Notre trio poursuit sa mission. Cette fois c'est Julia qui s'y colle. La gourmandise est un défaut ...
Bonne lecture ^^
Il était enfin temps pour les Assassins et les voleurs de régler le cas d'Emilio Barbarigo. Après des semaines passées à saper ses forces il était à présent vulnérable. Antonio avait un plan : tuer les gardes sur les toits et les remplacer par ses hommes. Ensuite, un des Assassins pourrait s'infiltrer dans le palais et tuer le Templier. Comme à leur désormais habitude, nos trois amis se partagèrent la tâche. Ezio élimina le dernier garde avant de retrouver le chef des voleurs. Une dernière petite réunion se tint avant de passer à l'acte. Il fut entendu que le second fils Auditore s'occuperait de Barbarigo. La nuit venue, un groupe de voleurs ainsi que les Assassins arrivèrent en vue du palais de la soie.
« Bien, allons-y. » fit Ezio.
Les gardes partirent après les voleurs. Julia et Federico suivirent Ezio juste le temps de déblayer le passage. Le jeune homme commença ensuite à descendre. Il entendit la conversation entre Barbarigo et un autre homme, Carlo Grimaldi. Visiblement, Emilio n'était même pas au courant de l'arrivée des Assassins.
« En effet, non seulement il est aveugle mais sourd également. J'aurais pourtant juré que nous avions assez fait parler de nous.» songea Ezio, étonné.
L'Assassin observa les allées et venues des gardes en-dessous de lui. Il changea de place lorsque l'un d'eux lui tourna le dos. De l'autre côté, Barbarigo faisait les cents pas, cherchant à haute voix un moyen de se protéger. Son palais lui paraissait bien fortifié. S'il savait … doucement, en silence, patiemment, Ezio se rapprocha de sa cible. Il attendit encore, puis s'élança en direction de l'escalier. Emilio passa sans le voir. Auditore grimpa, puis à pas de loup approcha sa cible. Chik.
« ?»
Ce son incongru tira Barbarigo de ses pensées, hélas trop tard. Il reçut la lame secrète de l'Assassin. Ezio le soutint durant sa chute. Il recueillit ses dernières paroles. Ne restait à présent qu'à ouvrir les portes du palais.
« Beau travail frangin.» lança Federico en entrant dans la cour.
« Tu me croiras si je te dis qu'il ignorait complètement que nous étions là ?» lança Ezio.
Julia alla ouvrir les portes à Antonio et sa bande.
« Cosa ? Mais comment a-t-il pu passer à côté de ça ?» s'étonna Federico.
« L'âge sûrement.»
Les voleurs occupèrent le palais. Antonio remercia Ezio et lui remit une bourse bien garnie. Ceci fait, les Assassins prirent congé. Plus tard, Federico et Julia se reposaient sur un toit, la demoiselle confortablement calée contre le Florentin. Leur relation avait débuté depuis longtemps déjà, et Federico songeait à passer à l'étape supérieure avec elle. La dernière en quelque sorte.
« Cette réunion des Templiers … que crois-tu qu'ils manigancent cette fois ?» demanda soudain Julia.
« Oh bravo ma chérie, comme moyen de casser l'ambiance j'ai rarement vu mieux.» lança Federico, blasé.
« Ah parce qu'il y avait une ambiance ?»
« Mgrou tu es impossible.» soupira le brun avant de l'embrasser dans le cou.
Le jeune homme ajouta que pour la réunion il n'en savait rien. Mais il y avait à parier que le reste des cibles de leur liste seraient présentes. Federico avait suggéré à son petit frère d'aller prendre un peu de repos à Monteriggioni. Lui et Julia assisteraient à cette fameuse réunion. Ezio avait accepté un peu à contrecœur, et quitterait Venise dès demain. Julia étira ses jambes. La nuit était douce, et à être ainsi perchée cela lui fit presque oublier qu'une importante personnalité venait d'être assassinée, mettant la cité de l'eau dans tous ses états. Enfin, uniquement les gens ordinaires. Il s'avérait que les commerçants étaient plutôt contents, Julia en avait entendu plus d'un maudire Barbarigo. Les Assassins par contre, devraient être prudents.
Le jour suivant, le couple accompagna Ezio sur les quais. Peu après, ils se hâtèrent de gagner les toits pour retrouver les Templiers. Ils se réunirent sur la place centrale. Federico prit une inspiration, fermant les yeux. Il était temps d'éliminer ce malaise. Il sentit la main de Julia enserrer la sienne. Federico lui adressa un sourire reconnaissant. Tous deux écoutèrent ensuite l'échange de leurs ennemis ancestraux.
