Titre : Serpentard & Serpentine
Genre : Slash, Romance, Post Poudlard, Drama, Humour.
Rating : M (mais pas pour tout de suite n.n'')
Disclamer : Les personnages ainsi que les lieux ne m'appartiennent pas ; ils sont la propriété de J.K Rowling.
Note de l'auteur : Voici le chapitre 12, qui n'est malheureusement pas corrigé... Je n'ai pas de nouvelles de ma bêta. Donc je m'excuse pour les fautes. J'essayerais de le corriger dans la semaine. n.n
Aussi non, bonne lecture.
Enjoy ! \(n.n)/
Chapitre 12
Esprit En Perdition
« Draco ! Draco, réveille-toi ! »
Les yeux ensommeillés s'ouvrirent doucement et papillonnèrent l'espace d'un instant. Hagards, ils parcoururent avec lenteur la chambre avant de finalement se fixer sur lui. Lorsqu'un sourire illumina le visage endormi de sa Némésis, le cœur de l'auror manqua un battement. Une chaleur inconnue se propagea alors dans son corps et chauffa cet organe, sous sa poitrine, qu'il savait assoiffé d'amour. Troublé par les réactions de sa propre chaire, Ron secoua énergiquement sa tête comme si les tremblements qu'il faisait subir à son esprit suffisaient à alimenter l'oubli et inspira. Il noya ses poumons sous un trop plein d'oxygène avant d'expirer sourdement lorsqu'il sentit ses bronches s'incendier.
Le roux adressa un sourire incertain à sa Némésis qui le fixait de ses yeux impétueux puis s'installa dans les vallées moelleuses du matelas, au bord du lit. Cet homme-enfant allait causer sa perte… Sa main qui s'était posée près du corps étendu du blond se fit happer par de fines mains agiles qui la déposèrent sur un visage apparemment en manque de tendresse. Les doigts de l'auror se firent obéissants et glissèrent sur la peau lunaire dans d'agréables et douces caresses. Ce petit témoignage d'affection sembla ravir Draco qui ferma ses yeux ensommeillés. Pourtant, les mains pâles, loin d'être paralysées, saignaient de leurs ongles les plaies qui brûlaient son corps malade.
« Il faut que tu arrêtes de te gratter ! », s'exclama l'auror en éloignant les griffes des blessures. La peau albâtre n'était plus qu'un champ de rainures rouges. « Ce n'est pas des ongles que t'as, c'est des serres ! » grogna-t-il en inspectant les mains du blond. Celui-ci se contenta de lui envoyer un regard sceptique qui le fit sourire malgré lui. Ces œillades ressemblaient tellement à celles de l'époque…
Ron perdit une dernière fois sa main dans les cheveux blé de sa Némésis puis avec douceur enlevant le drap qui couvrait le bas ventre et les jambes blanches. Tout en s'obligeant à ne pas s'attarder sur cette partie qu'il savait entourée de poils blonds, Ron attrapa les bras frêles puis les passa autour de son nuque. « Je vais te faire couler un bain bien chaud pour stopper les démangeaisons. »
L'ancien Griffondor emprisonna les genoux de sa Némésis dans une forte poigne et sans effort, la souleva. La facilité avec laquelle il le porta lui serra le cœur et le fit refermer inconsciemment son étreinte. Malfoy avait pris du poids depuis son arrivée mais ce n'était toujours pas assez. Ses côtes si elles n'étaient plus saillantes se devinaient toujours sous la peau laiteuse…
« Je le pèserais tout à l'heure. », murmura-t-il pour lui-même en jetant un petit coup d'œil à la tête blonde qui venait de se nicher au creux de son cou.
Sous les petits grognements encore endormis, Ron traversa le couloir en grandes enjambées puis passa la porte de leur salle de bain. Il fit ensuite assoir Draco sur le comptoir près de l'évier et sans jamais le lâcher, actionna la robinetterie de la baignoire. Reportant son attention sur sa Némésis, l'auror ne put que ricaner devant l'ex-prisonnier qui luttait pour garder ouverts ses grands yeux ouverts.
