En commençant à écrire ce chapitre, j'étais sûre que ce serait un chapitre de résolution, dans lequel l'un de mes trois arcs (Jack, Pete, Chuong), serait refermé. Et puis finalement, j'ai encore des choses à raconter. Mais la résolution arrive, et le prochain chapitre devrait en voir un, voire deux, arriver à sa fin. En attendant, enjoy :)
~ Chapitre 13 ~
Dix minutes s'étaient écoulées depuis que le prototype ancien avait été installé sur les tempes de Jack, mais pour une raison connue seulement de Chuong, le colonel n'avait pas encore été téléporté sur Terre. Par deux fois, Jack avait tenté d'obtenir une explication et par deux fois l'autre homme lui avait répondu qu'il devait finir quelque chose avant de pouvoir le renvoyer au SGC. Il était penché sur un écran et scrutait une sorte de carte interactive.
- J'ai presque fini, annonça-t-il alors qu'O'Neill commençait réellement à perdre patience. Tenez-vous prêt, colonel.
Jack haussa les sourcils, regarda autour de lui et enfonça finalement ses mains dans les poches de son treillis ; ce n'était pas comme s'il avait vraiment un rôle à jouer dans le processus de téléportation. De ce qu'il en savait, il suffisait à Chuong d'appuyer sur un bouton et zwoof, il se retrouverait sur Terre.
- Vous êtes sûr de ne pas vouloir venir ? interrogea-t-il. Je suis certain que ce vaisseau et les connaissances que vous semblez posséder en intéresseraient plus d'un.
Chuong se fendit d'un sourire sans détourner les yeux de son écran.
- La perspective de me retrouver enfermé et étudié comme un rat de laboratoire est attirante, mais je dois décliner l'invitation.
Jack haussa les épaules.
- J'aurai essayé, dit-il sans s'émouvoir.
Chuong se tourna vers lui.
- Je sais que je vous dois des explications, et je vous les donnerai. Mais pas maintenant ; comme je vous l'ai dit, j'avais d'autres projets en revenant ici. Des projets plus importants. A bientôt, colonel.
Il ponctua sa déclaration en appuyant sur un bouton, et au moment où Jack disparaissait, trois silhouettes apparurent à quelques mètres de Chuong.
- Chuong ? Oh mon Dieu, Chuong !
- Papa !
Chuong serra dans ses bras sa femme et ses enfants, chérissant tendrement les instants de sérénité qu'il vivait. Il savait qu'ils ne dureraient pas longtemps.
- Nous étions si inquiets... Et ce policier qui m'avait promis de me tenir au courant de l'avancée de l'enquête et qui ne m'a jamais rappelée..., murmura Beth dans son cou.
Tous les quatre se séparèrent et Chuong se prépara à être assailli de questions. Au moment où les membres de sa famille prirent conscience de l'environnement dans lequel ils évoluaient, il se demanda si le fait de les téléporter avant de leur parler avait été une brillante idée.
- Que s'est-il passé ? demanda soudain son épouse en réalisant qu'elle ne se trouvait plus dans la maison de Salt Lake City. Où sommes-nous ?
Elle regardait frénétiquement autour d'elle, imitée par ses enfants.
- Beth, Vinh, Lily, dit Chuong d'une voix calme, je vais vous demander de ne pas paniquer.
- Où sommes-nous ? répéta Beth d'une voix plus aigüe, ignorant manifestement son époux.
A côté d'elle, Vinh ouvrait de grands yeux en passant sa main sur les parois du vaisseau, et Lily, qui s'était éloignée de quelques pas, laissa échapper un juron qu'il pardonna étant donné le choc qu'il lui imposait.
- On est dans l'espace, murmura-t-elle en regardant défiler l'univers par une baie vitrée. On est dans l'espace !
- Chuong ?
Il soupira et leur fit signe de le rejoindre en salle de pilotage, où il les fit asseoir.
- Nous sommes dans l'espace, confirma-t-il. A bord d'un vaisseau qui nous conduit vers un endroit que je veux vous montrer.
Beth émit un petit cri étouffé. Ses enfants semblaient accepter la situation mieux que leur mère ; il songea qu'il y avait finalement du bon à ce qu'ils passent leur temps devant des séries de science-fiction. Son épouse remuait à présent frénétiquement la tête, niant l'évidence.
- Que t'ont-ils fait ? demanda-t-elle en plaquant une main sur ses lèvres.
Chuong se leva, la prit dans ses bras et déposa un baiser sur sa tempe. Puis il accrocha son regard et murmura :
- Tu dois me faire confiance, Beth ; tout ira bien.
