Réponse aux reviews !

Salut Iphitos ! Oui, ça fait du bien de fondre un boulon de temps en temps avec leurs conneries. Mais le récit sérieux reprend après x)

Hello Aomine ! Non, le Patronus d'Aenor est... Je sais pas trop en fait. Je penche pour un animal de la forêt, faon ou daim peut-être. Ce n'ets pas encore sûr. Enfin bref. Si l'Ankou et Al' étaient des perso Disney... Difficile à dire ! Al' serai probablement une princesse badass façon Merida. Et l'Ankou... OMG l'Ankou serai Flynn Rider, dans Raiponce xD

Thanks Morgane ! Oui, question "être sain d'esprit", les Malefoy partent avec une longueur de retard x) Alva ets ce qui est arrivée de mieux à Draco, mais ça va impacter sur la famille pendant des générations... XD Hyperion est le plus raisonnable de la famille, et il fait des courses de chats. Ils sont tous foutus x)

Salut Loupiotte54 ! T'es sûre de vouloir aller dans ce cimetière ? Moi j'aurais la trouille de ma vie xD

Hey Fiona x) Mwahahahaha, la mort du père d'Alva... Un truc épic. On m'a dit dans une review qu'il aurait mieux fallu qu'Andreï ne réponde pas à la question de sa fille, mais j'aime assez la manière dont ça s'est passé. Les membres de la famille Netaniev n'ont jamais cessé de s'aimer et c'est ça qui rend le tout si terrible. Ils s'aimaient et c'ets pour ça qu'Andreï voulait changer le monde, pour ça qu'Oswald et Borislav ont pris la Marque, pour ça que Diane est mort, pour ça que Volodia s'est rebellé, pour ça qu'Alva a mit fin à ce cauchemar sans fin. Enfin BREF ! Tu aimes les perso badass au caractère explosif ? Tu dois adorer Astrid et Alyssa alors x) Bon, je ne parles pas trop d'elle en tant que duo dans Renouveau mais dans toutes mes autres fics, Astrid et Alyssa vont ensemble comme Kirk et Spock ou Sherlock et John. Astrid a besoin d'Alyssa pour ne pas taper sur les gens et Alyssa a besoin d'Astrid pour ne pas accidentellement déclencher une avalanche ou autre connerie x) BREF (encore) ! Oui Al' et Aenor vont devoir faire gaffe à l'Ankou xD Le nom à chier de Jean-Kévin est fait exprès, Chiara a un sens de l'humour tordu xD
Au fait ! Fiona, j'ai jeté un oeil au site et je suis d'accord, à condition que tu n'oublie pas de préciser qui est l'auteur x)

Hello yuukixsama xD Ouais, Jean-Kevin, c'est tout à fait le genre de nom que je sortirai si je devais nommer un griffon en pierre qui veut me bouffer (ça ou Bob. J'adore le nom Bob, il me fait délirer), donc voilà xD

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Note de l'auteur 1 : Et hop, une petite scène pur Draco/Alva pour commencer, parce que voilà, je les aime bien ces deux-là x)

Note de l'auteur 2 : Comme ça fait un bail qu'on a pas entendu parler de Heather ou de Nero, je leur ai réservé une lettre dans ce chap' x)

Note de l'auteur 3 : Et je me suis rendue compte que je n'avais jamais donné de "voix" à James et Faust ! On ne les voit qu'à travers les yeux de gens qui les détestent, ça fausse la perspective… Enfin, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, j'ai joué avec ça avec Khallia : en la présentant au travers des yeux d'Alva qui la déteste et de Blaise qui la voit juste comme un sex-symbol. Et, ok elle est hargneuse et sexy, mais elle est carrément plus que ça ! Enfin bref, du coup, dans ce chap', on verra James et Faust.

Note de l'auteur 4 : Mon projet de page Facebook n'avait pas sucité l'enthousiasme quand je l'avais proposé x) Mais bon, c'était il y a un bail... Je refais donc un sondage. Si je créais une page fb sur Harry Potter (Renouveau, le Parfum, les questions qui font débat sur Dumbledore ou Rogue, Pottermore, vos fics préférées...), est-ce que vous rejoindriez le groupe ?

Si plus de cinq personnes disent oui, je la crée =D

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Le plan d'Al'

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Alva poussa un cri de rage et, d'un geste brusque, balaya les feuilles étalées sur le bureau de Draco, qui tombèrent sur le sol en un bruissement de papier maltraité. Debout de l'autre côté du bureau, son époux ne cilla même pas.

– C'est impossible, gronda la Russe en faisant les cents pas sous le regard inquiet du tableau du professeur Rogue. Je l'aurais remarqué ! Je l'aurais vu !

– De toute évidence, non, fit placidement Draco.

Sa femme émit un grondement semblable à celui d'un chat en colère, et, comme souvent lorsqu'elle était furieuse, Draco fut frappée par le magnétisme animal qui se dégageait d'elle. Alva pouvait être belle et policée et sophistiquée, mais au fond, elle était une guerrière, un loup, un fauve qui grondait et sautait à la gorge de ses adversaires.

– Tu as du te tromper !

– Tu as été de moins en moins envoyée à l'extérieur. Tu es de plus en plus sollicitée pour des rapports, des formations ou toutes autres tâches qui, bien qu'étant intéressantes, je ne nie pas, t'empêche de fourrer ton nez dans l'affaire des Ecorcheurs. McFergus est ton supérieur direct, c'est lui qui réduit ta mobilité. Il pouvait avoir plusieurs motifs, je te l'accord : mais si sa nièce est Réfractaire, alors il l'est lui aussi, et il n'a plus alors qu'un seul motif pour ses actions : te garder sous contrôle.

Alva secoua la tête avec violence, sa longue chevelure roux clair volant autour de son visage. Sa colère était si violente que des étincelles crépitaient au bout de ses doigts, que l'air semblait se troubler autour d'elle tant la chaleur émise par son corps était anormale. Alva était le feu, Draco l'avait toujours vu. Ça ne tenait pas qu'à l'élément avec lequel elle avait une affinité : beaucoup de gens avaient le feu pour élément favori. Mais Alva…

Chez Alva, la flamme brûlait avec une rare intensité. Chaleur, beauté, lumière, fascination et destruction. Alva était celle qui nimbait tous les autres de son aura et révélait chez eux des facettes jusque là tenues dans l'obscurité. Elle avait révélé la haine chez Weasley, la lâcheté chez Potter, et le courage chez Draco, et ce dès leur première rencontre. C'était quelque chose qu'on adorait ou qu'on détestait, il n'y avait pas de juste milieu. Elle entrait dans vos vies comme une tornade, sans gêne et orgueilleuse, considérant comme son droit le plus élémentaire le fait de piétinez vos idées préconçues et de présenter sa vision du monde comme la vérité absolue.

