Blabla du 05/12/09 : Eh yoooo ! Du retard encore du retard ! Mais ma vie est passionnante, ne le saviez-vous pas ? Au point que j'ai besoin d'écrire pour avoir un peu de palpitant ! Bon, bêtises à part, merci pour vos reviews comme toujours adorables... Je ne m'en lasse pas. Cette fois-ci je fais bref, parce que ce chapitre a été long à écrire et n'est pas franchement le plus intéressant (en gros il me sort par les globes)... Enfin bon, je vous souhaite malgré tout une agréable lecture.

Natsuki : merci pour cette review, je vois que la théorie du fantome, concernant John te titille toi aussi... Mais qu'ais-je donc laissé échappé pour que ce soit si clair !!! héhé ! Sinon je te rejoins sur l'avis que la prestation au match était "too much" malheureusement, mais je le trouvais tellement chouette !! Encore merci, et j'espère que celui ci te plaira... Biyoo !


UN BINOME ET DES TRACAS

Il y eut une fête le soir même dans la salle commune Gryffondor. Tous les Gryffondors y étaient, sans exception, et il me sembla même apercevoir quelques élèves de Poufsouffle et de Serdaigle, mais je n'en n'étais pas certaine. Il y avait des gateaux et du jus de citrouille, et tout le monde s'amusait. Astrée, les Jumelles, Cerena et moi restâmes ensembles. Personne ne faisait attention à nous ; en général ça ne m'aurait pas dérangée, mais ce soir-là, j'avais la drôle d'impression que l'on nous évitait soigneusement. On ne nous raillait pas non, on nous ignorait discrètement.

— C'est t-toujours mieux qu… que les mo-moqueries, supposa Cerena, la tête rentrée dans les épaules.

— Moi, ça me dérange. D'habitude, on est toujours au cœur de la fête, Josie et moi.

Astrée haussa les épaules nonchalamment en croquant dans un gateau.

— Le revers de la médaille…

— J'aimerais bien savoir de quelle médaille tu parles !

La noire eut un sourire et hocha la tête, l'air de dire : « bien vu ». De là où nous étions, j'entendais la voix enthousiaste d'Artémis résonner, enveloppée par le rire de Dolly. Je ressentis une pointe de tristesse ; je secouai la tête et me forçai à songer à autre choses. J'avisai Neil confortablement installé dans un fauteuil, seul. Je ne l'avais pas encore remercié, et décidai de le faire pendant qu'il n'était pas entouré.

— Je t'accompagne, décréta Astrée lorsque je leur fis part de mes pensées.

Le jeune homme ne nous vit pas nous approcher, et sursauta lorsque nous nous installâmes face à lui. Ses yeux verts habituellement ternes brillaient de joie ce soir-là.

— Tu as été fantastique pendant le match, le complimentai-je à voix douce.

— Je sais, reconnut-t-il sans arrogance. C'est rare que je me sente si bien, si… vivant

J'eus malgré moi un léger tressaillement tandis qu'Astrée le félicitait à son tour. Les mots qu'il venait de prononcer ne m'étaient pas étrangers, dans toute leur singularité. Je les avais déjà entendu quelque part, et les circonstances me revinrent instantanément. Le matin même, John avait tenu les mêmes propos, mot pour mot . « Si bien, si… vivant… »

— Minerva, ça va ? s'inquiéta Neil, me fixant soucieusement.

Je répondis avec franchise :

— Je trouvais étrange ta manière de dire que tu te sens bien. Surtout que j'ai entendu quelqu'un parler de la même manière ce matin…

Il fronça les sourcils imédiatement.

— Qui ça ?

— Euh… un ami.

Il ouvrit la bouche pour répondre, mais finalement se retint au dernier moment, et se contenta d'hocher la tête en s'efforçant de sourire. Je dis alors, pour faire dévier la conversation :

— Merci pour ce que tu as dit à la fin du match. C'était très gentil de ta part, et plutôt audacieux de défendre une cause perdue contre tout Poudlard.

