Mille excuses pour le retard ! Explications en bas de chapitre :)


Knossos, 5ème jour, soir

Tout en empruntant le chemin menant à la Maison des Arts, le Danseur regarde tout autour de lui, à la recherche d'un signe de Sarpédon. Ne le voyant pas, il prend le temps d'aller voir aux différents endroits où il a croisé le garçonnet, sans plus de succès. En soupirant, il se passe une main nerveuse dans les cheveux et prend la direction de sa chambre en songeant que le rouquin a conscience qu'il peut se réfugier ici en cas de problème. Malheureusement, le petit frère de Minos n'est pas là non plus.

Je n'aime pas ça du tout. Si mon don de vision pouvait marcher sur commande, ce serait très pratique.

Il prend le temps de la réflexion tout en se mordillant la lèvre d'anxiété. Maintenant qu'il connait la vérité au sujet du petit, il se sent responsable de lui et rien ne lui garantit qu'il est en sécurité et hors de portée du précepteur.

Impossible de trouver le sommeil tant que je ne suis pas rassuré sur son sort. Je vais retourner discrètement au Palais et essayer de me faufiler dans les couloirs à sa recherche. Si je ne le trouve pas, je tomberai peut-être au moins sur ses frangins et je les mettrai au courant s'il n'a pas encore parlé.

Avec précaution, il ouvre la porte de sa chambre et vérifie que personne n'est en vue. Il entend ses collègues rire et parler joyeusement quelques mètres plus loin. Sur la pointe des pieds, il sort dans le couloir et rase les murs en silence, mettant en pratique son enseignement de Chevalier.

Qu'est-ce que je vais inventer comme excuse si je tombe sur des gens ? Est-ce que le coup du « j'suis nouveau et perdu » sera crédible ?

Une fois à l'intérieur du Palais, Albafica ne sait pas trop où commencer ses recherches. Machinalement, il commence à prendre la direction de la salle du trône lorsqu'il se sent tiré par un pan de sa tunique. Immédiatement alerte, le jeune homme baisse les yeux et aperçoit Sarpédon, à moitié dissimulé derrière une colonne. Soulagé, Albafica s'accroupit à sa hauteur :

- J'étais inquiet de ne pas te voir lors du Dîner… Est-ce que tout va bien ?

- Mon Précepteur était sur le chemin quand j'ai voulu voir Rhadamanthe… je l'ai évité et depuis je me cache.

Le Danseur lui ébouriffe la tête avec un léger sourire :

- Tu as bien fait. Maintenant, on va voir ton grand-frère.

- Tu es sûr… ? hésite le petit garçon.

- Oui. Montre-moi le chemin.

L'air résigné, le rouquin prend la main d'Albafica une fois ce dernier debout, et l'entraîne à sa suite dans les couloirs. Pour la première fois, le jeune homme emprunte un escalier menant au premier étage. Une fois en haut des marches, le jeune homme sent les doigts de Sarpédon se crisper dans les siens. Le Danseur comprend immédiatement la raison de cette nervosité : un homme vient de sortir d'une des pièces et son regard est fixé sur le petit garçon. En un instant, Albafica reconnaît la personne qui tenait la branche de noisetier et qu'il avait rencontrée tantôt.

- Ah, te voilà !

Le Précepteur se dirige vers eux à grandes enjambées. Par réflexe, Sarpédon se cache derrière le jeune homme. Sans se soucier de ce dernier, l'homme tend un bras en direction du garçonnet mais est interrompu par la main d'Albafica qui empoigne fermement son bras :

- Ne le touchez pas !

Une vive contrariété s'affiche sur le visage du Précepteur qui n'a visiblement pas l'habitude qu'on ose interrompre ses projets.

- De quoi te mêles-tu ? demande sèchement l'homme en se dégageant vivement et en le repoussant d'un geste violent.

Albafica parvient à se rattraper de justesse à une colonne et constate que sans ses réflexes, il aurait dégringolé dans les escaliers.

