Coucouuuu ! Et voilà, on se retrouve avec la journée à Pré-au-lard de Gabriella ! J'espère que ça vous plaira. Un grand merci au passage aux nouveaux reviewers, followers et à ceux qui mettent The Times Of Mischief en favoris ! Vous êtes top ! Je pars demain en vacances pendant une dizaine de jours, du coup je doute pouvoir poster de nouveau chapitre avant d'être rentrée. Mais promis, vous aurez le prochain avant septembre (ou début septembre). Voilà, bonne lecture !


Journée shopping avec une escorte rapprochée

J'avais pourtant prié Merlin très fort pendant la semaine pour qu'il me casse les deux jambes ou me trouve un moyen d'éviter la sortie à Pré-au-lard. Mais apparemment, il n'avait rien trouvé de concluant. Pire, les Gryffondor avaient commencé à prendre l'habitude de venir manger de temps à autre à notre table parce qu'ils nous avaient prises au mot, moi et mon excuse à deux noises, quand j'avais dit que je ne mangeais pas avec des perdants. Et puisqu'ils avaient remporté leur défi, je vous laisse deviner ce qu'il s'est passé dans leurs têtes …

La plupart du temps, je me contentais de les ignorer quand ils se tapaient l'incruste dans les couloirs ou aux heures de repas mais Merlin, qu'est-ce que c'était fatiguant ! Fort heureusement, leur venue restait rare et nous n'avions mangé ensemble que deux fois dans la semaine. Mais voilà, aujourd'hui c'était samedi et nous étions à Pré-au-lard. Il n'y avait aucun moyen de faire machine arrière. Etant donné que j'avais décidé de ne venir à Pré-au-lard qu'à partir de quatorze heures avec mes amis, les Gryffondor récupéreront ma garde vers seize heures et je devrai rester avec eux jusqu'à la fin de la sortie, soit deux heures plus tard.

Deux heures. J'allais devoir rester deux heures avec eux à Pré-au-lard. Pour beaucoup de filles ça ressemblait à un bout de paradis. Mais pas pour moi.

« Gabriella, tu ne te trouveras jamais rien si tu restes plantée là, le regard dans le vide. »

Je levai les yeux vers Cassy qui se trouvait de l'autre côté de la tringle, trop occupée à fouiller pour dénicher la fringue de ses rêves. Je roulai des yeux et souris, amusée.

« J'ai assez de vêtements comme ça. Occupe-toi plutôt de toi.
- Alors aide-moi ! » râla-t-elle.

Je ris et juste derrière Cassy, Gwen se retourna et me sourit d'un air entendu. Faire les boutiques avec Cassy était toujours quelque chose de comique.

« T'en penses quoi de ça ? » demandai-je en lui montrant un petit haut.

Elle leva la tête et l'observa par-dessus la tringle de vêtements qui nous séparait.

« C'est mignon, avoua-t-elle. Ça t'irait bien. »

Immédiatement, je soupirai d'amusement.

« Je parlais pour toi.
- Et moi pour toi, répondit-elle avec un sourire malicieux.
- Je n'achèterai rien, Cassy, déclarai-je, sûre de moi.
- D'accord, c'est ton choix. »

Je roulai des yeux devant ses enfantillages et reposai le haut sur la tringle avant de migrer du côté de Gwen. Si je restais avec Cassy, elle allait finir par me faire acheter quelque chose dont mes armoires n'avaient pas du tout besoin.

« Alors ? » demandai-je à ma meilleure amie, une fois que je fus à sa hauteur.

Elle regardait un étalage de foulards. L'un d'eux attira mon attention. Il était coloré mais de manière discrète, des petites touches de rouge par-ci, un peu de noir et des arabesques bleues par là. Il serait parfait pour la transition entre l'hiver et le printemps.

Gwen sembla remarquer que je le fixais et s'en empara avec un sourire malicieux. J'haussai les sourcils et elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule en direction de Cassy. Ensuite, elle reporta son attention sur moi et entreprit de passer le foulard autour de mon cou pour voir ce que cela donnait.

« Tu as l'air un peu fatiguée ces derniers temps, ça va ? » me demanda-t-elle dans un chuchotement en ajustant le foulard.

Je savais de quoi elle parlait. Ça faisait plus d'une semaine depuis que j'avais eu mon premier cauchemar sur l'attaque de ma maison. Et depuis cette nuit-là, je n'arrêtais pas d'en rêver. Quelques fois, le cauchemar se répétait plusieurs fois par nuit et je commençais à avoir du mal à cacher ma fatigue à mes amis.

La plupart du temps, je devais étouffer mes cris et mes pleurs dans mon oreiller en me réveillant. Mais ça devenait plus dur de les cacher au fil des nuits. Alors j'avais jeté un sortilège d'Impassibilité sur mes rideaux de baldaquins. Ainsi, une fois fermés, personne ne pourrait m'entendre pendant la nuit. Sauf que deux jours plus tôt, Gwen s'était levée pendant la nuit et elle avait compris ce qu'il se passait lorsqu'elle m'avait vue mais ne m'avait pas entendue.

J'avais été bien obligée de lui raconter ce qu'il s'était passé et je lui avais fait promettre de n'en parler à personne, même pas aux autres.

« Tu as rendez-vous avec Hazel demain, non ? »

Je lui avais aussi dit pour Hazel et ses rendez-vous. Bien sûr, j'avais omis le fait qu'Hazel était la mère de Potter. Pas besoin de livrer trop de détails.

« Tu devrais lui en parler, me conseilla-t-elle à voix basse.
- Ça ne va pas ? me braquai-je. Et si elle décide que je vais mal ? Et si elle me retire de l'école ? m'emportai-je en murmurant.
- Gabriella, essaya de me calmer Gwen de sa voix douce, ce ne sont que des cauchemars. Il n'y a rien d'anormal là-dedans.
- Et si c'est le préquel de quelque chose de pire ?
- Ecoute-moi, m'interrompit-elle en fixant ses yeux dans les miens si bien que je me sentis obligée de faire ce qu'elle disait. Tu as traversé quelque chose d'horrible. C'est normal que tu en cauchemardes. Il n'y a rien de bizarre. Tu vas en parler à Hazel et elle va te donner quelque chose pour t'aider à t'en sortir et à aller mieux, ok ? »

Je la regardais toujours dans les yeux. Elle semblait si déterminée qu'elle m'avait presque convaincue. Je n'acquiesçai pas. Je n'étais pas encore sûre de savoir si je voulais en parler avec Hazel. Alors à la place je baissai les yeux. Gwen dut prendre ça comme une victoire puisqu'elle reprit sa voix enjouée et un ton normal avant de me tourner vers le miroir qui trônait au-dessus de la table où étaient pliés les foulards.

« Tu devrais le prendre, il te va bien. »

Son reflet dans le miroir me sourit et je le lui rendis faiblement. C'est ce moment-là que Cassy choisit pour revenir en sautillant, décrétant qu'elle avait besoin de notre avis en cabine. Nous rîmes avant de la suivre pour qu'elle essaye ce qu'elle avait trouvé.


Finalement, Cassy avait fini par trouver son bonheur et nous avions rejoint Nathan et Theo aux Trois Balais pour se poser un peu. Evidemment, j'avais craqué et j'avais acheté le foulard mais ce n'était pas le plus important pour le moment.

Le plus important c'était que depuis le défi des Gryffondor, Cassy s'amusait à nous traiter de peureuses à tout va, à moi et à Gwen. Personnellement, ça ne me faisait ni chaud ni froid. Je n'étais pas particulièrement courageuse de nature. Mais plus les piques s'enchaînaient, plus Gwen semblait vouloir sortir de ses gonds.

