Nuits de folie
XIII
- Attends, laisse-moi faire.
Sans plus attendre, il entreprend de défaire un à un, les boutons de sa chemise. A chaque pression qui saute, son sourire s'élargit et quand enfin il fait
glisser le vêtement sur ses épaules, le long de ses bras jusqu'à le laisser choir au sol à ses pieds, il se passe la langue sur les lèvres.
- Tu trembles… Tu as peur de moi ?
Elle secoue la tête en signe de dénégation. Bien au contraire !
- J'ai juste besoin que tu me réchauffes.
- ça, pas besoin de me le répéter.
Drago se rapproche d'elle, passe ses bras autour de son dos et ses mains dessinent des arabesques sur sa peau nue.
- Serre-moi plus fort, lui murmure-t-elle et trop heureux de s'exécuter, son amant la plaque contre lui, lui coupant presque le souffle par la même occasion.
Ses mains larges et chaudes quittent son dos pour sa chute de reins qu'il palpe avec une douceur pressée elle en profite pour placer des baisers sur ses
épaules, le long de son cou, sur la ligne de sa mâchoire avant de poser ses lèvres avides sur les siennes.
- Hum… D'humeur coquine ce soir, à ce que je vois. Si j'avais su que cet endroit te ferait cet effet, je t'y aurais emmenée plus tôt.
- Pas tout à fait. Ce n'est pas le lieu, c'est toi qui me fait cet effet Drago. Je veux que tu me prennes…
- Ne crains-tu pas qu'on nous surprenne ?
- Non, cela m'est complètement égal. J'ai juste envie de toi, maintenant.
- Ma petite perverse adorée ! J'aime quand tu me parles comme ça.
Un petit sourire relevant les coins de sa bouche, Drago retire ses propres vêtements avant de s'allonger sur l'herbe fraîche et de la faire s'asseoir sur ses
cuisses. L'air doux caresse sa peau nue et elle frissonne de désir Drago empoigne ses seins nus et les masse délicatement, la faisant gémir aussitôt.
- Oh ! J'aime quand tu me touches comme ça Drago, continue !
- A tes ordres mon cœur, je vais te faire tellement de bien que tu vas toucher les étoiles du bout des doigts…
Bras tendus, les mains de chaque côté des hanches étroites de Drago, elle s'installe confortablement sur lui.
- Viens Hermione, viens sur moi. Je vais te donner du plaisir à te rendre dingue.
Et d'un seul coup de reins profond et si bon, il entre dans le même élan en elle, lui faisant renverser la tête en arrière et crier son extase au ciel constellé.
- Encore !
Le cœur battant à tout rompre, Hermione regarde autour d'elle avant de laisser retomber sa tête sur son oreiller. Encore un rêve. Elle a encore rêvé de
Malefoy. Et à nouveau, son contenu s'avère être à classer dans la catégorie chaleur torride. Bon sang ! Pourquoi ? Pourquoi rêve-t-elle de lui ? Et pire
encore, pourquoi a-t-elle tellement aimé être proche de lui et regrette-t-elle qu'il ne s'agisse que d'un rêve ? Honte à elle, vraiment. Vilaine, vilaine, très
vilaine Hermione qui rêve s'envoyer en l'air avec son pire ennemi et qui ne serait pas contre le fait que cela devienne réalité ?
- Tout est de sa faute.
Oui, c'est lui qui a commencé, qui lui a mordillé et léché le lobe de l'oreille. C'est lui qui est d'une beauté et d'un sex-appeal indécent quand bien même il
n'est qu'un immonde cancrelat de Serpentard.
