Bonjour à tous,

Voici un petit chapitré posé où on retombe dans le rythme un peu lent du début. Mais ne vous inquiétez pas, l'action reviendra bien assez tôt. Et je sens que ce chapitre fera plaisir à certain quelque part ;).

Mileminia: Je n'oserai jamais vous oublier! Même en le voulant je ne pourrais pas. Il s'avère juste que j'étais décalé dans ma semaine et je pensais avoir plus de temps pour poster. Et pour ta mauvaise chute, ne fais pas comme moi, si ça persiste, va tout de suite voir un médecin sinon tu vas te retrouver bien bête à devoir aller chez le kiné -_-. Sinon ce chapitre t'apportera encore du réconfort, je pense que tu aimeras la progression entre Sirius et Draco et la progression de Drago en générale! Son amnésie servira au moins à améliorer ses relations avec quelques personnes. Et pour tes questions sur le bébé, je ne peux malheureusement pas répondre sinon ça te gâcherai la surprise! Je peux juste te dire que tu auras ton moment sur la couette, pas d'inquiétude, et bien d'autres après ... c'est dans quel chapitre? ... J'ai oublié ^^". Du coup il y a des chances que ce soit pour 2018. Je suis contente que Lucius et Narcissa t'ait plu :). On les croisera encore à l'avenir et ils auront leur petit rôle à jouer.

Alissa Roselmack: Je te comprends, Draco a tellement de facette exploitable dans son histoire et son caractère qu'il est facile de faire des pairing sympa avec lui x). Pour Tonks et Draco, et bien sache déjà que je suis ravis que tu poses la question. Et ensuite, je peux déjà te dire que ça ne s'améliorera pas. Mais attention! J'aime bien Tonks de base ( vous verrez vite quel perso je peux pas blairer, il lui arrive toujours des embrouilles dans mes fics ... enfin si vous les lisez toute) mais Draco et elle sont partis sur des mauvaises bases. Elle a été blessée face à la réaction de l'annonce de sa grossesse et encore plus que Remus accepte ça. Elle ne voit pas non plus d'un très bon oeil la dévotion de Remus et elle à l'impression de perdre son compagnon. Son antipathie est compréhensible! Surtout en sachant que Draco a été intégré dans la famille Black alors qu'elle et sa mère non. Et si vous vous posez la question de pourquoi Sirius l'a pas fait, et bien c'est tout simplement car Tonks aurait changé de nom et que ça aurait attiré l'attention sur lui en tant que chef de famille, et comme il est plus libre en étant "mort" (seul les mangemorts savent pour sa résurrection), alors il n'a pas intérêt à être repéré par le ministère pour un simple changement de nom dans le registre. Alors que pour Draco (si vous vous posez encore la question), il a renoncé à son héritage, donc à son nom, dès le chapitre 1, ce qui fait qu'il est devenu automatiquement un Black. Tonks n'a pas se pouvoir et c'est une raison de plus d'être en froid avec son cousin. Sinon pour les fic Sev/Draco je veux bien si elles ne sont pas trop longue (parce que je vais mettre plus d'énergie à lire qu'à écrire mes chapitres x).

Draconis86: Et bien merci ;), j'ai hâte que tu lises la suite.

merguez: J'aime bien ta réaction, c'est exactement ce que je voulais en fait. Il ne faut pas oublié que la relation entre Sirius et Draco est profondément malsaine et pour moi, même les moments mignons doivent sonner la sonnette d'alarme dans vos esprits. Il faut être indulgent avec Remus, il a une femme enceinte à gérer, une guerre, des adolescents conspirateurs et un meilleure ami ex-détenu ex-mort sur les bras, je pense qu'il a le droit de perdre ses moyens de temps à autre. Et puis, même s'il désapprouve ce que Sirius fait, il a du mal à s'opposer fermement à lui compte tenue de leur histoire respective et de leur longue amitié. Et c'est la spécialité de Dumby de faire des plans tordus et sinueux voyons! S'il n'avait pas mis son grain de sel, il aurait fallu s'inquiéter. Et je te remercie pour Narcissa, elle apprécie x). Sinon, tu poses une bonne question! Je pense déjà que le monde sorcier d'Harry Potter est assez archaïque et surtout patriarcale, donc se serait difficile pour une femme lambda d'agir. Il faudrait qu'on la prenne au sérieux d'une part, et qu'elle ait une liberté de mouvement qu'elle aurait difficilement à moins d'être exceptionnellement puissante.

Bonne lecture,

Letki


Draco ouvrit les yeux et pris un petit moment à se situer. Il avait une sensation persistante de brouillard dans son esprit depuis quelque temps. Lorsqu'il se réveillait le matin, il avait l'impression de penser à quelque chose d'important mais aussitôt qu'il tentait de se concentrer sur la pensée, celle-ci lui échappait, le laissant frustré et plein d'interrogations. Soupirant, il ferma les yeux, essayant de faire le trie dans ses pensées avant de se lever. Il poussa le bras de Sirius qui était passé en travers de sa taille et se détacha du corps chaud qui reposait contre son dos.

