-Lana ! Je sais que tu m'entends !

Je grogne, il ne peut pas me laisser en paix ? Cobalt cogne contre ma porte depuis plusieurs minutes déjà, je fais la sourde. Mais il sait que je suis là, où est-ce que je pourrais être de toute façon ? Je reste coincé entre ses quatre murs la plupart du temps. Je voulais clouer des planches de bois sur mes fenêtres aujourd'hui, c'est rappé avec ce têtu qui vas rester surement pendant quelques heures le connaissant. Je glisse mon dos contre la porte, profitant au moins d'entendre sa voix qui se fait plus mûre et sage que dans le temps.

-Lana, je t'en prie ouvre moi.

-J'ai croisé Beetee, je sais que tu es là.

Beetee commence sérieusement à m'agacer, pas la peine d'avoir un QI super élevé pour remarquer qu'il veut que je renoue avec mon ancienne vie. Il ne cesse de me répéter que le Capitole ne toucheras plus à ma vie, n'y interféreras plus. Mais je n'y crois pas.

-Tu sais que c'est l'anniversaire de Lili aujourd'hui n'est-ce pas ? C'était une question rhétorique, j'ai bondis sur mes pieds, mes sens en éveil.

-Dégage ! Je plaque une main sur ma bouche, bon sang Lana contrôle toi.

-Lana ! Lana ! Je t'en prie ! Reprit-il de plus belle. Quelle idiote je fais, là c'est sur il seras encore là demain.

-Tu ne dois pas travaillé ? Repris-je sur un ton cassant, enfin je l'espère.

-J'ai économisé ces derniers temps pour me le permettre, Lana, pitié. Sors de là.

Je me fixe dans la glace, mon sourire est éclatant, mes joues rosées me donnent pour une fois une bonne mine. Mon corps me trahit, tout excité de retrouvé mon ami d'autrefois. Prenant mon manteau et les planches de bois, je me mords les joues et prends un air très détaché en sortant. Je ne lui prête aucun regard, mais même sans le voir mon corps réagit, mes poils hérissaient me donnent une chaire de poule étonnante. Je lâche les planches sous la première fenêtre et fais mine de visualiser le chantier, le regard qu'il me porte me donne envie de sauter au plafond mais j'essaie de me contenir comme je le peux. Après plusieurs minutes où mon cœur cessait de battre, il reprends une allure folle, rien qu'avec ces mots :

-Besoin d'aide ?

-Non. Je fais demi-tour pour aller chercher des clous et un marteau mais il se poste devant moi, me bloquant le passage. Je serre les poings et ose lever les yeux vers son visage. Éblouissant. Ses cheveux bruns retombent sur son front, chatouillant ses sourcils froncés, à la jointure de ces deux là on peut remarquer une fine ride qui a pris place depuis mon départ. Ses yeux chocolats sont ancrés dans les miens, examinant le plus profond de mon être. Ses lèvres gercées et gourmandes me font de l'oeil, je m'efforce à reprendre un contact visuel.

-C'est pas un travail de fille, dit-il. Tout comme Wiress, il arrive vite à détendre une atmosphère pesante.

-Et tu en est pas une ? Demandais-je sur le ton de la plaisanterie. Il lève un sourcil amusé et se mets à contracter ses muscles devant moi réussissant à me voler un rire, quand est-ce que j'ai ris depuis pour la dernière fois ? Il se joint à moi dans un rire sans doute nerveux. Comment peut-on plaisanter sur des choses aussi futiles après tout ce qui s'est passé ? Je ne sais pas, non, je sais juste que mon corps tout entier le réclame.

Plusieurs minutes plus tard, nous nous y mettons, je tiens les planches tandis qu'il les attache sur les volets, Wiress nous regarde de son balcon mais je n'en suis pas sûre, elle part facilement dans son univers.

-Je ne comprends pas, même un ouragan ne pourrait pas casser ta maison. Blague t'il mais je trouve sa remarque tout sauf drôle.

-Alors, qu'est-ce que tu fais en ce moment ? Dis-je pour changer de sujet.

-En ce moment même j'aide une vieille amie. Je ne peux m'empêcher de glousser comme une fillette, comment est-ce que j'ai fait tout ce temps sans lui ?

-Intéressant, mais cette amie le mérite-t'elle ? Après tout elle n'a pas cherché à te voir depuis son retour. Nous ne blaguons pas, ses yeux cherchent les miens alors que je compte le nombre de clous qu'il nous reste. Lâche ? Je sais.

-Elle mérite bien plus que ça. Tu m'as terriblement manqué Lana.

