Un gros coucou à mes petites HOs qui m'ont donné envie de continuer…Entre Bakura et l'autre qui cherche Seto en pagne, j'pouvais pas passer à côté ! LET'S GO !
Disclamer : Rien à moi sauf Amodélie et Hanna.
Chapitre 13 : Yami Pharaon
C'était terminé. Il avait assisté à tout. Le corps de son père sortit respectueusement de sa terrasse, les yeux fermés, l'air paisible…Et pourtant sur ses lèvres flottait comme une ombre de regret. Yami avait accouru une fois que son esprit avait assimilé les paroles de Seto. Sa peur, et pourtant son espoir depuis tout petit, en tant que Prince héritier, s'était réalisée. Il devenait en ce jour Pharaon…au prix de la mort de son père. Pourquoi n'était il pas allé le voir avant ? S'assurer de sa santé ? Il s'en sentait coupable, et son humeur, malgré la réconciliation avec sa bien aimée, ne s'en faisait que plus maussade.
Seto avait proposé d'aller chercher le second Prince pour lui annoncer, espérant alléger un peu la charge de Yami. Mais celui-ci avait refusé. Il était allé lui-même dans la chambre de son frère, ce petit être innocent qui, il l'espérait, ne connaîtrait jamais la lourde tâche que de reprendre le flambeau de leur père. Yugi était venu vers lui, ses yeux brillant de joie de voir Yami. Ces mêmes yeux qui s'étaient arrêtés de pétiller de joie quand d'une voix sombre, remplie par la douleur, son frère lui avait annoncé la nouvelle. Ces mêmes yeux qui avaient pleuré quand le Prince, maintenant héritier avait entendu et compris ce dont son frère parlait. Ces même yeux qui s'étaient fermés, remplis de larmes, accompagnant les cri de douleurs, venus du cœur des deux êtres, même quand ils s'étaient étreints tout deux, cherchant du réconfort dans la seule famille qui leur restait à présent.
Ils s'étaient ressaisis. Ils n'hurlaient plus tout du moins. Enfin, moins fort que la douleur dans leurs cœurs. Yami avait porté Yugi dans ses bras, une fois que celui-ci avait bien voulu cesser de se débattre pour aller voir de ses propres yeux le corps mort de leur père. Yami avait refusé. Le spectacle était déjà tellement dur pour lui…qui savait quelles conséquences cela aurait sur un petit garçon de 5 ans… Ils étaient revenus. Ensemble. L'un dans les bras de l'autre, regardant vers l'avant. Même Yugi, qui pourtant ne cessait de pleurer. L'un était nouveau Pharaon. L'autre était devenu le Prince héritier tant que son frère n'aurait pas d'héritier lui-même. Devant eux, devant Yami, les servants, les pages, les prêtres se pliaient. Pour montrer leur peine d'avoir perdu leur guide céleste, pour montrer leur joie d'avoir un nouveau représentant des dieux parmi eux.
Il l'avait clamé tout haut, d'une voix qui se voulait forte, confiante dans le futur…mais qui en vérité s'efforçait de ne pas trembler, qui ne voulait pas craquer devant tout le monde…mais qui craquerait plus tard. Seul ?
-Je déclare le deuil…pour la disparition de notre guide céleste. Pendant les 60 jours qui suivront.
L'actuel grand Prêtre se redressa. C'était à présent son tour de jouer.
-Au terme de ces 60 jours, nous accueillerons notre nouveau guide. Que le voyage vers de notre fils des dieux vers les siens se déroule bien. Pour que son héritier puisse reprendre sa place auprès des dieux et de notre peuple.
Les gens présents, excepté Yugi et Yami hochèrent la tête solennellement. Il fallait avertir la population. Pour qu'elle respecte aussi le deuil selon les règles. Les 60 jours qui arrivaient s'annonçaient tristes et sombres, teintés de privations de tout genres…Ce serait le début d'une nouvelle ère, comme à chaque fois que l'un des Rois d'Egypte mourrait.
