Bonjour !

Je tiens tout d'abbord a m'excuser pour le retard, mais j'ai de nombreux soucis depuis hier avec ma connection internet, si bien que je profite d'une acalmie pour poster ce chapitre. Je répondrait aux reviews dès que je le pourai. Soyez certains que de toute façon vous aurez vos réponses.

Merci donc à vous lecteurs, en espérant que ce chapitre vous plaise.


Chapitre XII : Absent

Ses lèvres sont sur les miennes, caressantes. J'en connais déjà tous les recoins et les plis, et pourtant… Pourtant, elles me procurent toujours un frisson, un courant qui me passe des pieds à la tête dès que je les vois approcher. Le corps est faible face à nos sentiments. Tous mes nerfs se concentrent sur ce contact électrique. La recherche du plaisir, de l'oubli, de l'abandon au travers un simple baiser. Nous avons besoin de si peu pour éprouver tant.

Notre échange envoie des secousses dans mes membres. Je m'accroche à lui, seul repère stable dans mon délire. Je plane dans un univers rouge passion.

Mes mains cherchent le contact, sa bouche ne me suffit plus. Son corps m'enveloppe complètement, j'ignore où je commence, et où il se termine. Nous sommes un. Cette chaleur est si accueillante et douce. Je ne distingue plus mes mouvements des siens. Nous irraisonnés, nos membres se croisent et se décroisent cherchant plus de l'autre, plus de nous. Je veux me perdre dans son baiser, perdre la raison, perdre le souffle, perdre le cœur.

Ma peau devient érogène, lui laissant accès à des zones jusque là interdites. La raison de la chaire est si forte en cet instant. Je deviens audacieuse découvrant des endroits si beaux et teints de tant de tension. Comme des milliers d'aiguilles ses mains me font réagir. Ses caresses se précisent, chérissant avec amour mon corps si fragile.

Je suis atteinte de fièvre, mes yeux se ferment sous le plaisir, comment puis-je connaître ce genre de sensation ? La folie me guette, tapie, elle attend son heure. Je me penche pour capturer à nouveau sa bouche si savoureuse…

Mais le bonheur se dissipe, tout devient flou et s'assombrit Son corps brun se fond dans la masse noire et glacée qui nous entoure. Je m'agrippe à lui le griffant. Il me regarde avec des yeux vides. Bas toi ! Ne me laisse pas ! Ma main traverse son torse. Sa peau si chaude devient poussière entre mes doigts. Il disparaît, noircissant. Sa peau s'obscurcit, s'empreignant des ombres qui nous menacent. Il se laisse dévorer par ce brouillard acide. Il s'éteint, il s'efface, il n'est plus…

Je m'écroule le suppliant de rester de ne pas m'abandonner. Je gratte le sol. Qu'on me le rende, il est à moi. Mes doigts me font mal, mais rien ne m'arrête. Je dois le retrouver. J'aperçois au fond du trou un fil rouge qui me relie à lui. Il tremble et se casse, brin par brin. Ma main tente de les réunir mais c'est trop tard.

Je continue à creuser, la lumière disparaît et bientôt je ne distingue plus rien. Inexorablement la lueur disparaît me laissant dans le noir. Même mon corps disparaît, je ne peux plus le sentir. Le noir, juste le noir, et la solitude.

J'hurle sans qu'un bruit ne sorte de ma bouche. Le néant envahit même mon corps. Les sensations dans mes pieds et mes doigts disparaissent peu à peu. Non ! Je ne peux pas disparaître. Je… J'existe ! Je ne sens plus rien, seul le battement de mon corps raisonne encore. Le bruit s'efface peu à peu. Je n'ai plus rien. Je m'éteins, je m'efface, je ne suis plus.

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Le réveil continue à sonner sans que je fasse un mouvement. Mes yeux fixent le plafond détaillant les lignes des poutres en bois. Encore une nuit remplie de cauchemars. Même ma fatigue ne me garantit pas un sommeil profond. Pourtant rien que de bouger un orteil me pèse. Chacun de mes membres représente une tonne, contre laquelle mon manque d'optimiste ne peut que s'appuyer. Je coule tout simplement.

Un calendrier accroché en face de moi me permet de garder un pied dans la réalité. Vingt-quatre heures me paraissent un an, alors qu'il ne s'est passé que quinze jours. Deux semaines, et j'ignore combien il m'en reste à tenir. Ma tête se repose contre mon oreiller. Encore douze heures avant de pouvoir me recoucher. Une journée à ressembler à une marionnette, amorphe sans son marionnettiste.

C'est impressionnant de se rendre compte qu'une seule chose peut vous donnez l'envie, qu'une seule chose peut vous la reprendre. Où est celui qui me donne l'énergie de vivre, celui qui me rend heureuse ? Ma paire de lunette m'a laissée, et je ne vois plus qu'en noir et blanc.

Ma tête me fait mal, mes idées sombres rongeant la moindre de mes pensées, remplissant mon sommeil de cauchemars sans queue ni tête.