- Je me demande…
Est-ce que ça serait si plaisant d'être dans ses bras ? Est-ce que ça serait aussi bon de se laisser aller avec lui ? Est-ce que, enfin, elle éprouverait autant
de plaisir à faire l'amour ? Parce qu'au final, aussi électrisants et excitants qu'ils sont, ses rêves ne sont en aucun cas la réalité. Elle ne peut se mentir à
elle-même et doit avouer que Malefoy l'attire terriblement. Quand elle s'est retrouvée seule avec lui, au sommet de la tour d'astronomie, elle a eu
l'impression de voir tomber des barrières. Oui, les barrières qui les séparent, elle la Gryffondor et lui le Serpentard. Il n'y avait personne pour leur rappeler
qu'ils étaient supposés se détester et mépriser cordialement, mutuellement. Elle a aussi eu l'impression d'entendre sa voix pour la première fois, et elle lui
a semblé douce et profonde, avec le grain du velours. Une voix qui l'a fait frémir et lui a rappelé une manière inattendue qu'avant d'être les élèves de
maisons rivales, ils ont tous les deux une existence physique, biologique indéniable. Malefoy est un homme et elle une femme. Et ce soir-là, au-delà de
toute autre considération, elle a ressenti jusqu'au plus profond d'elle-même que Malefoy touche la femme qu'elle est. Et elle n'a jamais ressenti cela
auparavant. Pas même avec Ron. Bien sûr, elle s'est déjà demandé quel effet cela lui ferait d'embrasser son ami mais… Jamais elle ne s'est demandé ce
que cela serait de faire l'amour avec lui. à titre de comparaison, Ron serait la lumière douce d'une chandelle alors que Malefoy lui fait la sensation d'un feu
d'artifices. Clairement, Malefoy gagne cette manche contre Ron. Mais cela ne signifie pas pour autant qu'elle l'aime, ce serait par trop absurde.
- Oui, complètement absurde !
Elle admet seulement que Malefoy a l'ai d'un étalon de premier ordre et que si elle était une jument expérimentée, elle irait volontiers se faire monter par
lui. Mais elle n'est pas une jument expérimentée ! Elle manque totalement d'expérience malgré ses nombreux fantasmes. En dix-sept ans de vie, elle n'a
embrassé que deux garçons : Viktor et Malefoy. Et encore, avec Viktor elle n'a échangé que de biens innocents et chastes baisers, rien à voir avec ce
qu'elle a expérimenté avec Malefoy dans les toilettes des filles. Car aussi brève que l'expérience a été, elle était déjà plus approfondie. Elle ne doute pas
que Malefoy a du embrasser beaucoup de filles avant elle et si cette idée lui est insupportable ce n'est certainement pas parce qu'elle serait susceptible
d'éprouver des sentiments pour lui.
- Certainement pas…
Juste, elle n'apprécierait pas qu'il la gratifie des attentions qu'il réserve habituellement à ses groupies, ce qu'elle n'est assurément pas. Hermione fronce
les sourcils et tourne la tête en direction de l'horloge magique fixée au mur. Il n'est que sept heures, ce qui lui laisse largement le temps de se doucher,
s'habiller et petit-déjeuner avant le départ pour Pré-au-lard. Sous la douche bienfaisante, ses pensées s'orientent à nouveau vers les rêves qu'elle a eu
ces trois dernières nuits. Oui, depuis la tour d'astronomie, chacune de ses nuits a été hantée par Malefoy. Toujours des rêves érotiques où le jeune
homme se plaît à l'embrasser, la caresse et où son corps faisant fi de toute morale s'embrase à son contact et demande plus, toujours plus. Elle ne lui a
pas adressé la parole depuis trois jours car à vrai dire, elle le fuit. Elle fuit le fait que malgré l'amour qu'elle dit éprouver pour Ron, c'est Malefoy qui occupe
continuellement ses pensées. Nuit et jour. Et ça, ce n'est pas normal. Fred et Georges le lui avaient dit, elle avait besoin juste de remplacer une idée par
une autre, un amour par un autre. Elle a décidé de chasser Ron de son cœur mais pas de le supplanter par Malefoy ! Ce serait simplement ridicule.
- Ridicule !
Aujourd'hui, elle décide d'inaugurer ses derniers achats vestimentaires, une paire de jeans skinny qui enserre ses jambes et un cardigan d'un beau vert
au col en V sous lequel elle porte un simple débardeur noir. Elle sourit en s'examinant de profil, ses jeans mettent en valeur sa cambrure et les rondeurs
de ses fesses, juste comme il faut. Elle enfile ensuite ses bottes de type cavalier, laisse ses cheveux flotter en un nuage vague dans son dos, vaporise un
peu de Beauté Sauvage aux endroits stratégiques et accessibles et pose du gloss sur ses lèvres. Les mains sur les hanches, elle sourit à son reflet et lui
souffle un baiser avant de quitter le dortoir.