Il dormait dans le lit de l'animagus depuis son retour du cabinet de madame Danitza. Il avait fait une crise d'angoisse quand il avait du dormir dans cette petite chambre sans fenêtre qui se trouvait adjacente à celle de l'animagus. Il n'avait pas fermé l'œil de la nuit, restant prostré dans le noir, le silence et l'absence de lumière le tétanisant. Le lendemain, c'était un Draco tendu et agité par le manque de sommeil et la peur que Sirius avait récupéré.

Ne sachant pas comment le gérer, et ne comprenant pas ce que le blond tentait de lui expliquer avec le peu de vocabulaire qu'il avait récupéré et sa nervosité qui lui faisait perdre le fil de ses pensées, Sirius c'était résolu à demander de l'aide. D'abord à Remus qui se trouva aussi démuni que son ami, avant d'essayer avec madame Weasley. Le blond avait été encore plus intimidé quand l'attention de toute la maison c'était tournée vers lui et avait finit par fondre en larme, rendant tout le monde mal à l'aise et gonflant encore plus la culpabilité que Remus ressentait déjà. Ils avaient fini par appeler le médicomage qui avait réussi à démêler la situation et qui avait été encore plus furieuse d'apprendre les conditions de vie de Draco avant cet incident. Pour ne pas l'énerver encore plus, et Merlin seul sait comment le médecin pouvait être effrayante, Sirius avait céder son lit à Draco et avait décidé de dormir dans la chambre qu'occupait précédemment le blond. Bien entendu, cela avait soulevé des questions et des regards noirs de madame Weasley quand elle avait su où dormait Draco mais Sirius réussit à se dépatouiller en lançant un petit mensonge par omission. Il dit que Draco dormait là car toutes les chambres étaient prises et qu'il ne voulait pas partager sa chambre avec l'un deux, ce qui n'était pas totalement faux mais pas totalement vrai non plus. Remus laissa planer sur son ami un regard lourd de sous-entendus mais il ne dit rien quand à son mensonge. Cela avait rassuré Sirius qui avait l'impression de perdre un peu plus son meilleur ami chaque jour. Mais, il savait que l'aide de Remus ne lui était plus acquise et qu'il devrait faire ses preuves auprès du loup-garou.

Sirius était donc allé dormir dans la petite chambre le soir suivant. Mais il n'y trouva pas le sommeil. Cet endroit était trop impersonnel, ou était-ce le contraire ? Il voyait dans cette pièce ce qu'avait été le quotidien de Draco depuis bientôt un an et cela lui renvoyait toutes ses fautes au visage. Il avait été horrible mais en même temps … il n'arrivait pas à culpabiliser totalement. Il savait que ses craintes étaient fondées et qu'il ne faisait que se protéger et protéger Harry. Après tout, Draco lui avait prouvé de quel côté il était en aidant à fuir l'assassin de Dumbledore et même si ça n'avait pas été le cas, il avait aider un mangemort qu'ils allaient appréhender à s'échapper.

Mais Sirius voyait maintenant, Draco n'était plus un danger, en réalité, il c'était assuré qu'il ne puisse plus l'être en le privant de sa baguette, de l'instruction, et des contactes avec l'extérieur. En fait, le danger venait de l'extérieur, et c'est par le biais de Draco que ce danger chercherait à s'exprimer. Sirius avait donc pris une résolution. Il traiterait mieux le blond, il prendrait soin de lui, il l'écouterait car après tout, Draco avait des bonnes idées, il suffisait de voir comment il avait rafraîchit le square Grimmault, y rendant le vie plus douce, mais il ne lèverait pas ses interdictions. Il avait raison sur ce point.

Sirius c'était donc levé, cette nuit là, et c'était glissé dans la pièce d'à côté silencieusement avant de se faufiler sous les draps, faisant sursauter le blond. Celui-ci avait dans un premier tant eut un mouvement de recul avec un regard d'où perçait clairement la peur avant de se calmer et de se rendormir sans poser de question. Depuis, Sirius dormait tous les soirs avec lui, profitant pour la première fois depuis 15 ans d'une présence à ses côtés dans un lit.

D'ailleurs, cette dite présence voulait se lever. Dans un grognement, il retira son bras et papillonna des yeux tentant de se réveiller en vain.

-Où vas-tu ? Marmonna-t-il alors que le blond se dirigeait vers le bord du lit.

-A la douche, chuchota Draco.

Il dormait avec un tee-shirt de Sirius qui était juste assez grand pour couvrir son caleçon. Ses longs cheveux se balançaient dans son dos alors qu'il tentait de se dépatouillait maladroitement avec les draps. Les tremblements s'étaient arrêtés depuis quelques jours mais Draco ne semblait pas avoir retrouvé toute l'aisance de ses mouvements et il lui arrivait souvent de se cogner à un meuble, de trébucher où de lâcher ce qu'il avait en main. Le médicomage Danitza affirmait qu'avec des exercices réguliers, tout rentrerait dans l'ordre alors elle avait donné une liste de chose à faire à Draco tous les jours pendants 30 minutes. Cela comprenait des exercices pour son équilibre, un peu de musculation et d'agilité. Sirius ne voyait pas si il y avait un progrès ou pas mais Draco le faisait avec beaucoup de sérieux. De toute façon, se dit Sirius, il faisait tout avec beaucoup de sérieux, à croire que l'ancien Draco n'était pas loin.