« Le doge ?» souffla Federico.
C'était donc ça. Ils voulaient empoisonner le doge. Julia et lui échangèrent un regard inquiet. Le couple suivit les Templiers afin d'en savoir davantage. Rodrigo fut le premier à quitter l'assemblée. Les deux Assassins s'éclipsèrent.
« C'est mauvais, vraiment mauvais. De quelle manière va-t-on pouvoir empêcher cela ?» fit Federico, en marchant de long en large.
« En éliminant Grimaldi peut-être. C'est lui qui va tuer le doge.» suggéra Julia.
« Bonne idée. On va essayer ça.»
« Je … vais essayer ça.» rectifia Julia.
Federico la dévisagea. Il se rappela le jour où elle avait failli être pendue. L'angoisse provoquée quand il l'avait vue la corde au cou. Et là, elle se proposait pour une nouvelle mission périlleuse. Mais, quelle mission ne l'était pas pour un Assassin. Federico en vint à se dire qu'il préférerait qu'elle ne soit pas un membre de l'ordre. Sauf qu'il serait mort si cela avait été le cas.
« Il est inutile que je dise de ne pas t'inquiéter, hmmm ?» sourit-elle doucement.
« Non en effet. Et moi de mon côté, je ne peux que te recommander l'évidence à savoir être très prudente.» répondit Federico.
Julia hocha la tête. Elle prit ensuite la direction empruntée par les trois Templiers. Federico soupira. Elle devait mener cette mission seule. Il rentra donc au repaire d'Antonio. Le chef des voleurs écouta avec inquiétude le rapport de son allié. Il approuva néanmoins le plan visant à éliminer la menace. Serait-ce suffisant en revanche, c'était la question.
Julia de son côté, retrouva Grimaldi qui se rendait au palais ducal. Elle l'observa y entrer. La jeune femme entreprit ensuite d'observer l'endroit. Le mieux gardé de Venise ainsi qu'elle s'y attendait. Il ne fallait pas espérer s'y faufiler. Solution restante, frapper Grimaldi hors du palais. Pour autant qu'Antonio sache, il n'y résidait pas.
« Réfléchissons un peu. Maintenant qu'il sait que les Assassins rôdent, il va certainement avoir une escorte.» pensa la brune.
Il ne serait donc pas facile à atteindre. Julia garda les yeux rivés sur le palais, toute l'affaire tournant en boucle dans sa tête. Un seul mot cependant, prit le pas sur tout les autres. Cantarella. Le poison qu'allait utiliser Grimaldi. Un sourire étira les lèvres de la jeune femme. Elle quitta aussitôt son point d'observation. Federico fut soulagé de la voir revenir.
« Ah Julia. Federico m'a raconté ton projet d'assassiner Carlo Grimaldi. Mais comment compte-tu t'y prendre ? » interrogea Antonio.
« J'ai une petite idée. Je dois encore observer ma cible cependant.»
« Si bene, sauf que cela ne réponds pas à ma question.» reprit Antonio.
« Et c'est normal. Sache que je ne dévoile jamais un plan en cours d'ébauche.»
Julia prit ensuite place sur une chaise, et posa ses pieds sur une autre. Federico et Antonio échangèrent un regard suivi d'un haussement d'épaule. La brune de son côté, repassait l'idée qui lui était venue. Seule son observation de ce soir pourrait lui indiquer si ce plan était réalisable. Aussi attendit-elle patiemment trois heures, au bout desquelles elle annonça repartir. Federico avait bien tenté de lui tirer les vers du nez, mais la demoiselle s'était contentée de lui sourire et de lui caresser la joue. Julia fila les sur les toits, passant sur les doubles cordes entre deux rues, escaladant des toits.
Elle fut de retour à son point d'observation sur lequel elle s'assit. Une heure et demi passa. Enfin, Julia vit sa patience récompensée. Carlo quittait le palais ducal. L'Assassine le suivit un instant des yeux, avant de se relever. Doucement, elle suivit Grimaldi.
Ce dernier marcha pendant une demi heure, avant d'entrer dans un restaurant. Julia descendit. Une fois au sol, elle se camoufla dans une ruelle. Là, elle déploya le tissu servant pour sa fausse robe, l'attacha de même qu'une tunique assortie. Quelques arrangements et le tout parut cohérent. Julia se noua un rapide chignon et tira un éventail d'une manche. Ainsi transformée, elle approcha du restaurant. Elle déploya son éventail qu'elle mit devant son visage. Julia donnait ainsi l'impression d'attendre un rendez-vous. Se mettant de profil, elle jeta un œil à la salle du restaurant. Carlo était assis vers le milieu, prenant commande.