- Hum ! Il fait un temps splendide. C'est une journée idéale pour se promener à Pré-au-lard.
Harry et Ron qui marchent légèrement en retrait émettent des exclamations d'approbation. Elle offre son visage au soleil et étire ses bras au-dessus de
sa tête. Aujourd'hui est une nouvelle journée qui va lui permettre de glaner ses galons supplémentaires de femme accomplie, et elle va encore progresser
dans sa mission « oublier Ron » Elle a d'ailleurs l'impression d'y parvenir sans grand peine, elle pense de moins en moins au jeune homme -dans un cadre
romantique du moins – et quand cela lui prend c'est uniquement en des termes peu flatteurs et il ne lui vient même pas à l'idée de lui trouver des
circonstances atténuantes. Elle est définitivement sur la voie de la guérison. En jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, elle constate que le regard de
Ron, bien qu'il discute avec Harry, est carrément bloqué sur ses fesses. Un petit rictus soulève ses lèvres et elle se met à rouler plus encore des hanches.
Qu'il ait ainsi un aperçu de ce qu'il aurait pu avoir ! C'est par ailleurs un bon exercice, cela lui permet de mieux appréhender son corps, sa féminité et de
mieux occuper l'espace. Enfin, si Malefoy devait être dans les parages, ce serait une manière de tester l'effet qu'elle peut avoir sur lui. Et pourquoi pas sur
d'autres hommes ? Du coin de l'œil, elle avise un petit groupe d'étudiants de Poufsouffle où se démarque un grand brun au sourire craquant qui lui
rappelle un peu Viktor. Elle note le regard intéressé qu'il lui lance quand elle pénètre son champ de vision et décide sur un coup de tête d'aller lui parler.
- Eh ! Hermione ! Où vas-tu ?
Lorsqu'elle lui répond « faire connaissance », la mâchoire de Ron semble se décrocher et Harry se contente de se passer la main sur sa nuque.
- Ne m'attendez pas, je vous rejoindrai au Trois-Balais.
- Mais avec qui veux-tu faire connaissance ? Et pourquoi ?
- J'ai passé l'âge d'avoir un chaperon Ron, et ne crie pas comme ça, c'est assez gênant.
Quand Harry attrape Ron par le bras, Hermione pousse un bref soupir de soulagement et continue d'avancer vers le beau brun. Mimi Geignard a raison, il y
a vraiment de très beaux garçons à Poudlard. Quand elle ne se trouve plus qu'à un mètre de lui, le beau brun lui sourit franchement.
- Salut !
- Salut !
Elle remarque bien la présence des trois autres, mais elle a décidé que ce serait lui son challenge du jour. C'est la première fois qu'elle adresse la parole
comme ça à une personne qu'elle ne connaît pas. Un homme surtout. Elle n'a jamais fait mais a déjà vu faire, aussi elle décide d'adapter en fonction de sa
propre situation.
- Je suis désolée d'interrompre votre conversation comme ça mais en m'approchant, j'ai eu l'impression de te reconnaître. Mais je fais peut-être une erreur ?
Elle lui offre un petit sourire contrit tout en portant le poids de son corps sur sa hanche droite et met ses mains dans les poches arrière de ses jeans. Elle
l'a lu quelque part, le langage corporel est très important, il ne doit pas être dédaigné. Il lui retourne un sourire éclatant qu'auraient apprécié ses parents
– dentistes une fois encore – avant de lui tendre la main.
- Je ne sais pas s'il s'agit d'une erreur, mais si c'est le cas, elle me plaît beaucoup. Je m'appelle Jeffrey Thomas.
- Enchantée Jeffrey, moi je suis…
- Hermione Granger, je le sais déjà.
La jeune fille penche la tête légèrement de côté. Elle devait s'en douter, être la meilleure amie du fameux Harry Potter ne peut que lui faire bénéficier d'un
genre de célébrité. Elle décide de jouer le jeu.