Je ne vais pas le laisser toucher à un seul cheveu de Sarpédon !

Sans plus perdre une seconde, le jeune homme bondit et soulève le petit garçon dans ses bras. Il recule dans le couloir, sentant les mains du rouquin crispées autour de lui, le regard fixé sur l'ennemi en face d'eux.

- Je me plaindrai à sa Majesté ! Ce n'est pas un moins que rien tel que toi qui m'empêchera d'enseigner ce qu'il faut à ce gamin !

- C'est ça, allez donc geindre, marmonne le Danseur en reculant toujours.

Les sourcils froncés, le Précepteur les laisse s'éloigner. Vraisemblablement, il n'a pas envie de déclencher une dispute qui pourrait attirer les autres membres de la famille royale.

La menace n'est pas à prendre à la légère. Astérion le laisse tabasser un pauvre gamin, il pourrait très bien me faire je ne sais quoi pour que je n'interfère pas dans la maltraitance du petit. Ou alors, il n'en aura rien à foutre des plaintes de ce salopard et j'aurais la paix…

Moins d'une minute plus tard, Sarpédon lui désigne une porte close sans dire un mot. Il a le teint pâle et réalise à peine qu'il vient d'échapper aux griffes de son bourreau quotidien.

Albafica toque au battant qui s'ouvre bientôt sur un Rhadamanthe étonné :

- Albafica, Sarpédon ?

Il s'écarte immédiatement pour les laisser entrer et ferme derrière eux.

- Baba ! Sarpy ! s'écrie joyeusement Aiacos en bondissant comme un ressort de son tabouret.

- Qu'est-ce qui vous amène ici ? interroge l'aîné des frères. C'est Minos qui vous a dit de venir ?

Le jeune homme pose le petit garçon au sol :

- Non, je ne l'ai pas vu. On est ici pour Sarpédon, il a quelque chose à dire.

Le Spectre du Wyvern baisse les yeux vers son plus jeune frère dont les pupilles sont dilatées. Il lui adresse un sourire rassurant et s'accroupit à sa hauteur en lui prenant les deux mains :

- Je t'écoute…

Le regard vert de Sarpédon passe d'Aiacos qui s'approche d'eux, à Albafica adossé contre un mur avec les bras croisés, à Rhadamanthe et son air bienveillant.

- Mon Précepteur me frappe, avoue-t-il à mi-voix.

Surpris, son grand frère n'ose cependant pas l'interrompre et le laisse raconter tout ce qu'il a subit autrefois à Knossos et à nouveau ici, maintenant qu'ils sont coincés dans cette époque.

Une fois que le rouquin a fini de parler, le Spectre du Wyvern lève le regard vers le Danseur qui hoche la tête :

- Je l'ai trouvé plusieurs fois avec des marques de coups et je l'ai soigné deux fois. Sans parler du fait que nous venons à l'instant de croiser ce monsieur peu sympathique, il a essayé d'avoir le petit et m'a menacé.

Interdit, Rhadamanthe baisse à nouveau les yeux vers son cadet. Pas un instant, il ne met sa parole en doute, Sarpédon semble trop traumatisé pour mentir ou plaisanter sur un tel sujet et Albafica accentue clairement le terrible témoignage.

- Pourquoi… Pourquoi tu n'en as jamais parlé auparavant ? interroge-t-il à mi-voix. Nous aurions pu…

- J'ai essayé, autrefois… répond le garçon d'une voix tremblante et les yeux humides. Mais vous n'aviez pas de temps à m'accorder et vous ne m'écoutiez même pas vraiment.

Rhadamanthe ne peut pas nier. L'expression coupable, il regarde ses mains qui tiennent toujours les siennes :

- Je m'en souviens. Tu me l'avais dit une fois et je croyais, je l'avoue, que tu exagérais… toutefois, j'en avais bel et bien touché deux mots à Astérion. Bien entendu, j'ignorais qu'il était déjà au courant et qu'il laissait faire.

