Chapitre 13 – Le Necronomicon, mode d'employez-surtout-pas-malheureux !

Le prince me quitta lorsqu'il entendit Nines revenir. Le Brujah me dit que Christoff allait venir avec nous et je n'osai lui dire que je le savais déjà. Il resta avec moi ensuite quand on rentra au Last Round à une heure du matin. Le reste de la soirée fut bien tranquille même si je commençais à m'inquiéter pour Jack.

Parce que Nines me pressait de le faire, je lui racontai plus en détails le dîner et sans omettre aucun passage. Je m'inquiétai quand même à savoir si je devais prévoir ou non un abri anti-atomique quand je contai au compte goutte l'épisode avec Philippe Valoric. Le Brujah marmonna entre ses dents en perçant des petits trous avec deux lasers à la place des yeux sur la table si bien que je me portai volontaire tacite pour aller chercher deux bloody mary au bar. Et dans mon dos j'entendis l'Anarch baragouiner un : « si ce mec vient dans mon bar je lui écrase la tronche sur le billard. »

Ouhlala il est jaloux !! XD Je plaindrais presque ce petit arrogant de Philippe !

Heureuse comme un pinson, je chantonnai toujours I want to spend my lifetime loving you en allant au bar demander à Harris deux bloody mary avec le clin d'œil, un sourire jusqu'aux oreilles aux lèvres. Mais je sentis que Nines se tenait derrière moi encore très en rogne et je me retournai juste pour qu'il fût penché vers moi, posant ses mains sur le comptoir en me bloquant contre celui-ci de ses bras. Mais, dites, ça fait deux fois que Nines me coince. Gloups.

Vraiment j'adore quand il prend cet air dangereux. Et durant un instant je décollai totalement en imaginant Nines danser un paso doble avec moi. Océan de bave mental. Mais ça relevai du fantasme parce que Nines n'avait jamais dansé qu'une seule fois, ça avait été sur du rock, avec moi, la dernière fois et je me rappelai encore de l'atmosphère post-atomique qui en avait résulté ! Alors un paso, je ne pouvais qu'imaginer et…

« Vilorë, tu vas me rendre aussi tordu qu'un Malkav si tu continues…

-Oh ? Dis, Nines tu as des origines mexicaines ? » Demandai-je, totalement à côté de la plaque avec des étoiles dans les yeux.

Mais le vampire ne goûta pas à ma passion soudaine pour son nom, prénom et sa peau brun clair. Il baissa et secoua la tête, la relevant il rapprocha un peu plus son visage du mien jusqu'à me visser des yeux et toucher mon nez du sien. « Ouais, je dois avoir mes racines en Californie et j'y suis revenu. Pourquoi ?

-Paso doble, » fis-je en souriant. Consciente qu'on nous regardait.

Il soupira et baissa encore la tête avant de la relever juste après et de se rapprocher encore un peu. Et merde, je ne pouvais pas reculer la tête sinon j'allais renverser les verres. « Nines, on nous regarde – bafouillai-je

-Lia j'en ai rien à foutre qu'on nous regarde ou pas.

-Toi non, mais moi si.

-Ca ne te dérange pas tant que ça quand tu allumes un 'gros cafard nuisible' ou que tu danses avec un inspecteur de police. »

O.ô – Non mais eux c'est pas pareil – bafouillai-je encore en baissant les yeux et me pointant les index.

-Et pourquoi c'est pas pareil je te prie ?

-Le premier je lui ai coupé les couilles une fois, je le hais depuis des années, il m'a arraché le cœur et j'attends encore de retrouver les morceaux, le deuxième je ne le connais pas et j'ai dansé avec lui dans un restaurant où je ne connais personne devant des gens que je ne connais plus et c'est réciproque. »

Le Brujah devant ma tirade se redressa et je soupirai de soulagement sans relever les yeux. Juste après il me saisit la main droite pour me tirer encore et ne me relâcher qu'une fois dans la ruelle viiiiiideuh.

Et en tournant le dos à l'entrée pour lever le nez et voir qu'il ne neigeait plus. Je me sentis bien seule dans la nuit. Sans ma redingote dans l'obscurité glacée et les bras le long du corps. Je baissai la tête vers une flaque d'eau en soupirant après mon reflet.

