Chapitre 9 (Suite)
Holic's PoV 7h30
Un immense champ de fleurs dévasté. Des roses, des jonquilles, des tulipes, des fleurs de champs de tous types. Tout est détruit. Même le lac d'eau pure s'est évaporé. Il ne reste plus que des cendres. De la terre grise et noire. Je tombe au sol. Impuissante. Je n'ai rien pu faire. Je n'ai rien pu empêcher. Tout est de ma faute. Si seulement j'étais arrivée plus tôt...
Mais il est trop tard.
Des ombres sont près de moi. Elles m'entourent. Je n'ose même plus me relever. Je sais pourquoi elles sont là. Je sais pour qui elles sont là. Elles sont là pour se venger. Se venger de moi. De ma voix destructrice.
Il y a quatre ombres. Je relève un peu la tête pour tenter de voir leurs visages, mais je ne peux distinguer que leurs yeux. Vert émeraude pour l'une d'elles, rouge grenat pour une deuxième, violet foncé pour la troisième...
Mais je ne sais pas la couleur des yeux de la quatrième ombre. Je ne sais plus ce qui se passe quand ils abattent leurs armes respectives sur moi. Je ne sais plus rien. Tout devient noir...
Holic...
Même mon nom tombe dans l'oubli des ténèbres. Je ne peux plus me souvenir de rien. Je ne veux plus me souvenir de rien...
Holic.
Je suis désolée de te laisser seule... Sylphie...
«Holic, bon sang, réveille-toi!»
Je suis brutalement sortie de mon cauchemar par ma sœur, qui me secoue pour me réveiller. Je n'étais donc qu'en train de faire un cauchemar. D'un côté, je suis rassurée, mais... Cela me semblait si réel... Je reviens à nouveau dans le monde des vivants en entendant la voix ensommeillée de Zélos dire derrière moi: «Eh bah, la prochaine fois que tu fais un rêve mouvementé, préviens-nous, qu'on mette des boule quiès!»
«-Je suis désolée...», murmurai-je, confuse, tandis que je me relève, permettant à ma sœur de s'étirer longuement et de partir chercher de quoi préparer le petit-déjeuner. Pendant ce temps, Zélos me fait un grand sourire satisfait.
«-Ne t'inquiète pas pour moi, petit bouton de rose, je t'ai déjà dit que je n'avais pas besoin de sommeil... Même si m'assoupir un peu avec cette superbe créature»-il passe son bras autour des épaules de Kyo-chan, laquelle pique un fard monumental- «a été un vrai délice.» Il fit une petite pause, avant d'ajouter, son large sourire se transformant peu à peu en un rictus: «Mais ce n'est pas à moi qu'il va falloir présenter des excuses.»
«-Comment ça?»
«'Va y avoir un meurtre, tu crois, Karst-kun?», demande Mithos, assis sur les genoux de cette dernière et commençant déjà à se goinfrer de pop-corn. S'attendant sûrement à une jolie petite scène d'action.
«-Peut-être bien, mon cher...», réplique celle-ci, un petit sourire aux lèvres.
(Trente secondes plus tard, un hurlement résonne dans tout l'hôtel...)
Garet's PoV
J'appuie désespérément avec ma main droite sur la première chose qui passe à ma portée, en espérant que cela fera arrêter ce bruit. Avant de me rendre compte que tout ce que je suis en train de taper, c'est la tête ensommeillée de Pavel. Qui était en train de dormir. Arrêtant mon geste avant de le réveiller (Et Sol seul sait qu'un Pavel énervé fait très mal...), je quitte le lit, suivi par les regards de Piers et de Lina, eux aussi sortis en sursaut des bras de Morphée et complètement déboussolés, et me dirige vers la porte.
Avant que plusieurs des Djinns ne se mettent en travers de ma route et m'empêchent de passer. Ils font signe qu'il vaut mieux que nous ne risquions pas notre vie en sortant de la pièce tant que le danger ne sera pas passé.
«-De quel danger voulez-vous parler?», demande Lina. A ce moment précis, j'ai l'impression qu'un troupeau de chevaux passe dans le couloir, tellement tout tremble.
Bou diou, mais qu'est-ce qui se passe ici? Oô
Yuan's PoV
«Gné?», fait très intelligemment Kratos, émergeant du monde des rêves. Sheena, apparaissant de sa chambre en ouvrant la porte, ne semble pas prêter attention au fait que le mercenaire est blotti contre moi (à vrai dire, je fais semblant de dormir depuis tout à l'heure, et j'ai vraiment la flemme de bouger depuis), mais jette un coup d'œil dans la chambre et s'étonne de l'absence du philanthropique roux.
Kratos lui fait signe qu'il est descendu et se rendort aussitôt. Punaise, je ne pensais pas l'avoir autant crevé, moi... Gniark
Un bruit retient soudain mon attention. Quelque chose dans le couloir arrive. A toute vitesse. Précédé par un cri aigu.
Mieux vaut ne pas bouger. Je ne la sens pas cette affaire...
«-Holic va se faire tuer?», demande Akuma, s'asseyant sur son lit. Baiken esquisse un sourire machiavélique à cette remarque.
«-Tu veux parier combien?»
Raphaël's PoV
(Pendant ce temps-là, Lyude et Folon s'étaient réveillés peu avant sept heures, et étaient en train de déjeuner quand arrivent dans la cuisine Zap, Raphaël et Giacomo.)