Il marque une pause et soupire :

- Astérion a répondu que la mort de Mère t'avait bouleversé et que depuis tu inventais des mensonges pour te faire remarquer.

- Quel culot ! s'exclame Albafica outré.

Plus les jours s'écoulent, moins il apprécie le Souverain de Crète.

- Je suis vraiment désolé, s'excuse le frère ainé en attirant le plus jeune contre lui et en le serrant dans ses bras.

Il caresse les cheveux roux en continuant :

- A l'époque, je l'ai cru, ça paraissait logique… J'aurais dû me fier à toi… Mais à présent, je te crois, surtout que maintenant je sais à quel point Astérion est loin d'être un saint.

Albafica et Aiacos échangent un regard, c'est rare de voir Rhadamanthe faire une étreinte à quelqu'un.

- A partir d'aujourd'hui, je vais veiller sur toi, je te le promets.

Un sourire tremblant étire les lèvres de Sarpédon qui finit par reculer en bredouillant un remerciement. Rhadamanthe se remet debout, s'en voulant beaucoup de ne pas avoir été plus attentif envers son plus jeune frère.

Dire que j'avais promis à Mère de veiller sur lui…

- Dis, elle est où ta chambre, Sarpé ? interroge le Spectre de Garuda en s'amusant avec un coupe-papier qu'il fait tourner entre ses doigts à la manière d'un bâton de majorette.

Devant l'air interrogatif de l'aîné, le garçon aux yeux rubis s'explique :

- Durant mes rares sorties, j'ai exploré cet étage et trouvé les appartements de Minos, du Roi, ceux de la défunte Reine… mais pas les tiens. Pourquoi ?

Le rouquin fixe le sol entre ses pieds et répond tout bas :

- Ma chambre est au troisième étage…

- Mais c'est l'étage des domestiques ! proteste Rhadamanthe tout en réalisant qu'il n'a jamais su où logeait son cadet.

Mortifié d'avoir été aussi aveugle, il ne sait pas quoi ajouter de plus.

Si j'avais été plus attentif à l'époque, si je l'avais écouté, tout aurait alors été si différent pour lui et pour nous…

- Eh bien, c'est envahi par ici ! commente Minos en se faufilant dans la chambre. Il y a un souci ?

Un grand sourire étire ses lèvres lorsqu'il constate la présence du bel Albafica appuyé contre le mur, il n'a guère eu le loisir de l'admirer allègrement ces derniers jours. Le Spectre du Wyvern reprend la parole :

- Albafica a conduit Sarpédon ici, il y a effectivement un problème.

- Tient donc… marmonne Minos on ne peut plus sceptique en se demandant quelle est la dernière trouvaille du rouquin pour se faire remarquer.

Les joues du plus jeune des frères se teintent de rouge. Comprenant qu'il ne se sent pas capable de tout raconter à nouveau au Griffon, Rhadamanthe vole à son secours et entreprend de rapporter les paroles de Sarpédon et le témoignage d'Albafica à Minos. L'air sceptique de l'héritier du trône s'estompe au fur et à mesure du récit, son jeune frère semble vouloir disparaitre sous le carrelage, Rhadamanthe est bien trop sérieux pour inventer une telle histoire et jamais l'ex-Chevalier des Poissons ne prendrait part à une plaisanterie de mauvais goût, surtout sur un sujet aussi sérieux. Il ne peut pas nier également qu'il ignore totalement où se trouve la chambre de Sarpédon. Quelque peu chamboulé par cette nouvelle inattendue, Minos regarde le plus jeune de la fratrie tandis que Rhadamanthe achève les terribles aveux. Le Griffon s'avance alors jusqu'au benjamin qui regarde le sol, ses yeux verts humides, et tend une main avec laquelle il tapote maladroitement la tête rousse en marmonnant :

- Désolé, Sarpédon…

Il ignore quoi dire d'autre. Qu'il était stupide à l'époque ? Tout le monde le sait déjà ici.