— Ca n'a pas eu beaucoup de succès, dit-il avec une moue de regret. Et je crains que ce ne soit quitte ou double au prochain match.

— Que veux-tu dire, s'enquit Astrée.

Il passa la main dans ses cheveux en bataille.

— Vous vous êtes imposées, présentées. Maintenant le prochain match sera déterminant, je pense : soit les élèves s'enfermeront à double tour dans leur carcan d'idées avant-gardistes, soit ils accepteront de réfléchir un peu plus.

Il eut un sourire discret et nous annonça à voix basse :

— Il ne le vous dira certainement pas, mais Heinrich vous a trouvé très intrépides. Après tout ce qu'il a fait pour vous décourager, il a été surpris de vous voir vous obstiner.

— Il doit être encore plus fâché contre nous, maintenant qu'on l'a fait.

Neil rit doucement.

— Il fait semblant, par orgueil, mais je crois qu'il espère que vous continuiez.

Je sentis un sourire m'étirer les lèvres sans que je ne puisse le réprimer. Enfin, Neil ajouta, en regardant timidement Astrée :

— Et moi, j'espère vraiment que vous allez réussir.

Je vis les yeux de mon amie briller, chose inhabituelle.

Finalement, épuisées par notre insomnie de la veille, et lassées d'être ignorées dans la salle commune, nous allâmes toutes les cinq nous coucher de bonne heure.

Dès le lendemain, nous nous rendîmes compte que la majorité des élèves avaient la même réaction que les Gryffondors, à l'égard du Q.A.F. L'ignorance. Ils faisaient comme s'il ne s'était rien passé, et nous évitaient plus ou moins. C'était quelque part pire que les moqueries.

― Ils nous fuient, tempêta Josie le midi. Les filles de ma classe sursautent quand je leur parle, et vérifient que personne ne les voient avoir une conversation avec moi !

― Effectivement.

Astrée ramena ses cheveux tressées dans son dos, et rajouta le ton docte :

― Ils n'ont pas pu nous empêcher, alors maintenant ils font comme si nous n'avions rien fait. Au fait, nous avons rendez-vous dans le bureau du professeur Dumbledore à dix-huit heures.

― Toutes les cinq ? m'étonnai-je.

Astrée acquiesça en souriant.

― Il croit en nous.

Ce fut la petite voix de Cerena qui lâcha un commentaire cynique :

― Il est b-bien le seul…

Les Jumelles émirent un ricanement d'approbation.

A dix-huit heures tapantes, nous nous retrouvâmes comme convenu devant le bureau du professeur de métamorphose. Il nous ouvrit lui-même, souriant, et nous invita à entrer. Prévoyant, il avait disposé cinq chaises devant l'imposant bureau en bois, et nous nous y installâmes dans un concert de raclement.

― J'ai été très satisfait de votre prestation, déclara-t-il sans crier gare. Si vous aviez été élèves de Sixième ou Septième année, j'aurai simplement salué votre imagination pour un si étonnant numéro. Seulement, vous êtes bien plus jeunes, et vous avez agréablement surpris un vieux professeur de Métamorphose. Inutile de rougir, miss McGregor.

Cerena eut un raclement de gorge qui semblait camoufler un couinement, tandis que Dumbledore souriait, amusé.

― Où vous êtes-vous entraînées jusqu'alors ?

― Dans notre dortoir, professeur.

― En l'absence de vos autres camarades de dortoir, j'ose imaginer, supposa-t-il malicieusement.

Je répondis moi-même, alors que ses propos avaient ravivé une pointe de douleur :

― Naturellement, professeur.

Il me fixa avec intensité, et la soudaine douceur de son regard me persuada qu'il devinait mes pensées.

― L'amitié est la plus belle des magies, miss McGonagall, et en cela je ne vous apprends rien. Ce que vous entreprenez toutes les cinq est à double tranchant ; vous êtes des pionnières, et en plus de devoir affronter la société, cela inclue malheureusement d'être parfois incompris de ses plus proches amis.