Draco avait été fasciné dès le premier jour. Parce qu'à l'époque, il était seul et effrayé, et qu'Alva était toute aussi seule et effrayée, mais qu'elle relevait le menton et croyait dur comme fer qu'elle était toujours supérieure au reste du genre humain, qu'elle ait été jetée à bas de son trône ou pas. C'était de l'arrogance, c'était de la détermination, c'était de la folie : mais Alva était du genre à ne jamais se briser. Et ça lui avait donné foi, à lui Draco Malefoy, Mangemort et fils de Mangemort dans une école qui le haïssait.

Soudain, Alva cessa de faire les cent pas et se tourna vers Draco, les yeux étincelant de fureur et sa crinière rousse cascadant sur ses épaules.

– Tu veux que je quitte mon travail.

Elle était grande, belle, sauvage et terrifiante, cette femme, sa femme. Parfois, comme en ce moment, Draco comprenait pourquoi même Harry Potter rentrait la tête dans les épaules quand Alva le regardait de travers. Mais la colère de Salvakya Netaniev était aussi brève qu'intense, comme un retour de flammes. Ça faisait longtemps que Draco avait cessé d'être intimidé.

– Oui.

– J'aime ce que je fais ! éclata Alva. Je ne vais pas partir parce que…

– … Parce que ton supérieur hiérarchique fait partie du mouvement contre lequel nous luttons et qu'il a déjà commencé à te surveiller, ce qui veut dire qu'il reçoit des ordres de la part de la conspiration ? acheva Draco. Moi, je trouve que c'est plutôt une bonne raison.

– Je ne vais pas fuir !

– Je pourrais te l'ordonner, dit calmement Draco.

Alva renifla avec mépris et croisa les bras, mais Draco ne fut pas dupe. Il voyait la tension dans la ligne de ses épaules, dans la crispation de sa mâchoire. Alva était une Gryffondor. Elle était une Gryffondor et elle était furieuse, trahie et en colère. Elle voulait frapper quelque chose –ou quelqu'un– jusqu'à ce qu'elle se sente mieux.

– J'aimerai te voir essayer.

Draco ne se démonta pas. Alva était la flamme, celle qui mettait le feu au poudre et révélait au grand jour courage et violence, mais Draco était le ciel. Tornades de feu et incendie pouvaient l'assombrir et déclencher fureur et ouragans, mais au bout du compte, il était tout simplement hors d'atteinte.

Ils pouvaient se faire mal, ils pouvaient se blesser, tout les deux. Mais ils ne le faisaient pas. Jamais, même dans les plus grandes colères. Alva avait besoin de Draco pour tempérer sa rage, calculer une solution discrète là où elle ne voyait se profiler que batailles. Et Draco avait besoin d'Alva pour attiser les flammes, lui redonner courage et foi quand, bien souvent, le lourd passif du nom des Malefoy lui revenait en pleine figure.

Alors comment auraient-ils pu se résoudre à se faire du mal ? Les autres leur en avaient déjà tellement fait. C'était eux contre le reste du monde, et c'était comme ça depuis qu'ils avaient dix-huit ans et qu'Alva avait poussé la porte du café où Draco envisageait de quitter la Grande-Bretagne.

Alors le sorcier blond croisa les bras, et dit calmement :

– Tu vas démissionner, Alva. Je sais que tu aimes ce que tu fais, jongler avec les arcanes les plus sombres de la magie, passer entre ses pièges et défier les plus dangereux des sorts. Je sais que tu es une guerrière. Ce n'est pas quelque chose que je risque d'oublier. Mais justement : tu es une guerrière, et tu n'es pas le genre à t'obstiner dans une course d'action qui mettrait tes partenaires en danger. Et rester à disposition de McFergus mettrait la Confrérie en danger.

Alva resta immobile, bras croisés, tendue comme un arc, ses yeux bleu saphir étincelants de colère plantés dans ceux, gris et froid comme un ciel d'hiver, de son mari. Puis elle cracha à contrecœur :

– Je vais démissionner demain.

Elle se tenait à quelques pas du bureau de Draco et ce dernier percevait des effluves de son parfum. C'était un curieux mélange de senteurs épicées et acidulées, avec une pointe légèrement musquée, bois poli et mandarine, café au lait sucré et cuir, sésame et magnolia. Plein, léger et intense. Alva.

– Je sais.

– Ça ne veut pas dire que j'aime ça, l'avertit Alva.

Draco retint un sourire.

– Je sais.

– Et il est hors de question que je devienne un objet de décoration !

– Je sais.

Parfois Draco se disait avec amusement que leur dynamique n'avait guère changé depuis le jour de leur rencontre. Alva s'enflammait et lui la tempérait. Elle brandissait l'épée et lui la stratégie. Il était difficile de dire qui menait la danse, qui décidait de lancer la bataille, qui dominait leurs disputes ou leur mariage : c'était un équilibre mouvant aux contours brouillés et incertains, et eux-mêmes avaient un peu de mal à dire où commençait l'un et où finissait l'autre.

Si ça n'était pas ça l'amour, alors personne sur Terre n'avait jamais été amoureux.

– Tu pourrais gérer le haras d'Emerald, proposa Draco pour l'apaiser. Tu es douée avec le dressage.

– A voir, fit Alva qui n'était toujours pas calmée.

– Ou bosser à plein temps pour la Confrérie.

Alva émit un grognement :

– La Confrérie piétine. On n'a repéré aucun arrivage de FullMood ni aucun départ depuis l'herboristerie d'Ishtar !

– Oui, acquiesça Draco. Je pense qu'il doit y avoir un passage secret, un moyen d'entrer et de sortir par l'intérieur…

– C'est ce que je disais, on piétine. Laisse tomber. Je sors, je dois me changer les idées.

– Ne te donne pas cette peine, fit Draco avec un sourire en coin en contournant son bureau. On peut aller s'exercer dans le parc si tu as besoin d'un défouloir.

