Bonjour tout le monde !
Me revoilà. Je n'ai cessé de le promettre à longueur de review. Répéter, encore et encore que non, je n'abandonnai pas cette fic. Que oui j'allais poster. Mais que je ne savais pas quand.
Et c'est aujourd'hui. Je dois dire que je ne sais pas si vous serez encore là, au rendez vous. Ou si vous vous serez lassé d'une si longue absence. Quoi qu'il en soit, je suis heureuse de retrouver FFnet. Le plaisir bien singulier de venir poster, c'est quelque chose qui demeure. Et je suis heureuse de venir poster pour Beaux Jouet…
Le temps m'a manqué, l'inspiration aussi. Je ne savais plus faire. Et l' envie était là, bien présente. Mais une fois devant la feuille, il n'y avait plus que le désarroi diffus de sentir que cela ne serait pas encore pour cette fois.
Allez savoir ce qui à remis rien qu'un peu la machine en branle. Sithgirl me poussant à écrire un OS. La sortie d'HP7 et la foule d'émotion contradictoire qu'il m'a fait ressentir. Noël, la neige et ce froid glacial qui semble propice à mon désir d'écrire. Peut être, sans doute un peu de tout cela à la fois.
Et surtout, vos reviews régulières, qui m'ont poussé à écrire et à continuer. Pour tout ça, merci, merci beaucoup à Atchoum16, Tarika, Endless77, Hachiko06, Eden1487, Alyson, Elfoy-Malana, Oceanna, EtoileDeNeige, Pistols, Elise, Hopeness, Excalia, Lil's C, Enchantress-of-mind, Draco Jane, Zecatwoman95, Elissia, MissHermioneJeanGranger, Carole, Melynda, Capucine Maina, Marioncxx, et à deux anonymes.
A toutes les filles n'ayant pas de compte, j'aurai bien sur voulu vous répondre. Certaines de vos reviews m'ont énormément touché, alors si vous voulez que je puisse le faire, n'hésiter pas à m'envoyer votre adresse par MP.
Bref, encore une fois, merci à vous. Et n autre très très grand Merci à Alexia. Tout simplement. Pour tes lettres, ton intelligence, ton élégance et ton amitié.
J'ai écrit avec tant de musiques ce chapitre que je serais bien en peine de trouver un groupe à sortir du lot. Disons qu'il faut écouter Tornado de Jonsi, Ti ki et Glosoli de Sigur Ros, l'album de Perfume Genius et des White lies, sans oublier This Bitter Earth de Dinah Washington sur la musique de Max Richter.
Et comme c'est bientôt Noël, et qu'en cette période, je ne suis qu'amour, que Sinatra, Elvis et Dean Martin soient avec vous, sans oublier l'indispensable Jingle Bell Rock par Bobby Helms, histoire de danser un peu (tout de même)
Disclaimer: Tout est à JKR. Rien n'est à moi.
Titre: Beau Jouet trop compliqué
Résumé: Le murmure de la mécanique. Le rouage impeccablement huilé. Jusqu'à ce que tout se grippe. « On a tous notre lot Malefoy. Après...Le Lord ou l'Ordre. Quelle différence, si j'ai réussis à t'aimer... » DMHG
Acte 13
This bitter earth
And if my life is like the dust
That hides the glow of a rose
What good am I
Heaven only knows
This bitter Earth
Can it be so cold
Today you're young
Too soon your old
But while a voice
Within me cries
I'm sure someone
May answer my call
And this bitter earth
May not be so bitter after all
This Bitter Earth; Dinah Washington
OoOoO
Les deux silhouettes sous cape marchaient lentement dans les ruelles, la brume épaisse drainée par la Tamise était glaciale. Pénétrante. Un froid de gueux. Qui laissait les rues vides, désespérément. Les dernières échoppes avaient fermé. Comme s'il n'y avait pas assez à faire avec le Lord et ses sbires, le marché noir et les trafics gangrenaient les quartiers, Londres était devenue un coupe gorge. De part et d'autre des barricades, s'était toujours ses mêmes affaires sordides, toujours les mêmes cadavres dans les caniveaux, pour un morceau de viande, de pain, de rein.
Toujours les mêmes rondes, interminables, la peur au creux du ventre et les lèvres sèches.
Hermione jouait avec sa baguette, tête basse. Harry s'était arrangé pour obtenir le même tour de garde. Il voulait lui parler. Mais elle se bornait à un mutisme boudeur. Ou distrait. Ailleurs. Clairement.
-Mione ?
Elle avait levé les yeux et ses boucles brunes formaient comme une auréole autour de son visage pâle.
-Désolé, je…Tu disais quelque chose ?
Elle s'était mordue la lèvre et il avait eu un sourire tendre.
-Qu'est ce qui se passe ? Ces derniers temps tu es…Inconstante. Perpétuellement ailleurs.
Elle l'avait jaugé du regard un court instant. Avant de lâcher.
-Et toi, tu es le perpétuel absent.
Il lui avait offert une grimace épuisée. Il avait l'impression de se battre contre des murs, parfois. Trop d'heures passées dans le bureau de Scrimgeour pour arracher un accord, une promesse…Trop de temps passé devant les parlementaires qui s'obstinaient à siéger. Trop de palabre. Harry manquait cruellement d'action, de concret.
-Je suis devenu le faire-valoir, Hermione. Le joli nom sur la carte de visite. Je suis la caution administrative qu'on exhibe au parlement, avec l'ombre de l'héritier Malefoy. Sage, muselé, docile.
-Ne dis pas ca…
Il avait fouillé dans sa cape avant d'en sortir une cigarette chiffonnée.
-Harry, avait elle grondé en observant le jeune homme brun porter l'étui à ses lèvres.
-Ca m'aide à réfléchir, avait il argué en passant une main dans ses cheveux.
Un sifflement excédé passa les lèvres de sa meilleure amie mais il se contenta d'hausser les épaules.
- Tout le monde sait bien que c'est Lupin qui a pris le dessus sur les affaires stratégiques. Qu'il est devenu l'homme du terrain, des combats.