Quand l'ancien Griffondor plongea le corps encore engourdi de sa Némésis dans l'eau tiède il fut accueilli par de grandes slaves de vapeur. Délicatement, Ron déposa la nuque gracile de Draco sur le bord de la baignoire puis s'installa sur le tapis. Après avoir ajoutée des petites bulles parfumées dans le bain, il observa le blond se détendre dans le bain. La mousse magique serpentait le long de son corps dans de douces caresses qu'il savait électrisantes. La bouche en cœur et les yeux fermés, Draco semblait s'apaiser et prendre un réel plaisir. Pourtant son attitude sereine le laissait dubitatif. Ne devrait-il être anxieux ? Perturbé par son agression ? Traumatisé par la violence du sort ? On venait t'attenter à sa vie et Ron n'avait détecté aucun changement dans son comportement. Pas la moindre peur ni faiblesse. Cette indifférence et ce stoïcisme ne le rassuraient en rien.
« Draco, tu vas bien ?…. Tu n'as pas peur ? », finit-il par demander au bout que quelques instants, la tête au-dessus de l'eau.
Malfoy ouvrit lentement ses paupières puis posa ses yeux sur lui, interrogateur.
« Tu sais, tout à l'heure dans le jardin… »
L'ex-prisonnier après un moment de réflexion secoua la tête. Loin de se contenter de cette brève réponse, Ron réitéra sa question.
« T'es sûr ? »
Draco avança ses mains sur ses avant-bras et pressa légèrement sa peau pygmée dans un geste rassurant. Il frotta affectueusement le bout de son nez contre sa chair puis releva la tête.
« D'accord, j'ai compris. » chuchota Ron en posant son front sur celui du blond. Il ferma les yeux et soupira. « Tu me feras un dessin avant d'aller te coucher d'accord ? »
Draco lui fit un magnifique sourire et hocha énergiquement la tête. Les dessins étaient aussi importants à l'un qu'à l'autre : tandis que le blond s'exprimait à travers ses personnages et ses paysages, Ron, lui, essayait de le comprendre.
Sans paroles… Seulement avec des gestes plus ou moins manifestes et des crayons.
Parce qu'inconsciemment, Draco couchait son âme sur les feuilles blanches : il y dessinait ses peurs, ses angoisses, ses joies, ses envies, ses affinités…
Tous ses dessins, Ron les rangeait précieusement dans un classeur qu'il espérait montrer à Blaise plus tard. Pour avoir son avis. Pour qu'il découvre les faces cachées qu'il n'avait su décrypter.
L'auror caressa sa nuque du bout des doigts puis embrassa doucement le front du blond.
« On va se laver maintenant. Mais cette fois-ci, ce ne sera pas le gant magique qui te frottera le corps. », lui annonça doucement l'auror. Sa rugosité et son manque de tendresse risqueraient d'aggraver ses plaies. En effet, les blessures étaient bien trop nombreuses et la peau trop sensible pour être laver par l'objet animé. Alors pour la première fois de sa vie, Ron allait devoir abandonner ses sorts de félicité et user de ses mains.
« Draco, tu peux me passer la bouteille bleue s'il te plaît. »
« Non, l'autre chaton. », reprit l'auror en lui désignant le deuxième flacon sur sa droite. Draco attrapa le shampoing et le donna docilement à Ron qui lui rendit son sourire avec exactitude.
« Merci. »
Ron tartina les cheveux du bond avec la lotion en la faisant bien pénétrer de la racine aux pointes. Il prenait soin de ces cheveux dont il admirait la blondeur et la douceur. C'était bien le seul héritage que le avait laissé Lucius dont sa Némésis pouvait être fière. Quand l'ancien Griffondor n'eut plus aucune parcelle de chevelure à masser, il passa au reste du corps.
« Lève-toi, Draco, il faut que je te lave. » lui demanda Ron en lui enlevant de la mousse qui menaçait de lui tomber dans les yeux.
A sa grande surprise, Draco rougit et secoua la tête. L'auror fronça les sourcils.
« Comment ça, non ? »
Le rougissement des joues pâles s'étendit jusqu'à la base de la nuque.
« Draco, tu veux pas que je te lave ? » demanda l'auror, dépassé.
Mais l'ancien Griffondor n'eut pour réaction qu'une réponse négative.
« Bah, alors, c'est quoi le problème ? »
Quand Draco remonta ses genoux contre sa poitrine et cacha son visage à l'abri de son regard, Ron comprit. Il ne manquait plus que ça… Voilà qu'après l'avoir lavé un nombre innombrable de fois, Malfoy devenait soudainement pudique.