Sa femme renifla et déglutit difficilement.
- Tu me fais confiance, n'est-ce pas ? répéta-t-il.
Elle acquiesça ; depuis qu'ils se connaissaient, ils avaient toujours été là l'un pour l'autre. Chuong lui sourit et déposa un nouveau baiser sur sa tempe, puis il s'assit, prit sa main dans les siennes et reprit son explication.
- Vous savez que mes origines sont floues : Vú Nguyen a toujours pensé que j'étais un enfant rescapé du massacre de Mỹ Lai ; je peux dire aujourd'hui qu'elle se trompait.
- Tu... Tu n'es pas né au Vietnam, n'est-ce pas ? interrogea Lily.
Son père la regarda en souriant.
- C'est une question complexe ; disons qu'en un sens, je suis né au Vietnam, même si j'ai été créé ailleurs.
Et l'ancien épicier de Denver entreprit d'expliquer à sa famille tout ce qu'il avait appris de ses origines, pendant que son vaisseau les transportait vers Mu.
Daniel entra en salle de briefing et s'arrêta dans l'embrasure de la porte en voyant que Sam, qu'il cherchait justement, s'y trouvait ; elle lui tournait le dos. Il se racla la gorge et elle se tourna vers lui ; il tenta d'ignorer ses yeux encore brillants.
- Des nouvelles du Prométhée ? demanda-t-il en grimaçant malgré lui.
Il se doutait de la réponse et en eut la confirmation en la voyant fermer les yeux et inspirer profondément. Elle avait convaincu Hammond de demander à ce que le vaisseau soit déployé en orbite afin de rechercher des traces de l'appareil qui avait enlevé le colonel.
- Le général Hammond a reçu la réponse du Pentagone juste avant l'arrivée des Tok'ras : notre demande a été refusée.
Son ton était sec et laissait clairement transparaître l'opinion que lui inspirait cette décision. Daniel la comprenait : les événements des derniers jours cumulés à l'annonce brutale de l'état de Jack et à sa disparition ne pouvaient que l'avoir affectée, et le fait de se sentir impuissante face à cette situation ne faisait qu'empirer les choses.
- Comment allez-vous ? demanda-t-il en venant se placer face à elle.
Elle lui offrit un pauvre sourire en haussant les épaules.
- Ça va, soupira-t-elle.
Il ne la crut pas un instant. Elle allait ajouter quelque chose mais elle s'interrompit, la bouche entrouverte, les sourcils légèrement haussés ; elle fixait un point derrière lui.
- Colonel ? souffla-t-elle.
Daniel fronça les sourcils et se retourna pour voir Jack, qui les regardait avec un léger sourire. Il avait manifestement été téléporté et se tenait là, à quelques mètres d'eux.
- Je vous ai manqué ? demanda-t-il.
- Jack ! s'exclama Daniel en s'approchant de lui. Vous parlez de nouveau Anglais ! Que s'est-il passé ? Est-ce que c'était Chuong ? Est-ce qu'il possédait la technologie pour retirer les données de votre cerveau ?
Jack leva la main.
- Daniel ! dit-il avec mauvaise humeur.
L'archéologue s'interrompit brusquement.
- Je viens tout juste de me débarrasser d'une affreuse migraine, reprit le colonel plus calmement. Est-ce que vous pouvez attendre le débriefing ?
Daniel acquiesça.
- Oui... Désolé. Je, hum... Je vais prévenir le général et Teal'c, annonça-t-il en pointant le couloir de son pouce.
Jack fit un signe positif de la tête et l'archéologue quitta la pièce, laissant le colonel et le major face à face. Sous l'intensité du regard de son second, O'Neill se sentit mal-à-l'aise. Il passa une main dans ses cheveux et commença à jouer avec un stylo posé sur la table, évitant sciemment de la regarder.
- Je suppose que vous êtes au courant pour... tout ça, dit-il finalement en montrant vaguement son crâne.
Sam acquiesça mais ne dit rien ; il grimaça.
- Entre vous et moi, je suis certain que Daniel en a rajouté, ajouta-t-il d'un air nonchalant. Ce n'était pas si terrible que ça.
Elle croisa les bras, ne donnant de toute évidence aucun crédit à sa tentative de détendre l'atmosphère.
- Est-ce que vous allez vous en sortir ? demanda-t-elle finalement sans parvenir totalement à cacher le sanglot dans sa voix.