« Admets juste, Gwen, que vous avez flippé comme des gosses.
- Pas du tout.
- Il n'y a rien de mal à manquer de courage, tu sais ? Ne sois pas aussi butée, rigola Cassy.
- Sauf que nous ne sommes pas peureuses, grinça l'autre.
- Moi si. » intervins-je.

Mais apparemment, mon aveu se noya au milieu de leur chamaillerie, ce qui fit rire Theo et Nathan qui étaient assis en face de nous. Merlin, pourquoi est-ce que mes amies mettaient un point d'honneur à vouloir être courageuses ? C'était idiot. Nous n'étions pas des Gryffondor.

« D'accord, tu as gagné. » avoua Gwen, ce qui arrêta momentanément la dispute.

Cassy, elle, semblait jubiler.

« On va te prouver qu'on est plus courageuses que tu ne le seras jamais, la défia ma meilleure amie. On va aller faire un tour dans la Cabane hurlante. Maintenant. »

Gros silence à notre table tandis que les yeux de tout le monde s'écarquillèrent. Pardon ?!

« Non, on ne va pas y aller, démentis-je en regardant Gwen comme si elle venait de tomber sur la tête.
- Si, on va y aller, répéta-t-elle en ne lâchant pas Cassy du regard.
- Non, Gwen, on n'ira-
- Ok, m'interrompit Cassy en souriant. J'arrête de vous embêter avec ça si vous y allez et que vous me ramenez une preuve. On vous attendra là. »

Qu'est-ce qui clochait chez mes amies pour qu'elles se défient ainsi ?! Je jetai un coup d'œil aux garçons mais apparemment, la situation leur échappait aussi.

« Parfait, grinça Gwen. Gabriella, lève-toi on y va.
- Que-Quoi ?! Non, Gwen, on ne peut pas y aller ! »

Mais trop tard, ma meilleure amie s'était déjà levée et partait en direction de la sortie. Je jetai un coup d'œil désemparé à mes amis qui haussèrent les épaules avant de jurer et de la suivre. Je la rattrapai dans la rue. Merlin, qu'est-ce qu'il faisait froid ! C'était vraiment une idée de merde !

« Tu m'expliques ? demandai-je, une fois à sa hauteur.
- T'expliquer quoi ? répliqua-t-elle, encore hargneuse.
- Ça ! C'était quoi ce combat entre toi et Cassy ?
- Rien ! C'est juste qu'elle m'énerve. Toujours à faire des réflexions aux autres mais dès qu'on lui en fait, elle tire la gueule. » grommela-t-elle.

Je roulai des yeux, amusée. Certes, Cassy pouvait être susceptible. Mais de là à ce que ça agace autant Gwen alors que d'habitude elle ne disait rien, il y avait un pas.

« Oh allez, Gwen, ça ne peut pas être que ça. Tu ne t'es jamais énervée pour si peu malgré que Cassy peut être chiante quand elle s'y met, je te l'accorde. »

Gwen rigola avant de s'arrêter et de lever la tête vers moi, soupirant.

« C'est juste que j'ai pas trop la tête à ça en ce moment. Tu sais si je suis rentrée à Noël c'est parce que mon grand-père n'allait pas très bien. Je me fais encore du souci pour lui, avoua-t-elle en se mordant la lèvre d'un air coupable.
- Oh, désolé, tu ne voulais peut-être pas en parler.
- Non, ça va. Je me sens juste un peu mal de t'en parler. »

Elle me fit un petit sourire et je fronçai les sourcils. J'allais lui demander pourquoi quand la réponse s'imposa d'elle-même dans mon esprit et je lui servis un regard de reproches.

« Tu as le droit de te sentir mal, tu sais.
- Pas après ce qui t'est arrivé. C'est dérisoire.
- Rien n'est dérisoire ! m'estomaquai-je. C'est normal de te sentir mal pour ta famille. »

Je passai mon bras autour de ses épaules et lui souris.

« Et maintenant, on va retourner aux Trois Balais avant de se transformer en glaçons pour que toi et Cassy puissiez vous excuser, ok ? »

Gwen fit la moue et leva les yeux vers moi. Oh non, pas les yeux de chien battu …

« En fait, j'aimerais quand même aller à la Cabane hurlante. Je suis curieuse. »

Je laissai retomber mes bras le long de mon corps dans un geste dramatique. Sérieux ? J'essayai de négocier avec Gwen en lui servant mon regard de supplication le plus poussé mais sa moue d'enfant eut raison de moi. Je pointai mon doigt entre ses deux yeux pour être claire :

« Ok mais on fait juste un petit tour et on s'en va.
- T'es géniale ! »

Et Gwen partit en sautillant vers la Cabane hurlante en me traînant par la main. J'étais presque sûre que j'allais le regretter.


« C'est bon, tu l'as vue, on peut y aller maintenant ? » m'impatientai-je.

Ça faisait bien cinq minutes que nous étions plantées devant le portail en fer rouillé qui entourait le jardin autour de la Cabane hurlante.

« Je veux aller à l'intérieur ! »

Sa demande me coupa le souffle alors que ses yeux brillaient d'excitation. Les miens en revanche devaient être ronds comme des Souafles tant l'idée ne me plaisait pas.

« Tu rigoles, j'espère ? T'as entendu ce qu'on dit sur cette maison ?
- Oui qu'elle est hantée. Mais Gaby, tu réalises que des fantômes on en a pleins au château ? Pas de quoi avoir peur. »

Je me pinçai l'arête du nez et fermai fort les yeux. Parfois j'avais l'impression d'être la seule adulte dans mon groupe d'amis.

« Gwen, même les habitants de Pré-au-lard en ont peur. Je crois que c'est parce qu'il y a une raison, sifflai-je avec sarcasme.
- Dans ce cas-là, on va aller vérifier. »

J'allais protester quand elle ouvrit le portail. Le grincement sinistre qu'il émit me fila la chair de poule et un grand frisson me parcourut tandis que mon amie s'avançait déjà dans le jardin, heureuse comme une enfant ouvrant ses cadeaux à Noël.

« Je suis en talons, rappelai-je à mon amie en baissant les yeux vers mes bottines.
- Compensées, rétorqua Gwen en traversant le jardin. Et puis t'es une sang-pur, c'est votre job de savoir marcher avec grâce dans n'importe quelles situations.
- Quel genre de racisme c'est ça ? protestai-je, les bras croisés sur ma poitrine.
- Oh allez, arrête de te plaindre et ramène-toi ! »

Je fronçai les sourcils en signe de mécontentement avant d'étouffer un juron et de me décider à la rejoindre. Elle se tenait devant la maison qui grinçait à chaque coup de vent. Si vous voulez mon avis, ça relevait du miracle qu'elle ne se soit pas encore écroulée. Et avec ma chance légendaire, elle allait rendre l'âme dès que j'aurai mis un pied dedans.

« T'es sûre que tu veux rentrer ? » gémis-je.

Mais mon amie vagabondait déjà autour de la vieille maison, cherchant une entrée car la porte et les fenêtres de devant étaient condamnées par de grandes lattes de bois clouées en travers. Cependant, c'était mal connaître Gwyneth et son côté entêté.

« Aide-moi Gabriella, on va enlever les planches.
- Gwen, tu ne crois pas qu'on va avoir des problèmes ? soupirai-je en m'approchant.
- Mais non, personne ne nous voit d'ici et puis, on ne va rien faire de mal. Juste entrer, regarder et ressortir. »

Certes, nous étions maintenant de l'autre côté de la maison et les passants ne pouvaient pas nous voir mais quand même. Malgré tout, je pris sur moi pour faire plaisir à ma meilleure amie et je l'aidai à dégager l'accès à une fenêtre du rez-de-chaussée.

