Chapitre 12 : Réconciliation et pacte

Coucou ! ^^

Me voilà enfin de retour ! Je suis vraiment désolé pour cette longue attente mais avec ma correctrice nous avons eu quelques problèmes informatiques ! Décidemment je crois que ces ordinateurs nous en veulent !

Je voudrais d'ailleurs la remercier de m'avoir corriger et de rendre mon histoire un peu plus lisible !

Pour ce qui est des reviews pour le chapitre précédent, j'en ai laissé certaine perplexe avec la fin mais j'espère qu'elles ne sont pas dégoutés et qu'elles continueront à lire. Je dis un grand merci à tout le monde. J'ai réussis à répondre à une partie d'entre vous mais j'espère laisser un petit commentaire à toutes pour ce chapitre ci.

Quelqu'une m'a posé la question pour la fréquence de publication. En fait comme je l'ai dit j'essayais de publier plus souvent avant mais avec les cours c'est normalement un chapitre tous les 2 ou trois semaines en fonction. Je vais essayé de publier un peu plus souvent dans les semaines à venir étant donné que j'ai de l'avance sur les chapitres.

Et en ce qui concerne le nombre de chapitre que comportera cette fic, je commence à m'en faire une vague idée mais je préfère pour l'instant garder le suspens.

Pour ce qui est de cette suite et bien … c'est surtout une partie des conséquences des actions de ce cher Edward.

Bon assez parlé je vous laisse savourer ! ^^


Chapitre 12 : Réconciliation et pacte

PDV Bella

J'avais passé plus d'une heure dans la salle d'attente de l'hôpital. Je commençais légèrement à désespérer quand une porte s'ouvrit dévoilant un Jacob avec un œil enflé qui commençait à bleuir, un visage marqué par les contusions et un bras en écharpe.

Je crois que globalement, il ressemblait à un patchwork avec ces dégradés de couleurs. Quand il me vit, il m'adressa un sourire charmeur dont lui seul en avait le secret puis se dirigea vers moi.

Il m'attira à lui de son seul bras valide avant de déposer un baiser sur mes lèvres. Au moment où il chercha à l'approfondir, je m'écartai légèrement et pour ne pas lui donner l'impression que je le repoussais, je levai ma main droite et lui caressai légèrement la joue.

Parfois Jacob allait plus vite que moi, et j'avais du mal à réfréner un tant soit peu ses ardeurs.

- Alors qu'a dit le médecin ? Lui demandai-je alors qu'il m'entrainait vers la sortie.

- Que des conneries, je dois me soigner blablabla …

Je stoppai net, les bras croisés sur ma poitrine, un air sévère sur le visage. Il se tourna vers moi comme un petit garçon en faute, mais quand on regardait bien dans ses yeux, on pouvait parfaitement se rendre compte qu'en réalité il n'était absolument pas coupable.

- Se soigner, c'est des conneries ?

Il s'apprêtait à me répondre par l'affirmatif, mais il se ravisa.

- Ouais bon, on s'en fou ! Va falloir que tu prennes ma bagnole pour m'emmener chez mon géniteur, Bell's, ensuite tu devras rentrer chez toi, j'ai des trucs à faire.

Alors qu'il continuait son chemin vers la route en boitillant légèrement, une boule se forma dans ma gorge et un frisson me parcourut de la tête au pied. Une sorte d'appréhension s'empara de moi en songeant à ce qu'il devait soi-disant faire. C'était la première fois que c'était lui qui me demandait de rentrer chez moi. D'habitude, j'avais du mal à ce qu'il me lâche et aujourd'hui c'était l'inverse qui se produisait.

Quand je regardais bien son visage, je pouvais parfaitement voir qu'il préparait quelque chose. Je commençais à le connaître et j'arrivais plus ou moins à identifier ses émotions.

Je montais dans sa voiture sans un mot et je conduisais en silence jusque chez lui.

Quand nous fûmes arrivés à la Push devant sa maison, je coupai le moteur et descendis. Jacob était entouré de plusieurs de ses amis et bien que je les ai déjà vus pour la plupart, je me sentais tout de même mal à l'aise. Cela ne m'était pas arrivé depuis un moment.

J'étais si contente de m'être affirmée comme je l'avais fait ces derniers temps, mais j'avais presque l'impression d'être retournée au point de départ face à tous ces types.

- Bin Black, on ne sait plus cogner ? Demanda celui qui se nommait Sam.

Il était le plus âgé de tous et il paraissait le plus louche. Dès le début, j'avais trouvé ce type antipathique. C'était sans doute le juger trop vite étant donné que je ne l'avais vu qu'une seule fois et encore s'était à peine dix minutes, pourtant s'était la réaction qu'il m'inspirait.

- Longue histoire ! Marmonna-t-il.

Je fus soulagée qu'il ne parle pas d'Edward. La dernière chose dont j'avais envie c'était que Jacob demande à ses amis de s'occuper de lui. Il avait beau être le plus vieux, je ne crois pas qu'il pourrait résister bien longtemps s'il tombait nez à nez avec trois types qui venaient se venger.

- Qui peut ramener ma copine chez elle ?

J'écarquillais les yeux me retenant de pousser un gémissement. Je n'avais guère envie de me retrouver seule dans une voiture avec l'un de ces types. Non que je craigne qu'ils tentent quelque chose - Jacob était assez impressionnant pour leur inspirer une certaine crainte - mais disons que je n'étais vraiment pas à l'aise avec ses potes. Sauf peut-être …

- Je vais la ramener. De toute façon vous n'avez pas besoin de moi, se proposa Seth.

La proposition me soulagea immédiatement. J'appréciais vraiment ce garçon. Il avait mon âge et contrairement aux autres, il possédait encore un air juvénile, ce qui le faisait paraître beaucoup moins menaçant que certain.

Jacob parut accepter et se tourna vers moi.

- Passe une bonne nuit bébé !

Il m'embrassa légèrement avant de se détourner et de suivre ses potes qui s'éloignaient déjà sur le chemin qui menait à la forêt.

J'aurais voulu le retenir pour savoir ce qu'il comptait faire avec Edward, mais je n'en eus pas le temps.

Son attitude était vraiment étrange. Jamais il ne s'était comporté ainsi et je me demandais bien pourquoi les choses étaient en train de tourner.