A mon reflet se rajouta soudainement celui du vampire Brujah à ma droite légèrement en retrait, les mains sur mes bras. « Tu sembles seule… » Constata t-il pensivement dans un murmure à mon oreille.

Je frissonnai et pliai mes bras pour toucher ses mains posées sur eux. « Le seul avec qui je ne me sentais pas abandonnée au milieu de la foule… M'a utilisée tout ce temps puis cruellement jetée à la fin.

-Je sais.

-Il a tes yeux et tes cheveux. Noirs et courts aussi, comme toi.

-Je sais. Mais il est mortel, galant, Français et homo'. Je suis éternel, rustre, Américain et tu ne quittes plus mes pensées depuis la nuit d'août à Compton. Ca fait assez de différences, je trouve. »

La nuit à Compton avait été un raid contre les Bloods dans leurs hoods. J'avais provoqué le chef en duel et m'étais amusée à lui graver un A sur la joue de la pointe de mon épée. D'ailleurs il m'en veut toujours. Mais pendant qu'il avait été occupé à essayer de m'atteindre avec ses poings on avait pu faire péter leur coin. Ensuite on avait du se tirer, il y avait eu un tremblement de terre et on avait passé la nuit plus loin dans une minuscule cabane. Je souris légèrement, ah ça je m'en souvenais de cette nuit, j'avais eu la pire pétoche de ma non-vie après celle de voir Ming Xiao se transformer en limace géante.

Puis comprendre que depuis cette nuit, où j'avais été totalement hors service après avoir fait la conne en Zorro, le Brujah avait commencé à m'aimer autrement que comme sa progéniture me fit pencher la tête de côté. Je me souvenais que j'avais été totalement terrorisée à cause du tremblement de terre accumulé au fait qu'on était poursuivi et que Nines avait été blessé à un endroit où le sang se tirait à des quantités impressionnantes. Les mains je crois, des blessures par balles. Dans la cabane j'avais réussi à bricoler malgré et contre tout un pansement. J'avais tellement été paniquée de le perdre que devant le manque crucial de couvertures… J'avais fait LA couverture mais sans danser. Ca avait du toucher le vampire de me voir dans cet état. Je me rappelai aussi avoir lâché des paroles que je m'étais empressée d'oublier. Qu'est-ce que j'avais bien pu dire ?

« Tu as surtout beaucoup pleuré. J'avais une petite fille persuadée qu'il fallait à tout pris me réchauffer en s'étalant sur moi, » dit-il sérieusement et je devins rouge tomate. Puis il passa ses bras autour de ma taille.

« Arrête quand même… J'ai peur avec toi et je suis triste avec Christoff même si j'ai l'impression qu'on se connaît depuis longtemps… » Murmurai-je en baissant les yeux jusqu'à ne plus voir la flaque d'eau donnant nos reflets. Je le sentis et l'entendis soupirer puis mettre son nez dans mes cheveux. Je laissai mes bras tomber. « Vous êtes trois fous pour qui je me demande ce que vous me trouvez. »

Le Brujah me tourna vers lui. Remontant mon visage de l'index sous mon menton en gardant son bras droit sur mes reins. « Alors je vais te le dire : je pense que Beckett aime surtout ton humour, imagine ce que ça doit être pour lui : une petite jeunette Toréador qui s'amuse à le chambrer lui. Mais moi je préfère ta hardiesse. Christoff doit s'être arrêté à ses hormones, LUI. »

Je ris derrière mes doigts.

« Voir ton visage souriant aussi. Tu es le soleil qui ignore qu'il brille et qui n'entend pas les vieux se plaindre quand tu n'es pas là.

-Ah bon ? » Fis-je en faisant des yeux ronds.

Le vampire resta muet un petit instant, se reculant en gardant ma main droite dans la sienne et mettant son autre main à sa ceinture. Hochant la tête avant de la relever et reprendre : « des fois Jack s'y met aussi pour me remplir les oreilles de ses plaintes et je finis par confondre le Last Round avec un hospice.

-Un hospice ?! XD (Imaginez moi un lieu de rendez-vous de rebelles en cuir et barbe longues se plaindre comme des papys.)

-Ouais, où les résidents geignent parce qu'ils n'ont pas leur infirmière préférée qui leur met du Blue Brothers et qui une fois sur deux provoque une bagarre. Quand t'es pas là c'est le drame, tu n'imagines même pas !

