Nous avons dépassé la barre des 50 followers, merci merci ! Réponses aux anonymes qui ont laissé des reviews :

Yume : Je suis entièrement d'accord avec toi ! Sebastian a toujours été quelqu'un de mauvais (dans cette fiction), et il a malheureusement transformé Kurt en son double tout aussi maléfique, même s'il reste plus difficile à cerner. Et je pense que ça se voit encore dans ce chapitre. Si j'étais Blaine, ç'aurait été moi qui aurait rompu avec Kurt et pas l'inverse :) Merci beaucoup.

Lodret : Haha, mais il ne faut pas me tuer, sinon je ne donnerai pas le fin mot de cette fiction^^ Merci :)

Chanson du chapitre : One Hand, One Heart - West Side Story


Chapitre 13
One Hand, One Heart

« Make of our hands one hand,
Make of our hearts one heart,
Make of our vows one last vow:
Only death will part us now. »


Blaine s'assit sur son canapé, soigneusement emmitouflé dans une couverture de laine bien chaude, son thermos rempli de soupe à l'oignon dans une main et sa tablette tactile dans l'autre. Buvant à petites gorgées le liquide brûlant, il fit défiler à l'aide de son doigt les photos sur sa tablette, cherchant l'album qu'il avait intitulé « Wollman Rink : entraînement jusqu'au championnat ! ». Un léger sourire triste se dessina sur ses lèvres en faisant défiler les photos montrant Kurt et lui, patinant fièrement sur la glace. Ils avaient toujours aimé prendre en photo leurs moindres sorties dans New York, et leurs aventures à la patinoire n'y avait pas échappé. Blaine avait toujours aimé garder des souvenirs de chaque chose qu'il faisait.

Il tapa sur l'écran, lançant la vidéo, et le rire de Kurt envahit la pièce tandis que Blaine le filmait en train d'essayer de patiner à reculons, sans grand succès. Il émit un petit rire en tombant sur une photo où Kurt était allongé sur la glace après être tombé la tête la première, les joues toutes rouges à cause du froid et les pieds s'agitant dans les airs, avant de soupirer lorsque la photo suivante montra lui et Kurt se faire un baiser esquimau, appuyé contre la barrière. La suivante les présenta dans la même position, leurs lèvres cette fois scellées, et Blaine dut passer sa main contre ses yeux pour essuyer les petites larmes qui commençaient à perler à leur coin.

Kurt lui manquait. Cela faisait un mois qu'ils étaient séparés, un mois qu'ils ne s'étaient plus adressé la parole. La Saint Valentin approchait à grand pas, et Blaine commençait vraiment à souffrir du manque de Kurt. Il savait que regarder des photos de lui et de son ex-petit ami n'était pas la meilleure méthode pour combler ce manque et que, au contraire, elle ne faisait que le creuser, mais Blaine ne pouvait pas s'en empêcher. Il voulait se remémorer tous ces merveilleux moments avec Kurt. Leur première sieste dans Central Park, la tête de Kurt posée sur son ventre. Leur première sortie au théâtre pour voir un spectacle de Broadway. Le premier défilé de Kurt.

Les doigts de Blaine frôlèrent l'écran, traçant le contour du visage de Kurt, essayant de rendre réelle l'image numérique, essayant de se souvenir à quel point sa peau était douce, à quel point il voulait pouvoir la sentir sous la pulpe de ses doigts. Mais ses doigts ne touchèrent que le verre froid de la tablette, défilant vers une autre photo.

La sonnette de l'appartement retentit, et Blaine posa son thermos vide et la tablette sur la table basse, resserrant sa couverture autour de lui en se levant pour aller ouvrir. Ses yeux s'écarquillèrent en voyant Kurt sur le pas de sa porte, les joues rougies par le froid, un petit bouquet de roses rouges et jaunes dans les mains.

– Hey, le salua Kurt d'une voix hésitante.

– Hey…

Blaine résista à l'envie de se jeter sur le jeune homme, de le prendre dans ses bras et de ne plus le lâcher pour ne pas le perdre à nouveau, mais il se contenta de prendre le bouquet que lui tendit Kurt, inhalant discrètement le parfum suave des fleurs. Il s'écarta de l'encadrement de la porte pour le laisser entrer, essayant de réprimer son sourire, et il posa le bouquet dans l'évier de la cuisine en attendant de trouver une vase pour l'exposer.

– J'espère que je ne te dérange pas, dit Kurt avec un sourire encourageant.

– Non. Non, pas du tout. Je ne m'attendais juste pas à te voir…, dit Blaine en prenant le manteau qu'il lui tendit, l'accrochant dans la penderie. Tu veux boire quelque chose ?

– Tu devrais préparer deux chocolats chauds, répondit le châtain. Ma mère disait toujours que les meilleures discussions se font autour d'un bon feu de cheminée, avec du chocolat chaud.

Blaine hocha la tête et, en se retournant pour aller chercher du lait et du cacao en poudre dans la cuisine, il vit Kurt jeter un coup d'œil sur la table basse et sourire en voyant le diaporama des photos défiler automatiquement sur la tablette. Lorsqu'il revint dans le salon avec deux tasses fumantes de chocolat chaud, il ne put s'empêcher de sourire à son tour, Kurt étant confortablement installé sur un fauteuil, regardant d'un air tendre les photos.

– J'aime bien les regarder, de temps en temps, expliqua brièvement Blaine en posant une des tasses devant Kurt et en prenant la sienne sur ses genoux.

Le jeune homme sourit et posa la tablette sur la table, fermant l'étui. Il prit entre ses mains la tasse et la porta à ses lèvres.

– Tu m'as manqué, Kurt, souffla Blaine.

– Tu m'as manqué aussi.

Le cœur de Blaine s'affola doucement dans sa poitrine à l'entente de ces mots, et un sourire de soulagement se dessina sur ses lèvres.

– Ecoute, Kurt, je…

– Laisse-moi parler pour l'instant, veux-tu ? le coupa gentiment Kurt.

Blaine se tut, attendant que le châtain poursuive ce qu'il avait à dire.