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Ils étaient restés fiers quand le corps de leur père leur avait été présenté, revêtu de ses apparats divins. Fiers de ce qu'était cet homme, fiers d'avoir été leur fils. Mais il laissait derrière lui des obligations…des obligations que Yami devait à présent prendre en main. Le nom d'Aknamkanon, le défunt, rejoignait celui de ses prédécesseurs sur les tablettes sacrées, et celui d'Atem entrait dans les demeures, à l'égal d'un dieu.
Malgré le poids de la peine, Yami faisait de son mieux pour commencer à voir l'ensemble des problèmes du royaume et de ses alentours, en attendant de recevoir officiellement et publiquement son nom et pouvoir, à la fin du deuil. Mais, malgré la force et la droiture qu'il montrait à tous en public, il craquait. Le soir quand personne ne pouvait le voir. Il lui arrivait de se laisser tomber sur sa couche et de se recroqueviller en pleurant. Au début, il voulait rester seul. Mais quand Amodélie avait décidé d'insister un soir pour rester avec lui, sa réticence s'était enlevé. Il n'avait pas voulu pleurer face à elle, mais quand elle le prit dans ses bras, dans un geste de réconfort, il s'était laissé aller, et il avait laissé couler les larmes de son corps sur le sien. Depuis, malgré l'accord d'être discret, elle venait le voir chaque soir. Pour cette dose de tendresse dont tout les deux avaient besoin.
Amodélie ressentait malgré elle le besoin de lui parler de son secret, peut être par culpabilité, peut être par peur de sa réaction…Mais à chaque fois qu'elle tentait de le lui dire, au détour d'une innocente étreinte, Yami l'en empêchait.
-Je t'aime comme tu es, peu importe ton passé ou tes secrets, lui avait-il dit une fois pour l'empêcher de continuer.
Et elle n'avait trouvé le courage de continuer.
Ainsi vivait-elle encore dans le doute et l'inquiétude, sans savoir ce qui allait encore lui arriver.
Après la mort d'Hannah, elle n'avait plus eu de nouvelles de Kyle, ni même de ses subordonnés. Pourtant elle savait qu'ils étaient à sa recherche. Peut être attendaient-ils le bon moment… ?
De son côté, Yami affrontait les décisions que son père avait du prendre avant lui. Bien que n'était pas encore pharaon, il devait régler les conflits du royaume, et les affaires externes, dont une tout particulièrement. Il ignorait que faire à propos des Chalcidiens. Et cette fois, ses sentiments ne devaient pas être pris en compte. Plus il y réfléchissait, moins il trouvait de solution. Une alliance par mariage n'était pas inconsidérée s'il se mettait dans la peau de Pharaon, mais en tant qu'individu, qu'homme amoureux, il ne pouvait faire balancer son cœur d'un autre côté. Et par dessus le marché, il ne pouvait en parler à Amdé car il savait que malgré tout l'amour qu'ils se portaient l'un l'autre, elle lui dirait d'agir pour le bien de la population. Non, il ne lui en parlerait pas tant qu'il n'avait pas pris de décision…
Et enfin arriva le 60e jour. Le jour où il devenait Pharaon, souverain des terres d'Egypte.
On ne devait plus faire le deuil, mais se réjouir que les dieux aient enfin accueilli leur représentant sur terre, et qu'ils en aient envoyé un nouveau pour guider les hommes. Avaient été conviés au couronnement tout les dirigeants, chefs, rois des royaumes voisins et alliés à la terre d'Egypte. Yami savait qu'il devrait alors donner sa décision au commandant Havre, qui lui aussi serait la. Avec un peu d'espoir, il n'y aurait pas sa fille…et refuser pour le moment serait une chose plus aisée.
Parmi les invités se trouvaient aussi le jeune roi Crétois, Bakura…
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-Avez-vous bien compris mon Roi ?
-Oui Marek…
La baguette brilla encore, raffermissant sa prise du l'esprit du jeune homme.
-Nous ne devons pas laisser passer l'occasion d'observer ce nouveau Pharaon.
-L'observer…
-Et connaître ses points faibles. Nous ne pourrons peut être plus le voir en action.
-Mais…est-ce vraiment nécessaire ?