Et lui a-t-il dormi ? Ou pense-t-il comme moi à cette partie de lui qu'il a laissée ? Plus les minutes passent, plus l'angoisse me sert le cœur. Si jamais il lui arrivait quelque chose…

Les seules informations que j'ai pu obtenir viennent de Sam. Lui et Jacob communiquent sous leur forme lupin.

Pourquoi Seth ne m'appelle pas ? Je passe des heures à fixer mon portable attendant qu'il sonne. Mes vérifications intempestives m'ont valu plusieurs remarques de la part des professeurs. Comme si je suivais leurs cours de toute façon. Je suis tellement loin de leurs préoccupations, au-delà de la frontière de notre état. Embry se moquerait certainement de moi s'il voyait ce que je gribouille : à la place de mes notes se trouve de multiples dessins de loups.

Dès le lendemain de leur départ j'ai su que je ne tiendrais pas. La vie au lycée est vide sans eux. Plus une blague, le sourire de Quil qui n'arrive pas à suivre, le rire contagieux d'Embry, la chaleur de Jacob et nos discussions, mon amour pour Seth. Tout effacé par la pluie en une nuit.

Les professeurs doivent me trouver assidue, alors que je ne suis pas vraiment avec eux. Je tente de me plonger à fond dans mes devoirs, relisant indéfiniment mes leçons, mais rien n'y fait : le manque est toujours présent. Je résiste à l'envie de rester dans mon lit et d'attendre que le temps passe. Je dois faire semblant de supporter la séparation. Seth a emmené avec lui toute les traces de notre lien.

Je soupire une nouvelle fois. La grêle clapote contre les carreaux inlassablement. Se lever est la chose la plus dur à faire. Il faut se convaincre qu'il s'agit de la meilleure solution, que d'attendre ne résoudra rien. Mais ici je n'ai pas à faire semblant…

Je prends une grande inspiration et m'extirpe de la chaleur des couvertures. Au moins je n'ai pas eu une seule crise depuis que les Cullen ont quitté Forks. Carlisle m'a conseillé de ne pas forcer, de suivre mes envies, et surtout d'éviter autant que possible ce qui déclenche des émotions fortes. J'aurais du lui dire qu'il n'y avait aucun risque, puisque ma part de sentiments est partie avec lui.

Roy et Alma voient bien que Seth me manque. Ils s'inquiètent de plus en plus, veillant sur moi, et m'empêchant de dépérir. Depuis que le loup est parti tout ce qui fait de moi un être vivant s'efface pour ne laisser qu'un grand vide. Le berger a perdu son étoile.

Comme tous les matins je glisse mon doigt sur le cadre à coté de mon lit. Je trace le contour de ce visage aimé sur le papier glacé. Alice m'a offert cette photo de Noël. Seth et moi enlacés. J'ai du mal à réaliser que cette fille c'est moi. Ce sourire et le bien être qui émane de nous… Je suis jalouse de moi-même, pitoyable.

Parfois au creux de la nuit je me réveille en sursaut persuadée que j'ai rêvé depuis mon arrivée à la réserve. J'ai si peur de me réveiller sur le plancher et de comprendre que tout n'était qu'un songe. Entre mes larmes je cherche désespérément un lien. Jusqu'à trouver serré autour de mon poignet le bracelet de serment que Seth m'a offert. La preuve que notre amour existe quelque part. Cette simple idée me rassure. Seth ne peut pas m'oublier, nous avons besoin l'un de l'autre. Mais pourquoi ne m'appelle-t-il pas ? Il ne répond pas non plus. Est-il si loin de moi ?

J'ai l'impression de vivre hors du temps : les jours suivent leur route en me laissant sur le bas coté. Je les regarde défiler sans réaction, que m'apportent-ils ? Ni joie, ni peine. Un trou noir, voilà à quoi ressemble ma vie. Ma seule sensation est le manque que les souvenirs marqués au fer rouge dans mon cœur me fait éprouver.

Samedi, deux semaines de passées. Le seul réconfort que je peux tirer c'est que le temps passe, même s'il s'étire, retardant la course du soleil, il passe. Et un jour, Seth reviendra.

Comme tous les matins, le couple d'indiens m'attend pour déjeuner. Ils échangent des regards inquiets, tentant de me soutenir au mieux. Ils me laissent tranquille, ne me demandent rien. De toute façon je vois mal qui pourrait me sortir de cet état léthargique à part Seth.

Je m'installe en face de Roy, jouant avec mon jus d'orange. Ma tête se pose sur mon avant bras et je regarde le paysage par la fenêtre. J'ai du mal à distinguer la maison des Black tellement les trombes d'eau sont puissantes. Un vrai rideau gris se mêlant au brouillard épais de la matinée. Au moins la météo me soutient, pleurant pour moi. Car c'est bien ça le problème, j'ai l'impression que toutes les sensations ont disparu. Je n'éprouve plus rien, tout me parait insipide et sans goût. Même les larmes que je voudrais évacuer restent au fond de mon cœur. Tous ses sentiments enfermés au plus profond de mon âme me fragilisent. Je suis un ballon gonflé par des émotions, dont la fine peau en plastique est prête à se rompre.