– Si je suis venu ici, c'est parce que je pense avoir fait le point sur ce qui n'allait pas la dernière fois, et j'espère que tu l'as aussi fait de ton côté.

Blaine hocha la tête. Il avait passé de longues heures au téléphone avec sa mère et Cooper, ce dernier le conseillant plus ou moins bien sur son actuelle situation, tout en réussissant à caser dans la conversation ses dernières nouvelles en direct de Los Angeles, sans compter les séances improvisées de psychothérapie avec Tina.

– Je suis aussi venu pour te dire quelque chose. La clé de toute relation est l'honnêteté, n'est-ce pas ? Je dois donc être honnête avec toi pour ça aussi. En revanche, tu dois me promettre de ne pas te mettre en colère, car ça n'a rien à voir avec toi.

– Je te le promets, assura Blaine, se demandant ce que voulait lui dire Kurt.

– Bien. Um… Tu sais, quand on a… euh… rompu, ce soir-là, commença le jeune homme, cherchant visiblement ses mots au fil de son discours. Je suis rentré chez moi, où m'attendait bien entendu Sebastian. Et, euh…

– Viens-en aux faits, Kurt, demanda Blaine en le voyant hésiter.

– D'accord, d'accord… Donc… Ce soir-là, quand je suis rentré… J'ai fait l'amour avec Sebastian.

Blaine s'attendit à sentir une pierre lui tomber dans l'estomac, à sentir le feu brûlant de la jalousie et de la tromperie bouillir dans ses veines, mais rien de cela n'arriva. Pourtant, il ne put s'empêcher de remarquer le choix des mots de Kurt, et cela remua quelque chose au fond de lui qui semblait avoir toujours été là, mais il n'arriva pas à mettre un nom dessus. Il appréciait que Kurt lui annonce ça maintenant, plutôt que de l'apprendre de la bouche de quelqu'un d'autre et de créer un nouveau conflit entre eux deux. Cependant, la phrase lui restait en travers de la gorge, se sentant trahi par la vitesse à laquelle Kurt était allé se consoler dans les bras de Sebastian et aussi par son choix de mot. La dernière fois, Kurt avait dit « coucher », et maintenant, il employait cette expression, alors qu'il savait à la perfection ce que cela signifiait pour lui. Ne sachant pas vraiment comment réagir, Blaine se contenta de le fixer d'un regard indescriptible, avant de soupirer d'un air déçu.

– Merci de me l'avoir dit, dit-il d'une voix calme, fidèle à sa promesse.

Il vit Kurt soupirer d'un air soulagé.

– Mais, um… Je ne comprends pas, dit Blaine après quelques secondes. Pourquoi ?

– L'impulsion, je suppose, répondit Kurt, le regardant droit dans les yeux, comme s'il assumait pleinement son acte. Et ça m'a rappelé quand j'ai rompu avec Alec. Il m'avait accusé de la même chose. De le tromper avec Sebastian. Alors… C'était sûrement de la vengeance. Je voulais sûrement te trouver un prétexte pour lequel tu avais raison de penser une chose pareille et de ne pas vouloir me faire confiance.

– Tu veux dire que tu ne me l'aurais pas dit, normalement ?

– C'était le plan.

Kurt esquissa un sourire d'excuse et joua distraitement avec le bord de son pull, sans quitter Blaine des yeux.

– Mais…, reprit-il. Sebastian m'a menacé de ne plus jamais m'adresser la parole si je faisais ça, et puis j'ai réalisé que c'était une idée idiote.

– Ça ne va pas te plaire, mais pour une fois qu'il fait quelque chose d'intelligent, dit Blaine avec un petit rire étouffé, le ton toujours légèrement amer.

Kurt pouffa et ne put retenir un grand sourire.

– Enfin bon, dit-il en reprenant son sérieux. Je ne suis pas venu ici pour que tu me pardonnes ou quoi que ce soit, car je ne regrette pas que ce soit arrivé et je n'en suis pas désolé. Et, honnêtement, je ne pense pas avoir quelque chose à me reprocher.

Blaine acquiesça silencieusement, approuvant ses paroles. C'était vrai, Kurt n'avait rien à se reprocher, ils n'étaient pas ensemble et il faisait donc ce qu'il voulait avec qui il voulait. Et pour être franc, Blaine n'arrivait pas à en vouloir à Kurt, pour une raison qu'il ignorait. Il était déjà heureux que Kurt soit venu lui dire clairement, plutôt que le lui cacher et qu'il l'ait découvert par lui-même.

– En revanche, j'ai parlé longuement avec Sebastian, et je lui ai dit qu'on devait arrêter nos petites marques d'affection, dit Kurt d'une voix assurée, et Blaine le regarda d'un œil intéressé et curieux. Il n'a pas vraiment compris sur le moment, mais je lui ai expliqué que ça te gênait et qu'en effet, c'était déplacé à ton égard, de se câliner comme on le fait ou de s'embrasser à peu près tout le temps. Je ne pense pas qu'il soit d'accord, mais il a quand même accepté.

Blaine observa longuement le châtain, cherchant à voir s'il plaisantait ou pas, avant qu'un sourire ne se dessine sur ses lèvres et il se mordit la lèvre pour le réprimer.

– Merci, Kurt, souffla-t-il avec gratitude.

– Ne dis pas merci trop vite, l'interrompit Kurt. On ne s'arrêtera pas du jour au lendemain, comme ça. Tu as conscience que c'est une vieille habitude qui dure depuis, quoi, trois ans, et qu'elle ne risque pas de disparaitre comme par enchantement ?

Blaine hocha la tête vivement, couvant Kurt du regard.

– Je te fais confiance, Kurt, lâcha-t-il, ne réfléchissant même pas à ses mots.

Les sourcils du jeune homme se haussèrent, surpris, avant qu'il ne se mette à sourire du plus grand des sourires que Blaine ait jamais vu sur son visage.

