, et nous étions sûrs de nous.
Nous étions sûrs chacun de notre côté de berner l'autre. En réalité, ce n'était pas tout à fait ça. Sans pouvoir l'expliquer, nous étions obsédés l'un par l'autre, il nous était tout bonnement impossible de ne pas penser à ce que pensait ou ressentait l'autre. Pourtant, la seule manière dont nous étions capables de nous entendre était sur le fait de nous rendre mutuellement la vie impossible. C'était étrange, mais cela nous convenait.
Il enleva le string que je portais et se déshabilla entièrement. Il semblait pressé, avide de mon corps. Il ne pouvait détacher ses yeux de celui-ci, et semblait pris d'une fièvre incontrôlable. Il vint sur moi, et commença à me prendre sauvagement. Je ne pouvais nier qu'il était vraiment un bon coup. Je m'accrochai à son cou, le mordillant dans le cou, sur les épaules, le griffant dans le dos, sur les homoplates.
Il poussa en moi et je ne pu retenir un gémissement de plaisir. Cela sembla l'encourager car il recommença, et cette fois, il m'accompagna. Il me faisait frémir à chaque coup de rein, et je l'incitai à y aller plus fort, plus vite à chaque fois. Il m'agrippa les cheveux et je criai, ébahie par cette sensation qui m'était encore inconnue. Il me procurait un plaisir indescriptible. Je l'embrassai fougueusement, titillant sa langue de la mienne, cherchant avidement à lui faire sentir cette jouissance extrême.
Il gémit de nouveau, et je le crus au supplice. Il devint plus violent, accélérant la cadence, soudainement pressé de finir son oeuvre. J'explosai enfin, et ses cris se mêlèrent aux miens quelques secondes plus tard. Il se laissa choir sur moi, nos respirations encore très irrégulières par nos ébats précédents. Je souris quand il se ressaisit et se rhabilla en vitesse. Il pinça les lèvres, et me regarda dans les yeux.
- Je vais te ramener chez toi Isabella. Il fait assez clair pour que nous marchions, dit-il d'une voix cassante.
Certes, j'avais gagné la bataille. Mais j'étais loin d'avoir gagné la guerre. Qui de l'un ou de l'autre allait remporter la partie ?
