Joyeux Noël et très bonnes Fêtes à toutes et à tous !
Disclaimer : Je ne sais pas si je l'ai déjà fait donc au pire, je le refais : Harry appartient à JKR, l'histoire et les OC m'appartiennent.
Pairing : GW/HP/FW – OC x MOC – MOC x MOC – LL/OC – DT/SF et après, je ne sais plus.
Bon si vous voulez que j'explique les pairing OCs ça donne ça : Alix/ ?* - Jay/Hayden – Luna/Isis
* = c'est un peu évident.
PS : Je sais que certaines références n'existent pas dans les années 90' donc.. c'est pas grave, hein ?
PPS : Ce chapitre est plus long que d'habitude. J'essaie depuis le début de garder la même longueur de chapitre mais c'est parfois difficile de savoir où couper.
Anglais – Italien ( ou lettres ) - Russe ?
LES TRAQUEURS
Chapitre 12 : Enlèvement ou Le Don de Luna
.
.
Alix put quitter l'infirmerie deux jours plus tard, au grand soulagement de ses amis et de sa famille. Isis était passée la veille et lui avait apporté des chocogrenouilles, cadeau de rétablissement de la part de toute la maison. Les deux jeunes filles avaient parlé un moment, puis la rouquine avait du partir, l'heure des visites étant terminée. Les rumeurs sur l'incident d'une semaines plus tôt avaient fini par se tarir mais n'avaient pas encore disparu. La brune se fit un devoir de faire profil bas pour les jours prochains. Cela s'avéra difficile : les jumeaux n'étaient pas connus dans le château pour leur discrétion et ils avaient veillé depuis des mois à ce que cela soit ainsi. Leur calme rendit les étudiants tendus et bientôt, on leur demanda s'ils étaient malades. Alix fit la moue. Elle n'aurait pas cru qu'en choisissant la couverture des jumeaux heureux et bruyants ils auraient droit à ça. Non, elle ne s'y était pas attendue. Néanmoins, ils n'avaient rien lâché. Ils devaient faire profil bas un moment. Déjà que Dumbledore venait de l'appeler dans son bureau pour s'entretenir au sujet du colis piégé si elle en croyait la note qu'elle venait de recevoir. La jeune fille poussa un soupir exaspéré et se leva en rangeant ses affaires.
« Professeur ?
_ Oui Miss Pilloni ?
_ Le professeur Dumbledore veut me voir dans son bureau. » l'informa la jeune femme en se rendant au bureau du professeur Trelawney ( 'il faut vraiment que je change d'option' ) pour lui tendre l'origami en forme d'oiseau, après avoir récupéré son sac.
L'enseignante parut surprise, puis acquiesça. Apparemment, elle ne l'avait pas vu venir.
_ Oh bien sûr, bien sûr. Faîtes attention.. La brume s'intensifie.
Alix acquiesça vaguement et quitta le cours sans plus de cérémonie. Elle enviait Isis, qui avait cours d'Arithmancie. Quoique, elle préférait largement les les Runes Anciennes. Elle, elle n'avait pas eu le choix. Elle le sentait mal. Elle se sentait très mal. D'un geste, une ombre se forma sur l'un des murs et prit la forme d'un renard.
« Va prévenir James : le directeur veut me voir tout de suite. »
L'ombre acquiesça et se dissipa rapidement pour parcourir le château sans se faire prendre. Par Mordred, elle adorait la Magie des Ombres. C'était une magie spécifique de leur Clan. La Magie des Ombres était reconnue dans le monde entier mais peu pouvaient l'utiliser. Voldemort ne le pouvait pas. Les jumeaux savaient de leurs parents que ça l'avait extrêmement frustré. Parmi ses sbires, il y avait peut-être un ou deux mangemorts capable d'utiliser cette branche de la Magie mais, malgré les préjugés, la Magie des Ombres restait très pure. Elle ne permettrait pas d'être utiliser pour la torture. Alix n'avait jamais compris comment c'était possible car elle, elle avait pu l'utiliser lors de l'élimination d'une cible mais, après tout, la Magie était une entité propre et puis. . . sa cible était un meurtrier de masse qui posait beaucoup de problèmes aux Sïonelli. Elle l'avait utilisé dans le but de protéger sa Famiglia.. peut-être était-ce pour cela ? Le Clan Pilloni, comme quelques autres Clans, descendaient du Clan Shadow, les maîtres des Ombres. C'était eux qui avaient ''crée'' cette branche de la Magie, si l'on pouvait dire ça ainsi... ou plutôt, ils étaient les premiers à l'avoir découvert et maîtrisé. Le Clan ne possédait pas seulement la magie des ombres en don héréditaires, ils avaient aussi des affinités avec d'anciennes magies. Et c'était ainsi depuis la naissance du premier Pilloni. Ils étaient un puissant clan. Et c'était sans doute pour cette raison que la plupart des Pilloni avait été traqués puis massacrés.
Ses poings se crispèrent à cette pensée et ses yeux prirent une teinte oranger. Elle les détestait. Tous. Tous ceux qui avaient fait du mal à son clan. Elle ne permettrait pas qu'ils touchent à son frère. Elle gagna la gargouille en silence et montra le mot du vieil homme :
« J'ai été convoquée. » expliqua-t-elle simplement.
La gargouille la dévisagea puis acquiesça et l'escalier apparut. Alix s'engagea dans l'escalier en colimaçon et fut bientôt devant la porte du bureau du directeur. La porte s'ouvrit avant même qu'elle n'ait eu la chance de frapper trois coups secs. L'intérieur du bureau était tout en luminosité et assez bling bling d'après elle, mais ce n'était que son avis. Il y avait des bibelots partout. Des choses dont elle ne connaissait ni la provenance, ni le fonctionnement. Pas qu'elle veuille savoir, lorsqu'elle avisa la tête d'un elfe de maison épinglé. Il valait mieux qu'aucun elfe ne fasse le ménage dans cette pièce s'il ne voulait pas faire un AVC. D'ailleurs, ça pouvait faire un AVC un elfe ? Alix pensait que oui, mais elle ne voulait pas être là pour connaître la réponse. Le directeur se trouvait assis derrière son bureau, souriant avec bienveillance. Derrière lui, un peu sur le côté, un phœnix aux couleurs chaudes laissait échapper de joyeuses trilles.
« Miss Pilloni, approchez, asseyez-vous je vous en prie. »
Alix hocha raidement la tête et s'approcha pour s'asseoir sur l'une des chaises disposées à cet effet.
_ Un bonbon citron ?
La jeune fille secoua la tête, déjà irritée par le comportement du vieil homme et soupçonnant que les bonbons soient composés de veritaserum ou d'une connerie du genre.
_ Non merci.
Fumsec, le phœnix de feu du directeur, s'envola de son perchoir pour venir se poser sur le bras que la brunette étendit pour lui. Une trille joyeuse résonna dans la pièce et le directeur se détendit dans son siège.
« Mon familier – Fumsec, semble vous apprécier. »
Alix se crispa lorsqu'elle apprit que le phœnix était lié au directeur mais la créature lui picora le nez.
' oiseau pervers ' songea-t-elle avec un sourire amusé.
_ En effet. Répondit-elle simplement.
Sa réponse était dénudée de chaleur mais elle ne sonnait pas froidement comme lors de leurs derniers entretiens.
« Pourquoi m'avez-vous appeler, monsieur le directeur ?
_ Oh, vous pouvez m'appelez Albus, miss.
_ Oui monsieur le directeur. »
Le directeur rit joyeusement, amusé par le comportement de la fille Pilloni, mais celle-ci était de plus en plus agacée. Elle n'aimait pas le directeur et tout ce qui s'en rapprochait plus ou moins. D'ailleurs, qu'est-ce qui prenait tant de temps à James ? Lui était-il arrivé quelque chose ou n'avait-il pas pris la peine de prendre en compte son message ? Non... ça ne ressemblait pas à James.
Mais. . . après tout, s'il était à l'autre bout du château ou à l'infirmerie, il était possible que ça lui ait pris du temps. Pour faire gagner du temps, Alix afficha un léger, très léger sourire innocent.
.
Les sixième et septième années de toutes les maisons étaient regroupés dans la cour de métamorphose. Normalement, ils étaient censés se regrouper pour les cours d'auto-défense en même temps que les quatrièmes et cinquièmes années mais les instructeurs avaient laissé entendre qu'ils étaient prêts à les prendre pour des heures supplémentaires quand les étudiants étaient libres. Donc ceux-ci s'étaient réunis après avoir demandé la permission à l'instructeur James Skatov. Ils travaillaient sur les esquives depuis plus de quarante-cinq minutes déjà lorsqu'un renard fait d'ombres se faufila entre les élèves, les arrêtant dans leur entraînement, pour s'arrêter devant James. Celui-ci cligna des yeux et Drew et Geez, occupés deux mètres plus loin à distribuer des bouteilles d'eau, s'arrêtèrent pour dévisager le boss avec appréhension. Le renard émit une sorte de miaulement avant de s'agiter farouchement. James se tendit et son regard devint glacé. Si glacé que les jeunes sorciers qui le dévisageaient frissonnèrent violemment. Sans un mot, James retira sa chemise et posa les poids qu'il tenait avant d'échanger un regard avec ses deux lieutenants.
« Prenez la suite.
_ Boss ? »
On ne releva pas le 'boss' de Geez, en revanche on ne loupa pas les regards sérieux que les deux autres instructeurs posèrent sur le renard non solide.
_ Je dois y a aller, occupez-vous des gosses.
_ Qu'est-ce qui se passe James ? Insista Drew alors que James était déjà en train de quitter la cour.
James s'arrêta, leur faisant dos pendant quelques secondes avant de tourner vers ses deux hommes de mains et amis, un regard brûlant :
« Le directeur outrepasse ses droits. »
Et, sans un autre mot, il entra à l'intérieur. Geez jeta un coup d'œil au renard et s'accroupit devant lui.
_ Bah alors, tu viens duquel toi ?
L'ombre quitta sa forme animale et prit la forme de l'ombre d'Alix avant de se multiplier. La deuxième ombre prit la forme du directeur et les deux firent semblant de discuter dans ce qui semblait être un bureau.
« La Magie des Ombres.. » susurra un poufsouffle, l'air émerveillé.