– Je… J'ai parlé avec Tina, et mes parents, et Cooper. Beaucoup, expliqua l'avocat. Et je me suis presque fait incendier par Tina, tu n'imagines même pas, poursuivit-il avec un rire étouffé. Mais j'ai réalisé que j'étais dans le tort et que je n'avais aucune raison de douter de toi. Et maintenant, je me demande même pourquoi je ne te faisais pas confiance, c'était tellement… idiot. Croire que tu pouvais me tromper alors que je sais exactement ce que ça t'a fait quand Alec t'a trompé. Et je pense très honnêtement que tu n'es pas capable d'une chose pareille. Donc… Je te crois quand tu me dis que tu ne considères pas ce que tu fais avec Sebastian comme de la tromperie, même si à mes yeux, c'en est.

Kurt posa sa tasse sur la table basse, avant de se lever du fauteuil et de se jeter dans les bras de Blaine, l'enfonçant dans le canapé et l'écrasant sous son poids, plantant un baiser maladroit sur ses lèvres. Lorsqu'il s'écarta, Blaine lui lança un regard surpris et interrogateur, se léchant distraitement les lèvres.

– Ça… Ça veut dire quoi, ça ? bredouilla-t-il.

– Tu me manques, Blaine, et je n'ai pas envie de passer ne serait-ce qu'une journée de plus sans toi.

– Alors… Tout va bien, donc ? demanda Blaine avec de l'espoir dans la voix.

Kurt passa ses bras autour de son cou, rajustant sa position sur les genoux du bouclé, le sourire jusqu'aux oreilles.

– Oui, tout va bien, confirma-t-il en prenant la joue de Blaine dans sa main, l'embrassant à nouveau, plus doucement.

Blaine ferma les yeux en sentant la sensation familière des lèvres de Kurt sur les siennes, se mouvant à la perfection contre sa bouche, et ses mains se posèrent sur sa taille, le rapprochant de lui et collant leurs torses l'un contre l'autre.

– Au fait, comment était Los Angeles ? demanda-t-il lorsqu'ils s'écartèrent, se rappelant que Kurt était allé faire une séance photo pour il-ne-savait-quelle-marque.

– Oh, euh…Ensoleillé, répondit Kurt avec un petit sourire. Les plages de Santa Monica sont très belles. L'eau était froide, et Sebastian a osé me pousser dedans tout habillé. Je lui en ai voulu pendant deux semaines, raconta-t-il. On en a profité pour faire un peu de tourisme, j'ai des photos de moi sur Walk of Fame, il faut que je te montre ! C'était génial, j'aurai tellement aimé que tu sois là avec moi.

– On ira ensemble, un jour, je te le promets, assura Blaine, amusé devant l'excitation soudaine de Kurt. Il y avait des beaux mannequins ?

Kurt haussa les sourcils, surpris devant la question.

– Je ne connais pas beaucoup de mannequins moches, Blaine, dit-il d'une voix amusée. Mais aucun n'avait des cheveux noirs et bouclés, des yeux mordorés et ne s'appelait Blaine Anderson, alors aucun ne m'intéressait.

Blaine sourit, satisfait de la réponse. Il attira le visage de Kurt contre le sien, capturant doucement ses lèvres entre les siennes dans un baiser tendre.

– Tu dors à la maison, ce soir ? proposa-t-il en écartant une mèche qui tombait sur le front de Kurt.

– Avec joie…, ronronna Kurt, enfouissant son visage dans le cou de Blaine.


Blaine inspira un bon coup avant d'appuyer sur la sonnette, son cœur se mettant inexplicablement à battre contre sa poitrine en entendant le petit « dring ». Il leva les yeux lorsque la porte s'ouvrit sur Sebastian, et Blaine ne rata pas le regard profondément ennuyé que lui adressa le châtain lorsqu'il le reconnu.

– Kurt est au boulot, Anderson, lâcha-t-il avec un soupir.

– Je sais, répondit Blaine. En fait, je suis venu te voir.

Les sourcils de Sebastian se haussèrent jusqu'à la racine de ses cheveux et il lança un regard dubitatif à Blaine.

– Pourquoi ? grogna-t-il, et son attitude commençait à exaspérer Blaine. Si c'est pour terminer la baise qu'on avait commencé il y a presque un an, c'est non. De un, je ne te laisserai pas tromper Kurt, de deux, je ne veux même pas penser à l'idée de te baiser. Je sais même pas ce qui m'est passé par la tête ce jour-là. C'est assez…

– S'il-te-plaît, ferme-là, coupa Blaine d'un ton sec, les sourcils froncés. C'est déjà dur pour moi de ne pas te coller mon poing dans la figure rien qu'à voir ta tête en face de moi, alors n'en rajoute pas.

Un sourire narquois se dessina lentement sur les lèvres de Sebastian et il s'appuya contre l'encadrement de la porte, croisant les bras sur son torse.

– Kurt t'a dit, hein ? lança-t-il, d'un ton fier de lui que Blaine n'appréciait pas beaucoup. Il t'a dit qu'on avait couché ensemble ?

Le regard noir que lui lança Blaine suffit à lui faire connaître la réponse et le sourire de Sebastian s'élargit.

– Mais est-ce qu'il t'a tout dit, Blaine ? minauda le châtain. Est-ce qu'il t'a raconté exactement ce qui s'est passé ? Ou alors, est-ce tu as pensé que, en tant que meilleur ami, j'ai proposé à Kurt de s'envoyer en l'air avec moi pour le consoler et, que dans son chagrin, il n'a pu qu'accepter cette petite dose de réconfort ? – Blaine le fusilla à nouveau du regard, sentant la colère pulser dans ses veines. – Détrompe-toi, Anderson. Kurt s'est littéralement jeté sur moi, et tu sais ce qu'il m'a dit ? – Un sourire carnassier remplaça celui narquois qu'arborait Sebastian. – « Baise-moi ».

La main de Blaine s'éleva dans les airs, prête à entrer en collision avec la mâchoire de Sebastian, mais les doigts du jeune homme se resserrèrent autour de son poignet, l'arrêtant dans son geste.

