POV Bella
Aveux
J'étais là, devant lui. Attendant impatiemment qu'il me parle. Il avait du mal à se lancer. Est-ce si douloureux que ça à dévoiler ? Son silence pesant commençait à rendre l'atmosphère lourde. Seule ma respiration, de plus en plus bruyante suite au stress que son mutisme me prodiguait, était audible. Il ne me regardait plus, absorbé par la rivière qui nous faisait face.
Il avait l'air torturé, me pinçant le cœur au passage. J'avais du mal à le voir dans cet état. Je préférerais encore qu'il ne me dise rien, si c'est pour qu'il se martyrise de la sorte.
« Edward… » commençais-je
« Shhhht ! » me dit-il en se tendant soudainement. D'une rapidité à faire peur, il s'était placé devant moi, adoptant une position défensive. Que se passait-il bon sang ? Son regard était posé sur la rive d'en face. Il ne bougeait pas, ne respirait pas. Seul le vent commençait à siffler, agitant les branches mortes des arbres enneigés, rependant leurs gouttelettes dans l'eau.
« Nous devons partir Bella. Et le plus rapidement sera le mieux » me murmura-t-il.
« Mais… » fis-je à nouveau coupée dans mon élan.
« Je ne crois pas non » fît une voix mielleuse et belliqueuse de l'autre côté de la rive. Je me retournais et aperçu deux silhouettes qui s'avançaient jusqu'au bord de l'eau. Une femme et un homme s'y trouvaient, nous observant avec attention.
Edward se mis soudain à grogner. Je fus sur le coup, hébétée de sa réaction. Il grognait telle une lionne qui protège ses petits d'un danger grave. Je n'eu pas le loisir de m'attarder sur son comportement. Mon regard fus de nouveau attiré par delà la rivière, sur nos deux nouveaux venus.
Ils étaient en plein soleil. Étincelants de mille feux, comme l'avait fait Edward, peu de temps avant. La femme, avait une coiffure rousse pleine de feuilles et emmêlée telle une crinière. L'homme, aux cheveux longs et liés d'un blond pâle m'observait d'un regard pourpre et carnassier. Leurs peaux étaient aussi laiteuses que celles d'Edward et les siens. D'une beauté stupéfiante à vous couper le souffle, j'aurais très bien pu les prendre pour des membres de la famille Cullen.
Si ce n'est qu'ils n'avaient pas le regard or et miel que j'aimais tant, mais écarlate à vous glacer le sang. Quelque chose dans leurs prunelles, ne me disait rien qui vaille. La rouquine me détaillait d'un regard hautain, tandis que l'homme détenait un rictus hostile, déclenchant ainsi les battements désordonnés de mon cœur. Edward était de plus en plus tendu dos à moi, me protégeant tel un rempart humain.
« Je n'ai jamais compris comment Laurent faisait pour trainer avec eux » dit la rousse en tournant autour de son compagnon, toujours le regard encré vers nous.
« Comment peut-on renier ainsi sa vrai nature, en se contentant de gibier ? »
« Moi non plus, ma douce. C'est incompréhensible » lui répondit-il. « Mais je dois avouer que leurs fréquentations sont plutôt alléchantes » dit-il en m'observant d'un regard avide.
Edward grognait toujours, évacuant toute sa rage. Jamais je ne l'avais vu dans un tel état. Il faisait presque…peur.
« Ne l'approchez pas ! » dit-il cassant, froid et plein de haine.
« Oh mais ne soit pas égoïste ! » répondit l'homme d'une voix doucereuse, le sourire aux lèvres. « Tu pourrais nous faire goûter tout de même ! » dit celui-ci.
Je sursautais à sa réplique. De quoi parlent-ils ?
« Je l'ai flairée à plus d'un kilomètre. Comment fais-tu pour être aussi près d'elle ? » lui demanda-t-il sans se départir de son affreux sourire.
« Oui, comment fais-tu ? » enchaîna sa compagne, intrigué à présent.
Est-ce bien de moi qu'ils parlent ? Suis-je en train de rêver ? Mon cœur devenait de plus en plus nerveux. J'avais du mal à respirer suite aux films que j'étais en train de me faire. Serais-ce des Vamp…Non pas possible ! J'étais incapable d'imaginer qu'Edward soit…
« Victoria » dit soudainement Edward. La connaissait-il ?
« James se moque bien de toi. Je sais. Je vois à quel point tu lui es dévoué, mais crois-moi, tu fais fausse route. Il se moque bien de toi. »
« Tais-toi ! » cracha-t-elle, soudain folle de rage. Son compagnon indifférent à l'échange qu'ils venaient d'avoir, toujours en train de m'épier avec envie.
« Ouvre les yeux » enchaina-t-il. « Il ne s'est jamais soucié de toi. Regarde ce qui est arrivé à Laurent, il n'a pas bougé. Ni pour toi, ni pour lui ! Fait-on ça à quelqu'un qu'on aime ? »
Elle se mît soudain à hurler de rage, toisant mon Edward avec un regard meurtrier.