J'avais peur qu'il essaye quelque chose, n'importe quoi, j'avais peur de ce qu'il pouvait faire et même de ce qu'il était capable de faire au nom de la vengeance. Et je trouvais encore plus louche et inquiétant le fait qu'il n'en parle pas.

Il venait de se faire taper dessus merde, alors pourquoi ne disait-il rien ?

Seth parut se rendre compte que j'étais perdue dans mes pensées puisqu'il ne fit même pas mine de me faire la conversation.

Il me déposa chez moi, me salua rapidement, avant de reprendre la route.

Je pénétrai dans la maison et m'affalai sur le canapé du salon. La maison était déserte, ce qui était sans doute normal étant donné que les cours ne finiraient pas avant au moins une heure et demie. Jasper ne serait donc pas là avant deux heures – il fallait du temps pour qu'il se décroche d'Alice – quand à Charlie, lui, il nous avait prévenus qu'il ne serait pas de retour avant au moins la semaine prochaine.

Je crois qu'il commençait à désespérer d'être loin de la maison (à moins que ce soit le fait qu'il ne pouvait pas me surveiller en étant aussi loin ! Allez savoir !).

La pensée soudaine d'Edward me traversa l'esprit … et bien entendu toutes les questions que je me posais à son sujet revenaient sur le tapis. Une prédominait les autres cependant.

Pourquoi avait-il fait ça ? Pourquoi s'en était-il pris comme il l'avait fait à Jacob ?

Je n'avais aucune réponse pour ses questions. Pourquoi ?

Je n'étais pas assez idiote pour n'avoir compris que ces derniers temps je jouais la carte de la provocation avec lui, mais la réaction qu'il avait eue à chaque fois qu'il m'avait vue, m'avait parue tout de même légèrement excessive.

Heureusement, à chaque nouvelle sanction j'avais réussi à tempérer Jacob pour qu'il n'aille pas taper sur Edward.

Pas de bol, c'est le contraire qui c'était produit !

Je n'avais visiblement pas surveillé la bonne personne puisque c'est le soi-disant prof responsable qui avait pété une durite.

Pourquoi ?

J'étais vraiment agacée de revenir continuellement à cette seule et même question. Les choses pourraient être si simples.

J'étais vraiment décidée à oublier ce que je ressentais pour Edward et franchement, Jacob m'aidait dans cette avancée. Je pensais de moins en moins à lui et même si je n'étais pas encore amoureuse de mon petit ami et que je ne me sentais pas prête d'être avec lui vraiment, j'étais attachée à lui tout de même.

Mes sentiments pouvaient évoluer, je le sais. Il me fallait juste du temps. Alors pourquoi Edward avait choisi pile ce moment pour péter un plomb ?

À force de faire revenir cette même question sur le tapis, mon mal de tête déjà présent à la base s'intensifiait encore.

Je me levai et fixai l'horloge. En marchant rapidement je pourrai atteindre l'appartement d'Edward en moins d'une demi-heure. Il devait être rentré chez lui, ce n'était pas possible autrement. J'avais très bien remarqué que lui aussi avait morflé dans la bagarre. Il ne pouvait donc pas être resté au lycée, sous risque d'être vu par n'importe qui.

Après tout, ce matin il allait parfaitement bien, quelles explications pouvait-il donner à l'apparition soudaine de bleu et d'hématome ?

Je devais avoir une réponse à ce qui me torturait l'esprit et quoi de mieux que d'aller les chercher à la source même.

Une minute plus tard, j'étais dehors avec un baladeur dans les oreilles, bien décidée à obtenir enfin des réponses.

Quand je parvins au pied de son immeuble, je marquai le pas quelques instants pour prendre une profonde inspiration et me donner ainsi du courage.

Je ne savais pas ce que j'allais trouver en haut, ni même comment les choses allaient se passer. La seule chose dont j'étais certaine, c'est que j'étais venue pour avoir des explications et je ferais tout pour les obtenir.

J'eus de la chance étant donné qu'au moment où j'allais sonner à l'interphone, quelqu'un sortit de l'immeuble. Je n'avais même pas besoin de m'annoncer ce qui était pratique. Il ne pourrait pas me mettre à la porte. Enfin si, techniquement ça lui était possible, mais bon je n'allais pas me laisser faire. Je crois que je l'avais trop fait avec lui, il était temps qu'il s'aperçoive qui je voulais devenir.

Devant la porte de son appartement, je marquai de nouveau une pause, puis sans laisser le temps à mon esprit de divaguer, je levai ma main afin de donner trois coups à la porte.

J'attendis plusieurs minutes avant de frapper une deuxième fois. Je n'entendais aucun bruit dans l'appartement et, l'espace d'un instant, je me fis la remarque que je m'étais peut-être trompée et qu'il n'était absolument pas là.

Mais la porte finit par s'ouvrir découvrant un Edward aussi amoché que Jacob, mais qui contrairement à mon petit ami ne s'était absolument pas soigné.

L'espace d'une fraction de seconde, j'eus envie de le laisser ainsi. Après tout, je me devais de défendre mon petit ami et d'être solidaire avec lui. Edward avait agi comme un adolescent rebelle.

Merde, combien de fois m'avait-il répété qu'il avait 30 ans et que donc, il était âgé, qu'il était censé avoir de la maturité …

Mais dans son cas, c'était juste censé être adulte ! Il avait agi comme un voyou !

Bref, j'étais soudain assez remontée pour le laisser dans cet état … mais un coup d'œil à ses yeux plissés de douleur et à la façon dont il se tenait le côté, je changeai immédiatement d'avis.

Sans rien dire, je le poussai dans son appartement et le forçai à s'asseoir sur son canapé. J'étais venue ici assez de fois pour savoir où se trouvait l'armoire à pharmacie et je sortis tout ce dont j'avais besoin. Compresse, désinfectant, bandes, pansements, ainsi que des ciseaux que je trouvai dans la cuisine et un bout de tissus propre pour éponger le sang.

Je déposai l'intégralité de mon butin sur le sol, au pied d'Edward et me relevai avec la serviette blanche.

Délicatement de peur de lui faire mal, je passai le tissu le long de sa joue et de son nez. Quand je taponnai doucement sa tempe, il grimaça, mais ne fit aucun commentaire.