J'hochai la tête, émue. Il disait vrai : il était déjà assez difficile pour moi de subir l'hostilité de Poudlard, mais s'y rajoutait aussi celle d'Artémis, qui était bien pire, en soit. Dumbledore poursuivit, avec sagesse :

― Ne voyez pas dans l'attitude de miss Evans un acte de trahison, car si elle vous tourne le dos à un pareil moment, ce n'est pas un abandon volontaire. Mais pendant que vous vous confrontez aux mœurs, elle mène son propre combat contre une part d'elle-même, afin de puiser le courage de vous rejoindre.

Il nous parlait à toutes les cinq, mais je savais que c'était à moi en particulier qu'il s'adressait. Il tentait de m'ôter tout ressentiment à l'égard de mon amie. Et je croyais en ses propos.

Il me sourit avec douceur, avant de reprendre plus sérieusement :

― Sentimentalisme à part, vous m'avez déclaré vous être entrainées dans votre dortoir. La pratique de la magie en dehors des salles de classe est interdite, mais j'aurais pu faire semblant de croire que vous l'ignoriez.

Une des Jumelle ouvrit la bouche pour se défendre, mais il la coupa d'un geste de la main, et poursuivit, amusé :

― Ou bien penser naïvement que vous vous êtes limitées à la théorie. Personne n'y aurait fait d'objection. Seulement, le professeur Dippet, bien moins crédule que moi, estime que cinq élèves, pionnières ou non, n'ont pas à faire fi d'un règlement que d'autres respectent.

― Mais où allons-nous nous entraîner ? s'inquiéta Astrée, le regard vif.

― Patience, miss Hadassa, nous y arrivons. Le professeur Dippet était déjà peu enthousiasmé par la perspective du Q.A.F, et malgré qu'il ait trouvé votre prestation brillante, le fâcheux accueil qui vous a été fait l'a conforté dans son scepticisme.

Je sentis mon cœur s'emballer ; était-ce une manière de nous annoncer que nous devions cesser le Q.A.F ?

― Il me rejoint sur l'avis qu'il vous faut un lieu officiel pour vous entraîner, cependant, nous pensons tous deux qu'une salle ne peut vous être allouée qu'à partir d'un certain nombre de membres.

― Cinq, professeur, ce n'est pas suffisant ?

― Non. Si vous êtes à nouveau cinq sur le terrain au prochain match, vous le serez à tous les autres, et l'on vous considèrera comme un cercle fermé, un groupe d'insensées auquel personne n'adhère.

J'échangeai un regard affolé avec les jumelles. Nous savions toutes que personne ne nous rejoindrait. Ce fut Astrée qui prit la parole, du ton posé de la femme d'affaire :

― Combien faudrait-il d'élèves pour obtenir la salle ?

― J'estime que huit serait suffisant, pour commencer.

― Pour commencer ? m'étranglai-je littéralement. Mais, professeur, nous ne trouverons jamais trois personnes qui accepteraient d'intégrer le Q.A.F.

A ma grande surprise, il abandonna son sérieux pour rétorquer joyeusement :

― Il le faudra bien, pourtant, si vous voulez mener à terme votre projet. J'ai du prendre des mesures nécessaires pour m'assurer que vous ne vous servirez plus de magie dans votre dortoir, à mon plus grand regret. Je pense que pour vous montrer convaincantes auprès de vos camarades, il vous faudra surtout être convaincues qu'il s'agit de votre dernier recours.

Un peu plus tard, il nous congédia gentiment, en nous souhaitant bon courage. Et à peine eut-il refermé la porte, une des Jumelles dit :

― Je te préviens, Hadie, si tu donnes raison au vieux fou, on ne te parle plus jamais.

Astrée rétorqua avec sérieux, malgré une pointe de malice :

― Eh bien, justement, je suis d'accord avec lui.

Les Jumelles eurent un soupir désespéré.

― C'est vrai : nous pourrions très bien continuer seulement toutes les cinq, parce qu'on pense se suffire à nous même. Mais comme il l'a dit, dans ce cas personne ne nous rejoindra jamais, et nous n'aurons pas l'impact nécessaire. Alors que là, il nous met au pied du mur. On est obligées de convaincre au moins trois personnes, et de surcroît on lui prouvera qu'on en est capable, qu'il a choisi les bonnes pionnières.