Je n'ai pas faim, je dirais même que j'ai plutôt envie de vomir. Je repousse sous l'œil triste de Alma, l'assiette de pancakes qu'elle m'a préparée. Rien que l'odeur qui s'en dégage me répugne, alors que j'adore ces petits pains dorés. Tous les matins la femme me prépare des mets variés et succulents, mais l'appétit ne vient pas. Je me ferme évidemment, grignotant le minimum pour survivre.

Je m'en veux tellement de ne pas arriver à vivre sans lui. Pourquoi est-ce aussi dur ? J'ai passé la majorité de ma vie seule, et en trois mois je suis plus que dépendante. Je me suis accrochée à lui comme une huître, prenant tout ce qu'il m'offre. Je savais depuis le début que j'aurais du être plus prudente. Voilà à quoi m'entraîne mon emportement je déprime dès qu'il n'est plus là. Jamais je n'aurais imaginé me mettre dans de tels états. Peut-être est-ce l'effet de l'imprégnation : elle intensifie toutes les sensations, transformant une légère brise en tempête. Je m'emporte vraiment pour un rien, Seth reviendra.

S'il m'appelait au moins… Alors qu'avec ce silence notre lien s'étire jusqu'à devenir invisible. La peur que l'un après l'autre, les brins le constituant craquent, s'amplifie de jour en jour. Pourtant il s'agrippe à mon cœur, l'arrachant de ma poitrine. Peut-il se briser ? Car ce mal que je sens au fond de moi, c'est la partie de mon cœur que Seth a emportée avec lui. Ce qui me reste saigne, et tente de battre sans ce bout de lui.

Au moins il ne pourra pas oublier l'amour que j'éprouve pour lui. Quand à moi je me refuse de douter. Le loup m'aime, sinon pourquoi aurait-il fait tous ses efforts ? Il doit y avoir une raison à son silence. Je ne dois pas me tourmenter.

J'en veux terriblement à Jacob de l'avoir entrainé dans tout cela. Cet égoïste a-t-il pensé à moi en l'emmenant en Alaska ? Où seulement qu'il fallait protéger Renésmée ? Certainement la deuxième solution. Je sais au fond de moi qu'il a raison de vouloir la protéger, qu'il aurait fait la même chose pour moi.

Un bruissement derrière moi me sort de ces réflexions. Roy me sert doucement l'épaule dans une tentative de réconfort. Sa grande main chaude me rend un peu plus sereine. Il me rappelle tellement son neveu. Je dois arrêter de penser à lui tout le temps, mais il ne me reste que ça pour m'accrocher. Encore une fois je frôle le bracelet qu'il m'a offert. Tout va bien se passer. Il rentrera et tout ira mieux. Je dois juste être patiente.

Mon tuteur attrape mon bras me forçant à me lever. Je le suis sans force, j'ignore ce qu'il veut, mais ça ou autre chose…

Je saisis le manteau qu'il me tend, prenant le temps de lacer mes chaussures montantes. Je les ai achetées avec Seth. Mon cœur se déchire rien qu'au souvenir de cet après-midi. Comme d'habitude je cherche désespérément à retrouver les endroits où nous avons passé du temps seuls. La mer est devenue mon refuge. Mes balades à la plage sont d'ailleurs mes seules sorties extrascolaires. Pour Roy et Alma ça ne peut qu'être bon pour moi, mais ils regrettent que je passe mon temps seule.

Les autres imprégnées m'ont appelée régulièrement, me proposant des sorties et des balades. J'ai tout refusé. Je ne peux pas les regarder en face, elles et leur amour pour les loups. Trop difficile, trop de souvenirs, trop de dégoût… Il vaut mieux continuer seule.

A peine la porte passée une bourrasque d'eau et de vent mêlés claque sur nos corps. Wapi nous suit enthousiasme, courrant entre les flaques. Il a de la chance lui, il n'a pas de problème comme les humains.

Comme une lumière dans la nuit, le dos de mon tuteur me guide sous la violence de la pluie gelée. Pourquoi l'ai-je suivi sans réfléchir ? Nous traversons ce que l'on appelle le jardin, en direction de la maison des Black. Mes chaussures s'imprègnent d'eau et de boue, et je ne parle pas de mon bas de pantalon. Il avait vraiment besoin de moi pour aller chez Billy ?

Nous rentrons dans la petite maison sans frapper. L'indien est au téléphone dans leur minuscule salon. Je me demande comment ils ont réussi à vivre à cinq là dedans. Toutes les pièces sont en longueurs, donnant l'impression que l'on est à l'étroit. Pourtant l'endroit reste chaleureux, bien que pauvre en décoration.