« Calme-toi mon amour » dit le dénommé James. « Tu sais bien à quel point je t'aime » fît-il d'une incroyable désinvolture, sans la regarder une seule fois. Toujours concentré sur moi.
Je me sentais de plus en plus mal. Mon cœur, au bord de l'implosion, devenait douloureux à chaque palpitation, allant jusqu'à me donner le tournis. Je pouvais entendre mon sang cogner dans mes tempes.
« Et bien dit-donc ! Ça tambourine là dedans ! » fît James en faisant un pas en avant. Ce qui eu pour effet, d'enrager encore plus Edward. Parlait-il des battements de mon cœur qui faisaient rage ?
« Laissez-nous ! » criais-je d'une voix faible et casée par la peur. J'étais terrorisée à présent et tremblais de tout mon corps.
Victoria se mît soudain à rire déclenchant mes frissons de toutes parts. Ma réplique avait bien dû la faire marrer. James se joignît à elle, leurs rires flegmatiques et sadiques se répercutant sur les rochers qui nous faisaient face.
Mes jambes tremblaient. A tel point que j'avais du mal à me tenir debout. Edward fît un pas en arrière, me permettant ainsi de m'accrocher à son dos.
« Allons-nous-en Edward, je t'en prie » lui dis-je suppliante d'une voix la plus feutrée possible pour ne pas que les deux autres m'entendent.
« Tu n'iras nulle part jeune fille ! » dit James de sa voix sucrée et écœurante.
« Pas avant de m'être abreuvé à ton sang ! » enchaina-t-il sur un ton tranchant et sans appel. « Si lui » dit-il en observant Edward avant de revenir à moi « s'amuse à jouer avec la nourriture, pas moi ! » hurla-t-il, le regard fou.
Et là, tout se passa très vite. Tout en rugissant tel un félin, James fît un bon par-dessus la rivière vers notre direction. Ses prunelles cramoisies déposées sur moi.
Les mains d'Edward m'attrapèrent à une vitesse irréelle et me projetèrent à plusieurs mètres de là où nous nous trouvions. Je fus éjectée sur un arbre avant de m'étaler par terre, comme une poupée de chiffon. M'écorchant au passage le visage contre le tronc.
Je fus abasourdie sur l'instant, mais je réussis cependant à ouvrir les yeux pour voir le combat qui faisait rage devant moi. Je ne distinguais que des parcelles d'Edward et de James dans ce flot de mouvements incessants. Par moments une tignasse rousse interférait dans les couleurs vives et brillantes que provoquaient les rayons du soleil sur leurs peaux. Ils allaient tellement vite que je ne distinguais rien de la bataille.
L'une des plaies de mon visage se mît à saigner, gouttant ainsi sur la neige d'un blanc scintillant. Je pouvais sentir cette odeur de rouille nauséabonde, qui me retournait déjà l'estomac, rouler sur ma joue. Soudain, ils mirent fin au combat et m'observèrent tous trois intensément. Edward, le visage torturé, me scrutait tout comme les deux autres. Sauf qu'à la place d'un visage comme celui de mon bien aimé, ils avaient le regard dément.
James esquissa un pas pour bondir sur moi, lorsqu'Edward l'en empêcha, reprenant ainsi leur bataille infernale. J'étais tétanisée, ne sachant quoi faire. Partir en courant ? Inutile. Vu la vitesse à laquelle ils allaient.
La seconde qui suivait, une bourrasque de vent m'atteignit, m'envoyant de la neige en plein visage. Une main glacé m'attrapa à la gorge et me souleva brutalement contre le tronc d'arbre sur lequel je m'étais adossé. Mes jambes, ne touchant plus le sol, valsaient à tous va. Victoria était face à moi et me scrutait de ses prunelles rubis, le regard mauvais. Ses mains enserraient ma gorge tellement fort, que le sang me monta à la tête, provoquant une douleur atroce.
Ma tête tournait, je me sentais partir. J'eu le temps d'apercevoir une dernière fois le visage supplicié de mon bien aimé qui arrivait trop tard, avant qu'elle ne plonge la bouche ouverte, en direction de mon cou.
Ensuite, le noir.
...
Était-ce cela la mort ? J'avais toujours été une bonne fille durant ma courte vie. Et ce que je voyais, ne ressemblait pas du tout au paradis. Il faisait noir et froid. Je ne sentais plus mon corps. Celui qui avait été meurtris par ce…cette…Victoria. J'aurais pu avoir des frissons, qu'ils auraient parcourus tout mon être rien qu'au songe de cette abomination. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Moi qui me sentais si complète, si heureuse… Edward. Mon Edward.