Geez voulut ébouriffer les cheveux de l'ombre mais lui passa au travers. Il avait déjà plusieurs fois fait face à cette branche de la magie, notamment durant l'entraînement des jumeaux mais il s'en étonnait à chaque fois. Depuis plusieurs mois déjà, les jumeaux s'évertuaient à donner une forme solide à certaines de leurs ombres. C'était difficile et cela puisait énormément dans leur énergie néanmoins le résultat commençait à apparaître. Un jour – bientôt ils l'espéraient, ils pourraient se servir d'ombre solide ou non, au choix.
Geez prit un air pincé lorsque les 'pensées' de l'ombre lui parvinrent et il renifla de mépris. Drew, qui jusque-là enseignait une position défensive à un Serpentard, vint se tenir à ses côtés et dévisagea l'ombre en silence.
« Geez ?
_ J'y vais. La morveuse va être chiante si le vieil homme recommence ses sous-entendus merdiques. » se justifia le jeune homme à la barbe de trois jours.
Geez voulut avancer mais fut arrêté par une prise sur son bras.
_ Non Geez, fit Drew de son habituelle voix douce.
Cette voix, c'était ce qui lui permettait de se faire entendre de tous, même des plus désobéissant. C'était aussi pour cela que Drew agissait bien souvent comme porte-parole lors des meetings importants : ceux auxquels le boss ne pouvait se présenter. Drew avait cette façon de rester toujours calme, peu importe ce qui se passait. Quand il parlait, tout le monde voulait l'écouter. . . . Sauf Geez qui, étant ami d'enfance avec Drew, avait appris à désobéir à la voix de la Sagesse.
_ Tu vas lui attirer des ennuis si tu fais cela. Laisse James se débrouiller, il saura quoi faire.
_ Mais Drew -
_ Geez. Calme-toi. Ne me force pas à employer la force.
Pour toute réponse Geez ricana. Drew était un excellent combattant, mais le jeune homme était un pacifiste, il préférait de loin avoir recours à la force qu'en cas d'ultime moyen. Sur ce, Geez amorça un mouvement pour quitter la cour sous les regards curieux de leurs élèves lorsque le lieutenant blond se retrouva soudainement derrière lui, à quelques centimètres pour être exact.
_ Je suis désolé Geez, mais tu vas leur attirer des problèmes si je te laisse y aller.
Et là, juste comme ça, Drew exerça une forte pression sur un nerf qui paralysa son système et le brun baraqué s'effondra, inconscient.
« Tu m'y as obligé Jimmy. J'espère que ta réputation n'en prendra pas un coup. »
« Mademoiselle Pilloni, il me semble que vous avez été attaquée par un colis piégé, n'est-ce pas ?
_ . . . De toute évidence. »
Cela commençait mal. La jeune fille ne semblait pas volontaire pour lui donner des informations et il avait l'impression qu'elle ne dirait rien qui pourrait l'aider.
« Miss Pilloni, je ne sais pas si vous vous rendez compte de la gravité de ce qui s'est passé l'autre jour. Si vous nous aidiez, nous pourrions trouvez celui qui -
_ Je me rends parfaitement compte de ce qui s'est passé. C'est moi qui ai souffert et souffre encore des morsures de ces saletés de choses. Je serais idiote de ne pas m'en rendre compte. Cependant je doute que vous puissiez m'aider et trouver le coupable.
_ Je suis le directeur et -
_ Et depuis quatre ans le niveau de sécurité de cette école n'a fait que baisser. Mon frère et moi-même sommes venus ici parce que nous n'avions aucune envie d'aller à Beaux-Bâtons, que le directeur de Durmstrang était un ancien mangemort volontaire et que nos amis se trouvaient ici. Nous ne pouvons hélas mentir sur l'absence de sécurité ici. J'ai lu les rapports concernant les problèmes de sécurité de Poudlard. Je suis étonnée que le Conseil des Gouverneurs n'ait rien trouvé à redire, à moins bien sûr... qu'ils ne soient pas au courant. Pour en revenir aux faits, des gosses de douze ans se sont chargés d'affaires que des adultes auraient du prendre en charge alors comment pouvez-vous m'assurer que vous trouverez le coupable ? C'est certainement une blague de mauvais goût qui a mal tourné. Après la scène que cela a provoqué, je doute que ces p'tits malins recommencent. »
Sa tirade provoqua un long silence et Alix remarqua que les yeux du directeur ne pétillaient plus. Quel dommage ! Pas que cela lui manquerait.
_ Mademoiselle Pillo -
La porte s'ouvrit violemment et le visage impassible de James apparut à l'encadré. Ses yeux lançaient des éclairs lorsqu'ils se posèrent sur le directeur.
_ Monsieur le directeur, je pensais que nous étions clair à ce sujet. Vous n'avez droit à aucune entrevue avec mes filleuls ou monsieur Carler sans leurs responsables légaux.
Le père de Jason ne pouvant se déplacer puisqu'étant en mission au Pérou, il avait donné la garde temporaire à James.
_ Ah monsieur Skatov je -
_ Cela suffit monsieur le directeur. J'ignore à quoi vous jouez mais cela ne durera pas longtemps. Ne vous approchez pas de mes filleuls si je ne suis pas présent. Alix.
La brunette acquiesça et quitta son siège pour rejoindre James, lequel la fit passer devant lui pour quitter le bureau, laissant un directeur plus que frustré.
Les jumeaux savaient que James avait volontairement laissé le directeur croire qu'il avait le pouvoir sur eux en les coinçant dans leurs postes d'enseignants, néanmoins, ça n'était absolument pas le cas. Quiconque les connaissaient savaient qu'ils avaient plus de pouvoir que cela. Dumbledore était tellement naïf parfois...
Dès qu'ils eurent quitté le couloir menant à la gargouille du directeur, James s'arrêta et vérifia sa charge sous toutes les coutures.
« Il t'as fait quelque chose ? »
Alix secoua la tête mais arborait une moue pensive.
_ Al' ?
_ Je crois qu'il drogue ses bonbons au citron. Il est assez insistant là-dessus. Mon instinct m'a crié de ne pas y toucher.
James hocha la tête, l'air approbateur, avant de guider sa 'filleule' vers la cour de métamorphose où se trouvaient toujours la classe d'Auto-défense. La petite brune avait espéré se faufiler incognito jusqu'aux cloîtres ombragés et s'y poser l'air de rien, pour profiter d'une petite sieste méditative, mais c'était apparemment peine perdue. On la regardait. Plus précisément, plusieurs paires d'yeux la regardaient fixement. Alix jura dans son souffle quand une paire de bras l'attrapèrent et qu'elle dut esquiver une clé de bras.
« Merde Geez, c'est quoi ton putain de problème !? » siffla-t-elle en balança son poing vers l'autre homme.
Geez ne répondit pas. Elle savait très bien pourquoi. Lorsque les jumeaux étaient irrités – du genre, vraiment irrités_, leur magie pouvaient réagir assez violemment. On avait alors découvert qu'un bon combat à main nue était très bon pour les calmer et calmer leur magie. Ce devait être la raison pour laquelle Geez était en ce moment-même en train de l'attaquer. Cependant, Alix n'était pas d'humeur à ça, elle récupérait tout juste du venin des saletés d'araignées qui l'avaient attaqué et était encore relativement faible, trop vulnérable pour se battre devant un public. Si l'on comprenait qu'elle n'avait pas récupéré – si et seulement s'ils n'avaient pas tout vu, et avaient mal étudier les dossiers des élèves et qu'il y avait un ennemi dans l'école_, ils profiteraient de sa faiblesse apparente pour descendre sa famille. Et la brune se le refusait. Alors, tandis que Geez chargeait à nouveau, la Pilloni se baissa pour éviter la nouvelle salve de coup et s'accroupit avant de balayer les jambes de l'homme, avec tout juste assez de puissance pour le faire basculer en arrière avant de se rétamer.
_ Laisse tomber j'suis pas d'humeur.
Et elle se laissa tomber sur le cloître, allongeant ses jambes sur la surface pierreuse. Elle avait renoncé aux jupes depuis l'Incident (n°2) , de toute façon, elle trouvait que les jupes l'entravaient trop dans ses mouvements et elle trouvait de toute façon, ce vêtement trop désagréable pour le porter tous les jours. À la place, elle portait désormais l'uniforme des garçons. On s'était à peine étonné là-dessus, les professeurs un peu plus mais Alix avait souligné le fait qu'il n'était écrit nul part qu'un garçon n'avait pas le droit de porter l'uniforme des filles ( bizarrement, elle avait longuement fixé les Serpentards en disant cela ) et inversement, tout en agitant le gros livre de la Charte de Poudlard. Autour on s'interrogeait tandis que James - apparu à la suite d'Alix_, s'entretenait rapidement avec les deux autres instructeurs mais la brunette dut sentir les regards pesant sur elle puisqu'elle rouvrit les yeux et fusilla tout le monde du regard. À cela, la majorité se détourna, seuls restèrent quelques regards persistant.
« Pourquoi vous ne leur faîtes pas faire des tractions pour le temps restant ? Proposa l'air de rien Alix, les yeux toujours fermés. Il ne reste que vingts minutes. ( puis, voyant l'air hésitant de Drew ( puisque James était reparti sait-on où ) elle reprit avec un air moqueur / elle en voulait toujours aux Serpentards de ne pas même avoir pris de ses nouvelles/ ) Perso, ça m'éclaterait de voir comment se débrouillent les sang-purs. Après tout, ne dit-on pas qu'ils sont meilleurs dans tous les domaines ? »
Sa phrase apporta des sourires sur les visages des nés-moldus et sang-mêlés tandis que les héritiers de sang-purs se renfrognaient. Ils n'auraient pas cru que l'italienne les rembarrait ainsi. Franchement, pourquoi était-elle si froide en ce moment ? Elle ne croyait quand même pas qu'ils étaient derrière le cadeau empoisonné ?! Si c'était le cas, elle les connaissait très mal. Les Serpentards étaient doués pour leur prudence. S'ils devaient faire une blague à quelqu'un, ils auraient mesuré les risques. Non seulement ils ne se seraient pas fait prendre ( la ou les personnes qui avaient fait le coup ne s'étaient pas fait prendre non plus ) mais ils auraient aussi veillé à ce qu'il n'y ait pas de dérapage et que leur victime ne risque pas d'y passer. Ils n'avaient pas eu les détails quant à ce qui était arrivé mais apparemment le venin avait paralysé tout le système nerveux et la jeune fille aurait pu y rester. Ils avaient entendu en laissant traîner leurs oreilles que leur camarade Serdaigle avait perdu connaissance sous l'insupportable douleur. Bref, ils n'étaient pas derrière tout cela et ils ne comprenaient même pas qu'elle puisse les soupçonner d'être les auteurs de cette mauvaise blague.