J'avais comme l'impression qu'il était littéralement lessivé et vidé de toute énergie.

Jamais auparavant je ne l'avais vu ainsi et cela me fit peur.

Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Et s'il avait un problème quelconque ? Je n'étais même pas en mesure de le savoir étant donné qu'Alice et moi ne nous parlions plus. Et puis même si c'était le cas, au vu de la situation entre son frère et moi, elle aurait préféré se taire et me laisser deviner seule.

Pour ce qui était d'Edward, je continuai à penser ses blessures précautionneusement pour ne pas faire plus de dégâts.

Le silence était assez pesant alors que je m'activais. J'aurais aimé qu'il engage la conversation. Après tout, il s'était passé beaucoup de chose entre lui et moi ces derniers temps et pourtant nous étions là, quand même tous les deux, comme si tout ceci ne s'était jamais passé. Cependant, je n'avais absolument pas oublié ce qu'il avait fait et surtout ce qu'il avait dit, m'avait marqué au fer rouge.

- Merci … Bella ! Souffla-t-il ses yeux émeraude fixés droit devant lui, la télé allumée, mais dont le son avait été coupé.

- Pourquoi ?

Toujours ce même mot qui revenait toujours sur le tapis.

Après avoir enlevé la plupart du sang qui dégoulinait encore, j'entrepris de désinfecter chaque plaie. Quand je regardais plus attentivement, je me rendais compte qu'il n'avait pas d'œil au beurre noir, juste des bleus aux coins des yeux et au bas de la mâchoire. Je préférais m'occuper de son visage avant de passer à son corps qui devait lui aussi être dans un état pitoyable. Je savais que les choses allaient se compliquer en passant à cette deuxième partie. Peut-être que je devrais lui proposer d'aller à l'hôpital ?

- J'aimerais savoir pourquoi tu as fait ça ?

Le silence se réinstalla alors que je continuai mon œuvre. Bientôt, les deux plaies de son visage furent pansées et après avoir subtilement fait un arrêt, je me plantai devant Edward et sans rien laisser paraître lui demanda d'enlever son tee-shirt.

Il leva les yeux vers moi avec un air d'abord réticent avant de s'exécuter sans rien dire. En regardant son torse – qui était musclé soit dit en passant – je constatai que des dizaines de bleus s'étendaient sur sa peau. À part passer une bande autour de son torse pour le maintenir bien droit et limiter ses mouvements, je n'avais guère de choses à faire étant donné qu'il n'avait pas de plaies.

Quand finalement les soins furent finis, je ramenais tous les ustensiles dont je m'étais servie, soit dans la salle de bain, soit dans la cuisine.

J'étais venue pour des réponses, mais la seule chose qu'Edward consentait à me donner était le silence le plus total. Une heure auparavant, je serais montée sur mes grands chevaux, mais en le voyant dans cet état-là, je n'avais plus envie de me battre avec lui.

Je revins dans le salon quelques minutes plus tard, un peu perdue. Edward, lui, de son côté, avait l'air de fixer la télé avec un regard vide. Si je lui posai la question de savoir ce qu'il était en train de regarder je ne suis pas sûre qu'il soit en mesure de me fournir une réponse.

- Je sais que tu es venu ici pour obtenir des réponses, mais ce n'est pas la peine d'insister, je n'ai pas envie de répondre ! S'énerva-t-il en tournant son regard vers moi.

Au lieu de m'énerver, sa remarque me fit sourire. Le bon vieux Edward était en train de réapparaître. Celui qui s'énervait pour un rien et qui ne savait pas rester d'une humeur égale.

Quand il prit conscience que j'étais en train de sourire, il fronça les sourcils et ouvrit la bouche avec l'intention de crier encore, mais apparemment il se ravisa puisque je n'entendis rien.

- Tu as frappé Jacob … toi, Edward Cullen, je veux juste savoir pourquoi ?

C'était la question à ne pas poser apparemment. Il fixait tout ce qui se trouvait autour de lui pour ne pas avoir à poser les yeux sur moi.

Quelques mois auparavant son attitude m'aurait blessée, mais maintenant j'avais appris à m'en moquer comme d'une guigne.

- Tu ne me diras rien n'est-ce pas ?

Naturellement, ce fut de nouveau le silence.

Au moins, ça avait le mérite de me faire comprendre que je n'avais plus rien à faire ici. J'attrapai mes affaires et me dirigeai sans un mot vers la porte. Je posai ma main sur la poignée quand il murmura enfin une réponse.

- Tu ne comprendrais pas.

Je secouai la tête sans prendre la peine de me retourner. Je crois que ça n'en valait pas la peine.

- Tu as raison … je ne comprends pas. Tu ferais mieux de te méfier, Edward, Jacob n'est pas le genre de type à laisser ce genre de chose couler.

Sur cette menace voilée, j'ouvris la porte et partie sans me retourner.

PDV Edward

Si je lui avais dit la vérité, je ne crois pas qu'elle l'aurait comprise.

Quand je l'avais vu dans les bras de Black, prête à se donner à lui à … le laisser la toucher … je n'avais pas pu. Je n'avais tout simplement pas pu la laisser dans les griffes de ce type.

Jaloux … c'est ma jalousie qui m'avait fait parler ou plutôt agir et je n'avais rien pu contrôler.

Elle n'avait tout simplement pas le droit d'agir ainsi avec un type comme lui.

Je gémis de douleur quand je cherchais à me pencher pour me prendre la tête entre les mains. Du coup, je me laissais aller en arrière sur les coussins du canapé.

J'avais admis que je désirais Bella, je la voulais, mais pourquoi cela était-il si intense ? Pourquoi n'arrivais-je pas à contrôler ce désir ?

Ce n'était qu'une attirance pour une adolescente.

Quand cette pensée me traversa l'esprit, je compris que l'âge de Bella n'était en rien un facteur dans le fait que j'étais attirée par elle.

Oui, son âge était un problème entre nous, oui, il était la raison pour laquelle je la repoussais –Charlie entrait aussi en ligne de compte quand même –, mais il n'entrait pas en compte quand je m'avouais être attiré par elle.

Je ne la désirais pas parce qu'elle avait 16 ans, mais bien parce que c'était Bella, qu'elle me faisait ressentir des choses que jamais auparavant, je n'avais eu l'occasion de ressentir. Si elle avait 13 ans de plus, et non de moins, les choses auraient été beaucoup moins compliquées. Pour nous deux.