-Je vais rougir. Vraiment, je vais finir par le croire – murmurai-je en haussant les sourcils et baissant les yeux.

-Ca serait bien que tu y croies un minimum, Lia, » me morigéna t-il en tapotant ma joue droite du doigt pour me faire sourire.

Ca faisait écho aux paroles du prince et j'en fus heureuse. Il était vrai que mon sourire avait déjà été évoqué par Judas une fois, mais jamais il ne m'avait comparé au soleil.

Nines lissa mes cheveux blonds de la main gauche avant de brusquement me serrer dans ses bras autour de mes épaules. Sa joue contre mes cheveux. « Reviens ici entière, petite. Sinon je te botte le cul jusqu'à la sortie des Enfers sans me retourner pour te punir de me laisser avec des vieux suceurs de sang soudainement impotents. Et qui se plaignent de ne pas avoir de Blue Brothers sans qu'il n'y en ait un seul qui se bouge le cul pour aller jusqu'au juke-box. »

Los Angeles, le lendemain soir, 27 décembre 2013. 19h15

Avant de partir je confiais Trudy à Heather sautant de joie et pleurant de désespoir de me voir partir. Puis je repassai la robe que je portais toujours pour les missions officielles… La robe à corset en velours rouge bordeaux noué dans le dos, la jupe noire fendue jusqu'en haut des hanches de chaque côté avec les cuissardes à talons hauts en tissu élastique imperméable, le juste corps pare-balles en dessous. Et un cache-poussière en cuir noir à multi-poches pour y planquer un desert eagle estampillé Toréador sur le canon sur la hanche droite, un jeu de cartouches dans la poche gauche. Une arbalète de poing lestée à l'intérieur gauche avec un jeu de carreaux inflammables dans la poche intérieure droite, un poignard dans la cuissarde droite, un pieu dans la gauche et mon épée à la hanche gauche.

Les poches de sang c'était le calice odieux Tzimisce auquel je n'avais pas touché depuis, ouf ! Il y en avait au moins pour trois litres dans le calice de sang magique grand comme une gourde et dissimulé dans ma poche intérieure gauche.

Quand je retrouvai Beckett, Dracula et Christoff dans les mêmes tenues qu'hier à l'aéroport de L.A, la nuit était très agréable malgré sa fraîcheur au moins il ne pleuvait pas. On se faufila jusqu'aux soutes à bagages et on profita que les employés de l'aéroport autour de l'avion en partance pour Vienne eussent le dos tourné pour y entrer et s'y dissimuler.

« C'est parti pour 10 heures 30 minutes de supplice dans les soutes ! TT » Marmonnai-je en me choppant la meilleure place dans un filet.

Les premières heures tout le monde fit le mort.

Londres, le 28 décembre 2013 à 11h45

Quand on arriva à Londres à presque midi on bénit le temps naturellement pourri de la région et la saison hivernale de nous préserver assez du soleil pour que nos manteaux de cuir et trois pots de crème solaire fussent suffisant à nous défendre des rayons diurnes le temps de changer de vol en courant. Se nourrir sur des voyageurs dans les toilettes et faire un peu le point dans les soutes du 2ème avion en attendant son envol à 14h35.

J'étais entre les jambes de Dracula assis par terre derrière moi. Et j'étais en train de jouer avec le chapeau de Beckett occupé à lire coincé entre deux malles à gauche. Quand Christoff qui se tenait à l'écart sur la droite demanda : « pardonnez-moi mais, quel est exactement le contenu de ce que vous appelez le Necronomicon ? »

Beckett, sans relever le nez de son livre répondit en premier d'un ton pensif : « le livre des rites nécromanciens 'Kitab Al Azif' Le livre de Celui qui approche… Ecrit par un Mage Maraudeurs plus connu sous le nom d'Abdul Alhazred. La copie de l'original arabe a brûlé à Salem en 1690.

-1692, » fis-je en gratouillant une tache sur le bord du feutre du Gangrel.

Beckett se tourna vers moi, haussant un sourcil puis regardant dans la direction du prince.