Gwen ne perdit pas une minute pour l'enjamber avec précaution et rentrer. Je soupirai et gémis. On ne devrait pas faire ça. Mais je la suivis quand même. Ce n'est pas comme si je pouvais m'enfuir et la laisser là. Même si l'envie ne me manquait pas de le faire.

Nous étions dans un couloir plutôt étroit et à notre droite, un escalier descendait. Au bout du couloir, un escalier montait lui vers l'étage de la maison. La Cabane était carrément sinistre et me faisait froid dans le dos. A chaque bourrasque de vent, chaque centimètre de la maison se mettait à grincer de manière peut accueillante.

« La poussière ça compte comme objet à ramener ? » demandai-je en voyant les traces de mes semelles s'imprimer sur les lattes en bois.

J'entendis Gwen rire quelque part dans le rez-de-chaussée.

« Tu penses qu'elle est abandonnée depuis combien de temps ? me demanda-t-elle.
- Je ne sais pas, trop longtemps sûrement. »

Cet endroit était un vrai nid à poussière. C'était vraiment affreux. Voilà qui ferait le bonheur d'un elfe de maison. Je continuai d'avancer dans le couloir, faisant grincer le plancher à chaque pas et jetant un coup d'œil aux pièces à côté desquelles je passais.

« J'aimerais bien savoir ce qu'il s'est passé ici, avoua Gwen . Sérieusement, on dirait qu'un ouragan est passé par ici !
- Un ouragan ou une attaque, murmurai-je à moi-même en contemplant ce qu'il restait de la porte devant moi. Gwen ! Viens donc voir ça ! »

Mon amie rappliqua aussitôt. Je poussai délicatement la vieille porte de bois miteuse dont la partie inférieure semblait avoir été arrachée. Dans un grincement assourdissant, elle s'ouvrit et donna lieu sur ce qu'il semblait avoir été le salon, compte-tenu de la cheminée présente et de quelques fauteuils.

Je partis sur la droite pour faire minutieusement le tour de la pièce. Tout était sans dessus-dessous, les meubles étaient cassés, en lambeaux et les fauteuils étaient éventrés. Sur un des murs, une marque attira mon attention. C'est une griffure. Longue, large et profonde. Je fronçai les sourcils et m'accroupis pour avoir les yeux à sa hauteur. Je passai la main dans les entailles aussi profondes que la hauteur de mon doigt. Je fronçai les sourcils, intriguée.

« Woh, c'est carrément flippant, souffla Gwen dans mon dos en se penchant vers la griffure. Un loup tu crois ?
- Impossible. Regarde, il y a cinq marques, plutôt espacées. Une patte de loup ne comporte de quatre griffes rapprochées. Et même, un loup ne serait pas capable de faire une entaille aussi profonde. »

Je contemplai la marque, songeuse. Un loup ne serait jamais rentré dans la Cabane hurlante. Bien qu'abandonnée, elle était en périphérie de ville, en terrain découvert. Les loups fuyaient les humains comme l'éclabouille et de toute façon, ils n'auraient aucune raison de venir ici, il n'y avait rien pour eux.

« Alors c'est quoi ? s'interrogea Gwen.
- Aucune idée, avouai-je. Mais en tout cas, ce n'est pas un loup. C'est quelque chose de beaucoup plus sauvage. De beaucoup plus dangereux. »

Nous échangeâmes un long regard.

« Et si ça avait un rapport avec le fait que la maison ait été abandonnée ? Je ne sais pas, une attaque d'animaux magiques par exemple ? proposa mon amie.
- Quelque chose qui aurait entraîné la mort des habitants. Ou tout au moins leurs fuites et le caractère hanté de la maison, par extension. » supposai-je.

Elle acquiesça. Cette histoire m'intriguait. J'avais bien envie de faire des recherches là-dessus et j'étais sûre que Gwen serait de mon avis.

Gwen quitta la pièce et je restai un moment face à la griffure, sourcils froncés. J'étais pourtant sûre de connaître ce genre de marques. Après plusieurs minutes, mon amie me sortit de mes pensées, m'appelant. Je quittai la pièce, à sa recherche.

« T'es où ?
- En bas, descends l'escalier ! »

Avec précaution, je m'exécutai, n'ayant pas envie de voir mon pied traverser une latte de plancher moisie. Je me penchai par-dessus la rampe et aperçus Gwen accroupie devant une trappe. Elle leva la tête, un grand sourire ornant son visage.

« Regarde ce que j'ai trouvé. »

Je fronçai les sourcils et la rejoignis alors qu'elle ouvrait la trappe dans un nuage de poussière.

« C'est quoi ? Une cave ? demandai-je.
- On ne dirait pas. »

Une échelle était appuyée contre le bord de la trappe et Gwen la secoua un peu pour vérifier qu'elle était solide.

« Je vais jeter un coup d'œil. »

Avant que je n'aie pu protester, elle était déjà descendue. Je m'agenouillai sur le sol et me penchai pour distinguer mon amie dans l'obscurité. Sa baguette l'éclairait. Le passage était largement assez grand pour qu'elle puisse se tenir debout. La galerie devait bien faire deux mètres de haut et elle semblait assez large pour que plusieurs personnes puissent marcher dedans côte à côte d'après ce que j'en voyais.

« Tu penses que ça mène où ?
- Je ne sais pas, avoua Gwen. Je n'arrive pas à distinguer le bout du tunnel. Tu m'accompagnes ?
- Non mais ça va pas ? m'estomaquai-je. Ce truc est probablement plus vieux que Merlin ! m'exclamai-je en balayant la maison d'un large mouvement de bras. Et si ça nous tombe dessus ?!
- Ça a l'air en plutôt bonne état comme passage si on compare avec le reste de la maison, fit remarquer Gwen en murmurant, détaillant l'endroit avec minutie.
- Je m'en fous, remonte ! On n'ira nulle part ! »

J'allais lui exposer les mille et une raisons pour lesquelles nous ferions mieux de partir quand un bruit de verre qui se brise se fit entendre au rez-de-chaussée. Je sursautai et attrapai ma baguette, le cœur battant comme jamais.

« C'était quoi ? chuchotai-je en fixant l'escalier, craignant que quelqu'un arrive.
- Aucune idée.
- Merlin, je vais me pisser dessus. » grognai-je, pas rassurée.

Nous attendîmes sans faire un bruit pour essayer d'entendre si quelqu'un était entré. Mais la maison restait plongée dans le plus grand des silences. et seul le vent la faisait grincer de temps à autre.

« Je te jure que si c'est une blague des autres, je vais les tuer ! grinçai-je entre mes dents.
- C'est probablement un coup de vent qui a fait tomber quelque chose. » proposa Gwen en remontant l'échelle.

Je fis la moue, pas vraiment convaincue. Mais c'était sûrement mon côté froussarde de l'extrême qui parlait.

« Est-ce qu'on peut partir maintenant ? » la suppliai-je avec mon regard d'enfant pourrie gâtée.

Gwen soupira. Je la connaissais assez pour savoir qu'elle aurait voulu continuer à fouiner toute la journée dans la Cabane hurlante. Mais finalement elle acquiesça, disant que les autres allaient s'inquiéter.

Soulagée de pouvoir enfin sortir de cette maudite maison, je remontai au rez-de-chaussée, mon amie sur les talons, pour emprunter à nouveau le passage dans la fenêtre.

« Tiens ça. » me dit-elle en me tendant un bibelot poussiéreux tandis qu'elle enjambait la fenêtre et remettait les planches en place d'un coup de baguette.

Je la vis alors enfouir l'objet dans son sac et je fronçai les sourcils.