Mais voilà, c'était une adolescente.

Comment allais-je faire pour me sortir de cette impasse ? Je venais d'être mis à pied par le proviseur.

Quand il m'avait vu sortir dans l'état dans lequel j'étais, bien entendu il m'avait demandé des explications que je n'avais pas données.

« Étant donné la situation, je pense qu'il vaudrait mieux que tu prennes une semaine de congé ». J'avais hoché la tête et j'étais parti.

Tout était en train de s'écrouler autour de moi sans que je ne puisse rien y faire. Si on m'enlevait mon boulot, qu'est-ce qu'il allait me rester ? Qu'allais-je faire maintenant si on découvrait que j'avais frappé Black ?

Ma carrière allait être foutue parce que ce type ne se tairait pas. Je crois que justement il allait enjoliver les choses pour avoir le luxe de m'enfoncer un peu plus. C'était bien le genre de toute façon.

Si seulement j'arrivais à comprendre ce qui était en train de m'arriver. Merde, comment j'allais faire pour me sortir de là ?

J'étais censé être l'adulte dans cette histoire, le prof responsable et en fait je n'étais rien de tout cela. J'étais juste un pauvre type qui n'aurait bientôt plus de travail et qui éprouvait un vif désir pour une gamine de 16 ans.

J'étais minable, complètement minable.

PDV Bella

Le lendemain, c'est Jasper qui m'emmena au lycée et non Jacob comme ça aurait dû être le cas. Il m'avait appelée hier soir et m'avait prévenue qu'il ne pourrait pas venir au lycée durant quelques jours.

Il allait vraiment falloir que je comprenne ce qui était en train de se passer.

D'ailleurs, il en allait de même pour mon frère qui était étrangement silencieux depuis qu'il était revenu à la maison hier soir. Il avait l'air complètement perdu dans ses pensées.

J'avais bien essayé de discuter avec lui pour comprendre ce qui était en train de se passer dans sa tête, mais la seule réponse que j'avais obtenue, c'était un grognement léger puis il était monté dans sa chambre sans rien ajouter.

Visiblement, il était en train de se passer quelque chose et j'étais incapable de comprendre de quoi il s'agissait.

Quand j'arrivai au lycée, je me demandai réellement comment cela allait se passer. Mon premier cours était la littérature avec Edward.

Jasper me salua rapidement avec un simple signe de la main qui me fit froncer les sourcils et disparut avant que je n'aie pu ajouter quoi que ce soit. Je restai quelques secondes ainsi avant que la sonnerie annonçant le début des cours retentisse.

Je me dépêchais de rejoindre ma salle, mais à peine étais-je au détour du couloir que je compris qu'il se passait quelque chose d'anormal. Quand j'arrivais, je fus surprise de voir tout le monde dehors et la porte de la salle fermée. Je crois que depuis que j'avais cours avec Edward ce n'était jamais arrivé.

Cinq minutes plus tard, ce n'est pas Edward qui débarqua, mais Irina. Voilà une personne que je n'avais pas vue depuis un moment. Elle fit rassembler toute la classe autour d'elle et attendit que tout le monde se taise pour parler.

- Je suis là pour vous dire que votre professeur ne sera pas là durant un laps de temps indéterminé. Comme la fin de l'année est dans moins d'un mois, cela ne sert à rien d'engager quelqu'un. Vous n'aurez donc pas littérature jusqu'à nouvel ordre.

Cette annonce fut suivie de grand cri de joie et la classe se dispersa. Pour ma part, je n'arrivais pas à détacher mes yeux d'Irina certaine qu'il se passait quelque chose.

Comme si elle en avait conscience, elle se tourna vers moi avec un regard désolé. Je m'approchais d'elle à grands pas, totalement paniquée.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Le proviseur a forcé Edward à prendre des vacances, il n'a pas voulu me le dire, mais à première vue Edward va avoir de gros problèmes.

Elle marqua une pause et regarda autour de nous avant de se rapprocher de moi afin que personne n'entende ce qu'elle avait à me dire.

- Je l'ai vu sortir du gymnase cinq minutes après Jacob et toi.

Je fermai les yeux comme pour tenter de me convaincre que ce n'était qu'un cauchemar. Elle savait et il y avait de très grandes chances pour que le proviseur le sache aussi. Edward allait tout perdre.

- Le proviseur ne vous a pas vu, mais il est tombé sur Edward. Bien entendu, il n'a rien pu avancer comme explications, mais quand il verra Jacob, il comprendra.

- Et il perdra tout, terminai-je d'une voix caverneuse.

Ce n'était pas une question, mais bel et bien une affirmation. Il ne sera jamais repris dans un autre établissement après s'être déchaîné sur Jacob, c'était un fait.

Irina avait l'air complètement déboussolée, elle aussi. J'étais presque certaine de toute façon d'avoir la même tête qu'elle. Elle ne savait plus quoi faire apparemment et je devais bien avouer que moi non plus.

Elle voulait le sauver, ce qui était normal étant donné que c'était son petit ami.

- Je sais que Jacob est ton petit ami Bella, mais on ne peut pas laisser les choses ainsi.

Elle avait raison. Si Jacob venait à parler de cette bagarre alors tout serait foutu.

Il fallait que je lui parle.

Mon comportement allait sembler étrange à bon nombre de personnes. Après tout, je devrais en vouloir à Edward d'avoir cherché à se battre avec Jacob. Mais je n'y parvenais pas.

Jacob essayait de provoquer Edward depuis le début. Il me l'avait lui-même avoué. Edward n'était pas excusable, ce qu'il avait fait était inadmissible. Mais Jacob était loin d'être un ange.

Je reportais mon attention sur Irina.

- Edward ne peut pas se faire virer d'ici, annonçai-je calmement. Oui, c'est lui qui a commencé à frapper Jacob, mais ils se cherchent tous les deux depuis pas mal de temps déjà. Je devrais défendre Jacob, je le sais … mais c'est lui qui m'a avoué qu'il n'espérait qu'une chose, c'est qu'Edward craque.

Risible non, que je ne prenne conscience de ça que maintenant, ajoutai-je après un temps d'hésitation.