-Harry…Lupin est un homme d'expérience. C'était un ami de ton père, et de Sirius…Il a passé toutes ces dernières années à ton service et ta protection.
Un rire amer vint lui répondre. Le Survivant recracha une épaisse volute de fumée qui fit froncer le nez à la jeune fille.
-Tu sais aussi bien que moi que le véritable bras droit de Lupin est Malefoy. Lupin était le meilleur ami de Sirius et de mon père…Je le respecte pour ça, mais ne me demande pas de lui faire confiance.
Hermione frissonna. Elle n'aimait pas voir ce genre d'étincelle briller dans les yeux de son meilleur ami. Le désir fiévreux d'en découdre. Elle voulut poser une main apaisante sur son bras mais il se déroba.
-Lupin rassemble des hommes. Il doit s'imaginer que je ne vois rien. Que je n'entends rien. Tous ces types débarqués du bout du monde qu'il accueille à bras ouvert… Tu ne sais pas toi. Mais moi je les vois débarquer…Il y a quelques chose de pas net chez ces gens là. Je sais bien que tous, vous les admirez. Venir de si loin pour une guerre qui n'est pas la leur. Mais moi, ils me révulsent. Si j'avais eu le choix Hermione, crois-moi, je n'aurai pas foutu un pied dans ce bourbier. Jamais. Je serai resté loin. Mais eux, ils affluent. Je ne connais pas leurs motivations, mais elles me semblent noires…Obscurs.
Hermione eut un soupir.
-Et s'ils venaient pour défendre quelque chose de beau ? La démocratie. La liberté.
-Tu es trop naïve. Si ce que tu appelles la démocratie, ce sont les députés qui siègent au Ministère, alors je t'invite à venir les voir. Tous, comme des vautours, à défendre leurs pré carré, leurs petits intérêts. Minables. Médiocres. On ne peut pas faire une guerre avec des types pareils…Il faudrait pouvoir se passer de leur avis. Pouvoir décider seul. Tu comprends ?
Son regard lui indiqua qu'elle ne comprenait pas. Pire. Qu'elle détestait ça.
-Harry…
-Oublie. On rentre.
Son soupir agacé clôtura la discussion.
-Tu retournes au QG ? finit elle par hasarder.
-Je te raccompagne, nuança t'il. Scrimgeour m'attend au ministère.
Elle hocha la tête et se fit silencieuse. D'une certaine manière, elle préférait.
Il ne dit pas un mot avant d'arriver devant la porte d'Anaphool. Puis brusquement, il se retourna et la serra contre lui. Elle eut un léger mouvement de recul alors qu'il approfondissait son étreinte.
-Oh, Mione...
Son soupir étouffé avait atterri contre ses boucles humides et elle avait passé une main sur sa joue. Harry était brulant. Elle trembla en retirant ses doigts alors qu'il la dégageait doucement de son étreinte. Avec une infinie douceur, il l'embrassa sur le front avant de faire demi -tour.
OoOoO
Draco Malefoy portait le deuil. Et son ombre planait sur le QG, sombre et menaçante. Malefoy et ses mains abimées. Ses grands bandages blancs qui recouvraient ses phalanges explosées. Tout le monde savait ce qui s'était passé. Tout le monde avait vu les corps…Ou tout le monde avait vu quelqu'un qui avait vu alors…C'était presque pire. Tout ce petit monde qui vous servait de l'à peu près comme vérité toute entière. Malefoy avait détruit un mangemort. C'était le mot. Détruire.
Ca aurait pu être victorieux. On aurait pu le prendre en exemple. Sauf que voila. Il ne vengeait qu'un autre ennemi. Un autre, tout juste bon à détruire. Lui aussi. Du coup, plus rien n'était victorieux. A peine était ce juste assez bien pour être pathétique. Tuer un mangemort pour en venger un autre. Ca ferait presque sourire. Presque. Si le froid n'avait pas tant meurtri les lèvres. Si les lèvres n'avaient pas été toutes pleines de gerçures. Alors, peut être. Sans doute. Elles auraient pu sourire. Mais elles se contentaient d'esquisser des grimaces. Dans le QG, tous ressemblaient à des pâles pantins lugubres, avec leurs sourires tordues.
Hermione se terrait. Elle haïssait sentir cette boule d'angoisse se nicher au creux du ventre. Elle avait d'autres priorités. Cependant, quand elle posait un doigt sur ses lèvres, c'était aux siennes qu'elle songeait. L'urgence de cette nuit là. La supplique dans la voix. Le savoir seul la rendait folle. Lupin lui avait dit qu'il lui fallait du temps. Et de la décence.
Il lui avait dit d'être raisonnable. Raisonnable. Comme si cela réglait tout. Toujours. Ils savaient bien tous –dans le fond- que longtemps, faire appel à sa raison était le meilleur moyen de la faire taire.
OoOoO
Rogue avait réintégré le QG. On lui avait donné une chambre. C'était étrange à quel point cette grande silhouette noir pouvait à la fois être si familière et si effrayante. Glaçante. Peut être parce qu'il symbolisait bien cette guerre qui prenait l'eau. Ces rouages qui se grippaient. Pour lui, la guerre était finie, désormais. Harry avait parlé à Hermione d'une délocalisation. On voulait « délocaliser » Rogue. Et c'était tellement incongru qu'elle avait longuement répété le mot.
Hermione s'était installé dans le petit salon, le dossier de Rogue sous le bras. Elle avait voulu prendre le temps de le lire. Histoire de comprendre. Trois pages. Il n'y avait rien. Quelques notes administratives, des états de santé. Deux ans de guerre et de secrets. Et si Harry n'en avait jamais rien dit, elle savait que Rogue lui faisait peur. Il n'était pas un membre de l'Ordre comme les autres. Il ne figurait sur aucun écrit officiel, sur aucune note. C'était une ombre. Une ombre que Dumbledore avait préservé. Et Harry s'était toujours demandé de quelle manière il pourrait traiter avec un homme comme lui.
-Miss Granger.