Sirius pinça ses lèvres, contrarié à la pensée même de perdre le petit ange qui lui servait de compagnon d'infortune et passa son bras autour de la taille de Draco et le ramena contre lui un peu brutalement. Le blond poussa une exclamation de surprise, peu habitué à ce genre de contact même avec Sirius et tourna un regard affolé vers lui.

-Reste encore un peu.

Draco s'apprêtait visiblement à protester et quand il vit qu'à travers la fenêtre, il faisait encore noir alors qu'ils étaient en plein mois de Juillet, il se détendit et consentit à se rallonger auprès de son époux. Draco savait qui était Sirius Black. Il connaissait son visage avant même que sa mère ne vienne lui parler et ne lui explique la situation. C'était son mari. Parce qu'un contrat les liait. Même s'il s'était contenté de cette explication, il y avait quand même quelque chose qui le tracassait.

Pourquoi n'étaient-ils pas proches ? Pourquoi ne partageaient-ils pas d'étreinte et de tendre baiser comme Fleur et William ? Pourquoi ne discutaient-ils pas à voix basse et ne partageaient-ils pas quelque chose d'amusant que seul eux comprenaient comme Remus et Tonks ? Pourquoi ne se regardaient-ils pas quand ils pensaient que personne ne faisait attention à eux comme Ronald et Hermione ? Pourquoi ne se souhaitaient-ils jamais « bonne journée chéri » comme Monsieur et Madame Weasley ? Pour ne réagissaient-ils pas de façon idiote aux contactes de l'autre comme Harry et Ginny ? Pourquoi n'avaient-ils rien de tout cela ?

Draco pouvait passer des journées entières avec le brun sans qu'ils n'aient de réelle discussion. Bien sûr, Sirius prenait soin de lui tout comme Draco le faisait. Il veillait à ce qu'il mange, qu'il ait de quoi se divertir et qu'il ait en fait tout ce dont il avait besoin, mais il ne faisait pas réellement attention à lui. Les petits gestes prévenant étaient pour Harry, les sourires complices (bien que plus rare maintenant) pour Remus, les longues discussions pour leur groupe d'amis, mais rien de particulier pour lui. Et ça rongeait le blond de ne pas comprendre ce qu'il faisait de mal.

Alors il avait essayé de s'intégrer dans une de leur discussion. Il frissonna encore à ce souvenir. Ils parlaient de quelque chose qui s'appelait mangemort et d'infiltration et lui, que personne n'avait remarqué car personne ne fait attention à lui, avait simplement demandé ce que c'était. C'est comme s'il avait déchainé l'enfer sur terre.

Les gens avaient commencés à se disputer à se sujet, ça hurlait dans tous les sens et il avait été jeté dehors puis proprement enfermé dans cette petite chambre noir. Il avait beaucoup pleuré, assis face à la porte quand il c'était rendu compte qu'il ne pouvait ni ouvrir ni entendre. C'était le sentiment le plus angoissant qu'il n'avait jamais expérimenté, et la chose qu'il ne voulait revivre sous aucun prétexte. La chambre était plongée dans le noir car il n'avait aucun moyen d'allumer les bougies et le manque de fenêtre rendait cette obscurité opaque. Puis, alors qu'il entendait une voix murmurée un sortilège, il ne pu rien entendre du tout. Après deux pas, il se rendit compte qu'il était tombé qu'en heurtant le sol. Il avait perdu l'équilibre en même temps que ses repères. Alors il avait tambourinée à la porte, frappant à s'en faire saigner les mains et hurlant à en perdre la voix, tout cela pour entendre sa propre voix. C'était la seule chose qu'il parvenait encore à entendre et cela n'avait rien de rassurant.

Puis finalement, quand ses forces l'avaient quittés. Il c'était recroquevillé en une boule serrée sous ce qu'il pensait être le bureau, se cachant derrière son épais rideau de cheveux blonds. Il ne su pas combien de temps il était resté ici, mais c'était les bras de Sirius qui l'avait tiré de ce cauchemar. Le brun l'avait tenu contre lui, fort. Il lui avait caressé les cheveux longtemps, jusqu'à ce que les larmes cessent et qu'il s'endorme.

A son réveil, il était encore dans ses bras. Sirius était assis contre la tête de lit et lui reposait sur son torse. Il n'avait pas osé parler de peur d'être enfermé une fois de plus dans cette maudite pièce. Mais à son plus grand étonnement, il n'en eut pas besoin. C'est Sirius qui le fit. Il s'était excusé. Promettant de ne plus jamais l'enfermer de la sorte et en échange, Draco devait promettre de ne plus espionner. Draco avait acquiescé sans oser lui avouer qu'il ne connaissait pas la définition de ce terme.

Depuis, il n'avait plus adressé la parole à un autre habitant de cette maison. Il fallait qu'on lui parle et qu'on lui demande de réponde expressément pour qu'il parle. Sirius en avait été très embêté mais n'avait rien dit de peur d'envenimer la situation. C'était une réaction que le blond aurait pu avoir des mois plus tôt. Il avait de lui-même fait une censure de certains sujets et n'avaient jamais demander à écrire à ses parents. Sirius aurait refusé bien sûr, mais il n'avait jamais eut à combattre sur ce point car le blond savait mieux que qui compte faire profil bas (et le faire se sentir misérable par la même occasion). Il se rendait compte avec effarement que même amnésique, Draco reproduisait à la perfection se schéma.