Irina jeta un coup d'œil derrière elle.

- Je vais devoir retourner travailler, mais … je suis là Bella. Et je veux aider Edward.

Heureusement qu'elle voulait l'aider, après tout elle était censée être sa petite amie, me répétai-je encore une fois.

« Comme toi, tu es celle de Jacob ? » me souffla une petite voix au fond de ma conscience.

PDV Alice

Edward était parti.

C'était la seule chose dont j'avais conscience alors que ma mère me conduisait au lycée. Il était venu hier soir à la maison, couvert de bleu et de pansements qui dissimulaient sans aucun doute des coupures. Ma mère avait été horrifiée en voyant ça et elle avait prié Edward de rester jusqu'à ce que mon père arrive, mais il n'avait rien voulu entendre et était parti sans un mot. Sans même dire quand il reviendrait.

J'avais une petite idée sur l'identité de la personne qui avait pu faire ça et franchement la situation ne pouvait pas être pire, ni être aussi compliquée.

Quand Esmée me déposa sur le parking, elle semblait complètement abattue et elle partit sans un mot. C'est la mort dans l'âme que je rejoignis mon premier cours. À neuf heures, je sortis les bras chargés de mes livres. J'avais sport ensuite, autant dire que je n'étais pas d'humeur à courir autour d'un terrain.

Mais je n'avais pas fait deux pas hors de ma salle que je pris conscience que Bella était adossée au mur face à la porte. À son air, il était clair que c'était moi qu'elle attendait.

Je m'approchai d'elle, les sourcils levés me demandant réellement ce qu'elle pouvait vouloir.

- Je peux te parler Alice ?

Je hochai la tête presque sans réfléchir. J'attendais ces mots depuis un moment et qu'elle les prononce avant moi était surprenant. Je jetai un coup d'œil furtif dans le couloir, ma classe se dirigeait d'un pas traînant vers le gymnase où nous devions avoir sport. Il ne me fallut guère de temps pour décider que l'heure était assez grave pour qu'on se permette de sécher les cours.

Quand je hochai la tête, Bella tourna les talons et prit la direction de la cafeteria.

De là, elle sortit à l'extérieur et se dirigea vers l'un des bancs les plus reculés de la cour. Ce qui n'était pas une mauvaise idée étant donné qu'ainsi personne ne pourrait nous voir. Nous aurions ainsi la chance de discuter sans être dérangées.

Bella s'installa la première, les yeux rivés au sol et je m'assis juste à côté d'elle fixant droit devant moi. Je crois que, ni l'une ni l'autre nous ne savions quoi dire. Pourtant elle m'étonna quand j'entendis sa voix douce prendre la parole la première.

- Edward a frappé Jacob hier dans les vestiaires du gymnase. J'étais en train d'embrasser Jacob quand ça s'est produit. C'est moi qui les ai arrêtées. J'ai conduit Jacob à l'hôpital puis je suis allée chez Edward et je l'ai soigné. Edward a été obligé de prendre des vacances parce que le proviseur l'a vu sortir des vestiaires … après et, comme il n'a pas voulu s'expliquer, ça n'a fait qu'empirer la situation.

J'avais retenu mon souffle tout le long. Je me doutais qu'il c'était passé un truc dans ce genre-là. C'était même encore pire que ce que je pensais. Comment Edward avait-il pu agir ainsi ? J'étais à deux doigts de sauter sur mes pieds et de le retrouver pour lui flanquer moi-même une gifle.

- Edward va tout perdre si le proviseur découvre cette histoire.

Je posai mes livres sur le sol et je me passais la main dans les cheveux dans l'espoir que ce simple geste ferait apparaître la situation moins dramatique, mais cela ne servit à rien du tout.

Bella se tourna soudain vers moi. Quand je posai les yeux sur elle, c'est comme si je venais de retrouver ma meilleure amie. Ces yeux … je n'avais pas eu l'occasion de revoir une expression pareille depuis longtemps. Trop longtemps.

Ses yeux étaient pleins d'eau et elle respirait plus fort que d'habitude comme si elle se retenait de pleurer, ce qui était surement le cas d'ailleurs. Je le savais parce que c'était également mon cas. J'avais envie de pleurer toutes les larmes de mon corps sans vraiment savoir pourquoi.

- On doit faire quelque chose. Jacob voulait provoquer Edward, c'était son but depuis le début et … je l'ai suivi. J'y ai réfléchi depuis tout à l'heure. Ça fait une heure que je ne fais que ça… et la vérité, c'est que … je voulais vous le faire payer. Autant à toi qu'à Edward. Je cherchais à vous prouver que je pouvais prendre mes propres décisions et que vous aviez tort. Si je me suis fait virer de cours … si j'ai fait tout ça … c'est parce que vous m'avez fait mal autant toi que lui et vu que mon comportement avait l'air de vous faire réagir alors j'ai continué. Je n'ai pas compris que mon comportement avait été futile et complètement immature. Au lieu de passer pour une jeune fille responsable … en fait je n'étais qu'une gamine. Il y avait d'autres façons d'agir, bien d'autres pour vous faire comprendre que je pouvais moi aussi faire mes propres erreurs.

Je n'avais pas cessé de regarder ma meilleure amie dans les yeux et alors que les larmes me montaient aux yeux, je les laissais couler le long de mes joues.

- J'ai été trop loin moi aussi. Je ne voulais pas que tu sortes avec Jacob, je voulais que tu sois avec mon frère, mais … j'aurais dû te laisser faire tes propres choix. Je n'ai pas réfléchi aux conséquences … je n'ai pas pensé que tu étais assez grande pour savoir ce que tu avais à faire …

Ce que je disais était la vérité. Après son long discours où elle s'accusait presque du comportement de mon frère, je m'étais rendue compte que finalement, je lui avais tourné le dos.

Je l'avais compris grâce à Jasper.

Edward était mon frère, mais j'avais abandonné ma meilleure amie au moment où elle avait le plus besoin de moi. J'aurais dû comprendre avant qu'elle avait juste tenté de mener sa vie en essayant de choisir la solution qui la faisait le moins souffrir. Pas par lâcheté, mais juste parce qu'elle savait qu'elle allait souffrir à cause de lui.