Presque tout le monde à Poudlard considérait l'incident de quinze jours plus tôt comme une simple blague ratée. Quelques uns cependant étaient sceptiques. Principalement ( en dehors de leurs amis mafieux ) : des Serdaigles ( ben oui, fallait s'en douter ), les jumeaux et Harry. Ceux-ci étaient venus la voir peu après sa sortie de l'infirmerie. Ils lui avaient brièvement posé des questions. Quand ils avaient émit l'hypothèse que le colis n'était pas issu d'une plaisanterie douteuse, leur camarade n'avait pas nié. Elle avait simplement détourné le regard et fait mine de s'endormir. Ils avaient compris, n'avaient pas insisté et étaient partis après lui avoir souhaité une bonne nuit.
Une sonnerie retentit, sortant chacun de ses pensées ou de ses exercices ( parce que Drew considérait vraiment l'idée d'Alix de leur faire faire des tractions ) et Alix soupira tandis que les nés-moldus - ou toute personne ayant vécu dans le monde moldu_, se demandaient toujours comment la technologie moldue pouvait fonctionner ici. James glissa entre les élèves et tendit la main vers Alix, laquelle était assise quelques mètres plus loin.
_ Pas de portable pendant les cours, Al', tu connais les règles.
Pour toute réponse, la brunette renifla.
_ Je ne fais pas partie de ce cours et tu devrais vraiment leur faire faire des tractions. Certains ont l'air assez mous.
Bizarrement, ses regards portaient une nouvelle fois sur les sang-purs. James cependant était toujours en train de tendre la main et Alix soupira. Elle plia son bras avant de balancer son smartphone et James l'attrapa au vol. Alors, il regarda l'écran puis lui jeta à nouveau le portable. Le lancer était moins puissant et la Pilloni dut plonger en avant – manquant de manger de l'herbe, pour le rattraper. Et elle jeta un regard incrédule au boss. Lequel lui répondit, impassible :
« T'as raison, t'es pas en cours. Décroche. »
Alix pencha la tête sur le côté puis regarda l'écran de son téléphone et sursauta avant de faire un bond, se dirigeant vers le fond de la cour. Le groupe de Serpentard de sixième et septième années avec qui les jumeaux avaient l'habitude de traîner lancèrent discrètement un sortilège d'écoute, bien que cela ne servit à rien puisqu'ils ne comprirent pas la langue parlée par la brune et son interlocuteur. Alix de son côté, stressait très légèrement.
« Alix Pilloni, fit-elle en décrochant.
_ Je sais que c'est toi qui as récupéré le chargement. » Répondit la voix à l'autre bout du fil.
Oh-oh. La jeune fille se tendit alors qu'elle comprenait à quel point elle était dans la merde. À quel point, ils étaient dans la merde. Hayden et elle avaient participé à une mission peu avant leur 'transfert' à Poudlard. Ils avaient espionné un gang de rue – Szuga, qui faisait de plus en plus de bruit. Ceux-ci faisaient de l'argent en dealant. Cependant, récemment, l'affaire avait pris de l'importance quand ils avaient commencé à faire affaire avec des revendeurs d'armes et autres. Quelques semaines avant l'assignation de leur nouvelle mission, les jumeaux avaient espionné une rencontre durant laquelle ils avaient appris que le gang en question allait transporter plusieurs kilo d'héroïne. James n'avait pas apprécié les nouvelles. La rue Gria faisait parti de leur territoire et seuls certains dealer étaient autorisé à 'travailler' là. Le gang en question n'était jamais venu à leur rencontre et avait désobéit à plusieurs règles posées par les Sïonelli. De plus, ils n'avaient pas payé la 'taxe'. Les petits dealers du coin payaient pour faire affaire ici, car c'était l'un des quartiers où ils faisaient le plus d'affaire et que ce quartier faisait parti du territoire de la Familia. La police ne passait pas trop dans ce quartier. C'était l'un des endroits les plus riches d'Italie, mais c'était aussi l'un des mieux sécurisé par les Sïonelli, Famille très importante au pays. La police ne voulait pas prendre le risque de les irriter. Bref, après plusieurs semaines de filage et d'espionnage, les jumeaux étaient parvenus à trouver l'endroit où ils stockaient toute la drogue et avaient récupéré les kilos d'héroïne et l'avaient refourgué aux hommes de main de James qui l'avaient revendu à l'extérieur du pays. Peu de temps après, cinq hommes du gang Szuga avaient été retrouvés dans cette même rue, massacrés. Ce devait être l'œuvre des acheteurs, probablement, ou peut-être de leurs employeurs, les jumeaux n'étaient pas trop sûr.
Alors même que l'autre voix avait commencé à parler, Alix avait sortit un autre téléphone intraçable pour envoyer un message à Jackson, lui demandant de tracer l'appel et de trouver toutes les informations qu'il pouvait sur son inconnu.
_ Pardon ?
_ Le carnage de la rue Gria. C'était nous.
Merde !
_ Ah ? Et alors, en quoi ça me concerne ?
Apparemment, il n'avait pas capté qu'ils étaient plusieurs dans l'affaire, autant le laisser croire cela.
_ Je veux récupérer mon chargement. Débrouillez-vous pour vous le procurer.
_ Oi, oi ~ et pourquoi ferai-je ça ?
Il y eut du bruit à l'autre bout du téléphone et la brunette fronça les sourcils. Il y eut un cri, un ''Lâchez-moi !'', un bruit sourd et puis plus rien. Mais Alix avait reconnu – avec un peu de mal certes, la voix. Elle jura tout en pâlissant.
_ Il se pourrait que nous vous renvoyons votre cher Jackson en plusieurs morceaux. Qu'en dîtes vous ? Nous commençons par l'oreille ? Ou par un doigt ?
La Pilloni étouffa une injure et se frotta le front. Comment était-ce même possible ? Il fallait qu'ils contactent Jackson d'urgence pour savoir si celui-ci étaient réellement entre les mains des employeurs des Szuga. Mais Alix ne comprenait pas : Jacks était un vrai geek, il passait son temps à la Casa, ne sortait jamais, il était toujours sur un écran, occupé à bidouiller. Comment avait-il pu être pris ?
_ Le doigt ? Oui, je pense que c'est une bonne idée. Dépêchez-vous.
Le bruit de la tonalité la sortit de ses pensées et elle jura avant de se diriger à toute vitesse vers James. Celui-ci était assis, l'air tendu, regardant ses deux lieutenants encourager les étudiants à faire des tractions.
« James on a un méga problème, lâcha-t-elle dès qu'elle fut à côté de lui.
_ Qui était-ce ? Demanda James dans la langue maternelle de la Pilloni.
_ Tu te souviens des membres d'un gang, massacrés à Gria ?
_ Comment oublier une telle boucherie ? Marmonna James. Et. . ?
_ Je viens d'avoir les pseudo-employeurs de ces gars à qui on avait repris la drogue. Ils disent qu'ils ont Jackson. »
Le boss des Sïonelli fronça les sourcils et se raidit. Puis il fit signe à Geez de venir, tandis que Drew s'occupaient toujours des morveux – qui ne faisaient pas grand-chose.
James lui expliqua succinctement la situation avant de lui ordonner d'appeler la Casa pour savoir si Jackson était là. Si on leur répondait par la négative, il faudrait prévenir leurs hommes de main. Alix, resta là, à admirer le travail, avant de se redresser.
_ Faut-il préparer une monnaie d'échange ? Je crois que la famille Jones pourrait nous aider.
Geez, qui revenait de son appel, lui lança un regard incrédule.
_ Jones ? Mais ils sont complètement tarés ces gars. Si tu leur demandes un service, tu dois leur rendre le centuple !
_ Je sais ! Mais ceux sont les plus qualifiés pour ça. À moins que l'on ne règle ça seuls ? Si j'en crois ton humeur, Jacks n'est pas à la Casa.. ?
La grimace de Geez répondait pour lui. Alix porta la main droite à ses lèvres et commença à se ronger les ongles, se recevant une tape de son supérieur.
_ Ne fais pas ça.
La brunette renifla et leva les yeux vers le parrain de la Famiglia.
_ J'attends que l'heure soit terminée et je cours prévenir Hayden. Dois-je en parler à Jason ?
James considéra la question avec un froncement de sourcil.
_ Non, j'irai lui parler moi-même ce soir. Écoute, toi et Hayden allez-vous rendre là-bas et prendrez les commandes, d'accord ? Vous êtes ceux qui connaissez le mieux l'affaire. Je ne tiens pas à apporter la suspicion du directeur en m'absentant avec Drew et Geez. Vous, vous n'assistez pas toujours aux repas et si on pose des questions, on aura une excuse pour vous. Prévenez-nous s'il y a des complications. Si vous êtes blessés, rendez-vous à l'infirmerie, Mme Pomfresh ne sera pas un problème. Elle est tenue au secret.
Alix acquiesça.
_ Bon. Soyez prudent.
_ Compris.
Sur ce, elle quitta précipitamment la cour de métamorphose. Ce n'est qu'à cet instant qu'elle remarqua que Jason n'était pas venu au cours d'auto-défense. Ça ne l'étonnait pas : c'était un cours supplémentaire et Jay savait déjà se défendre sans une baguette. C'était déjà une surprise en somme qu'il se soit inscrit à cette option... il ne fallait pas trop lui en demander.
La jeune fille attendit que son frère sorte du cours de Trelawney – cours auquel elle n'avait pas songé à retourner après son entrevue avec le directeur. Hayden sortit en compagnie d'Isis, laquelle les salua distraitement avant de poursuivre son chemin. Alix haussa les épaules devant le comportement de sa camarade mais n'y pensa plus : ils avaient des choses plus importantes à faire.
« Ali ?
_ Pas le temps. Les employeurs des Szuga viennent de téléphoner. Ils ont Jacks. On doit y aller. »
Hayden devint immédiatement sérieux.
_ Jay vi -
_ Non. Il ne doit pas être mis au courant. Il ne sait pas pour cette mission. James lui expliquera tout. On n'a pas le temps.
Hayden opina, bien qu'un peu déçu et les deux prirent le chemin du hall, partant d'un pas pressé. Ils croisèrent Harry et les jumeaux en chemin et les saluèrent avant de continuer leur route... jusqu'à ce qu'Alix ne s'arrête subitement.