« Draco… Draco… Draco… Je t'ai déjà vu nu, tu sais… », souffla l'auror en déposant sa tête sur le rebord de la baignoire. « On est fait pareil, Draco. Faut pas avoir honte. » continua Ron. « T'aurais préféré que ce soit Hermione qui te lave ? »
Pour le coup, ses paroles firent réagir sa Némésis qui se redressa vivement et le darda d'un regard noir.
« D'accord, pas Hermione. », rit-il, amusé. « Alors on fait comment ? Tu veux te laver tout seul ?»
Draco secoua négativement la tête, le regard toujours bas.
Ron avait une petite idée mais elle était quand même un peu osée et pas très correcte. Toutefois, si à la vue d'un autre corps nu, Draco se détendait, il n'y avait pas à tergiverser. Alors Ron ôta son Marcel et descendit la braguette de son pantalon.
Il finit de se déshabiller sous les yeux ronds mais attentifs de sa Némésis.
Ron ouvrit ses bras. « Je suis fait exactement comme toi. »
L'ancien Griffondor regarda le blond qui lui par contre ne leva pas la tête. Ses yeux étaient ancrés sur lui et fixait sans gêne son sexe.
« Draco, on ne fixe pas comme ça l'oiseau des messieurs. Et puis je te signale que tu as le même. » signala l'auror en s'accroupissant derrière la baignoire pour se soustraire des yeux curieux, le rouge aux joues.
POV Draco
Draco regarda Ron, dubitatif. Son rouquin mentait. Il n'était absolument pas fait de la même manière. D'abord, Ron, lui, il pouvait soulever des montagnes d'une seule main et courir plus vite que la lumière. Il avait même des supers pouvoirs ! « Et puis il est aussi très très très très très très très beau ! » pensa-t-il en rougissant davantage. Lorsque le roux enleva son T-shirt, Draco n'eut plus aucun doute.
Ron possédait de larges épaules blanches et de beaux bras musclés parcourus par de jolies tâches de rousseurs. Draco, lui, en comparaison avait la carrure d'un spaghetti : un buste fin, des hanches de filles et pas le moindre muscle. Il se trouvait trop effacé, trop fragile comme une petite chose maigre insignifiante.
Le blond passa une de ses mains sur son ventre. Il ne sentait pas un seul ronflement ni l'ombre d'un abdos sous ses doigts : son estomac était plat, limite creux. Il n'était pas dessiné comme celui de Ron où l'on pouvait apercevoir une belle tablette de chocolat appétissante. Même sa peau était différente. Là où le roux avait un épiderme clair légèrement bruni par endroit, lui n'avait qu'une peau jaune, cireuse presque maladive.
Quand le pantalon rejoignit le marcel à terre, Draco se rembrunit encore plus. Pourquoi n'avait-il pas des jambes aussi galbés et puissantes ? Pourquoi n'avait-il que ses fils de fer filiformes ? La nature était vraiment mal faite ! Le monde était injuste.
Et puis Ron enleva le dernier bout de tissus qui cachait son corps…
C'était gros et long… Rien avoir avec le sien qui était petit et court.
« Draco, on ne fixe pas comme ça l'oiseau des messieurs. Et puis je te signale que tu as le même. »
Non, Draco n'avait définitivement pas le même.
Le blond aperçut son reflet dans la grande glace qui habillait le mur de droite.
Si son rouquin brillait comme un soleil, lui, était aussi terne qu'une nuit sans lune.
Eteint, fade, sans saveur.
Hideux.
Son corps n'était que la représentation humaine de ses roches qui façonnaient les murs d'Azkaban : pointues, sales, nauséabondes, célèbres par leur absence de beauté. Draco ressemblait à une nature morte.
Il était moche…
Il avait honte.
Fin POV Draco
Ron vit avec étonnement le visage de Draco s'assombrir jusqu'à ce qu'il baisse complètement la tête et perde ainsi son regard nuageux.
« Draco, ça va ? »
Le blond hocha doucement la tête mais ne releva pas pour autant son visage.
« Je peux te savonner, maintenant ? »
Sa Némésis ne lui répondit pas, le visage toujours bas puis finit par hocher la tête une seconde fois.