Elle avait sursauté violemment, en se mordant la lèvre. Sa silhouette s'illustrait sur le pas de la porte, sombre et menaçante. Il lui semblait plus grand encore, que dans ses souvenirs. Mais surtout, il était maigre. De cette maigreur maladive qui épuisent. Rogue était rongé. Fatigué. Il avait étendu le bras pour refermer la porte et Hermione s'était fait violence pour ne pas s'enfuir en courant.
-Professeur.
-Je ne suis plus votre professeur, avait il cinglé.
Il avait pris l'habitude de relever sa manche jusqu'au coude, alors qu'une bande blanche recouvrait son avant bras. La marque était en train de le tuer. Il était l'illustration de la puissance du Lord, de sa folie, de cette invention géniale et absolument terrifiante. Elle le consumait. Lentement. Le paralysait. Les doigts de sa main gauche, déjà, s'étaient figés, rétractés. Sa jambe droite commençait elle aussi à se raidir. C'était un délabrement de tout le corps.
Elle sentit sa gorge se nouer. Une vague de tristesse, un sanglot qui vint s'échouer dans un spasme nerveux des épaules.
Il s'était assis sur un ancien fauteuil capitonné –vestige de l'époque victorienne- dans un mouvement de cape.
OoOoO
Pov Draco :
Un galion roulait entre mes doigts. Assis à mon bureau, j'avais encré mon regard sur le mur gris. Défraichi. Usé.
Je me contentais de me concentrer sur le raclement doux et régulier du galion. Rien d'autre. Prendre garde à ne jamais déséquilibrer la pièce, lui assurer un mouvement perpétuel, la faire disparaitre derrière l'auriculaire et revenir entre le majeur et l'index. Aller plus vite encore. Rien d'autre. Eviter ce brouillard, cette brume qui m'obscurcit l'esprit et qui m'épuise.
« J'avais onze ans. Encore et toujours. Et quand Pansy vient me sourire, elle n'en a pas douze. Elle a encore cet air doux et un peu mièvre. Ces cheveux bien arrangés et ses souliers vernis. Blaise a encore ses boucles noires, le corps efflanqué et la voix rieuse. »
Mon poing s'était abattu sur la pièce. « Je ne voulais pas, je ne voulais pas… »
Mes mains tremblaient. J'empochais la pièce et me levais. Les murs gris me semblaient plus mornes que d'habitude encore, et j'avalais sans bruit les estafilades de couloir. Je ne pris pas la peine de frapper. Il était assis à son bureau, les lunettes remontés sur le sommet de son crane et il haussa un sourcil en m'apercevant.
-Malefoy ?
-Je vous rejoins, Lupin.
Il referma son dossier.
-Je te demande pardon ? J'ai peur de ne pas très bien comprendre.
-Et moi j'ai bien peur que si au contraire. « Passer à l'étape supérieur », « se mouiller ». Ce sont vos mots, Lupin. Et je suis prêt à vous suivre.
-Tu approuves donc ?
Je maintenais son regard, les lèvres closes. Un sourire vint s'échouer sur ses lèvres.
- Non…La vengeance. N'est ce pas ? Finit-il par souffler de lui-même.
-Vous pensez que vos hommes vous on tous rejoint pas noblesse d'âme et sens du sacrifice ?
Il secoua la tête, laissant sa plume rouler entre ses doigts.
-Certes non.
-Nous perdons du terrain…Le Lord semble quadriller le territoire, à entendre les derniers échos, ses espions seraient partout…
Lupin hocha la tête.
-Continu.
-Le peur…Elle est de notre côté. Chaque citoyen se méfie de son voisin, après l'attaque du QG, chaque membre de l'ODP est suspect. Il faut renverser la tendance.
Cette fois, Lupin ne cacha pas un franc sourire.
-Bien sur. Cela me parait évident mais…
- Mettez-moi à la tête du service de renseignement de votre troupe. Je n'aurai de compte à rendre qu'à vous. Je veux éviter Potter et les contraintes administratives de l'Ordre.
Lupin se leva et fit le tour de son bureau.
-Te mettre à la tête du service de renseignement ? Au delà du fait qu'il n'existe pas officiellement de section dédié à l'espionnage, penses-tu véritablement être l'homme le plus discret qui soit ? Chaque quidam du Lord doit connaitre par cœur chaque détail de ton visage, sans parler que ton portrait fidèle – quoiqu'un peu plus vieux- exerce en haut lieu…
-Mais, je n'ai pas besoin de passer inaperçu. Bien au contraire. Imaginez un peu une fuite dans la presse : Draco Malefoy accède au poste de Directeur des Renseignements de l'Ordre. Vous voyez un peu le tableau ? La photo, la cape verte, la chevalière à l'effigie des Malefoy.
Lupin sembla comprendre lentement et il soupira dans un souffle :
-Faire basculer la peur.
Je souriais.
-Qu'ils se rappellent qu'ils m'ont élevé, éduqué et formé. Qu'ils sachent qu'un homme qui connait tout de leurs traditions de combat, de leurs méthodes, de leurs fourbes et de leurs ruses est à présent en place de l'autre côté. Qu'ils se rappellent aussi que j'étais excellent élève à Poudlard, brillant, maitrisant la magie noir.
-Très bien, je comprends. Mais hormis la provocation, hormis la fanfaronnade. Crois tu que cela serait suffisant pour effrayer le Lord ?
-Lui, non. Mais la base, certainement. Du moins un peu. Juste assez pour insinuer le doute. Ensuite, il faudrait mettre la machine en marche…Enclencher les premiers rouages…
Lupin se mit à arpenter la pièce, avant de demander, pensif
-Et dans les faits ? Comment faire venir des hommes du Lord à ta cause ?
-Je n'en ai pas besoin pour l'instant. Et je ne crois pas à la fidélité, à la loyauté… Je sais que nous différons sur ce point, mais les hommes - surtout en temps de guerre - s'achètent. Le marchand qui possède une étale devant les postes, de l'autre côté. Le tenant du bar où les hommes aiment aller boire un verre. Les prostitués qui n'ont pas encore réussies à fuir les bordels…Ces gens savent des choses, ils voient, ils entendent…
-Malefoy, tu as l'air d'avoir admirablement pensé à tout mais…
Il passa une main sur son épaule et inclinant doucement la tête, hésitant.