« Harry ! »
Harry et les jumeaux roux se retournèrent en entendant la Serdaigles et lui adressèrent un regard interrogateur.
_ Oui ?
_ On a besoin de toi. Si on ne vient pas au dîner et que les professeurs ou le directeur pose des questions, peux-tu lui donner une excuse s'il te plaît ?
Harry réfléchit quelques instants puis acquiesça, souriant timidement aux deux Pilloni.
_ Je dirais que vous ne sentiez pas bien et que vous ne le vouliez pas aller à l'infirmerie à cause de vos nombreux séjours répétés. Comme vous n'avez plus cours aujourd'hui, ça devrait aller.
Alix hocha frénétiquement la tête.
_ Merci ! Tu es génial Harry !
Avant que Harry n'ait même eu la chance de formuler une réponse, les jumeaux italiens avaient déjà disparu.
James, assis à la table professorale, pouvait sentir les regards suspicieux qui pesaient sur lui. Seulement, habitué à ce genre de regards à chaque fois qu'il croisait des représentants de l'autorité, il n'y fit pas trop attention – surtout parce que les regards provenaient des élèves, et continua à creuser des trous dans son assiette ( il s'en fichait après tout, c'était le directeur qui payait pour ça ). à vrai dire, lui et ses deux lieutenants étaient davantage inquiets pour trois membres de leur famille. Jackson était le plus urgent. Celui-ci était retenu par un gang de rue qu'ils avaient viré après avoir récupéré la drogue qu'il s'apprêtait à vendre. Ils avaient une bonne raison de leur en vouloir – bien que techniquement, le gang était en cause, mais allez leur dire ça, vous. Néanmoins, les jumeaux n'avaient pas appelé une seule fois, ce qui était tout de même assez préoccupant. Ils avaient quitté Poudlard à quinze heures et quelques et plus une nouvelle depuis. Ils étaient probablement encore là-bas sinon ils auraient téléphoné. James pouvait très bien appeler la Casa pour avoir des nouvelles parce qu'il était à peu près certain que l'un des gars devait guider les jumeaux, peu importe où ils pouvaient être bien que James soit certain que ceux qui retenaient Jackson devaient se cacher dans un vieil entrepôt – les petits gangs de rues étaient tellement clichés que ça ne l'étonnerait pas. Passé dix-neuf heures, alors qu'il calait sur sa part de tarte à la mélasse, James leva les yeux vers la table des Serdaigles et la balaya. Ils n'étaient toujours pas là. Il échangea un regard avec ses deux lieutenants et secoua la tête lorsqu'ils lui proposèrent de quitter la salle. Ça aurait paru trop suspect. Déjà que Dumbledore avait lui aussi remarqué l'absence des jumeaux. Le fait que Jason soit là... James ne savait pas si c'était une bonne ou mauvaise chose.
Theodore fronça les sourcils lorsqu'il nota l'absence des jumeaux Pilloni. Ça n'était pas normal. Pas qu'il y ait grand-chose de normal avec ces deux-là – trois si l'on comptait Carler, mais dans ce cas là on pouvait ajouter tous ceux qui avaient un lien avec les Pilloni. Justement, alors que les plats disparaissaient et que les premiers élèves commençaient à partir – Theo nota que Potter et les jumeaux Weasley, avaient l'air assez raides en quittant leur table_, le directeur passa entre les tables des aigles et des serpents et s'arrêta devant.. Larkos ?_, pour lui parler.
« Miss Larkos, avez-vous vu Miss et Mr Pilloni ?
_ Pas depuis la fin du cours de Divination, monsieur le directeur mais ils étaient assez pâles.
_ Je vous remercie Miss Larkos. Harry mon garçon ? » fit-il lorsqu'il aperçut le survivant, entouré de deux rouquins identiques.
Potter se figea, le corps rigide et les yeux baissés puis se tourna lentement, toujours encadrés par des jumeaux aux sourires crispés. Néanmoins, les trois approchèrent lentement le directeur – et par conséquent les Serpentards, qui n'avaient pour le moment pas encore bougé.
_ Professeur ?
_ Avez-vous vu Alix et Hayden Pilloni ?
Theo vit Harry fixer résolument la barbe du directeur et non les yeux de celui-ci. Lui avait-on parler de la légilimencie ? Les jumeaux Weasley en étaient bien capables en effet..
_ Oui professeur. Les jumeaux ne se sentaient pas bien ils.. ils sont rentrés aux dortoirs des Serdaigles.
_ Pourquoi ne sont-ils pas allés à l'infirmerie ? Insista le directeur, suspicieux.
Harry se mordit innocemment les lèvres puis répondit à la question.
_ Ils ne voulaient pas y aller. Vous savez, ils y sont allés de nombreuses fois déjà. Ils préféraient éviter.
_ Je crois que Madame Pomfresh – commença George, espiègle.
_ Leur fait peur. Termina Fred, un sourire identique aux lèvres.
Le directeur resta un instant pensif puis acquiesça.
_ Je vous remercie les garçons.
Les trois Gryffondors acquiescèrent puis hochèrent la tête vers les verts et argents avant de se détourner d'un même mouvement, les deux Weasley se rapprochant nettement de Potter dans un geste de protection. Le directeur était déjà parti quand les verts et argents entendirent – ils avaient toujours un sort d'écoute dans la Grande Salle, comment croyez-vous que les filles de Serpentards avaient-elles pu devenir les langues de vipères de l'internat ?_, les trois lions :
« Ils sont toujours au château ?
_ Je ne pense pas. Je ne peux pas sentir leurs empreintes magiques.
_ Depuis quand peux-tu sentir ça Ry ?
_ Ah ah... euh... je ne sais pas. Depuis l'an dernier peut-être. Enfin, bref. Je crois qu'ils ont quitté le château depuis un moment. S'ils ne sont pas là demain il faudrait mieux que l'on trouve une excuse durable. Surtout s'ils décident de fouiller les dortoirs de Serdaigles et qu'ils n'y sont pas.
_ Je suis sûr qu'ils seront là avant le début des cours. Peu importe ce qu'ils ont de si urgent à faire. Allez viens, tu dois être crevé.
_ Hey, je vais bien. Je ne suis pas en sucre.
_ À te voir, on pourrait en douter.
_ Fred ! »
Alix, juste derrière son frère, dégaina lentement son revolver tandis qu'ils avançaient dans le couloir à peine éclairé d'un vieil entrepôt - 'tellement cliché'_, situé à côté d'une ancienne usine de textile. Arriver jusqu'ici avait déjà été tellement difficile. Les doigts d'Alix tremblaient légèrement lorsqu'ils se resserrèrent sur l'arme. Bien qu'elle soit un assassin professionnelle – et malgré ce que l'on pourrait croire_, Alix n'éprouvait aucun plaisir à tuer. C'était juste que.. on ne s'attaquait pas impunément à la Famille et en sortir indemne. D'autant plus que, comme Hayden passait son temps à le lui rappeler, les types qu'ils abattaient n'étaient pas exactement – pas du tout en fait, des modèles d'exemples. Hayden fouilla dans le sac qui était accroché dans le dos de sa sœur et en sortit la sécurité qu'il donna à Alix. La jeune fille mit le silencieux sur son arme et hocha la tête pour son frère après avoir vérifier que le couloir était dénué de vie. Aucun d'eux ne parlait. Ils n'avaient pas vraiment envie de se faire prendre et n'avaient rien à dire. Après tout : qui sait, peut-être leurs ennemis avaient-ils placé des micros vers les entrées pour prévenir en cas d'attaque. Les deux jeunes gens se glissèrent silencieusement dans l'allée tout en veillant à ne pas avoir de mauvaises surprises. Hayden vérifia qu'il avait bien des chargeurs en plus accrochés à sa ceinture et Alix passa une main dans ses poches intérieures à la recherches de ses couteaux. C'était un geste inconscient, juste pour se rassurer. Aucun n'aimait se sentir vulnérable et encore moins à un moment pareil. Ce qui les embêtait le plus honnêtement, c'était que depuis qu'ils avaient lâché la surveillance de ce gang, ils ne savaient pas du tout ce qu'étaient devenus les membres, s'ils étaient toujours ensemble, combien ils étaient ce moment, s'ils étaient bien armés etc.. ils ne savaient rien. Et c'était vraiment mauvais à bien y réfléchir. Malheureusement, ils ne pouvaient pas retourner en arrière. James, Geez et Drew étaient à une réunion des professeurs et leurs amis seraient informés par les 'adultes'. Quant aux autres...
''Red, Black ?''
Hayden sursauta et les deux adolescents posèrent une main contre leurs oreilles afin de presser davantage l'oreillette et mieux entendre.
''Oui ?'' firent-ils d'une même voix.
'' L'entrepôt dans lequel vous vous trouvez est un bâtiment qui sert de lieu de négociation entre les Veleno, les Jones et les Sïonelli. Il est sous surveillance. Je me suis entretenu avec Le Rouge puisque ce sont les membres de sa Famille qui ont équipé l'entrepôt avec des caméras. Ils ont accepté de nous laisser libre accès, on va pouvoir guider.''
Les deux adolescents laissèrent échapper un soupir de soulagement.
_ Génial. Chuchota Alix.
Les deux adolescents s'étaient bien équipés pour cette mission. Ce n'était pas uniquement des armes qu'ils portaient sur eux. Ils avaient tous deux micros et oreillettes pour se laisser guider par les gars et pour avoir des nouvelles.
''Okay, vous avez quelque chose ?''
La ligne grésilla un instant puis la voix légèrement étouffée de Loïs leur parvint.
''Désolé pour ça, Jena a laissé tombé son café. Alors, apparemment, Jackson est enfermé dans la salle de conférence ou ce qui sert de salle de conférence. Elle se trouve au premier étage, vers le fond du couloir, je vous envoie le plan.''
''Merci.''
''Okay les gosses'', fit la voix de Sam. ''J'ai une grande nouvelle pour vous.''
''Quoi ?''
Nouveau grésillement.
''Désolé, franchement, le réseau est mauvais ici, le gang a du installer un brouilleur. On risque d'être coupé à n'importe quel moment donc je vais être bref et si on est coupé, vous aurez les plans avec vous.''
_ Pourquoi ai-je l'impression qu'on part sur une mission à la James Bond ? Maugréa Alix en regardant sur son écran les plans qu'ils venaient de recevoir.