Avec un sourire carnassier, Alva lui emboîta le pas :

– Mais quelle excellente idée…

oOoOoOo

Lettre de Nero McAlister à Heather Agrace :

Chère Heather,

Comment vas-tu ? Les attaques d'Ecorcheurs se sont faites plus espacées, mais je suis toujours aussi paranoïaque. Et toi, tu tiens le coup ?

Je sais, c'est bizarre de t'envoyer une lettre alors qu'on bosse dans le même bâtiment. Mais il y a quand même quatre étages entre nos bureaux et il y a tellement de boulot à la Gazette que c'est à peine si on parvient à se croiser.

Enfin bref, tu veux qu'on aille prendre un café dans un lieu plus sûr que les rues mi-sorcière ? La Rue Errante, peut-être ?

Nero.

oOoOoOo

Albus Potter se gratta machinalement le crâne en survolant du regard la table des matières de son livre de Métamorphose. Ils devaient rendre une dissertation sur la transformation des hérissons en pelotes d'épingles (encore une compétence très utile pour leur vie future, tiens !), et il avait à peine terminé l'introduction. Il n'était pas sorti de l'auberge.

En plus il ne s'était pas remit de la fête de la veille, donnée chez les Serpentards pour fêter, ironiquement, leur défaite au match de Quidditch du mois de mars. Ils avaient affronté les Poufsouffles et bien sûr, Cooper n'avait pas eu l'ombre d'une chance contre Chiara. Alexis Jarvis, qui était un Attrapeur génial dans les matchs amateurs faits avec sa famille, trépignait d'impatience : l'année prochaine, il serait en deuxième année, assez âgé pour remplacer Conrad Cooper et sa maladresse !

Enfin bref. Pour le moment, la finale était bien partie pour se dérouler contre les Poufsouffles, le tout était de savoir qui, des Gryffondors ou des Serdaigles, aurait cet honneur. Les Serpentards étaient officiellement hors-course.

– Tu as oublié de parler de la capacité à se mettre en boule du hérisson, indiqua Aenor en déchiffrant sa copie à l'envers.

Elle lisait à la même table, assise en face de lui. Al' poussa un juron puis effaça son dernier paragraphe. Son amie ne put s'empêcher de sourire d'un air amusé. Quelques minutes passèrent dans un silence studieux, puis Aenor dit sans lever les yeux de son grimoire :

– Tu prépares quelque chose en rapport avec le premier avril de l'année dernière ?

Al' releva les yeux, surpris, mais Aenor était cachée derrière son livre, les yeux rivés fixement sur une ligne. Comme si elle sentait son regard, elle se hâta d'ajouter :

– Tu as emprunté un livre sur les sources de lumière sans baguette…

– Ah, comprit Al'. Non, ça n'a aucun rapport. C'est parce que je prévoie d'enfermer mon frère et l'autre débile dans un placard jusqu'à ce qu'ils fassent la paix.

Aenor pouffa de rire :

– Sérieusement ?

– Très sérieusement, confirma Al'.

– Mais c'est Faust, fit Aenor en retrouvant son sérieux. James, à la rigueur, je veux bien, mais Faust est… Un psychopathe.

Al' secoua la tête :

– Il est chiant, horriblement arrogant, et brutal. Mais James, Fred et Tom ont une bonne influence sur lui. Il ne veut pas les blesser alors il se tient bien. C'est dès qu'il est tout seul que ça part en vrille.

Faust n'avait pas commis l'erreur de s'en prendre à Carrie à nouveau. En revanche, Al' savait de source sûre qu'il avait coincé Zélie Zograf, de Serdaigle, dans les cachots, et qu'elle en était revenue en pleurant. C'était Dylan et Rose qui l'avait vue. Faust perdait facilement les pédales quand il se sentait seul ou en danger : et quand il perdait les pédales, il devenait violent…

Al' ne doutait pas que James et Faust étaient vraiment amis. Par contre, il ne voyait aucun problème à instrumentaliser cette amitié pour empêcher l'autre taré de faire des siennes.

– Et pour le premier avril, vous avez prévu quoi ? demanda innocemment Aenor.

Al' ouvrit la bouche pour répondre, mais l'Ankou surgit de nulle part comme un diable de sa boite, s'affalant sur la dernière chaise de libre à leur table :

– Ce ne sont pas tes affaires, ma chère Colombidae !

– Quoi ? fit bêtement Al' tandis qu'Aenor cachait son visage dans ses mains.

– J'avais dit à Abby de ne pas ébruiter ce surnom, grogna la Serpentard.

Scorpius rigola, tout fier de lui, et se renversa en arrière sur sa chaise :

– Empêcher Abby de trouver des surnoms aux gens ? Il va falloir cinq minutes avant que ça n'arrive !

– Pourquoi Colombidae ? interrogea le jeune Potter.

– C'est le nom scientifique de la famille des pigeons et des colombes. D'ailleurs, Aenor, je me suis toujours demandé… Pourquoi le pigeon ?

Al' tourna les yeux vers la Serpentard lui aussi. C'était vrai, c'était une bonne question. L'aînée Castle poussa un soupir, et referma son grimoire :

– C'est le frère pauvre de la colombe.

– Excuse-moi, cette phrase est-elle censée avoir un sens ?

– Tais-toi et écoute, espèce de blond, s'agaça Al'. Vas-y, continue Aenor.

– Merci. La colombe, c'est un piaf, tout bêtement, mais parce qu'il est blanc, on lui accorde la vertu de pureté, tout ça. Mes parents rêvent que je sois leur colombe. Je préfère le pigeon. Tout le monde lui fiche la paix, au pigeon.

Il y eut un court silence presque religieux, puis Aenor décapita la solennité du moment d'un ton badin :

– Et puis, ça rend mes parents complètement fous.

Al' rigola, et l'Ankou renifla avec amusement :

– En fait, tu es une rebelle, mine de rien…

– Résistance passive, rectifia Aenor. Je ne suis pas une Gryffondor non plus !

– Ah, ça, je connais, compatit Al'.

L'Ankou roula des yeux. Qu'ils gardent leurs problèmes parentaux. Ses parents à lui étaient peut-être un peu spéciaux mais leur famille était unie, elle. Il sourit dans le vide en y pensant. Oui, son père était un politicien avec une Marque des Ténèbres sur le bras. Oui sa mère était une Gryffondor refoulée qui portait toujours sur ses épaules le poids d'un parricide. Oui, son frère était ambitieux et retors comme un serpent. Et oui, sa sœur était dure et sans merci, parfois même effrayante. Mais eh, entre eux et la famille dysfonctionnelle d'Al', ou entre eux et l'enfance privée d'amour d'Aenor, Scorpius n'hésitait pas un seul instant.