Le regard qu'adressa le conseiller à son Roi aurait pu faire frémir n'importe qui. Mais l'emprise magique sous laquelle celui était lui donnait un regard distant, soumis pour le moment. La sorte de char refermé dans lequel ils étaient transportés stoppa soudain. Marek se retourna une dernière fois devant son roi.
-Majesté, pensez à vos habitants, pensez à votre peuple…ne voulez vous pas qu'ils vivent encore heureux, fiers d'être Crétois…non pas comme de simples esclaves à la merci d'un homme et d'un peuple avides de pouvoirs ?
-Mais…ils ont l'air paisibles ici…
-Ils analysent leurs futures proies !
Marek se leva dans le char, et ouvrit la porte, adressant une dernière parole à Bakura.
-Agissez en roi aimant envers son propre peuple mon Souverain.
Et il descendit, laissant sortir Bakura après lui. Un Roi crétois qui avait à présent sur ses traits un air déterminé, convaincu par les paroles de son conseiller. Il commença à monter les marches d'escaliers, où deux rangées de gardes étaient disposées de part et d'autre de l'escalier. Marek le suivait, cachant sa baguette derrière sa cape, pour pouvoir garder un contrôle, même infime sur son roi. Ils atteignirent le haut des marches et furent accueillis par un grand jeune homme brun aux yeux bleus vêtu richement. Il avait un air froid et sévère, mais malgré tout, on pouvait distinguer sur ses traits un semblant de soulagement, du à la nouvelle période qui allait commencer. Il s'inclina humblement face aux représentants crétois.
-Représentants de l'île antique, je vous accueille au nom de notre nouveau guide. Soyez les bienvenus en cette demeure des dieux.
Et il fit place aux deux nouveaux arrivants. La suite crétoise arriva à son tour, et entra pour accompagner son roi. Ils se dirigèrent vers les places qui leur étaient attribuées, sur des coussins disposés à même le sol dans la grande salle du trône. Aux yeux des autres, le roi Bakura affichait un air de peine et de compassion, mais pourtant, il n'en était rien. Il obéissait tout simplement à ce que son conseiller lui demandait. Marek, derrière lui, en profita pour observer la salle. La plupart des invités étaient déjà arrivés, pourtant, certains manquaient à l'appel, comme les Chalcidiens. Les gardes crétois étaient sur les côtés de la salle, près de l'endroit où ils étaient assis. Intérieurement, Marek espéra que son choix avait été le bon au moment où il avait choisi ses hommes. Non pas seulement simples gardes, ils étaient aussi réputés pour leur discrétion, ce qui serait très utile au conspirateur dans ce palais. Certains serviteurs du palais se cachaient dans un coin de la salle sous le regard méfiant des gardes du pharaon, pour observer tout ce qui allait se passer. On les acceptait à la seule condition qu'ils se fassent discret, bien plus qu'à l'accoutumée. Marek reporta son attention sur le trône vide au tout devant d'eux. Le nouveau Pharaon ne ferait son apparition qu'au moment où tous seraient installés.
D'autres personnes entrèrent, et Marek les nomma intérieurement à chaque fois pour savoir qui manquait, et combien de temps encore il faudrait pour la cérémonie commence.
-Numidie enfin. Un peu trop surs d'eux…Athènes je crois. J'ignorais que ce type avait réussi à se faire une place assez importante dans l'assemblée pour pouvoir venir…je devrais recommencer à avoir des contacts avec eux, on ne sait jamais…Tiens tiens, voila enfin les futurs alliés potentiels de l'Egypte…
Il suivit du regard le groupe qui venait de rentrer. Il était composé d'une dizaine d'hommes et de quelques femmes, dont une jeune fille qui suivait le chef de tête. Celui-ci portait une longue tunique beige aux liserais pourpre et aux broderies d'argent, qui se reflétaient au fur et à mesure qu'il avançait. Sur ses épaules, une longue cape du désert, quoique luxueuse, était jetée, comme s'il arrivait tout juste d'un voyage. Il avançait la tête haute, ses yeux bleu clair scrutant la salle et défiant toute personne qui pourrait être sur son chemin, alors que ses boucles blondes se balançaient sur sa nuque au rythme de ses pas.