Je réponds au signe de Paul, installé devant la télé, regardant une rediffusion. Rachel lie a coté de lui, la tête contre son épaule. Ils sont beaux tous les deux. Les même cheveux noirs, la même couleur de peau, et pourtant si différents. Paul fait plutôt garçon négligé, alors que Rachel se rapproche de la jolie étudiante. Un couple bien assorti, qui se complète. Comme moi et Seth, bien que nous soyons encore plus différents l'un de l'autre. La jalousie me monte à la tête. Pourquoi Seth a-t-il choisi d'être dans la meute de Jacob ? Dire qu'avant je pensais que ça avait des avantages…

- Je sais que les autres sont importants, mais pense un peu à toi aussi Jacob.

Je tourne la tête vers Billy. Sa voix profonde tranche le bourdonnement de mes oreilles. Il parle à Jacob. Mon cœur se sert. Je veux avoir des nouvelles de Seth. Il croise mon regard suppliant. Si Jacob peut téléphoner pourquoi Seth ne le fait pas ?

- Seth est près de toi ?... Il y a quelqu'un ici qui aimerait avoir de ses nouvelles.

Je mets du temps avant de me rendre compte que l'indien me tend le combiné. Je le saisis collant mon oreille à l'appareil. Mes mains tremblent, il faut que je me calme, une crise serait très malvenue.

Je m'appuie contre le mur les yeux fermés. Mon cœur recommence à battre, cherchant à me faire revivre, car là, au creux de mon oreille, chantonne un souffle. J'inspire profondément. L'air me fait mal, comme si je m'étais retenue de respirer pendant des jours. Nous restons tous les deux quelques minutes suspendus à la respiration de l'autre. Il est toujours à des kilomètres de moi, mais savoir qu'un lien existe entre nous me réjouit.

- Seth…

Il ne répond pas, mais halète. Souffre-t-il autant que moi de la séparation ? Je sens des larmes rouler le long de mes joues, glissant dans les plis de mon sourire. Seth, Seth, Seth… Tu me manques tant. Quand reviens-tu ? Je t'aime… La vie ici n'a pas de sens sans toi… Comment as-tu pu m'abandonner ? J'ai si peur que tout s'efface… Le doute s'amplifie tellement quand tu n'es pas là… Seth, reviens moi ! Serre moi dans tes bras jusqu'à me graver dans ta peau. Tu as tout emporté avec toi, que me reste-t-il hormis ton absence…

Je me sens si mal, toutes ces idées dans ma tête. Je n'arrive pas à déterminer ce qui prédomine : la douleur de son abandon involontaire, la colère et l'inquiétude, ou la joie de l'entendre à nouveau. Je me sens si bien, je revis au travers des sensations que son seul souffle provoque. Il est mon élixir de vie, une partie de mon âme, le double et la moitié de mon être. Qui suis-je sans lui ? Une personne perdue, sur une arche vide, au milieu des vagues. Nous n'avons pas besoin de mots pour savoir à quel point nous souffrons l'un et l'autre. La brume épaisse de mon esprit disparaît doucement au son du souffle du loup. Cette présence si lointaine m'enlace, tourbillonne autour de mon corps créant un cocon chaleureux. Même notre silence est réconfortant, car nous sommes deux en lui, profitant de la présence de l'autre. Le contact physique qui me manque tant se remplit par la présence sourde de Seth dans le combiné. Tout peut arriver tant que nous sommes unis. Je veux que ma dernière seconde soit la tienne. Je tremble à t'imaginer à coté de moi, poussière d'un fantôme.

- Tu me manques tant…

Ma voix enrouée par les larmes lui tire un soupire triste. Je suis désolée de ne pas être forte. J'aimerais redevenir pour quelques temps celle que j'étais avant d'arriver ici. La fille protégée par un mur de pierre, contre lequel les ombres et les hommes s'entrechoquaient. Que reste t-il de cette personne aujourd'hui ? Est-ce terrible de se perdre ainsi ? Je crois pourtant que je suis devenue meilleure, je dois l'être, sinon à quoi servent tous mes efforts ?

- Pourquoi ne m'as-tu pas appelée ?

- Je n'ai pas mon portable avec moi, et personne n'a ton numéro… Quand à la réserve, j'ignore ce que les anciens ont trouvé comme excuses… Isleen ?

- Il faut que tu reviennes Seth…Je n'arrive pas à m'en sortir sans toi.

C'est horrible de lui dire ça. Je suis vraiment égoïste. Bien sûre que s'il pouvait il serait ici avec moi. Cependant je ne peux retenir mes mots. Le manque est tellement fort… Je me noie dans ma détresse, tentant de rester à la surface. Le rivage est si loin de moi que je désespère. Combien de temps encore avant de pouvoir me poser à nouveau ? Je suis perdue sans le soleil. Il doit revenir, il m'a promis de rester avec moi toute sa vie. Je soupire, cherchant la sérénité. Je dois arrêter de ne penser qu'à moi.