« Bien. N'hésite pas à me dire si je te fais mal. » prévint l'ancien Griffondor en soulevant sa Némésis qui étrangement ne rechigna pas.
Ron attrapa le gel douche dans ses mains puis appliqua avec douceur le liquide fruité sur le corps du blond. Il prit bien soin de contourner les blessures le long de ses jambes et sur son torse pour ne pas stimuler les plaies puis lava son corps avec patience.
Quand il eut nettoyé toutes les zones délicates, il s'attaqua au reste. Sans trop réfléchir, il passa ses doigts sur le sexe de sa Némésis en gardant son regard fixé sur la nuque du blond et nettoya ses bourses sommairement avant de s'égarer vers l'intérieur des cuisses. Il aurait aimé stopper multitudes de pensées qui s'abattaient sur lui comme un raz de marais et la chaleur qui commençait à lui embraser les reins. Mais quand Ron sentit malgré lui, la respiration chaude et courte de sa Némésis souffler sur son épaule, l'ancien Griffondor mit rapidement un terme à l'action de ses doigts. Les joues légèrement rouges, le roux rinça, gêné, les dernières traces de mousses sur le corps du blond. Pourtant, malgré son embarras, Ron remarqua ce visage bas qui fixait obstinément le seul et cette attitude passive.
Pendant toute la procédure, Draco n'avait pas une seule fois relevé la tête, ne bougeant que lorsque Ron le lui demandait. Il se laissait faire, comme une poupée de chiffon, sans souffle, ni vie, complètement vide.
Soupirant, défaitiste, l'ancien Griffondor sortit le blond de la baignoire puis le sécha doucement avec une serviette propre. D'ordinaire lorsqu'il lui ébouriffait les cheveux, l'ex-prisonnier émettait toujours un petit rire ou un ronronnement de contentement. Mais aujourd'hui, sa bouche resta indéniablement close.
« Draco, qu'est-ce qui se passe ? » souffla l'auror en cherchant le regard du blond qui le fuyait sciemment. « Ton corps te fait mal ? »
Le blond ne répondit pas.
« Draco… »
Ron prit le menton de sa Némésis entre ses doigts et obligea les orbes gris à le regarder. Après trente seconde de combat oculaire, l'ex-prisonnier abandonna et secoua lentement la tête.
« D'accord … Quelques chocogrenouilles te feraient-elles plaisir alors ? »
L'habituel sourire auquel il avait le droit dès qu'il évoquait ces chocolats se perdit dans l'espèce de grimace que lui adressa Draco en signe de réponse.
Ron observa inquiet, cet air triste et résigné ancré sur ce beau visage. Que s'était-il passé en l'espace d'une minute dans cette petite tête pour que soudain Malfoy lui fasse une grosse déprime ?
XxXxXxX
« Ça fait combien de temps qu'il est là ? »
Hermione avait rejoint Ron sur la terrasse, à la clarté de la lampe, lumière qui adoucissait les ombres mouvantes du jardin.
« Une heure… », souffla l'auror, las et perdu.
Au milieu de l'herbe haute, à l'exact endroit où Ron l'avait trouvé la vielle, tâché de sang, se dressait dans toute sa fragilité sa Némésis.
Immobile et statique.
Silencieuse.
La nuit était douce en ce mois d'avril. L'air était suffisamment chaud pour que la petite brise qui soulevait doucement les branches ne soit qu'une douce caresse qui flattait agréablement la peau. Au loin, les bouderies du vent faisaient danser dans un enchainement hypnotique les mèches d'or de sa Némésis. Cette vision aurait pu être agréable si un sourire avait ravagé les lèvres pulpeuses et mouillée par une langue impatiente. Mais c'était un dos que l'auror fixait depuis une heure.
Ron n'avait pas osé aller le voir. Il avait l'impression que la mine grave qui s'était imposée sur le visage pâle n'était que le reflet d'une profonde interrogation. Et l'ancien Griffondor, malgré ses envies, respectait ce désir de solitude.
« C'est l'attaque qui le perturbe ? », lui demanda Hermione, rompant de sa voix lisse et curieuse, le silence songeur qui s'était imposé entre eux.
Ron tourna légèrement la tête et toisa de ses yeux bleus lagons le visage de la jeune femme. Il s'y attarda quelques secondes puis reporta son attention sur la fragile silhouette.