-Penser…Je n'ai rien réussit à faire d'autre.
Il m'observa en silence
- Tout ne se passe pas forcement comme prévu dans une guerre, dans un plan, aussi habile qu'il fut. Et il te faut de l'argent…
Il avait contourné son bureau et s'était rassis, et son expression avait quelque chose de bienveillante. Je m'étais rapproché de lui, en accrochant son regard.
-Je vous demande de me faire confiance, Lupin.
Il passa une main sur sa nuque, et un pli soucieux vint se former sur son front.
-Ce que tu dois comprendre Malefoy, c'est qu'en me demandant ce poste – ou plutôt, en te laissant mener à bien ton projet – je vais bien au delà d'un simple accord. Mes « hommes », comme tu les appelles, sont « officieux ». Ma troupe est officieuse.
Je sortis la pièce de ma cape et l'a fit nerveusement rouler contre mon pouce.
-Potter à t'il le pouvoir de vous enlever vos hommes ?
-Non. Scrimgeour me soutient. Mais Harry est au courant, il l'a deviné très vite. Et ils ne les aiment pas, il doute de moi. Ta nomination serait une trahison. Ce que je veux te faire comprendre Malefoy, c'est que tu me demandes de choisir entre Harry et toi.
OoOoO
J'avais faim. Faim comme cela ne m'étais pas arrivé depuis des jours. Ce bouillonnement intérieur, le corps qui se tendait d'excitation, d'appréhension et de joie à l'idée d'aller en énoncer le projet. L'action, l'idée même de l'action m'avait manqué. Je ne savais même pas si Lupin accepterait. Je savais aussi -tout autant que lui- en allant lui parler que son accord signerait son arrêt de mort pour Potter. Mais qu'était Potter, à présent ?
Et les cuisines faisaient peur à voir. Les placards étaient vides. Une pomme à moitié pourri trainait au fond d'un buffet, et j'avais tiré le couteau de mon veston afin d'en couper la moisissure.
-Je crois qu'il faut que nous parlions, Draco.
La voix me cueillit sur place. Severus… Si j'avais cru entendre à nouveau sa voix un jour… Je m'étais retourné lentement, et il souriait presque en m'observant.
-Et pose-moi cette chose immonde, je te prie.
Il avait tourné le dos sans autre forme de préambule. Je déposais le fruit trop mur sur la table, obéissant, docile, quittant la cuisine à sa suite. Je savais que Severus était là. Il était revenu le soir de leurs morts. Il était là quand Lupin m'avait sorti du caniveau, c'est lui encore qui m'avait forcé à boire ses décoctions immondes. C'est lui qui m'avait murmuré de dormir. Et j'avais senti sa présence. Sa grande silhouette sombre, qui me semblait à moi, si rassurante.
On lui avait donné une pièce du troisième étage, tout aussi miteuse que la mienne. J'avais épousé la chambre du regard. Le lit était fait. Le sol était propre. Un grimoire attendait sur le bureau. Rigoureux. Toujours.
Mes doigts avaient crochetés
-Tu veux une tasse de thé ?
-Non, merci.
-Allons, ne me dit pas que tu as –toi aussi- succombé à cette détestable manie du café.
Je lui rendis un sourire tordu. J'osais à peine le regarder.
-Severus…
Et j'avais envi de pleurer. Parce qu'il m'avait sauvé la vie il y à un an. Pleurer sur son corps de fantôme, si pâle et trop maigre. Sur eux. Sur le corps mort de Blaise. Sur les souillures de Pansy.
Mon élan, mon bel élan me semblait vain alors. Si le Lord avait détruit Severus, s'il avait réussi, quelles étaient nos chances ?
-Pas de ça, Draco.
Il avait le visage sévère qui ne tolérait aucune réponse et m'avait fait signe de m'assoir.
-Je ne veux pas de larmes, de regrets. Ce n'est pas digne d'un Malefoy.
J'avais baissé la tête et serré les mâchoires. Digne d'un Malefoy…
-Parce que tu crois que trahir son père, son propre camp, ça l'est davantage peut être ?
Il s'était penché sur moi, et il avait dans les yeux la gravité qu'il avait déjà lorsqu'il m'avait annoncé que je devais venir me réfugier ici.
-Un Malefoy à une certaine conception des choses. Ton père ira jusqu'au bout pour ses idées. Toi pour les tiennes.
Je riais franchement
-Mes idées ? Quelles idées ? La seule chose qui m'a amenée ici, à la rigueur - c'est ma …faiblesse - mon incapacité à tuer un vieillard qui…
-Cesse de geindre. Et fait donc en sorte que l'on finisse par oublier ta lâcheté pour croire que tu as des idéaux. Personne ne retiendra les raisons de ton engagement, on retiendra les actes.
-Je n'ai jamais parlé de lâcheté, lui fis-je simplement remarquer.
-Eh bien moi j'en parle !
Je le regardais encore.
-A quoi est ce que tu joues ?
-Mais toi Draco, à quoi est ce que tu joues ? As-tu simplement une idée de la manière dont on parle de toi, de l'autre côté ? Tu sembles être partout à la fois, l'un de plus enragé, toujours sur les gros coups, celui qui damne le pion à Potter et qui est dans les petits papiers de Lupin. Et la question que tout le monde se pose est : pourquoi cette rage ? Pourquoi ce zèle ? Qu'est t'il arrivé à l'héritier Malefoy pour qu'il se lance avec cette hargne dans le combat.
J'ouvris la bouche mais il me devança.