La jeune fille se trouvait un peu en retrait derrière lui, sans toute fois s'en éloigner. Ses cheveux blonds étaient tout aussi ondulés que ceux de son père, mais possédait des yeux verts tintés de curiosité envers la salle et les représentants présents. Elle ne semblait pas du tout gênée de se retrouver face à tant de monde. Malta Havre gardait les bras le long du corps, laissant sa cape recouvrir quasi entièrement sa robe de lin fine.
Leurs gardes avaient été laissés sur le côté de la salle, comme ceux des autres délégations. Mais malgré la tenue dont ils devaient faire preuve pour ne pas faire honte, un grand blond avait été autorisé à garder sa chouette sur l'épaule.
Marek observa la délégation s'asseoir, de l'autre côté de la salle.
-Une fois que je me serais occupé de l'Egypte, ce sera leur tour…leurs monopoles sont bien trop agaçants.
Il regarda le trône d'Egypte, vide pour le moment. Et déjà il s'y voyait.
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Yami regarda la salle par derrière le rideau. Il était nerveux. Bien trop nerveux. Revêtus de ses apparats, il sentait déjà sur ses épaules tout le poids de ce qui l'attendait. A côté de lui, Yugi ne semblait pas plus calme. Il trifouillait nerveusement la boucle en or qui tenait sa cape sur ses épaules.
-Tout va bien se passer…, se dit-il plus pour se rassurer que pour autre chose.
-Dis Yami…on est obligés de faire ça ?
Oui, étaient-ils vraiment obligés ? Ne pouvaient-ils pas partir à l'instant, s'enfuir, prendre Amodélie au passage, et quitter l'Egypte à jamais, laissant derrière eux le Royaume se débrouiller tout seul ? Non, ils ne le pouvaient pas. Depuis tout petit, Yami savait qu'un jour il devrait succéder à son père, mais il n'était pas préparé au fait que ce soit si tôt…Beaucoup trop tôt. Il se sentait pris au piège, face à des choses qu'il ne voulait faire, et des responsabilités qu'il ne voulait pas assumer. Mais il n'avait plus le choix. Il ne l'avait sans doute jamais eu.
-Non Yugi, nous n'avons pas le choix…
L'enfant baissa la tête, comme conscient de ce que cela impliquait.
-Mais…Toi aussi tu seras absent…comme Père l'était.
-Oui, je serais sans doute absent…pardon Yugi. Je ne l'ai jamais voulu.
Le jeune homme se baissa et prit son frère dans ses bras.
-J'essaierais d'être là le plus souvent…moi aussi j'ai peur, tu sais ?
Yugi respira profondément et rendit l'étreinte à son frère.
-Alors si tu essayes d'être toujours comme ça…ça devrait aller.
Yami hocha la tête et se redressa. Ils allaient devoir rentrer en scène. Présenter Atem, le nouveau guide de l'Egypte, et Yugi, son Prince Héritier. Ils allaient devoir faire preuve de fermeté et d'assurance face à ces peuples, alors que jamais auparavant ils n'avaient été aussi peu confiants entre eux.
Tous étaient arrivés. Seto prenait son rôle de prêtre officiel, succédant à son père, c'était la première mission de son office. Il commença les prières rituelles, et la cérémonie commença enfin.
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La journée fut longue. Très longue. Mais ils avaient tenu bon.
« Atem » et Yugi avaient pris leurs rôles officiels, et été présentés à toutes les personnes présentes. Les impressions avaient été plus ou moins bonnes, mais c'était surtout au moment ou Yami parla aux Chalcidiens que sa nervosité avait été la plus grande. Malta, sa « fiancée », lui avait été présentée. Elle n'était pas encore entrée dans l'adolescence, et cela se sentait dans son maintien. Il n'avait pas été question du mariage lors de la présentation, mais Yami sentait qu'il ne devrait pas retarder le moment où il parlerait à Kyle Havre. En tant que Pharaon, il ne pouvait plus parler avec son cœur. Et ce dernier se serrait douloureusement en le comprenant enfin.