Une autre chose qui avait changé à partir de ce jour là, c'est que Sirius c'était montré plus avenant dans l'intimité. Il le prit dans ses bras à partir de se jour là, mais, même s'il ne le repoussait jamais Sirius sentait parfaitement que Draco restait craintif quand il faisait quelque chose de nouveau et prenait beaucoup de temps à se détendre si bien que Sirius n'avait jamais initié un contact plus poussé. Ça contrariait Sirius en même temps que cela le ravissait. Il voulait que Draco s'exprime, qu'il s'énerve, qu'il le repousse ou qu'il l'étreigne au contraire. Il ne voulait pas de cette poupée trop obéissante mais pourtant clairement réticente. Il avait l'impression de profiter de la situation alors même qu'il essayait de faires des efforts. Ça le rendait fou, surtout quand il le comparait au Draco qu'il connaissait. Il aurait pu mettre sa main à couper que si Sirius avait demandé à l'étreindre, il aurait dit oui, si il avait demandé un baiser, il aurait dit oui, si il avait demandé plus, il aurait encore dit oui. Alors que Sirius voyait très bien, avec cette « version de Draco » que ce genre de contact le rebutait. Alors si Sirius avait été faible, il aurait accepté à l'époque, parce qu'il avait envi au fond de lui d'éteindre un corps chaud et d'apprécier des caresses, il aurait dit oui et il se serait détesté clairement aujourd'hui. Car Draco aurait dit oui alors que tout son corps, toute son âme criait non. Et il se sentait furieux et frustré… il était plein de rancœur face au blond qui n'avait jamais prit la peine de lui dire « non ».

Il prenait également soin à réserver une heure tous les soirs pour qu'ils discutent tous les deux. Au début, c'était laborieux à cause du manque de vocabulaire du blond mais heureusement, il n'avait suffit au blond que d'une seule répétition et explication d'une définition pour qu'il se souvienne d'un mot. Et puis il y a le fait que Sirius ne connaissait pas du tout Draco. La première fois qu'il avait essayé de discuter il c'était retrouvé incapable de trouver un sujet de discussion convenable. Alors il avait repris un livre que Draco avait déjà lu « Voyage au centre de la terre » et il le lui avait lu. Le blond l'avait écouté religieusement tout au long de la lecture, ne l'interrompant pas une seule fois. Ce n'est qu'à la fin que Sirius avait trouvé son silence étrange et lui avait demandé ce qu'il n'allait pas. Il avait du insister pour qu'il ose parler. Et là, un déluge de questions lui étaient tombés dessus et Sirius n'avait pu qu'attester de l'excellente mémoire du blond car il lui posa des questions sur pratiquement tous les termes géologiques ou biologiques du livre !

Pour ne pas se retrouver dans le même pétrin les fois suivantes, Sirius avait du demander de mauvaise grâce à Harry et ses amis de lui parler de Draco. Il avait entendu que les méfaits et des anecdotes peu flatteuses sur le blond qui l'avait fait personnellement beaucoup rire mais qui ne l'aiderait pas à établir un contact avec le blond. Alors il avait essayé un sujet neutre, le Quiddicth. Cela lui avait énormément plu d'expliquer tout cela à un élève attentif et intéressé comme Draco. Le blond buvait littéralement toutes ses paroles et lui avait demandé si il pourrait aussi monter sur un balais un jour. Sirius n'avait pas eut le cœur à lui dire non alors il avait mené Draco sur un terrain vague, un soir alors que tout le monde dormait, et il l'avait fait monter avec lui sur un balai. Draco avait eut peur les deux premières secondes, s'accrochant au manche comme une moule à son rocher alors que Sirius c'était gentiment moqué. Le brun avait passé un bras autour de sa taille, l'autre tenant le manche et il les avait fait virevolté à quelques mètres du sol le temps que Draco se détende. Quand il avait commencé à s'ennuyer, il avait engagé des virages plus serrés, des montées plus longue et des retombées à pic, oubliant pendant un instant son petit fardeau, qui se mit à rire. Le son le foudroya avec tant d'intensité que Sirius avait failli lâcher le blond dans un visage plutôt serré. C'était un rire franc, qui respirait la joie de vivre et qui était étrangement mélodieux à ses oreilles malgré son petit côté nasillard. Il se rendit compte ce soir là, qu'il n'avait jamais entendu Draco Malfoy rire.

-A quoi tu penses ? Chuchota le blond.

Sirius cligna des yeux, se rendant compte qu'il le dévisageait depuis surement trop longtemps et il posa sa tête contre son épaule. Draco resta parfaitement immobile et attendit sa réponse.

-Que tu te lèves trop tôt. Quatre heure et demi n'est pas une heure correct pour le commun des mortels, marmonna-t-il en passant une main chaude sur le ventre du blond.