Je levai la tête pour le voir. « Quoi ? » Couinai-je avec la drôle d'impression que Beckett avait fait exprès de se planter : « Beckett, arrêtez de faire exprès de vous tromper s'il vous plait, » grognai-je en me renfrognant et croisant les bras sur ma poitrine. Ils restèrent tous silencieux un moment et je relevai les yeux sur le Brujah du groupe quand je sentis qu'il me regardait encore plus bizarrement que les autres.

« Il est étrange que vous sachiez cela – murmura doucement Dracula en posant sa main sur le haut de mon crâne.

-Je l'ai sans doute lu dans le dictionnaire des symboles.

-… Donc 1692 à Salem. Le Necronomicon contient des sortilèges traitant la mort. Mais surtout il permettrait…

-Il permet – corrigea sombrement Vladislav en lissant mes cheveux.

-Il permet – reprit Beckett avec humeur avant d'y aller d'un ton moqueur – d'invoquer des créatures des plans extérieurs. Ou des 'démons' si vous préférez. Les mages et les Tremere ont l'habitude de courir après ce grimoire car il permet d'invoquer Yog-Sothoth. Un démon capable de donner d'immenses pouvoirs aux manipulateurs de magie à l'instar du Dieu-Crapaud Somnolant Sadiwah qui proviendrait de Saturne.

-Ah ? M'exclamai-je en dressant les oreilles.

-Oui, ou Cthulhu lui-même tant qu'à y être. Mais étrangement, les mages de l'Arcanum, la société plus ou moins secrète de ces petits enquiquineurs qui débusquent les anciens vampires en trébuchant… Ont quelques amitiés avec la Sainte Inquisition. Je suppose que pour changer, l'un d'eux a découvert votre secret, Dracula, et en a informé Van Helsing qui s'est empressé de vous faire du nez.

-Ca serait très gênant qu'un hasard découvre le secret du grimoire le plus dangereux du monde.

-Mais si le grimoire sert à faire rappliquer ici les pires démons qui soient, je comprends pourquoi Marie la Noire court aussi après… C'est le saint Graal pour les Baali – murmurai-je avant de lancer son chapeau à Beckett.

-Lorsque nous serons à Vienne… Soyez prudents à vider vos esprits d'une quelconque mention de ce livre maudit. Le bastion de l'Arcanum qui s'y trouve pourrait nous entendre… »

Vienne, le 28 décembre 2013 à 17h45 Puis Carpates versant transylvanien une heure plus tard.

Le soleil était suffisamment bas lorsque nous arrivâmes à la capitale autrichienne. On se nourrit dans un bar où ils servaient de la choucroute ! Un Autrichien à jeun c'est le mieux quand on n'est pas du coin… Sinon on risquerait de vomir ce sang qui sent la bière grasse, beurk.

Il nous fallait prendre le train pour aller jusqu'à Bistrita en entrant dans les Carpates. Et atteindre le col de Borgo. Mais en cours de route…

Disons que notre petit train fut stoppé de force en pleine nuit par un petit groupe de vampires dans les Carpates. En effet, ils ne trouvèrent rien de mieux que de tirer au bazooka derrière nous. Nous étions dissimulés dans l'avant-dernier wagon, et quand le dernier s'envola ça mit un froid.

« Il neige, tiens j'avais pas vu ! » Fis-je en regardant le ciel par l'arrière du train défoncé. Je regardai ensuite sérieusement en face de moi et c'était surprenant de voir trois vampires à cheval habillés comme des tziganes nous courser. Christoff vint immédiatement à côté de moi et grogna en montrant les crocs. Beckett siffla et Dracula derrière nous commenta : « ce sont des sbires de Marie. Ils ont finalement eu vent de l'information eux aussi.

-Ben s'ils veulent jouer à ça, ils vont avoir Lara Croft et Indy Jones sur le dos, » répondis-je en commençant à m'activer en sautant du train et en me ramassant avec un roulé-boulé.

« AURELIA VILORE ESPECE DE… » Commença Beckett dès qu'il me vit sauter mais je n'entendis pas la suite, les deux premiers cavaliers arrivaient sur moi en me tirant aussi dessus.

