Mon retard est tout simplement impardonnable…et j'aurais de la chance si certains suivent encore mon histoire. Néanmoins je me devais de la continuer. Et j'espère sincèrement réussir à écrire le prochain chapitre plus rapidement.

Chapitre 12 :

Douleur. Tristesse. Impuissance.

Trois émotions, trois sensations, trois mots pour décrire Morgane à cet instant.

La jeune fille était en pleurs et à ses côtés son frère n'était pas beaucoup mieux.

Pendant deux heures son propre père l'avait torturée devant les yeux de son jumeau et chaque minute avait été si douloureuse que la jeune fille était surprise de ne pas être morte lorsque cela c'était arrêté.

Arthur, bien sûr, avait tenté d'arrêter son père dès qu'il avait vu le sang coulé. Son frère était peut-être formaté mais ni son père ni sa grand-mère n'avait réussi à supprimer complètement son humanité et il n'avait pas supporté la douleur de sa sœur.

Cela n'avait pas arrêté leur père qui avait attaché son fils pour pouvoir continuer tranquillement son exercice. Un exercice qu'Arthur avait raté, il aurait dû pouvoir rester insensible à la douleur de sa sœur, que ferait-il le jour où on utiliserait cette faiblessse contre lui ?! Un exercice que Morgane avait réussi, elle n'avait pas dévoiler le secret qui lui avait été confié, l'emplacement certainement factice d'un trésor qui n'existait pas.

Alors tranquillement il était parti sans même prendre la peine de détacher Arthur ou de soigner sa fille. La porte qui claqua pour annoncer son départ définitif, fut le dernier bruit que les deux gamins entendirent jusqu'à ce que Morgane reprenne connaissance et tourne son regard vers son frère :

« Pourquoi ?

Parce que nous sommes les Nao, tueurs depuis des générations, une véirtable élite qui ne doit jamais décevoir !

Non ce n'était pas ma question. Je sais pourquoi il a fait ça. Ce que je te demande c'est pourquoi tu n'es pas parti, pourquoi tu n'as pas mis les voiles ?

Il est bien trop fort, il me retrouverais en quelques jours et je n'aurais même pas le temps de me mettre en position de combat qu'il m'aurait déjà ramené à la maison.

Je ne te crois pas, répliqua la jeune fille. Si tu voulais vraiment disparaître tu l'aurais déjà fait. Tu n'es certes pas au niveau de papa mais il a passé sa vie à te façonner comme il le voulait, à faire de toi une arme parfaite. Tu ne peux certes pas encore le battre dans un combat loyal mais je crois, non, je sais, que tu pourrais t'évaporer dans la nature sans qu'il ne te retrouve jamais si tu le voulais vraiment.

Peut-être, admit Arthur. Peut-être mais tu as raison même si j'étais capable de tout ce dont tu me parles, je ne partirais pas.

Pourquoi ? répéta la rousse.

Guenièvre. »

Lorsque Morgane avait été envoyée dans la ville de l'étoile filante, elle ne savait pas que sa mère tomberait enceinte. Ainsi elle avait été très surprise d'apprendre qu'elle avait une petite sœur. Mais cet étonnement n'était rien par rapport à ce qu'elle avait ressenti quand elle avait appris le reste.

Juste après sa visite à Naîra, elle avait demandé à Arthur de la conduire à sa sœur et avait finit par découvrir une jolie princesse en parfaite santé sans aucune des cicatrices qui parcouraient son corps et celui de son frère.

Sa surprise avait du être visible car dès qu'ils étaient sorti de la chambre Arthur lui avait raconté l'histoire de la conception de Guenièvre.

Alexis n'avait jamais voulu se limiter à deux enfants. Pour lui, la lignée des Nao devait pouvoir continuer à s'étendre. Helena le savait et si elle avait accepté de sacrifier ses deux premiers enfants, elle s'était battue pour le troisième. En effet, si son mari refusait de lui promettre que ce dernier ne deviendrait pas un assassin mais seulement un enfant ordinaire alors il n'y aurait pas de troisième enfant.