''C'est encore mieux que James Bond.'' reprit Loïs. ''Tout d'abord, Jackson est encore entier pour le moment.''
Les deux adolescents soupirèrent de soulagement, mais la voix rauque de Loïs reprit aussitôt.
''Ensuite, vous devriez voir une cage d'aération pas loin.''
Les jumeaux échangèrent un regard après avoir jeté un coup d'œil à l'endroit en question.
''Ne me dis pas -''
''Vous allez bien vous amusez. Et n'oubliez pas, effet de surprise garanti. On pense toujours que ça n'arrive que dans les films. Vous pouvez être sûr de faire dans la surprise avec ça.''
''On va se paumer.''
''Mais non. Allez, on va essayer de vous guider le plus possible.''
_ Vachement rassurant, rumina Hayden.
Les deux jeunes gens poussèrent un soupir découragé avant que la brunette ne fasse quelques pas et ne s'arrête pour s'accroupir devant la cage.
_ Mon dieu je ne le sens pas. Bon, comment ouvrir cette fichue chose ?
Heureusement, les deux Pilloni se ramenaient souvent avec des trucs farfelus dans leurs poches et il se trouva que Hayden arracha de son sac un tournevis avec lequel il s'empressa d'ouvrir la cage. Vous allez vous dire : pourquoi n'utilisez-vous pas la magie ? Simple, ils préféraient éviter un épuisement de réserve magique et nettoyer l'entrepôt de tout résidu magique pour effacer leurs traces seraient extrêmement complexes et éreintant. Et ils n'avaient pas le temps pour ça.
« Honneur aux femmes. » lâcha Hayden lorsqu'il eut terminé.
Sa sœur haussa un sourcil.
_ Dis surtout que t'as peur de ce qui pourrait traîner là-dedans, comme.. des rats par exemple ?
Hayden prit un air indigné – bien que son visage passa par plusieurs nuances différentes_, mais Alix se faufilait déjà dans l'étroit conduit d'aération. Il était une chose dont les jumeaux ne parlaient jamais : c'était la phobie des rats d'Hayden. Celui-ci éprouvait une peur irrationnelle pour cette petits rongeurs et pouvait fuir à l'étage à grands cris quand, à la casa, l'un des gars parlaient de rats. Cela faisaient beaucoup rire les autres et même Alix en riait parce qu'elle savait que la phobie d'Hayden pour ces petites choses venait d'une mission qui n'avait pas.. et bien, elle avait été facile. Mais depuis Hayden haïssait les rats. Chose étrange, cela ne s'appliquait pas aux souris. Tant mieux peut-être. Alix rampa doucement, son frère la suivant juste derrière.
« Al ?
_ Oui ?
_ Ne pète surtout pas. »
L'arrêt soudain de la jeune fille n'étant pas prévu, Hayden se prit une basket dans la figure et jura faiblement.
_ Alix.. grogna-t-il en se tenant le visage.
_ Oups. Ta faute.
Leur quête reprit doucement mais à un rythme malgré tout soutenu. Les deux adolescents ne pouvaient se permettre de perdre du temps alors que leur camarade pouvait à tout moment perdre un doigt.. ou plus.
''Okay, à la prochaine intersection, vous allez tout droit.''
Hayden souffla et rampa à son tour. Il pouvait sentir ses vêtements lui coller dans le dos et la sueur sur ses joues et son nez. C'était tellement étroit et il y faisait une chaleur étouffante.
''Ça va être long ?''
''Euh... tu ne veux pas savoir.''
Les deux Pilloni suivirent à la lettre les instructions qui leur étaient données. Ils avaient déjà failli perdre le contact plusieurs fois et Alix commençait à regretter d'avoir suivi les conseils des gars et d'être passée par le conduit d'aération. Sérieusement, ils étaient des sorciers. Elle commençait à se demander si elle n'aurait pas préférer se taper l'extrême nettoyage quand elle remarqua un voyant clignotant. Il lui fallut plusieurs secondes pour reconnaître l'engin et elle jura, frustrée :
_ Putain d'merde pourquoi y a un détecteur de mouvement ?!
_ Euh.. Al ? Fit Hayden, pas très rassuré. ''Les gars, qu'est-ce qu'on fait ? On n'est pas des putains d'espions, on est mal on est - ''
''Calmez-vous.''
La voix autoritaire de James les calma net. Il était là. La réunion devait être terminée alors et il avait été mis en relation avec eux. Mais si c'était le cas... quelle heure était-il au juste ?
_ Il y a un détecteur de mouvement les gars. Souffla Al, les yeux rivés droit devant elle. Est-ce que ça vient des Jones ça aussi ?
'' Pas que je sache. Ce doit être les Szuga qui l'ont installé pour prévenir toute infiltration.''
Hayden jura bruyamment et Alix était certaine que de là où il était, James grimaça. Après tout, n'était-ce pas eux qui leur avaient appris à jurer comme des charretiers ?
'' Y a-t-il un moyen pour que vous piratiez le serveur informatique de l'entrepôt et désactiviez le détecteur ? On peut plus faire demi-tour là, ce serait trop long.''
''On bosse là-dessus. Attendez juste.. quelques petites minutes..''
Alix laissa son front reposer contre la surface lisse. Ils étaient dans ce conduit depuis dix minutes, mais déjà, l'air était étouffant et ils avaient de plus en plus de mal à prendre des bouffées d'air. C'était embêtant. Ils n'aimaient pas être à l'étroit. Aucun d'eux. Avant même que Loïs ne leur dise que c'était bon, Alix vit la lumière rouge s'éteindre et commença à avancer, remerciant leur guide pour son aide précieuse. Ses mains étaient moites et le tissu de son pantalon lui collait aux jambes mais elle ne prit pas de pause. Sa nuque était raide, mais elle ne s'arrêta pas. Pas plus que son frère qu'elle pouvait sentir juste derrière lui.
_ Le réveil va être difficile.
_ Si on survit jusque-là.
_ Ne fais pas le difficile. Tu ne peux pas mourir avant d'avoir danser avec ton prince pas très charmant.
Même si elle était devant, Alix était certaine que son frère était rouge pivoine à en croire ses bafouillages. Malgré tout, ils ne pouvaient se permettre de perdre inutilement du temps. Qui sait, Jackson avait peut-être perdu un doigt maintenant ? Quoique.. ils l'auraient sans doute entendu vu l'endroit où ils se trouvaient.
_ Jacks' est toujours entier ?
''Pour l'instant oui. Je crois qu'ils sont plus axés sur la torture mentale que physique. Ça devait être pour vous faire peur.''
_ Génial.
Hayden poussa sur ses bras et ses jambes pour avancer plus vite. C'était dans ses moments-là qu'il était heureux d'avoir continuer ses entraînements avec sa jumelle à son arrivée à Poudlard.
_ Où allons-nous maintenant ?
''Tournez à droite à la prochaine intersection. On va désactiver tous les pièges et détecteurs pour vous et -''
La ligne coupa. Les deux Pilloni jurèrent en silence mais au moins, ils savaient que les gars couvraient leurs arrières.. ou peut-être était-ce leurs avants ?
La salle commune des Serpentards était plus calme que d'habitude. En effet, depuis qu'un grand hibou noir comme la nuit et aux plumes soyeuses était entrée - par une entrée connue seulement des les hiboux et chouettes, les rares chuchotis étaient discrets. Blaise Zabini, qui faisait ses devoirs avec son colocataire Theodore Nott, avait pris la missive d'une main tremblante et avait commencé à la lire. La lettre était longue. Plusieurs pages en fait. Outre les longues embrassades virtuelles et les salutations habituelles accompagnées des dernières nouvelles, Lord Zabini avait également fourni une ou deux pages dans lesquelles il répondait aux questions de son fils et héritier.
« Mon père connaissait les Pilloni. » dit-il en clignant des yeux.
Cette seule phrase apporta un silence complet avant d'être coupée par un Draco impatient ( en fait, peu le savaient mais le fils Malfoy pouvait vraiment être adorable, quand rendu impatient ).
_ Alors ?
_ Il dit qu'il était ''associé'' en quelques sortes avec la famille des jumeaux. Les parents des jumeaux s'appelaient Vicenzo et Adria Pilloni. Tous deux sont des héritiers de sang-pur et tous deux étaient italiens. Papa les connaissaient assez bien. Il était dans l'école de magie de Vicenzo Pilloni et ils avaient partagé un dortoir pendant quatre ans – oui parce que l'école dans laquelle ils étaient était divisée en un collège et un lycée. Ils se sont retrouvés dans les études supérieures et mon père a apparemment assisté à la naissance des jumeaux. Résuma-t-il, ses yeux parcourant la lettre.
_ C'est tout ?
_ Non ce n'est pas tout, mais c'est déjà pas mal si l'on considère le fait que Theo et moi cherchons des infos depuis leur arrivée sans rien trouver.
Blaise se tut et fronça les sourcils en relisant la lettre.
_ Il me déconseille de me les mettre à dos. Apparemment, ils sont impliqués dans des affaires d'adultes. Je ne comprends pas trop là..
_ Quoi, fais-voir.
Blaise tendit la missive au préfet Flint et celui-ci relut les passages intéressants :
« Vicenzo et Adria se sont rencontrés à l'école lorsqu'ils devaient avoir sept ans. Ils se disputaient toujours la victoire du plus grand farceur de l'école ( à cela Flint eut une pensée pour les jumeaux Weasley sans se douter que ceux-ci, installés dans la salle commune avec Petit Harry, éternuèrent ). Ils n'étaient pas dans la même école au collège et au lycée et ne se sont retrouvés que par hasard dans les années supérieures à cause de – euh... ton père s'est arrêté là. Je crois qu'il n'a pas envie d'entrer dans certains détails. Bref, Adria et Vicenzo se sont mariés à dix-neuf ans et Adria Pilloni est tombé enceinte à vingt ans. »
L'héritier Flint s'interrompit quelques instants.
_ S'il te plaît Blaise, réfléchis bien et ne te les mets pas à dos. Je suis heureux que tu t'entendes bien avec eux mais tu ne dois pas oublier que si tu te montres trop curieux les Pilloni sont réputés pour leur sang-chaud. Ils restent très impulsifs malgré leur gentillesse. Écoute, j'ai entendu de tristes nouvelles sur les Pilloni depuis que j'ai quitté Azkaban mais je ne sais pas encore ce qu'il en est et si tel est le cas je pense qu'il vaut mieux que ce soit les gamins qui t'en parlent. Quoiqu'il en soit s'il te plaît, remercie-les de ma part. Ne t'en fais pas pour ça, je suis persuadé qu'ils comprendront.