-Ce que tu dois comprendre, ce que je voulais te dire, sans la présence de Potter, c'est que tu as un rôle à jouer, un pouvoir que tu ne sembles pas soupçonner. Mais bien davantage encore, c'est que ta vie, ta petite vie à pris une importance capitale pour le Lord. Ton acharnement à vivre, à le narguer lui est insupportable. Et en arrivant ici, je constate que tout cela n'est qu'un effet d'amplification, de rumeurs, de chance et d'imprudence… Tu passes ton temps terré dans ta chambre, à gémir.
-Ils sont morts !
Il siffla, méprisant.
-Tu vas bientôt les rejoindre, si tu t'acharnes ainsi.
Je sentis un sourire malsain se plaquer contre mes lèvres
-Est-ce que tu te ferais…Du souci pour moi ?
-J'ai fait une promesse…
-A ma mère, je sais…
Je n'osais pas poser la question. J'osais à peine l'imaginer. Depuis un an, je m'étais interdit de penser à eux. J'avais causé leur déshonneur, ruiné un nom, et je ne voulais rien savoir de ce qu'avait été leur réaction, de ce qu'était leur vie. Je m'échinais à les appeler « eux ». A ne plus faire de distinction entre le père et la mère. A ne plus laisser leur visage se dessiner.
-Narcissa va bien.
J'hochais la tête. Elle avait toujours su faire semblant. Elle devait tenir ça de son enfance, entre Bellatrix et Andromeda. Elle savait mieux que personne fermer son esprit et ne serrer les lèvres. Ne jamais dire un mot de trop, laisser aller une pensée trop tranchée. Entre deux sœurs prêtes à tous les excès, elle était la raisonnable, qui se jouait sotte et bonne maitresse de maison. Moi seul connaissais sa force de caractère, sa puissance et sa maitrise. C'était par elle que j'avais apprit l'art de la dissimulation et des faux semblants.
Severus me regardait toujours.
-Il y aura une petite réunion ce soir entre petits privilégiés de l'Ordre. Il me semble que Potter ne t'a pas fait parvenir l'invitation, je m'assurais juste que tu serais là. Et ce n'est pas une question.
Il s'était relevé, et douloureusement, son bras noueux se déplia, m'invitant à prendre congé.
OoOoO
Il faisait froid. Malgré le feu dans l'âtre et le châle sur ses épaules, Hermione grelotait. Elle lisait en silence, pelotonnée sur un des sofas du salon du premier étage. Ginny, à l'autre bout de la pièce, perfectionnait à demi-voix ses sortilèges.
Elle lisait et relisait l'Ordre du jour, l'ensemble confus, épars et indigeste des sujets à traiter dans la réunion du soir. Rogue avait insisté pour que Malefoy, l'ombre Malefoy , soit présente, et celui-ci semblait avoir accepté. Elle n'avait même pas cherché à savoir ce que le retour de Draco pouvait provoquer comme réaction chez ces deux meilleurs amis. Elle était lasse.
-Est-ce que tu essayes de l'apprendre par cœur ?
Elle avait relevé la tête vers son amie, qui s'était installé en silence face à elle. Hermione secoua la tête et replia ses jambes sous elle.
-Non, je…Réfléchissais.
Ginny hocha la tête et se mordilla la lèvre
-Tu sais que Malefoy sera là ? Rogue va parler de ce qu'il à vécu là-bas et la présence de son filleul semble capitale.
-L'histoire de Rogue…Ce qu'il va bien vouloir nous en dire, plutôt, tu ne penses pas ? Soupira Hermione. Harry ne lui fais pas confiance, et à vrai dire je ne sais pas quoi en penser moi-même.
-Le problème, c'est qu'Harry ne semble plus faire confiance à personne…
Depuis qu'elle et lui avait rompu, Hermione s'était toujours gardé d'évoquer le sujet. Après tout, elle avait eu la même délicatesse pour elle. Et tout c'était fait de manière si semblable : sans bruit, sans fracas. Comme par épuisement.
-Il m'inquiète, Gin, et…Malgré tout ce qui s'est passé, il à besoin de toi.
Ginny se pencha vers son amie et lui saisit la main.
-Je sais, Hermione. J'ai passé ses huit dernières années à l'aimer, à l'attendre…- elle eu un petit rire- A mon âge, c'est presque la moitié de ma vie… Je voulais aimer Harry, et je n'ai jamais réussi à trouver autre chose qu'Harry Potter. Je n'ai pas la force nécessaire pour aimer un héros, une idole. Je l'ai cru, mais je suis fatiguée. Je n'ai pas ta force.
-Gin…
-Ce n'est rien. Vraiment.
Ginny sera plus fort la main dans la sienne et se redressa dans un sourire, retournant se réinstaller à sa table.
Hermione se leva doucement et quitta la pièce. Seul, ses pas trouvèrent la direction de la chambre. Elle entra sans frapper, comme autrefois, bien avant…C'était il y à longtemps.
Ron était assis sur le rebord de sa fenêtre, écoutant la radio. Il sembla surpris de la voir ici, seule.
-Mione ?
Elle avait refermé la porte derrière elle et s'était assise sur la chaise de son bureau. Il avait baissé le son du transistor, machinalement, se dirigeant vers son amie.
-Est-ce que tout va bien ?
Il s'était accroupi face à elle, et son visage chiffonné, ses taches de rousseurs qu'elle connaissait si bien lui retournèrent le cœur et comme une ultime capitulation, elle se mit à sangloter doucement.
-Hermione !
Il lui avait ouvert les bras et elle était tombée dedans, s'accrochant à cette présence réconfortante et si familière à la fois. Il avait refermé la prise sur son corps frêle et l'avait porté jusque sur le lit. Elle s'était laissé faire, et avec mille précautions, il l'avait allongé, et s'était étendue contre elle. Il l'avait serré fort, laissant sa main lui caresser le dos, dans un grand geste lent et continu.
-Je suis tellement fatiguée, Ron…Tellement.
-Alors il faut dormir.
Elle plongea son nez dans le coup de son ami, et elle en aurait presque souri. Comme si elle n'y avait pas pensé. Ces phrases si évidentes et pourtant si incongrues lui avait manqué.
-Je n'y arrive plus. Les potions me plongent dans des cauchemars et…
Il l'avait coupé, venant embrasser ses cheveux défaits.