– Je te déconseille vraiment de faire ça, Blaine, minauda-t-il. J'ai beau ne pas m'entendre avec mon cher papa, je ne crois pas qu'il apprécierait que quelqu'un m'ait frappé, vois-tu ? Il est très convainquant à jeter des gens en prison. Quoique, fais-le. Au moins tu disparaitras de la vie de Kurt une bonne fois pour toute, siffla-t-il, la voix venimeuse.

Blaine baissa la main. Si les regards pouvaient tuer, Sebastian serait mort sur le coup. Les mots n'étaient pas suffisants pour décrire à quel point il haïssait cet homme.

– Tu es la personne la plus ignoble que je connaisse, souffla Blaine, la voix vibrante de colère. Je ne sais même pas comment tu arrives à vivre avec toi-même.

– Et toi, tu es la personne la plus pathétique que je connaisse, Anderson, cracha Sebastian. Tu es tellement pathétique que tu me fais pitié.

Blaine le dévisagea, perdant ses couleurs. Comment ça, il était pathétique ?

– Tu t'accroches à Kurt comme s'il était la seule bonne chose qui t'était arrivé, continua Sebastian. Tu sais qui tu me rappelles ? Tu me rappelles Alec. Lui aussi, il jouait au petit-ami parfait et aimant, s'amusant à éloigner subtilement Kurt loin de moi. Puis tu finiras comme lui, tu diras ou feras quelque chose qui brisera Kurt. Et moi, je serai le seul qu'il aura pour venir pleurer, comme la dernière fois.

– Je ne ferai jamais…

– Je vais te dire quelque chose, Blaine. Kurt n'est pas une bonne personne. Tu aurais eu ta chance avec le gamin que j'ai connu il y a cinq ans, mais plus maintenant. Si ce n'est pas toi qui lui feras du mal, c'est lui qui t'en fera. Et il a déjà commencé, n'est-ce pas ? Au fond de toi-même, tu le sais, mais tu te voiles la face. Tu sais que Kurt est incontrôlable et je pense que tu persistes à croire que tu peux l'adoucir et le contrôler. Mais rentre-toi bien ça dans la tête, Blaine : la seule personne capable de contrôler Kurt, c'est moi. Comme il est le seul à pouvoir me contrôler.

Blaine ne dit rien, se contentant d'essayer de ne pas laisser les mots de Sebastian avoir un effet sur lui. Tout cela n'était qu'un tissu de mensonge, raconté par Sebastian pour que Blaine coupe toute relation avec son petit-ami et pour que Sebastian ait Kurt pour lui seul. Blaine commençait à être habitué aux discours acides du jeune homme destiné à le faire disparaître de leur vie à Kurt et à lui. Mais Blaine ne croyait pas Sebastian. Kurt n'était pas une mauvaise personne, il était l'un des individus les plus gentils et adorables qu'il connaissait, et même si l'attitude de son petit-ami avait plusieurs fois blessé Blaine dans le passé, il lui avait chaque fois pardonné car il savait que Kurt était repentant.

– Je me fiche de tes menaces, Sebastian. Kurt n'a pas toujours été gentil comme je le connais aujourd'hui, mais ça ne fait pas de lui une mauvaise personne. Je lui fais confiance, je sais qu'il m'aime et…

– Ça n'a rien à voir avec le fait qu'il soit gentil ou pas, coupa Sebastian d'un ton sec. Il t'aime peut-être, mais ça ne veut pas dire qu'il est bon. Et honnêtement, tu es peut-être son petit-ami, mais je suis son meilleur ami et je crois le connaître un peu mieux que toi. Je sais de quoi je parle lorsqu'il s'agit de Kurt.

« Tu sais, je n'en ai rien à foutre qu'il finisse par te faire du mal, au contraire. Plus vite tu lâcheras Kurt, plus vite je serai content. Mais ne viens pas pleurer après parce que j'avais raison sur toute la ligne. Kurt est une mauvaise personne en son for intérieur. Il est égoïste et ne pense qu'à lui en premier lieu. Je pense que j'arrive en deuxième position. Tu peux peut-être partager la troisième place avec son père.

Blaine serra les dents, se retenant de frapper Sebastian, son poing se contractant le long de ses flancs. Il voulait se jeter sur le jeune homme et lui faire le plus de mal possible, mais il savait que Kurt ne lui pardonnerait jamais s'il touchait à un seul des cheveux de Sebastian.

– Sinon, tu étais venu pour me dire quoi ? demanda Sebastian d'un ton nonchalant, observant ses ongles avec grand intérêt.

– Une seule chose, gronda Blaine en attrapant le menton de Sebastian pour le forcer à le regarder dans les yeux et être sûr qu'il l'écoutait. Reste loin de Kurt pour ce qui est des contacts trop physiques.

Sebastian se dégagea et éclata de rire, d'un rire sonore et presque hystérique. Blaine le regarda comme s'il était devenu fou, les yeux confus.

– Oh, mon pauvre Blaine… Et moi qui croyais que tu ne pouvais pas faire plus pitié. C'est un périmètre de sécurité que tu essaies d'instaurer ? Parce que tu peux aller te le faire foutre, et bien profond. Après tout, tu ne dois être bon qu'à ça, n'est-ce pas ?

S'en fut trop pour Blaine. Son poing s'écrasa contre la mâchoire de Sebastian qui manqua de trébucher sous l'impact du coup, et sa main se porta à son visage pour vérifier qu'il n'avait rien de casser. Il dévisagea Blaine, la fureur liée à une pointe d'amusement dans le regard.

– Joli crochet du droit, lança-t-il d'une voix glaciale et ironique. Mais tu n'aurais jamais dû faire ça. Maintenant, dégage de ma maison avant que je n'appelle les flics ou que je te cogne à mon tour.

– Pourquoi tu ne frappes pas en retour ? lança Blaine d'une voix provocante. Tu ne veux pas abîmer tes mains ? Ou alors, peut-être que tu as trop peur que je te mette une raclée ?

– Ta gueule ! siffla Sebastian, la main toujours sur sa mâchoire. Dégage d'ici !