Conscient que son aîné présente rarement des excuses, Sarpédon lève timidement le regard vers lui, un sourire hésitant aux lèvres.

Plongé dans ses pensées, Aiacos cogite la situation depuis de longues minutes, attentif à ce qu'il entend et faisant le lien avec ce qu'il connaît déjà.

- Milétos était au courant, n'est-ce pas ? demande-t-il avec pertinence.

Le rouquin tourne la tête vers lui et acquiesce en ajoutant à mi-voix :

- Il l'a compris quand j'avais dix ans à peu près…

Un silence gêné s'installe. Minos et Rhadamanthe échangent un coup d'œil, déconfits de comprendre que Sarpédon s'est donc autant accroché à l'Homme de Joie parce que celui-ci était le seul à connaître la vérité et à le croire… Le Spectre du Wyvern émet un léger soupir, regrettant une nouvelle fois d'avoir été aussi aveugle à l'époque. Le Griffon semble fasciné par la décoration murale à présent, et n'ose pas regarder le rouquin, priant intérieurement pour que le sujet dévie sur autre chose. C'est sans compter sur Aiacos qui claque la langue, désapprobateur, en fixant Rhadamanthe et Minos :

- Eh bien, on peut dire que vous avez royalement merdé tous les deux ! Surtout toi, Minos, à t'acharner sur Milétos, à vouloir le séparer de Sarpy alors que…

- Ça va ! se hérisse l'héritier du trône. Je me suis déjà excusé ! Je ne vais pas non plus ramper aux pieds de Sarpédon en débitant quinze excuses à la minute !

Un sourire fleurit sur les lèvres du Garuda :

- Ce serait drôle pourtant… Le Grand Minos en train de ramper…

Outré, le Griffon s'avance vers lui pour l'étrangler, mais la main de Rhadamanthe se pose sur son épaule pour l'arrêter :

- Ce n'est ni le moment de se battre, ni celui de se disputer.

Le rouquin observe tour à tour ses frères, puis Albafica, avant de reporter son attention sur Minos. Tout en se tortillant nerveusement les doigts, il reprend la parole :

- Avec le recul, je remarque que… Oui, Milétos savait et m'aidait parfois à me soigner, mais jamais il ne vous en a parlé et jamais il ne m'a protégé comme l'a fait Albafica.

La confidence laisse le jeune homme perplexe qui ne prend pas garde au regard de fierté que Minos pose sur lui.

- Mais… Tout le monde sait que Milétos était apprécié par vous trois. En dénonçant le Précepteur à Rhadamanthe ou Minos, il se serait davantage attiré leurs faveurs, non ?

Le Griffon secoue la tête et s'assoit sur un tabouret :

- En un sens, oui… Néanmoins, Rhadamanthe et moi serions sûrement devenus plus proches et plus protecteurs envers Sarpédon. Nos liens fraternels se seraient davantage solidifiés… or, Milétos aimait jouer de notre rivalité pour obtenir plus d'attention et plus de présents.

- Je vois, murmure Albafica.

L'aîné de la fratrie pose une main sur l'épaule du rouquin :

- Dès demain, je m'arrange pour renvoyer ton Précepteur. Tu n'auras plus rien à craindre de lui, je te le promets.

Un véritable soulagement se dessine sur le visage du garçon dont les yeux débordent de reconnaissance, Rhadamanthe lui adresse un sourire d'encouragement et Aiacos s'approche pour ébouriffer la tignasse rousse. Minos lève le regard vers Albafica, toujours adossé au mur, en regrettant qu'il n'ait pas été réellement présent autrefois, à Knossos.

Milétos avait le charme, la grâce et la beauté, mais je refusais de voir ses défauts. Si j'avais réussi à le posséder, j'aurais sûrement eu des regrets et peut-être n'aurais-je pas été un si bon Roi.

Il dévisage le Chevalier des Poissons avec attention, le trouvant même plus beau que lors de leur rencontre.