La suite se perdait dans des mises en garde concernant la sécurité de Blaise tout en continuant à lui demander de ne pas harceler ses camarades. Puis il y avait une série dégoulinante et bien guimauve sur les ''bisous et bon séjour, n'oublie pas de m'envoyer une lettre etc...'' mais Marcus voulait bien passer ça, parce qu'il savait que treize ans à Azkaban, ce devait être horrible. Antonio Zabini ne voulait certainement pas perdre son fils avant même de l'avoir retrouvé.
_ Pourquoi veut-il les remercier ?
Marcus haussa les épaules, de même que les autres Serpentards mais Theo fronça les sourcils et mordit le bout de sa plume.
_ Et bien.. peut-être qu'ils ont un lien avec la libération de ton père.
Blaise releva la tête si vite que Miles Bletchley eut mal au cou rien qu'à le regarder faire.
_ Que veux-tu dire ?
_ Et bien, vous ne vous souvenez pas ? Ils étaient au courant pour ton père avant même que les hiboux ne distribuent le courrier. On a supposé qu'ils avaient des contacts haut-placés. Mais ce n'était peut-être pas uniquement ça. C'est étrange, non ? Que deux élèves de transferts arrivent à Poudlard alors que cela n'était pas arrivé depuis des décennies et maintenant, ton père a droit à un procès sous veritaserum et est déclaré libre.
Blaise n'avait encore jamais pris la chose de ce point de vue-là. Soudain, le jeune homme eut une illumination et se redressa brutalement faisant sursauter Cassius qui était assis à ses pieds.
_ Quelqu'un a le journal avec l'article sur la libération de mon père ?
_ Huh ?
_ Ici !
Remerciant Miles, qui gardait toujours les coupures de journaux les plus intéressants, Blaise prit le journal et observa attentivement la photographie qui siégeait sous les gros titres.
_ Dîtes, ça va vous paraître un peu fou mais... ces deux gars encapuchonnés...
Sortir du conduit n'avait pas été une mince affaire. Les jumeaux s'étaient retrouvés juste au niveau du plafond et avaient du atterrir sans faire le moindre bruit étant donnés qu'ils étaient juste à côté de la salle où était gardé Jason. Le problème était que juste sous la cage d'aération se trouvaient plusieurs boîtes en carton contenant probablement des trucs. Alix aimait parfois jouer les ninja, mais y avait des limites. Ils venaient juste d'atterrir lorsque le cri de Jackson leur glaça le sang. C'était un cri déchirant et les jumeaux avaient peur de deviner la cause du cri. Le gang de Szuga était plus axé sur la torture mentale, mais avaient-ils à ce point perdu patience qu'ils avaient décidé d'aller sur la torture physique ? Hayden passa devant elle et lui fit un signe de la main qu'elle traduisit par un simple ''Tu me couvres ?'' auquel elle acquiesça vivement. Ils étaient armés jusqu'aux dents ( et c'était peu de le dire ). Le jeune homme inspira un bon coup et resserra son emprise sur son revolver. Ils ne pouvaient pas se planter maintenant. S'ils avaient bien suivi les plans, ils étaient juste devant la bonne salle. Et elle n'était même pas gardée. Tch. Tant mieux, ça signifiait moins de travail pour eux, mais cela voulait aussi dire qu'ils devaient tous être regroupés dans la salle. Hayden espérait qu'ils n'étaient pas trop armés. Ça pourrait tourner en mission suicide si jamais c'était le cas. Les deux Pilloni se faufilèrent dans une alcôve lorsqu'ils entendirent des bruits de pas. Les lèvres de la brunette remuèrent et Hayden comprit sans mal le message ''J'le prends.''. Ils n'étaient, après tout, pas jumeaux pour rien. Le passant était un petit gars trapu tout en muscle. Alix se glissa en silence derrière lui et l'assomma proprement avec la crosse de son arme. L'inconscient s'effondra et Hayden rejoignit sa sœur pour l'aider à le traîner dans l'alcôve où il ne serait pas découvert avant un moment.
« Doit-on les éliminer ? Ou juste les endormir ? » demanda-t-elle alors qu'il dépouillait l'homme de ses papiers d'identité ( quand bien même ils étaient faux, c'était toujours des infos de gagner ). Le brun posa un regard sérieux sur sa sœur.
_ Ils ont méprisé les règles sur notre territoire, ont attaqué des petits dealer autorisés à vendre dans le quartier et ont pris un des nôtres. On a reçu des ordres pour moins que ça.
Alix acquiesça.
_ De toute façon, ce gang n'a amené que des problèmes, reprit Hayden. Plusieurs familles voulaient s'en débarrasser depuis un moment. Je suis sûr que notre famille pourra toucher la prime qu'ont laissé les Priard.
Alix haussa un sourcil.
_ Je n'savais pas qu'ils avaient les Szuga dans leur ligne de mire.
En réponse, son frère haussa les sourcils et marmotta quelque chose à propos d'une arnaque qui leur était restée en travers de la gorge. Une sorte de sifflement retentit dans l'air et les enfants Pilloni se figèrent un instant avant de se relaxer un tant soit peu et de reprendre leur infiltration.
_ Tu crois qu'il a eu mal ?
Alix haussa les épaules en mâchonnant sa lèvre et chargea son arme.
_ Tu sais, si le cri de tout-à-l'heure est du à une perte d'un membre, je doute qu'une gifle ait eu plus d'effet.
Ils n'eurent pas à marcher longtemps, la jeune brune s'arrêta subitement à l'angle d'un couloir, son frère sur les talons.
_ Je crois qu'on y est. Chuchota Alix.
Elle ferma les yeux pour 'connecter' sa vision aux ombres du couloir.
_ Il y a deux gars qui gardent l'entrée.
_ Balèzes ? L'interrogea Hayden.
_ Hum, réfléchit la jeune fille. On a eu affaire à pire.
_ On les attire ?
_ Ouais.
Hayden sourit et prit un tube de colle – oui, il avait un tube de colle qui ne lui servait strictement à rien et alors ? De toute évidence, le bâton de colle était devenu très utile d'un seul coup. Tube qu'il balança dans le couloir dans lequel ils étaient. Les jumeaux ne se firent alors pas prier pour monter aux murs en concentrant leur magie dans leurs pieds.
À quelques mètres de là, les deux hommes qui gardaient la porte sursautèrent en entendant un léger bruit et échangèrent un regard.
_ T'as entendu ?
_ Ouais, tu crois que c'est eux ?
_ Possible. On les maîtrise, les assomme et les amène au boss ?
L'autre acquiesça et les deux avancèrent prudemment à travers le couloir tout en sortant leurs armes. Arrivé à l'angle, ils échangèrent un nouveau regard puis tournèrent brusquement, arme en main, prêts à tirer au moindre bruit ou mouvement suspect. Juste pour tomber sur un couloir désert. Derrière eux, les jumeaux atterrirent en silence, dans une position accroupie. Ils avaient bien fait de jeter un sort à leurs pieds avant de transplaner depuis Pré-au-Lard. Alix échangea un regard avec son frère et les deux firent la grimace avant qu'Hayden ne change d'arme ( Alix avait déjà chargé son pistolet avec des projecteurs hypodermique ) pour un fusil hypodermique qui reposait dans son holster depuis le début de l'infiltration. Le léger bruit que fit Hayden lorsqu'il chargea son arme fut suffisant pour alerter les gars. Alors, ceux-ci se retournèrent vers eux et trouvèrent les deux sorciers. Hayden esquissa un sourire innocent – qui ne cadrait pas du tout avec l'arme qu'il avait en main et Alix étira un sourire penaud :
« Bon et bien, bonjour à vous.
_ Et bonne nuit. »
Et ils tirèrent. Les deux gars s'effondrèrent. Parfait. Ils avaient environ une heure avant que ces gars ne se réveillent et ne préviennent les renforts et ils espéraient en avoir pour beaucoup moins longtemps que ça. Après avoir vidé les poches des deux hommes – des moldus de toute évidence, pas comme s'ils avaient des doutes sur la nature du gang_, ils se précipitèrent devant la salle, veillant toujours à ne pas être vu. Un grésillement leur parvint et la voix de Loïs résonna dans leurs oreilles, les informant ainsi que le réseau fonctionnait ici.
''Combien sont-ils ?''
''Un peu moins d'une dizaine.''
''Oh joie.''
Alix joua un peu avec son fusil hypodermique et prit de son autre main valide une arme à feu.
_ Pas de quartier. Fit Hayden avant que tous les deux ne se glissent dans la salle.
Ils étaient chanceux dans une certaine mesure. Les membres du gang ne les attendaient pas si tôt – bien qu'ils aient apparemment éprouvés un empressement à mutiler leur otage_, et avaient commencé à boire. Le point négatif c'est que la salle regroupait les meilleurs hommes. Qui, bien que bourrés, savaient toujours viser. Heureusement cependant, ils n'avaient pas encore noté leur présence. Les deux Pilloni se faufilèrent derrière un vieux bureau où s'empilaient tout un tas de documents et quelques substances illicites. Au centre de la pièce, menotté et attaché à une chaise, se trouvait Jackson. Celui-ci semblait souffrir et les jumeaux comprirent immédiatement pourquoi lorsqu'ils avisèrent le mouchoir en sang qui était enroulé autour de son auriculaire droit. Son visage était maculé par des bleus violacés et sa chemise était tâchée de sang. Tout autour de lui étaient installés des hommes allant d'une vingtaine à une trentaine d'années. Ils étaient installés sur des fauteuils miteux, un vieux canapé aux ressorts défoncés ou même à terre, parlant et fumant autour d'une bière.
« T'aimerais en avoir, hein ? Fit l'un d'eux en se penchant vers Jackson. Allez, bois. »
Et, juste comme ça, il plaça le goulot sur les lèvres du Sïonelli et le força à boire. La moitié coula sur le menton du jeune homme et se répandit sur ses vêtements, tâchant efficacement sa chemise blanche.
Alix avisa un homme d'une vingtaine d'année et le pointa avec son arme depuis sa cachette. Elle se prépara à tirer et... le manqua. Ses yeux s'écarquillèrent, de même que ceux d'Hayden. Sa sœur ratait rarement sa cible ! La chose était compréhensible cependant : l'homme avait fait tombé une chips au moment où Alix allait tirer et s'était baissé pour la ramasser. Malheureusement, ce tout petit bruit de pression avait alerté l'un des membres du gang et il se redressa.