- Vous me connaissez, Carter, il en faut plus pour m'achever, répondit Jack en enfouissant ses mains dans ses poches (alors que, réellement, il aurait voulu la serrer contre lui).
Il avait espéré un sourire de sa part, mais à la place, il lut de la détresse sur son visage.
- Jack...
Son murmure sonna comme une supplication. Il n'aimait pas la voir comme ça ; il aimait encore moins être la cause de sa peine.
- Je vais bien, dit-il sérieusement.
Elle ne cessait de le fixer, immobile, comme si elle avait peur qu'il ne soit qu'une hallucination qui pouvait disparaître à tout moment.
- Pourquoi ? demanda-t-elle.
Il fronça les sourcils, ne sachant comment lui expliquer la motivation de son geste. Il songea qu'il avait bien une idée pour lui faire comprendre ce qu'elle représentait pour lui, mais ça impliquait moins de caméras, moins de SGC et définitivement moins de Pete Shanahan dans sa vie. Daniel entra dans la salle de briefing avant qu'il n'arrive à formuler une réponse ; il était suivi du général et de Teal'c, qui le saluèrent chaleureusement. Sam détourna le regard et alla s'asseoir alors qu'Hammond invitait Jack à leur relater ce qui lui était arrivé.
Jack exposa ce qui s'était passé en songeant qu'il aurait sans doute été plus intelligent de demander à Chuong de le téléporter directement dans le Minnesota. En théorie, son plan était simple : repasser par le SGC pour annoncer que Chuong possédait l'appareil miracle capable de lui extraire de la tête les informations des Anciens, dire au revoir à son équipe et au général, prendre le premier vol pour le Minnesota et enfin passer le temps qu'il lui restait à vivre au calme, seul, en attendant l'arrivée des Asgards ou la défaillance du prototype. Dans les faits, se retrouver confronté à une Carter visiblement bouleversée et mentir à son équipe et au général - même si c'était ce qu'il y avait de mieux à faire, pour lui comme pour eux - était plus difficile que prévu.
- Donc... vous ne courez plus aucun danger ? demanda Daniel, incrédule.
- Plus aucun, mentit-il en parvenant à le regarder en face. Il ne reste rien des données des Anciens, nada !
Le soulagement présent sur les visages renforça sa conviction qu'il faisait ce qu'il fallait : il refusait de passer une minute de plus à l'infirmerie ou enfermé dans ses quartiers. Il avait fait le choix de se sacrifier tout en étant conscient que la mort était le risque encouru ; il voulait maintenant simplement passer les derniers instants de sa vie, aussi brefs qu'ils soient, comme bon le lui plairait. Quant à ses amis, il leur évitait de longues heures d'inquiétude, et il espérait que la colère qu'ils ressentiraient en apprenant qu'il leur avait caché la vérité les aiderait à atténuer la douleur causée par sa mort.
- Combien de temps devrez-vous garder ce dispositif ? interrogea Teal'c en désignant les cercles métalliques qui ornaient ses tempes.
- Chuong n'a pas été très précis là-dessus. A priori ça devrait... tomber... au bout d'un moment.
Son explication n'était pas très élaborée et, comme il s'en doutait, elle ne convint pas à Carter. Elle était repassée en mode scientifique ; l'inquiétude avait fait place à la curiosité.
- Je ne comprends pas, mon colonel : si toutes les informations ont été extraites de votre cerveau, pourquoi l'appareil ne s'est-il pas déjà désactivé ?
- Qui vous dit qu'il n'est pas désactivé ? demanda Jack.
Il songea, tout en prononçant ces paroles, qu'essayer de contrer Carter sur la logique de fonctionnement d'un appareil - quel qu'il fut - n'était sans doute pas ce qu'il y avait de plus malin à faire. Elle le regarda, visiblement confuse, les sourcils légèrement froncés.
- Sauf votre respect, mon colonel, si cet appareil a terminé de faire ce pour quoi il a été programmé, je ne vois pas pourquoi il reste connecté. Ce n'est pas logique !
- Eh bien je suppose que c'est ce qui arrive avec les prototypes, Carter. Leur fonctionnement est parfois illogique.
Jack grimaça ; il avait laissé échapper le seul mot qui pouvait tout faire basculer et, en effet, un malaise palpable envahit la salle.
- Un prototype, mon colonel ?
- Jack, il se pourrait que toutes les informations n'aient pas été extraites !
- Vous pourriez encore être en danger, O'Neill.
- Aaah ! trancha-t-il.
Tous le regardaient, suspendus à ses lèvres, attendant vraisemblablement une parole qui les rassurerait.