Albafica aurait été une « bonne Reine ». Ensemble, nous aurions pu accomplir de grandes choses. Son écoute et sa gentillesse innée en auraient fait un Prince adoré du peuple.

Surprenant le regard de Minos, Albafica lui retourne un air interrogateur. Gêné d'être surpris en pleine contemplation, le Griffon détourne la tête :

- Au fait, Rhadamanthe, tu m'as demandé de passer pour qu'on parle d'un important sujet. C'était le truc de Sarpé ?

- Non, il s'agit d'autre chose, répond l'ainé en allant s'assoir derrière son bureau. C'est une bonne chose que tout le monde soit là, d'ailleurs.

Il jette un rapide coup d'œil au Danseur, avant de regarder ses frères :

- Aiacos m'a informé de quelque chose concernant Albafica, un don qui a été découvert chez lui et que nous ignorions.

En premier lieu perplexe, le jeune homme comprend cependant bien vite de quoi il s'agit et prend la parole :

- Il semblerait que je possède un certain don de voyance…

- C'est vrai ? demande Sarpédon en traversant la pièce pour aller s'assoir sur les genoux de Rhadamanthe. C'est super !

- Et rare, surtout ! renchérit Minos sans masquer son étonnement. Tu le tiens d'Apollon ?

- Probablement ! intervient Aiacos. Mais le mieux, c'est ce qu'il a vu ! Raconte, Baba !

Le Danseur prend le temps de se remémorer la scène et raconte à mi-voix l'affrontement entre les deux Divinités. Il achève, un peu secoué de devoir se souvenir d'un tel combat :

- Je précise que cette vision est revenue tantôt, quand je me suis endormi dans mon bain.

Rhadamanthe se frotte le menton, pensif :

- Deux fois la même vision… Ce doit donc être très important.

- On pense que c'est Poséidon et Hadès, ajoute Aiacos à l'attention de Sarpédon et Minos. C'est sûrement en lien avec l'histoire d'Athéna !

Cette affirmation ne semble pourtant pas convaincre le Griffon qui affiche une expression peu convaincue. Sarpédon réfléchit à haute voix :

- Est-ce que le fait de l'avoir vu autant pourrait signifier que ça va bientôt arriver ?

- Je n'en suis pas si sûr, répond Albafica avec hésitation. Pour moi, le futur n'est pas écrit et reste encore modulable, tout dépend du chemin emprunté. Il est possible que cette vision informe du futur le plus probable et que nous devons justement agir pour éviter que ça dégénère ainsi.

- Ça se tient, murmure Rhadamanthe. Je ne suis pas un expert en la matière.

Albafica se laisse glisser le long du mur et s'assoit en tailleur sur le sol. Minos descend de son tabouret :

- Si on veut enrayer cet affrontement, il faudrait déjà savoir pourquoi ils se battent. Je doute qu'il y ait un lien avec l'enlèvement d'Athéna, le Seigneur Hadès ne se mettrait pas son frère à dos pour elle.

Le Griffon vient s'assoit contre le Danseur, ravi de pouvoir se coller à lui et de profiter de cette proximité. Le Soliste lui caresse machinalement les cheveux, tout en observant les autres.

- Quoi qu'il en soit, nous devons rentrer chez nous, rappelle Aiacos en se laissant tomber sur le lit. Nous continuerons nos recherches à notre époque puisque celle-ci ne nous informe pas vraiment plus.

- Mais pour ça, il faut réussir à passer le Mur de Sable… remarque Sarpédon à mi-voix. En espérant que ça nous ramènera bien chez nous et que nous ne rencontrerons pas de mauvaises surprises.

Un silence songeur s'installe entre eux.

Chacun réfléchit à la meilleure façon d'agir dans la situation. Rentrer chez eux ? Oui, il le faut puisqu'ici n'est pas leur époque, mais que trouveront-ils à leur retour ? La pluie, l'emprisonnement d'Athéna et la possibilité qu'un terrible affrontement oppose Hadès et Poséidon. Et il reste effectivement le problème de ce fameux Mur…

- Avant de partir, je voudrais tout de même vérifier trois Parchemins concernant le Seigneur Poséidon, ils sont à la Bibliothèque et introuvables à notre époque, déclare Rhadamanthe. Mais je peux me dépêcher.