Il revint au présent, et reporta son regard sur son meilleur ami :

– Au fait, Al'. Rendez-vous ce soir où tu sais, il faut qu'on bosse.

– Quoi ? gémit le jeune Potter. Mais je n'ai pas fini ma dissertation !

– Demande un coup de main à un élève plus avancé, et oh quelle surprise, il y en a une juste là ! se moqua l'Ankou. Sérieusement, faut qu'on bosse cette histoire de carpettes.

– Est-ce que j'ai envie de savoir ? fit Aenor à la cantonade.

– Non, lui répondirent les deux garçons avec un bel ensemble.

L'histoire de carpettes était le nom de code pour leur entraînement d'Animagus. Al' n'arrivait pas à transformer plus que son avant-bras. Scorpius pouvait déjà transformer tout le bras jusqu'à l'épaule, mais lui, il s'entraînait plus souvent puisqu'il travaillait aussi avec Demy. Il avait d'ailleurs finalement découvert quel était l'animal-totem de sa sœur et avait bien rigolé. Un aigle, quel cliché !

Le jeune Malefoy retint un sourire amusé à cette idée, puis se leva :

–Allez, je file !

– Tu vas où ? interrogea Al' avec méfiance.

– J'ai une heure de colle avec Londubat je te rappelle. Je n'arrive pas à croire qu'il ne t'ait pas collé toi aussi, d'ailleurs, tu balançais tout autant de terre de que moi !

Al' esquissa un sourire en coin et retourna à sa dissertation en déclarant d'un ton dégagé :

– Eh bien maintenant, tu sais que la réponse adéquate à un ordre d'un professeur n'est pas "oh, vous dites juste ça pour avoir l'air important". Et console-toi, tu ne seras pas tout seul ! Owen et Gareth sont collés aussi, non ?

– Et Flora et Melinda, acquiesça l'Ankou.

– Ah ? Je ne savais pas… Qu'est-ce qu'elles ont fait ?

– Elles ont balancé un sac d'engrais à la tête de Jo mais elles l'ont manqué et ça a atterri en plein sur les dossiers du prof !

Aenor secoua la tête d'un air halluciné tandis que les deux garçons rigolaient. La promo 2017 était entièrement composée de tarés profonds. Pas étonnant que son frère commence à s'endurcir et à se dresser contre leurs parents…

– Souhaitez-moi bonne chance ! fit l'Ankou en s'éloignant d'un pas guilleret.

– Sois digne des ninjas ! lui lança Al' d'un ton narquois.

Scorpius éclata de rire. Avant de disparaitre au coin d'un rayonnage, cependant, il se retourna brièvement. Al' s'était rapproché d'Aenor pour lui montrer son devoir, et leurs deux têtes se touchaient presque. Longs cheveux couleur de terre après la pluie, et courte chevelure en bataille aux teintes de bois sombre.

Ils allaient bien ensemble, devait admettre le jeune Malefoy. Ils avaient tous les deux manqué d'amour, quelque part. Par des parents trop ambitieux, ou trop occupés, ou trop hantés par leur passé, ou juste indifférents. Ils n'étaient que des enfants dont les géniteurs attendaient qu'ils se conforment à leurs attentes, mais qui rêvaient de paix et de liberté, comme des oiseaux en cage.

Scorpius n'avait jamais manqué d'amour. Jamais manqué d'attention. Jamais manqué de liberté. Ses parents avaient de hautes exigences, certes : il fallait savoir jeter des sorts, parler plusieurs langues, danser, flatter, se battre, se taire, comprendre, garder la tête droite. Mais jamais ils n'avaient essayés de le forcer dans un moule. Jamais ils ne l'avaient laissé dans l'ombre.

Jamais l'Ankou n'avait vraiment été en cage.

Il en était fier. Il en était heureux. Mais quelque part, ça lui faisait mal de voir que ces barreaux qu'il n'avait jamais connu ferait toujours barrière entre lui et Aenor. Entre lui et tout le monde. Il le savait : qui se ressemble s'assemble, et personne n'était plus semblable qu'Al' et Aenor, les deux enfants que leur famille n'avait pas voulu parce que le reste de leur fratrie était bien assez. Ils se comprenaient. Il le savait depuis qu'il avait lancé cette pièce truquée dans les cuisines de Poudlard. Il l'acceptait, même, depuis qu'il avait rempli la Cabane Hurlante de gags et de fausses araignées, pour dire adieu à son premier amour avec un éclat de rire.

Ils allaient bien ensemble. Ils étaient amoureux. Peut-être que dans dix ans, ils seraient mariés. Tout le monde, d'ici là, aurait oublié qu'Aenor avait été le premier amour de Scorpius Malefoy.

Avec un soupir, l'Ankou se détourna et quitta la bibliothèque.

Sa colle se déroulait dans une zone à peu à l'écart des serres, dans le parc, entouré d'une palissade. Il s'agissait d'un petit marais artificiel, où poussaient diverses plantes gluantes et répugnantes. Owen, Gareth, Flora et Melinda y étaient déjà. Ils ne respiraient pas la joie de vivre, c'était sûr : à tous les coups on allait leur confier une mission dégoûtante. Parfait, l'Ankou avait justement besoin de se changer les idées.

– Et voilà le dernier, s'exclama Londubat en voyant arriver Scorpius. Allons-y !

Neville agita sa baguette, déverrouillant la porte de l'enclos. Flora retint un haut-le-cœur quand Londubat les y fit entrer, ce qui tira un sourire en coin au prof. Sadique.

– Voilà ! fit le professeur de Botanique en leur désignant le marais. Trente mètre sur dix de cultures inestimables.

– J'aurais plutôt dit de terre, de boue et de trucs spongieux, marmonna Melinda en aparté.

– Il y a de ça aussi, admit Londubat en enfilant une paire de gants. Enfin, voilà votre travail. Vous voyez ces choses ?

Il pointa du doigt une espèce de masse d'herbes pourries à demi-enfoncées dans le sol, puis l'attrapa et l'arracha. Si le dessus de la chose ressemblait bien à un tas de moisi, le dessous était constitué de trois longues racines qui se tortillaient comme des tentacules.