« Tu ne vas pas le montrer à Cassy ? »

Gwen rougit, visiblement embarrassée.

« Est-ce qu'on peut faire comme si on n'était jamais rentrées ? » quémanda-t-elle avec une grimace.

J'eus du mal à masquer ma surprise. Ce n'était pas vraiment le genre de réplique que Gwen aurait sorti. Ses yeux brillaient encore d'excitation alors pourquoi est-ce qu'elle voulait cacher notre escapade à nos amis ?

« Ecoute, ce truc a l'air d'avoir de la valeur, exposa-t-elle en désignant son sac qui renfermait le bibelot. Si on fait des recherches, on peut peut-être trouver à qui il appartenait. Et avec un peu de chance, on trouvera ce qui est arrivait à la Cabane hurlante, pourquoi elle a une mauvaise réputation et surtout, l'utilité du tunnel et où il mène ! Avoue que ça t'intrigue autant que moi ! »

Je ris devant son enthousiasme enfantin. Mais elle n'avait pas tout à fait tort. La Cabane m'intriguait et plus spécifiquement les marques que nous avions vues dans le salon. Peut-être que je pourrais trouver à quoi ça correspondait en faisant des recherches.

« D'accord, d'accord, avouai-je avec un sourire. Mais pourquoi tu ne veux pas en parler aux autres ?
- Égoïsme, je suppose. Et puis si on ne trouve rien de concluant, on sera déçues. Pas besoin de leur en parler tant qu'on n'a pas de piste potable. »

J'acquiesçai. Ça se tenait. Et puis je devais bien avouer qu'imaginer la tête de nos trois amis quand on leur expliquerait qu'on avait réussi à percer le secret de la Cabane hurlante, ça avait un côté plutôt attirant et jouissif.

Je souriais à cette pensée quand, en baissant la tête, un détail me percuta et me força à m'arrêter alors que Gwen continuait d'avancer, énumérant les endroits géniaux auxquels le tunnel pouvait mener. Comme Poudlard.

« T'imagines si c'est le cas ? On pourra aller acheter des friandises chez Honeydukes quand on veut ! »

Sauf que les friandises n'étaient pas ma préoccupation sur le moment. J'avais les yeux rivés sur des empreintes de pas dans la neige. Elles venaient du portail et en les suivant du regard, je m'aperçus qu'elles suivaient le même cheminement que Gwen et moi lorsque nous étions arrivées, à savoir qu'elles contournaient la maison par la droite, vers le passage que nous avions ouvert en déplaçant les lattes de bois.

Jusque-là, rien de bien anormal. Sauf que quand je positionnai mon pied à côté d'une des empreintes, faisant craquer la neige en appuyant dessus, avant de le retirer, je remarquai que mon empreinte de pied était bien plus petite que celle qui se dirigeait vers la maison.

Je sentis mon cœur s'accélérer et levai brusquement la tête vers la maison, cherchant si quelqu'un nous observer depuis l'intérieur, derrière une fenêtre. Cependant, j'eus beau faire vagabonder mes yeux sur toute la façade de la bâtisse, je ne vis rien.

« Un problème ? » demanda Gwen depuis le portail avec une voix inquiète.

Je l'entendis traverser à nouveau le jardin pour me rejoindre.

« Ce ne sont pas nos empreintes. » soufflai-je.

Je continuai à scruter la Cabane hurlante, les sourcils froncés alors que je vis du coin de l'œil mon amie baisser les yeux vers la neige.

« Bien sûr que si. Quatre pieds allant vers la Cabane, c'est forcément nous.
- Sauf que je ne me souviens pas chausser du 43. »

Je finis par reporter mon attention sur mon amie qui ne semblait visiblement pas comment intégrer les informations. Si elle avait trouvé l'exploration de la Cabane excitante, là, elle avait l'être mal à l'aise, voire apeurée. Mais je ne pouvais pas lui en vouloir, j'étais dans le même état.

Et si quelqu'un était entré après nous en nous suivant sans qu'on s'en rende compte ? Et si le bruit de verre brisé c'était bel et bien quelqu'un et non le vent ? Et s'il nous observait en ce moment ?

Je devrais sûrement trembler à l'idée que ce soit un professeur ou un adulte prêt à nous sermonner et nous punir. Mais j'étais trop occupée à trembler à l'idée que ça pouvait être un psychopathe.

Gwen m'attrapa par la manche de mon manteau.

« Bon eh bien, on est dans un monde magique, près de la maison la plus hantée de Grande Bretagne. C'est peut-être l'homme invisible, tenta-t-elle pour nous rassurer.
- L'homme invisible ? Vraiment ? »

Je n'avais pas pu m'en empêcher. La peur me rendait sarcastique. Je veux dire, plus qu'à l'ordinaire évidemment.

« On y va, ordonna Gwen d'une voix douce. Les autres vont s'inquiéter ou se douter d'un truc. »

Et elle m'entraîna vers le portail, m'obligeant à détourner les yeux de la vieille maison.


« Pourquoi vous attendez avec moi ? » soupirai-je.

C'était stupide. Je me sentais comme un gosse que ses parents tiennent par la main le jour de sa première rentrée à Poudlard. Et je ne savais même pas ce que ça faisait parce que mes parents ne m'avaient même pas accompagnée !

« Au cas où qu'il t'arrive un truc, répondit Nathan avec son sourire rieur.
- Dans ce cas, cachez-moi quelque part ! les suppliai-je.
- Tu sais bien qu'on ne peut pas. » me rappela Cassy.

Je grognai et roulai des yeux avant de jeter un coup d'œil à ma montre. Il était seize heures passées et nous attendions près des Trois Balais que les Gryffondor viennent me chercher pour que je puisse passer le reste de ma journée avec eux. Génial.

Comme convenu avec Gwen, nous avions prétendu n'être jamais entrées dans la Cabane. A peine étions-nous revenues aux Trois Balais que Cassy avait sauté sur Gwen, l'étouffant dans un câlin de maman poule qu'elle seule avait le secret tout en déblatérant mille excuses à la seconde, ce qui nous avait fait beaucoup rire.

Mon esprit était toujours préoccupé par la Cabane hurlante, le tunnel, les marques dans le salon et surtout les empreintes de pas mystérieuses qui me filaient des frissons à chaque fois que j'y repensais.

J'aurais aimé pouvoir en parler à Nathan parce qu'il aurait sûrement élucidé le mystère en un claquement de doigts. Ou alors il aurait trouvé une théorie tout à fait probable qui m'aurait empêché de trembler comme une feuille et de me faire un sang d'encre. Mais j'avais promis à Gwen de ne rien dire à personne. Même si je détestais mentir à Nathan.

Alors depuis notre retour, je me contentais d'éviter le contact visuel avec mon meilleur ami. Ce qui, en fait, se révélait sûrement être la preuve la plus accablante que je lui cachais définitivement quelque chose. Je n'aimais pas lui cacher des choses. Principalement parce qu'il savait toujours quand c'était le cas et que je me sentais encore plus coupable de ne rien lui dire.

Je fus sortie de mes pensées par Theo qui venait de s'exclamer avec joie :

« Enfin, vous voilà ! »

Je vis les quatre Gryffondor traverser la rue et venir vers nous, leurs éternels sourires aux lèvres, sûrement à cause d'une blague qui venait d'être balancée par l'un ou l'autre.

« Désolé du retard, on n'arrivait pas à sortir James et Sirius de chez Zonko, s'excusa Peter, les joues rosies par le froid.
- Tu rigoles, j'espère ?! C'est Remus qui a mis trois plombes chez Scribenpenne ! »

L'interpellé leva les yeux et soupira au ciel face à la remarque de Potter.