- Je suis désolée, je…oublie. Comment vas-tu ?

- Mal… Tu me manques, j'ai l'impression d'avoir perdu une partie de moi…

- Je t'aime…

Que dire de plus. Nous survivons à distance l'un de l'autre. C'est si dur, aucun de nous n'a fait le choix de quitter l'autre. Cette décision a été prise par d'autres dont les intérêts différaient des nôtres. Je leurs en veux terriblement. Si je pouvais j'irais chercher Seth et l'enlèverais. Je suis prête à tout pour pouvoir le revoir. Cet amour est dangereux, il me pousse vers des extrémités cruelles.

- Je dois te laisser.

- Quand rentres-tu ?

- J'aimerais être près de toi, mais cette histoire est loin d'être résolue !

- Faites vite…

Nouveau silence. Il sait que plus le temps passe plus se sera dur pour nous. Je tremble de savoir que nous allons nous quitter une nouvelle fois, mais pour combien de temps ? Devrais-je attendre des jours pour avoir de nouveau de ses nouvelles, et entendre sa voix ?

- Je t'aime.

- Je t'aime.

Je suis incapable de raccrocher le combiné. Quelqu'un le fait pour moi. J'ai le cœur au bord des lèvres. Le noir reprend sa place. Je redeviens insensible à l'univers. Mes yeux se ferment. Le soleil s'est de nouveau éclipsé pour me laisser dans les ténèbres.

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Mes pieds glissent sur les pavés humides. Mes jambes fonctionnent seules, sans que j'ai de prise sur elles. Mon visage s'enfonce un peu plus dans mon manteau. Il fait encore si froid en ce début de Février. Je suis Roy sans faire attention à ce qui m'entoure. Les gens m'évitent alors que je trace ma route les yeux au sol. Je flotte dans un autre univers que le leur. Ma vie est tellement différente de la leur. Hier j'étais comme eux, une anonyme aux tracas humains, sans connaissance du monde et de ses étrangetés. Aujourd'hui je suis une âme perdue dans ce monde de fou…et demain… Je ne préfère pas y penser.

Nous atterrissons sans que je sache comment dans un petit café de la ville. Un de ces endroits rétro où on s'attend à voir surgir une serveuse en uniforme rose, sur des patins à roulettes avec un pichet de café à la main. Je m'installe sur la banquette verte, en face de mon tuteur. La lumière opaque des vielles lampes crée de drôle d'ombres sur les visages des personnes présentes.

Je sens son regard sombre qui me détaille. J'évite ses yeux depuis des jours tellement il me rappelle Seth. Mes mains se serrent sur mon jean. Il me gêne à me fixer ainsi. Bien sûr il est inquiet, Alma aussi, Sue, Billy… Tous se préoccupent de mon état moral et physique. Je me complais depuis le départ de Seth dans ce rôle de chose fragile. Emily m'a proposé plusieurs fois de passer les voir, mais je n'ai pas le cœur à discuter. J'aimerais qu'on me laisse seule dans le noir. En quoi parler m'aidera ? Son absence est mon seul horizon.

Ils veulent me voir sortir, continuer à vivre. Je fais de mon mieux. Je mange autant que possible, je vais en cours, mais qu'on ne me demande pas de ne pas me renfermer. C'est impossible, j'ai toujours eu cette tendance. Une véritable huitre. Comme je le pensais l'amour du loup à un revers. Une ombre qui me pèse sur les épaules depuis des jours. Le manque est si fort lorsqu'on est séparé…

- Qu'est-ce que je vous sers ?

La serveuse n'est pas habillée en rose, mais son T-shirt moulant orange me brûle les yeux. Je déteste sa voix et son sourire agressif. Elle n'est pas obligée d'être heureuse de servir du café, je la plains si c'est son plus grand plaisir. Si elle croit que je vais lui rendre son sourire dentifrice.

- Rien pour moi, je n'ai pas faim…

Roy soupire. C'est vrai qu'habituellement je suis de meilleure humeur. En même tant rien que la voir m'énerve, surtout quand je la vois se disputer avec son copain tout en mâchouillant un chewing-gum. Je ne la comprends pas, elle est vraiment bizarre l'ignorer comme ça, alors qu'ils se disputent… Franchement ridicule est dire qu'elle s'habille tout le temps comme ça, pauvre fille !

Qu'est-ce qui me prend ? Ca ne me ressemble d'être aussi méchante avec les gens, à croire que l'humeur de son homme au regard noir m'atteint.

Mon tuteur tousse pour attirer mon attention. Ma colère se calme instantanément. Je suis vraiment à fleur de peau. A se demander comment je ne fais pas de crises. Je sens qu'on va avoir une discussion dont le sujet va me déplaire.

- Il faut que je te parle.