– Ce sont les tiques des marais.

– Des tiques ? répéta Flora d'une voix aigue.

– C'est une expression, la rassura Neville. Ces petites plantes s'accrochent au marais et lui prennent sa magie comme les tiques s'accrochent et prennent le sang d'un chien. Rien de dangereux, seulement cela peut entraîner une mauvaise santé générale de toutes les plantes qui grandissent dans ce marais. Vous devez donc arracher ces saletés.

Il fit apparaître deux grands paniers à l'intérieur tapissé de plastique noir, comme des sacs poubelles, pour y jeter les tiques des marais. Puis il leur souhaita bonne chance d'un air narquois et quitta l'enclos, les laissant en tête à tête avec la boue et les trucs dégueu.

– Super, grogna Melinda en enfilant ses gants.

– Ce prof a une dent contre nous, soupira Gareth en faisant de même. Et Al', il est pas collé ?

– Tu rigoles j'espère, grinça l'Ankou en arrachant la première tique. Neville Londubat ne mettrait jamais en colle le fils d'Harry Potter !

– Pas faux…

Ils se mirent à arracher les plantes-parasites dans un silence ponctué de bruits spongieux. C'était chiant, monotone et répétitif. Les tiques n'étaient pas nombreuses, mais le terrain était grand : d'un commun accord, ils avançaient de front pour ratisser tout le marais. Finalement, Flora rompit le silence :

– Dis, Owen, je me demandais… Où est-ce que tu as appris à danser ?

– Euh, comme tout le monde, sourcilla le jeune Pritchard.

– Tous les Sang-Purs apprennent quelques notions de danse, c'est la coutume, non ? fit Melinda sans paraître comprendre où sa meilleure amie voulait en venir.

– C'est vrai, approuva l'Ankou. On connait tous quelques notions de danse de salon, genre valse ou slow. Du coup, c'est plus facile de s'adapter aux rythmes de Rock et de Pop, qu'ils soient sorciers ou Moldus.

– Oui mais Naima faisait cette danse spéciale où elle faisait des saltos et des figures, insista Flora. C'est une danse Moldue, c'est sûr.

– Ah ! comprit Owen. Le breakdance !

– C'est ça ! Et tu l'as dansé aussi.

– Oui, je m'en rappelle, se souvient l'Ankou en revoyant les figures acrobatiques effectuées par Naima, Noah et Owen. C'était impressionnant…

Owen se rengorgea, tout fier de lui :

– J'ai appris cet été. C'est une danse Moldue qui vient des Etats-Unis. Normalement ça se danse sur du rap, de la techno, enfin, des trucs un peu plus moderne quoi. Mais tant qu'il y a un rythme rapide, ça rend très bien. Il y a pas mal d'acrobaties, de figures ou sol, et on peut détourner plein de mouvement d'autres danses ou même de sports pour inventer des mouvements.

– Tu as appris où ?

Owen parut gêné et échangea un bref regard avec Gareth, avant de déclarer d'un ton dégagé :

– Cet été. Il y a des ados de notre âge dans mon nouveau quartier, et ils faisaient ça dans un parc.

– Tu as déménagé ? s'enquit Flora avec surprise.

– Oui, fit sèchement Owen. Dans une maison Moldue à Londres. Il n'y a pas de jardin, mais c'est plus grand, et comme je le disais, il y a pas mal de gens de notre âge dans les environs.

Gareth regarda ailleurs, et l'Ankou comprit. La famille d'Owen avait adopté Gareth suite à la mort de ses parents. Seulement, ils étaient déjà voisins. Rester à côté d'une maison pleine de souvenirs, ce n'était pas le meilleur moyen de se remettre d'un drame… Par contre, vendre la maison des Flint et celle des Pritchard pouvait rapporter un joli pactole, largement de quoi s'offrir une belle maison dans le Londres Moldu et garder des économies.

– En tout cas c'est cool, intervint l'Ankou pour empêcher Flora de mettre les pieds dans le plat avec d'autres questions. Ce truc avec les figures et les acrobaties… Tu pourrais m'apprendre ?

Owen tourna vers lui un regard éberlué :

– Tu veux que je t'apprenne un truc de racailles Moldues ? A toi, Scorpius Malefoy ?

– Noah Kap sait danser ce truc là, se défendit l'Ankou.

– Noah est Sang-Mêlé, indiqua Flora. Et il vit dans un quartier Moldu.

– Quel importance ? Allez, je suis sûr que je serai bon ! Et puis je pourrais détourner des mouvements de karaté ! Ça serait drôle !

– Ok, décida Owen. Et puis à la dernière fête, j'ai vu que tu te débrouillais bien, donc ça ne devrais pas être trop dur.

Un sourire rêveur passa sur tous leurs visages tandis qu'ils se rappelaient de la fête en question. A la base, c'était juste un jeu de question-réponses débile qui avait dégénéré… Quelqu'un avait ramené à boire, puis il y avait eu de la musique, et pouf ! C'était devenu n'importe quoi. Très vite. Et ils s'étaient beaucoup amusés.

– Et Chiara sait danser la salsa, il paraît, fit rêveusement Gareth.

– Chiara sait danser à peu près tout, fit distraitement Melinda en arrachant une autre plante-parasite. Tu ne l'as pas vue, à la fête ?

– Je n'étais pas tout le temps avec elle, se défendit Gareth. Mais oui, j'ai vu, elle est géniale.

Géniale, rien que ça, s'amusa Flora.

Gareth rougit et Owen éclata de rire, puis repoussa en arrière ses cheveux blonds mi-longs avant de jurer en se rendant compte qu'il s'était mis de la boue plein les mèches. L'Ankou, amusé, lui jeta un Récurvite. Owen était le seul garçon de leur année à avoir les cheveux qui lui arrivaient quasiment aux épaules, et il entretenait cette coiffure avec soin, mais personne ne le prenait jamais pour une fille… Il avait la mâchoire trop carrée, les traits trop masculins, les épaules trop larges. Il ressemblait un peu à un jeune lion à la crinière en bataille. On comprenait pourquoi les filles le trouvaient sexy.

Minute. Depuis quand est-ce que lui, l'Ankou Malefoy, faisait des considérations esthétiques sur la gent masculine ?

– Hey l'Ankou ! lança Flora en le tirant de ses pensées. C'est quoi, votre projet du premier avril ?