_ Ça.. c'était quoi ?
_ Quoi ''ça'' ? T'as du rêver.
_ Mais -
_ Allez viens, mec. Retourne t'asseoir.
L'homme dévisagea suspicieusement les environs avant de hocher la tête et de rejoindre son groupe. Un soupir de soulagement quitta les lèvres d'Alix mais les jumeaux savaient qu'ils devaient faire vite. Bientôt, ils trouveraient le projectile qui avait atterrit sur le canapé. Alors, juste comme ça, et s'en vraiment s'en soucier, les jumeaux commencèrent à tirer. Avec les deux types d'armes qu'ils avaient apporté. Pour l'instant ils étaient à l'abri, derrière le bureau ballant, mais ça n'allait pas durer longtemps. Dès que les deux premiers s'effondrèrent, et que le bruit d'un tir retentit, les autres hommes bondirent, armes en main et prêtes à usage imminent. Alix songea qu'ils allaient probablement faire un remake de la scène du combat final de Malavita bien que cette scène du film ne se passait pas dans une entrepôt mais dans un petit village français. Hayden renifla en écoutant les pensées de sa jumelles ils utilisaient rarement le Don des Jumeaux, estimant avoir tout de même droit à une vie privée – même de leur double_, mais parfois, dans ce genre de circonstance, ça pouvait être sacrément utile. Alix se cala contre le bureau et tira à deux reprises. Un cri retentit. Elle avait touché l'un d'eux à la jambe. Hayden resserra son emprise sur son pistolet et rangea son fusil hypodermique. Après tout, pourquoi juste les endormir ? S'ils voulaient toucher la prime, il faudrait faire plus.
' Mais au fait ', songea Alix. ' Ils ne vont pas nous en vouloir de détruire l'entrepôt ?'
Après tout, l'entrepôt était utilisé comme lieu neutre. Si elle avait eu plus de temps, elle aurait probablement pu arriver à une réponse digne de sa question, mais comme une balle frôla la surface du bureau, suivie par une dizaine d'autres, Al songea qu'elle devrait se reconcentrer sur la scène. La jeune fille se cala un peu plus contre le bureau, son dos plaqué contre la surface en bois et ses genoux remontés contre sa poitrine alors qu'elle tenait fermement son arme, fixant le mur tout en comptant le nombre de balles tirées. Hayden à quelques mètres d'elle, en faisait autant et les deux bondirent au même moment, se retournant pour tirer une salve de balles. La majorité arriva à bon port mais quelques unes furent égarées et terminèrent leur course dans un mur. Hayden se jeta à terre pour esquiver les nouveaux projectiles et rampa sur le côté pour atteindre un autre point de vue et attaquer dans le dos des membres du gang. Avec un peu de chance, il pourrait tirer Jackson hors du champ de bataille avant d'être attrapés.
''Les gars y s'passe quoi ?! Pourquoi j'entends des bruits de coups de feu ?!''
Ça, c'était Sam – qui devait avoir remplacé Loïs lequel devait aller au p'tit coin_, qui leur hurlait dans les oreilles avec son habituel cri paniqué. La petite brune grimaça et son inattention fut suffisante pour qu'elle se laisse tomber contre le bureau en pressant sa main droite- celle qui tenait toujours son revolver, sur son épaule gauche.
_ Merde.. maugréa-t-elle alors que le sang suintait de la blessure. Putain..
''Al c'est toi ? Qu'est-ce qui se passe ? La caméra de la pièce s'est pris une balle, tu es blessée ? Comment vont Hayden et Jacks ?''
Alix jeta un regard vers Hayden et vit celui-ci occupé à approcher les trois hommes encore debout. Il leur tirait dessus avec une precision mortelle. Un fut touché dans le dos et les deux derniers moururent sur le coup. Tout s'était déroulé si vite que Alix ne put s'empêcher de gronder en remarquant qu'il leur avait fallu plusieurs heures pour mettre au point leur infiltration dans l'entrepôt et la réussir sans se faire repérer. Et dire qu'ils avaient du mettre hors course une dizaine de novices qui gardaient l'entrée du bâtiment...
''Hayd et Jacks' vont bien. Hayden vérifie les blessures de Jack-Jack, ils lui ont coupé un doigt.''
''Et toi ?''
''J'ai connu mieux. J'ai été touchée. La balle s'est logée dans l'épaule.''
Samuel jura et Alix crut entendre James lancer une série d'injures. Elle n'en tint pas compte. Ils devaient sortir d'ici maintenant. Alors, tout en tenant plus fermement son épaule blessée, la brunette se redressa et fit quelques pas chancelant, admirant le travail effectué en quelques minutes. Finalement, les Szuga se vantaient beaucoup, mais leurs actions parlaient pour eux. Ils n'étaient pas forts, et certainement pas intelligents.
Alix parvint à se rendre jusqu'à son frère et Jackson, lequel, pâle comme un linge, fixait les jumeaux avec des yeux vitreux, ses cheveux cuivrés partant dans tous les sens.
_ Les gars...
_ T'inquiète Jacks, le rassurèrent en chœur les deux adolescents. On va rentrer à la Casa.
Cette simple phrase sembla avoir beaucoup d'effet sur l'ancien captif puisque celui-ci s'apaisa immédiatement. Il fallut attendre que les jumeaux soutiennent Jacks – lequel avait été salement amoché_, pour que Hayden se rende compte que quelque chose clochait.
« Al.. pourquoi je sens la douleur ronger notre lien de ton côté ? » demanda-t-il suspicieusement alors qu'il soutenait Jackson.
Alix grimaça et songea qu'elle devrait trouver un moyen de fermer un peu le lien parce qu'elle ne tenait pas à ressentir les émotions de Hayden lorsque celui-ci serait en compagnie de Jason. Ce serait juste trop... Ew.
_ Al ?
_ Humph ? Rien, juste blessée. Allons-y je ne veux pas rester ici et Jackson a besoin de vrais soins.
Hayden soupira mais ne dit rien, sachant qu'il ne tirerait rien de sa sœur tant qu'ils ne seraient pas dans un endroit plus tranquille. Avisant une mallette sur la table basse de la pièce, Alix s'en approcha et ordonna à son frère de faire sortir Jackson de l'entrepôt. Alors, elle contourna la table et se planta devant la petite valise. Craquer le code fut extrêmement simple et elle fut à peine surprise de trouver plusieurs liasses de billets à l'intérieur. 'Trop clichés.' gronda-t-elle mentalement. Elle devrait demander à Sam de vérifier l'authenticité des billets. Cependant, les billets n'étaient pas la seule chose présente dans la valise. Alix laissa échapper un souffle et prit son arme dans son bras valide. Elle était un assassin. Mais elle n'était pas cruelle au point de laisser des hommes agoniser et puis.. cet endroit allait brûler. Autant abréger les souffrances maintenant. La jeune femme pointa son arme sur un homme d'une vingtaine d'année et tira. BANG ! Mort. Puis sur un autre, un peu plus vieux, blessé à la jambe. BANG ! Mort. Et le dernier, endormi par une fléchette hypodermique. Mort.
Puis elle sortit délicatement la bombe de la valise et la déposa sur la table avant de récupérer la valise et les billets. Son gant noir effleura les câbles de la bombe et elle examina pendant une dizaine de minute, ignorant la douleur qui irradiait dans son épaule.
''Al ? On a trouvé une sortie de secours, on est devant l'entrepôt. Où es-tu ?''
''J'arrive. Éloignez-vous le plus possible. ''
Activer la bombe fut un jeu d'enfant. En fait, elle n'eut qu'à appuyer sur un gros bouton pour enclencher le compte à rebours. Sortir de ce trou à rat fut un peu plus complexe et elle dut se résoudre à emprunter les toits pour ne pas se perdre dans le labyrinthe qu'était ce cheminement de couloirs. Elle ne tarda cependant pas à rejoindre les deux jeunes hommes et leur sourit tranquillement, agitant la mallette avant de regarder sa montre l'air préoccupée.
« Nous allons devoir appeler Luna.
_ Oui. Quand nous serons à la Casa. »
Les trois italiens disparurent alors même que l'entrepôt explosait en flammes.
Il était sept heures quinze lorsque Potter et les jumeaux Weasley pénétrèrent la Grande Salle, le dos raide et les yeux rivés droit devant eux. Instantanément, les Serpentards se redressèrent, l'air curieux. La discussion qu'ils avaient espionné la veille les avait laissé sur leur faim mais les avait également beaucoup intrigué. Les deux Weasley et Potter avaient été les seuls à inventer une raison pour excuser l'absence des jumeaux mais ceux-ci avaient sans doute obéit à une demande de l'un des Pilloni. Donc... la vrai question était : pourquoi ? Et où diable étaient-ils ? Les jumeaux descendaient toujours prendre leur petit-déjeuner en même temps que les autres étudiant de Serdaigles, mais la table de ces derniers était presque pleine et les italiens n'y figuraient pas. La baguette tendue sous la table, Miles jeta un sortilège espion – l'un de ceux que les Slytherins réussissaient le mieux.
« Merde où est-ce qu'ils sont ?
_ Ils devraient déjà être là.
_ Peut-être que.. peut-être qu'ils dorment encore ?
_ Non. J'ai demandé à un Serdaigle de leur année, Hayden n'était pas dans son dortoir. »
Les trois Gryffondors s'arrêtèrent un instant et échangèrent un regard.
« Vous – vous croyez qu'il leur est arrivé un truc ? »
Tiens donc.. c'était la première fois qu'ils entendaient Potter bégayer. C'était un fait à noter.
_ Mais non t'en fais pas.
_ Asseyons-nous, on a l'air louche comme ça.
Les trois rouge et or s'assirent dans un silence pensif avant que Potter ne baisse la tête son bol vide.
_ Je l'sens pas.
_ Allez Harry, mange au moins quelque chose, fit Fred tandis que George versait du lait dans le bol du plus jeune.
_ En plus tu as potions après.
Potter devint translucide et il se leva, titubant presque.
_ Je crois que j'me sens pas bien.
George le rattrapa par la manche de son uniforme et le fit rasseoir.
_ Hey, chuchota-t-il doucement. C'est quoi qui t'embête ?
_ La disparition des jumeaux ? Suggéra tout aussi doucement Fred. Ou... autre chose ?