- Je suis bien avec Jacob, tu sais. Et je pourrais apprendre à l'aimer, mais je refuse qu'Edward perde ce à quoi il tient. C'est peut-être Edward qui a porté le premier coup, mais Jacob le provoquait depuis un bon moment et je me doutais que ça allait finir comme ça. Au fond ce sont des hommes …

Elle avait l'air d'avoir honte d'elle alors que j'approchais mes mains des siennes et que je les serrais fort pour lui montrer que j'étais là et qu'elle n'était pas toute seule. Elle ne l'était plus.

J'avais commis une fois l'erreur de la laisser tomber, je n'allais pas recommencer.

- Qu'est-ce qui s'est passé entre mon frère et toi Bella pour que vous en arriviez à agir ainsi ?

C'était l'une des questions que je me posais depuis un moment et bien que j'avais de gros doutes, je n'en avais jamais vraiment eues confirmation.

- Nous avons failli coucher ensemble. Mais il s'est réveillé avant et il m'a repoussée en me disant que de toute façon ça n'aurait été que du sexe.

Et elle en avait souffert. C'est pour ça qu'elle s'était rabattue sur Jacob parce qu'à ce moment-là, il n'y avait que lui qui était là pour l'écouter, lui qui la voulait. Tous les gens qui comptaient pour elle à ce moment-là lui avaient tourné le dos, moi y comprise.

- Je suis désolée Bella, si tu savais. On aurait dû parler au lieu de … se disputer comme on l'a fait … ce que j'ai dit … je n'aurais pas dû. Je n'avais pas le droit de me mêler de tes affaires et de m'opposer à toi comme je l'ai fait sous prétexte que je n'étais pas d'accord.

Elle releva les yeux vers moi et serra ma main qui était toujours sur les siennes.

- Mais je suis en train de tourner la page, Alice. Je veux l'oublier et avancer. Il ne m'aime pas, il ne m'aimera jamais, mais j'ai besoin de tourner la page, mais je voulais aussi …

Elle s'interrompit, mais j'avais parfaitement compris ce qu'elle voulait dire.

- Le faire payer, terminai-je.

Elle hocha la tête et, pour ma part je détournai le regard. Edward avait frappé Jacob. Il s'était battu avec lui après avoir surpris Bella dans les bras de son petit ami. On ne pouvait pas affirmer qu'il n'en avait strictement rien à faire. Il était justement en train de ressentir quelque chose, quelque chose de très fort et cela le terrifiait. Il était sans doute perdu et agissait selon ce que ses instincts lui dictaient. Certes, il aurait pu se contrôler, il aurait même dû le faire, mais maintenant ce qui était fait, était fait et on ne pouvait plus rien ajouter. On pouvait juste essayer de limiter les dégâts.

- Oui, mais je me rends compte que ce n'était pas la bonne solution, continuai Bella sans se rendre compte que je ne l'écoutais qu'à moitié. Je l'ai compris quand Irina m'a mise au courant de ce qui s'était passé pour Edward après la bagarre. Je refuse qu'il paye tous les pots cassés. Pourtant je ne veux pas non plus que Jacob serve de bouc émissaire. Il a répondu dans cette affaire, mais il n'a pas attaqué.

La position de Bella dans cette affaire était floue. Si elle voulait s'en sortir, il allait falloir qu'elle prenne parti de l'un ou de l'autre et non rester dans cette position ambigüe où elle se trouvait.

Pourtant je me rendais bien compte qu'elle ne savait pas elle-même ce qu'elle voulait ou dans quel clan elle se trouvait. Elle était aussi perdue que mon frère devait l'être en cet instant.

- Tu voulais t'affirmer Bella, tu n'as simplement pas choisi la bonne méthode.

- J'aurais dû l'ignorer, j'aurais dû me rendre inaccessible et non pas entrée dans son jeu comme je l'ai fait.

Je posai mes mains sur les épaules de ma meilleure amie et tentai d'attraper son regard. Quand elle leva les yeux vers moi, je me rendis compte de sa fragilité.

- Est-ce que tu regrettes ce que tu es devenue ?

Elle parut réfléchir quelques instants pour juger de ce qu'elle pensait réellement. Bella avait toujours été réfléchie, elle ne faisait pas partie des personnes qui parlaient sans avoir pesé ses mots. Ces derniers temps, elle avait oublié ce trait de caractère qui lui était propre, mais apparemment elle était en train de le retrouver, pour mon plus grand plaisir.

- Je suis contente de ne plus me laisser faire, Alice. Seulement, je crois que maintenant, je vais agir autrement et ne plus me laisser influencer comme je l'ai fait, auparavant. On ne gagne rien à toujours dire oui, justement les gens en profitent.

Il fallait quand même que je lui pose une dernière question avant de parler de ce que nous allions faire pour mon frère.

- Et Jacob ?

- C'est mon petit ami, c'est un point qui ne changera pas, Alice.

Je hochai la tête, mais ne fis aucun commentaire. Apparemment, j'allais devoir composer avec ce nouvel élément perturbateur. Mais je ne ferai pas la même erreur que la première fois. Je ne braquerai plus Bella comme je l'avais fait et surtout je ne lui laisserai pas deviner que je n'aimais pas ce mec.

Pour éviter de dire quelque chose, il fallait changer de sujet et revenir au principal sujet de préoccupation.

- Et Edward ?

- Je ne sais pas Alice, c'est pour ça que je suis venue. Est-ce que tu sais si Edward est chez lui ?

Je secouai la tête.

- Il est parti et j'ignore totalement où il est, Bella.

Apparemment, elle ne s'attendait pas à ce que je lui annonce une chose pareille et elle parut décontenancée l'espace d'un instant.

Elle se passa la main dans les cheveux et soupira fortement. Totalement perdue, je me levai et arpentai de long en large l'espace libre qui se trouvait devant le banc.

- Je vais parler avec Jacob, annonça ma meilleure amie de façon déterminée.

J'aurais voulu lui dire qu'elle n'était pas obligée, qu'on pouvait trouver une autre solution, mais je savais qu'il n'y en avait pas d'autres. J'allais devoir faire avec.

- Qu'est-ce que tu vas lui demander ?

Je n'avais pas vraiment envie de connaître la réponse, mais je me devais de me sentir impliquer. Perdre ma meilleure amie, même quelques semaines, avait été dur, même si c'était moi qui avais envenimé la situation. Maintenant que l'on s'était réconciliée, il était hors de question de me disputer encore avec elle. Notre réconciliation était trop récente.