– Oui, c'est bien ce que je pensais… Tu es lâche. Tu es un lâche doublé d'une mauviette, et t'as trop peur de te salir les mains. T'es une gon…

Le coup de poing qu'il reçut dans le nez le coupa en plein milieu de sa phrase et il perdit l'équilibre, tombant sur le sol du couloir de l'immeuble, Sebastian le fixant avec des yeux furieux, le poing encore en l'air. Sans réfléchir, Blaine se releva, ne vérifiant même pas s'il saignait du nez ou pas, et se jeta sur lui, le plaquant contre le mur, mais Sebastian ne se laissa pas faire, le repoussant loin de lui, et le dos de Blaine se cogna contre le vide-poche dans l'entrée, et il siffla en sentant ses reins le lancer. Essayant d'ignorer l'atroce douleur, il agrippa le col de Sebastian, le renversant à terre, entraînant avec lui le meuble qui tomba par terre, la vitre se cassant et son contenu se renversant sur le sol dans un cliquetis de clés, de porte-bougies en verre se brisant et d'autres objets roulant sur le carrelage.

Blaine avait sans aucun doute sous-estimé les compétences de Sebastian en matière de combat. Le jeune homme réussit à le plaquer contre le sol, en profitant pour lui donner un coup dans le ventre qui lui bloqua la respiration, et Blaine évita de peu un nouveau crochet dans le visage. Avec un grognement de rage, il empoigna à nouveau la chemise de Sebastian et le renversa sur le côté, le forçant à se relever à moitié, et il le frappa, encore et encore, tant qu'il avait le dessus, voulant lui faire le plus de mal possible. Il ne savait pas s'il pourrait s'arrêter de le frapper. Seule la perte de conscience de l'un des deux semblait être le seul moyen de les arrêter. Sous lui, Sebastian se débattit comme un fou, et son genou s'enfonça douloureusement dans son bas-ventre.

Au loin, Blaine entendit des éclats de voix auxquels il ne prêta pas attention, trop concentré sur Sebastian et son nez visiblement cassé à en juger le sang qui en coulait, avant que deux bras puissants ne l'attrapent et ne l'éloignent de son adversaire. Blaine se débattit furieusement, voulant se jeter à nouveau sur Sebastian, qui était lui aussi retenu par quelqu'un.

– Hé, hé, calmez-vous, tous les deux ! cria l'homme qui retenait Blaine, ses bras enroulés autour de la taille du bouclé, l'immobilisant.

– Lâchez-moi ! s'écria Sebastian, faisant des moulinets avec ses bras pour se dégager de l'emprise du deuxième homme qui le retenait.

Blaine se fit emporter dans le couloir, essayant toujours d'échapper à l'homme, visiblement un des voisins. Il entendit Sebastian hurler un juron à son égard, mais Blaine ne l'enregistra même pas, encore trop en colère pour retenir les insultes que lui criait le châtain, défiant son regard furieux et brûlant d'une lueur de folie. Blaine avait réussi à le faire sauter de ses gonds, et il ne put s'empêcher de se sentir fier de lui sur le coup.

– Rentrez chez vous, vous ! dit l'homme qui tenait Blaine.

L'avocat réussit à se dégager, et il lança un dernier regard noir à Sebastian, avant de partir précipitamment sans demander son reste, le sang battant encore dans ses oreilles et la colère pulsant dans ses veines. Il passa sa main contre son visage pour voir s'il saignait, et siffla de douleur lorsqu'il appuya un peu trop fort contre son arcade sourcilière. Il allait avoir un bel hématome sur le visage, à en juger la douleur. Lorsqu'il regarda sa main, Blaine soupira en voyant du sang dessus. Sebastian ne l'avait pas raté.

Ce n'est que lorsqu'il arriva chez lui que Blaine réalisa que Kurt allait sûrement le tuer.


– Je n'arrive pas à croire que tu aies fait une chose pareille, Blaine ! hurla Kurt.

– Il m'a cherché, grogna Blaine, évitant son petit-ami du regard.

Kurt faisait les cents pas dans son salon, au bord de la crise de nerf, essayant sûrement de tuer Blaine d'un seul regard à la manière d'un Basilic. L'avocat gémit de douleur, replaçant le pack de glace contre son œil. Sebastian ne l'avait vraiment pas raté. Même une couche épaisse de fond de teint ne réussirait pas à camoufler l'œil au beurre noir qu'il se coltinait, sans compter l'hématome juste au-dessus de son sourcil.

– Même, tu n'avais pas à le frapper, Blaine ! C'est mon meilleur ami, je t'interdis de faire ça ! Et il n'est pas le seul coupable, tu l'as provoqué, ne me mens pas ! Les voisins m'ont tout raconté quand je suis rentré, et ont confirmé la version de Sebastian. Ils ont tout entendu.

– Kurt, tu n'as aucune idée de ce qu'il a pu me dire !

– Si, je crois que je sais. Je connais Sebastian, tu te souviens ?

– Soit au moins heureux que les voisins nous aient séparés. Je ne crois pas que j'aurais pu m'arrêter avant qu'il ne tombe dans les pommes. Putain, il sait se battre, ce connard…

– Ne parles pas de Sebastian comme ça ! hurla à nouveau Kurt. Tout ça, c'est de ta faute, Blaine ! Si tu n'étais pas allé le voir… Pourquoi est-ce que tu es allé le voir, hein ? Tu sais que vous ne vous supportez pas mutuellement ! Tu savais que ça allait mal se finir !

– J'ai essayé de me contrôler, Kurt ! répliqua Blaine d'une voix forte, en ayant plus qu'assez que Kurt rejette la faute sur lui. Il m'a poussé à bout.

– Et maintenant, reprit Kurt comme s'il n'avait rien entendu, mon meilleur ami se balade avec un énorme bleu à la mâchoire, un nez cassé et un œil au beurre noir ! Et mon petit-ami n'est pas mieux ! Tout est de ta faute, Blaine !

Kurt continua de hurler sur Blaine jusqu'à n'avoir plus de voix.