– C'est pas vrai, rouspéta le jeune Malefoy. Les gens n'ont que ça à la bouche. Vous n'êtes pas censés vous concentrer sur vos études ?

– Allez, dis !

Ils étaient arrivés au bout du marais, et l'Ankou arracha avec satisfaction la dernière tique pour la jeter dans le panier, puis se redressa se débarrassant de la boue sur ses gants.

– Désolé, mais le premier avril, c'est confidentiel. Par contre si vous tenez à mettre un peu d'animation dans votre week-end, Al' a un projet à réaliser ce samedi…

oOoOoOo

Lettre d'Heather Agrace à Nero McAlister :

Cher Nero,

Je vais bien, un peu crevée mais en forme sinon. Avec les attaques des Ecorcheurs, la moitié des journalistes d'investigation se font porter pâle (mais tu dois le savoir, toi qui est l'un des rares à aller encore sur le terrain), et je dois à l'occasion me débrouiller moi-même pour aller faire des interviews et des enquêtes… Cumuler un job de coursier avec un job de rédactrice, c'est doubles horaires, même repos et même salaire, et c'est épuisant.

Enfin, tu ne m'as pas écris pour m'écouter me plaindre… C'est oui pour le café, mais pas ce week-end, j'ai déjà quelque chose de prévu. Je sens que tu as des questions, alors, oui, c'est un rencart, et oui c'est dans un endroit sûr : c'est dans le côté Moldu de Londres, et les Ecorcheurs ne s'y aventurent jamais… Et non, je ne te dirais rien !

Jeudi prochain, je fini à dix-sept heures, ça marche pour toi ?

Heather A.

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– Prêts ? Ok, j'ouvre, et… Go !

Finite Incantatem !

James Potter, un bandeau sur les yeux et immobilisé par un sortilège de Saucisson, sentit ses liens invisibles se défaire juste au moment où il était jeté dans ce qui semblait être un placard. Il atterrit sur un truc chaud et plus mou qu'un mur juste au moment où la porte se refermait derrière lui, et la première chose qu'il fit fut de retirer son bandeau et de gueuler en direction de la porte :

– AL', JE VAIS TE TUER !

– … James ? fit le truc mou d'un ton incrédule.

– Oh, désolé mec, s'excusa James en se décalant avant de réaliser. Attends, Faust ? C'est toi ?

– Ouais. Ils t'ont eu aussi ?

– Hum. Al', Pritchard et Flint. Et toi ?

– Malefoy, Carter et Zabini. C'est un putain de complot de Serpentards.

James grogna son assentiment et s'installa plus confortablement, adossé au fond du placard et les jambes tendues devant lui. Il y avait juste assez de place : ses pieds reposaient contre la porte. A côté de lui, il entendit Faust prendre la même position. Un lourd silence s'installa entre eux.

– On n'a qu'à attendre, proposa James sans trop y croire.

– L'Ankou avait réussi à ouvrit le placard où on l'avait enfermé il y a deux ans, contra Faust.

– Oui, mais il se balade toujours avec une panoplie de ninja sur lui. Et ils m'ont pris ma baguette…

– Pareil.

A nouveau un blanc. James retint un soupir. Il soupçonnait que c'était exactement le but des Rôdeurs… Mais il n'avait pas l'intention de leur faciliter la tâche. Faust était tout aussi en faute que lui.

Ce fut le Né-Moldu qui parla le premier :

– Tu n'aurais pas du dire ça en Sortilège. A propos de me piquer mon job sans aucune arrière pensée.

– Ok, premièrement, je n'ai pas dit ça, répliqua aussitôt James. J'ai dit que je me sentais plus qualifiée que tout le monde pour le poste de Chef du Bureau des Aurors, ce qui n'est absolument pas pareil. Et tu ne devrais pas avoir la charge d'Auror. Tu as failli tuer mon frère.

La température de la pièce sembla chuter de plusieurs degrés. Ils parlaient rarement de ça. C'était comme un tabou, une bombe qu'il ne fallait surtout pas déranger. Une blessure qui pouvait leur faire autant de mal l'un qu'à l'autre…

Ni Faust ni James n'étaient des monstres. Faust n'aimait pas Albus mais il n'était pas un meurtrier. Si Al' avait été gravement blessé, ou tué, jamais il ne se le serait pardonné. Ok, il s'en voulait sans doute plus pour avoir fait de la peine à James que pour avoir blessé le Serpentard, au début. Mais après les faits, en revenant au château, Tom avait pris Faust à part et lui avait crié dessus comme jamais, avec des mots durs et des vérités cruelles, pour lui faire réaliser la portée de son acte.

Si Faust n'avait jamais tenté quelque chose d'aussi dangereux à nouveau, ce n'était pas juste parce que l'Ankou l'avait attaqué. C'était parce que ce qui aurait pu se passer lui avait fait peur, très peur.

– C'était juste une blague.

– C'était débile et irresponsable et c'est parfaitement hypocrite de ta part de m'en vouloir pour l'histoire du truc où je mérite le job de mes rêves alors que toi tu…

– Wow, minute, minute, tu veux me faire croire que c'est moi qui suis en faute peut-être ?!

– J'ai rien fait de mal, moi !

– Ah ouais ?! TU VEUX QUE J'DEVIENNE UN CLOCHARD !

– C'EST TOUT QUE TU MERITES, ABRUTI !

Assis en cercle à l'extérieur du placard, dans le couloir, les six Serpentard jouaient tranquillement aux cartes en écoutant les cris furieux et les bruits de coups étouffés qui venaient de derrière la porte fermée. Après avoir entendu une volée de jurons extrêmement grossiers, Jo roula des yeux puis leva sa baguette et lâcha :

Musices Restituonis, Le Printemps de Vivaldi.

Une boule de lumière dorée s'éleva de sa baguette, et se mit à émettre la musique si caractéristique des Quatre Saisons, de Vivaldi, couvrant le bruit. Al' émit un sifflement impressionné :

– Wow, je ne connaissais pas ce sort…

– Les MP3 Moldus ne marchent pas ici, expliqua l'asiatique. Donc je me suis renseigné sur un moyen de ramener de la musique. Il y a une formule pour enregistrer la musique, et une autre pour la restituer. Et c'est plus pratique que de se balader avec une radio comme Noah.

Noah Kap avait une radio à l'air rétro qui captait les ondes Moldus comme sorcières, et qui était leur principale source de musique quand ils faisaient la fête.