Julia laissa son regard errer sur la foule. L'escorte de Grimaldi était postée plus loin. La jeune femme fit mine de s'impatienter lorsqu'un des gardes lui jeta un œil.
« Le goujat !» lâcha-t-elle.
Le soldat détourna son attention d'elle. Julia jeta à nouveau un œil à l'intérieur du restaurant. Carlo recevait son dîner.
« Eh bien ! Il a un bel appétit pour quelqu'un d'aussi fluet. Mais ça m'arrange. Je sais que je peux mettre mon projet à exécution maintenant.» pensa-t-elle.
Julia quitta les lieux en ayant l'air furieuse, rajoutant à son scénario. Une fois hors des regards elle ôta sa fausse robe, défit ses cheveux et rabattit sa capuche sur la tête. Elle revint au repaire.
« Oh déjà ?» lança Federico en venant l'accueillir.
« Oui. Je vais pouvoir passer à l'action. Demain matin je me rendrais au marché.»
Kwa ? Voici ce qui fut clairement inscrit sur le visage de chacun. Mais que diable avait-elle en tête ? Julia ne s'occupa pas plus d'eux. Federico la suivit au-dehors.
« Tu ne veux vraiment pas me dire ce que tu mijotes, ma biche ? Si jamais ça tourne mal je dois être au courant.» dit-il.
« Mais quel petit curieux ! Ton père m'a appris qu'il valait mieux garder ses idées pour soi de temps à autre. Mais sache que je vais exploiter le défaut de Grimaldi pour l'atteindre.» répondit Julia avec un sourire.
« Quel défaut ?»
« La gourmandise.» fit Julia avec un sourire carnassier.
Encore une fois, kwa ? La jeune femme revint vers son auberge. Federico la regarda en plissant les yeux. Bon, s'il voulait en savoir plus il allait devoir mener un interrogatoire pas piqué des vers. Le jeune homme entra donc à la suite de Julia, puis la rattrapa dans les escaliers. Il entra à sa suite dans la chambre, chose qu'elle n'avait pas prévu au vu de son air étonné.
« Tu veux quelque chose tesoro ?»
« Si. Je vais te montrer ce sera plus simple.» reprit Federico avec un sourire en coin.
Il approcha de la brune, passa un bras autour de sa taille pour la rapprocher et l'embrassa. Doucement d'abord, puis de manière plus appuyée, plus langoureuse. Lorsqu'il se lassa de sa bouche, il passa au cou. Julia serra son habit, retenant un gémissement. Federico sourit doucement devant sa réaction. Il dévora son cou de baisers, ses mains se promenant dans tout son dos, sur son visage.
« Mieux vaut que je m'arrête sans quoi je risque de perdre le contrôle.» pensa-t-il.
Federico revint vers la bouche de sa compagne.
« Dis-moi ce que tu as l'intention de faire.» murmura-t-il.
« Aaaah on essaie la torture pour avoir des informations, hmmm ? Mais mon petit Rico, on peut être deux à ce jeu-là.»
La jeune femme lui rendit donc la monnaie de sa pièce en s'attaquant elle aussi à son cou. Federico leva la tête pour lui offrir sa gorge.
« Et merda tiens.»
Sa main se referma sur le tissu de sa taille. Un frisson le parcourut lorsqu'il sentit la langue de sa compagne toucher un point sensible. Il avait oublié que Julia retenait bien ses leçons. Le jeune homme tenta de reprendre le dessus en renouvelant ses caresses. Le seul résultat obtenu fut une montée de température et un match nul.
« Tu n'as qu'à m'accompagner demain. Juste au cas où.» chuchota Julia.
« Sentito.» soupira le jeune homme.
Le lendemain, Julia se rendit au marché accompagné de son petit ami. Ce dernier la regarda perplexe acheter des œufs, de la farine, du sucre, du lait et des pommes. Prévoyait-elle de faire un gâteau ?
« Si ça se trouve elle va l'empoisonner.» pensa Federico en portant le panier.
Julia et lui quittèrent l'endroit. La jeune femme ramena ses provisions au repaire d'Antonio, dans le coin cuisine. Elle posa un linge dessus en recommandant bien de ne pas y toucher. Ceci fait, la brunette alla voir où en était sa cible.