« Je sais pas… Il pleurait quand je l'ai ramassé dans l'herbe après l'attaque. Il s'est vraiment accroché à moi avec désespoir. Et puis quand il s'est réveillé… »
L'auror marqua une pause, cherchant ses mots. Il n'arrivait pas à comprendre, il n'arrivait plus à sonder l'esprit du blond. C'était comme si, depuis quelques jours, ses pensées se faisaient incohérentes, dans une langue, que seul lui, pouvait traduire.
« J'ai l'impression qu'il… qu'il a oublié l'agression. Il… »
Hermione ne fit que constater la peine avec laquelle son mari parvenait à organiser ses idées. Ron semblait réellement dépassé par les évènements et ce trouble, si perceptible dans les yeux de son mari, la réconforta dans son idée. Pourtant, il ne lui fit pas part de ses doutes et de ses interrogations puis poursuivit habilement le fil de la conversation.
« Mais alors pourquoi, il est là ? » répliqua-t-elle en pointant du doigt Malfoy. « Pourquoi il regarde l'herbe depuis une heure ? »
« Oh… C'est à cause de l'oiseau, je pense. Et c'est ça qui me choque le plus » continua-t-il en caressant inconsciemment le bout de ses chaussures. « Il a l'air plus tourmenté par la mort de ce putain de volatile que par sa propre agression ! »
« Un oiseau ? »
Ron hocha lentement la tête et redressa son cou. « Hier soir, je l'ai trouvé dans le jardin tout ensanglanté. Il avait essayé de ranimer les restes qu'une charogne avait laissés. Je crois qu'être confronté si brusquement à la mort l'a secoué.»
« Il est tellement instable… », murmura-t-il faiblement.
Hermione, à ses côtés n'ajouta rien. Ils se laissèrent bercer par la douce brise qui soupirait de tristesse, détaillant sans comprendre la silhouette dans le jardin.
Puis au bout d'une dizaine de minute où on entendit que le souffle mêlé de leurs respirations, l'avocate se leva rompant ainsi l'harmonie hostile qui s'était établie. Cependant, avant de disparaitre dans la chaleur bienfaitrice de la maison, elle ajouta :
« Tu devrais peut-être aller le chercher… Le repas va être froid sinon. »
Ron hocha mécaniquement la tête et se leva à son tour. Il s'avança, les mains dans les poches, dans les profondeurs du jardin et atteignit le blond en quelques pas incertains. Ron se posta derrière et l'observa de dos.
« Je l'ai enterré au fond du jardin. Près du petit pommier. »
Draco ne sursauta pas à l'écoute de sa voix et se contenta de l'ignorer.
« Draco… Ça ne sert à rien de rester planter là. Viens. », souffla-t-il en lui tendant la main.
L'auror dût attendre quelques secondes supplémentaires avant que des doigts fins ne se glissent dans sa paume rugueuse et qu'il ne puisse ramener un petit prince perdu dans la lumière rassurante de la chaumière.
XxXxXxX
POV Draco
Malgré l'heure avancée de la nuit, Draco ne dormait pas. Ses yeux grands ouverts, voilés par un film d'obscurité, scrutaient la porte entrouverte avec mégalomanie.
Il entendait des voix. Des petites voix douces et suaves qui l'appelaient, qui essayaient de le charmer. Des voix qui se glissaient dans l'air. Elles lui disaient des choses. Des choses étranges. Et ces voix… Ces voix qui semblaient se faufiler à travers l'ouverture de la porte étaient de plus en plus dangereuses.
Elles susurraient des mots, des phrases sans sens, dans une langue étrange aux syllabes rondes et mélodieuses. Pourtant, ces voix, désordonnées, qui murmuraient dans une belle cacophonie des ordres et des conseils ne lui faisaient pas peur. Il n'avait pas peur.
Draco ne sut quel murmure le décida à se lever mais il quitta avec un certain détachement la chaleur étouffante des draps pour la fraicheur hostile du couloir. Il longea le corridor caressant de la pulpe de ses doigts la rigidité des murs, suivant d'un pas chaloupé les voix qui se déplaçaient à travers les parois. Alors qu'elles allaient l'emmener dans la cage d'escalier, le blond s'arrêta devant la porte de la chambre de Ron. Il flatta la boiserie de la lourde puis sans un bruit, il l'ouvrit et se glissa à l'intérieur.