-Je sais, je sais…Chut, ne pleure plus. Je vais en parler à Rogue. Je me charge de tout, d'accord ?
Elle hocha la tête contre lui et il resserra ses bras autour d'elle.
-J'essaye d'être forte, mais j'ai peur de craquer, devant Harry, devant les autres…
-Ce ne serait pas grave, Hermione.
Elle secoua la tête.
-Si…Parce que j'ai demandé à Harry de se reposer sur moi, alors je dois être forte…Pour lui.
Il remonta sa main jusque dans ses cheveux et vint murmurer contre son oreille.
-Alors ce sera notre secret, si tu le veux. Dans cette chambre, dans le pré-carré de Ronald Weasley, tu n'auras pas à être forte, à te maitriser, ou à faire semblant. Tu pourras pleurer, me hurler après…Ou tout autre chose qui puisse te faire plaisir.
Elle laissa échapper un hoquet qui ressemblait à un rire.
Quand est ce que nos rêves sont morts, Ron ?
Elle se sentit stupide à la seconde même ou elle osa poser la question. Comme consciente de caricaturer elle-même son malheur. Mais elle se sentait tellement déchirée, qu'elle n'avait pas su quoi dire d'autre…
-Ca ira mieux, Hermione. On ne pourra pas tout réparer, mais on fera de notre mieux. Tu verras…
Elle ferma les yeux et profita de cette chaleur qui l'entourait. Ronald lui avait manqué. Plus qu'elle ne se l'était figurée. Et lentement, tout doucement, il se mit à la bercer contre elle.
OoOoO
Pov Draco :
Les jours commençaient déjà à se raccourcir. Octobre. Le mois de sorciers, des monstres et des créatures de la nuit. Juste avant de fêter les morts… Je frissonnai.
On frappa à la porte et la poignée tourna.
-Malefoy, je peux te parler ?
Potter…
-Non.
Qu'il sorte …
-Je sais que tu ne me croiras pas, mais j'ai essayé…
J'aurai voulu avoir la force d'en rire. Ou de le mépriser. Au lieu de ça, je le haïssais de m'avoir vu aussi faible –encore une fois.
-…Je n'en ai jamais parlé à personne, pour cette nuit là. Personne d'autre à part Lupin et moi…
Je m'étais retournée, le saisissant par le col de sa cape.
- Épargne-moi tes petites faveurs, tu veux ? Potter est grand, très grand. Tout le monde le sait. Ramasser l'héritier Malefoy sur le pas de sa porte au beau milieu de la nuit, dans un état lamentable, et ne pas s'en vanter. Quelle mansuétude !
-Je n'ai pas dit ça…
-Tu me l'as fait comprendre. Et quoi ? Tu viens me dire que tu comprends, que toi aussi tu as des amis. Épargne-moi ton petit numéro Potter, parce que je suis venue te demander une chose cette nuit là. Tu t'en souviens. « Enterre-les. ». Ne laisse pas Blaise et Pansy dans ce charnier. Pas à Woolwich Et tu n'as rien fait.
J'étais à peine conscient, la nuit après la bataille, encore à demi-droguée des décoctions que m'avaient fait boire Lupin et Rogue. Et j'avais réussi à échouer chez Potter. Pour le supplier de respecter les dernières volontés de Blaise. J'étais à peine lucide . Aujourd'hui, j'imaginais assez le spectacle que j'avais pu lui donner. Cette simple idée me collait une nausée de tous les diables.
-Je n'ai rien fait parce que je n'ai rien pu faire, à t'il murmuré. Quand Lupin à appris la nouvelle, on avait déjà brulé les corps…
J'avais plongé les yeux dans les siens.
-Je n'ai même pas pu revoir Pansy une dernière fois.
Il n'avait rien répondu.
-J'ai appris que tu participais à la réunion.
Je serrai les mâchoires.
-Rogue à insisté.
-Si je suis venue te voir, c'est pour demander…Si tu savais quelque chose, s'il t'avait dit ce qu'il avait vécu là bas.
Je m'étais retourné vers lui.
-Tu me demandes si Severus est venu me faire des confidences, c'est ça ? Tu veux une exclusivité, quelque chose dans ce gout là ? Crachais-je, acerbe.
-Pas ce ton là avec moi Malefoy, conseilla t'il froidement.
-Va te faire foutre.
Il s'était approché de moi brusquement.
-Ouvre bien tes oreilles, Malefoy. Le grand Potter à quelque chose à te dire. Si je pouvais revenir en arrière, si j'avais le choix, jamais je n'accepterai que tu poses un pied ici. Je te laisserai crever. Sous la botte de ton maitre.
OoOoO
Elle voyait Ron se lever, aller parler à Harry. Elle voyait Lupin remettre les lunettes sur son nez, Ginny changer de position sur sa chaise, et elle ne pensait qu'a lui. Elle avait été docile. Patiente. Elle n'avait pas cherché à le voir, elle ne l'avait pas même croisé. Mais il allait être là, et elle en tremblait d'anticipation.
Il avait finalement poussé la porte. Et les doigts d'Hermione s'étaient crispés sur le rebord de la table basse. Il semblait comme…Décharné. Une barbe lui grignotait les joues tandis que des cernes noirs dévoraient son visage. Ses yeux paraissaient plus grands, plus vifs, plus glacials. Et cette bouffée de tendresse qu'elle ressentit lui fit peur.
Raclement de gorge. Echange de regards gênés. Harry ne sait pas s'il doit ou s'il ne doit pas…
-J'espère que vous maitrisez mieux votre champ de bataille que vos réunion, Potter… Quoiqu'aux vues de vos résultats, on est en droit de se poser la question.
La pique est assassine. Harry semble sur le point d'intervenir mais Rogue lève le bras, imposant le silence.