Draco pouffa. C'était visiblement quelque chose que Sirius lui répétait régulièrement car il ne craignit pas la critique alors même qu'il était extrêmement méfiant sur l'usage des mots. Sirius sourit tristement. Ce soir-là, avec le balai avait changé quelque chose. C'était infime mais ça avait ébranlé le brun avec tant de force qu'il avait refusé de toucher le moindre balai depuis et avait refusé toutes les demandes du blond pour un autre tour.

-Tu dis ça tout le temps, dit Draco avec amusement.

-Comment t'es-tu fais ça ?

-Ça aussi tu dis ça tout le temps.

C'était une cicatrice. Une fine ligne qui barrait son torse et disparaissait dans son boxeur sur sa hanche. Il posait la question à Draco régulièrement car il savait exactement d'où venait cette cicatrice. C'était Harry. Sirius ne voulait même pas penser à la discussion qu'il repoussait avec force avec son filleul mais ce n'était pas important … pour l'instant. Tant que Draco répondrait ainsi, c'est qu'il ne se souvenait pas. Tant que Draco répondait ainsi, il pouvait encore le prendre dans ses bras.


Draco passa d'abord par la salle de bain. C'était étrangement, le moment que le blond préférait dans la journée. Il prit le temps de prendre un long bain car il se levait toujours avant le levé du soleil pour ne croiser personne. C'était une étrange habitude, mais elle semblait encrée en lui et dès le premier jour, il avait commencé à faire ça. Il pris le temps de se parfumer, de brosser ses cheveux et de les attacher avant de passer la potion de rasage (qui commençait à devenir inutile, à force de l'utiliser, ses poils commençaient à ne plus pousser). Puis il s'habilla. Il détestait ses vêtements. C'était principalement des hauts que lui passait Sirius et autant dire que ses tee-shirts aux motifs étranges ne s'accordaient généralement pas à ses bas. Mais il faisait avec et essayait de limiter les dégâts au mieux.

C'est donc à moitié satisfait qu'il se rendit dans la cuisine pour y trouver entrain de s'afférer et un Kreattur grognon qui rouspétait sans cesse car on le ne laissait pas s'occuper personnellement du service de son maître adoré. Draco adorait cet elfe de maison et il avait l'étrange sentiment de l'avoir toujours apprécié donc il lui sourit quand il capta son regard, s'attirant les louanges de l'elfe.

-Tu as bien dormi Kreattur ? Demanda-t-il à l'elfe qui en rougit de plaisir en tirant sur ses longues oreilles.

-Le maître est trop bon, il ne devrait pas se soucier du pauvre Kreattur, croassa l'elfe avant de faire venir d'un claquement de doigt, des couverts qui s'installèrent devant le blond. Le maître a-t-il passé une bonne nuit ? Oh ça ne concerne pas Kreattur ! Kreattur devrait se mettre les doigts dans le four pour avoir demandé une telle chose au maitre ! Mais rien qu'à l'idée de savoir le maître avec ce traitre à son sang …

-Kreattur ! Le rappela à l'ordre en déposant une bonne part d'œuf brouillé et de bacon dans l'assiette de Draco. Mange toute ton assiette, dit-elle d'un ton autoritaire qui fit rougir le garçon.

Molly avait noté un certain nombre de choses depuis que la lumière sur les évènements de la fameuse soirée catastrophique du mariage de son fils, avait été faite. Elle avait été horrifiée d'apprendre que Draco avait permis à l'assassin de s'enfuir, mais encore plus d'apprendre que Harry et Sirius (enfin surtout Sirius) prévoyaient d'interroger l'adolescent dans les règles et que c'est cela qui avait conduit à cette situation étrange bien qu'elle n'en connaisse pas les détails.

Draco c'était révélé être un enfant agréable. Il ne disait jamais un mot plus haut que l'autre et ne se rebellait jamais contre l'autorité même quand quelque chose lui déplaisait fortement. Il avait ses petites manies et appréciait grandement la perfection, mais il n'était pas mauvais. Et Molly se disait qu'un Draco amnésique qui n'était pas mauvais voulait dire que le Draco normal non plus, car après tout, en le voyant ainsi démuni, elle se disait qu'elle ne pouvait voir que Draco, le vrai Draco, sans ajouts ni nuances, juste Draco.

Et ce qu'elle vit lui plu et elle se sentit coupable. Coupable d'avoir laissé ce pauvre garçon ainsi sans réagir. Comment aurait-elle réagit à la place des parents Malfoy ? Elle l'ignorait, mais elle aurait été morte d'angoisse à l'idée que son enfant soit ainsi traité. Parce que oui, Molly avait finit par apprendre la vérité. Pas par Sirius qui maintenait sa version des faits, comme quoi Draco était un déserteur de son camp qui demandait la protection de l'ordre, ni par Remus qui, bien que sa conscience l'épuisait, n'avait pas trahit la confiance de son ami. Mais elle l'apprit par elle même. N'y tenant plus et ne comprenant pas ce qu'il se passait, elle avait écrit à la femme et avait demandé de plus amples explications en tachant de rester sincère dans ses motivations.