Pas de réponse, de toute façon je n'ai pas d'autre choix que de l'écouter. Que ça me plaise ou non, nous allons parler. Le moment que j'évite depuis le départ de Seth est imminent. Mes yeux refusent toujours de le regarder. J'ai l'impression d'être une gamine qui boude son père. D'ailleurs c'est peut-être ce que pensent les passants qui nous observent de l'autre coté de la vitre. Enfin nous sommes différents physiquement, mais il se comporte comme tel. Dans le reflet de la vitre je vois bien son air de parent inquiet.

- Sortir avec Seth t'a aidée à sortir de ta coquille, mais maintenant j'ai l'impression que c'est pire qu'à ton arrivée.

Du Roy tout craché, franc et direct. J'aime cette façon qu'il a de me parler, honnête avant tout. Sans prendre de détour il donne ou assène ses vérités. Rassurante ou tranchante, sa voix roque gratte la moindre de nos impuretés. Il arrive en quelques mots à nous remonter d'un gouffre sans fond, ou à l'inverse de nous y enfoncer.

- Il m'a laissée…

- Isleen, ce n'est pas pour toujours ! Tu penses qu'il a envie de te voir comme ça ?

Bien sûr que non ! Ca ne peut pas être pour toujours. S'il meurt… Non ! Il ne peut pas m'abandonner il a juré que l'on serait toujours ensemble. Si l'un de nous doit partir en premier ça doit être moi. C'est impossible qu'il me quitte, mais…

- Il n'est pas là.

- Quand il rentrera, il ne va pas te reconnaître.

- Je ne suis pas un squelette non plus…

- Depuis quand tu ne t'es pas regardée dans un miroir ? Tu dépéris doucement.

- Je fais des efforts.

- Je sais tout ça… Je…

- Vous ne pouvez pas m'aider pour l'instant Roy. Vous faîtes déjà beaucoup.

La serveuse pose un hamburger devant nous, ainsi qu'un café bien noir. Les odeurs me retournent l'estomac. Je détourne la tête. Vomir ne serait pas du meilleur effet. Je respire profondément par la bouche. Au bout de quelques minutes mon estomac accepte de redescendre dans mon ventre. Je mets de plus en plus de temps à me calmer.

Je soupire. La pendule du café indique 12h10. Tant de temps avant de pouvoir plonger dans le noir. Pourquoi les heures ne filent-elles pas plus vite ? Quand Seth était encore là les minutes semblaient être divisées par deux, alors que maintenant… Le temps a-t-il décidé lui aussi de me mettre des bâtons dans les roues ?

Je suis fatiguée de mentir. Je n'aspire qu'à plonger dans un sommeil sans rêve, là où la solitude ne sera plus un poids. Plus de nuages sombres ou de pluie, plus de brûlures, plus d'abandon…

- Isleen ?

- Je suis fatiguée de souffrir. Je pensais que ça terminerait un jour, mais ça n'arrive jamais.

- C'est terminé. Tu as une famille ici, et nous ne te laisserons pas tomber. Alma et moi sommes si heureux de t'avoir rencontrée, de te voir t'épanouir, tomber amoureuse. Tu ne perdras jamais cela. Tout est gravé dans ta mémoire, dans tes gestes. Personne ne peut de retirer ce que nous t'offrons.

- Merci…

Sa grande main se pose sur la mienne. Solidaire dans le silence. J'apprécie ce contact à sa juste valeur. Ma main se tourne pour serrer un peu plus. J'aimerais pouvoir me réfugier dans ses bras immenses et rassurants. La petite fille qui vit au fond de moi cherche désespérément une étreinte paternelle. Je me couche sur la table, les yeux fermés. Comment vais-je pouvoir avancer dans mon état. Je suis vraiment une handicapée de la vie, je n'arrive pas à marcher sans mes béquilles.

Les doigts rugueux de Roy frôlent mes cheveux dans un geste tendre. Un père… oui il se comporte plus comme un père que tous mes tuteurs précédents. Il ne me force pas à l'accepter, mais il me montre qu'il est prêt à tenir ce rôle. Ses gestes tendres, ses sourires, ses froncements de sourcils. Il prend soin de moi sans que je m'en rende vraiment compte. Je ne l'ai jamais remercié pour cela. Il me taquinerait me disant que c'est normal. Au fond de moi je leur suis éternellement redevable.

La serveuse passe près de nous, posant la note dans un bruit sec. Elle doit être étonnée de nous voir ainsi. Quil m'a dit que de drôles de rumeurs courraient la ville sur mon « adoption ». Je ne sais pas si je dois le croire, après tout je m'en fiche un peu. Les personnes peuvent penser ce qu'elles veulent, moi je suis heureuse dans cette famille.

- Tu passes la journée avec moi ?

- Oui.

_ - _ - _

Dire que je pensais m'enterrer en venant à la réserve. Un lieu si loin de tout ce que j'avais connu. Pas de grande route bruyante, pas de foule pressée, de zones urbaines, de modernisme… A vrai dire cela n'avait pas un grand attrait pour la citadine que je suis.