- Tu sais déjà qui je suis, ce n'est pas juste. Moi je ne connais pas grand chose de toi, en dehors de ton nom et du fait que tu as un sourire à faire pâlir
Gilderoy Lockhart.
Jeffrey éclate de rire avant de passer la main dans sa chevelure. Mais pourquoi font-ils tous cela ?
- Tu me flattes Hermione. Je te présente mes amis, Dylan Fergusson, Andrew Manning et Brennan Fears. Nous sommes tous élèves de Poufsouffle.
- Enchantée de faire votre connaissance à tous. C'est l'inconvénient avec les grandes écoles, il n'y a pas assez de jours dans l'année pour pouvoir discuter
avec tout le monde.
- Enchantés également, répondent en chœur les trois amis de Jeffrey. Ils ont des mines sympathiques et elle serre la main à chacun, l'un après l'autre.
- Alors Hermione, que fais-tu seule par un si bel après-midi ?
- Je me promène, je fais des rencontres intéressantes. Et vous quatre ?
- Eh bien ! Nous faisons connaissance avec une charmante demoiselle qui peut-être nous fera le plaisir et l'honneur de partager une bièreaubeurre avec nous.
- Pourquoi pas ?
- Euh ! Dîtes les gars, c'est pas Malefoy qui se dirige vers nous ?
Une fois le nom Malefoy prononcé, l'ambiance se tend, Jeffrey et ses amis se mettent à jeter des coups d'œil nerveux dans la direction pointée du menton
par Dylan Fergusson.
- Pourquoi est-ce qu'il vient par-là ? On ne veut rien avoir à faire avec lui.
Hermione lève les sourcils et regarde attentivement ses nouveaux amis. Certes, Malefoy n'est pas un enfant de chœur, mais de là à presque trembler de
peur en le voyant ! Il y a un monde. Et elle est presque déçue de voir que même Jeffrey a perdu son sourire et se tasse sur lui-même.
- Vous avez déjà eu des problèmes avec Malefoy ?
- Non, pas personnellement. Et pour éviter que cela ne se produise, nous nous tenons aussi éloignés que possible de lui. Il a toujours l'air sur le point de
commettre une mauvaise action, il n'inspire aucune confiance. C'est vrai que Crabbe et Goyle ne sont pas avec lui mais on ne sait jamais. On ne peut pas
faire confiance à un Serpentard.
- Ou alors on peut lui faire confiance pour préparer un sale tour. Je ne sais pas pourquoi, mais il donne l'impression d'aimer s'en prendre à la maison
Poufsouffle.
- Vous savez, je ne pense pas que ce soit spécifiquement après Poufsouffle qu'il en a le plus. Il semble particulièrement détester tous les élèves de
Gryffondor. Et je suis bien placée pour en parler. Je vous assure, la personne dont Malefoy a le plus horreur, c'est bien Harry.
- ça y est, il arrive !
Les garçons se taisent soudainement, inquiets. Elle, elle sent sur sa nuque ce drôle de petit picotement et ses jambes mollissent sous elle. Quand Malefoy
se trouve face à elle, son petit sourire étirant ses lèvres sinueuses, elle se dit que finalement, les dents de Jeffrey ne sont pas si blanches…
- Granger… je ne pensais pas avoir la chance de te trouver ici sans tes… gardes du corps. Ceci dit, cela m'arrange. Il faut que je te parle. En privé bien
évidemment.
Stop. Un instant. A-t-elle bien entendu Malefoy lui demander un tête-à-tête ? Non, elle ne doit surtout pas accepter, après tout elle n'est pas sensible à
son charme, jamais. C'est lui qui doit lui succomber. Elle se mordille la lèvre et regarde le jeune homme qui la fixe toujours, ses yeux gris la transpercent.
Elle ne peut pas émettre le moindre son, et elle a du mal à reprendre le contrôle de ses cordes vocales.
- Ecoutez les garçons, je dois y aller. On se retrouve tout à l'heure pour une bonne bièreaubeurre si vous voulez.