-Je crois que vous m'avez fait venir ici pour parler. Alors si vous voulez bien, c'est ce que je vais faire. Trois semaines que j'attends dans votre purgatoire. Trois semaines à vous imaginer vous torturer l'esprit : Que faire des ses informations, comment les lui extorquer, mais surtout, ensuite, que faire d'un paquet aussi imposant ? Aussi peu accommodant. Et comment respecter les désirs de Dumbledore, malgré tout. Une torture, pas vrai ?
Et le regard qu'il vrille sur le Survivant est perçant, cruel.
-Mais vous avez déjà tout prévu Potter, n'est ce pas ? Il suffit juste de passer cette petite réunion. Ces petites informations. Vous n'avez pas voulu m'entendre plus tôt, et peut être que vous allez le regretter. En attendant, je vais prendre mon temps. Et je vais commencer par une histoire.
***OoO***
Quelqu'un frappait à la porte.
Encore tout engourdis de sommeil, Rogue avait déplié ses jambes. Il rejeta la couverture rugueuse sur la paillasse, et tout en étouffant un bâillement dans sa manche, il alla ouvrir.
Le Mangemort se tenait adossé contre le chambranle de la porte, il repoussa sa capuche d'un mouvement d'épaule.
-Amycus, que me vaut ce plaisir ? S'enquit l'ancien maitre des potions, d'un ton faussement préoccupé.
L'autre laissa poindre un étrange sourire et de sa voix étonnamment sifflante, il répondit :
-Le Lord veux te voir. Il m'envoie te chercher.
Rogue avait refermé la porte, passé une cape autour de ses épaules, saisi sa baguette et avait rejoint le mangemort sur le pas de la porte. Celui-ci fit signe de le suivre, et s'engagea dans le couloir sombre.
Amycus Carrow était de cette sorte d'homme massif, dur et insensible, comme taillé pour les explications viriles. De ce genre de type que la basse besogne ne rebutait pas. Et ses mains, ses mains immenses, comme des hachoirs, qu'il ne cessait de frotter dans les doublures de ses vestons. Silencieux, méticuleux, et docile. D'un autre genre que Bellatrix, sans doute. Mais dangereux. Terriblement. Voldemort en avait fait un de ses hommes de main. Celui qui réglait les dissidences ou les simples soupçons dans les alcôves silencieuses.
Les deux hommes descendirent dans les sous sols, passant au travers d'un arsenal compliqué de couloirs et de portes dérobées. Finalement, ils débouchèrent dans un couloir large et abondamment éclairé. Rogue plissa les yeux, à la rencontre des deux gardes en faction devant la porte. Amycus chuchota quelque chose à l'oreille de l'un d'eux, ils esquissèrent un pas de côté, laissant les deux hommes pénétrer dans la pièce.
La salle était immense. Une cathédrale de pierre. Les ogives s'élançaient dans les ténèbres, finissant en pointes acérées, semblables aux extrémités d'un fer de lance. Démesurée. A l'image de l'orgueil de son investigateur. Et hideuse. A bien des égards.
Lord Voldemort se tenait devant l'une des imposantes fenêtres. De ses petits yeux reptiliens, il sondait la faune Londonienne. De longues minutes s'égrenèrent, sans qu'il daigne prêter attention aux nouveaux arrivants. Au fond de la pièce, encadrant son trône de marbre, Blaise Zabinni et Théodore Nott patientaient.
Trois coups brefs furent frappés sur le bois mat de la petite porte dérobée, dissimulée derrière l'une des tentures, et Nott alla ouvrir. Un garde laissa entrer deux silhouettes et referma le battant sans plus de cérémonie. Théo fit passer devant lui les deux nouveaux hôtes, et Rogue distingua les époux Malefoy.
Lucius était de ceux que bon nombre de gens avait voulu enterrer trop vite. Quand on avait appris le ralliement de Draco au camp du Survivant, on ne l'avait pas vu durant plusieurs semaines. Trahi par son propre sang. Ils lui avaient tous signés un arrêt de mort. Lucius Malefoy était fini. Il avait cédé son manoir pour l'effort de guerre, et lorsqu'il avait emménagé dans le QG, nombreux étaient ceux qui avaient ricanés.
Et Severus les avait plaint. Dans leur précipitation, ils avaient juste oubliés qu'il était un Malefoy. Qu'il avait travaillé au Ministère, qu'il avait des relations, qu'il connaissait les morts dans les placards et qu'il était un homme blessé. Impitoyable. Il était devenu sombre, si sombre. Il semblait moins grand alors, quand il partait tôt les matins. Et lorsqu'il rentrait tard, alors que l'aube tardait à s'étirer, il ne disait plus rien quand il déposait sa cape et ses gants dans l'âtre. Il regardait les grandes flammes rouges venir lécher les étoffes précieuses, sans desserrer les mâchoires. Il ne parlait plus des tortures et du sang. Il devait regagner son rang. Et faire payer. Un à un. Chaque grimace, chaque sourire se paierait. Il l'avait juré.
Narcissa le suivait. Improbable, dans sa grande robe grise. Les cheveux parfaitement tirés, le visage poudré, le menton levé et l'air fier. Elle s'était juré de ne rien lâcher. Se faire jeter de chez elle, à son âge. Se retrouver ici, au milieu de tous ses hommes et de leurs regards obséquieux. Sa victoire à elle, c'était cette façon qu'elle avait de leur répondre, d'un regard, d'un haussement de sourcil. Il ne lui faisait pas peur, avec leurs mains d'hommes, leurs cœurs durs et leurs baguettes entre les dents. Elle n'avait plus peur. Depuis longtemps. Elle était bien au delà. Elle avait un mari et un fils en guerre. Un mari et un fils ennemi.
Ils rejoignirent en silence Severus au centre de la pièce.
Et comme venu du tréfonds de la salle. Loin, trop loin dans l'obscurité pour que Rogue puisse en distinguer la cause, quelque chose se mit en marche. Frôlement souple et continue. Nagini approchait. Severus réprima un frisson lorsque la silhouette de l'immense reptile se dessina. Elle vint jouer aux pieds de Zabini et s'y attarda longtemps. Doucement, très doucement, son corps énorme s'enroula autour de la jambe gauche du jeune homme. Sa grosse tête sombre et aplatie se balançait lentement alors qu'elle venait prendre possession du torse puissant du Mangemort. Blaise ne cillait pas. D'un sang froid impressionnant, alors que Nagini vint siffler tout contre son oreille. Tentatrice.