Sans comprendre la position actuel de Draco, elle ne savait pas si elle devait l'aider ou pas. Elle avait eut sa réponse le lendemain, signé des époux Malfoy et une demande surprenante. Ceux-ci était prêt à lui donner ce qu'elle voulait pour qu'elle protège leur enfant. Molly avait été pendant une fraction de seconde tenté d'abuser de cette position, mais elle c'était rétractée. En tant que mère, elle comprenait. Et c'est avec peine qu'elle avait remarqué la minceur inquiétante du garçon et son tint maladif. Depuis, elle en prenait soin comme si c'était son enfant et le garçon lui rendait toute l'affection qu'elle lui donnait avec des sourires timides mais sincère.

-Il faut attendre les autres, répondit péniblement le blond en n'osant pas toucher à ses couverts, Sirius a dit que le petit déjeuner est à 7h30.

Molly soupira tristement. Le garçon leur adressait difficilement la parole depuis l'incident de la réunion. Il fallait se battre pour lui arracher des mots et elle voyait bien qu'Hermione se sentait blessée face au silence du garçon alors même qu'elle essayait d'entretenir une conversation avec lui. Il fallait lui poser une question direct pour obtenir une réponse (et encore, à peine construite car il ne s'épanchait jamais en explication) ou un ordre. Draco obéissait aveuglément à l'autorité et ça dérangeait profondément Molly qui n'arrivait pas à faire en sorte que le garçon s'exprime et vive librement.

-Et moi je te dis de manger, répondit Molly.

Mais le garçon ne le fit pas. C'était son éducation. La voix de Sirius faisait loi et cela embêtait beaucoup la rousse. Soupirant discrètement, elle prit une assiette et elle s'assit face à lui avant de se servir.

-On mange ensemble, proposa-t-elle, comme ça, il ne pourra rien dire.

Le blond sembla hésiter un moment avant d'hocher la tête et prendre une cuillerée généreuse d'œuf. Molly en fut soulagé et elle le surveilla du coin de l'œil. Pour une raison qu'elle ignorait, le blond perdait l'appétit quand il mangeait avec toute la maisonnée. Elle se doutait que c'était lié à certains de ses souvenirs mais il continuait à perdre du poids. Alors elle essayait de le coincer à des heures où il était généralement le seul debout pour le faire manger un peu, et cela semblait fonctionner. Elle lui servit un verre de jus de citrouille avant de faire un mouvement de la baguette pour sortir la pate à crêpe du frigo et commencer à les faire cuire.

Molly n'avait rien dit de ce qu'elle avait appris sur Draco aux autres. D'une part car elle se doutait que se serait la pire des humiliations pour le blond et d'autre part car elle se disait que ce serait comme lâcher une bombe. L'ordre avait pris un sacré coup avec la mort de leur leader et ce n'était certainement pas le moment de les diviser avec ce genre d'informations. Elle savait et avait toujours sur que Sirius n'était pas un enfant de cœur, mais Harry l'ignorait et beaucoup trop de chose reposait sur les épaules de Harry pour en plus démolir toutes ses convictions. Elle se rendait bien compte que c'était cruel, car en fin de compte, se taire c'était comme choisir Harry plutôt que Draco, mais Draco n'était qu'une personne. En se taisant, elle se disait que c'était la communauté magique et surement plus à qui elle donnait une chance.

La seule personne à qui elle avait révélé la vérité c'était Remus. Car le loup-garou semblait prendre à cœur le bien être du blond et c'était le seul qui pouvait agir « librement ». Il lui avait demandé ce qu'elle savait exactement mais il semblait que Narcissa avait choisi de lui révéler uniquement le strict nécessaire, laissant Remus avec le lourd fardeau qu'était la sécurité du blond. Remus avait semblé prendre 10 ans supplémentaires quand Molly l'avait pris à part pour lui parler et il c'était excusé. Surement pas auprès d'elle, se dit la rousse, mais ça le rongeait. Car il comprenait son ami, dieu seul sait qu'il le comprenait, mais en tant que futur père, en tant qu'ancien professeur, en tant qu'homme, il n'arrivait pas à cautionner ce genre de traitement.

« Reprend toi ! » L'avait sermonné Molly d'un air sévère. « Oui, Sirius est trop extrême dans son attitude, mais Sirius revient de 12 ans d'emprisonnement, il ne s'en rend certainement pas compte. Pour lui, Draco est un potentiel ennemi qui menace directement la vie d'Harry et Merlin seul sait que vous vous sacrifierez tous les deux pour Harry sans hésiter. Il le fait mal certes, mais Sirius ne fait rien d'autres qu'essayer de vous protéger, Harry, toi et tout ce qu'il lui reste. Et ton rôle à toi, c'est de le tempérer car il ne peut pas le faire Remus. Si tu te laisses abattre, on ne perdra pas que Draco dans cette histoire. »

Cela avait semblé décharger le loup-garou d'une grande partie de son fardeau. Celui-ci était redevenu le Remus qu'ils connaissaient tous, calme et de bon conseil pour son ami qui parvenait mieux à réagir et à accepter que face à un Remus en colère. La rousse en avait été grandement satisfaite et elle avait pu ainsi baisser sa vigilance auprès de l'animagus. Pour elle, c'était clair qu'il avait effleuré trop intimement la folie et que le brun n'était plus l'homme qu'il avait été, mais l'homme nouveau qui se forgeait avait plein de qualité. Il fallait tout comme Draco actuellement, l'éduquer.

-Tu as prévu de faire quoi aujourd'hui Draco ?