Un tir juste derrière moi à ma première roulade, et un seconde juste devant quand je me redressai en pointant mon desert eagle sur le cavalier de droite qui s'apprêtait à tirer une nouvelle fois avec un Remington 870MCS, oh un beau shotgun ça té ! Sauf que je visai en plein milieu du poitrail de son cheval, ce qui fit qu'il tira en l'air tout en mordant la poussière avec un petit vol plané. « Héhéhé, » fis-je en me précipitant ensuite vers ma proie pour lui coller un pieu dans le cœur en vitesse et me l'utiliser comme bouclier.

Ah la technique du bouclier ennemi c'est toujours super efficace ! Je le balançai ensuite sur ses deux potes avant d'approcher un peu plus d'eux mais de m'arrêter parce qu'ils me pointaient en souriant. J'esquivai les tirs à mes pieds en des pas latéraux à droite et à gauche jusqu'à ce qu'ils se décident à sortir les armes blanches. « Oh, des coutelas ! Franchement il ne fallait pas ! » M'exclamai-je, sincèrement ravie d'avoir affaire à des bourrins. Ils se mirent à hurler…

En reculant je trébuchai sur la carcasse du cheval que j'avais légèrement oublié et me retrouvai les bras tendus derrière moi, le cul sur le ventre.

OO Holala, une première épée venant du côté gauche voulut me transpercer et je roulai sur la gauche sinon c'était la droite qui me transperçait. Je me relevai, m'accroupis et détalai jusqu'à la falaise à laquelle ils tournaient le dos.

« Merde, où est-elle passée ?!

-Garde un œil ouvert ! On descend de cheval… »

A côté de moi… A tâtons… Ouais ! Une branche d'arbre ! Je la pris et la lançai vers ma gauche pour que ces gentils messieurs qui s'avançaient vers moi me tournassent le dos relativement… En allant gentiment du côté où la branche avait fait du bruit. Pendant qu'ils allaient de ce côté, je me faufilai vers les deux autres chevaux et montai le noir. « Ca fait une éternité que je n'ai pas fait d'équitation ! » Fis-je à moi-même mais évidemment je fus entendue et mes deux camarades se retournèrent vers moi. Le pied dans l'étrier je tirai la première sur l'épaule maîtresse de celui qui tirait au colt. Avant de grimper sur le dos de l'animal et de passer à l'arbalète en faisant s'éloigner ma monture à l'opposé des deux autres. Le temps de charger mon arbalète puis de rediriger le cheval sur les deux rigolos pour leur foncer dessus.

Et j'avais toujours rêvé de faire une imitation d'Etienne Navarre au début de Ladyhawke ! D Je visai le plus proche et tirai pour lui planter le carreau enflammé en plein front. Il hurla et explosa. Le deuxième se prit carrément l'arbalète en pleine face. Il fit : « WOUARG ! » Et sa tête fit un beau demi tour. Je fis tourner le cheval qui se cambra et laissa tomber ses tonnes sur le vampire. Deuxième tas de cendres quand ses sabots ferrés transformèrent la boite crânienne en potiron bouilli. Le vampire couché au pieu (ahah) connu à son tour un sort funeste quand je lui coupai la tête.

Le train évidemment s'était fait la malle entre deux. Qu'à cela ne tienne !

Surtout quand un carreau d'arbalète qu'est pas à vous file sous votre nez pour effrayer cet idiot de cheval, le faire se cambrer et me faire regarder dans tous les sens genre : « où ça, où ça ?? » C'était juste au-dessus de moi un peu plus haut sur la falaise, je fronçai les sourcils et plantai les talons dans les flancs du cheval pour le faire aller au grand galop, trouver un endroit moins pentu pour le faire grimper et monter la côte. Mais je ne me dirigeai pas vers mon nouvel ennemi. Je montai plus haut encore et remontai vers lui. J'entendais le vent siffler à mes oreilles mais disons que le sifflement du vent est moins stimulant que le sifflement de carreaux enflammés près des cheveux !

Une fois juste au-dessus de celui qui était un vampire très grand et très fort, je me levai sur la selle et me laissai tomber vers lui avec l'arbalète devant moi comme bouclier en faisant dévier le carreau qu'il me tira dessus en faisant un strike comme au base-ball. Sauf qu'à la fin je lui assenai l'arbalète sur le haut du crâne d'une main pendant que l'autre enfonçait une épée dans la gorge.