« N'importe quoi. »

Leur petite dispute fit rire ou sourire mes amis mais ma seule réaction fut de lever les sourcils d'un air exaspéré.

« Bon ben te voilà entre de bonnes mains, m'encouragea Nathan en me poussant dans le dos pour que je rejoigne les Gryffondor. A tout à l'heure et ramenez-la en un seul morceau ! »

Je tournai la tête et lançai un dernier regard de détresse à mes amis qui s'en allait déjà sans un coup d'œil en arrière pour leur pauvre amie qu'ils laissaient sans hésitation avec ces quatre idiots.

« Ok, mettons les choses au clair dès maintenant, commençai-je en me tournant à nouveau vers mes nouvelles nounous. Je ne sais pas ce que vous avez prévu de me faire faire mais je n'enfreindrai pas le règlement pour vous.
- C'est vraiment drôle que tu dises ça quand on pense qu'il y a peu de temps, tu vagabondais dans les couloirs la nuit pour une chasse au trésor. »

Je servis un regard noir à Black alors qu'il me souriait, visiblement fier de lui.

« C'est différent, répliquai-je. Je me battais pour ma liberté.
- Peut-être. Mais ça ne change pas le fait qu'on a réussi à te faire enfreindre le règlement. Plutôt facilement en plus. »

Potter siffla pour accentuer le fait que je n'avais rien à répliquer, ce qui me donnait franchement envie d'enfoncer les yeux de Black dans leurs orbites.

« Ok, tu sais quoi ? »

Black haussa un sourcil, amusé, les mains dans les poches de son jean et attendant la suite.

« Emmenez-moi juste quelque part où je ne risque pas de me transformer en glaçon, grognai-je en enfonçant mes mains dans les poches de mon manteau.
- Vos désirs sont des ordres, princesse ! » s'exclama Black en faisant une révérence stupide.

Je levai les yeux au ciel et les suivis dans la rue. Je marchais derrière eux et Remus ne tarda pas à ralentir le pas pour se mettre à ma hauteur.

« Ne t'inquiète pas, ils ne sont pas aussi chiants que ça quand on arrive à faire abstraction de quelques trucs. »

Il me sourit et je le lui rendis sans même m'en rendre compte.

« Au fait, en passant, j'ai fait un tour à la librairie et j'ai trouvé un livre qui pourrait nous être utile pour notre traduction de Runes. Je l'ai pris dans le doute, fais-moi penser à te le passer pour que tu me dises ce que tu en penses. »

A nouveau il me servit un sourire gentil et j'hochai la tête. J'allais quand même lui proposer de le rembourser de moitié puisque c'était pour un devoir commun quand Black, qui avait ralenti aussi, passa son bras autour de mes épaules en brayant.

« De quoi vous parlez, tous les deux ?
- Ça ne te regarde pas. » répondis-je en un peu sèchement en me dégageant de son emprise.

Black eut un mouvement de recul, un peu sonné que je l'envoie balader ainsi. Remus, lui, éclata de rire.

« Remus, viens donc nous expliquer ce qu'il y a de si drôle ! » l'appela Potter, quelques mètres plus loin.

Lupin hésita en laissant vagabonder ses yeux de Black à moi avant de rattraper les deux autres, accélérant le pas. Me voilà donc marchant côte à côte avec Sirius Black dans le plus grand des silences. En même temps, ce n'est pas comme si on avait beaucoup de choses à se raconter tous les deux.

« Pourquoi tu ne peux pas agir gentiment avec nous comme tu le fais avec tes amis ? lâcha finalement Black en soupirant et en passant la main dans ses cheveux, exaspéré. Tu pourrais être tellement sympa au lieu de faire ta reine des glaces !
- Peut-être parce que justement ... vous n'êtes pas mes amis. » fis-je remarquer avec cynisme.

Je levai les yeux vers Black qui me regardait d'un air de papa qui réprimande ses enfants. Bien qu'entre nous, j'avais du mal à imaginer Black avec des gosses. Sûrement parce qu'on pouvait se poser la question de savoir qui serait le plus immature entre lui et sa progéniture.

« T'as pas l'air de t'amuser.
- J'ai jamais demandé à vous accompagner, répliquai-je en croisant les bras d'un air boudeur et ennuyé.
- Tu pourrais faire un effort, c'est pas la mer à boire, fit-il remarquer en roulant des yeux.
- Juste pour te donner une idée, à l'heure actuelle, je préférerais me parfumer d'une essence « attrape-loups-garous » et me balader dans la Forêt Interdite une nuit de pleine lune plutôt que de rester là avec vous. »

Je lui servis l'esquisse d'un rapide sourire ironique pour ponctuer ma comparaison. Je poussais peut-être le bouchon un peu loin mais bon. La réaction de Black par contre me surprit puisque ses yeux s'écarquillèrent d'étonnement avant que ses sourcils ne se froncent en signe de perplexité.

« Ok, alors premièrement, il n'y a pas de loups-garous qui se trimballent dans la Forêt Interdite, crois-nous, rit-il.
- Est-ce que c'est un aveu de fraude au règlement ? »

Je le toisai, les bras croisés et un sourire en coin, fière de pouvoir le moucher comme il l'avait fait pour moi un peu plus tôt. Sauf que contrairement à moi, Black le prit à la rigolade puisqu'il eut un sourire amusé sur les lèvres.

« Deuxièmement, tu as un problème avec les loups-garous ? Parce que ce que tu dis est affreusement raciste. »

Maintenant, il semblait un peu remonté et j'avais vraiment l'impression de me faire réprimander comme quand j'étais enfant. C'était comme quand nos parents nous grondaient en nous expliquant qu'il y avait des choses qu'on pouvait dire et d'autres non.

Ses yeux ne me quittaient pas, attendant fermement une réponse. Je me sentis rougir jusqu'à la racine de mes cheveux. Pas d'embarras ou de gêne mais vraiment comme si je me faisais prendre la main dans le sac par mes parents. En d'autres termes, il me faisait me sentir honteuse de mon comportement et je ne comprenais même pas pourquoi. Je fronçai les sourcils devant sa réaction que je trouvais un peu excessive.

« Je n'ai aucun problème avec eux. Pas plus ou moins que la majeure partie de la population en tout cas.
- Donc tu as un problème. » soupira-t-il.

Ses yeux me quittèrent et il passa la main dans ses cheveux comme s'il s'en fichait mais je voyais bien au ton froid qu'il avait employé qu'il m'avait fait une sorte de reproche.

« Pas toi ? me risquai-je.
- Aucun. »

L'affirmation était claire et sans appel. Clairement, Black me signalait que la conversation était finie et que je l'agaçais. Loin devant nous, Potter, Lupin et Pettigrow venaient d'ouvrir la porte d'un magasin, le sourire aux lèvres, en nous faisant signe de nous dépêcher avant d'entrer.

Je trouvais la froideur de Black un peu exagérée et je n'aurais sûrement rien ajouté si je n'avais pas été moi-même tracassé par tout ce qui m'arrivait en ce moment : la Cabane hurlante, mes cauchemars, le manque de ma famille, … J'étais sur les nerfs et une confrontation avec Black me sembla bienvenue pour évacuer tout ça.

« Donc, tu maintiens que si un jour tu as le malheur de tomber sur un loup-garou pendant une nuit de pleine lune, tu préféreras lui dire « Eh copain, s'il te plait, évite de me manger vivant parce qu'on était meilleur pote avant la pleine lune » au lieu de t'enfuir en courant ? Stupide. »

Et comme d'habitude, le sarcasme était ma meilleure arme. Le regard que Black me servit me fit froid dans le dos. Perçant et noir. J'étais peut-être allée trop loin. J'aurais peut-être dû m'abstenir mais après tout, j'avais encore le droit d'avoir une opinion.