« Tu as pu savoir ce qu'elle prépare ?» questionna Rosa.
« Eh bien au vu des ingrédients achetés, je dirais qu'elle destine un gâteau à Grimaldi. Empoisonné certainement.» répondit Federico en croisant les bras.
Rosa haussa un sourcil. Elle pensa que la méthode habituelle était la plus efficace. Enfin. La journée passa. Julia confectionna effectivement un gâteau aux pommes dont le parfum envahit bientôt le repaire, ouvrant l'appétit des voleurs. Antonio vint aux nouvelles.
« Qu'est-ce que ça sent bon !» dit-il en se penchant au-dessus du gâteau.
« Peut-être mais n'y touche pas, sauf si tu veux mourir.» répondit Julia en approchant avec un couteau.
D'un geste expert, elle coupa plusieurs parts. La brune mit ensuite le gâteau dans un petit panier avec un ligne dessus. Revêtant ensuite sa fausse robe, elle quitta les lieux. Federico monta sur les toits. Il s'appliqua à suivre la jeune femme. Julia fit route vers le chemin emprunté par Carlo lorsqu'il quittait le palais ducal. La brune arriva en sens inverse, et ôta le linge de son panier, laissant l'odeur du gâteau se répandre dans la rue. Grimaldi apparut en face.
« Bonjour signors. Je viens d'ouvrir une pâtisserie non loin d'ici. Voudriez-vous me faire l'honneur de goûter à mes produits ?» demanda Julia.
Grimaldi baissa les yeux vers le panier qu'elle portait. Le fumet du dessert parvint jusqu'à lui.
« Ma foi pourquoi pas. Et si votre gâteau est bon soyez assurée que je viendrais dans votre boutique.» dit-il.
« Il y en a pour vos soldats aussi. Si vous permettez que j'élargisse ma clientèle.» reprit Julia.
Grimaldi prit une part, et Julia alla en donner à tout son escorte composée de quatre soldats. Ces derniers furent heureux de recevoir un petit extra.
« Délicieux.» commenta Grimaldi en se léchant les doigts.
« Grazie mille.»
Julia était déjà derrière lui, et s'éloigna de quelques pas. Grimaldi se raidit. Sa bouche s'ouvrit cherchant l'air tandis que ses yeux se révulsaient. Un garde attrapa sa gorge. Des bruits d'agonie retentirent un instant, ainsi que des corps qui chutent. Julia observa le spectacle impassible. Lorsque tout le monde fut à terre, elle alla vérifier que Carlo était bien mort. La jeune femme s'éloigna ensuite. Elle jeta son gâteau dans un canal, défit sa robe puis monta retrouver Federico.
« Hmm, je ne sais pas si je vais oser goûter à ta cuisine désormais.» lança-t-il appuyé contre une cheminée.
« C'est toi qui vois !» répondit-elle en haussant les épaules.
« À quoi tu l'as empoisonné ?» questionna Federico en s'approchant d'elle.
« Cantarella.»
« Le poison qu'il destinait au doge ?»
Julia hocha la tête. Eh bien bravo pour l'ironie. En tout cas, elle les avait tous éliminé d'un coup, sans laisser de traces. Les Assassins revinrent au repaire. Le doge Mocenigo était hors de danger pour le moment. Mais la brunette doutait qu'ils en restent là.
« En tout cas je salue la ruse.» commenta Antonio avec un sourire.
« Grazie, mais je n'ai fais qu'exploiter une faiblesse de mon adversaire.» répondit Julia.
« Et c'est tout à fait ce qu'il faut faire.»
Le jour suivant marqua le retour d'Ezio. Il apprit qu'un Templier de plus était ad patres. En passant, les Templiers apprirent la mort de leur pièce maîtresse dans leur quête du pouvoir. Mais le second Auditore était d'accord avec sa consœur, le répit n'était que provisoire. En attendant, les frères se rendirent chez Leonardo afin de lui apporter une autre page de codex.
« Tiens ! Buon giorno tous les deux.» salua le peintre.
« Salute Leonardo. Une fois encore nous avons besoin de ta science.» lança Ezio.
Federico lui tendit le rouleau. Il s'agissait cette fois du plan d'un pistolet miniature à placer au poignet. L'inventeur se mit au travail, fabriquant l'arme en trois exemplaires. Federico et Ezio mirent leur pistolet en place. Leonardo les invita à faire un essai à l'arrière de son atelier.