Il n'avait pas encore totalement accepté le fait qu'à présent tout un Royaume reposait sur ses épaules, il ne pouvait pas l'admettre aujourd'hui tout du moins. Même pendant le banquet, sa place à la plus haute estrade, sur le trône de son père, son Prince Héritier et son nouveau Grand Prêtre à ses côtés, tout ça lui avait paru comme étant un cauchemar duquel il ne pouvait se sortir.
Kaiba avait demandé à se retirer après la mort d'Aknamkanon, estimant qu'avec un nouveau Pharaon, il faudrait un nouveau prêtre, plus apte à répondre à sa demande. Seto avait ainsi été promu, avec l'accord de Yami. Ainsi commençait une toute nouvelle ère, représentée par le renouvellement des générations. Le peuple ne pouvait que s'en réjouir, tout changerait à présent et qui sait, peut être en mieux.
Amodélie avait assisté à toute la cérémonie, cachée avec d'autres derrière les rideaux, observant tous les invités. Son sang s'était glacé quand elle avait vu Kyle et les autres s'avancer vers le nouveau Pharaon. Elle regarda longuement sa famille, espérant qu'ils n'aient aucun doute sur sa présence. La chouette de Gantri avait scruté toute la salle durant la présentation, faisant frissonner la jeune fille. Mais rien n'avait laissé croire qu'ils savaient pour ce refuge qu'elle avait trouvé au sein même du palais. Pourtant, elle se demandait encore pourquoi Yami avait eu l'air si tendu à cet instant précis. La tristesse et la nervosité qu'il ressentait étaient plausibles, mais il avait semblé différent face aux Chalcidiens. Et ça, Amodélie n'avait pu l'expliquer.
Elle avait failli frôler la catastrophe au moment du banquet, quand elle avait du participer au service. Elle, ainsi que d'autres serviteurs, avait du s'approcher de près des convives, et sa plus grande crainte avait été de servir elle-même la famille Havre. Il aurait suffi d'un regard pour que Kyle la reconnaisse et crée le scandale. Mais les Dieux avaient du être de son côté, car elle se retrouva en quelques sortes cantonnée de l'autre côté de la salle, près des Nubiens. De la même façon, elle avait craint qu'elle se retrouverait au service de sa famille pour la soirée à venir, mais ça n'avait pas été le cas, et elle se voyait désignée pour servir la délégation Crétoise. Cependant, quand elle s'inclina face au conseiller du roi une fois la cérémonie terminée…
-Nous n'avons pas besoin de toi pour le moment, dit-il d'un ton sec. Quel est ton nom ?
-Amdé mon seigneur, lui répondit-elle, tête baissée.
-Parfait. Quand nous aurons besoin de toi, nous te ferons mander.
Et sur ce, il parti en direction des appartements qui avaient été attribués au Roi et à son conseillé, rapidement suivi de près par le jeune Bakura. Amodélie n'eut pas le temps de réagir devant ce renvoi si bref. Le Roi n'avait rien dit, juste acquiescé de temps à autres pour approuver les paroles de son conseiller. Mais à aucun moment il n'était intervenu, comme si les rôles avaient été inversés. Elle n'avait rien dit, s'était juste inclinée. D'un autre côté, cette liberté accordée l'arrangeait. Elle voulait voir Yami.
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Marek observa soigneusement tout ce qui l'entourait. Les lieux comme les gens. Il se trouvait au milieu de la place, dans le palais qu'il comptait un jour habituer et diriger. Rien ne devait lui échapper s'il voulait mettre toutes les chances de son côté. Bakura, sous son contrôle, lui permettait d'accéder à presque tout ce qu'il voulait savoir. Il avait attentivement observé le nouveau Pharaon. Un gamin, tout comme Bakura. Lui aussi serait facilement malléable, d'autant plus que, comme le crétois, son père était mort prématurément. Mais cette fois ci, Marek n'avait été pour rien dans la mort d'Aknamkanon. Il le regrettait un peu d'ailleurs, cela aurait pu lui permettre de connaître un peu mieux les habitudes et agissements des Pharaons en Egypte. Mais c'était du passé maintenant, et le résultat était là : Atem n'était qu'un enfant, partagé entre la douleur et le poids des obligations, qu'il serait facile d'affaiblir par quelques manœuvres. Il ne restait plus qu'à chercher ce qui pourrait le faire tomber, lui enlever toute capacité de défense face à une éventuelle attaque ennemie.