«Joyeux Noël!», claironna la jeune demoiselle, son bonnet de Noël toujours vissé sur la tête. Elle courut donner deux cadeaux, le premier ayant la forme d'une petite boîte emballé dans du papier velours pour le roux, le deuxième étant un bracelet runique pour le disciple de Giacomo (qui tire exactement la même tête que son maître, c'est-à-dire «Non mais c'est quoi Noël? Oô» C'est superbe à voirn.n)
Le temps que nous nous installions pour petit-déjeuner en attendant les autres...
... que Lyude découvre des pendants en turquoise ...
(«Oh, c'est trop mignon!», dit Lyude)
... et que celui-ci se lève pour aller remercier Zap...
(«Fais gaffe, ta fiancée va être jalouse...», remarqua Folon en avalant sa treizième tartine de Nutella sous le regard courroucé de Giacomo)
... la porte, qui était restée ouverte, laisse apparaître Sylphie, qui se guidait visiblement à travers l'hôtel soit avec l'odorat (Giacomo a dû deviner mes pensées, car il fait main basse sur le pot de Nutella et défend à Folon de le toucher), soit à l'ouïe, avec tout le bruit que Zap fait depuis tout à l'heure. En parlant d'elle, Zap saute à nouveau de joie en sortant un cadeau de son sac, mais elle ne fut portant pas assez rapide. Sylphie a déjà dégainé le sien: il s'agissait de quelque chose d'encadré –une photo ou un dessin, je ne sais pas trop de là où je suis assis-, mais, à regarder les yeux de Zap qui scintillent comme des étoiles, il n'y a aucun doute sur l'identité de ce cadeau...
«Joyeux Noël, Zap!», fait Sylphie avec un petit sourire.
«-Nyyyyyyyyyyyyyyyyyyyaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!Un dessin dédicacé de Kuru! Je t'adore, Sylphie!», s'exclama Zap. M'est avis que, si jamais il y a encore quelqu'un qui dormait encore dans cet hôtel, là c'est sur, il est réveillé. Se souvenant qu'elle a encore le cadeau de Sylphie dans ses mains, elle le lui passe. De loin, je suis sûr qu'il s'agissait d'un CD. Mais de quoi?
Sylphie ouvre son cadeau, puis cherche son baladeur CD et enclenche son cadeau à l'intérieur en mettant ses écouteurs. Puis elle appuya sur la touche Play. Après quelques secondes, un large sourire étire ses lèvres pourpres. «Thanks! Je rêvais d'avoir le dernier album de Linkin Park!»
Ah, effectivement, je n'y avais pas songé à ça... n.n
Folon veut rajouter quelque chose, pendant que Sylphie se redirige vers la porte, prenant avec elle de quoi faire un petit-déjeuner complet pour ceux restés dans le salon du hall (mais sans le Nutella, parce que je ne pense pas que Giacomo veuille bien le lui laisser n.n), les écouteurs toujours vissés dans les oreilles et le volume à fond sur Linkin Park, mais un tremblement de terre retentit soudain, faisant vibrer toute la salle.
Par pur réflexe, Giacomo se rue sur le pot de Nutella pour le protéger, alors que le tremblement se fait de plus en plus fort et qu'il semble... Se rapprocher?
Attends une minute. L'épicentre d'un séisme est censé être fixe, pas mouvant!
«HOLIC! REVIENS ICI ET EXPLIQUE-TOI!», rugit la voix de Kalas.
«-NON!», réplique celle-ci en hurlant. «JE NE VEUX PAS MOURIR!»
«-VIENS ICI QU'ON S'EXPLIQUE!», retentit après celle d'Ayme.
Lyude soupire longuement («Sic»), Folon roule des yeux («'Changeront jamais...»), Giacomo est complètement surpris (« C'est bien la première fois que je vois ces deux-là d'accord sur le même point... Oô»), Zap est pétée de rire et Sylphie... Bah Sylphie étant aveugle et momentanément sourde, je ne pense pas qu'elle ait entendu ce qui se passe. Elle continue tout de même à se diriger vers la porte, et se rend compte qu'en arrivant, elle l'avait fermé. Elle entreprend alors de poser la nourriture sur le meuble à côté et appuie sur la poignée de la porte. Et la pousse.
Un triple «BANG» retentit, puis plus rien. Ni hurlements, ni pseudo séisme. Sylphie ne s'est rendue compte de rien et reprend la nourriture, partant du côté gauche de la porte, chantonnant à tue-tête Linkin Park.
Une fois partie, Zap ne peut aller s'empêcher de regarder et de constater les dégâts. Mais elle n'est pas aussi rapide que Holic qui, en se relevant, se retourne et regarde Kalas et Ayme...
Et prend un coup de pâle incroyable. Lyude se lève pour aller demander si sa chérie va bien et l'entraîne dans la cuisine, sans toutefois noter l'état dans lequel s'étaient retrouvés ses deux poursuivants.
Et, d'après Zap, qui jeta un rapide coup d'œil et eut beaucoup de mal à ne pas exploser de rire, mieux vaut que les trois Alfardiens présents dans la cuisine ne sortent pas, pour éviter une crise cardiaque directe.
C'est pour ça que j'adore Sylphie: son handicap entraîne parfois des situations tordantes... dans tous les sens du terme. n.n
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Sylphie: Bonne année à tous ! (sort le champagne)
Folon: Moi j'en veux!
Kalas: Moi aussi!
Zélos: Bande d'alcoolos... ¬¬