Une boule est coincé dans ma gorge, sans même le voir je sais qu'il s'est rapproché.

-Cob, soufflais-je terriblement gênée.

Il me tends sa main, je lève un sourcil interrogateur alors qu'il me réponds d'un ton enthousiaste :

-Il faut que tu viennes voir. Je penche ma tête sur le côté, examinant sa proposition comme si il pouvait me tendre un piège.

-Fais moi confiance Lana. Je hoche la tête et serre durement sa main dans la mienne mais il ne s'en plaint pas, il semble même s'en réjouir. Peau contre peau, je me mords la lèvre à sang pour ne pas sourire.

Heureusement nous passons à côté du centre de la ville et nous n'y allons pas, je ne suis pas prête à affronter tous les regards curieux du District 3. Il me mène en direction des usines, plusieurs ouvriers y entrent en même temps que nous sauf que Cobalt me tire vers un escalier métallique que je connais trop bien, celui où il faut marcher sur la pointe des pieds pour ne pas se faire entendre par les pacificateurs, le soir après le couvre feu. Je n'arrive pas à contenir ma joie lorsque nous le montons, je me prête même au jeu essayant d'être la plus silencieuse possible alors que nous sommes en plein jour. Sur le toit, j'enfonce ma tête dans mon manteau, le froid claquant mes joues.

-C'est la nuit qu'on observe les étoiles Cob, me moquais-je. Il ne m'écoute pas, avançant jusqu'à un endroit qui lui semble précis. Il pointe du doigt le sol où est-ce qu'il est arrivé, de loin je ne remarque rien de particulier. Lorsque je le rejoins, je vois des gravures dans le béton. Des bâtons regroupés et barrés.

-Un bâton pour chaque jour où tu étais dans l'arène. M'explique t'il. Les larmes perlent sur mes joues, pendant quelques instants j'ai honte de paraître faible mais je me souviens qu'il s'agit de Cob, il a déjà tout vus de moi. Il ne me connait comme personne d'autre.

-Celui-là Lana, c'est ton père qu'il l'a fait. Je tombe à genoux, passant mes doigts sur la gravure. Papa, non.

-Il a crut en toi jusqu'au bout Lana. Je suis tellement désolé de ne pas t'avoir dit au revoir, Margaret avait ordonné à des pacificateurs de me garder loin de l'hôtel de ville, disant que je ne suis pas un proche.

-Papa, sanglotais-je. Je pose mon front au sol, ne contrôlant plus mon torrent de larmes.

-Il a était fière de toi du début à la fin Lana et il le serait encore.

-Je l'ai tué ! M'écriais-je. Heureusement que nous sommes sur le toit, personne ne pouvant nous entendre.

-Il aurait donné sa vie si tu pouvais continuer à vivre Lana.

Il a la délicatesse de rester un instant silencieux, tandis que je me recueille. Première fois depuis mon retour, les corps de ma famille réduit en cendre je n'ai aucun endroit pour leur rendre hommage. Je pense bien avoir trouvé cet endroit. Encore sous le choc, lorsque nous partons je ne prête vraiment attention à l'endroit où il me conduit, il me tire la main lorsqu'il faut tourner, j'ai le regard vitreux.

-Avec des gars on s'est occupé d'enlever le maximum des débris. Sa voix me ramène sur terre, levant les yeux je vois un terrain boueux devant moi où deux maisons auraient pus tenir.

-Merci, soufflais-je alors que je me rends compte qu'il y a encore quelques mois mon vrai chez moi se situait là. Je ne sais pas de quelle manière mais j'arrive à ne pas fondre en larmes.

-La maison des Veltre a brûlé aussi ? M'enquis-je en remarquant l'absence de la maison de mes anciens voisins.

-A moitié puis elle est devenu trop instable pour continuer à y vivre.

-Comment ont-ils fait ? Demandais-je. Il faut croire que ma victoire cause encore plus de dégâts que je ne le pensais.

-Ils ont habités quelques jours dans la rue puis dans l'orphelinat sur ordre du maire, en ce moment Pertie les loge et les nourrie si ils travaillent sur ses chantiers.

Je me triture les mains pensives, mais pas bien longtemps une idée me vient à l'esprit.

-Cob, je dois te laisser.

Il s'apprête à protester mais je lève ma main pour le faire taire.

-Viens ce soir, j'ai une chose importante à régler.