« Whoâh. Imponente !» fit Ezio.
« Si, mais nous devrons être prudents en l'utilisant, cette arme n'est pas spécialement discrète.» dit Federico.
Il leva son bras, et visa. Une détonation retentit. Ezio acheva le dernier mannequin.
« Encore merci Leonardo. C'est extraordinaire.» lança Federico en rentrant.
« De rien. N'hésitez pas à revenir me voir.»
Ils quittèrent le peintre. Sur le chemin toutefois, une boutique attira l'attention de l'aîné Auditore.
« Oh attends.» dit-il.
Federico traversa la rue et s'arrêta devant une bijouterie. Il se pencha vers la vitrine. Ezio s'approcha.
« Regarde cette bague-là, avec la pierre bleue. Elle est magnifique tu ne trouves pas ?» dit Federico en pointant un écrin.
« Tu t'intéresses aux bagues ? Songerais-tu à te marier par hasard ?» interrogea Ezio.
« Eh bien … oui. J'y pense depuis quelques jours. Je crois sincèrement que Julia est celle qu'il me faut.» avoua Federico en se redressant.
« Ma foi, je la considère déjà comme une sœur et je ne dois pas être le seul.» fit Ezio en croisant les bras.
« Bon alors attends-moi.»
Federico s'engouffra dans la boutique, après avoir rabattu sa capuche. Il demanda la bague dans la vitrine. Le marchand lui posa une question qu'il n'avait pas prévue : la taille du doigt de la jeune femme.
« Euh … aucune idée. Comment puis-je le savoir sans lui mettre la puce à l'oreille ?» répondit-il en levant les mains.
« Je peux vous prêter un baguier. À vous de voir comment vous y prendre.»
« Va bene.»
Federico prit un rectangle de bois parsemé de trous de différentes tailles. Ezio lui lança un regard perdu en le voyant ressortir avec.
« Il me faut sa taille de doigt, sinon la bague risque de ne pas lui aller.» expliqua Federico.
« Aaah d'accord. Un instant j'ai cru que ce bois allait faire office de bague. Mais tu connais Julia, elle est assez perspicace. Comment vas-tu prendre sa mesure sans qu'elle le sache ?» souleva Ezio.
« Dans son sommeil, je ne vois que ça. Elle aurait eu d'autres bagues, j'en aurais pris une mais bon.»
Ezio lui souhaita bonne chance. Federico cacha le baguier dans sa chemise. Une fois à l'auberge il le dissimula sous son oreiller. Ne restait plus qu'à trouver le moment propice. Le jeune homme passa toute sa soirée avec sa petite amie. Histoire ne de pas rompre ces moments de tendresse, il lui demanda un peu timidement de venir dormir avec lui. Julia accepta sans hésiter. Federico la serra tout contre lui.
« Tu sais que ça m'a manqué de ne plus dormir avec toi à Monteriggioni ?» avoua-t-il à voix basse.
« Ah bon ? Mais tu avais Hermès, tu n'avais donc plus besoin de moi.» répondit Julia.
« Que tu crois. Je me réveillais toujours le premier et je te serrais contre moi un moment. Ta présence, ta douce chaleur voilà ce qui me réconfortais le plus.»
« Ben mince, si j'avais su.»
« Alors dans ce cas, j'aimerais qu'on dorme le plus souvent possible ensemble.»
« Avec grand plaisir.»
Federico sourit. Il attendit un moment que la jeune femme s'endorme. Tout doucement, il se dégagea ensuite et attrapa le baguier sous sa tête. Auditore patienta encore un moment, puis prit sa main. Il jaugea la taille de son annulaire, et le passa à un premier trou. Non, trop grand. Le suivant, trop petit. D'ailleurs, il crut bien que Julia allait se réveiller. Le troisième essai fut le bon. Federico retint le numéro, puis souffla les bougies.
Il revint dès la première heure à la bijouterie pour faire l'acquisition de sa bague. Ne restait plus qu'à trouver l'occasion de la lui offrir. Il la cacha dans sa chambre.
« Les Templiers ont rappelé l'Espagnol. Ils vont probablement l'informer de leur échec avec le doge.» informa Antonio à son arrivée.
« Et déterminer un autre plan. Sais-tu où ils doivent le rencontrer ?» questionna Ezio.
« Pas encore.»