Minos hoche la tête en levant les yeux vers lui :

- Tu penses avoir terminé dans combien de temps ?

- Demain soir, au plus tôt. Je pense plutôt avoir fini après-demain. Est-ce que ça convient à tout le monde ?

Une approbation générale lui répond, à l'exception de Sarpédon, toujours installé sur ses genoux, qui est en train de piquer du nez.

- Il est tard pour les enfants, commente Albafica en se relevant.

- Hé ! proteste Minos en le fusillant du regard. Arrête de frimer parce que tu es resté adulte ! Je te rappelle que dans la réalité, j'ai quelques siècles de plus que toi et tu es un gosse en comparaison !

Le jeune homme lui retourne un sourire désarmant et se penche pour l'embrasser sur la joue, sous les gloussements moqueurs d'Aiacos. Le Griffon se hérisse e s'empourprant et s'écarte en marmonnant dans sa barbe.

Sans lâcher Sarpédon, Rhadamanthe quitte son tabouret et s'avance vers son lit. Aiacos s'écarte, laissant l'aîné déposer le plus petit sur le matelas.

- Bonne nuit tout le monde, sourit le Danseur en se dirigeant vers la porte.

Le Spectre du Wyvern se tourne vers lui :

- Bonne nuit, Albafica. Et je tiens à dire que tu as été très bien, ce soir.

- J'approuve ! renchérit Minos.

Le jeune homme leur sourit modestement :

- Merci…

Il croise le regard doré du Griffon, un regard qui n'a rien d'enfantin et qui accélère les battements de cœur du Soliste. Celui-ci sort de la chambre et prend la direction de la sienne.

J'ai hâte de rentrer à la maison et que Minos redevienne adulte. Ses étreintes me manquent.

Cette pensée le fait rougir, il secoue la tête en soupirant.


Après le départ d'Albafica, puis celui de Minos, Rhadamanthe est retourné étudier à son bureau. Allongé sur le lit, Aiacos veille sur Sarpédon qui dort à poings fermés à côté de lui, et jette un rapide coup d'œil à la natte de joncs étendu au sol. C'est là que leur frère ainé dort, laissant son lit aux plus jeunes.

Il nous fait encore et toujours passer avant son propre intérêt. Je me demande s'il rencontrera un jour quelqu'un qui sera capable de lui apprendre à être égoïste et à lâcher un peu prise.

- Oublie pas de dormir au moins quelques heures, Rhada.

Ce dernier répond par un vague hochement de tête machinal, les yeux rivés sur son parchemin.

Désespérant… songe le Garuda en fermant les yeux.


Je suis désolééééééée, j'espérai vraiment réussir à publier plus souvent... Mais il s'avère que "Harry Potter et l'Enfant Maudit" est sorti (si vous n'êtes pas au courant, alors je vous conseille de sortir de votre grotte obscure pour vous tenir à jour :)
J'ai beaucoup aimé ce...Script... mais néanmoins, les bonnes idées de cette histoire ont cotoyé des grosses grosses bourdes / erreurs / incohérences et je crois que nous avons été beaucoup à être frustré à la fin du livre. Frustré par ces erreurs... et frustrés de n'avoir qu'un script avec donc essentiellement du dialogue. De ce fait, je me suis lancé dans la réécriture complète de cette histoire, en mode roman et avec correction à l'appuie ! Si ça vous intéresse, il y a déjà 9 chapitres (pour le moment) en ligne. Je me consacre donc essentiellement à ça durant mon temps libre, histoire d'écrire tant que tout est frais dans ma mémoire et que j'ai la motivation.

Mais ne vous inquiétez pas ! La fic des 100 pétales continue ! Au ralenti, mais elle continue ! :)