Même pleurer, j'en étais incapable. Prisonnière dans ce néant infernal. Ma peine si lourde soit-elle me rongeait de l'intérieur, anéantissant tout sur son passage. Comment mettre fin à cette torture incessante ?
Consciente, je restais ainsi de longues et interminables heures dans ce brouillard, me remémorant les dernières minutes de ma vie, tentant de faire le point sur ce que j'avais appris. Étais-ce donc cela ? Des vampires ? Moi qui croyais m'être amourachée d'un ange, j'étais à milles lieux de la vérité, tranchante et douloureuse, me réduisant en lambeaux. Vampire. Ce mot sonnait tellement faux au souvenir du visage angélique de mon amoureux.
Une sensation coupa brutalement mes sombres songes. Je perçus une main fraîche sur ma joue. J'aurais voulu crier, hurler que j'étais consciente, que je pouvais la sentir. Mais ma bouche était de marbre. Impossible de parler. Serait-ce Edward ? Suis-je toujours vivante dans ce cas ? Un tas de questions me torturaient soudain l'esprit, me perturbant comme jamais. Pourquoi étais-je dans cet état ? Pourquoi ne savais-je pas bouger ? Ni parler ?
« Elle est stabilisée Edward. Ne t'inquiète pas » entendis-je.
Je me mis soudain à crier de toute mes forces pour que l'on m'entende, mais sans succès. Seul le calme plat faisait éco dans mon monde.
Edward. Il était près de moi. Il veillait sur moi.
« Encore quelques minutes » perçus-je.
Alice ?
« Précise » répondit mon ange gardien.
« Rhooo, mais fais moi confiance nom d'un chien ! »
De quoi parlaient-ils ? Ferais-je à nouveau surface dans quelques minutes ? Et comment pouvaient-ils savoir cela ?
« 15 minutes »
J'entendis alors soupirer Edward. La seconde d'après, je pouvais sentir sa main dans la mienne. Froide et douce comme de la soie.
Quelque chose me chatouillait soudain les pieds. Incapable de rire ou de faire quoi que ce soit, me voilà à présent torturée par des chatouillis ! J'allais finir par me dire que j'étais bel et bien en enfer !
« Emmett arrête bon dieu ! » tonna une voix cristalline que je n'avais encore jamais entendue.
Heureusement, ils prirent fin rapidement, pour laisser à nouveau place au néant. Le seul contact que j'avais, était encore la main fraîche d'Edward qui me caressait délicatement. Seul élément qui me permettait de me dire que je n'étais pas morte.
« As-tu eu le temps de lui parler ? » demanda Alice.
« Non, je les ai entendus arriver juste avant que je ne lui parle » dit Edward de sa voix tendre et veloutée.
« Mais avec les propos de James, je pense que je n'aurais plus grand-chose à lui dire. » enchaîna-t-il d'une voix tourmentée. « Moi qui voulais lui annoncer ça en douceur, je n'ai plus qu'à prier pour qu'elle ne parte pas en courant. »
Mon pauvre Edward…si seulement je pouvais le prendre dans mes bras. Le savoir tourmenté comme ça me tuait. Je n'en pouvais plus de cet état inanimé, ça me rendais dingue de les entendre parler de moi sans pouvoir leur répondre.
Sentant mes sens reprendre éveil de minutes en minutes, je fis tout ce qui était en mon possible pour émerger de ce néant que je voulais fuir à tout prix. Les bras frais de mon ange m'attendaient de l'autre côté.
Mes paupières étaient lourdes comme si elles étaient faites de plombs. J'avais un mal fou à les ouvrir, mais petit à petit, ma force me revenait. M'aidant ainsi à immerger.
« Carlisle ! » cria Edward, enserrant ma main dans la sienne.
« Bella ? Bella tu m'entends ? »
« Bella ? »
Plusieurs voix différentes appelèrent mon prénom. M'aidant ainsi à refaire surface.
Quelques secondes plus tard, je réussis enfin à ouvrir délicatement les yeux. Tout était vague au départ. Je ne percevais qu'un tas de silhouettes floues. Après plusieurs clignements d'yeux, je distinguais la plus belle chose au monde. Il était là, souriant, son beau visage pâle à quelques centimètres du mien. Son souffle frais frôlant ma joue.
Je discernais alors, sept paires d'yeux dorés, qui m'observaient avec attention.
Je venais de renaître, dans un monde tout à fait appart. Un monde mystique et mystérieux. Seul inconvénient, il était peuplé de vampires…
Je sens qu'il y en a qui vont m'en vouloir de m'être arrêté là...
lol
Je vous promets de ne pas trop tarder à poster la suite! En attendant, gâtés moi en reviews et je vous gâterais en postant ^^
Et oui je troque!
Et en passant, je souhaite une bonne merde à toutes celles qui passent leurs exams! Courage! Les vacances seront bientôt là!
A très bientôt!
XOXOXOXOX