– C'est vachement cool, s'exclama Owen. Faut que j'apprenne ça !

– Oui, eh ben en attendant, brelan de dames ! fit Gareth avec satisfaction en abattant ses cartes. Je ramasse la mise !

Les disputes entre Gryffondors se réglaient assez vite, avec une grosse dose de hurlements, un feu d'artifice de sorts, et quelques passages à l'infirmerie. C'était plus dur, quand on n'avait pas de baguette et qu'on était enfermé dans un placard. Il ne restait que l'option hurlements.

Du coup James et Faust se rugirent dessus, sur un fond de Vivaldi, pendant presque une demi-heure, et à la fin, la voix cassée et le corps vide de toute énergie, ils se sentaient quand même nettement mieux. Epuisés, ils étaient avachis contre le mur du fond, les muscles endoloris (ils s'étaient un peu tapé dessus), et regardant obstinément loin de l'autre.

Finalement, James grogna :

– Je sais que t'aurais pas fait de mal à Al'. Il est chiant et tu es débile mais tu lui aurais pas fracassé le crâne non plus.

Preuve qu'il était crevé, Faust ne releva pas l'insulte. Il se contenta de hausser les épaules, puis réalisa que James ne pouvait pas le voir dans le noir, et grommela :

– C'était juste une blague. Je pensais qu'il se casserait le bras, maximum…

– T'es con.

– Va chier. Espèce de gosse de riche.

James poussa un long soupir. Ils avaient crevé l'abcès de l'histoire de la St Valentin, mais ça n'était pas le seul problème…

– Je suis désolé pour l'autre jour. Si c'était toi, je ne te piquerai pas le job.

– Mais tous les autres Nés-Moldus peuvent crever, c'est ça ? fit Faust d'un ton amer.

– Les Sang-Purs aussi peuvent crever, fit James avec férocité. Y a pas de différence. Je veux être Chef des Aurors plus tard, et si le fils caché de Dumbledore et la fée Viviane vient m'en empêcher, je le balancerais au fond d'un puits comme si c'était Carrie Bannes.

Ça fit rigoler Faust, et le grand noir aux yeux bleus se détendit un peu.

– Ouais, j'imagine… Tu lâches pas ton bout de gras.

– C'est quoi cette expression débile ?

– Une expression Moldue.

– Elle est bizarre. Enfin bon, voilà, tu saisis l'idée. Je sais que t'es bon, Faust, c'est pas la question. Tu pourrais finir au Magenmagot si tu veux. C'est juste que le travail de mes rêves, je vais me battre pour l'avoir, alors si n'importe qui entre en concurrence avec moi… Je vais pas retenir mes coups, quoi.

– Je comprends, rit doucement Faust. C'est pas surprenant.

– Et toi, tu veux faire quoi plus tard ? Tu ne me l'as jamais dit.

Faust haussa les épaules :

– Je sais pas.

Un truc dur. Un truc impressionnant. Il voulait faire un travail qui ferait en sorte que les gens le regardent avec respect et que sa famille soit fière. Quelque chose qui lui permette de garder la tête haute et de dire que oui, il était né dans une famille pauvre et pas sorcière, né dans la boue et moins que rien, mais qu'il s'était accroché, avec ses ongles et ses dents, de toutes ses forces, et qu'il avait gravit les échelons par lui-même, et qu'il était arrivé au sommet de ses propres forces, de son propre fait, tout seul.

– Un truc dans les forces armées ? insista James. Tu es super-bon en Défense. Et en Métamorphose. Tu pourrais faire un Doctorat de Métamorphose, même cette vache de Laughlin le reconnait. Ou tu pourrais faire de la politique ! Botter le cul des Malefoy, Shepper, Danares et autres requins…

Faust esquissa un sourire lointain que James ne vit pas, dans le noir. Oui. Peut-être, de la politique ou un doctorat, enfin, quelque chose de difficile et qui prouverait sa valeur.

– Ouais, peut-être.

A nouveau, le silence s'installa. A l'extérieur du placard résonnait une musique rythmée, rock ou électro, ou peut-être les deux, bien différent du violon de Vivaldi. Des rires et des exclamations leur parvenaient également.

– Ils ont l'air de bien s'amuser, les fumiers, râla Faust.

– J'arrive pas à croire qu'ils font encore le pied de grue devant ce placard, grommela James. Ça fait quoi, une heure qu'on est là ?

– Un peu moins je crois…

– Dans combien de temps ils vont nous faire sortir ?

– J'en sais rien… Je suis sûr que l'Ankou attend qu'on le supplie, cet enfoiré.

– L'Ankou ? répéta James. Non, c'est pas son idée. C'est le plan d'Al'.

– … Ah bon ?

– Sois réaliste Faust, blagua le jeune Potter. L'Ankou nous aurait jeté au fond d'une oubliette avec des rats. Un placard sans araignées et où on ne meurt pas de froid ? Tu vois là le cœur sensible de mon frangin adoré.

Ils rigolèrent tous les deux, puis James s'installa plus confortablement avec un grognement, avant de lâcher :

– On n'aurait pas du s'engueuler. Tout ça c'est de la faute de McFergus et ses idées de Réfractaires débiles.

– Eh, protesta Faust. L'idée de promouvoir les Nés-Moldus, c'est pas débile.

– Ok, je veux bien t'accorder ça. Mais c'est aussi une vocation des Progressistes. Tu ne comptes pas devenir Réfractaire quand même ?

La voix de James s'était tendue, mais Faust secoua la tête avant de dire à voix haute :

– Non. Ils ont des trucs bien mais il y a un truc chez eux que j'aime pas. Ils sont tous… Complètement à fond dedans.

– Complètement à fond dedans, répéta James sans comprendre.

– Bah, ils sont surtout dans l'idée qu'il faut tout changer, s'occuper de tous les problèmes en même temps. Moi, si je commençais déjà par avoir un bon job, ça serai pas mal. La révolution c'est pas mon truc.

– Sauf contre les Rôdeurs.

– Sauf contre les Rôdeurs, approuva Faust en souriant. Eh, on défonce la porte ?