Au bout de plusieurs jours, les hématomes sur le visage de Blaine et de Sebastian finirent par disparaître progressivement, et Kurt finit par arrêter d'en vouloir à Blaine. D'un commun accord, il fut décidé que Blaine et Sebastian ne se voient plus face à face. L'arrangement n'enthousiasmait pas Kurt, car il n'aimait pas devoir se couper en deux, mais il savait que c'était un compromis à réaliser s'il voulait espérer garder à la fois son meilleur ami et son petit-ami auprès de lui le plus longtemps possible.

Au fond de lui, Kurt savait qu'il ne pourrait pas les garder tous les deux auprès de lui pour toujours.


Le retour de Tina au cabinet, deux mois et demi après son accouchement, fut une délivrance pour Blaine qui s'empressa de licencier l'incapable qui avait remplacé sa meilleure amie pendant son congé maternité. Cette bonne femme s'était trompé plus d'une dizaine de fois dans ses rendez-vous, et il avait presque perdu une affaire à cause d'elle. Parfois, Blaine s'était dit qu'il aurait mieux fait d'écouter Tina et de ne pas l'obliger à partir en congé, avant de se rappeler que la jeune femme était sa meilleure amie et qu'il ne pouvait pas la forcer à travailler à presque neuf mois de grossesse puis avec un nourrisson à s'occuper.

Le petit Harry était né le 17 Décembre, et Blaine s'était surpris à fondre en larmes dans les bras d'un Mike tout aussi larmoyant devant le bébé de sa meilleure amie, si adorable, quand celle-ci lui avait demandé s'il voulait être le parrain. S'il pleurait devant leur progéniture, alors il se demandait bien ce qu'il allait faire le jour de leur mariage qui avançait à grands pas. Sûrement une crise cardiaque, tiens. Il ne pensait pas être si émotif avant de se rendre compte que sa meilleure amie avait donné la vie presque sous ses yeux, et maintenant, elle allait s'unir à l'homme qu'elle aimait dans quelques semaines. Voir ses amis réussir leur vie gonflait le cœur de Blaine, qui sentait le trop plein de sentiment d'amour et d'affection commencer à déborder de sa poitrine.

Lorsqu'il reçut le faire-part du mariage, Blaine l'accrocha sur le tableau noir qui décorait sa cuisine, où Kurt avait pris l'habitude de laisser des messages ridiculement romantiques – mais aussi des messages remplis de sous-entendus pervers – lorsqu'il partait au travail, tôt le matin, à côté de la liste de courses, du faire-part de naissance du petit Harry et du pense-bête. Chaque fois qu'il lisait et relisait avec tendresse les mots poétiques de la carte, un sourire ému sur les lèvres, Blaine ne pouvait s'empêcher de jeter un œil à Kurt, s'il était avec lui, ou à la petite photo les représentant à Wollman Rink en train de s'embrasser et qu'il avait fait imprimer sur du papier glacé, accrochée avec un aimant sur le tableau, avant de soupirer doucement.

Blaine ne voulait pas s'engager avec Kurt, pas tout de suite. Cela faisait seulement huit mois qu'ils sortaient ensemble, sans compter leur rupture d'un mois, et leur relation n'en était encore qu'au stade de bourgeon naissant. Ils ne vivaient même pas encore ensemble, même si Blaine souhaitait de tout son cœur que Kurt habite avec lui définitivement, et ni l'un ni l'autre n'avaient rencontré leurs parents respectifs. Une certaine peur habitait Blaine à l'idée de rencontrer Burt Hummel, après tout ce que Kurt avait raconté sur son père et sa mauvaise habitude à terroriser tous les petit-amis potentiels de son fils. Quand Kurt lui avait raconté que sa belle-mère avait dû retenir Burt d'aller chercher son fusil de chasse quand Sebastian était venu pour la première fois dans la maison familiale, Blaine avait fixé son petit-ami pendant un temps indéterminé, le regard terrorisé.

Mais les choses devaient se faire dans le bon ordre, et Kurt et Blaine avait encore tant de choses à apprendre l'un de l'autre avant de commencer à établir un futur ensemble, et c'est à peine si Blaine osait demander à son petit-ami d'emménager avec lui pour l'instant. Blaine n'avait aucun doute quant aux sentiments de Kurt à son propos, mais il savait que son amant hésiterait à l'idée de laisser Sebastian seul dans leur appartement. Blaine ne s'en vexait pas, il comprenait. Demander à Kurt de venir s'installer avec lui, alors qu'ils ne se connaissaient que depuis moins d'un an, et quitter la personne avec laquelle il était le plus proche et qui partageait sa vie depuis plus de trois ans, était une lourde décision. Et puis, Sebastian restait un sujet sensible entre eux, la bagarre encore fraiche dans leurs esprits après un mois.

Les bras de Kurt s'enroulèrent comme des serpents autour de sa taille et il pressa son dos contre son torse, bourdonnant légèrement de gaieté. Sa tête se posa sur l'épaule de Blaine, soupirant doucement et fixant le petit tableau noir. Il tendit la main et attrapa la craie attachée à une corde sur le rebord, avant d'écrire un je t'aime et de dessiner un cœur à la suite. Blaine rit et prit la craie de ses mains, dessinant un cœur à son tour. Il sentit Kurt sourire derrière lui, avant que son petit-ami ne dépose un baiser sur sa joue.

– Tu n'as plus beaucoup de temps pour t'acheter un smoking, tu sais ? dit Kurt.

– L'un de mes costumes ne convient pas ? s'enquit Blaine en haussant les sourcils.

– Tu dois porter un smoking, approuvé par moi, pour ce mariage, rétorqua le châtain. Pas un costume. Tu es le témoin de Tina, et je ne te laisserai pas te tenir derrière elle dans un vieux costume, tu m'entends ? Et obligation formelle de mettre une cravate.

Blaine sentit le sourire lubrique de Kurt contre son cou, et hocha distraitement la tête.

– Va pour le smoking, dit-il. Mais il va falloir aller faire les boutiques rapidement, Kurt.

– C'est à moi que tu dis d'aller faire les boutiques ? se moqua le châtain. Mets tes chaussures, on va chez Barney's.