« Je n'ai pas peur des lycanthropes, siffla Black en dardant ses yeux dans les miens en signe de défi.
- Moi non plus, répondis-je sur le même ton. J'ai peur des loups-garous, c'est différent.
- Est-ce que tu te rends compte de combien tu es blessante ? » me fit-il remarquer avec une grimace choquée et dégoûtée, je pense.

Pour toute réponse, j'haussai les épaules d'un air nonchalant. Je n'avais pas remarqué que nous avions atteint la porte d'entrée du magasin et que nous étions face à face.

« Je m'en fiche, je dis la vérité.
- Tu es probablement une des personnes les plus fermées d'esprit que je connaisse. »

Son accusation me fit ouvrir la bouche de surprise et j'eus un mouvement de recul, sous le choc. Comment pouvait-il balancer un truc pareil ? Je ne l'avais pas attaqué personnellement que je sache !

« Woh, je t'arrête là. N'essaye pas de tirer tes petites conclusions, tu ne me connais pas, on n'est pas amis. » le prévins-je.

Je m'étais rapprochée de lui sous le coup de ma menace et je le fusillais du regard. Il semblait se retenir d'exploser, sûrement parce que j'étais une fille et que a) même si l'envie le démangeait, il ne pouvait pas me frapper, et b) s'il se mettait à m'insulter, il prenait le risque de se retrouver avec une fille fondant en larmes au milieu de la rue sur les bras. Ce qui dans un cas comme dans l'autre ne lui rendrait pas service.

Je serrai la mâchoire et rentrai rageusement dans le magasin, faisant tinter la clochette au-dessus de la porte, pour montrer que la conversation était finie et qu'il m'avait, au passage, énormément énervée.

Alors que je venais de passer la porte, je fus obligée de me baisser pour éviter de recevoir en plein visage un objet qui ressemblait étrangement à un savon. Je me retournai pour voir que Black l'avait aussi - malheureusement - évité en s'écartant sur le côté. L'objet gisait par terre et c'était bel et bien un savon qui à présent s'enfuyait dans la neige en faisant des bonds.

« Sirius, ferme donc la porte avant que d'autres marchandises ne se fassent la malle ! » s'écria une voix mais je ne parvins pas à trouver son propriétaire dans le magasin. C'était sûrement le gérant.

Black me poussa en avant sans un mot pour entrer dans le magasin, fermant la porte derrière lui et je dus me retenir de claquer ma langue contre mon palais en signe d'agacement.

« Pourquoi on est chez Zonko ? demandai-je, perplexe et contemplant le magasin. Vous en sortez juste non ? »

Black haussa les épaules en me passant devant, tournant la tête par-dessus son épaule pour me parler alors que je le suivais.

« Tu passes bien tout ton temps à la bibliothèque et c'est pas comme si les livres allaient changer. » répliqua-t-il un peu froidement.

Je me retins de faire un commentaire. Premièrement parce que je n'avais rien à répondre et deuxièmement parce que je n'avais pas envie de le mettre plus en colère que ce n'était déjà fait. Pas que je me souciais de lui et de ses états d'âme. Mais tant qu'à rester deux heures avec eux, autant arrêter d'être sur la défensive. Et puis, le temps passait toujours plus lentement quand on s'ennuyait alors il valait mieux que j'essaye de m'amuser un peu.

Je ne me souvenais plus de la dernière fois que j'étais allée chez Zonko. Ce n'était pas vraiment le genre d'endroit que j'affectionnais avec mes amis. On s'y arrêtait occasionnellement pour voir les nouveautés et s'amuser un peu avec dans le magasin mais ça s'arrêtait généralement là. Alors que pour les Gryffondor, Zonko devait être le paradis sur terre. Voire une sorte de quartier général ou de passage obligatoire.

Black m'avait conduite droit vers le fond du magasin et il avait ouvert une porte, me la tenant tout en me faisant signe de passer devant.

« Ça mène où ? me méfiai-je en tentant de voir où l'escalier de bois allait.
- Tu sais, commença-t-il d'un ton badin, on se doute que tu as déjà vu Zonko. Mais ce que tu ne dois pas connaître c'est l'envers du décor. »

Un petit sourire était sur ses lèvres, le même qu'habituellement. Visiblement, il semblait s'être calmé ou alors il faisait comme si, et je décidai que c'était à mon tour de faire un pas vers lui, littéralement et physiquement, pour que tout aille pour le mieux. Je m'avançai alors et passai devant lui pour descendre l'escalier, Black derrière moi.

« Enfin vous voilà ! On commençait à s'inquiéter ! s'exclama Potter en nous voyant.
- Désolé, Gabriella a glissé sur du verglas, mentit Black.
- Oh Merlin ! Ça va ? Tu ne t'es pas fait mal ? me demanda Peter en fronçant les sourcils, soucieux.
- Non ça va merci, le rassurai-je avec un petit sourire. Il … Sirius m'a rattrapée. »

C'était probablement la première fois que je l'appelais par son prénom, tout du moins devant lui et ses amis. Ça me mettait mal à l'aise mais c'était le moins que je puisse faire pour rendre les choses plus normales. Après tout, je ne pouvais pas continuer à le désigner comme « il » alors qu'il était dans la même pièce que moi. Ce serait mal poli.

Black me poussa doucement dans le dos pour que j'avance. Rien à voir avec sa brusquerie de tout à l'heure quand nous étions entrés dans le magasin. Les trois autres garçons se tenaient debout autour d'une table et me souriaient d'un air accueillant et encourageant.

Je me sentis soudainement gênée. J'avais un peu l'impression de violer leur intimité. Ou tout du moins, ils m'emmenaient dans un endroit qui avait l'air de leur être familier et cher. Des cartons étaient empilés partout dans la pièce, le long des murs. Certains étaient ouverts, d'autres non. Mes yeux revinrent vers les garçons autour de la table qui fouillaient dans le carton posé dessus. Je continuai d'observer la pièce.

Peut-être que je réfléchissais trop. Peut-être que je n'avais aucune raison d'être aussi timide. Peut-être que je n'étais pas la première personne qu'ils emmenaient ici. Ou peut-être que je l'étais.

Quelque part, je crois que ça m'effrayait un peu de penser qu'ils me livraient sans hésitation une petite partie de leur jardin secret et d'eux-mêmes alors que nous ne nous connaissions pas tellement. Je ne l'avouerai probablement jamais à voix haute mais j'étais touchée par leur geste.

Sans même m'en rendre, je souriais en découvrant cette pièce carrée remplie de cartons et aux murs poussiéreux. Elle n'avait rien d'extraordinaire. Mais elle semblait remplie de tellement joie. Je ne pensais pas qu'il soit possible que quelqu'un ait déjà pleuré ici. La seule source de lumière était une simple ampoule, accrochée au plafond au-dessus de la table. Même la lumière qu'elle dégageait, vacillante et incertaine était chaleureuse et non pas inquiétante.

Et pendant un instant, tout ça, la conversation animée et enthousiaste des quatre garçons, leurs rires, leurs désaccords sur quelque chose qui m'avait échappé, l'ambiance chaleureuse de la pièce, la petite ampoule au-dessus de leurs têtes, tout me fit réaliser à quel point ça m'avait manqué d'être une adolescente insouciante et heureuse.

Une porte claqua dans le coin droit au fond de la pièce et je me rendis compte que mes yeux étaient légèrement humides. Je les essuyai rapidement d'un revers de la main. Les garçons avaient tourné la tête vers le nouvel arrivant et n'avaient heureusement pas fait attention à moi.