Pourtant, étant donné le regard de Bella qui était posé sur moi, je me rendis compte que sans même dire un mot elle avait compris le fond de ma pensée.

- Je sais que tu ne l'apprécies pas Alice, mais il va rester là parce que c'est mon petit ami.

- Je sais, acquiesçais-je, persuadée que ses paroles étaient vraies et que de toute façon, je ne parviendrais pas à lui faire changer d'avis.

Oui j'aurais aimé que ce mec disparaisse de la circulation ou tout du moins de la vie de Bella mais je n'avais pas le choix, il faisait partie du décor et je me devais de composer avec lui.

La sonnerie qui annonçait la fin des cours retentit. Bella inclina la tête et se leva avant d'attraper son sac.

- Merci Alice.

Visiblement, elle avait l'air un peu perdue et ne savait pas vraiment comme agir. Pour mettre fin à son embarras, je me levai à mon tour et lui tendis les bras dans l'intention de l'enlacer.

Quand elle vit mon geste, un immense sourire fendit ses lèvres et elle s'empressa de me serrer contre elle aussi fort qu'elle le put.

- Nous allons aider Edward, chuchota-t-elle en s'écartant avant de tourner les talons et de se dépêcher de rejoindre son cours.

Après l'avoir regardée jusqu'à ce qu'elle disparaisse, je fis de même.

La situation ne pouvait pas être pire, nous allions devoir nous prêter main-forte afin d'aider Edward, mais, pourtant, je trouvais un point positif à toute cette affaire.

J'avais retrouvé ma meilleure amie et ça, ce n'était pas un point négligeable.

PDV Bella

À la fin des cours, je me dépêchai de regagner le parking. Jasper était déjà là avec Alice. Je lui adressai un sourire avant de la serrer contre moi.

Quand je m'écartai d'elle, je tombai sur le regard ébahi de mon frère qui avait l'air de ne pas en revenir. Ma meilleure amie me passa un bras autour du cou alors que, pour ma part, je lui entourai la taille et posai ma tête contre son épaule.

J'étais vraiment heureuse d'avoir retrouvé Alice. Certes, toutes les choses n'étaient pas arrangées entre elle et moi, mais je ne voulais plus faire l'erreur que j'avais commise quelques semaines auparavant.

Finalement, c'est notre entêtement à toutes les deux qui nous avait emmenés là où nous en étions. En y réfléchissant bien, l'attitude d'Edward m'avait permis de faire le jour sur la mienne.

Comment avais-je pu faire ce que j'avais fait ?

Pour faire payer Edward et Alice oui, mais aussi, et sans doute, pour leur montrer à tous que moi aussi je pouvais faire comme tout le monde. Après tout, ce n'était qu'une question de volonté.

Jacob aussi avait été un facteur majeur. Il était mon petit ami, qu'elle garantit avais-je qu'il ne se réveillerait pas dans quelques semaines en se rendant compte que finalement je n'étais pas aussi intéressante que ce qu'il croyait au départ. Après tout, je n'étais pas grand-chose par rapport à lui.

J'étais ennuyeuse et on ne pouvait pas dire que j'étais très intéressante non plus.

Jacob ou alors un de ses potes, que ce soit Jared et Quil, ou même un des mecs avec lequel il trainait, enfin, quelqu'un aurait fini par parler et lui aurait fait comprendre que je n'en valais vraiment pas la peine.

C'est fou, moi qui avais toujours aimé être transparente, l'espace d'un instant, de quelques jours, j'avais voulu que l'on me remarque parce que Jacob n'était pas le genre de personne qui vivait dans l'ombre.

C'était idiot comme pensée, je n'avais fait qu'empirer les choses au lieu de les améliorer. Je n'osais pas imaginer les rumeurs qui circulaient dans le lycée à mon sujet.

Ni ce que pensaient les profs de moi dorénavant. Quoiqu'en y réfléchissant bien, le seul prof avec lequel j'avais joué à l'apprenti rebelle, c'était Edward. Pour le reste, je ne crois pas qu'ils se soient rendu compte de quelque chose mis à part que j'avais un copain dorénavant.

Quand je constatais que mon frère et ma meilleure amie me jetèrent un regard interrogateur, je me rendis compte que je venais de rester plusieurs secondes les yeux dans le vide.

- Je suis vraiment contente que cette histoire se soit arrangée, Bella.

Si je ne connaissais pas mieux mon frère, j'aurais presque juré qu'il avait les larmes aux yeux, mais c'était impossible. La dernière fois que je l'avais vu pleuré, c'était sans doute quand notre mère était partie.

- Je n'aimais vraiment pas vous voir vous disputer.

Alice s'approcha de lui et l'embrassa chastement avant de se tourner vers moi.

- Et si nous allions à la maison ?

Je secouai la tête resserrant ma prise autour de la bretelle de mon sac.

- J'aimerais bien, mais je dois passer voir Jacob chez lui.

Je m'attendais à ce que l'un ou l'autre disent quelque chose, mais pas un mot ne sortit de leurs bouches. Au vu de leur tête respective, ça n'avait pas l'air d'être l'envie qui leur manquait. Pourtant, chacun d'eux avait l'air d'avoir compris que j'étais assez grande pour prendre mes propres décisions et que Jacob était mon petit ami.

J'étais contente que cette histoire ait au moins permis de régler ce différend.

- Il vient te chercher ? Me demanda Jasper.

- Non je le rejoins au parc de Forks.

Nouveau silence, mais toujours aucun commentaire. Apparemment, ils étaient vraiment décidés à accepter la situation et à ne faire aucune remarque désagréable.

- Bon, tu veux que je te dépose de toute façon, c'est sur la route, me proposa gentiment mon frère.

J'acceptai, ravie de ne pas avoir à faire le chemin jusque là-bas à pied.

Nous montâmes dans la voiture – fourgonnette – de Jasper. Le trajet ne prit guère de temps et bientôt il me déposa devant le portail qui marquait le début du parc en question.

Il n'était pas très grand et en général, il n'y avait que les mères avec leurs enfants qui venaient, mais Jacob avait passé l'après-midi non loin d'ici, ce qui expliquait pourquoi il m'avait donné rendez-vous dans ce parc et non pas ailleurs.