– Maintenant ? s'écria Blaine, interloqué, alors que Kurt attrapait sa main et l'entraînait dans l'entrée, le forçant à enfiler une veste.

– Maintenant.


Blaine ne savait pas si son cœur battait à la chamade à cause de son excitation, ou de son stress incroyable. Ce n'était même pas lui qui se mariait, et voilà qu'il tremblait. La main de la sœur de Mike, Jennifer, se referma sur son bras et le frotta amicalement pour le rassurer.

– Relax, Blaine, dit-elle. Tu vas finir par nous faire un arrêt cardiaque.

– Où est-ce qu'on a mis les alliances ? demanda Blaine d'une voix tremblante. Et si jamais je trébuche sur le tapis ? J'ai peur de foirer quelque chose, Jenny…

– Hé, hé, du calme. Tu es presque aussi nerveux que Tina et Mike, c'est fou, ça. Pourquoi veux-tu que quelque chose se passe mal ? Les alliances sont sur leur coussin, avec mon fils et mon mari, comme on les leur a données il y a un quart d'heure, Blaine. Allez, respire un bon coup. Tu ne vas rien foirer.

Blaine obéit, prenant une profonde inspiration avant de souffler bruyamment. Il vit Mike surgir du néant en compagnie de sa mère, visiblement au bord de la crise d'angoisse. Sa sœur s'approcha d'eux et prit l'homme dans ses bras, l'embrassant sur la joue et frottant son dos, un grand sourire aux lèvres. Blaine adressa un sourire à Mike, qui lui rendit bien difficilement, avant de prendre le bras de sa mère et d'entrer dans l'église alors que la musique démarrait doucement. Blaine ne put s'empêcher de penser à Kurt, assis seul derrière cette porte, qui attendait sûrement avec impatience qu'il fasse son entrée en compagnie de Jennifer, et à quel point il aurait voulu être assis à ses côtés pendant la cérémonie. Blaine attendit de voir le père de Mike prendre le bras de la mère de Tina, les regardant disparaitre derrière la porte pour rejoindre leurs places respectives au premier rang, avant d'adresser un sourire à Jennifer et de lier son bras au sien.

Il descendit l'allée en compagnie de la jeune femme, repérant très vite Kurt dans l'assemblée et lui adressant un sourire que son petit-ami lui rendit, le regardant avec admiration. L'église était décorée dans des tons de blanc et de rouge, des roses rouges agrémentant les bancs, et des rubans blancs accrochés sur les colonnes. Arrivé à l'autel, Blaine délia son bras à celui de Jennifer et se tint du côté droit de l'autel, où Tina devait se placer. Il se tourna vers l'entrée de l'église, soulagé de ne pas s'être pris le pied dans le tapis qui traçait l'allée des portes de la chapelle à l'autel. Puis, Tina fit son entrée au bras de son père, plus radieuse que jamais, un sourire ému dessiné sur ses lèvres. Blaine n'avait pas encore eu l'occasion de voir son amie dans sa robe de mariée, la jeune femme lui ayant formellement interdit de participer aux essayages et ayant kidnappé la sœur de Mike et Kurt pour lui servir de styliste personnel. Son petit-ami n'avait cessé de l'embêter avec cela, ne se tarissant jamais sur la beauté de la robe qu'ils avaient trouvée.

Son souffle se coupa en voyant la future mariée, époustouflante dans une belle robe d'un blanc immaculé, en bustier, et dont les volants tombaient directement sous sa poitrine, cachant les dernières traces de sa grossesse, et étaient plus long dans son dos pour traîner légèrement par terre. Le bustier était recouvert de perles blanches et grises et de petits diamants, scintillants comme mille feux sous la lumière éclatante de l'église. Ses cheveux étaient remontés en une demi-queue-de-cheval transformée en chignon, le reste de ses cheveux tombant gracieusement dans de belles boucles lâches dans son dos et sur ses épaules dénudées. Un voile était accroché sur le sommet de sa tête, couvrant sans cacher sa coiffure. Sa bouche était colorée d'un délicat rose pâle, et ses yeux marron étaient mis en valeur par un fard à paupière de couleur cuivre et un fin trait d'eyeliner. Tina était magnifique, et il était sûr que la quasi-totalité des hommes de l'église enviait en cet instant Mike.

Lorsque Tina arriva à sa hauteur, Blaine la vit souffler discrètement pour évacuer son stress, plongeant son regard dans celui de Mike, et le couple se regarda avec tant d'amour que Blaine sentit un petit pincement dans son cœur. La musique s'arrêta doucement, et le prêtre leva les mains pour demander le silence dans l'église.

– Nous sommes réunis en ce jour pour célébrer l'union de Mike et de Tina, deux âmes qui se sont cherchées et se sont trouvées pour vivre la plus belle des aventures de la vie, commença le prêtre.

Blaine détourna un instant le regard des deux fiancés pour le poser sur l'assemblée, qui fixait avec admiration et émotion le jeune couple. Il vit le petit Harry dans les bras de sa grand-mère, profondément endormi, sa tétine dans la bouche, et Quinn avec son petit-ami, essuyant discrètement les larmes qui perlaient aux coins de ses yeux. Ses yeux se posèrent sur Kurt en même temps que celui-ci quittait du regard le prêtre pour le regarder, et ils se sourirent mutuellement, Kurt formant discrètement un cœur avec ses mains. Le sourire de Blaine redoubla d'intensité et il reporta son attention sur les deux amants, couvant du regard Tina avec bienveillance et fierté. Son cœur battait avec émotion, à observer la femme la plus importante de sa vie après sa mère unir son futur avec un homme aussi respectable que Mike, après avoir réussi autant de choses du haut de ses récents vingt-six ans. Il sentit une vague de fierté rouler dans sa poitrine, se félicitant d'avoir vu sa meilleure amie construire peu à peu la vie qu'elle vivait aujourd'hui.

– Tina Cohen-Chang et Mike Chang, est-ce bien ainsi que vous voulez vivre dans le mariage ?

– Oui, répondirent à l'unisson les deux fiancés, la voix tremblante d'émotion.