« Ah ! Je me demandais quand vous alliez descendre ! Vous êtes restés en haut tout à l'heure. »

Les garçons rirent tandis qu'un homme plutôt petit et rondouillard mais au visage éclairé d'un grand sourire et de deux grands yeux rieurs s'avançait vers eux pour les saluer chaleureusement d'une accolade chacun. En saluant le dernier, à savoir Remus, l'homme me vit et son sourire disparut. Tous les traits de son visage se détendirent et j'eus peur qu'il ne me mette à la porte.

Mais ses yeux ne m'avaient pas quittée quand, en l'espace de quelques secondes, il retrouva son sourire et ses yeux brillants de malice.

« Qui est cette mignonne jeune fille ? » s'exclama-t-il en s'avançant vers moi, excité comme s'il venait de recevoir un cadeau.

Je me sentis mal à l'aise. Je ne savais pas comment me présenter.

« C'est une camarade de classe, répondit Black pour moi.
- J'espère que ça ne dérange pas qu'on l'ait faite descendre. On aurait peut-être dû demander avant, enchaîna Remus d'une voix coupable.
- Oh non, pas de problème ! » assura-t-il de sa voix forte.

En fait, il criait presque quand il s'exprimait mais ça ne me dérangeait pas. C'était le genre de personne qui parle fort mais toujours dans l'optique de vous donner envie de sourire. Et il y arrivait.

« Vous pouvez emmener qui vous voulez ! Après tout, je me vois mal vous refuser ça quand on sait que vous représentez la moitié de mon chiffre d'affaire, bougonna-t-il.
- Seulement la moitié ? plaisanta Pettigrow.
- C'est parce que je vous fais des réductions ! »

Les quatre garçons rirent comme si ça faisait des années qu'ils se connaissaient et plaisantaient ensemble, ce qui ne manqua pas de me faire sourire. C'était un peu comme des enfants qui ne pouvaient pas s'empêcher d'asticoter leur oncle préféré à la moindre occasion.

L'homme tourna à nouveau la tête vers moi.

« Désolé, à cause de ses idiots, j'en oublie de me présenter : je suis Maximilian Zonko, le gérant.
- Mais appelle-le juste Max ! » l'interrompit Potter avec un grand sourire.

Le gérant roula des yeux, maugréant quelque chose comme « Est-ce que ces gosses vont un jour me laisser parler à la fin ? ». Je souris avant de lui tendre ma main.

« Enchanté, je suis Gabriella. »

Contre toute attente, Mr Zonko attrapa ma main non pas pour la serrer mais pour l'embrasser. Immédiatement, derrière lui, les garçons n'hésitèrent pas à le siffler, ce qui me fit éclater de rire.

« Pédophiiiiile ! l'accusa Potter entre deux rires.
- Ne soyez pas jaloux parce que vous n'arriverez sans doute jamais à aller aussi loin avec une demoiselle aussi jolie, siffla le gérant avec moquerie.
- Si j'avais voulu, j'aurais déjà été encore plus loin, répliqua Black d'un air de défi.
- Ne te vante pas trop, le prévins-je. Tu n'es pas mon genre. »

Immédiatement, les autres, y compris le gérant, sifflèrent comme des enfants, noyant Black sous des « Bouuuuh ! » moqueurs, nous faisant rire.

« Je suis le genre de tout le monde. Arrête de mentir, plaisanta Black.
- Si ça peut te rendre heureux de le penser. » contre-attaquai-je avec le même sourire espiègle.

Les autres garçons rirent et je devais avouer que c'était plutôt plaisant d'être aussi détendue. Quand nous nous fûmes tous calmés et que nous fûmes tous autour de la table, Mr Zonko frappa dans ses mains avec un petit sourire :

« Bon, quel est le programme d'aujourd'hui pour impressionner notre charmante invitée ?
- Pédophiiiiile ! » répéta Potter.

Rapide comme l'éclair, le gérant s'empara d'un objet qui était posé sur la table et le balança sur Potter qui se baissa in extremis en riant pour l'éviter.

« Explosifs ! s'exclama aussitôt Potter en posant un carton qui se trouvait sous la table sur celle-ci.
- Quoi ? » pouffai-je en regardant les autres pour savoir de quoi il en retournait.

Mais ils avaient déjà tous plongé la main dans le carton pour récupérer des fusées explosives. Black fut le premier à allumer la sienne qui fonça droit sur nous. Je me baissai avec Remus pour l'éviter et elle s'écrasa contre un carton derrière, faisant un gros trou dans celui-ci qui répandit son contenu par terre.

J'allais ramasser quand plusieurs autres fusées volèrent au-dessus de nos têtes dans toutes les directions, renversant plusieurs cartons sur leurs passages. Des rires s'élevèrent dans toute la pièce et même le gérant participait. Visiblement, c'était tout à fait normale ce genre de guerre ici.

J'avais trouvé refuge sous la table quand Peter me rejoignit.

« Ça va ? Besoin d'un coup de main ?
- Je suis un peu en manque de munition et je me vois mal sortir de ma planque, avouai-je en riant.
- Attends, je vais te montrer. »

Avec tout ce qui tombait par terre, Peter n'eut aucun mal à ramasser plusieurs fusées et autres explosifs.

« Tiens-la bien, comme ça, m'expliqua-t-il en me montrant, et ensuite enflamme la mèche. »

Je raffermis ma prise sur la fusée et pointant ma baguette vers la mèche, je murmurai l'incantation de la formule. L'objet partit sans que je puisse le retenir et fonça droit dans le tibia de Black. Celui-ci lâcha un juron et s'attrapa le tibia en grimaçant alors que je plaquai mes mains contre ma bouche, surprise et désolée.

« Oh Merlin, désolé ! Ça va ?
- Tu devrais courir. » me conseilla Peter en s'extirpant de sous la table.

J'eus à peine le temps de lui demander pourquoi que Black s'accroupit devant moi, une fusée à la main et son sourire spécial mauvais coups collé au visage. Je poussai un cri et donnai un coup de pied dans sa main. Il lâcha l'objet qui explosa entre nous dans un nuage de poussière. Je toussai et je m'extirpai de sous la table à l'aveuglette, mes yeux piquants comme jamais.

Je sentis Remus me tirer sur le côté alors que le bruit maintenant familier d'une fusée me fit savoir qu'elle venait de me passer à côté.

« Merci. » balbutiai-je en essayant de recouvrir la vue.

Alors que je clignai des yeux pour évacuer ce qui restait de poussière, je vis un explosif foncer droit sur nous et je dressai un bouclier à l'aide ma baguette. L'explosif ricocha et repartit vers son envoyeur, à savoir Potter, aspergeant les verres de ses lunettes de peinture rose bonbon.

« Bien joué ! » me félicita Remus.

Je lui souris en guise de remerciement. J'avisai la table que Mr Zonko venait de renverser car elle était sur son chemin et la poussai d'un coup de baguette, pieds contre un mur pour pouvoir me cacher derrière. Au préalable, j'avais attrapé un carton de fusées explosives aux effets divers et variés si on se fiait aux différentes couleurs. Je défendais ma forteresse farouchement dès qu'un des garçons essayait de m'envoyer un cadeau explosif.

« Une alliance, ça te branche ? »

Je tournai la tête pour voir Peter accroupi près de ma table, aussi essoufflé que je l'étais, les bras chargés de missiles. Je ne pus m'empêcher de rire. C'était la seule chose que je pouvais faire tant je m'amusais et je l'invitai à se mettre à l'abri.