Jeffrey et ses amis se fendent d'un bref hochement de tête et les regardent s'éloigner, elle et Malefoy. Un silence assez étrange règne entre eux, quand
elle repense à leur dernière entrevue. Pourquoi se sent-elle si nerveuse et pourquoi les paumes de ses mains sont-elles moites ? Elle ravale sa salive et
cache ses mains dans les poches de ses jeans.
- Malefoy… De quoi veux-tu me parler ?
- Patience, je te le dirai bien assez tôt. Ne crains rien, je ne te ferai aucun mal. Mais ça tu dois le savoir déjà, n'est-ce pas ?
La voix du jeune homme est terriblement douce, elle coule délicieusement à ses oreilles. Elle serre et desserre les poings dans ses poches et pour ne pas
trahir son agitation intérieure, elle préfère garder ses yeux baissés sur la pointe de ses chaussures. Mais pourtant, il faut qu'elle parle, qu'elle s'exprime.
Parce que rien de tout ce qui leur arrive n'a de sens.
- Je ne comprends pas ce qu'il se passe. C'est juste anormal. Moi de Gryffondor et toi de Serpentard, c'est presque inconcevable. Je ne devrais pas me
trouver ici avec toi et ne pas éprouver l'envie de t'insulter. Mais j'imagine que je peux accepter une trêve.
Enfin, s'il s'agit bien là de l'intention de Malefoy. Elle le regarde droit dans les yeux et son regard d'argent la subjugue une nouvelle fois. Il se contente
d'arborer un petit sourire mystérieux et se détourne d'elle, continuant de la mener le long d'un chemin de terre bordé de grands arbres. Il n'y a pas âme
qui vive et elle manque sursauter quand la main du jeune homme se pose sur son épaule. Elle a l'impression de sentir la chaleur de Malefoy se diffuser
lentement en elle, la troublant plus que de raison.
- Non, tu fais erreur. Ce n'est pas une trêve que je te propose. Mais autre chose.
Sa voix modulée, aux inflexions caressantes la fait frémir délicieusement et elle fronce les sourcils pour se donner contenance.
- Alors je suis perdue. Qu'attends-tu au juste ? Que veux-tu de moi ?
Une petite voix lui souffle la réponse qu'elle aimerait entendre. Tout. Elle aimerait que Malefoy exige tout d'elle, ses baisers, ses caresses, son attention
constante, comme dans ses rêves inavouables. Il lui sourit, un sourire qui la fait littéralement fondre sur place.
- Tout. Je veux tout de toi, Granger.
Et sans lui laisser le temps d'encaisser le choc, il se penche au-dessus d'elle et pose les lèvres sur les siennes, légèrement. Les yeux agrandis par
l'énormité de ce que Malefoy vient de lui dire et de lui faire – un nouveau baiser bien trop léger à son goût – elle hésite sur la conduite à suivre. Que faire
? Laisser la Hermione cérébrale et pédante gifler le beau visage au-dessus d'elle ou laisser faire son instinct, son corps affolé et affamé ? Ah ! Et puis au
diable la raison… Elle attrape brusquement Malefoy par les pans ouverts de sa veste et l'attire à elle avant de l'embrasser à son tour. Elle le relâche
aussitôt et son regard plonge dans le sien. Il n'y a rien à dire, son corps parle pour elle mieux que tous les livres du monde. Le visage du jeune homme
revêt une expression indéchiffrable et elle veut savoir s'il ressent ne serait-ce qu'un quart du trouble qui l'habite ? Il faut qu'elle sache, et alors qu'elle
s'apprête à exprimer ses doutes, Malefoy se jette sur ses lèvres, il embrasse son visage en le tenant fermement entre ses mains. Lorsqu'il pose enfin sa
bouche sur la sienne, elle se met à gémir et répond follement à son étreinte. Quel effet il produit sur elle ! Cette envie de jeter aux orties ses inhibitions
qui lui paraissent ridicules, ce désir d'être une femme dans ses bras ! Elle aime sentir ses lèvres et sa langue sur la peau tendre à la base de son cou,
mais lorsqu'il tente d'introduire sa langue dans sa bouche, elle a un petit mouvement de recul. Pas parce qu'elle ne veut pas l'embrasser de cette manière,
non. Mais parce qu'elle ne sait pas comment s'y prendre. Il attend patiemment, caresse ses cheveux et son visage longuement et quand elle se sent
détendue, prête pour cette nouvelle expérience entre les bras de Malefoy, elle entrouvre d'elle-même ses lèvres, invitation qu'il accepte sur-le-champ.