Il fit un bruit étranglé puis s'écroula avant de prendre feu. « Fiu ! » Soufflai-je en prenant le temps de ranger mon attirail sauf l'arbalète. Je remontai la côte en courant et sautai en selle, l'arbalète posée dessus et stimulant la monture noire avec les rênes et un : « rattrape moi ce train ! »

Au bout de quelques minutes à cravacher l'animal je vis se rapprocher la fumée provenant de la cheminée du train, se détachant dans la nuit comme un gris dégueulasse mais néanmoins sympathique quand on espère rattraper ledit train. Je vis se rapprocher la silhouette à chemise blanche de Beckett qui me faisait de grands signes paniqués. « Hein ? » Lâchai-je en haussant les sourcils, le Gangrel me pointa la falaise à ma gauche, je regardai dans la direction et je vis se détacher un truc grand, avec des ailes en peau rouge, une grande gueule, des yeux rouges et un cri perçant…

OO… , « Ah nan, pas encore un chiroptère ! »

Qui eut le bon goût de me tomber dessus alors que je venais de le faire avec le vampire ! « OUAHH !! » Hurlai-je en étant désarçonnée emportée mais pas par la bestiole géante mais par un… « OH MERDE NAN PAS UN LOUP GAROU !! »

Jusqu'à ce que je me rendisse compte que le loup bipède me portait. Ôo « Beckett ? » Et qu'il avait un collier de crocs autour du coup ! « Beckett !! » Hurlai-je au comble de la joie avant qu'il ne retouchât le sol (parce que je n'avais pas fait attention mais on avait fait un beau vol plané). Et que je n'entendisse un gros BOUM !

Ca fit plutôt BRAAAAAAAAAAAOUUUUUUUUUM comme pour un tremblement de terre très localisé et un souffle d'air plutôt tiède, un crissement à vous faire hurler à la lune et une autre explosion. Beckett le grand loup était étalé sur moi avec ses bras poilus à côté de moi si bien que je ne voyais rien mais j'entendais des morceaux de ferrailles nous tomber tout autour. « Christoff ! Vlad !! » M'exclamai-je mais le vampire loup tourna la tête et grogna sur le chiroptère qui était sur lui griffes en avant. Beckett lui fila un grand coup de patte griffue comme des serres. Attrapant la chauve-souris géante par une patte, se relevant pour l'attraper avec l'autre 'main' et la faire tournoyer.

Je m'étais relevée et j'en profitai sournoisement pour canarder le monstre avec mon desert eagle. Avant d'y aller à grands coups d'épée dans le corps lorsque Beckett put le matraquer au sol. Le monstre prit feu. « C'était quoi ça déjà ? Ca me rappelle qu'on m'a jamais expliqué ce que c'était, » demandai-je en pointant le gros tas de cendres du doigt tout en cherchant Christoff et Vlad des yeux. Je voyais le prince se diriger vers nous au pas de course mais pas Christoff.

Beckett reprit sa forme normale et me répondit en se massant les reins : « Chiroptère, une manifestation du pouvoir Tzimisce et de leur lignée africaine Nagloper nommé Vicissitude.

-Sympa, sauf quand on l'a en face ! » Murmurai-je avant de demander à la légende morte-vivante si ça allait ? Beckett retrouva ses lunettes et me regarda par-dessus. « Ok, question idiote, suivante : où est le Brujah Camarilliste ? »

J'entendis un bruit d'un truc en train de tomber et rattrapai mon arbalète au vol. En haut de la pente se trouvait le Brujah. Je lui souris en guise de remerciement pour mon arbalète. Dracula me demanda si ça allait et j'hochai la tête pendant que le Brujah dévalait la côte jusqu'à nous rejoindre.

« Marie nous a doublé – constata Dracula.

-On n'a plus de train – ajoutai-je.

-Mais on a encore les chevaux, » remarqua justement Christoff.

Quelques minutes plus tard, Beckett montait devant moi sur le cheval noir et…

Et oui et non Dracula monta devant Christoff le cheval blanc et je vous interdis de penser à des choses qu'ils pourraient faire sur le cheval comme monte, non mais ho ! XD

D'après Beckett nous n'étions plus très loin du château mais nous étions quand même derrière. Avec au moins une heure de chevauchée avant d'y arriver…

Alors quand le Gangrel accéléra sans prévenir il se fit engueuler !