― Les bonne pionnières, se moquèrent les Jumelles. Tu parles comme lui, maintenant...

Mais j'intervins avec sérieux :

― Astrée, soit un peu réaliste : il n'y aura jamais personne pour nous rejoindre !

― Au contraire ! On peut jouer de la déclaration de Neil. Il a prétendu avoir attrapé le Vif d'Or pour nous récompenser de nos efforts. Nous avons encouragé Gryffondor, et Gryffondor a gagné. Pourquoi ne pas motiver les Serdaigles et les Poufsouffles à nous rejoindre en prétendant que ça ferait gagner leur équipe ?

Il n'y eut que les Jumelles pour rompre le silence en s'esclaffant :

― Tu veux vraiment les prendre pour des billes !

Ce coup ci, même Astrée ne put réprimer un gloussement, et quelques instants plus tard, nous riions toutes les cinq, nous libérant de la tension accumulée ces derniers jours. Finalement, un peu plus tard, je déclarai :

― Pour ma part, je veux bien qu'on essaie de recruter d'autres personnes, mais il est hors de question que je recommence la propagande dans les classes.

― Tu l'as dit, Bouffie, après un fiasco pareil il vaut mieux trouver autre chose.

Astrée approuva, et proposa, songeuse :

― On pourrait faire circuler des parchemins de recrutement dans la Grande Salle pendant les repas.

― Bonne idée ! Ou en faire afficher dans chacune des salles communes.

Cette dernière suggestion remporta l'unanimité, et il fut convenu que les Jumelles, connaissant des personnes fiables chez les Poufsouffles et Serdaigles, s'occuperaient de faire placarder notre appel à la candidature.

― Et pour Serpentard ?

― Je demanderai à Slughorn de le faire, signala Astrée.

Et elles le firent. Quant à moi, je me chargeai d'afficher le parchemin dans notre propre salle commune, sous les regards narquois des Gryffondors, en feignant de ne pas entendre les rires qui fusaient.

Le lendemain, en cours de Potions, Jedusor m'annonça tranquillement :

― J'ai vu l'affiche de ton club, dans notre maison. Elle n'y est pas restée longtemps.

― Je m'en doutais.

Il rajouta, avec un petit sourire moqueur, comme pour me rappeler l'inutilité d'une telle entreprise :

― Ils ne l'ont pas arrachée tout de suite. Ils ont d'abord beaucoup rigolé, et les débats sur le rôle d'une femme ont fusé. Puis l'affiche a été brûlée. Il n'y a pas eut une fille pour les contredire.

Son sous-entendu ne m'échappa pas. Je rétorquai plus sèchement que je ne l'avais prévu :

― Peu importe, je ne comptais vraiment pas sur l'indépendance d'esprit des Serpentards.

Mais, à ma grande surprise, sa voix était teintée d'indifférence lorsqu'il dit :

― Les Serpentards sont pour la plupart issus de familles nobles et puissantes, ils n'ont que faire de l'indépendance d'esprit. Elle ne leur apporterait rien de plus que ce qu'ils ne possèdent déjà.

Je devinai à son ton que ses propos n'avaient pas pour but de défendre sa maison. C'était un simple constat. Mais je ne décelai pas encore le mépris qu'il nourrissait envers la passivité de ses camarades. La question suivante franchit mes lèvres malgré moi :

― Et toi, qu'en penses-tu, du Q.A.F ?

D'un délicat coup de baguette, il fit tourner doucement notre potion dans le chaudron, tandis qu'une épaisse fumée bleuâtre s'en échappait. Je notai qu'elle attirait des regards envieux, dans la classe ; Slughorn l'avait citée dans les signes d'une potion réussie. Les yeux fixés sur la potion en question, Jedusor émit un petit rire suffisant, puis répondit :

― Ton club ne me concerne pas. Je ne m'intéresse pas au Quidditch, et cela m'est parfaitement égal que les filles aient le droit d'y participer.