Je revois encore Janice avec sa nouvelle coupe de cheveux, me tournant le dos dans sa grande cuisine aménagée. Je me rappelle des larmes qui m'ont brûlé les yeux quand j'ai compris qu'il fallait que je parte. Encore. Je lui en ai voulu de ne pas m'affronter, de ne pas me dire droit dans les yeux qu'elle ne voulait plus de moi. Ni elle, ni Pierre d'ailleurs. Adieu ma chambre vert citron, mes meubles neufs…

Et puis un soir en rentrant du lycée, cette lettre de l'assistance sociale. Blanche comme une craie sur le rouge verni de la table. Ma main a tremblé. Janice et Pierre étaient dans le salon. Ils avaient déjà eu la leur. J'allais enfin les quitter, pour une famille indienne. Des personnes recluses avaient accepté de me prendre à charge. Moi, une citadine de naissance, malade chronique, qui ne cherchait que l'anonymat.

J'ai vraiment cru que je n'arriverais jamais à me stabiliser.

Aujourd'hui, sous le ciel gris déchiré d'éclairs, je sais que je me suis trompée. Ma vie est ici. Pas besoin de chercher un autre lieu : je suis tombée amoureuse de ces indiens au cœur gros, à l'humeur soleil, de ce temps pluvieux, et du paysage vert, humide et tranchant. Le rythme paisible, le lien qu'il y a entre les gens, la douceur de cet univers que je pensais archaïque, -sont à présents des éléments nécessaires à mon bien être. Car même au fond du gouffre, je vois la lumière là-haut et les mains qui se tendent pour m'aider à remonter.

Un éclair plus fort me fait sursauter. L'habitation est subitement illuminée à nous rendre aveugle. Je fronce les yeux. Le feu de cheminée vacille sous un courrant d'air, léchant les barres de fers nous en protégeant.

- Alors Isleen, pour quelle université comptes tu nous quitter l'année prochaine ?

- Il faudrait déjà que j'ai mon diplôme…

- Ne la pousse pas à partir Quil !

Le vieux Quil rigole sur sa chaise, faisant trembler sa tasse de café. Je souris appuyée sur le muré à coté de lui. Cet homme est la parfaite image d'un grand-père pour moi. Vieux et fripé, un sourire à rassurer nos cœurs, des yeux qui ont vu tant de choses passer. Une voix posée, autoritaire et sage.

Il parait si petit sous sa couverture, alors que les photos jaunies sur sa cheminée me montrent un homme dépassant largement les un mètre quatre-vingts.

- J'étais beau n'est-ce pas ?

- Quil, arrête de jouer au charmeur, tu n'as plus l'âge…

Je secoue la tête. Depuis que je suis arrivée il n'arrête pas de se titiller. Mes yeux se pose sur une photographie qui devrait me tirer un sourire. Un jeune indien se tien fièrement sur les épaules d'un adulte. L'enfant a un grand sourire, montrant le cratère que deux dents manquantes créent dans sa bouche.

- C'est moi et Ephraïm Black, l'alpha de la dernière meute.

On sent tout de suite le respect que le vieil homme a pour la meute. Etrangement je sais qu'il a le même pour Jacob et Sam, qui sont si jeunes par rapport à lui. J'ai lu dans mon guide des Quileutes pour les nuls que l'âge des alphas importe peu. Seule leur place hiérarchique leur donne un pouvoir important au sein de la réserve. Après tout ce sont eux qui nous défendent contre les attaques.

Nous regardons Roy masser le chien de l'ancien. Apparemment celui-ci refuse de s'alimenter depuis un moment. Mais selon mon tuteur ce n'est que des humeurs qu'il aurait copiées sur son maître. Je ris doucement devant la tête du vieux Quil qui grogne. Il faut dire qu'il est connu pour son caractère bien tranché.

- Tu as eu des nouvelles de Seth ?

Sa voix gratte ses cordes vocales. Il est inquiet. A-t-il eu des nouvelles de son petit-fils ? Je me penche vers lui afin d'être sûre qu'il m'entend.

- Ce matin seulement. Il a l'air d'aller bien.

- Oui…Billy m'a dit que les vampires semblaient avoir abandonné la chasse. Cependant les Cullen veulent rester prudents.

Parler de lui est moins dur que je le pensais. Le regard des deux indiens est serein, comme s'ils savaient que la situation va s'arranger. Je dois leur faire confiance, après tout ils ont l'expérience des années.

Les hommes ne me jugent pas, alors que je reste dans mon mutisme. Les écouter se disputer me fait du bien. Mes pensées se tournent vers leurs chicanes attendant la réplique la plus acide.

Je tourne la tête une nouvelle fois vers les bois. Mes yeux détaillent les vieux pins, les fougères et autres plantes qui se battent derrière la maison de l'ancien. Rien. Pourtant, depuis que nous avons quitté Forks j'ai l'impression d'être suivie. La fatigue sûrement car à chaque regard je n'aperçois rien. Je dois être devenue paranoïaque…

- Bien on va rentrer.