Leurs langues viennent se caresser, se mêler voluptueusement, l'haleine du jeune homme, parfumée à la bièreaubeurre, se mélange à la sienne… Elle n'a
plus de craintes, elle se fiche d'être inexpérimentée, elle écoute son cœur qui s'emballe, son corps qui s'échauffe quand le torse de Malefoy vient se
presser contre sa poitrine et que ses mains viennent dessiner le contour de ses hanches avant de se refermer sur ses fesses. Elle gémit doucement et
ses propres mains vont s'agripper au dos large du jeune homme avant de descendre lascivement jusqu'à sa taille.
- Granger… Tu me rends complètement fou. Toi… Toujours toi…
Sa voix basse contre son oreille lui fait douloureusement ressentir l'attraction qu'elle ressent pour Malefoy, elle se serre plus fort contre lui.
- On ferait l'amour, on prendrait notre temps. Granger… Toute la nuit… Toi et moi…
- Drago…
Elle soupire son prénom, et son ventre vient chercher le sien dans une caresse désespérante de langueur. Elle le veut. Elle se moque d'être ce qu'elle est,
une intellectuelle indécrottable je-sais-tout, une donneuse de leçons à ses heures, car avant tout, Malefoy lui dit qu'elle est une femme et qu'il a envie de
la femme qu'elle est. Et cela lui suffit. Elle enfouit son visage au creux de son cou et elle savoure ses mains qui glissent dans ses cheveux bouclés, les
baisers qu'il dépose sur son front, son nez, ses joues et ses lèvres. Le soupir de plaisir qu'il laisse échapper achève de la rendre folle et les contractions
de son bas-ventre lui font onduler davantage les hanches contre lui. Mais des bruits parasites se font entendre, des voix qu'elle ne reconnaît que trop
bien. Il les a entendus lui aussi et après un bref regard, ils s'éloignent l'un de l'autre avec regret. Lorsqu'elle voit surgir les têtes respectivement de Harry,
Ron et Neville, une colère sans nom la submerge. Mais que font-ils là ?
- Hermione ! Ça va ? Les gars nous ont dit que Malefoy t'avait forcée à le suivre !
- Il ne t'a rien fait de mal j'espère ?
L'air totalement agacé, Drago fait face à ses amis, le visage fermé.
- J'aimerai que vous arrêtiez de parler de moi à la troisième personne comme si je n'étais pas là.
- On ne t'a rien demandé Malefoy ! Qu'est-ce que tu lui as fait, hein ?
- Absolument rien. Et de toutes les manières, cette affaire ne vous concerne en rien
- Tu ne lui as rien fait ? Comme si on pouvait te croire ! Espèce d'ordure…
S'en est assez ! De quel droit intervient-il dans sa vie de cette manière ? Il n'est pas son petit ami qu'elle sache ? Pourquoi fait-il semblant s'intéresser à
elle ? Parce qu'il s'agit de Malefoy ? Et que Gryffondor et Serpentard ne peuvent pas frayer ensemble ? Se serait-il senti aussi concerné s'il avait s'agit de
Cormac ? Bien sûr que non ! Ce n'est pas elle qu'il défend mais la maison Gryffondor. Et elle n'a pas besoin de ce genre d'aide.
- Ron ! Ça suffit ! Dra… Malefoy ne m'a rien fait. Alors laisse-le tranquille.
- Mais…
- Arrête ! J'en ai assez de tes scènes ridicules. Je rentre…
- Hermione !
Non, elle ne l'écoutera pas et elle ne flanchera pas face à son regard bleu lagon qui la faisait fondre. Pas devant lui, pas devant Drago. Alors elle se
retourne avant de s'en aller, elle grave en elle son visage, son si beau visage qui semble refléter ses propres sentiments.