Je marche à une allure rapide jusqu'à l'hôtel de ville, plusieurs pacificateurs y discutent devant, ils s'apprêtaient à demander mon identité puis me reconnaissent, me laissant passer sans problème. A droite, je vois ce fameux couloir avec cette même porte en bois au bout, la salle des adieux. Je frissonne et tourne à gauche, une secrétaire se lève à mon apparition, elle a à peine le temps d'ouvrir la bouche que j'entre dans le bureau de Mr Tupakle. Il se tient derrière son bureau examinant une pile de papiers, James son fils se tient à la fenêtre.

-Lana, que se passe t'il ? Demande ce dernier inquiet.

Etant donnée, que je ne sors jamais de mon trou, il est vrai qu'on peut s'inquiéter mais je ne lui prête pas attention et avance devant le bureau du maire où j'y pose mes mains à plats, déterminée.

-Je crois que je peux vous aider. Dis-je.

Il se penche en arrière sur le dossier de chaise, croisant ses bras dans une posture d'homme d'affaires que je ne lui connaissais pas.

-Il y a un problème ? Demande t'il tout comme son fils. Je balaye sa question du revers de ma main.

-Les Veltre n'ont plus de foyer. Tout ça à cause de Margaret. Commençais-je. Etant donnée que James est présent et qu'en plus nous nous trouvons dans un lieu surveillée, je sous-entends mes mots que seul Mr Tupakle comprends.

-Oui, ils logent chez Pertie en ce moment, en attendant qu'on trouve une solution. Tant d'autres sont à la rue. Il hausse les épaules ne sachant que faire.

-Margaret n'étant plus là pour rattraper ses erreurs, je me dois de le faire. Je vous fais un don anonyme, personne ne seras qu'il s'agit de moi. Je veux qu'une nouvelle maison au même emplacement que l'ancienne se construise. Ai-je votre parole de ne rien dire et d'accomplir cette tâche ?

-C'est généreux de ta part Lana, souffle James.

-Anonyme ? Il faut être sacrément bête pour ne pas savoir qu'il vient de toi. Réponds Mr Tupakle.

-Vous n'avez qu'à dire qu'il s'agit du Capitole !

Il ricane devant les yeux perdus de son fils, évidement qu'il se moque de mes paroles. Le Capitole ceux qui ont causé tout ce mal se verrait être les sauveurs et peut-être même que certaines familles deviendraient alors partisanes du Capitole comme pour le District 1 et 2. J'ai envie de vomir rien qu'à cette idée.

-Le Capitole, hein ? Soit, je tiendrais ma promesse et James en feras tout autant, n'est-ce pas fiston ?

James secoue la tête vivement, me regardant d'un air éberluée me faisant rouler des yeux.

-Merci. Dis-je en sortant sans aucun regard en arrière. A peine j'entre dans le village des vainqueurs, je repère Cob assis devant mon entrée, la tête dans les paumes de ses mains.

-Je n'avais pas dis ce soir ? Blaguais-je en ouvrant la porte tandis qu'il se lève.

-Je perds la notion du temps avec toi, tu le sais bien. On ricane alors que je lui fais visiter le rez-de-chaussée.

-Et tu ne t'y perds pas ? Demande t'il alors que nous nous installons devant le feu que je viens d'allumer.

-On s'y habitue. Répondis-je en tisonnant le feu d'où je me trouve.

-Je déteste ça. Dit-il soudainement en colère

-De ?

-Ton visage, tu en as tellement bavé. Tu dois être heureuse maintenant. Dit-il sur un ton sérieux.

-Je ne le mérite pas crois-moi. Il pince les lèvres, contrarié de ma réponse.

-Laisse moi te rendre heureuse Lana. Son souffle caresse ma peau maintenant tellement nos visages sont proches.

-Tu es trop bon Cob pour être avec un monstre comme moi, dis-je fixant ses lèvres charnues avec envie.

Il caresse mes cheveux, ses doigts sur ma nuque électrise, étrangement je me laisse faire. J'ai besoin de ce contact, un contact humain.

-Tu es la plus belle personne que je connaisse, dit-il le regard tendre qu'il me porte est de trop pour que je puisse garder mes distances, je capture ses lèvres durement, il me laisse libre accès à sa langue, nous bataillons pour dominer l'autre. Je n'ai jamais eu aussi chaud de toute ma vie, d'ailleurs Cob déboutonne mon gilet tandis que je caresse ses abdos. Une fois mon gilet à terre, il m'allonge délicatement sur le canapé me surplombant, se tenant sur ses avant bras il ne m'écrase pas, sa langue descends toujours plus bas sur mon corps, laissant une marque brûlante sur son passage.

-Laisse moi te rendre heureuse Lana, dit-il alors que mon bas trouve le même chemin que mon gilet.