Alexis après de longues et âpres négociations avait fini par céder et Guenièvre était née, petite merveille aux yeux bleus et aux cheveux blonds. Et comme Helena l'avait demandée, on l'éleva comme tout parents éléveraient normalement son enfant.

Cependant ni Helena ni Arthur ni même Morgane n'était dupe. Si leur père et mari avait accepté ce contrat c'était uniquement parce qu'il avait déjà deux héritiers en parfaite santé. En outre, plus les années passaient et plus il devenait certain que la plus jeune des filles Nao deviendrait une femme ravissante que les hommes s'arracheraient. Bref une excellente future mariée…

Et si ce rôle faisait grincer des dents les deux aînés, il était toujours préférable aux leurs… et à celui que leur trésor aurait si jamais l'un d'eux faisait défaut à leur père. C'était pour cela qu'Arthur était encore ici à supporter toutes ces atrocités.

Sa jumelle poussa un soupir, voilà donc l'intelligente prison que son père avait créée pour eux. Le pire était que même si Guenièvre devait suivre leur voie, elle serait quand même obligée de se marier suivant les choix de sa famille.

Comme Morgane…

« Les Zoldicks viennent dans une semaine, annonça alors Arthur qui semblait avoir suivi le fil de ses pensée. Du moins, Illumi et son grand-père.

Comme c'est gentil de leur part, maugréa la jeune fille. Je suis certaine qu'ils veulent vérifier la qualité de la marchandise avant de donner leur avis définitif.

Ils ne sont pas comme ça ! protesta Arthur. Et de toute manière il est presque trop tard pour qu'ils fassent marche arrière, Père et Grand-mère seraient furieux et ce n'est pas quelque chose que les gens ont envie d'affronter en général.

Je n'ai pas peur ! répliqua la jeune fille. De toute manière, nous ne nous marierons que lorsque j'aurais atteint ma majorité et j'aurais donc largement le temps de trouver un moyen d'éviter ce mariage.

Tu sais, il est loin d'être le pire parti que tu pourrais avoir, tu devrais le rencontrer avant de juger.

Je n'ai pas besoin de le rencontrer pour savoir que ce n'est pas l'homme que j'aime ! De toute manière je ne sais pas pourquoi je m'obstine à essayer de te parler de ça… Tu es comme eux, tu es leur créature !

Je…, voulu se défendre le jeune assassin mais il fut interrompu par l'arrivée de leur mère ».

Celle-ci s'empressa de détacher son fils avant de prendre sa fille dans ses bras et de l'emmener à l'infirmerie. Alexis pouvait dire ce qu'il voulait sur la sensibilité de sa femme mais personne ne pouvait nier qu'elle restait efficace même dans les pires situations.

Surtout pas Morgane qui se retrouva en quelques minutes soignée, désinfectée et envoyer au lit avec interdiction de sortir de là avant quelques heures et un bon sommeil réparateur.

La jeune fille était de toute manière bien trop faible pour désobéir à ce dernier ordre et si elle n'arriva pas à s'endormir, ce fut essentiellement parce que ces blessures étaient encore trop douloureuses. Par contre, elle avala avec bonheur le repas que sa mère lui apporta.

Arthur apparut à l'heure du dessert et ils se regardèrent pendant de longues minutes, incapables de se dire un mot.

Son frère fut le premier à baisser les yeux. Il parti quelques secondes plus tard. Mais ce court temps fut assez pour qu'elle voit les marques rouges que les cordes avaient laissés sur sa peau blanche et surtout pour comprendre à quel point elle l'avait blessée avec ces paroles pleines de colère.

Morgane aurait voulu lui dire qu'elle était désolée, qu'elle n'avait pas voulu l'insulter, qu'elle savait qu'il n'était pas comme eux et qu'il voulait juste l'aider. Elle avait été cruelle, elle l'avait blessée alors qu'il venait de lui avouer qu'il avait toujours souffert.

Elle avait été injuste avec lui !