Une bouffée de colère monta en moi, et je m'apprêtai à répliquer vertement, mais son rire m'en dissuada. Un rire différent ; moins arrogant, plus amusé, moins perceptible aussi, mais davantage spontané.

― Tu n'aimes pas que je contredise ce qui te parait essentiel, n'est-ce pas Binôme ?

― Sale Binôme, ripostai-je, toute colère passée.

A nouveau il eut un léger sourire, avant de déclarer :

― Je pense néanmoins que le Quidditch sera ouvert aux filles tôt ou tard, et qu'elles feront de féroces adversaires.

L'après-midi même, je changeai de place en Défense Contre les Forces du Mal. Nous partagions ce cours avec les Serpentards, ce qui avait toujours été pour moi un fardeau, jusqu'à ce jour. Je pris mes affaires, et m'installai aux côtés de Jedusor, aussi étonnant que cela puisse paraître.

― Pourquoi tu n'es plus à côté de Caliste, en cours? l'interrogeai-je en milieu d'heure.

Il me lança un regard ombrageux, manifestement agacé par ma question, mais consentit à répondre avec indifférence :

― Elle veut être seule.

Il ajouta, mi-moqueur, mi-dédaigneux :

― Elle passe ses cours à élaborer des hypothèses et des plans, à propos des Atouts. Elle a bien trop peur que son voisin de table ne lui vole ses découvertes.

Je laissai échapper un petit rire.

Quelques jours plus tard, alors que j'entrai dans la salle commune après une journée de cours, Astrée, les Jumelles et Cerena me fondirent dessus, le sourire jusqu'aux oreilles.

― Minnie, on a deux filles de Poufsouffle qui veulent se joindre au Q.A.F !

― Vous voulez rire ?

Les Jumelles me secouèrent comme un prunier, exaltées, alors que Astrée disait :

― Deux Poufsouffle de Quatrième année ! Elles ont abordé Kimie et Josie après le cours de Botanique, pour leur dire qu'elles étaient intéressées.

Je me laissai tomber sur un fauteuil et lâchai avec ravissement :

― C'est merveilleux...

Les Weaslettes trépignaient littéralement.

― C'est tout ? Juste merveilleux ? Mais Minnie, c'est une révolution !!!

― On les retrouve demain midi, après manger, dans le parc, m'apprit Astrée.

Josie retroussa ses lèvres sur un sourire satisfait, et nous mit en garde :

― Vous allez voir, les filles, elles sont plutôt spéciales. Vous comprendez ce que je veux dire.

Et tandis que sa soeur hochait la tête sentencieusement, j'eus la sensation que derrière leur belle assurance, elles nourrissaient quelques appréhensions.

Le lendemain après-midi, effectivement, je compris que je Josie avait sous-entendu. Nous attendions depuis une dizaine de minutes déjà, installées sur la berge du lac, et nous meublions comme nous le pouvions les blancs anxieux de la conversation.

― Les voila, annonça Josie, claironnante.

Deux filles s'approchaient de nous, s'annonçant d'un long rire tonitruant. Je les connaissais de vue. On les manquait rarement en réalité : exubérantes et bruyantes, elles aimaient se faire remarquer. "Des Artémis version Poufsouffle" avait remarqué une fois Josie en ricanant ; mais ce jour là Artémis avait laissé entendre qu'elle n'avait que mépris pour ces "enragées sans cervelle" selon ses propres termes. Parvenues à notre niveau, elles se présentèrent. L'une, aux cheveux noirs, s'appelait Cassandre Wells, la seconde, plus claire de chevelure, se nommait Augusta McKerral ; je ne pouvais m'empêcher d'être quelque peu intimidée face à ces deux adolescentes de quinze ans si sûres d'elles. Mais Astrée, dont la sérénité ne flanchait pas, se posta face aux Poufsouffles et se lança dans un long monologue qui évoquait toutes les difficultés auxquelles se confrontait le Q.A.F.