- Si Chuong m'a dit que j'étais hors de danger... je le crois.
Il tenta d'appuyer ses paroles d'un ample geste des deux mains pour donner l'impression que la situation était sous contrôle, mais il était conscient que les membres de son équipe n'étaient pas convaincus.
- Colonel, intervint Hammond, dois-je comprendre que vous vous fiez aveuglément aux paroles d'un homme dont nous ignorons tout ?
Jack fixa le général, ouvrit la bouche pour répondre, la referma et, faute de trouver un solide argument pour sa défense, il gonfla les joues et expulsa finalement l'air qu'il retenait prisonnier.
- C'est à peu près ça, mon général. Oh, et en parlant de Chuong, il compte passer un de ces jours pour avoir une petite conversation avec vous... Histoire d'expliquer qui il est, entre autres.
- Jack, intervint Daniel.
- Daniel ?
L'archéologue croisa les mains sur la table devant lui.
- Je voudrais revenir sur l'aspect prototypique du dispositif...
- Non, vous ne le voulez pas.
- Jack.
- Daniel ?
- Colonel, le docteur Jackson a raison, trancha Hammond tout en mettant fin à la joute verbale des deux hommes. Nous devons en apprendre davantage sur cet appareil.
Jack soupira et se passa les mains sur le visage. Oh, il aurait vraiment dû demander à Chuong un aller simple pour le Minnesota.
- Ecoutez, si c'est ma santé qui vous inquiète, je peux faire un tour par l'infirmerie pour confirmer que mon cerveau n'est plus encombré.
- Mais ça ne prouverait rien, mon colonel, répondit Sam.
Il ferma brièvement les yeux ; il savait qu'elle avait décelé la faille. Oh, Carter ! Si intelligente...
- Développez, major, commanda le général.
- Si ce dispositif fonctionne comme je le pense, il doit avoir, d'une façon ou d'une autre, absorbé et détruit les données qui surchargeaient le cerveau du colonel. Tout scanner fait maintenant paraîtrait normal. Mais si le prototype est instable ou s'il n'est pas complètement opérationnel, il est possible que certaines données aient été absorbées mais non détruites. S'il y a défaillance et que ces informations sont toujours présentes, le cerveau du colonel pourrait se trouver de nouveau en surcharge.
Elle cessa de parler et posa sur Jack un regard inquiet. Il reporta son attention sur le général et comprit à son expression ce qu'il était sur le point de faire : il allait lui ordonner de rester à la base et de se rendre régulièrement à l'infirmerie. Il était donc temps pour lui de mettre en place le plan B et d'agir drastiquement, puisque sa tentative de détourner la vérité n'avait pas fonctionné.
- Mon général, permission de vous parler seul à seul ?
Sa question fut suivie d'un court silence que le général dissipa rapidement.
- Major, Docteur, Teal'c, vous pouvez disposer.
Sam, Daniel et Teal'c se levèrent lentement de leur siège, échangeant des regards interrogateurs, alors que Jack suivait le général dans son bureau.
- Eh bien ? demanda Hammond en lui faisant signe de s'asseoir.
Jack ignora l'invitation et se dirigea vers une étagère ; il inspecta quelques photos en tournant le dos à son supérieur.
- Colonel ?
Le général était un homme patient, mais O'Neill savait qu'il n'avait pas intérêt à jouer trop longtemps au chat et à la souris avec lui.
- Je pense qu'il est temps pour moi de prendre ma retraite.
Il se tourna et contempla l'air incrédule de l'autre homme.
- Allons, George, ce n'est pas comme si ça n'allait jamais arriver, ajouta-t-il d'un air décontracté en s'installant dans un siège. Vous savez que j'ai toujours aspiré à une retraite tranquille passée à pêcher... Je me dis que c'est le bon moment.
Hammond se pencha en avant, les yeux plissés. Il connaissait suffisamment ses hommes, lui en particulier, pour savoir quand on lui cachait quelque chose.
- Que se passe-t-il, Jack ?
Le colonel fixa la plaque nominative posée sur le bureau. Il soupira et sembla se résigner.
- Vous vous souvenez quand j'ai dit que toutes les données avaient été effacées et que j'étais hors de danger ? Eh bien... il se pourrait que j'ai menti.
- Ce ne serait pas la première fois...
Jack releva la tête et esquissa un sourire.
- Touché, dit-il.
- Et qu'en est-il réellement ? demanda Hammond en retrouvant son sérieux.