Je me lève, m'apprêtant à suivre Roy, mais la main étonnamment vigoureuse du vieux Quil m'enserre le bras. Mes yeux se posent sur son visage ridé.

- Soit prudente Isleen.

- Bien sûr, prenez soin de vous.

Je le quitte en courant légèrement pour rattraper mon tuteur. Qu'est-ce qu'il a bien pu vouloir dire ? Si c'est en rapport avec ma maladie alors je ne peux guère être plus prudente. Quand à mes rencontres impromptues avec les vampires je dois dire que je n'ai pas vraiment le choix. Il évoquait peut-être juste mon état depuis le départ de Seth…

- Rassure moi il ne t'a pas draguée?

- Ce n'est pas mon type ! Je préfère les hommes moins matures.

Roy part d'un grand rire qui secoue la voiture. Je m'étonne moi même de ma répartie. Cette journée me semble un peu moins terne que les jours d'avant.

Je grimpe dans la Chevrolet lorsque quelques gouttes commencent à tomber sur le pare-brise. La voiture parcoure la route, tranchant le vent et la pluie. Il y a au moins des choses régulières dans mon univers déphasé. Je fixe le rétroviseur.

Je retiens mon cri, l'étouffant dans mon poing. Joham ne peut pas être derrière nous. Je me retourne vivement sous l'œil intrigué de mon tuteur. J'ai du rêver, un instant de fatigue. La route est vide, comme les alentours. Je jette un coup d'œil devant, rien non plus. Je tente de calmer mes sens en alerte. Que ferait-il ici ? Entre deux halètements je tente de me raisonner. Tout va bien !

- Ca va ?

- Oui, j'ai cru voir une connaissance…

Une connaissance dont je me serais bien passée.

_ - _ - _

Je fixe mon téléphone depuis plusieurs minutes. Dois-je ou non téléphoner à Sam ? Non, j'ai du rêver, et l'alpha à d'autres préoccupations que mes « visions ». Mais si les vampires sont vraiment là… La meute doit déjà être au courant. Je suis idiote à m'inquiéter comme ça, surtout que j'ignore si j'ai rêvé au non. Après tout, ça n'a duré qu'une seconde. Pourtant, je n'arrive pas à me défaire de cette impression.

J'aurais peut-être du en parler à Roy. Il serait quoi faire. D'ailleurs le voilà qui rentre dans ma chambre. Quand on parle du loup…

Il a l'air inquiet, pourtant le dîner s'est plutôt bien passé. J'ai mangé plus qu'habituellement devant le sourire d'Alma. Je n'ai pas repris du hachis, mais j'ai au moins fini mon assiette. Roy a fait la conversation tout le long, parlant de ses clients, et du vieux Quil particulièrement. J'apprends avec surprise qu'il s'agit du grand-père d'Alma. Les Quileutes sont vraiment liés par le sang. Une idée germe dans ma tête. Quil est un loup grâce à son grand-père, il en est de même pour Seth et Leah. Roy et Alma ont le gène lupin. S'il avaient eu un enfant y aurait-il eu un loup assis à ma place ?

Il s'installe sur mon lit, face à mon siège à bascule. Je le regarde sans arrêter mon mouvement. Mes doigts jouent avec ma couverture d'enfant. Je pousse un peu plus fort sur mes pieds pour me balancer un peu plus. Mes yeux se ferment, je veux quitter la réalité…

- Je ne voulais pas en parler devant Alma, mais il y a quelque chose qui ne va pas ?

Toujours cette même franchise. J'entrouvre les yeux pour créer un contact entre nous deux. Lui dire la vérité me soulagera peut-être.

- Hum, la personne que j'ai cru voir, je…c'était un vampire que…

- Qui t'a-t attaquée-il y a quelques temps, l'homme ou la femme ?

- Comment ?

Je le regarde vraiment surprise. Il est au courrant ? Pourtant il n'a rien laissé paraître ! Et moi qui tentais de cacher mes cauchemars, alors qu'il savait tout. J'ignore si cela m'aurait soulagée à l'époque, mais ça aurait changé certaines choses. J'aurais pu voir la confiance dans ses yeux, savoir que je pouvais lui parler.

- Je fais partie du Conseil. Alors ?

- J'ai cru voir l'homme.

Dans le silence nos yeux ne se quittent pas. Lit-il l'inquiétude dans mes yeux, la peur d'avoir raison ? Si jamais ce que j'ai vu est réel ? Roy doit savoir quoi faire.

- Je vais appeler Sam.

- Mais ce n'était peut-être pas lui.

- Je préfère en être sûr.

Il se lève, marchant vers la porte.

- Ne t'inquiète pas Isleen, il ne peut rien t'arriver !

J'aimerais le croire, mais le cours de ma vie coule près de la malchance, et je me doute qu'une fois encore un pont va les lier.


Voilà pour aujourd'hui. J'espère que vous êtes satisfait. J'attends toujours vos commentaires avec impatience ! (Ils sont ma seule motivation)

A bientôt !