― C'est vraiment pour vous que Gryffondor a gagné ? s'enquit finalement Augusta, en interrompant Astrée.

Les yeux de la noire firent des étincelles, mais elle répondit, aimablement :

― Bien sûr que non, Gryffondor aurait gagné dans tous les cas. N'y voyez pas de vantardise : l'attrapeur a juste prétendu cela pour nous valoriser un petit peu.

― Mais l'équipe de Gryffondor ne vous encourage pas ? s'étonna l'autre Poufsouffle, les yeux plissés de scepticisme.

Astrée ouvrit la bouche pour parler, mais Josie fut plus rapide et s'exclama :

― Bien sûr que si, enfin ! Toute l'équipe est avec nous, ils nous soutiennent et n'attendent qu'une chose : que l'on puisse entrer dans l'équipe.

Je crus tout d'abord qu'elle était ironique, mais je ne vis nulle trace de moquerie sur son visage. Elle était simplement en train de mentir effrontément. Astrée avait froncé les sourcils, et je voyais qu'elle hésitait à contredire Josie. Elle lui jeta un regard noir, et finalement lâcha :

― Enfin, tout ça ils le suggèrent seulement. Ils ne peuvent pas vraiment se permettre de nous le dire explicitement.

Les deux Poufsouffle nous fixaient maintenant avec beaucoup moins d'enthousiasme. Elles posèrent encore quelques questions, et prirent congé, tandis que nous rejoignions nos cours respectifs.

― On en parle ce soir, décida Astrée avant que nous nous séparions.

Tout l'après-midi, j'appréhendais notre "réunion" du soir. Je m'attendais à une violente altercation entre les filles, mais c'était sans compter sur la sagesse d'Astrée, et la malice des Jumelles.

― Je ne voulais pas leur mentir, argua la noire. Il fallait qu'elles sachent exactement à quoi elles devaient s'attendre.

― Il me semble d'ailleurs les avoir vu un peu verdir quand tu as évoqué l'hostilité constante des autres, pouffa Kimie.

Josie ajouta, pétillante :

― C'est pour ça que j'ai raconté le bobard par rapport à l'équipe, pour leur redonner un peu des couleurs... et pour voir si elles allaient tilter !

Cependant, le lendemain, au petit déjeuner, une jeune Poufsouffle s'aventura à notre tablée, l'air peu à l'aise, et glissa à Astrée :

― Cassandre et Augusta m'ont chargé de vous dire que tout bien réfléchi, elles ne veulent pas faire partie de votre club.

― Pourquoi ne viennent-elles pas nous l'annoncer elles même ? la questionnai-je sans douceur.

Elle balbutia une réponse incompréhensible, désormais apeurée, et Josie en profita pour clamer :

― Minnie a raison ! Qu'elles viennent nous le dire en face, sinon au prochain match on les traînera sur le terrain par la peau des fesses !

Et elles éclatèrent de rire, alors que la petite Poufsouffle déguerpissait sans demander son reste. Astrée eut un soupir, et tenta de camoufler sa déception derrière un sourire. C'était la première fois que je la voyais perdre son masque de tranquille assurance, et j'en perdais ma propre confiance. Heureusement, Kimie lui tapota l'épaule, et commenta :

― Te bile pas, Hadie, de toute manière elles étaient nulles. Des vraies cruches qui nous auraient davantage mis des batons dans les roues qu'autre chose.

Mais malgré toutes les plaisanteries des Weaslettes, nous ne pouvions nous empêcher d'éprouver un léger abattement. Dont nous ne parlions pas, non pas pour nous le cacher les unes au autres, mais pour lui donner moins d'importance. Le Q.A.F ne marchait désespérément pas.


Voila. Vous aurez peut-être l'impression que le chapitre se termine abruptement, et c'est le cas ! Je ne comptais pas l'arrêter là, mais le probleme est que je n'ai plus de logiciel pour écrire, donc j'écris les chapitre sur ma boite hotmail, ce qui me déstabilise complètement niveau longueur... et j'ai trouvé que là c'était bon... pardon...