Le garçon sursauta, encore peut habitué à ce que l'on s'adresse à lui avant d'offrir un petit sourire penaud à la rouquine comme si cette question n'avait aucun fondement. Mais il ne répondit pas, alors elle reposa sa question une seconde fois.

-Je sais pas, dit-il.

-Les enfants sortent faire leurs courses aujourd'hui, expliqua-t-elle, et les hommes les accompagnent pour la sécurité. Ça te dit de rester avec moi ?

Il resta désespérément silencieux mais elle ne perdit pas son air enjoué, la dernière chose dont Draco aurait besoin c'est qu'elle montre sa déception. Hermione essayait de son côté mais la jeune fille était beaucoup plus émotive et devait souvent s'absenter le temps de se recomposer une attitude pour ensuite revenir et essayer de converser avec Draco. La plus part du temps, il l'écoutait parler, absorbant tout ce qu'elle disait comme une éponge mais il ne l'arrêtait jamais et ne posait jamais de questions. Alors Hermione avait renoncé a essayé de lui parler de sujet léger et avait entrepris de lui réapprendre l'histoire de la magie. Elle expliquait elle même les points qu'elle jugeait sujet au questionnement et Draco écoutait religieusement sans se lasser. Ça lui faisait plaisir quelque part, mais la tristesse revenait au galop quand le blond lui murmurait un merci précipité et s'enfuyait de la pièce quand trop de gens y entraient.

Cette attitude irritait profondément Ronald et Ginny. Ceux-ci avaient essayé de tenter une approche vers le blond, plein de bonne volonté, mais ils avaient vite perdu patiente quand ils avaient fait face au silence obstiné du blond. Et ça aurait pu mal tourner si Harry n'avait pas prit les choses en mains. Il avait pris Draco à part et avait tenté également de lui parler. Ça lui avait fait une douche froid quand il demanda à Draco de lui répondre et qu'il c'était exécuté docilement par des « Oui Harry » ou « Non Harry ». L'intonation de sa voix … Harry se revoyait exactement dire « Oui tante Pétunia » ou « Oui oncle Vernon » avec le même ton. Il c'était sentit désespéré et avait comprit qu'il ne pourrait jamais être proche du blond. Ils pourraient sûrement se tolérer, être des connaissances et peut-être même se faire confiance dans une moindre mesure … mais jamais il n'obtiendrait son amitié, il y avait trop de chose entre eux pour cela. Ils c'étaient tirés une balle dans le pieds tout seul et insister ne ferait que creuser le fossé qui les séparait. Alors il l'avait laissé tranquille, veillant simplement à ce que les autres en face de même et avait vu dans le langage corporelle du blond que celui-ci s'en senti soulagé. Harry avait souri amèrement en songeant que sa relation avait Draco avait toujours été teintée de maladresse et de faux pas. Ils avaient simplement trop échangés aujourd'hui et qu'ils ne pourraient qu'espérer que le temps suffise à les faire repartir sur des bonnes bases.

-C'est décidé, tu restes avec moi, dit Molly d'un air déterminé et ne s'offusquant pas du manque de réaction de Draco.

Aujourd'hui, les adolescents allaient faire leur course de rentrée et avec la mort de récente de Dumbledore, Molly craignait une attaque, c'est d'ailleurs pourquoi ils allaient faire les courses aussi tôt dans l'espoir d'être imprévisible. Le ministère était déjà en ébullition et ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne tombe. Elle avait hésité à leur interdire de retourner à Poudlard mais elle ne pouvait pas les priver d'éducation et surtout pas maintenant. Cela la ramena involontairement à penser à Draco qui n'était plus scolarisé depuis bientôt un an. Encore une fois, elle ne pu que le plaindre, ce garçon ne pourra pas trouver de travail correct sans ses aspics, il se destinait à une vie rude …

Il s'éclipsa aussitôt que les premiers signes du réveil d'un habitant de la maison se fit entendre. Elle le laissa s'enfuir comme chaque matin et porta son attention sur autre chose pendant tout le reste de la matinée. Draco sortie de sa chambre une fois qu'il fut certain que tout le monde soit dans la cuisine. Il se glissa à pas de loup dans l'escalier avant de s'arrêter face au portrait qui surplombait le couloir de l'entrée. Il avait découvert très rapidement ce portrait en entendant ses injures fleurirent puis s'éteindre en apprenant son retour. Au début, il avait craint la femme peinte sur son portrait car elle avait l'air sévère et constamment en colère, pourtant, elle s'adoucissait toujours en voyant. Elle avait finit par l'apprivoiser et depuis, il venait la visiter quand tout le monde était occupé.

-Comment te sens-tu aujourd'hui ? Demanda-t-elle alors qu'il s'asseyait au pied du tableau pour discuter tranquillement.

-J'ai l'impression de me souvenir, mais tout de suite après, j'oublie, c'est très frustrant.

Elle hocha la tête comme si elle comprenait. Elle lui demanda quel était son programme de la journée et fut un peu déçus de voir que le jeune homme était une fois de plus enfermée dans la maison même si elle n'en était très peu surprise.

-Tu as fais les exercices que je t'ai donné ?

-Oui madame.