Mais les voleurs étaient à pied d'œuvre. Trois jours plus tard, Rosa annonça que leurs cibles se trouveraient au carnaval. Federico tilta : une fête … certainement l'occasion qu'il attendait. Ezio annonça que le trio s'y rendrait. Restait à trouver des déguisements, ou à tout le moins un masque. Antonio annonça se charger d'en dénicher trois.
« Bene, quoi que je fais confiance à Julia pour savoir se fondre dans la masse.» lança Federico.
La jeune femme fit son entrée en cet instant. Federico donna un coup de coude à son petit frère, annonçant qu'il devait lui parler. Cependant, Ezio se doutait de ce qu'il voulait lui confier. Il hocha néanmoins la tête, lui assurant qu'il comprenait. Rosa termina d'expliquer sa nouvelle tâche à la brunette. Puis le jour J, les Assassins se rendirent à l'endroit où se tenait le carnaval. Julia avait annoncé qu'elle les y rejoindrait. Autant éviter d'attirer l'attention. Les hommes vinrent également chacun de leur côté. Conformément aux conseils de Julia, ils avaient veillés à ne rien laisser paraître concernant leur ordre. Cela incluait le symbole à la ceinture et sur les étuis aux poignets. Les lames et pistolets furent camouflés sous d'amples manches.
Tout deux arborèrent un masque en porcelaine blanche. Ezio hocha la tête lorsqu'il aperçut son grand-frère, qui lui rendit. Ne restait qu'à trouver Julia. Federico observa chaque Vénitien. Certains dansaient, d'autres jonglaient ou crachaient du feu, certaines dames bavardaient ensemble …
« M'accorderiez-vous une danse bel étranger ?» entendit-il soudain.
Federico se retourna pour découvrir une élégante demoiselle, dont un éventail noir bordé de dentelle cachait la moitié du visage, l'autre étant dissimulée sous un loup ébène révélant deux yeux saphirs.
« Auriez-vous perdu votre langue ?» reprit la brunette.
« Julia. Je crois en effet avoir perdu ma langue, mais fort heureusement je sais où.» répondit Federico.
Il la rapprocha de lui et l'embrassa.
« Tu portes vraiment bien ton surnom. Mais où as-tu trouvé cette robe ? Elle est un peu trop bien finie pour n'être qu'un simple morceau de tissu.» reprit Federico.
Julia l'entraîna avec lui dans une danse.
« Je l'ai chipée. Il m'a fallu en priver quelqu'un d'autre, mais peu importe.»
Federico roula des yeux. Elle ne reculait devant rien pour atteindre ses objectifs. Il virevolta un moment avec la jeune femme, tout en jetant de temps à autre un œil aux gens présents afin de repérer les Templiers. Il avisa bientôt la silhouette encapuchonnée de violet de Silvio Barbarigo. Il était accompagné de Dante Moro.
« Eh bien, tu pourrais leur donner des leçons de camouflage.» lança Federico.
Ezio les avait repéré à son tour, et commença à s'approcher en passant d'un groupe à l'autre. Federico et Julia firent de même, en suivant les circonvolutions de danseurs. Marco Babarigo fit son entrée à son tour, précédant de peu Rodrigo Borgia. Le couple d'Assassins s'arrêta non loin d'eux, feignant de regarder la mer.
« Maestro. Pardonnez-nous de vous avoir réclamé à Venise, mais la situation est grave.» fit Marco.
« Je sais. Ces maudits Assassini nous ont coupé l'herbe sous le pied. Mais rien n'est perdu. Il nous faut simplement une autre stratégie.» répondit Rodrigo.
« En avez-vous une maestro ?» questionna Silvio.
« Bien évidemment. Il nous faut frapper à la fin du carnaval. Ce sera la seule occasion où le doge daignera quitter son palais. Mais soyez discrets. Une fois Mocenigo éliminé, nous le remplacerons par Marco comme convenu.» exposa Rodrigo.
La réunion se termina. Julia voulut rejoindre Ezio, mais Federico la retint.
« Attends ! Je … je voulais te demander une chose.»
« Quoi donc ?»
Federico sortit son écrin pour l'ouvrir face à elle.
« Julia Mezzini, veux-tu devenir ma femme ?»
La concernée plaqua une main sur sa bouche, stupéfaite. Quelques secondes après elle se jetait au cou de Federico en répondant par l'affirmative. Federico faillit en lâcher sa bague. Il la sortit de son écrin pour la passer au doigt de sa fiancée.
« Elle est vraiment magnifique. Merci beaucoup amore mio.»
« C'est moi qui te remercie encore une fois, d'éclairer ma vie.» répondit Federico en l'enlaçant.