Je saluai ma meilleure amie et mon frère d'un geste de la main, et le premier me proposa même de venir me chercher quand je voudrai rentrer, mais je ne pouvais décemment pas lui demander de me servir de chauffeur. De toute façon, je pense que Jacob me remmènerait.

Quand j'entrais dans le parc, je constatais qu'il n'y avait pas beaucoup de monde et que Jacob ne faisait pas partie des gens présents. Je repérai un banc vide et me dirigeai vers lui dans l'intention de l'attendre.

Je venais à peine de m'asseoir quand il apparut. Il fit un rapide tour d'horizon avant de me remarquer. Je n'avais même pas eu à lever la main pour lui signaler ma présence. Il m'adressa son fameux sourire provocant dont seul lui avait le secret et se dirigea d'emblée vers moi.

Avant qu'il n'arrive à ma hauteur, je remarquai bien qu'il avait le visage enflé et que son œil au beurre noir n'était pas vraiment beau à regarder. Quant à son bras, il était replié en écharpe et une bande passait autour de son cou pour le tenir en place.

Je connaissais assez Jacob pour savoir que s'il l'avait gardé, c'est qu'il avait mal. Dans le cas contraire, il l'aurait retiré dès qu'il avait passé la porte de l'hôpital la veille.

Toutes ces blessures dont il était couvert le faisaient paraître un peu plus comme un voyou, si c'était possible.

En même temps, j'étais contente qu'il ne soit pas venu au lycée aujourd'hui. Si le proviseur avait vu Edward la veille, il aurait immédiatement compris ce qu'il s'était passé entre les deux. Au moins étant donné que personne n'avait vu Jacob aujourd'hui il n'était peut-être pas trop tard pour inventer un mensonge, n'importe quoi, qui permettrait de le couvrir.

- Ça va bébé ? Me demanda-t-il en s'approchant de moi et en m'embrassant.

Il ne me lâcha qu'après plusieurs secondes. Je lui dédiai un grand sourire alors qu'il s'installait sur le banc, un bras sur le dossier et un autre qui touchait mes cheveux, mon cou et mon visage.

- Oui Jacob, tout va bien, mais ce n'est pas moi qui ressemble à un patchwork ?

Il me lança un regard mauvais qui, en fait, était plein de malice au vu de ses yeux brillants.

- C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour attirer les filles, et apparemment ça marche. Elles veulent toutes jouer à l'infirmière.

- Ah … vraiment ?

Je ne le croyais qu'à moitié et il le savait parfaitement, mais je décidai de laisser couler, j'avais d'autres choses qui me préoccupaient pour l'instant.

- Dis Jack, tu comptes faire quoi ?

Il comprit le sens de ma question sans que je n'ajoute quoi que ce soit. Son sourire disparut et il s'écarta légèrement de moi et croisa ses jambes, une de ses chevilles sur son genou.

Il n'était pas le genre de mec qui se laissait manipuler, je le savais parfaitement, mais je savais aussi que je pouvais lui parler sans craindre qu'il ne s'énerve et ne parte. En général, il préférait nettement entendre toutes les explications plutôt que couper quelqu'un au milieu de sa phrase.

- Pourquoi Bell's ?

Il n'était pas dupe, bien entendu. Il avait sans doute une idée de ce que je voulais lui dire. Ses yeux noirs étaient aussi profonds que deux puits. Ils me sondaient jusqu'au fond de l'âme et j'avais l'impression de m'y perdre littéralement. C'était assez perturbant et j'avais vraiment du mal à m'y habituer.

Je baissais les yeux sur mes mains et tentais de rassembler mes idées comme je le pouvais tout en ignorant ce que ses yeux me faisaient. Il n'était pas vert, mais ils étaient tout aussi beaux et surtout tout aussi troublants, dans un genre différent bien sûr, mais tout aussi fort.

- Écoute, Jack, soupirai-je en prenant mon courage à deux mains. Edward risque gros dans cette affaire … il peut se faire renvoyer. Le proviseur l'a vu hier quand il est sorti, il a compris qu'il s'était passé quelque chose.

- Viens en au fait Bella, qu'est-ce que tu cherches ?

Je pris une profonde inspiration avant de me tourner vers lui dans l'intention de l'affronter.

- Je veux limiter les dégâts, Jacob.

- Tu veux que je mente en affirmant qu'il ne m'a pas littéralement attaqué ?

Son ton était neutre, j'avais presque l'impression qu'il était en train de discuter du journal du matin et que cette histoire ne relevait pas d'une très grande importance.

Je hochai la tête lentement. Dit comme ça, j'avais vraiment l'impression d'être horrible et surtout injuste envers mon petit ami.

- Est-ce que tu t'es réconciliée avec Alice ?

Je fus surprise de sa remarque et il parut le comprendre, car il se mit à rire.

- Pour quelle autre raison voudrais-tu le sortir de la merde ?

Je préférais éviter de répondre à ce genre de question. C'était un terrain trop glissant pour que je parle sans me trahir.

- Qu'est-ce que j'y gagne Bella ?

Si seulement j'étais en mesure de lui offrir la moindre chose, mais je n'avais rien et il le savait parfaitement. Je continuais à le fixer sans ciller alors que je n'en menais pas large et que j'aurais préféré que lui et moi parlions d'autres choses.

- Bon, j'ai un marché à te proposer, Bella.

Je fus stupéfaite par le ton soudain enjoué de sa voix. Cette histoire n'était pas un jeu, on parlait tout de même de l'avenir de quelqu'un ce n'était pas rien. Je me gardais bien de faire le moindre commentaire, mais je n'en pensais pas moins pour autant.

- Personne ne sera au courant au lycée et je ne le balancerai pas. Je ne retournerai pas au bahut avant la semaine prochaine …

- Et … en échange …

Je n'allais pas aimer ce qu'il allait dire, je le savais avant même qu'il n'ouvre la bouche.


Alors ?

Pas trop déçu ? Que pensez-vous que les deux amis se soient enfin réconciliés ?

ET qu'est que Jacob a bien pu demander ?

Petite review ?

Comme je vous l'ai promis le chapitre de LA grande évolution arrivera je l'espère le plus rapidement possible mais je ne peux rien promettre.

A bientôt