Elle lui avait dit la première fois qu'il c'était rencontré et après qu'il lui ait appris qu'il avait perdu la mémoire, qu'elle lui enseignerait une branche de la magie axée sur l'esprit, l'Occlumencie. Elle lui expliqua que c'était l'art de protéger et de manipuler son propre esprit, raison pour laquelle son sort d'amnésie avait été si puissant et qu'il devrait rapidement le maîtriser car il semblerait que ce soit un talent inné chez le blond. Elle ne pu malheureusement pas lui apprendre la légilimencie qui nécessitait une baguette dans les débuts mais elle lui en fit tout de même la théorie.

Depuis, Draco devait pratiquer tous les soirs et tous les matins des exercices de méditations pour organiser son esprit, classer ses souvenirs et retrouver ceux manquants. C'est grâce à ses exercices qu'il avait si vite retrouvé la maîtrise du langage et de la lecture. Cependant, des souvenirs plus personnels restaient encore absents même s'il sentait qu'il commençait à les effleurer avec précision. Cependant, il faisait face à un mur. Il savait maintenant où étaient ses souvenirs mais il ne pouvait tout simplement pas les atteindre et c'est qui le guidait vers sa mémoire perdue avec des exercices plus poussés quand ils se voyaient.

-C'est bien, dit-elle avec un sourire bienveillant. Tes souvenirs sont là Draco, tu t'es lancé ce sort tout seul, par conséquent, le … mur que tu as construit qui emprisonne tes souvenirs, toi seul peut le manipuler et le briser. Tu comprends ?

-Je comprends. Mais je ne sais pas si j'ai envi de me souvenir…

-Je te donne toutes les clés pour prendre en main ton futur. Toi seul choisiras de te souvenirs ou non.

-D'accord, dit-il après un instant d'hésitation. Je vous écoute.

-Ferme les yeux et concentre toi juste sur ma voix et détend toi.

Son apprentissage se passa bien et une fois qu'il eut appris comment visualiser l'obstacle dans son esprit, il avait du quitter Walburga car Molly l'appelait. Il apprit avec surprise qu'elle accompagnait toujours ses enfants lors des achats scolaires mais qu'elle avait fait une exception cette fois-ci pour ne pas qu'il se trouve seul une fois de plus. Il ne dit rien mais il s'en trouva bêtement touché, il avait l'intime conviction qu'il n'avait pas souvent droit à ce genre d'égard.

C'est pourquoi il se trouva debout à faire face à en ce moment. Elle lui fit signe de s'asseoir gentiment sur le canapé et Draco s'exécuta, s'asseyant sur le bout des fesses, le corps tendu et une irrépressible envie de s'enfuir lui saisissant le corps. , bien qu'elle sentit le malaise du jeune homme, fit mine de l'ignorer et se penchant pour sortir un sachet qu'il n'avait pas vu en entrant dans le salon. Là, elle le renversa sur la table et Draco écarquilla les yeux en voyant des pelotes de laines, du fil multicolore, des boutons travaillés et différentes aiguilles s'éparpiller sur la table.

-Aucun de mes enfants n'a jamais pris la peine d'apprendre, commença-t-elle à expliquer, ils n'ont ni la patiente ni la fibre artistique, mais tu es … plus délicat. Je me suis dit que ça te plairait. Par quoi veux-tu commencer ? Enfin si tu as envi de commencer.

-Je suis un garçon, fit-il vertement remarquer.

Elle sourit, heureusement de cette réaction. Il était très difficile d'obtenir une réaction du blond quand bien même un truc l'agaçait, mais il semblait que taquiner sa virilité soit suffisante pour lui arracher quelques mots.

-Et je le vois, rigola-t-elle, mais tu ne peux pas sortir, continua-t-elle tristement, et tu ne peux pas utiliser les livres de la bibliothèque. J'ai finalement peu de choses à t'offrir.

Il parut soudainement mal à l'aise et se trémoussa un moment sur son fauteuil. Ce que venait de dire avait fait un drôle d'écho dans sa poitrine et il sentait son cœur se comprimer douloureusement.

Il ne sut quoi répondre. Apprendre à coudre ? Tricoter ? Crocheter ? Broder ? Cette idée ne lui avait jamais effleuré l'esprit mais il se dit que cela ne lui déplaisait pas forcément. Autrefois, il aurait rejeté cette idée en bloque, la trouvant sans doute dégradante par rapport à son rang mais maintenant … il avait énormément de temps à tuer et cela l'occuperait forcément. En plus, il devait s'avouer qu'il adorait les vêtements et que cela l'agaçait de porter les vieux vêtements moldus de son époux. Alors il hocha timidement la tête envers la rousse qui sembla être soulagée qu'il accepte d'apprendre. Il avait envi de tout essayer, ses yeux virevoltaient entre tous les fils de différents types et différentes tailles, puis les boutons, les broches, les fermetures éclaires … Il ne savait que choisir.

-Commençons par le tricot, dit-elle, ça me paraît être le plus simple. Une fois que tu seras à l'aise, nous ferons le crocher puis la couture et enfin la broderie. Puis, je t'apprendrai les sortilèges associés. Ça te va ?

Et c'est ainsi que Draco Black commença son premier ouvrage, un bonnet.