Finalement, la bataille fut plutôt sanglante car Potter cassa ses lunettes quatre fois (il avait d'ailleurs fini le combat à l'aveuglette car avec sa mauvaise vue, il avait été incapable de retrouver ses lunettes qui étaient tombées), les sourcils de Black étaient portés disparus ainsi que les poils des avant-bras et la moustache de Mr Zonko. Peter et moi avions perdu quelques mèches de cheveux, et Remus s'était ouvert la lèvre en se cognant contre l'angle de notre table. Et bien sûr, nous étions tous noirs de poussière et de poudre.

Mais le plus important c'était que nous en riions encore même après avoir tout rangé et ramené l'apparence de tout le monde à son état d'origine. Nous étions maintenant tranquillement assis aux Trois Balais, finissant nos boissons et biscuits bien mérités, discutant avec énergie des moments forts de la bataille.

La journée touchait presque à sa fin et malgré les à priori que j'avais pu avoir, j'avais passé un excellent moment qui m'avait fait du bien.

« Alors, Gabriella tes impressions sur cette sortie ? Comment tu te sens ? me demanda Black, assis à côté de moi en me tendant un micro imaginaire avec un grand sourire.
- Bien. Et exténuée, avouai-je en riant. Je pense que je vais bien dormir cette nuit.
- Ooooh, pas de sortie nocturne prévue cette nuit alors ? demanda mon interviewer d'une voix déçue.
- Nope ! »

Je remarquai que Potter gardait les yeux fixés sur la fenêtre derrière moi, celle qui donnait sur la rue principale. Il avait l'air un peu dans le vide jusqu'à ce que son expression change et qu'il ne se lève précipitamment.

« Désolé, je viens de me souvenir que j'ai un truc à faire. J'en ai pas pour longtemps, on se retrouve aux calèches ! »

Ses amis acquiescèrent et ne semblèrent pas trouver ça étrange vu qu'ils reprirent leur conversation alors que Potter sortait du pub en détalant comme un lapin. Je tournai la tête vers la fenêtre derrière moi et le vis remonter la rue à grandes enjambées. Je fronçai les sourcils. Étrange …

Nous restâmes au chaud encore une dizaine de minutes avant que Rosmerta ne vienne nous rappeler que les calèches allaient bientôt partir. Nous acquiesçâmes et sortîmes.

« Oh Merlin ! » m'exclamai-je en me souvenant.

J'avais promis à mon frère de passer récupérer un colis qui avait été déposé au bureau de poste pour lui. Il semblait tellement débordé en ce moment que je m'étais portée volontaire pour l'aider. Je jetai un coup d'œil à ma montre. Il restait encore un peu de temps avant le départ des calèches. Les trois Gryffondor s'étaient tournés vers moi pour savoir ce qu'il se passait.

« Il faut que j'aille récupérer un colis, je n'en ai pas pour longtemps. Vous n'avez qu'à partir devant.
- T'es sûre ? Tu ne veux pas qu'on t'accompagne ? » proposa Remus.

Je secouai la tête, leur assurant que ce n'était pas la peine. Ils acquiescèrent et partir en direction de l'entrée du village où attendaient les calèches tandis que je remontais la rue principale vers le bureau de poste. En passant devant la rue perpendiculaire sur ma gauche qui menait à la Cabane hurlante, un long frisson me parcourut et je décidai d'accélérer le pas.

Heureusement le bureau était vide et je donnai l'accord écrit et signé par mon frère qui me donnait le droit de récupérer le colis au réceptionniste. Il revint rapidement avec une enveloppe épaisse qu'il me tendit. Je le remerciai et sortis.

Une fois dehors, je tâtonnai le colis en fronçant les sourcils. Ça ressemblait à une énorme pile de papiers. Je pensai d'abord aux sujets des BUSE et des ASPIC mais mon frère était trop professionnel pour me laisser aller chercher ça moi-même. Et puis, même avec une autorisation, je n'aurais sans doute pas pu. De plus, l'enveloppe ne possédait pas le sceau de l'institut qui s'occupait de l'éducation.

Haussant les épaules, je décidai que je n'avais pas le temps d'y songer et que ce n'était pas mes affaires et fourrai le tout dans mon sac.

C'est en repartant vers l'entrée du village que j'aperçus Potter sur un banc dans une petit rue adjacente, le dos tout courbé tel un malheureux et les yeux rivés sur ses mains. La rue était déserte et les calèches allaient bientôt partir. Je décidai de m'approcher.

« Pott- James, ça va ? »

Le Gryffondor leva les yeux vers moi et me servit un petit sourire mais je n'étais pas dupe, le cœur n'y était pas. En réalité, James Potter me faisait de la peine. De toutes les émotions possibles, je ne pensais pas éprouver un jour de la peine pour James Potter parce qu'il avait toujours cette lueur rieuse dans les yeux. Quoi qu'il fasse, il émanait toujours de lui une aura de bonne humeur contagieuse. Si James Potter et sa bonne humeur étaient dans la même pièce que vous, il était scientifiquement impossible que vous vous sentiez mal.

« Je viens juste de me faire rejeter. »

Ah. Alors ça, je ne m'y attendais pas. Mon expression dut traduire mes pensées car il eut un faible rire. Vraiment, il me prenait de court. Qu'est-ce que j'étais censée lui dire ? Je ne pouvais pas lui frotter le dos et lui passer un à un les mouchoirs contenus dans mon paquet comme je le faisais avec Cassy et son cœur d'artichaut parce que a) James Potter n'était pas une fille pleurnichant et b) il n'était même pas mon ami. N'était-il pas censé aller chercher du réconfort auprès de ses copains, ses frères ou je ne sais quelles autres appellations de ce genre ?

En deux petits pas, il réduisit la distance entre nous et, tout en poussant un long soupir, il vint poser son front contre l'os de mon épaule. Comme ça. Sans prévenir. L'air de rien et les mains dans les poches. Non mais ça choquait que moi cette situation !? Malgré les quelques rougeurs que je pouvais sentir s'installer sur mes joues, je ne bougeai pas et croisai les mains dans mon dos. Après l'après-midi merveilleuse que j'avais passée avec eux, je pouvais bien lui rendre ça. Même si c'était décidément trop bizarre.

« Merci, souffla-t-il.
- Il-Il s'est passé quoi ? » demandai-je en bégayant, réellement gênée par cette proximité inattendue.

Qu'est-ce que je pouvais faire de plus ? Visiblement, le rôle de psychomage m'allait à ravir.

« La fille que j'aime bien m'a rejeté, c'est tout.
- Oh. »

Et puis le silence.

Et puis, cinq minutes plus tard, la course pour arriver à temps avant le départ. Mes amis et les siens occupaient chacun une calèche et nous hurlaient de nous dépêcher avant qu'elles ne démarrent. Je me ruai dans celle de mes amis, et Potter dans la sienne tandis qu'elles se mettaient en route, le vent refermant la porte derrière moi.

Je me laissai tomber sur la banquette, essoufflée par cette journée. Mais visiblement, mes amis n'en avaient rien à faire puisqu'ils m'assaillirent de questions. Enfin, surtout Cassy. Me sentant un peu mal à l'aise de dévoiler ce qui s'était passé chez Zonko et leur petit lieu de paradis, je me contentai de dire que nous nous étions amusés là-bas avant de finir la journée aux Trois Balais et que, à ma grande surprise, ça m'avait plu.

Cette dernière phrase les firent tous sourire mais vu les regards que Nathan et Cassy me lançaient, je me doutais qu'ils allaient avoir besoin de plus de détails et pas d'un résumé minuscule de trente secondes.

Je roulai des yeux, amusée, et le reste du trajet se passa calmement. C'était à leur tour de me raconter leur fin de journée. Je les écoutai avec attention, un sourire et mes yeux brillants témoignant encore de la bonne humeur contagieuse des Gryffondor.