Il la vit dans le lit, assoupi dans la couche qu'elle partageait apparemment avec son roux. Ses cheveux attachés dans une couette serrée lui chatouillaient le cou de leurs reflets bruns. Sa respiration lente et ses cils clos, sa poitrine lâchée, emmaillotée dans une nuisette légère ne conférèrent au blond pas le moindre adoucissement d'âme.
Aussi silencieusement qu'il est venu, Draco quitta la pièce et rejoignit les voix qui l'attiraient vers l'extérieur.
XxXxXxX
Quand il arriva au fond du jardin, Draco perçut dans le renforcement d'un arbre, une ombre humaine. Mais cette fois-ci, la silhouette était bien réelle et matérielle ce n'était pas l'un de ses esprits malin, sans visage qui venaient parfois le visiter lorsqu'il était enfermé entre les pierres grises. Les contours de la silhouette étaient ronds, tous en bonhomie et le blond, crut percevoir dans les ténèbres, les vestiges d'un sourire. L'ombre n'avait décidément rien d'hostile… L'étranger s'avança dans la lumière du ciel et l'ancien Serpentard fut secoué par d'imperceptibles frissons. Ce visage… Il lui disait quelque chose.
« Tu te souviens de moi ? »
Draco hocha vaguement la tête.
« Tu m'as déjà vu mais tu ne sais pas qui je suis, n'est-ce pas ? », demanda l'inconnu d'une voix malicieuse.
Acquiesçant, l'ancien Serpentard toucha machinalement sa marque sur son bras.
« Pourtant, je t'ai vu deux fois aux cours de ce mois… »
Relevant la tête, l'ancien Serpentard toisa avec interrogation l'inconnu entre les branches. C'était pas possible… Il n'avait jamais rencontré cet homme. Il ne l'avait jamais vu entre les murs de la bâtisse.
« Tu veux bien répondre à mes questions, Draco ? »
Supris par une telle question, le blond se pinça les lèvres et tourna légèrement la tête vers la maison puis après quelques instants où ses pensées voguèrent vers son beau roux endormi, il reporta son attention sur l'homme qui s'était subtilement approcher de lui.
« Es-tu proche d'Hermione, la jeune femme qui vit dans cette maison ? »
Draco ne put s'empêcher de grimacer. Bien sûr que non ! Elle était bien trop proche et bien trop présente dans la vie de son roux pour qu'il ne lui accorde quelque chose d'autre que du dégout et de la rancœur !
« D'accord… Alors tu es peut-être proche de Ronald Weasley, l'homme qui s'occupe de toi ?
L'ancien Serpentard ne put s'empêcher de rougir mais alors qu'il allait acquiescer farouchement, des flashs du bain lui abrutirent momentanément le cerveau. Il se revoyait, dans l'un de ses miroirs, décomposé, pourri et laid. Comment quelqu'un pourrait vouloir être proche de lui s'il renvoyait en permanence cette image ? Draco ne sut que répondre.
« Il te touche les lèvres ? Draco, est-ce qu'il t'embrasse ? »
Le blond baissa piteusement les yeux et secoua négativement la tête, soudainement gêné.
« Alors il est trop tôt pour que tu te souviennes… », souffla d'une voix où perçait le désappointement. « Je reviendrai Draco… », ajouta-t-il quand le vent commença à brusquement souffler avec davantage de force. « Je reviendrai…»
Sa voix résonna dans les oreilles du blond dans de longs échos alors qu'il regardait avec fascination l'étranger s'effacer dans un tourbillon d'air.
À suivre…
Voilà pour ce chapitre 12. =D
Je viens de me rendre compte que je détaille une journée en trois chapitre xDD (le prochain sera dans la cotinuité de celle-ci). C'est important, mais c'est vrai que je détaille peut-être un peu trop... x)
Je vous retrouve le weekend prochain. =)
Votre patate dévouée,
The Last Day.
Réponses aux reviews anonymes
Nina : Oups ! x) Oui, en effet. J'ai corrigé. Merci pour ta remarque. =)
Lalouve : En effet, j'ai un accélarteur de temps. xDD Je vais corriger. x)