Les deux hommes rentrèrent dans leurs appartements.
-Marek…
-Oui mon seigneur ?
-Pourquoi avoir congédié cette fille ? Elle est à notre service pour le temps où nous resterons…
-Mon Roi, nous n'avons pas le temps de nous amuser. Avoir à notre disposition servantes et serviteurs ne pourrait que nous détourner de notre but.
Bakura sembla se révolter un instant.
-Notre but ? Mais nous sommes ici pour assister à la cérémonie de montée sur le trône du nouveau Pharaon ! Pas pour…
-Seigneur !
Un bref éclat de lumière filtra derrière la cape du conseiller. Les yeux de Bakura se vidèrent à nouveau de toute volonté.
-Vous avez raison…nous n'avons pas le temps de nous amuser. Nous sommes ici pour apprendre.
-Apprendre et préparer mon jeune Roi.
-Oui..je vous fait confiance…pour ça.
-Et pour le reste.
-…Et pour le reste.
Marek sourit d'un air satisfait.
-C'est parfait Bakura…Vous allez voir, tout se passera bien.
Le Roi se contenta de hocher la tête avant d'aller s'asseoir sur le lit qui lui était attribué d'office. Marek sorti sa baguette du millénium de sous sa cape et une lueur brilla un cour instant. Au sol, une ombre se forma et s'éleva dans la pièce. Une créature des ténèbres se tenait maintenant face à Marek.
-Espionne le Pharaon.
L'ombre s'inclina et disparut. Marek se retourna vers Bakura.
-Prenez un peu de repos mon seigneur…le voyage a été épuisant.
-Oui…je vais aller me coucher…
Il accompagna le geste à la parole, et, sans prendre le temps de se glisser sous les draps de lin ni même de se dévêtir, il s'endormit.
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Amodélie était surprise d'avoir été renvoyée. Pourtant elle s'en réjouissait, car elle n'aurait pas à veiller aux moindres besoin de ce roi. Il n'aurait qu'à la faire appeler…Et c'était déjà largement suffisant.
La journée touchait à sa fin, et elle pouvait se glisser discrètement dans les appartements du prince pour l'attendre. Malgré la vigilance des gardes, elle trouvait toujours le moyen de pénétrer incognito dans les appartements de Yami. Finalement son enfance lui était toujours utile. Amodélie se cacha dans un coin de l'appartement et patienta. Le nouveau Pharaon n'allait pas tarder. En effet, Yami entra quelques minutes plus tard, l'air exténué. Il referma les portes derrière lui et alla se laisser tomber assis sur son lit. La jeune fille sortit doucement de sa cachette et vint l'enlacer doucement. Yami ne fut pas surpris du geste et posa sa main sur le bras nu de son amie.
-Comment te sens tu ?
-Comme si le poids de l'Egypte entière venait de me tomber sur les épaules…
-Ce qui est probablement le cas.
Elle posa ses mains sur ses épaules et commença à le masser, sentant que le jeune homme était à bout de forces. Celui-ci se laissa aller, las. La journée avait été éreintante et épouvante. Il était heureux qu'elle se termine. Il venait d'effectuer sa première journée officielle en tant que Pharaon, et ce n'était que le début…
-Amdé ?
-Hm ?
-Reste avec moi…
Il le lui demandait simplement. Il ne voulait pas être seul après tout ça. Elle lui donna pour seule réponse un baiser sur la joue et l'enlaça. Yami se laissa aller dans ses bras, fermant les yeux. Ils ne bougèrent plus pendant de longues minutes.
Et aucun d'eux ne vit l'ombre sortir de la pièce.