Et en même temps, en même temps, il ne savait pas ce qu'elle avait vécu là-bas, il ne connaissait pas Kuroro, ne comprenait pas à quel point tous les autres paraissaient fades à côté. Un jour lui aussi rencontrerait l'amour et découvrirait à quel point un mariage arrangé était une torture.

C'est sur ces pensées tourmentées que la jeune fille s'endormit finalement.

Le lendemain elle eut droit à une visite surprise.

Guenièvre, sa jolie petite poupée de sœur la regardait avec attention et sursauta quand elle commença à se réveiller.

« Qu'est-ce que tu fais là ? s'enquit Morgane.

Maman m'a dit de vérifier que tu allais bien. Et tu vas bien.

En effet, répondit Morgane en quittant son lit. Maintenant j'aimerais me changer alors si tu veux bien me laisser seule un petit instant.

Tu n'as rien que je n'ai déjà vu, répliqua l'enfant. Tu es toute maigre, rien qu'un tas d'os.

Peut-être mais j'ai encore une pudeur.

La pudeur c'est pour les faibles !

Guenièvre ! Sors immédiatement de ma chambre ! »

La blonde la regarda avec un air moqueur avant de finalement obtempérer sous le regard éberlué de son aînée. Elle s'était demandé où était passé la cruauté de son père et de sa grand-mère, elle avait trouvé. Guenièvre avait apparemment réussi à bien cacher son jeu mais, pour une raison qui n'appartenait qu'à elle, la gamine avait décidé qu'elle devait être dans la confidence.

Un instant, Morgane se demanda si ce n'était pas un appel à l'aide, la manière que sa sœur avait trouvé pour attirer son attention et lui demander de la sortir de son rôle de princesse de porcelaine.

Cet idée la quitta à l'instant même où elle entra dans la salle à manger et découvrit Guenièvre sur les genoux d'Arthur. Dès que Morgane entra, celle-ci se frotta encore plus à son aîné avant de lancer un regard à sa sœur. Un regard qui n'avait qu'une seule signification possible : il est à moi !

La rousse fit celle qui n'avait rien remarqué et s'installa à côté de sa mère pour manger. Les manigances de sa cadette était certainement très agaçante mais elle avait autre chose à régler d'abord.

Dès qu'elle eut terminé son repas, elle s'empara d'un couteau et avant que qui ce soit n'ait pu réagir elle coupa ses cheveux.

« Morgane ! s'écria son père alors que les boucles rousses tombaient autour de la jeune fille.

Morgane ! répéta Arthur, blessé.

Ils faisaient une cible trop facile lors d'un combat en corps à corps, déclara sa fille. Je ne suis pas encore assez forte pour me permettre ce genre de faiblesse. »

Un long silence suivit cette déclaration. Tous se regardaient avec stupéfaction, seule Naira semblait sereine, comme si elle savait déjà ce qu'allait faire sa petite-fille. Alexis quant à lui était partagé entre l'euphorie et la méfiance. Il craignait une nouvelle fourberie.

Guenièvre la regardait avec dédain, elle semblait penser que Morgane ne cherchait qu'à faire son intéressante et peut-être que pour une fois elle n'avait pas totalement tort. Mais elle n'avait pas totalement raison non plus…

La réaction d'Arthur fut certainement la plus douloureuse. Son jumeau semblait trahi, blessé. Il ne comprenait pas et ça le vexait. Morgane savait qu'elle devrait rapidement lui expliquer ses raisons si elle ne voulait pas le perdre.

Enfin, sa mère était apathique, songeuse. Ses yeux faisaient des allers-retours entre les mèches tombés au sol et le visage de sa fille. C'était assez étrange quand on savait à quel point elle tenait à l'apparence et à la beauté.

Mais Helena semblait à des kilomètres de là en réalité, et peut-être même n'avait elle rien écouté de ce qui c'était dit, trop préoccupé par la révélation qu'elle allait leur faire :

« Je suis de nouveau enceinte, de jumeaux, un garçon et une fille. »

À suivre