Les six Serpentards comploteurs avaient été rejoints par Flora et Melinda, puis par leurs amis de Gryffondors, puis par ceux de Poufsouffle, et au bout d'un moment ils avaient été trop nombreux pour jouer aux cartes alors Owen, Gareth et Naima avaient improvisé un cours de danse de rue grâce à la musique de Jo. Le truc était de faire des figures au sol et quelques mouvements de rock, rien de bien compliqué. Grâce au karaté, la plupart d'entre eux avec des muscles et de la souplesse, et ça venait tout seul.

L'Ankou était donc en train de faire un salto avant sur un rythme de Lady Gaga, sous les acclamations déchaînées de la foule, quand Al' bondit sur ses pieds, les yeux rivés sur sa montre :

– Temps écoulé ! Sauve qui peut !

La petite bande se dispersa comme une volée de moineaux juste au moment où la porte du placard s'ouvrait à la volée, laissant s'écraser par terre James et Faust qui étaient en train de pousser dessus de toutes leurs forces.

– Ah, au fait ! se souvint Al' en freinant sa fuite et en se retournant vers les deux Gryffondors éberlués. Comme j'ai pas le temps, je vous confie la tâche d'éblouir le château au premier avril. Tâchez d'être à la hauteur.

– On va t'en mettre plein la vue, avorton, jeta Faust plié en deux à cause de ses muscles ankylosé.

Al' se contenta de ricaner d'un air narquois, puis de détaler comme un lapin.

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Lettre de Nero McAlister à Heather Agrace :

Chère Heather,

Pff, tu n'es pas drôle. C'est d'accord pour jeudi, je fini à la demie. Par contre, sois sûre que je vais te harceler au sujet de ton rencart ! Ce mec a intérêt à être assez bien pour toi, ma chère. Il est Moldu ? Ta famille en ferait une crise de foie, à tout les coups… Oui, je suis sûr qu'il est Moldu, c'est pour ça que tu quittes le côté sorcier de Londres… Mais je ne dirais rien, promis !

A jeudi,

Nero.

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Le premier avril fut donc géré par la petite bande de James, en gage de paix avec son frère Al'. Ça ressemblait au début d'une trêve, cet accord sur la répartition du chaos semé à Poudlard, et plusieurs personnes soupirèrent discrètement de soulagement. D'autres, comme Laughlin, gémirent de découragement.

James et ses complices n'avaient pas eu beaucoup de temps pour s'organiser mais, compte tenu du temps réduit qu'ils avaient, ils firent de vrais miracles. Au matin du premier avril, toutes les surfaces horizontales de Poudlard étaient entièrement recouvertes d'une couche de glace d'un ou deux centimètres sous laquelle nageaient paisiblement des poissons fait de papier animé d'un sort. Les escaliers étaient épargnés (ça aurait été de la folie), mais pas le reste du château, jusqu'aux tables et aux bancs de la Grande Salle qui étaient couverts de verglas.

– Pas mal, concéda l'Ankou en s'asseyant avec précaution sur un banc. Mais ça manque d'originalité. On a fait ça en janvier.

– Non, on s'est contenté de mettre de la poudreuse partout, contra Al'. Ça, c'est casse-gueule, mais en plus c'est joli, avec tous ces poissons…

Naima voulu s'affaler sur le banc en face, mais elle glissa et finit effondrée par terre sous la table, sous les rires des spectateurs. Elle se releva tant bien que mal et leur fit un bras d'honneur, ce qui n'empêcha pas Anthony Danares de lui lancer d'un air moqueur :

– Bah alors Jones, tu sais plus marcher ?

– Espèce d'immonde pourceau sub-saharien héroïnomane à la bisque de homard périmée depuis cinq ans, je te remplis l'appendicite de glaire de concombre marin irradié de Fukushima ! rétorqua la Gryffondor aussi sec avant d'ajouter plus poliment. En tout bien tout honneur bien sûr.

Et elle fit une petite courbette avant de s'asseoir sous les rires de l'assemblée, qui cette fois ne s'adressaient pas à elle. Chapeau.

– On devrait collaborer avec eux plus souvent, fit Al' en prenant place en face de son meilleur ami.

Ledit meilleur ami, saisissant la signification du "eux", se détourna aussitôt du spectacle qu'offrait Naima faisant son show du matin et s'exclama :

– T'es malade ? Faust est toujours un psychopathe que je sache.

– Oui mais James est mon frangin et il est tout content. On dirait un chiot. Moi, j'aime bien, ça change.

Scorpius leva les yeux au ciel en marmonnant « incroyable… », puis se décala en invitant d'un geste Reg et Carrie à le rejoindre. Les deux Gryffondors s'assirent de part et d'autre de lui et Al' eut soudain l'impression frappante d'avoir vu cette scène des milliers de fois, le trio l'Ankou-Reg-Carrie assis à la même table avec une aisance et une sérénité qui ressemblait à celle d'une fratrie.

Enfin, l'aisance entre Carrie et les deux garçons était fraternelle. Comme s'ils étaient ses deux grands frères protecteurs qu'elle retrouvait après une longue absence. Elle était toujours détendue avec eux, souriante, bien loin de la fillette au visage rond et triste d'il y avait trois ans. A présent, elle était plus fine, plus jolie, plus heureuse sans doute.

Et Reg et l'Ankou… En fait, l'Ankou se comportait avec Reg comme avec Al'. Comme s'il n'avait pas d'espace personnel. Et il était peut-être même encore plus tactile avec le Gryffondor qu'avec son meilleur ami : toujours en train de le toucher, d'une main sur le bras ou sur l'épaule, de le taquiner d'un coup de coude… Parfois Al' était un peu angoissé, un peu jaloux : et si Reg lui prenait sa place ? Quand Al' et Scorpius s'étaient disputés, c'était vers Reg que l'Ankou s'était tourné, instinctivement, comme s'il savait que le Gryffondor serait là pour lui…

Al' secoua la tête. Ça n'avait aucun sens. C'était lui, le meilleur ami de l'Ankou Malefoy. Reg était un très bon ami, comme l'étaient Lysandre, Naima, Lucy, le Quatuor. Et le fait que Reg et l'Ankou passent leur temps à se toucher ou à rigoler comme deux collégiennes, eh bien, ça ne changeait rien.

– Bon ! lança le jeune Potter pour changer de sujet. Qui a fait sa dissertation de Défense ? J'ai toujours aucune idée de comment traiter cette histoire de démons des marais.

– Avec des tiques, plaisanta Owen en s'asseyant.

– Des quoi ?!

– Nan mais te fatigue pas, lui lança Melinda. Blague d'initiés.

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A suivre...

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