Harr – Potter secoua la tête et dévisagea brièvement les deux rouquins avant de revenir à son bol de lait et de plonger dedans.
_ Ils vont avoir des problèmes, marmotta Harry en refaisant surface. Je ne veux pas qu'ils aient des problèmes.
Les jumeaux baissèrent les yeux vers Harry puis se tendirent subitement et levèrent les yeux pour balayer la salle d'un regard perplexe et méfiant. Harry le remarqua et haussa un sourcil interrogateur :
« Qu'est-ce qu'il y a ?
_ Je sais pas trop. » fit lentement George.
Fred frissonna et étendit les bras pour s'inspecter.
_ J'ai senti comme un picotement -
_ Je ne suis pas trop sûr mais je crois que -
_ On nous a jeté un sort. Conclut Fred.
Heureusement, les jumeaux ne regardaient pas la table des verts et argents à cet instant parce que ceux-ci s'étaient statufiés, ahuris. Harry, qui avait bien sûr surpris les visages pierreux des Serpentards haussa un sourcil, curieux, mais ne dit rien et replongea dans son déjeuner.
Les deux rouquins se regardaient et murmurèrent sous leur souffle. Miles, assis à la table des serpents, jura dans sa barbe imaginaire. Le sortilège venait de lâcher.
_ Allez Harry.
_ Il faut que tu manges.
_ Je n'ai pas faim.
_ Tu es trop maigre, insistèrent les jumeaux en poussant un morceau de pancake contre les lèvres d'Harry.
Le Survivant rougit, mais accepta la nourriture, gêné au possible.
_ Nous – nous devrions aller nous préparer.
_ Tu ne voulais pas aller voir les jumeaux ?
_ Ils ne sont pas rentrés je ne peux toujours pas les sentir. Expliqua Harry en quittant le banc de la table des Poufsouffles.
Les jumeaux acquiescèrent et embarquèrent un toast chacun – plus un pour Harry qui n'avait presque rien touché_, avant de suivre le plus jeune pour retourner dans la Salle Commune. Ce n'est qu'à cet instant que Harry s'arrêta et se tourna vers les jumeaux, l'air horrifié. On entendit le rire moqueur de Draco mais les jumeaux n'en tirent pas compte.
_ Harry ?
_ Ils vont m'tuer.
_ Qui ?
_ Ron et Hermione. Je ne les ai pas attendu. Ils vont me tuer.
À cela, les deux Weasley éclatèrent de rire et enroulèrent leurs bras autour des épaules du petit brun pour le guider hors de la Grande Salle.
_ Ils n'oseront pas.
_ On sera là pour te -
_ protéger.
.
Jason jura sous son souffle. Il était dix heures, il était censé être en cours de métamorphose mais venait de recevoir un message de James. Celui-ci lui disait justement que les jumeaux avaient récupéré Jackson – oui, James avait pu l'intercepter la veille pour le prévenir, et qu'ils étaient à la Casa et qu'il fallait qu'il aille parler à Luna. Trouver cette dernière ne fut pas difficile. Elle sautillait dans les couloirs. La Serdaigle de troisième année avait de la chance, elle n'avait pas cours à cette heure-ci de la journée. Le jeune Carler tira une dernière bouffée de sa cigarette et écrasa son mégot dans la cour de métamorphose avant de le faire disparaître d'un geste de la main et rattrapa la petite blonde excentrique.
« Lovegood !
_ Luna. La corrigea cette dernière.
_ Luna. J'ai besoin de toi.
_ Je sais.
_ Tu vois en fait... attends quoi ? »
Jason s'arrêta pour dévisager la jeune fille. Il savait qui elle était. Il savait ce qu'elle était. Mais il avait toujours du mal à s'y faire. Luna était une Enfant de la Lune. Non, pas un loup-garou. Les Enfants de la Lune n'étaient pas des loups-garous – du moins peut-être que certains en étaient mais cette appellation ne désignait pas les lycanthropes. Il connaissait son pouvoir. La jeune fille contrôlait le Temps. Mais ce qui était le plus surprenant avec la jeune Lovegood est que rares étaient les Enfants de la Lune à posséder plus d'un don. Luna faisait parti de ces rares personnes. Et c'est ce qui la rendait d'autant plus unique. Malgré tout, Jason avait un peu du mal à s'habituer à certains traits de la blondinette.
_ Je sais. Tu viens d'être appelé par notre instructeur d'auto-défense qui lui-même a été contacté par les jumeaux. Ils lui ont demandé de te demander de me demander -
_ Wo wo wo attends là, vas-y plus simplement s'il te plaît.
_ Tu es ici pour me demander d'user de mon pouvoir pour remonter de quelques heures en arrière pour leur permettre d'arriver à l'heure sans que personne ne les remarque.
Et Jason était toujours aussi sidéré.
_ Ouais. C'est ça. Tu peux ?
_ Oui. Mais fais attention, je crois qu'un nid de nargoles a élu domicile près de ton esprit. Ton cerveau est embrouillé si tu n'as pas réussi à suivre mes explications.
Jason ignora la pseudo insulte.
_ Cool.
Jay n'avait jamais vu la jeune informatrice en action avec son don. Et il doutait que beaucoup l'aient vu à l'œuvre. Les jumeaux devaient faire partis de ces chanceux puisqu'ils connaissaient le don de Luna. La jeune fille étendit les mains avant de les poser celles-ci l'une contre l'autre sur son ventre dans une forme de losange. Une douce lumière verte commença à pulser et Jason lança vite un sorte de Ne-Me-Remarque-Pas. Ils étaient, après tout, dans un endroit très public et ouvert. Un faisceau d'un doux vert olive sembla s'échapper du losange – au niveau du nombril_, et les enveloppa dans une bulle de chaleur. Autour d'eux, le Temps régressa. Comme un film qu'on rembobine, Jay vit les élèves repartir en arrière et écarquilla les yeux à ce fait. Il voyait littéralement le temps revenir en arrière. Et lui, bien en sécurité dans le cocon protecteur de Luna, était à l'abri de ce retour dans le Temps. Le ciel changea et bientôt, ils étaient dans l'obscurité, seulement éclairés par la lune. La blondinette laissa ses bras retomber le long de son corps et tangua un peu, vite soutenue par l'autre Serdaigle.
_ Il est trois heures du matin, le prévint Luna en lançant un Tempus. Comme nous sommes à l'intérieur des barrières protectrices de Poudlard, mon don n'agit que sur l'école.
_ Tu veux dire que..
_ Que pour les jumeaux, ils sont encore occupés à ce qu'ils faisaient il y a dix minutes.
_ À savoir, se faire dorloter à la Casa, approuva Jason. Au fait, tu savais que -
_ Oui.
_ Oh. D'accord. Bon, nous ferions mieux de retourner aux dortoirs avant de nous faire attraper par Rusard.
Luna approuva et les deux filèrent jusqu'à la Tour Serdaigle. Arrivés dans la Salle Commune, bien entendue vide à cette heure-ci – si l'on oubliait Kevin Entwhistle, petit Serdaigle de quatrième année, lequel s'était endormi sur son livre de Runes_, les deux Serdaigles se saluèrent avant de prendre chacun un escalier. Cependant, juste avant de disparaître, Luna interpella l'autre futur Sïonelli.
« Tu devrais porter un accessoire rouge pour le Bal d'Hiver. »
Et elle disparut.
Raccompagner Jackson à la Casa, rassurer tout le monde, soigner l'amputation avant qu'elle ne s'infecte et retirer la balle qui s'était logée dans l'épaule d'Alix leur prit bien plusieurs heures. Quand ce fut fait, les jumeaux furent contraints de quitter la Casa pour retourner à Poudlard. La blessure d'Alix avait été bandée puisqu'elle réagissait mal avec les potions de guérison. Ils atterrirent devant les grilles de Poudlard. Le château semblait enveloppé dans un dôme gigantesque et les jumeaux pouvaient vaguement voir à l'intérieur. Dès qu'ils passèrent les portes cependant, ils sentir le changement. Le soleil qui tapait fort dans le ciel avait été remplacée par la lune et il faisait assez frisquet bien qu'il ne neigea point. Comme prévu, Luna avait usé de son Don pour leur venir en aide. Ils devraient songer à la remercier. Peut-être que s'ils réussissaient à mettre le grappin sur un Ornitoloin ils paieraient leur dette ? Attendez... n'était-ce pas plutôt un Ornithoron ? …. Peu importe. Alix grimaça lorsque son frère posa sa main sur son épaule.
_ Hayd.. gronda-t-elle doucement.
Le susnommé afficha aussitôt un air désolé.
_ Ouais, s'cuse j'ai oublié.
Le garçon passa de l'autre côté de son double féminin et enroula son bras autour de sa taille pour la soutenir lorsqu'il vit son visage fatigué. Ne pas se faire prendre par Rusard, ce fut leur mission principale pour regagner leur dortoir mais vu l'heure, ils doutaient que le vieux cracmol soit encore debout. Quoique...
Arrivés dans la Salle commune, ils ne purent que soupirer de soulagement en ne voyant personne … personne à part Entwhistle qui s'était semble-t-il endormi sur son manuel de cours.
« Bon on s'voit demain. Repose-toi. » lui souffla Hayden avant de prendre le large pour aller dormir.
La petite brune opina dans le vide et s'apprêtait à dormir lorsqu'elle avisa le garçon. Le gosse allait sans doute avoir un gros torticoli le lendemain s'il restait ainsi. Alors, avec un soupir et un geste de la main, elle le fit léviter lui et son livre jusqu'au canapé où elle le laissa pioncer.
Après s'être déshabillée pour enfiler son pyjama, l'adolescente regarda un instant son téléphone puis haussa les épaules et alla s'écraser sur son lit non-défait, priant pour que Hayden ait songé à envoyer un message à James pour lui dire qu'ils étaient rentrés.
Elle espérait... mais le doute ne l'incita pas à se relever pour prendre des mesures de précaution. James pouvait attendre. Geez et Drew aussi. Le matelas moelleux qui l'appelait ''Viens, viens à moi.'' lui, ne pouvait pas.
.
.
.
Fin du chapitre 12
.
Okay, l'explication concernant le don du Temps de Luna avec Poudlard est clairement bizarre parce qu'il ne peut pas englober que Poudlard mais je ne vois pas comment l'expliquer. Disons que Luna peut remonter le temps, le geler et.. ouais. En gros.
AnnaMerteuil : Et ouais, merci beaucoup pour ton commentaire.
Publié le : 25.12.2016