Il l'appela alors. Et la voix sifflante, aux sons gutturaux, alla se répercuter contre les parois invisibles de la salle. Elle dodelina un moment de la tête, hésitante. Puis, comme à regret, doucement, elle se laissa glisser sur le sol, rejoignant son maitre.
-Nagini me dis des choses passionnantes, Blaise.
Severus avait vu le jeune mangemort se tendre imperceptiblement. Prudent, il attendait la suite.
-Nagini dit que tu as vu une personne qui m'intéresse énormément…Une personne, qui par son inconstance, m'a causé beaucoup de tort…
Il s'était approché du jeune homme, le scrutant de ses pupilles rouges.
-J'ai vu Draco lors d'une patrouille, il y a deux soirs.
Le Lord avait hoché la tête d'un air entendu et s'était approché de Lucius Malefoy.
-Ton fils, Draco Malefoy. Je suis ravi d'apprendre qu'il se porte bien. Je ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque chose. Il faut toujours se débarrasser personnellement des traitres de son espèce, n'est ce pas mon ami ?
Lucius avait gardé les yeux levés, il avait répondu d'une voix sans émotion apparente.
-Oui, Maitre.
-Bien, bien…
Son regard avait coulé vers Narcissa. Elle n'avait pas esquissé le moindre geste, elle regardait fixement devant elle.
-Doloris !
Le Lord avait pivoté brusquement sur lui-même et Blaise ne retint pas un hurlement de douleur.
-Ne pas tuer Draco Malefoy est une chose, mais ne pas m'en rendre compte, ne pas venir m'en parler…Veux tu que je doute de ta fidélité, cher, très cher Blaise ?
Le mangemort se tordait de douleur sur le sol, son corps pris de soubresauts et de spasmes violents. Il avait plantés ses ongles sur la pierre froide et il se mordait la lèvre au sang, tentant d'ériger une ultime barrière à la douleur.
Le Lord avait placé son pied sur l'épaule du mangemort, l'effleurant à peine
-Je ne veux plus jamais avoir à apprendre ce genre d'éléments inconvenants. J'espère que je suis bien claire.
Il avait avec un plaisir cruel enfoncé l'épaule du jeune homme contre le sol, appuyant de tout son poids. La colère rendait son visage plus cireux et cadavérique encore, et il passa un tissu blanc sur son visage pour éponger la sueur perlant à ses tempes. D'un mouvement de baguette, il rompit le sort, qui laissa Zabini sans force sur le sol.
Il s'était approché de son bas droit déchu
-Ton fils…
-Il a trahi.
La voix de Lucius était sans appel, et les pupilles rougeoyantes du Seigneur scrutèrent longuement leur disciple, semblant y chercher une faille, une hésitation, une faiblesse.
- J'avais des ambitions pour lui. De grandes ambitions.
-Je…
-S'il avait été élevé autrement, s'il avait n'avait pas fréquenté Poudlard…Cette école de faible, qui ramollit les esprits trop fragiles… Ton fils aurait pu être tout à fait acceptable s'il avait appris à être fidele.
Le Lord s'était lentement tourné vers Narcissa, lui souriant obséquieusement.
-Narcissa Black… Une grande lignée… Mais avec ces faiblesses…Dis moi, Narcissa, n'aurais tu pas été trop conciliante avec les traitres de ta famille ? N'aurais tu pas enseigné à Draco que leur attitudes n'étaient pas si condamnable… Ce serait compréhensible. Une sœur…Un cousin…
Le sourire du Lord s'étendait encore, fendant presque en deux son visage reptilien. Narcissa avait levé les yeux vers son maitre et s'était contenté de dire, d'une voix sourde
-Il n'y à pas de compassion possible pour les traitres à leur sang.
-Allons, Narcissa…Même pour un fils.
-Surtout pour un fils.
Elle avait dardé les yeux sur lui, droite et noble et n'avait pas baissé le regard. Il s'était détourné d'elle, semblant parler pour lui-même.
-Il semblerait même avoir poussé le déshonneur plus loin. On raconte qu'il se serait entiché de cette Sang-de-bourbe… L'amie d'Harry Potter. Quelle est son nom, déjà…Blaise, tu as été en classe avec elle, n'est ce pas ?
Le jeune mangemort vacilla sous la fulgurance de l'étau venu enserrer son crane, infligé d'un simple regard. Il grinça des dents, répondant avec peine.
-Granger. Hermione Granger.
-C'est cela, Hermione Granger…
Sa voix était légère, d'autant plus glaçante.
-Tu imagines Lucius, ton fils tombé si bas…Quelle déshonneur. Cette petite doit être extraordinaire…La petite amie du grand Harry Potter. La petite amie des Traitre-à-leurs-sangs Weasley et petite amie du Traitre-Malefoy. Cette Sang de Bourbe tient tous les hommes de l'Ordre à sa botte, à ce qu'il parait.
Il se mit à rire. Un rire de dément qui glaçait le sang et statufia chaque membre de sa petite assemblée. Cet homme était fou, dément. Il s'approcha de Lucius Malefoy et fit glisser sa baguette le long de sa mâchoire.
-Toi et tes hommes, vous allez faire quelque chose pour moi, Lucius. Je veux en faire ta priorité. Je veux Hermione Granger. Ramène là moi. Vite. Et vivante.
Voila. Je coupe à la fin de l'histoire. Que voulez vous, je grandis avec les séries américaines. Ménager le suspens, c'est mon crédo. Je veux régulièrement la peau des scénaristes qui osent tronçonner des épisodes de manière si sadique, l'auteuz est au final tout aussi cruelle.
Bref. Que vous ayez aimé ou trouver cela mauvais à en pleurer, je compte sur votre avis et vos suggestions ! La boite aux Reviews est là!
Bises glacées.