Un petit reniflement s'éleva dans l'église, dont la provenance fut indéterminée, mais Blaine vit du coin de l'œil que la grande majorité de l'assemblée avait la larme à l'œil. Lui aussi sentait ses yeux piquer, et il dut battre plusieurs fois des paupières pour empêcher les larmes de rouler sur ses joues. Il remarqua Kurt, assis à côté de Quinn, qui appuyait délicatement son mouchoir de poche sur ses yeux pour essuyer ses larmes, et Blaine eut envie de descendre de l'autel pour courir effacer les petites perles salées de ses lèvres.

Mike et Tina se prirent les mains, se souriant mutuellement et se dévorant avec passion du regard, tandis que le prêtre faisait un signe discret à Blaine pour lui demander les alliances. Le cœur de l'avocat se remit à s'affoler dans sa poitrine et il se tourna vers Andrew, le fils âgé de huit ans de Jennifer, qui lui donna docilement le petit coussin où reposaient les alliances. Blaine les tendit avec révérence au prêtre, puis rendit le coussin au petit garçon qui retourna s'asseoir à côté de son père au premier rang.

– Moi, Mike Chang, je te reçois, Tina Cohen-Chang, comme épouse et je te promets de rester fidèle, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t'aimer tous les jours de ma vie.

Blaine se mit à renifler et sortit son mouchoir de poche, se tamponnant les yeux avec. Il allait vraiment se mettre à pleurer. D'autres reniflements lui répondirent, notamment de la part des mères des mariés, et il regarda avec émotion Mike glisser l'alliance au doigt tremblant de Tina, qui se retenait visiblement de pleurer ou d'éclater de rire, il ne savait pas vraiment. Dans tous les cas, une joie immense la traversait, et cela suffisait à faire battre la chamade à son cœur.

– Moi, Tina Cohen-Chang, je te reçois, Mike Chang, comme époux et je te promets de rester fidèle, dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et dans la maladie, pour t'aimer tous les jours de ma vie.

Derrière Mike, Blaine vit Jennifer pleurer silencieusement, sans même se soucier d'essuyer ses larmes. Un petit rire nerveux échappa à Tina lorsqu'elle passa la bague au doigt de Mike, ayant visiblement du mal à la faire glisser. Blaine s'arracha de ce spectacle émouvant pour fixer Kurt, qui sanglotait silencieusement, son visage taché de larmes, et il voulut attirer son attention pour lui faire part d'un message, n'importe lequel, mais lui dire qu'il pensait à lui en cet instant présent, qu'il l'aimait et, peut-être qu'un jour, dans quelques années, les deux personnes qui se tiendront devant un prêtre ne seront pas leurs amis mais eux, se tenant la main et se regardant avec émotion, unissant officiellement leur amour devant leurs proches et devant Dieu. Mais son petit-ami ne détacha pas le regard du couple, fixant leurs mains liées avec ce qui semblait être de l'envie.

– Je vous déclare unis par les liens sacrés du mariage, déclara le prêtre. Vous pouvez sceller votre union par un baiser.

Mike sourit à celle qu'il pouvait désormais appeler son épouse, avant de se pencher sur elle et de l'embrasser sous les applaudissements de l'assemblée. Blaine reporta son attention sur Kurt, qui le regardait à présent, et il lui articula silencieusement un je t'aime, espérant que son petit-ami comprenne le message. Kurt lui offrit son plus grand sourire et lui renvoya un je t'adore silencieux, et dans ses yeux vibrant d'émotions, Blaine vit quelque chose qu'il n'avait jamais vu auparavant dans son regard, et qui fit gonfler son cœur dans sa poitrine. Plus que de l'amour, c'était… de la dévotion ?

Blaine voulut se précipiter sur son petit-ami et le serrer si fort dans ses bras qu'il écraserait probablement ses côtes dans son étreinte, mais le besoin de la chaleur de son corps contre le sien se fit soudainement si urgent qu'il voulait l'avoir proche, toujours plus proche. Il voulait sentir son cœur battre contre sa poitrine et couvrir son visage de baiser pour lui témoigner son amour et, à lui aussi, sa dévotion. Il voulait que Kurt sente le sien, et que leurs battements se synchronisent pour ne former qu'un cœur. Il voulait que leurs doigts s'entrelacent pour ne former qu'une main.

Leurs regards ne se quittèrent pas une seconde, tandis que des mots silencieux de promesses éternelles s'échangeaient entre eux et flottaient dans les airs.


Note personnelle : Je pense que beaucoup de monde attendait une véritable confrontation entre Blaine et Sebastian, la voilà ! J'espère qu'elle est à la hauteur de vos espérances. Je me suis beaucoup amusée à écrire cette petite bagarre, mais c'est difficile de décrire ce genre d'action, ça va vite et reprendre la dynamique par écrit c'est compliqué ! Je ne sais pas si ça se voit dans ma manière d'écrire, mais je visualise tout dans ma tête à la manière d'un film, et parfois c'est assez compliqué de retranscrire ce que je vois. Sinon, essayez de reprendre la bagarre FinnxBrody, en encore plus violent et sans lancer d'objets... Je pense que ça peut aider :P

J'ai fait un petit clin d'œil, deux fois, à une de mes autres fictions... Je pense qu'il est assez facile à trouver :P

Ok, alors, à ce qu'il parait, des gens ont menacé de me tuer à Paris :P (Si si j'ai eu mon informatrice personnelle elle se reconnaîtra) Heureusement que je suis restée anonyme alors... Pour la peine, pas de chapitre la semaine prochaine !

Non, ok. Il n'y aura vraiment pas de chapitre la semaine prochaine, tout simplement car je pars en vacances à l'étranger de demain jusqu'à lundi, donc pas de wifi et je ne compte pas faire exploser mon forfait ! Par contre, le prochain chapitre est le dernier, et il sera posté en avance, soit mardi soit mercredi, car je ne suis pas là le jeudi !

Quand à la préquelle, ça avance doucement mais sûrement. Je suis toujours à la recherche d'un titre, et je suis incroyablement frustrée par ce que j'écris parce que je suis pressée de terminer un arc.

Mizu.