Chapitre 13 : Retour à la maison.
Harry n'en revenait pas. Il ne s'était pas rendu compte sur le moment de ses propos. Il avait dit ça sans vraiment avoir réfléchi. En fait, il le pensait mais regrettait de l'avoir dit. Ses amis lui avaient fait la morale et les filles ne lui avaient pas parlé pendant deux jours. Il n'avait pas revu Dumbledore depuis l'autre soir. Et finalement, c'était mieux ainsi. Il n'avait rien à lui dire. Au début, il pensait s'excuser mais cette idée ne dura pas plus d'une heure. Il voulait assumer ses propos jusqu'au bout. Malgré ces derniers événements, son humeur était plutôt bonne.
Du côté des filles, l'ambiance était bien différente. Elles n'arrivaient toujours pas à croire ce qu'Harry avait osé dire au directeur de Poudlard. Elles avaient cherché une explication à cette soudaine colère mais elles ne disposaient pas de tous les éléments pour pouvoir le dire réellement. Après avoir discuté entre elles, les deux filles décidèrent d'envoyer un hibou à Dumbledore dans le dos des garçons. Car Ron, en ami fidèle, aurait pris ça comme une véritable trahison. Harry, lui, serait rentré dans une colère noire. Elles choisirent néanmoins de ne pas tout révéler à leur directeur mais suffisamment pour qu'il essaye d'apporter un peu d'aide à Harry. Car Ginny et Hermione étaient persuadées que la lettre de Voldemort avait un peu, beaucoup chamboulé Harry.
Ensemble, elles rédigèrent une belle lettre. Elles avaient dit l'essentiel sans pour autant trahir leur ami. Le hibou partit dix minutes après. Elles savaient très bien qu'elles n'obtiendraient aucune réponse. Ou du moins pour l'instant. La rentrée ayant lieu le lendemain, le directeur attendrait sans doute leur retour à Poudlard pour d'éventuelles questions ou précisions. En attendant, elles préparèrent leurs valises tout en continuant de discuter de tout et de rien.
Cette même journée, le professeur Albus Dumbledore se trouvait à Poudlard. Il était assis derrière son bureau directorial. Quelqu'un serait entré à ce moment là, il aurait pu voir des larmes couler sur les joues du directeur. Car oui Dumbledore pleurait. De doute, d'inquiétude mais surtout de tristesse. Les mots d'Harry l'avait blessé. Il ne comprenait pas le brusque changement de comportement du jeune sorcier. Il avait pu voir dans les yeux d'Harry, une froide colère envers lui. Il l'aimait bien ce gamin, il comptait beaucoup à ses yeux plus qu'aucun autre élève. Albus sentait que malgré ses sourires, Harry souffrait toujours profondément. Le directeur fut interrompu dans ses pensées par des coups secs à sa fenêtre. Un petit hibou qu'il reconnut comme celui appartenant au jeune Weasley attendait qu'il lui ouvre la fenêtre, ce qu'il fit aussitôt. Le volatile se dirigea immédiatement vers le bureau, mais il lui fallut plusieurs minutes pour détacher la lettre de la patte du hibou. Celui-ci étant, en effet, très agité. Une fois sa missive remise à son destinataire, le petit hibou alla auprès du phœnix de Dumbledore pour se reposer un peu avant de repartir. Le directeur déplia alors la lettre.
« Professeur Dumbledore, nous sommes désolées de vous déranger pour ce dernier jour de vacances mais nous pensons que c'est suffisamment important pour nous le permettre. Nous voulions vous parlez d'Harry. J'imagine que, comme nous, vous avez remarqué son changement d'attitude. Nous pensons en connaître la raison ou tout du moins une partie. Depuis qu'Harry a tenté de mettre fin à sa vie, les choses sont assez compliquées. Les messages de Voldemort sont toujours présents. Évidemment Harry ferme son esprit mais comme vous devez vous en douter cela n'arrête nullement Voldemort. Une deuxième lettre est arrivée confirmant nos craintes sur la présence d'un espion au sein de l'ordre mais pas que ça. La lettre était écrite en Fourchelang et j'avoue qu'avant ça, je ne pensais pas que c'était possible. Harry a besoin d'aide professeur Dumbledore et nous n'arrivons pas à le sortir de là. Voldemort cherche à atteindre Harry et il lui dit des choses qui le font souffrir même s'il ne laisse rien paraître. J'espère que vous ne tiendrez pas compte des propos qu'Harry a pu tenir et que vous arriverez à le rassurer. Merci d'avoir pris le temps de nous lire. Ginny Weasley et Hermione Granger. »
Dumbledore semblait soucieux à la fin de sa lecture. Il ne pensait pas qu'Harry lui cacherait une lettre de Voldemort. Même si, il doit l'avouer, il ne lui parlait presque plus de ses problèmes ayant un lien plus ou moins proche du Lord noir. Il devait trouver un moyen de faire parler Harry, qu'il se confie un peu pour se soulager le cœur.
Au square Grimmaurd c'était l'effervescence. Tout le monde courrait dans tous les sens pour récupérer les dernières affaires à mettre dans leur valise. Ils étaient, comme à leur habitude, en retard pour la gare. La garde rapprochée était déjà là pour conduire les jeunes sorciers en toute sécurité à King's Cross. Contrairement aux plus jeunes, les adultes étaient vraiment inquiets de ce qui pourrait se produire sur le chemin de la gare. Mais rien ne se passa, Voldemort ne tenta rien durant le trajet. L'Ordre était soulagé car une fois Ron, Ginny, Hermione et surtout Harry à Poudlard, ils ne risqueraient plus rien.
Onze heures sonna et le Poudlard Express se mit en route. Dernières recommandations presque criées au quatuor avant que le train ne disparaisse de leur vue. Hermione et Ron se dirigèrent vers le wagon des préfets pendant que Ginny et Harry se cherchèrent un compartiment vide. Le seul compartiment où il restait de la place était occupé par deux personnes qu'ils reconnurent immédiatement comme étant Neville Londubat et Luna Lovegood. Deux amis qui les avaient accompagnés au mois de juin au Ministère. Pour Harry c'était surtout deux amis de plus qu'il avait mis en danger. Mais pour l'instant, tous les quatre se racontèrent respectivement leur été. Enfin plus ou moins, car Ginny et Harry ne pouvaient pas tout leur dire. Même si au fond d'eux, ils n'aimaient pas mentir à leurs amis. A la moitié du voyage, Ron et Hermione vinrent les rejoindre après avoir effectué une ronde dans le train. Le groupe continua de discuter jusqu'à ce qu'il soit l'heure de mettre leur uniforme. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent à Pré-au-lard. Tous ensembles, ils se dirigèrent vers les diligences. Puis rapidement se dressa devant eux la majestueuse école de magie.
- On est de retour chez nous les amis !
Tout le monde regarda Harry avec un sourire. Oui, il avait raison. Poudlard était leur maison.