- Les données des Anciens sont encore là, quelque part, expliqua-t-il en tapotant son crâne de l'index. Elles ne sont pas effacées, simplement... bloquées par ce prototype qui, comme Carter l'a supposé, peut lâcher à tout moment.
Il se tut, alors que le général prenait la mesure de ce qu'il était en train de lui dire.
- En résumé, reprit-il, je suis condamné et rien ne pourra changer ça. Sauf si Thor ou un de ses copains se décide à passer dans le coin... Dans la mesure où aucun médecin ne peut rien pour moi, je vous demande la permission de quitter la base pour rejoindre ma cabine dans le Minnesota.
Hammond le fixait gravement, évidemment peiné.
- Je comprends, Jack, soupira-t-il.
Jack ouvrit la bouche pour le remercier, mais Hammond poursuivit.
- Cependant, étant donné les circonstances, je ne peux pas vous autoriser à entreprendre ce voyage.
- Sauf votre respect, mon général, je n'ai aucune envie de passer mes derniers moments à l'infirmerie ! protesta Jack.
- Et encore une fois, je comprends. Mais comme vous l'avez dit, colonel, ce prototype risque de défaillir à tout moment. Que se passerait-t-il si vous tombiez inconscient dans un transport en commun ou en plein milieu de la rue ? Comment comptez-vous expliquer aux secours ce que sont les appareils greffés à vos tempes ? La protection du programme doit primer, ce n'est pas à vous que je l'apprendrai !
Jack soupira et passa une main sur son visage.
- Le mieux que je puisse vous offrir, c'est une assignation à domicile.
Les mâchoires du colonel se contractèrent. Il contempla ses options et réalisa que la proposition du général, aussi frustrante qu'elle fut, était le seul compromis imaginable.
- Je suppose que je n'ai pas choix, murmura-t-il.
- Je suis désolé, Jack, dit sincèrement Hammond, mais je dois penser à protéger le programme. Une voiture vous attendra d'ici dix minutes pour vous reconduire chez vous.
O'Neill acquiesça et se leva, prêt à quitter le bureau, quand la voix du général se fit à nouveau entendre.
- Que dois-je dire à votre équipe ? demanda-t-il. Ils auront des questions ; des questions légitimes, Jack.
Le colonel s'immobilisa juste devant la porte ; ses épaules s'affaissèrent légèrement et il baissa la tête.
- Dites-leur la vérité.
Hammond haussa les sourcils, étonné ; Jack hésita.
- Dites-leur que j'ai pris quelques jours de congé et que je peux contacter Chuong en cas de besoin.
Il posa sa main sur la poignée mais n'ouvrit pas la porte.
- Oh, et, mon général ? Oubliez de mentionner que le risque de mort imminente est réel.
Il se retourna pour lui adresser un dernier salut ; au même moment, l'alarme indiquant une arrivée non-programmée se déclencha. En ouvrant la porte du bureau, Jack aperçut les silhouettes des membres de son équipes disparaître au détour d'un couloir, alors qu'Hammond sortait à son tour. Il hésita un instant, tenté malgré tout de les rejoindre, mais il se dirigea finalement vers l'ascenseur.
Daniel arriva en salle de contrôle alors que le dernier chevron s'enclenchait et que Sam dévoilait l'identité des voyageurs. Malgré toute sa patience et ses qualités de diplomate, l'archéologue ressentit de la colère mêlée à une certaine frustration - Oh ! Comme il comprenait Jack, maintenant ! - en voyant la délégation Tok'ra traverser la Porte des étoiles. Trois jours s'étaient écoulés depuis qu'Hammond leur avait envoyé un message - laissé sans réponse - leur demandant de l'aide concernant la situation dans laquelle se trouvait Pete ; trente minutes à peine depuis l'annonce du possible lien entre Selmac et Djolem. La Tok'ra était sans aucun doute possible le peuple le plus égocentrique qu'il lui avait été donné de rencontrer. Il soupira et tenta de se calmer ; dans la salle d'embarquement, Anise et deux hommes furent étaient accueillis par le général.
- Apparemment, les Tok'ras filtrent leurs messages, murmura Sam avec mauvaise humeur.
- C'est aussi mon opinion, répondit Daniel d'un air absent.
Il était intrigué par l'absence de Jacob : il aurait pensé, étant donné les circonstances, que Sel'mac aurait voulu être présent. Il se pouvait tout-à-fait qu'il soit en mission, mais Daniel ne pouvait néanmoins s'empêcher de penser que l'explication n'était pas aussi simple que ça. Ou peut-être devenait-il paranoïaque dès que les Tok'ras étaient impliqués ?
